Bonsoir, nous sommes le 19/04/2026 et il est 22 h 53.


L’homme est dans certaine mesure maître de son destin. De par son comportement, il peut se rendre heureux ou malheureux ou même anéantir sa vie. De nos jours, l’utilisation intensive et abusive des ressources et la production des déchets dans l’environnement contribuent à détériorer notre milieu de vie.


Chaque jour la composition ou production des déchets solides ménagers de notre environnement augmente, la santé humaine est de plus en plus mise en danger, mais nous ne nous en préoccupons pas. Comme l’on ne voit pas directement les conséquences de nos actes, on s’en préoccupe peu. C’est pourquoi nous ne pourrons pas diminuer le rejet des déchets que nous produisons tant que l’on n’a pas de bonnes méthodes de leur gestion.



La montée puissante et rapide du volume des déchets qui prolifère dans les pays du tiers monde est l’un des problèmes de l’environnement parmi les plus alarmants du monde actuel ; citons : la pollution de l’eau, de l’atmosphère, du sol … (Encyclopédie Encarta 2006). Suite à l’ensemble des problèmes soulevés ci-haut nous constatons à quel point l’augmentation des déchets solides ménagers et la manière de recycler ou stocker est devenue un enjeu vital pour l’environnement et la qualité de notre planète.



L’étude de la composition des déchets est un élément essentiel pour une bonne gestion. Plusieurs raisons sont citées par Reinhart et al (1996) dont notamment le besoin d’estimer la quantité des déchets produits, l’identification de la source de provenance des déchets produits par les ménages.



La ville de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo n'est pas épargnée de cette situation. Cette ville a connu une explosion démographique ces dernières décennies. Actuellement selon les estimations, la ville compte environ dix millions d'habitants ; en 1980, elle comptait 2.410.552 habitants (PNUD/UNOPS, 1998). Cette situation est essentiellement due à l'exode rural, celle-ci est venue aggraver les problèmes de déchets déjà existant dans la ville. A Kinshasa, la composition ou production des déchets en général et celle des ordures ménagères en particulier représente un problème majeur et crucial.

Par ailleurs, le quasi absence des connaissances en matière de production et gestion des déchets ménagers dans la ville entrainent des décharges sauvages et incontrôlées dans les rues et le cours d’eau de Kinshasa.



D’après notre pré enquête, le quartier Masano n’échappe pas à cette dure réalité d’une grande quantité de la production des ordures ménagères vu l’amélioration de niveau de vie et l’augmentation de la population dans ce quartier qui mérite une attention particulière.



Ainsi donc notre préoccupation majeure sera centrée sur la composition des déchets solides ménagers dans la ville de Kinshasa et particulièrement dans le quartier Masano de la commune de Lemba.



Notre étude a comme objectif global d’évaluer la composition des déchets solides dans la Commune de Lemba, particulièrement au quartier Masano afin de proposer une stratégie pour une baisse de taux élevé de production des déchets et appliquer une gestion durable des déchets solides ménagers adaptée au respect de l’environnement.




1.4. ORIGINE DES DECHETES MENAGERS

L'origine de ces ordures est issue des travaux effectués par l'homme. Tout en travaillant, ce dernier cherche la nourriture, l'eau et l'oxygène pour mieux vivre et les transforme en produit et services. Enfin, on se retrouve avec des déchets qui sont les produits secondaires d’actions vitales, des procès de production et de prestation de service.



Toute activité humaine, matérielle consomme des matières premières et produit à plus au moins à long terme des déchets. Les grandes villes, les sociétés rurales sont confrontées à ce problème s`il n`y a pas un système de collecte systématique. Tout déchet, produit dans un pays ou exporté et importé, doit être géré de façon écologique pour protéger la santé et l`environnement (Encyclopédie Encarta, 2006).



Aussitôt que les hommes se sont sédentarisés, ils ont vite été confrontés au problème de leurs déchets : matières fécales, urines, restes alimentaires, cadavres, etc. Le plus souvent, ils les ont abandonnés à la nature, parfois brûlés, rarement enfouis ou jetés à l'eau.



Notre société est confrontée à un véritable problème de manière beaucoup plus aigu qu`anciennement pour multiples raisons dont : l`expansion démographique entraînant l`augmentation des produits de consommation, la diminution de la durée de vie des biens et des produits, l`accroissement des emballages non naturellement destructibles, l`augmentation des informations imprimés (journaux, concentration des populations et type d`habitats...).Ceci pourrait occasionner les maladies parasitaires y compris les helminthiases entraînant une morbidité et une mortalité dans le monde entier (BLUMBERG., 1968 cité par SHABANTHU., 2006).



La ville Province de Kinshasa est située entre 4° et 5° de latitude Sud et entre 15° et 16° de longitude Est (PNUD/UNOPS, 1998). La ville a comme limites géographiques :
 La Province de Mai-Ndombe au Nord ;
 La Province de Kwango à l'Est ;
 La Province du Kongo Central au Sud ; et
 La République du Congo à l'Ouest.



d) Hydrographie
La Province Urbaine de Kinshasa est baignée par plusieurs cours d'eau dont les plus importants sont (PNUD/UNOPS, 1998) :
La N'djili avec un bassin de 2000 Km2,
La N'sele avec un bassin de 2000 Km2,
Le fleuve Congo qui borde la Ville elle-même.



. Description du quartier Masano
a) Présentation du quartier Masano
Le quartier Masano est l’un des quartiers de la commune de Lemba faisant partie du pool malebo et il fut crée dans les années 1977.





b) Situation géographique
Le quartier Masano est borné :
 Au nord par le quartier Gombele ;
 Au sud par le quartier Kimpwanza ;
 A l’est par le quartier Mandrandel et
  A l’ouest par le quartier Foire.



f) Organisation Territoriale Le quartier Masano comprend 3 Avenues, 20 Rues et 981 parcelles dont 965 habitées et 16 inhabitées.
1. Avenue Bakali
2. Rue Arwimi
3. Rue Apate
4. Rue Paka
5. Rue Pangi
6. Rue Bangamelo
7. Rue Ruzibazi
8. Rue Ruvuvu
9. Rue Botango
10. Avenue Ruzizi
11. Rue Rwindi
12. Rue Rukozizi
13. Rue Tua
14. Rue Tshopo
15. Rue Tuana
16. Rue Tumba
17. Rue Tele 1
18. Rue Tele 2
19. Rue Fulula
20. Rue Vemba
21. Rue Yambi
22. Rue Zizi
23. Avenue Itimbiri

Le quartier Masano est habité par une population hétérogène composée des nationaux et étranger des différentes nationalités et races. Démographiquement, les ethnies et tribus dominantes sont les suivantes :
Les Nekongo ;
Les Bambala ;
Les Luba ;
Les Teke ;
Les Yaka ;
Les Mongo ;
Les Tetela et Les Suku.



Hormis le lingala, la langue populaire la plus utilisée est le Français (la langue de l’administration), toutes les autres langues nationales s’entendent également un peu partout au sein de la population. D’après le rapport de l’année 2014, le nombre d’habitants dans le quartier Masano s’élève à 11.365 dont 11.361 nationaux et 4 étrangers (Source bureau du quartier, rapport annuel, 2014).



Sur un total de 981 parcelles au quartier Masano dont 841 résidences, 20 commerciales et 120 parcelles mixtes, nous avons tiré un échantillon de 98 parcelles soit 10% sur l’ensemble des parcelles du quartier.



Pour la quantification des déchets, nous avons tiré des sous-échantillons au quartier Masano compte tenu des difficultés d’ordre matériel. Ainsi, le sous-échantillon était de 1 parcelle par rue et les sous-échantillons de 1 parcelle par avenue (soit 20% de l’échantillon). Au total, 20 parcelles étaient retenues pour la quantification au quartier Masano.



La discussion des résultats porte sur les aspects socio-démographiques, les aspects relatifs à l’usage des sachets et bouteilles plastiques comme emballage, les aspects relatifs à la production et gestion des déchets solides au quartier Masano ainsi que les aspects relatifs à la quantification des déchets solides aux ménages du quartier Masano.



Les résultats en rapport avec les données sociodémographiques montrent que la plupart d’enquêtés sont des propriétaires 70% dans la parcelle ; les femmes 69% dominent sur les hommes 31% ; la tranche d’âge dominante est celle comprise entre 34 et 49,9 ans 65% ; la plupart 57% d’enquêtés sont des mariés. Le niveau d’études de la plupart des enquêtés sont des gradués 42% et des diplômés d’état 42% ; la plupart sont commerçant(e)s 40%. La dominance des propriétaires peut se justifier par le fait que c’est eux qui connaissent bien le fonctionnement de la parcelle vu qu’ils vivent dans cette parcelle depuis longtemps ; les femmes dominent sur les hommes parce que généralement ce sont elles qui restent à la maison ; la dominance de cette tranche d’âge peut s’expliquer par l’âge moyen des personnes qui sont capables d’exercer ou de travailler dans la société et sont généralement mariés.

La dominance de ces niveaux d’études n’est pas une surprise parce que la tribu dominante dans le quartier Masano est parmi les tribus qui s’intéressent beaucoup aux études ; la dominance des commerçant(e)s dans ce quartier se justifie par la conjoncture actuelle dans la ville de Kinshasa dont tout le monde se fait commerçant(e) juste devant sa parcelle. La taille de ménage dominante est celle comprise entre 5 à 9 (54%). La plupart des parcelles ont beaucoup des ménages 76% ; la plupart des parcelles ont 2 ménages 44%. La plupart des parcelles 38% sont entre 12 à 15 et 8 à 11 (30%) en termes de nombre. Ce constat peut se justifier par le fait qu’en Afrique nous considérons nos membres de famille élargie déjà une famille en RDC comptes 6 en moyenne. La dominance de l’existence d’autres ménages à la parcelle peut se justifier par rapport à la conjoncture actuelle dont tout le monde veut avoir un endroit sûr pour gagner quelques choses, beaucoup de ces ménages sont habités par les locataires hormis le ménage des propriétaires. La raison de dominance de 2 et 3 ménages par parcelle est due à la taille de parcelle, la plupart de parcelles du quartier Masano ne sont pas de grande taille. La dominance de cette tranche 12 à 15 personnes vivent dans une parcelle se justifie au nombre des ménages existent dans la parcelle. La plupart d’enquêtés sont originaires du Kongo Central 24% suivis de ceux de Kwango 17%. La dominance de ces provinces peut se justifier par leur proximité géographique à la ville de Kinshasa.



Les résultats en rapport avec les données relatifs à l’usage des sachets et bouteilles plastiques comme emballage, la totalité 100% d’enquêtés utilisent les sachets plastiques ; l’évacuation dans la poubelle 91% est le principal devenir de ces sachets après usage et la plupart (56%) d’enquêtés sont défavorables à l’utilisation d’autres produits ou matériels à la place des sachets plastiques contre 44% d’enquêtés qui sont favorables. L’usage des sachets plastiques n’est pas en soi mauvais ; dont le grand problème qui se pose, c’est leur production abusive et leur gestion après usage. Au niveau du quartier, on pouvait penser à leur revalorisation dans la fabrication des pavées par exemple. 66,5% des enquêtés ont jugé bon quant à l’usage des sachets plastiques comme emballage contre 33,5% ; c’est le même constat que MABILA (2017) a fait dans son étude sur l’évaluation de la problématique de la gestion des déchets.



Les résultats relatifs à la production et gestion des déchets solides au quartier Masano montrent que la nature des aliments les plus consommés est le complexe végétaux-viandepoissons 84% ; la nature des déchets les plus produits proviennent du complexe et sachets plastiques 58%, suivie de ce complexe reste des légumes-viande-poisson 16,5% ; c’est presque le même constat que MUNGANGILA (2016) a fait dans son étude sur l’évaluation des comportements de la population de Ngaba face à la gestion des déchets ménagers solides (quartier Bulambemba) que 99% de ménages enquêtés avaient affirmé que la nature de leurs aliments les consommés est cette complexe végétaux-viande-poissons et le complexe sachets plastiques.



La nature des aliments et déchets traduit ce que les habitants du quartier Masano consomment comme produits, il est à remarquer que ces produits sont en grande partie non dégradables et cela peut donner déjà des orientations par rapport à leur gestion. La décharge brute dans la commune 94% est la destination finale des déchets une fois que la poubelle est pleine ; la plupart 78% d’enquêtés sont favorables à la prise en charge de l’évacuation des déchets solides dans leurs ménages. Cette façon de gérer les déchets n’est pas correcte car cela va entrainer des conséquences graves sur la santé et l’environnement, c’est ainsi qu’il faut mettre en place un service compétent pour assurer la prise de l’évacuation des déchets solides dans la commune de Lemba comme les enquêtés eux-mêmes l’ont souhaité. La plupart 93% d’enquêtés ne séparent pas les différents types des déchets contre seulement 7% qui les séparent ; parmi ceux qui les séparent, la plupart avance des raisons comme matière à revendre 53% suivis de ceux qui pensent que ces déchets seront destinés au compostage 47% : quant à ceux qui ne les séparent pas, la raison principale avancée est non hygiénique 49% et de ceux qui pensent que c’est inutile 37%.



C’est le cas de l’étude faite par KITUBULE (2016) sur la gestion des déchets solides ménagers dans la commune de Lemba où 98% de ménages enquêtés ne séparent pas leurs déchets produits. La collecte séparée des déchets à la base est un préalable d’une gestion efficace des déchets solides, les populations de Masano sont appelées à changer leur comportement face à la problématique de cette gestion des déchets qui, du reste va dans leur avantage. La majorité 76% de ces enquêtés ont déjà participé à des activités d’assainissement au quartier ; la latrine à fosse arabe sans couvercle 42% et la latrine à fosse septique 42% est les types de latrines le plus utilisé au quartier Masano ; la majorité 73% d’enquêtés ont témoigné sur la présence d’un récipient contenant des papiers imbibés de matières fécales dont la destination principale est le brulage à 99% ; quant à ceux qui n’ont pas ce récipient, ces papiers sont directement jeté dans la latrine 100% ; le Paludisme 75% est la maladie la plus frequente dans ce quartier suivie de maladies des mains sales 22%. Même situation que dans l’étude de MUNGANGILA (2016) où le paludisme représentait 87,8% suivi des maladies des mains sales 8,5% parmi les maladies fréquemment développées dans les ménagers du quartier Bulambemba (Ngaba). La dominance du paludisme n’est pas une chose étonnante dans la mesure où les activités d’assainissement seules ne suffisent pas, il faudrait bien gérer les déchets au lieu de les laisser dans les décharges brutes.



Les résultats relatifs à la quantification des déchets solides au quartier Masano montrent que la quantité moyenne journalière des déchets produit par ménage est de 5,441 Kg de déchets putrescibles et 4,008 Kg de déchets non putrescibles, soit au total 9,449 Kg/j/ménage. Comme le quartier Masano loge en moyenne 8 personnes par ménage donc 1 personne produirait en moyenne 9,449 Kg : 8 = 1,181 Kg/jour. De manière globale, le quartier Masano produit 58% de déchets putrescibles contre 42% de déchets non putrescibles. C’est presque le même constat fait par ALIMASI (2016) dans son étude sur la gestion des déchets ménagers solides dans la Commune de Lemba (Quartier Echangeur) où les déchets putrescibles représentaient 77,1% et les non putrescibles 22,9% des déchets produits en moyenne par jour et par ménage. Il faut remarquer que dans le quartier Masano, la fraction biodégradable est dominante et cela peut déjà donner lieu à une orientation précise par rapport à leur gestion notamment l’organisation des activités de compostage pour favoriser l’agriculture. La fraction non biodégradable pourrait suivre les filières de recyclage.



Ces résultats paraissent différents de ceux trouvés par d’autres auteurs. En effet, AYASA (2017) a trouvé une production individuelle de 0,3Kg des déchets solides par personne dans une étude menée au quartier Foire dans la commune de Lemba. Et la composition de ces déchets était de 87% pour les organiques. L’étude de Nsibula (2014) menée à Lemba aux Kemi-Righini et Selo a donné 0,5 kg par individu par jour avec une composition de biodégradable de 68%.



Depuis les dernières années, le monde prend à nouveau conscience de l`importance de la question des déchets : les pays développés ne sont plus les seuls à se sentir concernés; la situation reste alarmante dans certaines villes des pays en voie de développement et surtout en Afrique.



La forte puissance de production des déchets urbains crée beaucoup de problèmes dans l`environnement suite à une mauvaise gestion notamment la pollution de l`air, de l`eau, du sol, les érosions du sol, la nuisance, les odeurs nauséabondes... entraînant ainsi diverses maladies dont les plus importantes sont les cancers, les maladies respiratoires chroniques, les allergies, les manifestations inflammatoires et bien d`autres. En effet, tout au long de la chaîne de production d’un bien, il peut y avoir des déchets, des résidus, etc. La loi N°11/009 DU 09 JUILLET 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement, promulguée par le président de la République Démocratique du Congo, dans son journal officiel, définit les déchets sous toutes ces formes.

Est considéré comme déchet : tout résidus d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance solide, liquide ou gazeux, matériau ou produit ou, plus généralement, tout bien meuble éliminé, destiné à être éliminé ou devant être éliminé en vertu des lois et règlementations en vigueur.

Les déchets spéciaux et déchets industriels spéciaux (DIS), à la différence du déchet banal peuvent entrer dans la catégorie des déchets dangereux, dont font partie les déchets toxiques et les déchets radioactifs qui doivent faire l'objet d'un traitement tout à fait particulier en raison de leur nocivité particulière liée à la radioactivité. Parmi les déchets nucléaires, on distingue les déchets radioactifs ultimes qui « ne sont plus susceptibles d'être traités dans les conditions techniques et économiques du moment ». Les déchets radioactifs en raison de leur nocivité particulière liée à la radioactivité. On les classe aussi selon leur durée de vie (d'activité) (RECORD, 2002).

L'étude de la composition des déchets est un pas essentiel pour une bonne gestion. Plusieurs raisons en sont citées par Reinhart et al. (1996) et Wicker (2000) dont notamment le besoin d'estimer la quantité des matériaux produits, l'identification de la source de génération, de faciliter le design des équipements des procédés de traitement, de définir les propriétés physiques, chimiques et thermiques des déchets et de veiller sur la conformité avec les lois et règlements locaux.

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