Bonjour, nous sommes le 30/03/2020 et il est 06 h 46.


L’objectif général de ce travail est d’évaluer l’impact de la croissance économique sur le développement en République Démocratique du Congo dans un intervalle de temps allant de 1985 à 2014.


Dans notre travail nous avons eu à utiliser les tests de statistiques descriptives et la méthodologie par le test de stationnarité, le test cointégration ; le modèle à correction d’erreurs MCE ; test de corrélation et différents tests de validation; a abouti aux résultats selon lesquels il n’existe pas de relation entre la croissance économique et le développement humain dans le pays et qu’il n’existe aucune relation causale entre ces deux sphères, la croissance économique n’était pas donc inclusive du développement.



Les résultats du test de stationnarité, tels que décrits dans le travail laissent voir que seulement trois variables, à savoir le taux de l’Esperance de vie à la naissance l’éducation et Indice des inégalités sont stationnaires à niveau c’est-à-dire qu’elles ne se retrouvent pas modifiées tout au long du temps. Les autres variables telles le PIB ou la croissance économique et la santé sont stationnaires en différence première. Mots Clés : croissance économique, développement, Produit Intérieur Brut, Produit national brut



The general objective of this work is to evaluate the impact of economic growth on development in the Democratic Republic of the Congo over a period of time from 1985 to 2014. This work, using the statistical tests and the methodology by the Granger causality test; the VECM model and various validation tests; has resulted in the results that there is no relationship between economic growth and human development in the country and that there is no causal relationship between these two spheres, so economic growth was not inclusive of development.
The results of the stationarity test, as described in the work, show that only three variables, namely the rate of life expectancy at birth, education and inequality index are stationary at level they do not change over time. Other variables such as GDP or economic growth and health are stationary as a first difference.


0.1. PROBLEMATIQUE

La croissance économique, par son importance en termes de richesse, de prospérité et d’amélioration des niveaux de vie a été et continue d’être l’une des préoccupations majeures de la science économique. Le nombre impressionnant d’études, d’articles et des livres publiés sur ce sujet témoigne de cette importance.



Des nombreux pays qui ont déjà connu la croissance économique accompagné par le développement, Tel que nous pouvons voir le cas de la Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan , le Japon peut également y être inclus malgré un rayonnement plus important que les quatre autres dragons, nouveaux pays industrialisés (NPI) sont considérés comme des pays développés à partir des années 1990,Ces pays ont suivi le modèle économique développé par le Japon auquel ils font concurrence dans les activités industrielles les plus sophistiquées (automobile, électronique grand public) depuis 1980. (Fonds Monétaire International, 2010).

Aujourd'hui, ils jouissent d'un niveau de vie comparable à celui des pays de l'Union européenne ou du Japon, et leurs indices de développement humain (IDH) sont parmi les plus élevés au monde. En effet, la moyenne de leur indice de développement humain respectif est de 0,900. De plus, les dragons démontrent un coefficient de GINI (égalité des revenus) de 0,42 sur une échelle de 1. Bien que leur système éducatif soit intéressant, seulement 4% de la population est considéré comme analphabète. Pour ce qui est du taux de chômage des Dragons asiatiques (3,175%), il se trouve en très bonne position par rapport à la moyenne de l'OCDE qui se trouve à 7,9% en 2013. (Banque Mondiale, 2013)



Selon les chiffres du FMI, aujourd'hui, Taïwan est un pays développé à revenu élevé. Le produit intérieur brut (PIB) devrait atteindre 5 046 milliards de dollars en 2011, c'est-à-dire 886,5 milliards de dollars en PPA. Cela est l'équivalent à un PIB par habitant de 21 592 dollars, ou 37 932 dollars en PPA, surpassant ainsi celui de la Finlande, de la France et du Japon (seulement avec le PIB/habitant en parité de pouvoir d'achat). Taïwan serait ainsi la 24e puissance économique du monde, en fonction de son PIB. (Fonds Monétaire International, 2010).



La crise économique asiatique de 1997 a exposé des faiblesses anciennes du modèle de développement de la Corée du Sud, y compris des ratios dettes/capitaux propres élevés, la dépendance vis-à-vis de prêts étrangers massifs, le manque de rigueur du secteur financier. La croissance a chuté de 6,6 % en 1998, puis a fortement récupéré : 10,8 % en 1999 et 9,2 % en 2000. La croissance est tombée de nouveau à 3,3 % en 2001 en raison du ralentissement global de l’économie, qui entraîne des baisses d’exportation, et de la perception que les réformes tant nécessaires ont stagné. Menée par l’industrie et la construction, la croissance en 2002 a retrouvé un taux dynamique de 5,8 % en dépit de la croissance globale anémique. En 2007, l'économie de la Corée du Sud a continué sur une croissance de 5 %.(Fonds Monétaire International, 2010).





Tous ces pays ayant fait le choix d’un modèle de croissance économique tournée vers les exportations, la Corée du Sud, qui s'est longtemps concentrée sur le marché nord-américain, a récemment diversifié ses partenariats commerciaux. En 2007, la Corée du Sud est devenue le troisième pays fournisseur de la Chine, à hauteur de 10,9 % de l'importation totale, après le Japon et l'Union européenne. (Fonds Monétaire International, 2010).



Des nombreuses autres études ont poursuivi des recherches orientées dans ce sens. C’est le cas de Jean BOISSONAT (cité par Salle, 1986) ayant étudié les origines et les conséquences de la croissance de la CEE, trouve que la croissance économique ne tient pas seulement ni même principalement à celle des facteurs de production de deux facteurs (travail et capital), mais aussi à des éléments d’une autre nature qui accroissent sensiblement l’efficacité de ces facteurs. Parmi ces éléments figure naturellement les progrès technique, mais lui-même est la conséquence des modifications dans les comportements.



D’une manière générale, ce sont des éléments de nature sociale et politique qui ont joué le rôle déterminant de la croissance économique. Il cite de ce fait la diffusion de l’instruction, l’aspiration au bien être de la population, la volonté de l’Etat ou l’ambition nationale, la concurrence extérieure de système économique, l’ouverture des frontières ou le libre-échange, l’amélioration de la gestion des entreprises et l’inflation.

Pour le cas des pays africains, il convient de souligner qu’au lendemain de leurs indépendances, ils ont mis en œuvre plusieurs mesures et politiques en vue d’assurer une croissance économique durable et entretenue capable d’améliorer le bien-être social (Abessolo, 2002).



En République Démocratique du Congo, ces différentes mesures et politiques reposaient essentiellement sur l’accroissement de la productivité dans le secteur agricole et l’accumulation du capital humain, une quantité pour accroitre l’efficacité économique, malheureusement, son indépendance s’est suivie de multiple crises à vocation politique, sociale et économique, parmi lesquelles nous pouvons citer la guerre de Mulele en 1964, celle de SICHRAME en 1967, La Zaïrianisation en 1971, les deux chocs pétroliers (1973 et 1979), la crise de la dette des années 80, le déclenchement du multipartisme en 1990 et les deux guerres dites de libération en 1996-1998. (A. Dieu-merci, 2013).



Pendant plus d’une décennie, La RDC a enregistré des taux de croissance négatifs dus essentiellement à la faible contribution des secteurs porteurs de la croissance (Banque mondiale, 2006).



Après une baisse réelle ininterrompue du PIB de -5,34% en moyenne par an entre 1990 et 2000. Le taux de croissance est devenu positif passant de -2,1% en 2001, à 3,5% en 2002, suivi de 6,6% en 2004, puis chuta à 5,6% en 2006 et repris de 6,2 en 2008 peu après la crise internationale, la croissance se ralentit de 2,8% en 2009 et depuis la fin de cette crise ; La RDC connait de taux de croissance positif près de deux chiffres, soient 7,2% en 2012, 8,5% en 2013 et une projection de 8,7% en 2014, accompagné d’une stabilité du taux de change depuis 2009 de 920 CDF. (Banque Centrale du Congo, 2013).





La croissance économique est une inquiétude majeure des pays en voie de développement en général et la République Démocratique du Congo en particulier. Elle est par essence un processus visant à améliorer la vie des individus en leur procurant plus des biens et services qui sont disponibles sur le marché. (A. Ndugu K, 2005).



L’évolution de la croissance économique congolaise est soutenue par les secteurs miniers, pétroliers, commerce de biens et services, de constructions et de l’agriculture en une petite proportion. L’évolution est conduite par des mesures d’accroissement de la seule production qui est économiquement fondée sur les facteurs classiques, tels que la quantité de capital, de travail, de la productivité et des innovations technologiques continues, ou encore du produit par habitant. La plupart des théories de la croissance sont celles de des classiques Solow, de Lucas, de Harrod-Domar et de Joseph Schumpeter (O. Kambale M, 2013).

Compte tenu de cas situationnels de la croissance lié au développement des pays cités ci haut, Il revient pour le cas de la République Démocratique du Congo de répondre, tout au long de notre travail, au questionnement suivant : - Quel serait l’impact de la croissance économique sur le développement en République Démocratique du Congo

Autrement dit, nous voulons savoir si la croissance économique s’accompagne-t-elle de l’amélioration de la qualité de vie pour la population congolaise. En d’autres mots on dirait, en République Démocratique du Congo, la croissance économique est-elle suivie du développement. Telle est la question qui nous servira de fil conducteur tout au long de ce travail.


Section I. PRESENTATION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

La République Démocratique du Congo est un vaste territoire étatique situé au cœur de l'Afrique avec une superficie de 2.345.410 km2 s'étendant de 5°30' de latitude nord à 13°50' de latitude sud et de 12°15' à 31°15' de longitude, elle est comptée parmi les géants de l'Afrique. En cela, on la qualifie parfois, pour rendre réellement compte de l'immensité de son territoire, d' « un sous-continent » ou encore d' « un continent dans un continent ». Après le récent éclatement du Soudan en deux pays, la République Démocratique du Congo se présente désormais comme le 2ème plus grand pays africain au point de vue de la superficie territoriale, juste après l'Algérie. Une petite comparaison pour mieux se rendre compte du gigantisme du territoire congolais : la superficie de la République Démocratique du Congo représente quatre fois celle de la France, quatre-vingt fois celle de la Belgique et un quart de celle de toute l'Union Européenne. (P. F. Kandolo, 2005).

Si elle était en Amérique Latine, elle occuperait la troisième place après le Brésil et l'Argentine. Elle viendrait en même position si elle était située en Asie, derrière la Chine et l'Inde (la Russie mise à part). Du fait de l'immensité de ce territoire national, Il faut au moins deux heures, de vol d'avion pour traverser du Nord au Sud ou de l'Est à l'Ouest la République Démocratique du Congo, classée en 12ème position au monde au point de vue de la taille superficielle. Le pays est traversé par deux fuseaux horaires, avec ainsi un décalage d'une heure entre la partie Est et la partie Ouest. (ANAPI, Direction des agrégats).

Avec un relief varié, se caractérise par une diversité d’habitats naturels, parmi lesquels les massifs montagneux dans la partie Est du pays, les savanes au Nord-est et les savanes boisées au Sud. La partie centrale forme une immense dépression (cuvette centrale) dominée par la forêt dense équatoriale. Le fleuve Congo, l'artère vitale du pays (4 670 km de long) est le deuxième fleuve le plus puissant du monde après l’Amazone, et deuxième fleuve le plus long derrière le Nil. La population de la RDC a été estimée en 2006 à 65 millions d’habitants, soit une densité moyenne de 24 habitants par km2. Cette densité moyenne cache de grandes disparités dans la répartition spatiale de la population, puisque dans la seule ville de Kinshasa, elle est de 577 habitants par km2, ce qui traduit un important processus d’urbanisation résultant de la dégradation des conditions de vie en milieu rural. La part de la population vivant en milieu rural demeure tout de même importante, puisqu’elle représente 70% de la population totale. L’espérance de vie est assez faible (43 ans), bien que les jeunes de moins de 20 ans soient largement majoritaires de 60%. De 1990 aux élections de 2006, la RDC a connu une période de transition politique marquée par une instabilité politique, des pillages, et des guerres civiles. Il en a résulté de lourdes pertes en vies humaines, la destruction du tissu économique et une défaillance des institutions étatiques dans l’exécution de leurs attributions régaliennes.


Les grandes évolutions de l’économie Congolaises

Les grandes évolutions de l’économie congolaise peuvent être circonscrites globalement en quatre périodes, à savoir :
• 1959 à 1973 : Croissance et inflation modérée ;
• 1974-1988 : Ralentissement de la croissance et inflation ouverte ;
• 1989-2001 : Déclin de la croissance, Destruction des richesses et hyperinflation ;
• 2002-2014 : Reprise de la croissance et d’inflation sous contrôle.

En économie, un indicateur est une statistique construite afin de mesurer certaines dimensions de l’activité économique, ceci de façon aussi objective que possible. Leurs évolutions ainsi que leurs corrélations avec d'autres grandeurs sont fréquemment analysées à l'aide de méthodes économétriques. Les indicateurs sont construits par l'agrégation d'indices qui figurent dans un document appelé « tableau de bord ». Le « Tableau économique » de François Quesnay, l'un des premiers physiocrates qui a vécu au XVIIIe siècle, constitue l'un des premiers exemples d'un tel indicateur visant à mesurer la richesse d'un pays. Depuis les développements des comptes nationaux après la Seconde Guerre mondiale, le produit intérieur brut (PIB) et le produit national brut (PNB) sont les indicateurs les plus courants.

L'économie est essentiellement agricole (70 % des actifs) ou tournée vers l'exportation. Les minerais sont de grandes ressources. L'économie a été gravement frappée par la corruption et la mauvaise gestion depuis 1977. Ce qui explique le fort taux de contrebande, d'exportation illicite et d'activité minière clandestine. Les recettes gouvernementales et les exportations ont fortement diminué depuis 40 ans. L'économie a été ravagée par la guerre (1997-2005 : 5 millions de morts). Le plus gros partenaire commercial est aujourd'hui la Chine (importation, exportation, crédit).

Depuis la colonisation belge, l’économie est fortement tournée vers l’exportation, notamment grâce aux produits miniers. Aucune industrie de pointe n’a été développée par les colonisateurs ni par les gouvernements du Congo indépendant. Par exemple, le cuivre est extrait en grandes quantités, mais il doit être exporté pour être traité, avant de revenir importé sous des formes finies (câbles, fils électriques…). Le tourisme a été ruiné par les guerres civiles. L’amélioration du climat sécuritaire, suite à la fin de la deuxième guerre en 2003, associée à la mise en place de politiques macroéconomiques saines a permis à la R.D.C. d’amorcer sa croissance économique dès le début des années 2000. Ainsi, sur la décennie 2003-2012, le PIB a été multiplié par 7, passant de 2 300 à 16 255 milliards de FC courants, correspondant à un taux de croissance annuel moyen de 24,3 % . Les investissements sont en augmentation. Les prix sont stables, l’inflation est maîtrisée. Les recettes publiques sont également en augmentation. On note par ailleurs la constance du taux de change ; le franc congolais est resté stable depuis quelques années après plus d’une décennie de très forte dépréciation (O. Kambale Mirembe, sd).

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