La présente recherche qui porte sur La préparation du pain de manioc ans dans le cadre de la sécurité alimentaire se propose d’analyser l’intérêt et l’importance de ce pain de manioc dans l’alimentation de la population de Wembo-Nyama et des contrées environnantes.
En effet, il ne fait l’ombre d’aucun doute que cette denrée est constamment consommée pendant la période de soudure, c’est-à-dire entre le mois d’août et celui de décembre et se situant entre la semence de riz (juillet) et la récolte (décembre) et qui se caractérise par une grande disette.
Le manioc est un aliment très important pour plusieurs millions de personnes en Afrique tropicale et en Asie. En RDC, il est l’aliment le plus consommé par la population tant rurale qu’urbaine.
Au centre de Wembo-Nyama, notre milieu d’étude, le manioc est préparé et consommé de différente manière. Notre préoccupation reste celle de dénombrer les différentes façons d’utiliser le manioc par les usagers de cette denrée alimentaire pour s’assurer d’une sécurité alimentaire qui la mette à l’abri de la faim et de tout ce qu’elle génère comme conséquence dans la vie de la population de la contrée.
Le manioc est une plante semi – ligneuse atteignant en culture 2 à 3m de hauteur. Il est pluri-annuel, mais est également cultivé comme annuel. Comme toute euphorbiacée, ses diverses parties contiennent de latex. La tige dont le diamètre ne dépasse pas 2 – 3cm sont en grande partie remplie de moelle et de ce fait, est fragile. Les feuilles sont alternées, à multiples lobes foliaires et de formes variées. La couleur des feuilles est tantôt pourpre dans le jeune âge tantôt vert clair ou vert foncé dans la maturité. Elles sont portées par des longs pétioles. Ceux-ci, de même que les nervures foliaires sont de couleur verte ou rouge pourpre, plus rarement blanchâtre.
Le centre de Wembo-Nyama comprend huit quartiers, à savoir : - Ekungu, Mission, Kimbanseke, Omatete, Oboy, Pungumbu, Ekenyi, Kalonda. C’est dans ce dernier quartier considéré comme quartier central que se trouve établi le bureau du chef de poste d’encadrement de Lukumbe II, celui de l’Agence Nationale de Renseignement et du bureau secondaire de la police nationale.
Le sol de Wembo-Nyama est sablo-argileux. Ce qui explique, tenant compte de la longitude et de l’altitude, des forêts longeant de cours d’eaux. Sa flore est pauvre en différentes essences végétales.
Le centre de Wembo-Nyama renferme des rivières importantes formant des limites naturelles avec les groupements environnants. Il s’agit de la rivière Omvulambe séparant Wembo-Nyama du groupement Ewango et de la rivière Lelanya formant la limite naturelle avec le groupement Vélé. En plus de ces deux rivières, on peut citer d’autres sources d’approvisionnement comme : Djeko, Kok’Ahoka, Onondo et Etshuma.
Le centre est aussi pauvre en gibiers. Néanmoins, il existe quelques antilopes, certaines familles de serpents, des espèces de singes et d’oiseaux.
Notre milieu d’enquête est pourvu d’un petit marché organisé tous les sept jours de la semaine. Toutefois, Wembo-Nyama n’abrite aucune société industrielle ou commerciale. Le commerce est pratiqué par des petits marchands (boutiquiers). Wembo-Nyama qui est enclavé compte à son actif deux pistes d’atterrissage pour des avions air : brousse.
Le centre est exclusivement habité par la tribu tetela à la hauteur de 97%. Les 3% restants sont occupés par d’autres tribus. La religion protestante est la plus pratiquée dans ce milieu. Les autres religions sont d’introduction récente. Parmi celles-ci, on peut citer le catholicisme, le kimbanguisme et certaines Eglises de réveil.
Parlant de l’enseignement, Wembo-Nyama est à ce point très pourvu, lui qui compte plusieurs écoles primaires et secondaires de renom. S’agissant du secteur de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, à Wembo-Nyama, on peut y dénombrer : - l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP) de Wembo-Nyama ; - l’Université Patrice Emery Lumumba (UPEL) C’est qui permet à ce centre d’être considéré comme un centre de rayonnement culturel du Sankuru.
Un travail de la nature de celui-ci qui porte sur la préparation du pain de manioc dans le cadre de la sécurité alimentaire au centre de Wembo-Nyama ne peut que se fonder essentiellement sur un travail d’enquête de terrain. Pour ce faire, nous avons choisi par hasard quelques ménages en tenant compte de l’origine de la ménagère. Celle-ci pouvait être originaire de Watambolo Sud (Katako-Kombe), de Lodja, de Lubefu, de Lomela ou de Kole.
Concernant l’étude sur la qualité du pain, il a fallu s’intéresser au procédé de cuisson de ce fameux pain, aux différents moyens de sa conservation ainsi qu’à la couleur et à sa consistance. Ce sont ces éléments dans leur ensemble qui nous permettraient de proposer un jugement de valeur sur ce pain (très bon, bon, de mauvaise qualité). A partir de la qualité de pain obtenu, nous pourrons nous exprimer sur la valeur de la cuisson, sur la durée de sa cuisson et sur les procédés entrant en jeu dans cette préparation.
Notre étude devrait s’intéresser d’abord au champ à partir duquel a été tiré la carotte de manioc. Est-ce un champ de 6 mois, de 12 mois ou plus ? Ce dernier ne peut pas encore fournir le manioc de qualité pour le pain. Est-ce le manioc de champ de forêt, de champ sur friche ou de champ de savane ? Selon l’origine du manioc, celui-ci ne peut produire du pain de même qualité.
Nous avons analysé aussi les variétés de manioc. Parmi les variétés locales, nous avons reconnu les variétés douces appelées localement : - Djima (d’écorce violette) ; - Shongadikondo (de teint Maisopsis eminii de bananes mûres) ; - Moku facilement cuit même en faible chaleur. - Et des variétés amères dont la plus répandue est appelée djolokoto (du goût amer). Il faut signaler en passant que certaines variétés d’usage exclusif pour la préparation de pain sont en voie de disparition.
Il s’agit de l’opération de déscyanuration qui se fait, soit par trempage suivi de la fermentation, soit de râpage, opération qui consiste à sectionner le manioc frais à de très petites parties (pela) et dont l’instrument porte le nom de ohelo. Celui-ci est fabriqué par deux types de matériels : - Le premier est construit sur base de palmier Eurmospate dont les épines serviront de râpeur. - Le second est construit sur base d’une lame de ferraille obtenue à partir d’une boite de Nido déroulée et qui est ensuite trouée par un clou que l’on place enfin sur une manche en bois.
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