En république démocratique du Congo, la plupart des eaux usées des agglomérations et des structures industrielles sont aujourd’hui rejetées dans le milieu naturel sans un traitement préalable. A Kinshasa par exemple, aucune station d’épuration n’existe dans cette ville de plus de 12 millions d’habitants. Pourtant, la Nouvelle loi portant régime de l’eau stipule dans son article 4 : « sont interdits les déversements, écoulements, rejets, infiltrations, enfouissements, épandages, dépôts direct ou indirect dans les eaux de toute matière solide, liquide ou gazeuse et en particulier les déchets industriels, agricoles et atomiques susceptibles d’altérer à la qualité des eaux de surface ou souterraines, ou des eaux de la mer dans les limites territoriales ; de porter atteinte à la santé publique ainsi qu’à la faune et à la flore aquatique ou sous-marine ; de mettre en cause le développement économique et touristique des régions » (Anonyme, 2000).
Le traitement des eaux usées avant leur rejet dans la nature représente une difficulté majeure pour bon nombre de pays dans le monde. Cette difficulté est plus accentuée dans les pays en voie de développement qui non seulement souffrent d'un manque de capitaux, mais sont confrontés à une urbanisation et une industrialisation anarchiques. En Afrique, la situation d'évacuation et de traitement des eaux usées est dramatique. Bon nombre d'études font ressortir les conséquences négatives du mauvais assainissement, tant sur le plan sanitaire, environnemental qu'économique. Chevalier(2002) mentionne que des centaines de millions de personnes de par le monde souffrent de la schistosomiase, du choléra, de la fièvre typhoïde, de vers responsables de divers troubles de santé et d'autres maladies infectieuses. En plus 3,5 millions d'enfants meurent chaque année de suite de diarrhée, à cause de la précarité des conditions sanitaires. Morel (2002) rapporte que 51 % des pays d'Afrique connaissent une pollution sévère de l'environnement qui risque de porter atteinte aux ressources en eau.
Les hôpitaux pourraient être à l’origine d’une pollution dont il faut tenir compte dans une démarche générale d’évaluation du risque sanitaire et environnemental. Les études déjà réalisées aboutissent à la conclusion que l’effluent hospitalier est à rapprocher qualitativement d’un effluent domestique. Cependant l’importance des volumes d’eau consommés aboutit à des flux de pollution ramenés à un lit d’hôpital supérieurs à ceux définis pour un équivalent habitant (Selman.B, 2013). De plus il semble que les rejets de certains services (radiothérapie, service de contagieux,…) puissent être considérés à risques. La gestion des déchets hospitaliers s’est bien généralisée et il pourrait être nécessaire de considérer le cas des rejets liquides. (Selman.B, op.cit).
Les centres hospitaliers dont la taille correspond à des petites ou moyennes agglomérations utilisent pour leurs activités et leur hygiène, de grands volumes d’eau qui se trouvent ensuite rejetés, chargés de micro-organismes dont certains sont multi résistants et de produits chimiques souvent toxiques et parfois radioactifs.
Toutes ces technologies nouvelles qui répondent à des progrès en matière de soins (Hémodialyse, radiologie, laboratoires de hautes technologies…) ne doivent pas compromettre l’écosystème aquatique de nos rivières et de nos mers.
Dans le contexte mondial actuel d’explosion démographique et de développement industriel, gérer les déchets de manière efficace devient une préoccupation de plus en plus importante pour l’ensemble de la communauté internationale.
Parmi tous les types de déchets, compte tenu du risque que ceux-ci représentent aussi bien pour l’environnement que pour la santé humaine, les déchets biomédicaux (DBM) méritent une attention particulière. L’environnement et la santé sont étroitement liés; il est primordial pour l’assurance d’un développement durable de se préoccuper de la gestion des Déchets Biomédicaux dans les pays en voie de développement. KINSHASA la capitale de la république démocratique du Congo, dispose d’environ 2080 formations médicales (Rapport de la Division urbaine de Sante, 2011) publiques et privées dont l’Hôpital BIAMBA MARIE MUTOMBO (HBMM). Cet hôpital est à la fois un point de convergence d’une exigence de soins de qualité et de technologie de recherche médicale pour les étudiants et les chercheurs.
En raison de la spécificité des soins et du caractère sensible des activités qui se mènent à l’intérieur de ce centre, il est important de s’intéresser à son système d’assainissement. La vision de la politique nationale d’hygiène hospitalière est d’avoir des structures sanitaires conformes aux normes, propres et au sein desquelles les risques infectieux sont réduits à la plus simple expression possible.
Pour améliorer l’hygiène de l'environnement hospitalier au bénéfice des populations et assurer une meilleure protection de la nature, les gestionnaires de l’Hôpital BIAMBA MARIE MUTOMBO (HBMM) ont construit une station d’épuration à bio-disque suivie d’une réfection de tout le réseau d’évacuation des déchets liquides.
Le but de ce travail est de faire un état des lieux sur les différents dangers et les risques que peuvent présenter les effluents d’hôpitaux. Le statut des hôpitaux (activité industriel ou domestique) étant mal défini, un autre objectif est d’évaluer selon les critères appropriés (toxicité, paramètres physico-chimiques,…), la spécificité d’un rejet d’hôpital. En outre il est important de pouvoir identifier les services hospitaliers se rapprochant plus d’une activité type industrielle ou domestique. Cela permettra de définir le statut des hôpitaux (installation classée pour la protection de l’environnement par exemple).
Cette étude définira l’urgence et l’intérêt d’une gestion des effluents hospitaliers selon le degré du risque qu’ils représentent et des enjeux particuliers pour chaque responsable (assurance qualité pour les hôpitaux, protection de la population et de l’environnement pour les institutions sanitaires et environnementales, protection des infrastructures et des capacités de traitement pour les gestionnaires du réseau et de la station d’épuration)
L’Hôpital BIAMBA MARIE MUTOMBO (HBMM)
L’Hôpital BIAMBA MARIE MUTOMBO (HBMM) est une branche de la Fondation DIKEMBE MUTOMBO qui est une Association Sans But Lucratif communément appelé ONG de droit Congolais. Fondé par MUTOMBO DIKEMBE lui-même, il a été inauguré le 17 juillet 2007 par Joseph KABILA KABANGE, Président de la République Démocratique du Congo. Il est situé dans la Commune de MASINA, au croisement des Avenues Victoire et Boulevard Lumumba à Kinshasa/RDC. Cet hôpital comprend en son sein une dizaine de services : Pédiatrie, Médecine Interne, Chirurgie, Gynécologie obstétrique, Laboratoire, Soins Intensifs, Imagerie Médicale, les Urgences, l’ORL, Kinésithérapie, les consultations externes et une structure d’accueil. Il a une capacité d'environ 300 lits. Cet établissement hospitalier est alimenté en eau par la Régie de Distribution d’Eau et il produit de nombreux effluents. Ces effluents proviennent de l'activité quotidienne de ses différents services, parmi lesquels les plus grands producteurs sont les toilettes, les WC, les salles des soins, les laboratoires d'analyse et la buanderie. Pour éviter les risques de contamination et la pollution liés à ces effluents, une Station de Traitement des eaux usées a été construite pour traiter ces effluents avant leur rejet dans la nature.
Le traitement des eaux usées est effectué en utilisant la technologie de Bio-disque. La technologie Bio-disque est un procédé d’épuration mettant en jeu un traitement biologique aérobie à biomasse fixée. Les supports de la microflore épuratrice sont des disques partiellement immergés dans l’effluent à traiter et animés d’un mouvement de rotation pour assurer à la fois la mise en contact des bactéries avec l’effluent, leur oxygénation et le mélange. En phase immergée du cycle de rotation des disques, la biomasse fixée (fouling) prélève les matières organiques et azotées dans les eaux usées puis les digère et les dégrade. La phase émergée du cycle des disques permet aux bactéries de respirer
Les boues excédentaires ou mortes, détachées des disques biologiques, se retrouvent dans les eaux épurées, dont elles sont séparées puis collectées via une étape de clarification finale (Filtres plantés de roseaux, décanteur lamellaire ou statique).
2.2. METHODES
Nous avons procédé à la réalisation des prélèvements au niveau du collecteur principal des eaux usées qui rassemble la totalité des effluents à l’entrée et à la sortie de la station d’épuration des eaux usées de l’Hôpital BIAMBA MARIE MUTOMBO (HBMM). Pour mener notre travail, nous avons fait une méthode expérimentale ainsi que les paramètres physico-chimiques qui déterminent l’efficacité du système de traitement des eaux usées hospitalières de l’hôpital Biamba Marie Mutombo (HBMM), nous avons réalisé deux prélèvements d’échantillons. Le premier échantillon a été prélevé à l’entrée et le deuxième à la sortie de la station de traitement.
Les prélèvements ont été faits dans des bouteilles en plastiques d’une capacité de 1,5 litre. La température a été prise juste après prélèvement avec un thermomètre à mercure ordinaire.
Au laboratoire, nous avons analysé les paramètres physico-chimiques ci-après : le pH, la conductivité, la turbidité, les matières en suspension, la demande chimique en oxygène (DCO), la demande biochimique en oxygène (DBO5), l’azote total, les ions nitrates (NO3-), les ions ammoniums(NH4+), les ions phosphates (PO43-),et l’Oxygène dissous.
Les mesures du pH et du potentiel redox ont été déterminées à l'aide d'un pH-mètre digital pH-2005 de marque SELECTA. Après calibrage préalable du pH-mètre à l'aide des tampons de valeurs 7,00 et 4,01, l'électrode en verre a été introduite dans 100 ml d'échantillon et les valeurs sont lues sur l'écran à affichage digital.
Les mesures de la conductivité électrique ont été effectuées à l'aide d’un conductimètre digital CD-2005 de marque SELECTA. Cet appareil est muni d'une sonde standard qui est plongée verticalement dans la solution dont on souhaite déterminer la concentration. La valeur de la conductivité est lue sur un écran à affichage digital et s'exprime en µS/cm ou en mS/cm.
La détermination de la turbidité a été effectuée sur base de la méthode néphélométrique. Le faisceau lumineux traverse horizontalement la cuvette contenant l’échantillon, une partie de cette lumière est diffusée par effet Tyndall grâce aux particules en suspension. Le photomultiplicateur d’électron situé à un angle de 90° par rapport au faisceau lumineux capte les photons diffusés et transforme cette énergie lumineuse en signal électrique dont le potentiel est fonction de la turbidité. Le mode opératoire :
La détermination de la turbidité a été effectuée sur base de la méthode néphélomètre, à l’aide d’un turbidimètre de marque TurbiDirect/Lovibond. Le faisceau lumineux traverse horizontalement la cuvette contenant l’échantillon, une partie de cette lumière est diffusée pareffet Tyndall grâce aux particules en suspension. Le photomultiplicateur d’électron situé à un angle de 90⁰ par rapport au faisceau lumineux capte les photons diffusés et transforme cette énergie lumineuse en signal électrique dont le potentiel est fonction de la turbidité. La mesure se fait de la manière suivante : - Remplir une cuvette propre et sèche de l’échantillon jusqu’au trait. - Fermer la cuvette avec le couvercle. - Tenir la cuvette par le couvercle et l’essuyer en utilisant un torchon doux et non pelucheux pour éliminer les gouttes d’eau, la saleté et les empreintes de doigts. - Mettre en marche l’appareil et placer ensuite la cuvette dans la chambre de mesure en faisant attention au positionnement.
- Fermer la cuvette par le couvercle et appuyer sur read/Avg ou Read. Le résultat s’affiche à l’écran d’affichage en NTU. Sortir la cuvette et le nettoyer aussi rapidement que possible. (CfrTurbiDirect 2a 01/2001, Mode d’emploi, pages 15-16).
Les ions nitrates ont été déterminés par la méthode acide chromotropic à l'aide d'un photomètre de marque MD/600. Après introduction de 1 ml d'échantillon d'eau usée dans un tube contenant un réactif de nitrate, on y ajoute un sachet de Nitrate variochromotropic. Le mélange est ensuite homogénéisé et laissé au repos pendant 5 minutes (temps de réaction). La coloration développée en présence des ions nitrates est ensuite lue au photomètre MD/600 à la longueur d'onde 430 nm (Système photomètre MD/600, mode d’emploi, page 200).
La détermination de l’azote ammoniacal a été faite par la méthode indophénol. La présence d'azote ammoniacal (NH4+) dans une eau traduit un processus de dégradation incomplète de la matière organique. Sa détermination se fait par la mise en œuvre d'une réaction colorée suivie d’un dosage photométrique. On verse 10 ml d’échantillon dans une cuvette dans laquelle on ajoute le réactif Ammonia n°1 et n°2. Après 10 minutes (temps de réaction), la lecture est faite au photomètre MD/600 à la longueur d'onde 610 nm.
La détermination des ortho phosphates s'est faite par la méthode dite Ammonium-olybdate. 10 ml d’échantillon sont dans une cuvette de 24 mm dans laquelle on ajoute un réactif phosphate n°1 et n°2. Après 10 minutes (temps de réaction), la lecture est faite au photomètre MD/600 à la longueur d'onde 660 nm, et les valeurs sont affichées sous forme d'ortho phosphates (PO43-).
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