Le choix de ce sujet n’est pas un fait du hasard. Kinshasa est considéré, actuellement, comme une ville la plus sale du monde. C’est la raison pour laquelle la présente étude est une contribution à la recherche des voies et moyens permettant un aboutissement heureux de la lutte contre l’insalubrité et de trouver un mécanisme mise en place par des institutions provinciales et/ou municipales afin d’assainir la ville et ses alentours.
La démarche poursuivie dans cette étude revêt un triple intérêt : personnel, scientifique et pratique. Sur le plan personnel, nous voulons faire voir qu’un esprit sain dans un corps sain peut être possible si aussi l’environnement est sain pouvant conduire à un développement durable.
Sur le plan scientifique, ce travail sert de référence aux chercheurs qui envisageraient entreprendre des travaux analogues tout en chassant les méfaits de celle-ci qui est une menace de l’environnement.
Enfin, l’intérêt pratique de ce travail est que, notre motivation n’est pas seulement pour de raison d’actualité que revêt ce sujet, mais aussi et surtout parce que nous sommes tous concernés en tant que membre effectif de cette société congolaise qui s’enfonce de plus en plus dans l’inconscience. C’est donc pour nous, une façon de rendre chacun responsable à chaque niveau de la vie. Car, l’insalubrité vue comme une préoccupation secondaire en ce jour, elle est par conséquent une menace lointaine de l’environnement kinois.
La problématique fournit au lecteur les éléments nécessaires pour justifier la recherche. Elle est donc fondamentalement un texte argumentatif présentant le thème de recherche, un problème spécifique se rattachant à une question générale, et les informations nécessaires pour soutenir l’argumentation servant à justifier la recherche elle-même.
Sylvain SHOMBA parle de la problématique comme étant l’ensemble des problèmes permettant de constituer l’objet du travail, elle est donc l’ensemble de questions qu’on se pose sur le sens réel du sujet.
De par l’Afrique en général et la République Démocratique du Congo en particulier, les questions environnementales sont d’une portée accélérée et brulante. Dans la ville de Kinshasa, l’accroissement de l’insalubrité et la dégradation de la nature ont pris des proportions inquiétantes pour un assainissement sain et agréable. Cet état de choses plonge la population et ses alentours dans une insensibilité sans précèdent et devient une manifestation secondaire qui surgit en même temps qu’un symptôme principal, sans y être lié à un fait.
Coins, recoins et lieux publics, espaces verts, rigoles et caniveaux, sont tous impliqués dans cette allure. Or, dans ces endroits malpropres se déroule des activités commerciales intenses. Par ailleurs, cet état de chose se colle une énorme présence des épidémies ou maladies endémiques causées soit par les moustiques (le paludisme), soit par d’autres voies, la typhoïde, et d’autres qui sont fréquents dans de diagnostics, médicaux dans la ville province de Kinshasa en général et ceux de la commune de Kalamu en particulier.
Eu égard à ce qui précède, l’analyse générale de l’insalubrité et la stratégie de l’éradiquer à Kinshasa, conduit les autorités provinciales et communales à un souhait de la révolution de mentalité de la population kinoise afin de prendre avec certitude et limiter l’émergence de cette situation insalubre, pour la sauvegarde de leur espace vital et environnemental.
Notre préoccupation se fonde autour des questions suivantes : 1. Quelles sont les stratégies mises en place pour lutter contre l’insalubrité dans la commune de Kalamu ? 2. Quelles sont les obstacles à la lutte contre l’insalubrité dans cette municipalité de Kalamu ?
Il est vrai que plusieurs quartiers de la ville de Kinshasa en général et quelques-uns de la commune de Kalamu (Kimbangu I, II, III) en particulier ont été construit sans normes urbanistiques. Même les anciens quartiers (Matonge, Yolo, Kauka Immo-congo et Pinzi) ont perdu ces normes.
Aujourd’hui, les constructions anarchiques ont envahi partout. Il n’existe plus d’espaces verts, des caniveaux à cause d’une forte concentration de la population et de l’inexistence de l’autorité de l’Etat dans le domaine de l’urbanisme et habitat.
L’entassement des ordures sur les rues, aux coins des avenues ; la stagnation des eaux de pluies, de robinets de parcelles et voir même de certaines installations sanitaires par manque de canalisation et de puits perdus ou par délabrement de ceux qui existent, rendent la ville aussi sale et peut vivable.
L’abandon des épaves de véhicules le long des avenues, le vieillissement des maisons et le manque de peinture sur les murs de parcelles diminuent considérablement les aspects de la beauté de la ville. C’est ce qui fait dire dans la bouche de gens que Kinshasa est la ville la plus sale du monde. Or, il suffit seulement d’une simple volonté des habitants et des autorités pour rendre cette ville plus propre qu’avant. Ce qui attirerait encore plus les touristes.
PRESENTATION DE LA COMMUNE DE KALAMU
La Commune de KALAMU tire son nom d’une rivière qui traverse cet espace du Sud au Nord du quartier PINZI à la jonction du canal qui sépare le quartier MATONGE I à la hauteur du pont Kasa-Vubu et la Commune de Kinshasa.
Cette Commune fut créée en tant qu’entité administrative de la ville de Kinshasa par l’Arrêté n°21-42 du 12 octobre 1957. Elle fut à ses débuts un regroupement des autochtones TEKE-UMBU pour devenir un peu plus tard une agglomération des camps et cités coloniaux érigés aujourd’hui en quartier administratif. Parmi ces premiers quartiers, nous citons entre autre : Camp Renkin, Camp CITO, Cité Baudouin, Camp Foncobel, Camp Immo Congo et Yolo
Actuellement, la Commune de Kalamu est régit en partie : - Par le décret-loi n°081 du 02 juillet 18 portant organisation territoriale et administrative de la RDC tel que modifié et compléter par le décret-loi n°081/2001 du 28 septembre 2001;
- Par les dispositions du décret-loi n°081 du 02 juillet 18 portant statut des autorités chargées de l’administration des circonscriptions territoriales ;
- Par la loi organique n°08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et fonctionnement des entités territoriales décentralisées et leurs rapports avec l’Etat et les provinces.1
II.2. LIMITES GEOGRAPHIQUES
D’une superficie de 660 Km2, la Commune de Kalamu est géographiquement située au centre de la ville-province de Kinshasa. Elle est limitée : - Au Nord, par la Commune de Kinshasa ;
- Au sud, par la Commune de Makala à travers les avenues Kikwit et Luanza ; - A l’est, par la Commune de Limete qui la sépare avec l’avenue université ; - A l’ouest, par les Communes de Kasa-Vubu avec l’avenue Kasa Vubu et de Ngiri-Ngiri avec l’avenue Elengesa.
La Commune de Kalamu en particulier, et la ville de Kinshasa en générale connaissent un sol sablonneux et un sol marécageux le long des rivières.
La Commune connait un climat tropical chaud et humide caractérisé par l’alternance de deux saisons, sèche et pluvieuse. La saison sèche plus courte, court de mi-Mai à mi-août ; tandis que la saison de pluies couvre neuf mois et court de mi-Août à mi-Mai de l’année suivante. La température moyenne annuelle varie entre 25 à 30°c.
De nos jours, la Commune de Kalamu conserve toujours sa configuration pure conférée par la mesure politico-administrative du 15 février 1972. Elle compte 6 quartiers éclatés en d’autres 18 petits quartiers, à savoir :
1. Quartier Matonge, ex camp Renkin, éclaté en : • Matonge I • Matonge II • Matonge III
2. Quartier Kauka, ex camp CITO du nom de Nicolas CITO éclaté en : • Kauka I • Kauka II • Kauka II
3. Quartier Kimbangu, ex Foncobel (fonds colonial belge) est éclaté en : • Kimbangu I • Kimbangu II • Kimbangu III
4. Quartier Pinzi ex Baudouin
5. Quartier Immo congo, autrefois appelé ‘’20 Mai’’ sous la 2ème République
• Quartier Yolo, scindé en Yolo Nord et Yolo Sud éclaté par la suite en : Yolo Nord I, Yolo Nord II, Yolo Nord III et Yolo Sud I, Yolo sud II, Yolo Sud III et Yolo sud IV.
Son siège administratif est basé dans le bâtiment administratif de la Commune situé au n° A/9 et A/11 de l’avenue Victoire au quartier Matonge II.
Jusqu’à ce jour, la Commune de Kalamu continue à fonctionner selon les prescrits du décret-loi n°082 et 083 du 02 Juillet 1998, et cela au mépris de la nouvelle loi organique n°08/016 du 07 octobre 2008 qui prévoit en plus de Collège exécutif communal, un Conseil communal. Ce dernier étant supprimé par le pouvoir AFDL à sa prise de pouvoir en 1997.
3.1. La rivière Kalamu
Cette rivière est l’unique cours d’eau qui traverse plusieurs communes de la capitale, dont celle de Kalamu qui est alors victime d’une permanente pollution de la population.
Malgré les quelques poubelles publiques disséminées dans plusieurs coins de la commune, une partie de la population déverse tout déchet, ordures de ménage, (cadavres) des chiens et chats décédés, sachets, matières fécales dans la rivière Kalamu. A certaines occasions, il est possible d’apercevoir même de fœtus humains jetés dans cette rivière venir se coincer à d’autres immondices.
Bien plus, certaines parcelles vont jusqu’à connecter les tuyaux en PVC de leurs installations hygiéniques jusqu’à la rivière. Et surplace, on assiste la journée à un festival des mouches qui finissent par atterrir sur les assiettes.
L’insalubrité a élu domicile dans plusieurs avenues de différents quartiers de la commune de Kalamu. Tel est le cas du boulevard EZO au quartier YOLO SUD où les eaux usées et les ordures ménagères jetées par terre inquiètent plus d’un passant.
Vitrine de la RDC


