Bonjour, nous sommes le 27/11/2020 et il est 00 h 32.

 

 

 

 

 

 

Epigraphe

 

«C‟est pourquoi d‟un seul homme, déjà usé de corps, naquit une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel, comme le sable qui est sur le bord de la mer et qu‟on ne peut compter »

 

Hébreux 11 :12.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

In Memoriam 

 

A nos très cher parents François MWELA KATSHINDI et Antho MBUYI KATSHINDI 

qui nous ont quittés à fleur d‟âge depuis un certain temps.

Que leurs âmes reposent en paix.

Nous ne vous oublierons jamais dans notre mémoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dédicace 

 

A notre grand frère Mike TSHIMANGA KATSHINDI et Nicky KANIKI KATSHINDI ;

Pour tant de sacrifices consentis a notre égard.

             

INTRODUCTION GENERAL

1. Mise en contexte

La technologie de crédit de groupe expérimentée par la Grameen Bank et la Bancosol et

généralisée dans la plupart des pays en développement, fait partie des dispositifs innovants permettant aux IMF de minimiser les risques de sélection adverse et d‟aléa moral dans la relation de  crédit.  Plusieurs  travaux  théoriques  (Lanha, 2001 ; Stiglitz,  1990) et  empiriques  (Ahlin  et  Townsend,  2007 ;  Cassar  et al.,  2007) examinent l‟efficacité du crédit de groupe comme réponse apportée  aux  problèmes  de sélection adverse et  d‟aléa  moral. Ces  travaux empiriques mettent un accent particulier sur l‟étude des déterminants de la performance de remboursement des groupes d‟emprunteurs, à savoir la taille du groupe, sa composition, et son organisation. 

De nombreuses études empiriques ont été réalisées sur la performance des groupes de

crédit. Nous avons entre autres les travaux de Marie Godquin (2004) où l‟auteur en étudiant la performance de remboursement des groupes de crédit au Bangladesh a révélé que le montant faible des prêts avait un impact négatif sur le remboursement. Paxton (1996) en analysant les déterminants de la performance de remboursement de 140 groupes de prêt sur le Burkina Faso a observé qu‟un “effet de domino” négatif (définit comme la situation où au moins un des membres du groupe ne rembourse pas pour l‟unique raison que d‟autres membres de son groupe font défaut sur le remboursement de leurs prêts) peut plus que compenser l‟effet positif du prêt groupé. Zeller (1998) utilise des informations sur 146 groupes de prêt de Madagascar et fournit des arguments en faveur du prêt groupé : il montre que le groupe a un rôle d‟assurance ce qui permet d‟augmenter les performances de remboursement de ses membres. 

Diagne, Chimombo et Mataya (2000) montrent à partir d‟une analyse de statistique

descriptive sur des groupes au Malawi que la surveillance mutuelle et la pression des pairs ont un effet faible, voire négatif sur la performance des groupes en matière de remboursement du prêt. Bien avant eux, Matienzo (1978) (cité par Bassole, 2004) avait constaté que la pression des pairs n‟avait aucun effet sur la performance d‟un groupe de crédit. Khandker et al. (1995) dans une étude sur la Grameen Bank ont montré que les services non financiers (la formation des membres) avaient une influence positive sur le remboursement. Selon Wenner (1995), un groupe de taille restreint permet une meilleure surveillance entre membre et évite le détournement du crédit. Par ailleurs, Stiglitz (1990) dans un modèle de monitoring des pairs a déduit que la performance de remboursement est positivement corrélée avec l‟homogénéité du risque du projet.  

En RD Congo, il n‟existe pas assez d‟études empiriques menées sur ce sujet. 

Considérant  les  particularités  du  secteur,  jeune,  dynamique  et  peu  professionnel,  il s‟avère important de l‟analyser.  

Fort de ces considérations, ce mémoire se propose donc d‟estimer à travers un modèle économétrique (Logit) les déterminants de la performance des crédits de groupe en termes de remboursement à partir des données empiriques primaires des IMF congolaises. Les facteurs de performance retenus sont d‟une part, la sélection par les pairs du groupe, la surveillance mutuelle et la pression des pairs, apportant respectivement des solutions aux causes de frilosité bancaire déjà évoquées (la sélection adverse, les coûts de monitoring et les coûts de pression) et d‟autre part, l‟option alternative du crédit (crédit informel), l‟âge et la taille du groupe.  

2. Problématique

Avant toute considération, il sied de souligner que le refus des institutions financières

classiques de financier les micro-entrepreneurs est traditionnellement expliquée par d‟importantes asymétries informationnelles, les quelles asymétries entrainent souvent deux principaux problèmes  dont  notamment, l‟anti-sélection (sélection adverse) et l‟aléa moral. Il faut noter que dans les années 1960, le début du crédit été à caution solidaire[1].

En effet, ce premier système de crédit à caution solidaire, basé sur la pression  sociale 

fonctionnait  bien  et  peu  de  problèmes  de  remboursement  ont  été  relevés  à cette période. Mais plus  tard,  dans  les  années  1963-1964,  le  projet  d‟Appui  aux  Institutions  Rurales  (AIR) proposa  des  crédits  de  campagne  à  nouveau  aux  attributaires  de  la  SOMALAC. Mais cette fois-ci les  paysans étaient regroupés par  maille  de périmètres irrigués  et non plus par unité résidentielle.  Les  taux  de  remboursement  étaient  de  l‟ordre  de  95% environ,  bien  que certaines difficultés de recouvrement aient été soulevées.

Au demeurant, pour résoudre ce problème en 1976, il y a eu le crédit solidaire standardisé

à la Grameen. Pour ce faire, les groupes solidaires  étaient le point de départ de l‟octroi du crédit :les prêts étaient octroyés uniquement à des groupes de 5 femmes (milieu rural à forte densité) caution solidaire : s‟il y a défaillance d‟un membre, les autres interviennent et s‟y substituent le cas échéant.

Pas de nouveau prêt à aucun des membres si le remboursement est inachevé pas de garanties physiques (essentiel grâce au mécanisme de caution solidaire) prêts renouvelés et augmentent d‟autant plus vite que l‟historique est bon échéance hebdomadaire fixe sur un an 5% du montant exigée en épargne préalable Adhésion à une charte rappelant les principes de la caution solidaire (André, M. 2010).

Toujours dans cette ligne, une microfinance sociale au profit des plus vulnérables au Burkina FasoYikri ou « Emergence » en langue locale (mooré) a vu les jours en 2014, proposant des services de microfinance sociale adaptés aux personnes en situation d‟exclusion ou d‟extrême pauvreté. Ces services les aidaient à mener des activités génératrices de revenus et à améliorer durablement leurs conditions de vie. Les personnes entrant dans le programme sont référées par l‟association dont elles sont membres. Ces associations sont constituées de personnes qui mènent le même type d‟activité, vivent dans le même quartier et se réunissent fréquemment. Ainsi, YIKRI a l‟assurance de former des groupes dont les membres se font mutuellement confiance et ont envie de travailler ensemble ; c‟est un gage de cohésion et de dynamique de groupe. Ainsi un véritable partenariat se crée avec ces associations préexistantes, permettant d‟adapter au mieux les services proposés par YIKRI.

Mais en République Démocratique du Congo, ce service de crédit solidaire est encore beaucoup

plus dans l‟informel (tontines), qui ne sont pas encore reconnues légalement, au-delà d'être un moyen d'épargner ensemble et de bénéficier tous au moment ou à tour de rôle de tout ou partie de cette épargne, Certains considèrent  que le rôle des tontines est celui d'une espèce de sécurité sociale dans le pays. Elles en constituent, en tout cas, l'essence même, l'amorce économique et éthique, l'embryon d'un système de prévoyance par répartition, voire même pour les prestations décès, d'un système par capitalisation. Les associations, et c'est à leur avantage, ne réduisent pas l'individu au simple rôle d'assistant. Mais  en acteur économique et social important au sein de son quartier.

Ceci nous ramène à nous poser une question générale en amont: Comment est

caractériser la politique de crédit de groupe à Guilgal ?

Et deux questions spécifiques en aval :

     Le crédit de groupe tel qu’appliquer par Guilgal permet-il  d’améliorer le taux de remboursement en partant de la qualité du portefeuille?

     Quelles sont les améliorations possibles dans la pratique de crédit de groupe à Guilgal?

3. Hypothèses Provisoires

Nous pouvons formuler nos deux principales hypothèses de la manière suivante :

     Le crédit de groupe permet effectivement d’améliorer la qualité du portefeuille au travers l’amélioration du taux de remboursement ;

     La politique de crédit telle qu’appliquer à la COOPEC Guilgal incite les clients de ladite coopérative à honorer cet engagement, situation qui permet à l’institution d’avoir une ressource sûre, enfin d’octroyer d’autres crédits aux emprunteurs 

4. Méthodologies

Pour  vérifier la validité de nos hypothèses de recherche nous avons fait recours aux

techniques suivantes :

        Technique documentaire ;

Nous a permis de constituer les éléments nécessaires de la revue des littératures relatives à notre question de recherche et de collecter les données primaires des IMF actives à Kinshasa.

        Technique d’enquête (interview) ;

Nous a servi d‟instrument indispensable pour la collecte des informations pertinentes à la compréhension des facteurs qui expliquent le non remboursement de crédit.  

        méthode descriptive ;

Nous a permis de faire la description de facteurs de non remboursement.

        la méthode statique ;

Cette méthode nous permis de construire sur base de données recueillies un modèle d‟analyse, qui a fait l‟objet de nos estimations.

5. Délimitation du travail

Ce travail, qui tente de dégager les facteurs explicatifs  de l‟efficacité du crédit de groupe, 

est  mené  sur  une  Institution  de Microfinance  de  la  ville  de  Kinshasa.  Il  s‟agit  de la Coopérative Guilgal. Ceci en raison de la facilité d‟accès à un échantillon plus représentatif des dossiers de crédit, une pratique très délicat pour la plupart des Institutions  de Microfinance congolais en raison des règles strictes  de  confidentialité  des  renseignements  de  clients  ainsi  que  les  règles  de  secret bancaire. Nous considérons pour l‟analyse empirique  principalement les crédits octroyés à partir de l‟année 2015 et 2016.

6. Objectifs et Canevas du travail

Ce travail a pour objectif principal de vérifier si le crédit de groupe tel qu‟appliqué à Guilgal

permet-il  d‟améliorer le taux de remboursement en partant de la qualité du portefeuille mais aussi voir les améliorations possible dans la pratique de crédit de groupe à Guilgal.

Hormis l‟introduction et la conclusion générale, le présent travail comporte trois chapitres à savoir :

            Le premier chapitre facteurs théoriques explicatifs de l‟efficacité du crédit de groupe ;

            Le deuxième chapitre Analyse factuel de l‟efficacité de crédit de groupe à Guilgal ; Le troisième chapitre Essaie d‟optimisation de crédit solidaire à Guilgal.

7. Etat de la question

Quelques études ont été faites avant ce travail mais nous avons sélectionné quelques-

unes seulement. Nous pouvons citer : « Le prêt de crédit de groupe de caution solidaire : Typologie, efficacité et mesure empirique» ; « Le prêt de groupe de caution solidaire : efficacité et jeux » Lanha, M. (2001), et « Entrepreneuriat féminin. Cout de l‟intermédiation dans le prêt de groupe et performances de IMF féminines au Congo Brazzaville : entre recherche et de la pérennité gestion de risques»  dans le but de répondre aux questions posées de ce travail ils ont procédé par la méthodologie descriptive de données provenant d‟une enquête  et une batterie de questions était administrée à chacune des IMF comme cible. Les informations recueillies sont des données agrégées sur les activités de ces IMF et avec une simulation de probabilité de renouvellement de crédit (Dzaka, T. 2009)

Les raisons pour lesquelles nous avons choisi ces thèmes sont multiples, mais faute de

temps et outils nécessaires nous allons nous baser sur les points suivants  entre autres :

Premièrement s‟il existe réellement une efficacité garantie dans le crédit de groupe;

ensuite la forme ou type de crédit appelée crédit de groupe dans une IMF digne de soit ; enfin le choix de ce sujet est aussi une observation de l‟existence de cette efficacité dans les deux camps offreur et demandeur de crédit.

 

 

 

 

 

 

Chapitre 1. FACTEURS EXPLICATIFS THÉORIQUE DE L’EFFICACITÉ DU CREDIT DE GROUPE

Ce chapitre, présentant une revue de littérature théorique et empirique, est divisé en trois

sections. Nous partirons d‟une présentation des facteurs explicatifs du non remboursement du crédit (première section). Ensuite viendra une analyse détaillée sur l‟efficacité de crédit de groupe (deuxième section). Enfin les indicateurs usuels (troisième sections).

Les facteurs explicatifs de non remboursement du crédit sont regroupés en deux, il y a les

facteurs d‟exogènes et facteurs endogènes.

1. FACTEUR EXPLICATIF DU NON REMBOURSEMENT

1.1. Facteurs exogènes

Les facteurs exogènes sont : l‟asymétrie de l‟information ; théorie conventionnelle;

expérience de l‟emprunteur et Incitants dynamiques

1.1.1. Asymétrie de l’information

Selon  Simon  H.  Cité  par  Maysdat  J.-F.  (2002),  les  individus  n‟ont  pas  les capacités

cognitives  de prévoir tous les événements éventuels qui pourraient influencer les résultats de transactions. En outre, même si tout était prévisible, il serait impossible, fastidieux et très coûteux de traduire toutes ces éventualités dans les clauses du contrat liées à la transaction. Par conséquent dans le cadre des marchés bancaires et financiers, les contrats de crédit sont forcément incomplets. Stiglitz  et  Weiss  (1981)  ont  démontré  que  les  problèmes  d`asymétrie d`information provoquent un rationnement de crédit.

En effet, à l`équilibre, c`est-à-dire quand le taux d`intérêt ne s`ajuste plus, la demande peut

encore excéder l`offre. Au prix en vigueur, les mauvais clients chassent les bons et les prestataires renoncent à entrer sur le  marché.  De  cette  manière,  les  institutions  de  crédit  ne  disposent  pas  toujours  de l`information  nécessaire  pour  distinguer  les  bons  micro-entrepreneurs  dont  les  projets sont sources de croissance. 

De plus, Stiglitz et  (1990) cités par Maysdat J.-F. (2002), ajoutent  à  cette  difficulté  de 

distinguer  les  «  bons  »  des  «  mauvais  »  emprunteurs,  le caractère  extrêmement  coûteux  pour  les  intermédiaires  financiers  de  déterminer l`étendue  du  risque  pour  chaque  emprunteur.  Dès  lors,  si  l`institution  veut  améliorer  la qualité de ses informations, elle doit  augmenter le taux d`intérêt étant donné le coût du supplément  d`information.  A  ce  taux  plus  élevé,  les  entrepreneurs avec les projets  les plus risqués se présenteront tandis que des bons emprunteurs risquent de se retirer du marché  de  peur  de  ne  pouvoir  rembourser.  Par  conséquent,  le  rendement attendu du portefeuille de prêt de l‟institution risque de chuter  puisqu`il  est  logiquement  une fonction décroissante du risque.

1.1.2. Théorie conventionnelle

Certaines études montrent que le niveau de remboursement est élevé chez les femmes,

personnes âgé, etc. Pour les femmes que chez les hommes, car elles tiennent souvent à la dignité et l‟engagement  (Palabras, 2007). Cela s‟explique par le fait que cette catégorie de personnes attribue beaucoup de valeur aux services de micro finance parce que ces derniers renforcent leurs rôles au sein du ménage (Cohen M. et Sebstad J., 1999).

1.1.3. Expérience de l’emprunteur

L‟âge de l‟entreprise  à financer agit positivement sur le plafond de prêt et sur

l‟appréciation  du  risque  de  remboursement.  En  effet,  si  l‟entreprise  est  ancienne,  elle inspire  confiance  au  prêteur  puisqu‟elle  signale  une  réputation  mieux  établie,  une maitrise de l‟activité à financer contrairement à une entreprise naissante qui par la non  expertise  peut  connaître  une  faillite  et  entrainé  des  problèmes de remboursement (Bouharra F., 2004).

1.1.4. Incitants dynamiques

La relation de long terme  permet de réduire les asymétries d‟information, les coûts  de 

transaction  et  le  monitoring  aussi  bien  pour  l‟institution  que  pour  les emprunteurs  (Boubakar  D.,  2006).  Cependant,  il  y  a  un  seuil  au-delà  duquel  la multiplication de l‟octroi de crédit à un même individu aboutit à une contre-performance en matière de remboursement du crédit (Honlokou A. N., Acclassato D. H. et Quenum C. V., 2005).

1.2. Facteurs endogènes

Les facteurs endogènes sont l‟expérience du personnel de crédit et le taux d‟intérêt

1.2.1. Expérience du personnel de crédit

L‟évaluation et l‟expertise des agents de crédit est un déterminant important de la

performance de remboursement. En effet, la mauvaise étude des dossiers de crédit peut occasionner une sélection adverse entraînant des difficultés de remboursement de crédit (Honlokou A. N., Acclassato D. H. et Quenum C. V., 2005). Une  bonne  analyse  du  dossier  de  crédit   permet  de  réduire  les  risques  de crédit. Selon le modèle de Boubakar D. (2006), une analyse en profondeur demande du temps.  Aussi,  un  emprunteur  qui  observe  une  période  d‟attente  plus  longue  est  moins susceptible d‟être un mauvais emprunteur toutes choses restant égales par ailleurs. 

Pour  d‟autres,  le  temps  d‟attente  trop  long  augmente  les  coûts  de  transactions  de

l‟emprunteur  et  peut  occasionner  le  surendettement  pouvant  entrainer  sur  le  non remboursement.

1.2.3. Taux d’intérêt

Le taux d‟intérêt appliqué à l‟institution permet d‟une part d‟équilibrer l‟offre et la demande

sur le marché du crédit et d‟autre part, il agit  comme outil de sélection des emprunteurs potentiels (Bouharra F., 2004). Cependant  lorsque  ce  taux  est  très  élevé  la  probabilité  de  non remboursement de crédit s‟accroit parce que les bons clients ont tendance à renoncer au crédit, par contre les clients opportunistes sont attirés.

2. ANALYSE DÉTAILLÉE SUR L’EFFICACITÉ DE CRÉDIT DE GROUPE

L‟analyse détaillé sur l‟efficacité du crédit de groupe peut être groupée en 3 catégories, il y

a lors de la formation du groupe ; lors de l‟utilisation du crédit et lors du remboursement.

2.1. Lors de la formation des groupes

Sur  le  plan  théorique  les  problèmes  à ce  niveau  sont  celui  de  la  sélection,  de  la 

mise pool  du risque et  de  la  taille  optimale  des  groupes.  Sur  le  plan  pratique,  on  s‟intéresse à  l‟initiative,  à la validation du groupe.

2.1.1.La sélection de bons risques

La  sélection  consiste à choisir  les  clients  les  plus  rentables  pour  la  micro banque, 

mais  elle  n‟a pas  l'information  pour  ce  faire.  Le  groupe  peut  suppléer à cette déficience grâce à la proximité de chaque  membre avec  ses  pairs  et  à  la  responsabilité conjointe.  Les  groupes sont  constitués de  personnes qui  se connaissent  bien,  du  fait  qu‟elles  habitent  le  même  quartier  ou  village, qu‟elles  ont  des  relations  commerciales,  ou  appartiennent  au même  groupe ethnique  ou  social , etc.  De cette  proximité  se  dégagent  des  informations  que  le  banquier  ne  peut  pas  inférer  mais que  le  membre  peut  déduire  sans  coût  financier.  Du  fait  de  la  responsabilité conjointe,  une personne  n‟est  censée  s‟associer  qu‟avec  une  personne  qu‟elle connaît  bien  et  dont  elle  peut répondre.  La  responsabilité conjointe est  donc  une  incitation  à  mettre cette connaissance au service  de  la  formation  du groupe  (Banerjee,  Besley  et  Guinanne,  1994 ;  Besley  et  Coates, 1995 ; Van Tassel 1999 ; Ghatak 1999 ; 2000,  Ghatak et Gui nanne, 1999). 

En  considérant  le cas  d‟une  banque  monopolistique sujet  à  la  sélection  adverse,  Laffont  et N‟Guessan  (2000)  montrent  que  lorsque  les  individus  regroupés  ne  se connaissent  pas  et donc que  l ‟homogénéité  des  risques  dans  le  groupe est aléatoire,  l ‟effet  de  la  garantie  ne  joue  pas pour  le  banquier.  Ce  résultat  est    à  l ‟hypothèse  usuelle  de  la  limitation  de  la  garantie et surtout  à  la  prise en  compte  d‟opportunité extérieure  (contrainte  de  participation).  Le  taux d‟intérêt  d‟équilibre  décroît  alors  en  fonction  de  l ‟intensité  des  opportunités  alternatives  des candidats  au groupe.  Pour  le  banquier,  l ‟effet  est perdu dans la diminution du taux d‟intérêt ; par  contre  s‟ils se connaissent  cet  effet  joue  dans  la  mise en  groupe  de caution  solidaire  ;  ce résultat est dû à l a micro-assurance qui  a alors li eu au sein du groupe.

Armendariz et  Gollier (2000) relâchent  l ‟hypothèse  tant  usitée  selon  laquelle  les 

membres  du groupe  se connaissent.  Cela  permet  de  généraliser  le  modèle  de  prêt  de  groupe à  des personnes  qui  se connaissent  peu  ou qui  ne  se connaissent  pas  du  tout.    Leur modèle aboutit  à l ‟augmentant  la  masse  de crédit  (réduction  du  rationnement)  et  à  la  réduction  taux  d‟intérêt d‟équilibre.  Ce  résultat  est    à  « l ‟effet  de collatéral  »  ou  micro assurance au  sein  de  groupe qui mixent des types de risque différents. Lors  de  la  formation  du groupe  un  phénomène  d‟anti -sélection n‟est  pas  exclu  théoriquement. Si les  règles  de  validation  stricte et  de  dissuasion  forte  (cf . infra)  ne  sont  pas  mises  en  œuvre par  la  micro banque,  des  individus  peuvent  faire  une coalition  sachant  à  l ‟avance  qu‟ils  ne rembourseront  pas.  La condition  de  proximité et  de connaissance  mutuelle  ne  suffit  donc  pas pour faire de bonnes sélections et réduire l‟aléa de moralité.

2.1.2. La maîtrise du risque de défaut  

Parce que les membres d‟un même groupe de caution solidaire se connaissent bien et se 

sélectionnent souvent sur base de la confiance mutuelle, ils s‟engagent aussi solidairement les uns envers les autres. Cet engament communément appelé « responsabilité conjointe » est peut-être la toile de fond de tout crédit groupé. En effet, chaque membre du groupe est personnellement responsable et redevable (en lieu et place du membre fautif) de la totalité de l‟encours, même s‟il n‟a pas encore bénéficié du prêt. Ceci est un substitut incomparable à la déficience que connaît l‟organisation de micro finance en termes d‟informations sur la rentabilité des emprunteurs et leurs éventuelles prédispositions à faire du défaut stratégique en cas de succès du projet. La responsabilité conjointe garantit le remboursement du crédit à l‟organisation de micro finance malgré la défaillance de l‟emprunteur. Le risque de défaut se déplace du prêteur aux emprunteurs (Stiglitz, 1990). Parce que ceux-ci se connaissent bien, ils disposent, mieux que le prêteur des moyens pour se faire rembourser par le « fautif ». Par exemple, ils peuvent se permettre de « perquisitionner », de manière tout à fait légitime, chez le fautif à une heure indue selon la loi pour savoir toute la vérité sur l‟issue réelle du projet (Lahna, 2004). Le risque s‟en trouve maîtrisé car les emprunteurs ont plus de chance de se faire rembourser par le fautif et surtout de l‟aider, de par leur solidarité, à obtenir à nouveau du crédit. La proximité des membres et leur connaissance mutuelle permet de réduire l‟aléa moral qui conduirait notamment à détourner le crédit ou à fournir moins d‟effort qu‟il n‟en faut pour un aboutissement heureux du projet (Ghatak&Guinnane, 1999 cités par Kalala, 2006).

 2.1.3. La réduction des coûts du crédit  

En vue de s‟assurer que, du fait de leur responsabilité conjointe, ils ne courent pas un

risque mal mesuré, les membres d‟un même groupe de caution solidaire se réservent, par le crédit qui les lie tous, tout droit de regard sur le projet en cours de financement. Ils exercent ainsi un contrôle mutuel en lieu et place de l‟organisation de micro finance. Ceci réduit les frais de suivi et d‟exécution qu‟aurait engagés cette organisation. Ces frais sont transférés aux emprunteurs, mais dans une proportion beaucoup plus faible, car ceux-ci, étant très proches les uns des autres, ne déploient pas nécessairement les mêmes moyens que les agents de crédit, par exemple pour assurer le contrôle. De plus, ils le font souvent dans un contexte très amical où le temps passé ensemble est compensé par d‟autres avantages (repas pris ensemble, une conversation plus large touchant la vie familiale avec des conseils souvent avisés) (Kalala, 2006).

2.1.4. De la taille optimale des groupes

Le  modèle  de  Armendariz et  Gollier (2000)  construit  dans  une  problématique  de 

partage  de risque  porte  sur  deux  personnes.  La conclusion  à  laquelle  il  aboutissent est qu‟un groupe de deux  personne est  plus  efficace  qu‟un  prêt  individuel .  Le  modèle  de  Laffont  et  N‟Guessan(2000)  montre  que  l ‟effet  de collatéral  ne  joue  pas  lorsque  les  individus  ne  se connaissent  pas. 

Cette  méconnaissance  se  produit  également  lorsque  leur  nombre  de  membre est 

élevé.  Guérin (2000b  p.221) rapporte  une étude  de  la  Banque  Mondiale  ou  en  moyenne,  les  performances sont  décroissantes  en  fonction  du  nombre  de  membre ;  il  est toutefois  précisé  que ces moyennes  comportent  de  très  fortes  disparités.  Armendariz  (1999)  montre  que  bénéfice de l‟effet de groupe est maximum lorsque la taille du groupe n‟est ni trop petite ni trop grande. Le nombre de membre a un double effet sur les performances :

    un  effet  positif  du  fait  que  la  responsabilité conjointe entraîne  la  surveillance et    l ‟assistance des pairs et la micro-assurance;  

    un  effet  négatif  résultant  des  comportements  de cavalier  clandestin,  d‟indifférence au  fur  et  à mesure que le nombre s‟accroît et donc que la proximité diminue.

2.1.5. L’initiative de la formation et la validation du groupe

Les groupes ne sont pas des générations spontanées.  La première incitation à faire des

groupes provient  de  la  micro banque  qui met  en  place  une  telle  procédure  de  prêts.  Le  groupe est  la voie  d‟accès  au  crédit  pour  les  pauvres.  Dans  la  littérature  l ‟accent  est  mis sur  la  nécessité  du caractère endogène  de  la  formation  du groupes  particuliers  (Armendariz  1999 ;  Guérin 2000b).  Il  faut  éviter  des  groupes  artificiels  formés  de  toute  pièces  par  les  agents  de  la micro banque.  En  effet  pour  que  la  micro assurance  de  groupe  puisse  jouer,  il  faut  bien  que  les membres  espèrent  être  secourus  par  leurs  pairs  au  besoin.  Dans  un  groupe  de  prête-noms,  à la limite  il  n‟y a en  réalité  qu‟un  seul membre réel  ;  il  n‟y  a  donc  plus  d‟effet  de  groupe en  terme de multiples projets. Conscients  de ces  possibilités  certaines  micro banques  instaurent  des  procédures  de  validation des groupes (Lanha 2001a) : 

     Les membres ne doivent pas être de la même famille (frère/sœur, père/mère) ;

     tous  les  membres  ne  doivent  pas  exercer  la  même activité  ou plus  finement,  ils  ne  doivent pas  vendre  le  même  bien.  En  effet,  la chute  des  prix  d'une  marchandise commune  peut  rendre tout le groupe insolvable ;

     tous  les  membres  ne  doivent  pas  vendre au  même endroit,  mais  doivent  habiter  dans  le même quartier/commune pour la surveillance mutuelle et les visites des agents de crédit ; etc.

Dans  la  pratique,  les  groupes  ont  un  leader  même  si  celui-ci  n‟a aucun  privilège 

sur  les  autres (VITA,  PADME,  PRODEM).  Dans  les  groupes  autogérés  (AssEF)  c‟est  la chef tai ne  de groupe qui collecte les remboursements de ses pairs et vient rembourser en leur nom.

2.2. Lors de l’utilisation du crédit

La  micro banque  délègue  sans  coût  la  surveillance  du  crédit  aux  membres  du

groupe.  La responsabilité conjointes  amène  les  membres  à  faire  non  seulement  de  la  surveillance,  mais également de l‟assistance. Dans ce point il sera question du monitoring délégué et multi-agence ; et L‟assistance des pairs

2.2.1.Monitoring délégué et multi-agence

La  responsabilité conjointe  implique  de  facto  un  droit  de  regard  sur  le  projet.  Le

coût  de monitoring qu‟aurait    supporter  le  banquier  est  internalisé en  partie  par  le  groupe emprunteur.  Une  fois  le crédit  octroyé,  chacun  des  membres se  soucie  du  comportement  de ses  pairs  et  met  en  œuvre  une certaine  surveillance au profit  du  remboursement.  

L‟aléa  de moralité  ex-post  en  est  réduit.  La  banque  peut  réduire  ses  coûts  de 

monitoring.  La  proximité des  membres  du groupe  permet  de  réduire  l ‟aléa  de  moralité  qui  par  exemple consisterait  à détourner  le crédit  ou  encore à  fournir  moins  d‟effort  qu‟il  n‟en  faut  pour  faire aboutir  le projet  (Ghatak et Guinnane 1999 ; Conning 1999). 

Dans  un  modèle    l ‟aléa  moral  est  la cause  du  rationnement,  Stiglitz  (1990) 

montre  que  le mécanisme  du prêt  de  groupe  peut  diminuer  le  taux  d‟intérêt  et  relâcher  la contrainte  de rationnement.  Varian  (1990)  analyse  l ‟arrangement  du prêt  de  groupe consiste à  surveiller  des agents  par  d‟autres  agents.  Il  démontre  l ‟efficience  du prêt  de  groupe  dans  le cadre  d‟un modèle  séquentiel  dans  le  déblocage  du  crédit tel  celui  de  la  Grameen  Bank.  Armendariz (1999)  compare  l ‟efficacité en  terme  de  remboursement  du  modèle  mutualiste    tous  les membres  reçoivent  simultanément  le crédit  au  modèle  séquentiel  dit  encore  «pyramidal ».  Dans le  mutuel ,  les  agents  ont  deux  rôles simultanés :  gérer  leur  propre  projet  et  contrôler  celui  des pairs  alors  que  dans  le  modèle  séquentiel ,  ceux  qui  n‟ont  pas  de crédit  en  cours  font  office  de surveillant  tandis  que  les  autres se concentrent  sur leurs projets. Avec quelques hypothèses sur les  comportements  et  les  coûts,  le  modèle  de  prêt  simultané  domine  légèrement  celui  de  prêt séquentiel .  En  outre  elle  montre  que  le  prêt  de  groupe  induit  la surveillance des pairs,  réduit  le risque  de  «défaut  stratégique»  (aléa  de  moralité constant  à  ne  pas  rembourser  alors  que  le projet le permet) et renforce la capacité de la micro banque de rentrer dans ses fonds. Conning  (1999)  analyse  le  problème  du prêt  de  groupe comme  un  problème  de  « principal agent  multiple à  fonction  multiple ».  Les  pairs  ont  un  avantage comparatif  en  matière  de contrôle  sur  la  micro banque.  Si  cet  avantage est  mis  au  service  du groupe,  cela crée  une « garantie sociale » qui peut augmenter le bienêtre social.

2.2.2. L’assistance des pairs

En  cas  de  difficulté  d‟un  projet,  les  pairs sentant  la  responsabilité  pécuniaire  venir 

sont  incités à aider  leur  collègue en  difficulté  lui  fournissant  gratuitement  de conseils  et  une  mai n  d‟œuvre supplémentaire.  Cet  argument  est très  fort  dans  le  modèle  séquentiel  où l‟accès  du  crédit  des uns  dépend des  bons  résultats  des  autres  membres  du groupe.  Ceux  qui  n‟ont  pas  de crédit  en cours sont motivés et disposent du temps pour assister leurs pairs occupés dans la production.

2.3. Lors du remboursement

Le  prêt  de  groupe  permet  de  mitiger  les  asymétries  d‟information  en  matière  d‟audit 

et  de fournir la micro assurance nécessaire en cas de difficulté d‟un projet.

Dans ce point il serait question de L‟audit par les pairs; Contrainte des pairs et la micro

assurance ; et La mobilité spatiale des membres

2.3.1. L’audit par les pairs 

Un  emprunteur  peut  être en  défaut  soit  parce  que  le  projet  a échoué,  soit  parce 

que l‟emprunteur  veut  mettre en  œuvre  un  défaut  stratégique.  Du  fait  de  la  responsabilité conjointe,  les  autres  membres  du groupes  qui  doivent  payer à sa place feront tout  l ‟effort pour savoir la vérité et le dénoncer. (Ghatak et Guinnane, 1999 ; Armendari z  1999). 

Pour  que  le  défaut  atteigne  le  portefeuille  du  banquier  il  faut  que  tous  les 

membres  du groupe aient  fait  défaut.  Une coalition  est  alors  possible contre  la  micro banque.  De ce  fait,  le  prêt  de groupe  réduit  sans  annuler  les  possibilités  d‟audit  et  coûts  afférents.  Pour  éviter  une  telle coalition,  le  banquier  peut  mettre en  place  une  sanction  soit  positive  (renouvellement  de crédit),  soit  négative  (exclusion  de  nouveau prêts  pour  tous  les  membres) ;  dans  tous  les cas elle  peut  ne  pas  limiter  la  responsabilité au  seul  rendement  des  projets  du groupe,  un  aspect souvent ignoré par les modèles.

2.3.2. Contrainte des pairs et la micro assurance

La capacité  de  la  micro banque à  faire  respecter  les  engagements  de  ses 

emprunteurs  dépend de  l‟état  du droit  et  de  la  justice.  Dans  les  pays  en  développement  cette capacité est  faible  (La Porta  R.  Et  al.  1996),  mais  il  existe  des  voies  d‟exécution  relevant  du  capital  social  (Pretty  J., Ward  H.  2001,  Rowley., 1999).  Par  exemple,  les  membres  du groupe  peuvent  légitimement «perquisitionner»  chez  un  candidat  au défaut  stratégique à  une  heure  indue  selon  la  loi  pour savoir  la  vérité alors  qu‟une  micro banque  qui  se  respecte  ne  peut  le  faire.  La  perquisition  peut être  déguisée en visite  d‟amitié,  de courtoisie,  d‟assistance,  etc.  Ce  qui  n‟est  pas  interdit  par  la loi.  Dans  les  modèles,  s‟il  est  avéré  que  le  projet  a effectivement  échoué,  ce  sont  les  membres qui  ont  réussi  qui  contribuent.  Et  c‟est    que  devrai t  jouer  la  micro assurance.  Mais  tel  n‟est pas toujours le cas dans la pratique. Le défaillant est souvent sanctionné de facto. Les sanctions  peuvent  être  mises  en  œuvre  par  gradation.  D‟abord  les  menaces  puis  la  mise en  exécution  effective.  Les  pairs  peuvent  user  des  menaces  crédibles  lorsque  l ‟individu a une envie de préserver  son honneur (partie  de  son  capital  social ).  Il  peut être menacé de révélation au grand  jour  de  sa  défaillance,  s‟il  ne  rembourse  pas.  Cette  menace  peut  suffire  pour  obtenir le  remboursement  même en  cas  de  défaut  non-stratégique.  Si les  menaces  n‟ont  pas  produit l‟effet  escompté,  les  membres  peuvent  lui imposer  des sanctions sociales  (sans  coût  financier immédiat)  telles  que la  publicité  tapageuse de sa défaillance  dans  le  milieu,  l‟humiliation  sous toutes ses  formes,  le  bannissement  sociologique  (il  n‟existe plus dans les relations sociales)  ou l‟ostracisme.  La pression  de  groupe  peut  conduire à  une  dérive.  Il  est  rapporté  dans  la littérature parfois  de  manière anecdotique  des  pressions  de  groupe entraînant  des affrontements  verbaux,  physiques  et  même  occultes  (Guéri n  2001)  ou  encore la destruction de la  toiture  de  la  maison  d‟un  membre  défaillant  (…………..).  Rahman  (1999) rapporte  un  cas de  contrainte  de corps  mise en  œuvre  par  des  agents  d‟une  micro banque  prêtant essentiellement  en  groupe  de caution  solidaire.  Face à ces  « coûts sociaux  de  la coopération » et  à  « l ‟absence  de  gestion  collective  des  risques »des  auteurs  tentent  d‟atténuer l ‟importance accordée au  crédit  de  groupe en  publiant  le cas  de  dérive et  en  mettant  en évidence  l‟efficacité  d‟autres  mécanismes  de  prêts  individuels  au  moindre coût  (Morduch 1999a,  1999c, ;  Armendariz  1999 ;  Morduch  2000  ;Armendariz et  Morduch  2000;  Guérin 2001).

2.3.3. La mobilité spatiale des membres

Lorsque  les  membres  d‟un  même  groupe  de  caution  solidaire  ont  une  très grande

mobilité spatiale, le crédit solidaire risque de ne pas être un  succès, quelles que soient  les  précautions  prises  par  ailleurs.  En  effet,  la  responsabilité  conjointe  ne  jouera aucun rôle si le fautif disparaît ou si ceux qui doivent exercer le contrôle ou la pression sociale sont absents en temps opportun. 

Dans certaines conditions où le prêt de groupe de caution solidaire se heurte à des 

difficultés  d‟opérationnalisation,  les  prêts  individuels  à  base  de  contrat  de  dette standard offrent une alternative intéressante.

Les  sanctions  peuvent  être  mises  en  œuvre  par  gradation.  D‟abord  les menaces 

puis  la  mise  en  exécution  effective.  Les  pairs  peuvent  user  des  menaces crédibles lorsque l‟individu a une envie de préserver son honneur (partie de son capital social).  Il  peut  être  menacé  de  révélation  au  grand  jour  de  sa  défaillance,  s‟il  ne rembourse pas. Cette menace peut suffire pour obtenir le remboursement même en cas de  défaut  non-stratégique.  Si  les  menaces  n‟ont  pas  produit  l‟effet  escompté,  les membres  peuvent  lui  imposer  des  sanctions  sociales  (sans  coût  financier  immédiat) telles  que  la  publicité  tapageuse  de  sa  défaillance  dans  le  milieu,  l‟humiliation  sous toutes ses formes, le bannissement ou l‟ostracisme (Kalala, 2010).

Ces  étapes  que  nous  avons  passées  en  revue  ci-haut  permettent normalement à

l‟IMF de réduire l‟asymétrie de l‟information et de transférer le risque du côté des emprunteurs car ces derniers ont la responsabilité de payer pour les membres dont  l‟activité  ne  marcherait  pas  bien  et  de  ce  fait  assuré  à  l‟IMF  un  taux  de remboursement  meilleur  ;  mais  nous  constatons  que  dans  la  pratique  ce  n‟est  pas toujours évident[2].

3. LES INDICATEURS USUELS

Cette section sera question du taux de recouvrement immédiat(Tr) ; le taux d‟arriérés(ou

impayés) ; et les portefeuilles à Risque(PaR) 

a. taux de recouvrement

Il fournit aux gestionnaires des IMF le niveau des performances atteint dans le

couvrement. Il s‟agit donc d‟une mesure rétrospective. Son avantage qu‟il basé sur des données élémentaires que même les systèmes d‟information simples permettent de produire.de ce fait, c‟est la mesure de la qualité du portefeuille que les institutions de micro finance utilise le plus.  b. Taux d’arriérés

Il fournit aux gestionnaires des IMF l‟information sur le volume de crédit en retard (de

remboursement) et indique ainsi clairement l‟augmentation de la probabilité que le paiement en question ne sera jamais recouvré. Ce taux est souvent une vision optimiste lorsqu‟il compare le volume de remboursement en retard au volume total de prêt(en lieu et place des remboursements exigibles).  c. Portefeuille à risque

Ce ratio fournit aux gestionnaires un portrait de la situation du portefeuille de prêt, à un

moment précis. Il a l‟avantage de renseigner sur le cernant à la fois actuel (passé) et l‟avenir (la perte maximale potentielle pour  un EMF. C‟est l‟indicateur le plus complet de la qualité du portefeuille de prêt d‟un EMF ; Il fournit l‟information précise sur la situation actuelle et indique les risques éventuels que court l‟institution. Pour les gestionnaires d‟une entreprise ayant principalement activité le crédit. C‟est très précisément cette information est souhaitée. 

Conclusion partielle

Ce chapitre a porté sur l‟analyse théorique et empirique du crédit de groupe et quelques

discussions sur les facteurs de l‟efficacité du crédit de groupe. Il a permis de ressortir ce qui suit.

Les atouts du crédit de groupe sont tel que le crédit de groupe nous permet de faire face à

la sélection adverse, le hasard moral ex-ante et ex-post et ses différentes typologies d‟une part et d‟autre part ses limites dont le principal reste la défaillance stratégique.

Les différents facteurs sont entre autres l‟initiative de la formation et  la validation du

groupe, taille optimal du groupe, le monitoring, la pression social, l‟assistance des pairs, l‟audit par les pairs, le recours aux incitants dynamiques ainsi que la mobilisation spatiale de membres.

Après avoir passé en revue les discussions autours de facteurs d‟efficacités du crédit de

groupe, nous allons dans le chapitre suivant analyser les différentes données récoltées dans le cadre de notre recherche.

 

Chapitre II. ANALYSE FACTUEL DE L’EFFICACITÉ DE CRÉDIT DE GROUPE À GUILGAL

Après  une  exploration  de  la  revue  de  littérature,  il  se  suit  une  analyse  axée

directement sur la sphère d‟étude. Cette démarche nous permettra d‟avoir une idée sur la validité de nos hypothèses dans le cas du Coopec Guilgal. Pour ce faire, dans ce chapitre, nous présenterons par une brève présentation de la Coopec Guilgal (section 1), mécanismes de suivi et recouvrement (section 2) et caution solidaire et qualité du portefeuille (section 3).

Dans cette section il est question de la présentation de l‟institution Guilgal ; de limite Géographique et de la politique de Guilgal.

1. PRÉSENTATION DE L’INSTITUTION GUILGAL

La Coopérative d‟Epargne et de Crédit Guilgal(CG) est un Programme urbain et

périurbain de Micro Crédit et d‟épargne présent sur l‟agglomération de l a ville province d e K i n s h a s a et qui a pour  objectif de fournir de services financiers et non financier à la couche la plus défavorisée en République Démocratique du Congo, laquelle n‟a  quasiment pas d‟accès aux services bancaires classiques.

Dans une première partie, CG présente sa politique générale, les directives et procédures

à suivre pour initier, décaisser, recouvrer et suivre le crédit. La seconde partie s‟attache à décrire les procédures spécifiques à certains produits et méthodologies de crédit.

Les activités de crédit sont d‟une importance capitale pour une Coopérative d‟Epargne et

de Crédit (COOPEC)  qui vise à atteindre la pérennité et qui cherche la viabilité mais aussi l‟autosuffisance.

En effet, la bonne gestion du crédit fait qu‟une COOPEC puisse grandir tandis que la

mauvaise gestion du crédit conduit la COOPEC à la faillite.  Ceci justifie la pertinence d‟élaborer  une politique de crédit qui soit à mesure de bien gérer le risque de non remboursement et permettant à GUILGAL de croître. 

Tout en reconnaissant que ces règles peuvent évoluer, elles constituent la ligne à suivre

pour toutes les opérations de crédit, tous  les employés de la CG et  particulièrement ceux en  prise directe avec les opérations de crédit, sont présumés connaître les termes du présent manuel et doivent s‟y référer pour toute question relative aux opérations de crédit

1.1. Limites géographiques

CG travaille actuellement dans la capitale de R.D.C et ses environs. Cependant, pour

donner accès au crédit aux plus pauvres, CG peut être amenée à s‟établir sur n‟importe quel point du territoire Congolais en privilégiant, bien sûr, le crédit urbain et périurbain.

Dans le cadre de la limite géographique d‟une agence, les membres sont repartis aux

agents de crédits selon la zone qui leur est attribuée. Une agence, un agent de crédit ne peuvent octroyer un prêt au-delà de leur aire d‟intervention.

Pour la méthodologie individuelle, le lieu d‟activité est déterminant dans l‟octroi d‟un

crédit de préférence au lieu de domicile, ce pour une utilisation efficace du temps de l‟agent de crédit et une meilleure planification.

1.2. Politique de crédit

La politique de crédit est l‟ensemble des principes et directives émis et adopté par l‟AG et

qui précisent les orientations administratives et techniques pour encadrer le crédit.

La politique de crédit vise à ce que les opérations cadrent avec la mission et les objectifs

de GUILGAL. Elle permet de définir et faciliter la tâche de la Commission de Crédit, du gérant et des agents de crédit dans la gestion de crédit. Elle est de ce fait l‟ensemble des règles et procédures d‟octroi de crédit, de suivi et recouvrement de crédit. Elle standardise la gestion du crédit  pour assurer la liquidité à l‟intérieur du GUILGAL en s‟assurant que tous les membres verront leurs dossiers de crédit, traités de façon similaire.

Le Gérant de GUILGAL, en relation avec la commission de crédit, a le devoir de s‟assurer

de l‟application de la politique de crédit. Le CA et le CS s‟assurent chacun en ce qui le concerne de la bonne conduite dans la gestion du crédit.

Le non-respect de la politique de crédit est considéré comme un manquement majeur à la saine gestion de GUILGAL.

2. MÉCANISME DE SUIVI ET DE RECOUVREMENT DE CRÉDIT DE GROUPE À GUILGAL

2.1. Cycle ou processus de gestion de crédit à Guilgal

Dans ce point nous verrons  les étapes à suivre pour bénéficier d‟un crédit à Guilgal qui

sont : La Prospection ; la formulation de la demande; le montage de dossier de crédit; l‟analyse du dossier de crédit par l‟agent de crédit ; la validation de crédit par la commission du crédit ; Le Décaissement ; le suivi ; ensuite le remboursement et enfin  le recouvrement.

2.1.1. La Prospection

        Présenter les caractéristiques de différents types de crédit offerts par l‟institution;

        Montrer aux micros entrepreneurs  l‟utilité du crédit pour le développement de leurs activités;

        Présenter les avantages de l‟IMF par rapport à d‟autres IMF concurrentes; Identifier les vrais  besoins de micro entrepreneurs.

2.1.2. La demande de crédit peut être formulée de deux façons :

        Demande manuscrite ;

        Formulaire pré-imprimé.

A.  Demande manuscrite

 La demande manuscrite présente en théorie l‟avantage ou l‟intérêt (preuve) que c‟est le

demandeur lui-même qui, avec ses propres mots et son écriture, a formulé sa demande ; or dans les faits lorsque celui-ci est analphabète, il emprunte les services d‟une tierce personne pour écrire cette lettre.

B.  Formulaire pré-imprimé

Formulaire pré-imprimé présente l‟avantage de standardiser les présentations et de

pouvoir recueillir les informations que l‟institution estime nécessaire pour la formulation de la demande.IL faut noter que la demande du crédit doit avoir au moins les éléments ci-après:

ü L‟objet pour lequel le client demande un crédit ;

ü Le montant sollicité;

ü La durée souhaitée pour le remboursement ; ü La périodicité et le montant des remboursements ; ü Les garanties offertes.

 

2.1.3. Montage du dossier de crédit

Cette étape consiste à collecter les informations 

q  Les informations d‟ordre général;

q  Les informations sur l‟activité à financer.

2.1.4. Analyse de dossier par l’agent de crédit

Avant de présenter le dossier à la commission de crédit, l‟agent de crédit doit évaluer la

situation financière mais aussi le niveau de risque de l‟activité à financer. Pour y arriver, On recourt souvent à l‟analyse de 5 C.

Tableau 1: Analyse de 5 C

Source : Kalala F. : Note de cours  L1 Micro finance 2016.

2.1.5. Validation par la commission de crédit La commission de crédit a pour mission de:

q  Vérifier le travail effectué par l‟agent de crédit afin d‟éviter les erreurs;

q  S‟assurer que l‟agent de crédit a bien respecté la politique de crédit ;

q  Donner un avis sur l‟octroi de crédit

2.1.6. Le Décaissement

Le décaissement du prêt est une étape importante de la gestion des crédits. C‟est en effet

la phase qui met les fonds prêtés à la disposition des bénéficiaires. Il faut veiller à ce que toutes les formalités soient effectuées avant de débloquer les fonds octroyés en crédit. 

On distinguera trois étapes : 

ü Les vérifications préalables au déblocage;

ü Établissement et signature du tableau d‟amortissement et du contrat de prêt;  ü Le déblocage proprement des fonds.

Le tableau d‟amortissement de l‟emprunt comprend :

      Les échéances de remboursement ;

      Le capital début de la période ;

      Le principal ;

      Le capital à la fin de période ;

      Les intérêts (avec le taux dégressif ou constant)

      Le montant total à payer

      Exemple d‟un tableau d‟amortissement d‟emprunt.

Le 11 février 2014,  la COOPEC GUILGAL  a octroyé un crédit de 150000 CDF  à Mr. Ephraïm KATSHINDI remboursable en trois mensualité au d‟intérêt mensuel de 5% calculé sur le montant restant dû.

 

 

 

 

 

Tableau 2 : Amortissement d’emprunt

Source : rapport financier Guilgal 2016.

Le contrat de crédit est un document très important qui lie l‟IMF aux clients. Sur ce:

Ø  La lecture du contrat doit être faite avec beaucoup de rigueur et de sérieux.

Ø  L‟agent de crédit doit expliquer le contrat de manière professionnelle et s‟assurer que l‟emprunteur a bien compris toutes les clauses du contrat avant d‟y apposer  sa signature.

2.1.7. Le suivi du crédit

Le cycle du prêt ne s‟arrête qu‟à son remboursement intégral. C‟est pourquoi le suivi joue

un rôle fondamental dans la vie du prêt. En principe, un agent de crédit devrait voir son partenaire au moins une fois avant chaque échéance afin de lui rappeler ses engagements et d‟assurer un taux de remboursement optimal. Il est recommandé au minimum de:

Ø  Voir systématiquement un partenaire dans les 48 heures qui suivent l‟octroi si non la semaine qui suit pour s‟assurer que le prêt est effectivement utilisé dans le financement de l‟activité.  Dans le cas contraire, le partenaire aura violé son engagement vis-à-vis de la CG. L‟agent de crédit, pour prévenir le pire, suivra de près cette activité jusqu‟à son dernier échéancier ;

Ø  Pour tout crédit, l‟agent de crédit est obligé d‟informer l‟emprunteur une semaine avant l‟échéance qu‟il doit à GUILGAL (principal et intérêt)  et doit encore le rappeler à la veille de l‟échéance ;

 

Ø  Voir le partenaire en retard de remboursement dès son premier jour de retard jour de retard pour prévenir la détérioration du portefeuille.

2.1.8. Remboursement de crédit

Le remboursement de crédit peut se faire chaque jour (par Epargne à la Carte), par

semaine, après deux semaines, par mois ou à terme échu. La modalité de remboursement est définie par l‟agent de crédit en collaboration avec l‟emprunteur. Pour le remboursement au quotidien, le remboursement est d‟abord enregistré comme épargne et il y a  compensation chaque mois entre l‟épargne et le crédit.

Le remboursement est fait par les partenaires directement dans les succursales de la COOPEC. Au moment de l‟octroi (à l‟agence ou sur le terrain), on leur remet des fiches de remboursement (un échéancier) pré-remplies avec leurs nom et prénom, le numéro de contrat et le montant à verser. Les partenaires se rendent  à la COOPEC au plus tard le jour de chaque échéance pour effectuer leurs remboursements.

Les montants remboursés sont imputés dans l‟ordre suivant: pénalité, intérêt, capital. La

priorité est donnée  aux montants en retard, puis aux montants dus, et enfin aux montants anticipés, le cas échéant.

Il faut noter que dans certains cas difficiles, avec des retards importants  ou des

dossiers en contentieux, les personnes peuvent être amenées à se présenter directement au bureau central ou à l‟agence pour effectuer leur remboursement.

A noter que l‟agent de crédit doit rester en contact constant avec le partenaire pour

s‟assurer de sa régularité dans les versements. Ainsi, pourrait-il prévenir des problèmes éventuels, si non les adresser à temps de concert avec son Chef d‟Agence, le cas échéant les autres services existants, telle contentieux.

Dans ce point a deux sous points qui sont : Lors de l‟utilisation du crédit  et Versements

réguliers.

A.Lors de l‟utilisation du crédit  

L‟institution de micro finance délègue en partie et sans coût la surveillance du crédit aux

membres du groupe. La responsabilité conjointe amène les membres à faire non seulement de la surveillance, mais également de l‟assistance. La pression au sein du groupe, prévient l'aléa moral en cours d'exécution et l'aléa moral ex post. Par hypothèse, le prêteur peut vérifier le résultat du projet, ce qui réduit d'autant l'efficacité du prêt de groupe en matière de vérification non coûteuse des états de la nature. Dans les groupes de caution solidaire, la pression de groupe peut modifier le play-off financier du prêteur par rapport au contrat individuel. En cas de difficulté d‟un projet, les pairs sentant venir la sanction du prêteur sont incités à aider leur collègue en difficulté lui fournissant gratuitement des conseils et au besoin une main d‟œuvre supplémentaire.  

B. Versements réguliers

Une fois le crédit octroyé, le versement sur livret d‟épargne obligatoire est indispensable,

sur base de la modalité et de montant de remboursement. Un groupe solidaire ayant le même montant de crédit de 500.000 CDF remboursable pendant trois 5 mois est normalement tenu de rembourser 111.000 CDF par mensualité. Admettons que les emprunteurs estime ne pas être à mesure de réunir ce montant par mois et sollicite que ce même montant lui soit étaler par jour afin qu‟il le fasse via son livret d‟épargne. Pour ce faire, on va prendre le montant de la mensualité (111.000 CDF) divisé par le nombre de jours ouvrables par mois(26 jours), par la CG et en fin communiqué à l‟emprunteur son montant de remboursement journalier jusqu‟ à l‟aboutissement de leurs total dû.

Les partenaires sont bien entendu libres  de faire des versements plus importants que ceux

par la CG fixés par mois, semaine ou jour s‟ils le souhaitent.

Tous les versements doivent être effectués en agence, sauf pour les emprunteurs qui

remboursent via leur livret d‟épargne obligatoire. Les versements d‟épargne doivent toujours se faire en cash.

La CG finance le fonds de commerce, les achats d‟équipements légers, les petits

aménagements nécessaires aux petites entreprises de commerce et production.

En aucun cas la CG ne fait de prêts à la consommation directe aux partenaires. Elle ne

fait pas non plus des prêts pour l‟agriculture et l‟élevage, étant une institution basée en zone urbaine.

Cette position est susceptible d‟évoluer dans le temps, selon la stratégie que décidera la CG.

2.1.5. Recouvrement

Ce point a comme sous points Un comportement de remboursement inadéquat

 Un manque de discipline; Le suivi formel ; contentieux ; Cas particuliers ; Le refinancement

A.Un comportement de remboursement inadéquat

Toute personne peut avoir des problèmes de  toutes sortes. Une obligation évidente du

partenaire est d‟avertir l‟institution des problèmes rencontrés, et proposer des solutions à ces problèmes et au remboursement. Il ne faut donc pas attendre pour informer l‟institution. Tout autre comportement  est un manque au devoir d‟information et entraîne une érosion de la confiance qui est la base d‟une relation saine entre un partenaire et la COOPEC Guilgal.

B.Un manque de discipline

Ø  Des retards réguliers et injustifiés les jours de décaissement ;

Ø  Des retards réguliers et injustifiés dans le remboursement des crédits ;

Ø  Desretardsouabsencesinjustifiéesdanslesréunionsdegroupesnonsolidaires ;

Ø  Le non-respect de rendez-vous par l‟institution donné ;

Ø  Le non-respect en général, des règles de fonctionnement de la CG.

Sont des éléments caractérisant l‟indiscipline  d‟un partenaire et devant conduire à

envisager son exclusion du programme de crédit.

Ce pourquoi le rôle de l‟agent de crédit est important dont sa responsabilité dans le

travail d‟évaluation et d‟information qui est fait avant l‟octroi de crédit. C‟est en effet sur ces bases que l‟institution décide ou non de prêter une somme à un partenaire. Il est de son devoir de s‟assurer qu‟il amené un travail complet d‟évaluation (d‟analyse) et qu‟il a transmis toutes les informations  pertinentes au moment de la décision d‟octroi. Aucune décision sur un crédit octroyé, ne peut être prise sans que l‟agent de crédit en tété informé et ait pu donner son avis.

C.Le suivi formel

Quand le suivi «classique» ou de routine de l‟agent de crédit ne donne pas les résultats

attendus et que le partenaire est en défaut de paiement, son dossier passe à un niveau de suivi formel. Il s‟agit d‟un processus de relances systématiques qui est détaillé dans une procédure spécifique.

Une première «lettre de relance» est envoyée au partenaire et à son avaliseur (s‟il en a

un), dans un délai ne dépassant pas 10 jours de retard pour lui demander de payer sous 3 jours maximum.

Si la personne ne réagit pas, on lui fait une lettre de convocation à l‟agence pour

rencontrer le Chef d‟Agence. Cela doit se faire entre 14 et 20 jours de retard.

Si une fois de plus la personne ne réagit pas, un suivi en groupe est nécessaire (entre 20jours et 30 jours de retard).

Une troisième lettre peut lui être ensuite envoyée, signée par le Chef d‟Agence, s‟il n‟a pas

réagi de manière à respecter ses engagements, dans un délai compris entre 30 et 45 jours de retard.

Dans les 15 jours qui suivent (45 a 60 jours de retard), l‟agent de crédit effectue encore

des suivis de groupe ou individuels sur le dossier.

Le Chef d‟Agence et ses agents de crédit, passent en revue chaque portefeuille durant les

rencontres  hebdomadaires d‟état de portefeuille. Tous les retards sont évoqués et les actions nécessaires selon cette procédure de suivi doivent être prises.

Le Chef d‟Agence compile toutes ces informations dans un classeur spécifique, qui doit

être tenu à jour, bien ordonné et disponible pour toute vérification par ses supérieurs.

D.Contentieux

Entre 60 et 90 jours, sauf cas particulier (renégociation avec le partenaire qui aura pris de

fermes engagements,…) le dossier sera transmis en contentieux.

Une procédure spécifique  régit le fonctionnement du contentieux et détermine  les rôles

des superviseurs d‟agence, des agents de crédit et de l‟agent administratif dans ce processus.

Le Chef d‟Agence identifie les partenaires qui seront mis en contentieux de concert avec

les agents à travers leurs réunions hebdomadaires d‟état de portefeuille.

C‟est l‟agent de crédit qui remplit le formulaire de mise en contentieux,  l‟achemine à

l‟agent administratif et après saisi le transmet au service contentieux  (agent de suivi supervisé par l‟Avocat).Le Service contentieux suit de façon continue les dossiers jusqu‟au remboursement complet du prêt.

L‟agent de crédit doit passer le dossier à l‟agent de suivi (lieu de domicile, lieu d‟activité et

d‟autres informations relatives au partenaire et avaliseur).Les dossiers en contentieux restent encore sur le portefeuille de l‟agent de crédit donc,  ce dernier ne doit pas l‟abandonner totalement.  Toutefois, il ne devrait pas intervenir sans être informé des ententes consenties entre les deux parties.

De son côté, le service contentieux informera le Chef d‟Agence de l‟évolution des cas et ce

dernier informera à son tour ses agents de crédit. Etant donné que les membres du service contentieux ne sont pas toujours présents à l‟agence, le partage des informations facilitera la réception des partenaires qui viennent honorer leur rendez-vous.

L‟agent de suivi connaissant déjà  les  coordonnées des  partenaires mis  en contentieux,

le service ne peut donc exiger un agent de crédit de l‟accompagner dans les suivis et opérations réalisés.

L‟agent de crédit, de concert avec son Chef d‟Agence, peut choisir de mettre un dossier en

contentieux sans que ces conditions préalables aient été remplies. Cela se fera dans le cas où des éléments nouveaux sont mis à leur disposition et qui leur permettent de conclure que le remboursement normal du crédit se trouve compromis.

Un partenaire qui est mis en contentieux est automatiquement en liste rouge, et ne pourra

obtenir un nouveau prêt à la CG.

E. Cas particuliers

La logique et le bon sens doivent l‟emporter sur l‟automatisme  pur et simple, c‟est

pourquoi certains cas peuvent être traités différemment pour éviter un gaspillage d‟énergie et de temps.

Si un partenaire en défaut de paiement est de bonne volonté, s‟il est venu présenter son

cas spontanément à l‟agent de crédit mais, ne peut bénéficier ni d‟un rééchelonnement ni d‟un 

Refinancement, alors son cas peut être traité spécifiquement. S‟il prend des engagements

fermes de venir payer sur une période clairement définie, alors il peut être considéré comme un cas particulier et ne pas être mis en contentieux.

La gestion de ce type de partenaire se  fait au cas par cas et requiert l‟autorisation  du Chef d‟Agence; elle requiert un suivi rigoureux pour s‟assurer que le partenaire respecte ses nouveaux engagements.

En cas de crises avérées affectant de manière importante toute une zone, des mesures

spécifiques peuvent être décidées.

F.Le rééchelonnement

Le rééchelonnement est un mécanisme qui permet de  prolonger la  durée d‟un prêt et de

reporter son échéance initiale. Dans le cas où un partenaire se trouve dans des difficultés très grandes de rembourser (maladie, perte partielle ou totale de son fonds de roulement,…), il peut solliciter un rééchelonnement de sa dette.

Cela est possible mais pas automatique, et dépendra de son historique de crédit. L‟avis de

l‟agent de crédit sera déterminant dans la décision finale.

Ø  Pour rééchelonnement d‟un crédit, les conditions suivantes doivent être remplies :

Ø  avoir un bon historique au sein de GUILGAL,

Ø  avoir adressé une demande de rééchelonnement de crédit à GUILGAL,

Ø  avoir payé tous les intérêts courus y compris les intérêts de retard,

Ø  le crédit à rééchelonner doit être un crédit individuel avec de fortes probabilités de remboursement,

Ø  avoir une garantie jugée suffisante par GUILGAL.

G.Le refinancement

Le refinancement est un mécanisme qui permet de donner un financement anticipé à un

partenaire  avant l‟échéance et le remboursement total du dernier prêt.

Dans le cas où un partenaire serait  victime  de pertes par sinistre, vols, etc. qu‟il se serait

manifesté spontanément et qu‟il n‟a pas de solutions de rechange, le refinancement peut être envisagé. Une procédure spécifique détaille les conditions régissant l‟octroi d‟un tel crédit.

L‟initiative devra toujours venir du partenaire et les critères suivants devront être

remplis:

Ø  Avoir un bon historique de crédit à la CG ;

Ø  Avoir déjà eu au moins deux(2) prêts révolus à la CG

Il faut en outre pouvoir apporter une preuve concrète et irréfutable des faits avancés, afin

que ce type de disposition ne soit appliqué que dans des cas avérés.

Le refinancement permet de diminuer au maximum le  capital restant dû du partenaire en:

Ø  Soldant son dépôt de garantie ;

Ø  annulant les intérêts à percevoir sur les échéances non dues ;

Ø  sollicitant un fort spécial de remboursement de sa part ou de son avaliseur.

Un nouveau crédit est alors octroyé sur la base de ce capital diminué, +un montant octroyé à

la personne pour pouvoir rebâtir. Ce nouveau crédites taux mêmes conditions (1%frais de dossier et 4% intérêts), mais sans dépôt de garantie. Un refinancement est toujours un choix délicat car ils comportent des risques accrus par rapport à un prêt classique. Le partenaire ayant sa situation financière très fragilisée, conserve ses mêmes obligations et responsabilités.

Ces considérations doivent toujours entrer en ligne de compte dans les analyses de

l‟agent de crédit et de son Directeur.

Si un dossier refinancé pose les mêmes problèmes de retards classiques, il doit être 

transféré au contentieux dans  les conditions habituelles de  mise en Contentieux de n‟importe quel dossier.

3. CAUTIONSOLIDAIRE ET QUALITE DU PORTEFEUILLE DE CREDIT DE GROUPEGUILGAL

Cette section il est question de la pratique de Guilgal dans sa gestion de   des crédits de

groupe et quelques calcules de Ratio enfin de déterminer la qualité du portefeuille de crédit de groupe à Guilgal. 

3.1. La pratique de Guilgal dans sa gestion de crédit de groupe

Dans ce point nous allons voir les conditions pour réduire le problème lié à l‟asymétrie

d‟information et l‟aléa morale qui sont; L‟auto sélection ; La préexistence d‟un capital social ; L‟homogénéité du groupe; La taille du groupe ; La formation des emprunteurs.

A. L‟auto sélection

Les membres du groupe doivent se sélectionner eux-mêmes. L‟agent de crédit ne doit pas

influencer cette sélection.

B.     La préexistence d‟un capital social 

 Avant que l‟agent de crédit puisse enregistrer le groupe, il doit s‟assurer que les membres

du groupe se connaissent très bien et qu‟il existe déjà des relations entre eux. C‟est le cas de tontines (Likelemba), etc.  

C.    L‟homogénéité du groupe;

Le groupe n‟est pas être constitué par les membres d‟une même famille. Et il est

conseillé que les membres ne puissent pas avoir une même activité, néanmoins dans la pratique, il est possible de trouver un bon groupe mais dont les membres exercent la même activité.

D.    La taille du groupe

La taille du groupe est un élément très important dans le crédit de groupe. Plus la taille est

petite, plus il est difficile d‟appliquer le principe de caution solidaire. Et plus la taille du groupe est grande, plus y a moyen d‟avoir des passagers clandestins. Généralement la taille du groupe varie entre 5 et 20 membres.

E.     La formation des emprunteurs

La formation des emprunteurs est un des facteurs succès de crédit de groupe. Cette

formation peut se faire à deux niveaux: avant l‟analyse et après l‟analyse.

La formation avant l‟analyse se base sur:

q la présentation de l‟IMF (mission, historique, situation géographique et les produits, etc.)

q les conditions pour avoir le crédit (la taille du groupe, la caution solidaire, l‟épargne obligatoire, etc.)

Il faut noter que la formation après analyse se base généralement sur :

§  l‟utilisation de la pression sociale, §  les modalités de remboursement,

§  la politique de trois O „‟3 O‟‟,

§  les incitants dynamiques,

§  les sanctions en cas de non-respect des engagements.

3.2. Qualité du portefeuille de crédit de groupe à Guilgal

Dans cette section nous allons évaluer la qualité du portefeuille de Guilgal au travers deux

indicateurs.

Le premier indicateur qui est le portefeuille à risque  qui  fournit un portrait de la situation

du portefeuille de prêt à un moment précis, comme norme ce taux ne doit pas dépasser 25%. Et le deuxième indicateur qui est le taux remboursement permet, la norme exige du taux doit être supérieur ou égal à 98%.

Au niveau de Guilgal les chiffres seront représenté pour les années 2015 et 2016, comme

le montre le tableaux et graphique ci-après:

Tableau 3 : Indicateurs de la qualité du portefeuille (PAR et TR)

ELEMENTS

 

GROUPE

INDIVIDUEL  

TOTAL

 

ANNEES

2015

2016

2015

2016

2015

2016

Encours de crédit

125622668

64 774 030

761490237

952699305

887112904

1 017 473335

Montant en retard

52073741

29 805 233

59467364

217901083

111541105

247 706 316

Montant remboursé

115987399

231 713 521

413912847

2006444275

529900247

2 238 157795

Montant échus

168061140

261518754

473380212

2224345358

641441352

2485864112

Montant accordé

238955000

296 487 550

1178058151

2959143580

141013151

3 255 631130

PAR

41%

46%

8%

23%

13%

24%

TR

69%

89%

87%

90%

83%

90%

 

     Source : rapport financier Guilgal 2016.

      Interprétations  de crédit de groupe sous l‟optique de la norme sectorielle:

-          La qualité du portefeuille est médiocre, la qualité de PAR  est à 41% en 2015 et 46% en 2016 alors que la norme exige en dessous de 25%(≤25%) ;

-          Voir même  par rapport au taux de remboursement la qualité du portefeuille ne remplis pas la norme exigée qui ne dois pas être inférieure 98% (≥98%), il est à 69% en 2015 et 89% en 2016.

      Interprétations de la qualité du portefeuille  du crédit de groupe par rapport au crédit individuel en 2015 et 2016 :

-          Par  crédit de groupe est de 41% et 46%, crédit individuel 8% et 23% respectivement ;

-          Taux de remboursement pour le crédit de groupe est de 69% et 89%,  pour le crédit individuel  87% et 90% respectivement.

Ces interprétations  nous montrent que Guilgal ne gère pas bien ou n‟as pas une bonne

qualité du portefeuille le crédit de groupe, donc en conclusion contrairement dans ce que nous avons confirmé dans la première hypothèse, nous sommes amenées à infirmer notre hypothèse.

Conclusion partielle

Dans ce chapitre il était question d‟évaluer l‟efficacité du crédit de groupe de Guilgal, par la

qualité du portefeuille nous avons constaté que le portefeuille est médiocre. Ce qui explique cette médiocrité c‟est la faiblesse de PAR et TR du crédit de groupe par rapport aux normes sectorielle, comme expliquer ci-haut  nous concluons que Guilgal a encore de défis à relever pour que la qualité du portefeuille soit ou plus que conforme aux normes exigées. 

Après avoir fait l‟analyse factuelle de l‟efficacité de crédit de groupe à Guilgal, nous allons

dans le chapitre suivant qui serais l‟essai d‟optimisation de crédit de groupe à Guilgal.

Chapitre III. ESSAI D’OPTIMISATION DE CRÉDIT DE GROUPE À GUILGAL

Après  une  analyse de fondements de l‟efficacité du prêt de groupe,  ce  chapitre  est 

consacré à l‟essai d‟optimisation de crédit de groupe à Guilgal sur ledit sujet analyse la politique de crédit Guilgal (Section  1), analyse causale du non efficacité de crédit de groupe à Guilgal (Section 2) et pistes de solutions pour un crédit de groupe efficace à Guilgal (Section3).

1. FAIBLESSES DE LA POLITIQUE DE CRÉDIT À GUILGAL

Dans ce point il est question de L‟auto sélection ; La préexistence d‟un capital social ; L‟homogénéité du groupe; La formation des emprunteurs.

A. L’auto sélection

De fois la sélection des membres  est influencée par l‟agent commercial, par sentiment ou

intensité de leur relation avec les membres  épargnant, mais aussi enfin d‟atteindre au plus vite la targette, d‟où il n‟y a plus l‟auto-sélection. Mais aussi l‟agent de crédit au niveau de l‟analyse du dossier du membre.

B. La préexistence d’un capital social 

De fois l‟agent de crédit l‟évaluateur ne prend pas vraiment  ou ne s‟intéresse pas vraiment

au fait que les membres du groupe se connaissent très bien et qu‟il existe déjà des relations entre eux.

C. L’homogénéité du groupe;

Du groupe est constitué de fois par au moins deux membres d‟une même famille. Et il est

conseillé que les membres ne puissent pas avoir une même activité, néanmoins dans la pratique ; Guilgal prend le risque après quelques analyse pas à 100% sûr, c‟est qui est encore une de fois une faiblesse.

D. La formation des emprunteurs

La formation des emprunteurs est faite le jour de décaissement quelques minutes avant. Les emprunteurs sont plus focalisés par leurs envi d‟avoir la liquidité tant attendus que par l‟enseignement financière donné au même moment par l‟agent de crédit.

 

2. ANALYSE CAUSALE DU NON EFFICACITÉ DE CRÉDIT DE GROUPE À GUILGAL

Cette section est composé de cause de non efficacité de crédit  au niveau des agents

commerciaux et de son évaluation de son membre ; Manque de conseil de remboursement ou Pression psychologique ; Au niveau des agents de crédits

2.1. Au niveau des agents commerciaux et de son évaluation de son membre

Avant tout, il est important de rappeler qu‟avant de bénéficier du crédit auprès de

l‟institution le membre a l‟obligation d‟avoir un compte épargne sous  la suivi régulière de collectes d‟un agent commercial qui lui a été affecter par l‟institution et pendant tout ce temps  que l‟agent commercial passe prendre l‟épargne du membre, à force de se côtoyer tous les jours pendant un long moment ils nouent une relation d‟amitié, de compréhension et de confiance donc plus de sentiment et d‟émotion entre eux. Par-là, au moment de la première évaluation de cet d‟agent peut toujours l‟évaluer hors les règles de l‟institution enfin que celui-ci soit éligible à la demande du crédit, mais aussi deux autres réalités hormis la précédente que peut être dû au fait :

      Que cet agent commercial peut même influencer la façon d‟évaluer de l‟agent de crédit qui est le second évaluateur en vendant l‟image de son membre par des arguments séduisants, et d‟autres moyens possibles tout simplement parce que c‟est un bon membre qui est régulier lors des épargnes et tous formes de commentaire qu‟il peut avancer ; 

 

      Lors du remboursement au carnet de remboursement auprès de l‟agent de commercial, cela lui facilite d‟apporter beaucoup d‟argent auprès de la Coopec qui lui facilite d‟atteindre le targette fixée par l‟agence (11.000.000C DF/Mois). 

2.1.1. Manque de conseil de remboursement ou Pression psychologique

L‟agent commercial manque ou ne prend pas la peine de faire pression psychologique aux

membres enfin de rembourser le crédit dont ils ont été bénéficiaires, par manque de leur procurer de conseils, comment ils ont  bien commencé avec l‟agence et bien continue avec lui (rappel de bon moment passé avec l‟agent puis le malheur qui arrive quand l‟on ne rembourse pas). Il manque souvent l‟esprit d‟équipe entre les deux agents de l‟institution dont l‟agent commercial et l‟agent de crédit, enfin de se faciliter la tâche à l‟un tout comme à l‟autre qui peuvent remettre en conscience de paiement un membre à risque par défaut. En usent de son niveau de confidentialité qui est la confiance mutuelle existant entre l‟agent commercial et son membre 

2.2. Au niveau des agents de crédits

Ce point est  repartie en quatre sous points Lors de l‟évaluation du membre demandeur de

crédit ; Lors de la formation ; Au niveau du membre ; Au niveau de l‟agent.

2.2.1. Lors de l’évaluation du membre demandeur de crédit

Les informations reçus par l‟agent commercial en rapport avec ces membres peuvent

influencer l‟approche de l‟agent par apport à sa manière normal d‟évaluer, ou encore être influencée par l‟envie d‟apporter beaucoup de décaissement en  vue d‟être bien coté.  

2.2.2. Lors de la formation 

Cette formation la tache peut être vu à deux niveaux Au niveau du membre ; Au niveau de l‟agent 

A. Au niveau du membre

Celui-ci intéresser beaucoup plus par l‟argent tend attendus que part les discours

ennuyeux de l‟agent de crédit avant décaissement le jour même. Et cet état ne lui permet pas de saisir les informations venant de l‟agent, d‟autres n‟écoutent tout simplement pas parce qu‟ils dormaient déjà et comme conséquence le membre n‟a rien compris ; ceci est déjà un mauvais début du problème de remboursement.

B. Au niveau de l‟agent 

L‟agent formateur ne prend pas la peine de s‟assurer qu‟au moins 80 à 90% voire 100%

même ont compris. Aussi le manque des agents formateurs qui sont là que pour que tout se passe en ordre.

2.3. Au niveau de l’institution

La coopec Guilgal prend les risques de financer des activités de membres d‟un groupe de

fois deux ou trois ayant les mêmes activités économiques dans le groupe souvent, même elle finance les commerçants ayants pas d‟autorisation de vente par l‟Etat (manque de patente) ce brevet émanant d‟une autorité établissant un droit, un titre ou un privilège, autorisation administrative d‟exercer certains métiers mais la coopec finance aussi des commerçants ayant des activités de produits toxiques. Cette pratique est risquant dans l‟incertitude d‟être arrêté par les autorités à un moment inattendu ou peuvent tout le temps fermer où arrêter son activité à chaque fois que les agents de l‟ordre font patrouille pour lutter contre ces genres d‟activité. Et cela ne facilite pas les remboursements du membre.

3. PISTES DE SOLUTIONS POUR UN CRÉDIT DE GROUPE EFFICACE À GUILGAL

Ces pistes de solutions doivent être portées au niveau des agents commerciaux ;

Au niveau des agents de crédits ; au niveau de l‟institution

3.1. Au niveau des agents commerciaux

Il faut que l‟agent commercial responsable du membre épargnant puis être plus

professionnel que sentimentaliste vis-à-vis de membres, il est important pour lui d‟avoir une habitude plus aimable, gentille et souriante, sans oublier son objectif principal en fin de lui motiver de bien épargner (régularité d‟épargne).

A ce niveau on se base par apport à deux moment d‟abord Lors de l‟évaluation de son

membre ; puis le manque de conseil de remboursement ou Pression psychologique.

3.1.1. Lors de l’évaluation de son membre

L‟agent commercial est appelé à être plus objectif que subjectif, enfin d‟évaluer ses membres dans les règles de la coopec, et non dans l‟émotion qui ne permet pas la croissance financière l‟institution

3.1.2. Manque de conseil de remboursement ou Pression psychologique

A chaque fois que l‟agent commercial passe pour collecter l‟épargne il doit en même temps

prendre soin de rappeler aux membres du groupe les sanctions qui leur attendent, cela doit se faire avec beaucoup de gentillesse, tout en utilisant les paroles touchantes (qui ne fâchent pas), cella peut jouer en faveur de deux agents pendant les échéances de remboursement

3.2. Au niveau des agents de crédits

A ce niveau on voit deux moment qui peut être lors de l‟évaluation du membre demandeur

de crédit ; soit lors de la formation 

3.2.1 Lors de l’évaluation du membre demandeur de crédit

Celui-ci est plus mal cotée par l‟agence lorsqu‟il n‟arrive pas à retourner son argent

décaisser pour le groupe, ce pour cela l‟agent doit faire de son maximum d‟être plus sûr que le groupe sera en mesure de rembourser l‟argent qu‟ils ont besoins c‟est pour cela il doit être aussi plus professionnel dans ces différentes évaluations qui lui permet d‟être moins émotionnel que possible.

3.2.2. Lors de la formation 

Pour pallier à ce problème liée au comportement de membres pendant la formation (avant

décaissement) il faut que: 

1.    La formation de emprunteurs puisse se passer quelques jours avant le décaissement cela peut avoir un effet direct sur les membres de groupe après avoir su ce qu‟il l‟attend après contracté ;

2.    L‟agent de crédit soit accompagner d‟un ou deux autres agents enfin de s‟assurer que tous monde est attentif, aussi peuvent intervenir sous la permission de l‟animateur de la formation ;

3.    L‟agent formateur puisse vérifier que tout le monde a compris ou soit si la majorité a compris en choisissant de manière ciblée au moins deux membres présents dans la salle ; 

4.    L‟agent de crédit puisse leur rappeler les droits de chaque membre pour le suivi entre eux avant sa décente sur terrain pour aller récupéré l‟argent auprès d‟eux.

3.3. Au niveau de l’institution

Dans ce point il est question de la part de l‟intuition vis-à-vis d‟acteurs de crédit cités ci-haut.

Pour sa sécurité de remboursement de crédit octroyé, elle doit s‟assurer que tous les

commerçants du groupe doivent avoir une patente assurant l‟exercice de leurs activités qu‟ils exercent ; mais aussi suivre de près la qualité du portefeuille à risque, parce que lorsque le portefeuille et autres indicateurs ne sont pas respecter selon leurs normes sectorielles, ceci n‟est pas bon pour l‟institution.

Doit toutefois il faut noter que pour éviter les problèmes liés à l‟agent commercial, il faut :

      Aussi donner de formations liées à la politique du crédit afin que, celui-ci sache les réalités liées au crédit ;

      Toute fois le rappeler leurs rôles inévitables dans l‟amélioration de remboursement.

L‟institution a aussi un rôle pertinent à jouer dans la performance de l‟agent de crédit, d‟où il faut :

      Que l‟institution puisse s‟assurer l‟efficacité de ses agents sur terrain en faisant de mis à niveau de leurs manières de faire l‟analyse du membre, le suivi, recouvrement et autres activités lui concernant ;

      Qu‟elle s‟assure sur la symétrie informationnelle entre lui et l‟agent commercial avec qui il travaille et toute cela dans les intérêts de l‟institution.

Conclusion partielle 

Partant de la médiocrité constaté du chapitre précèdent, nous avons jugé bon d‟apporter

quelques solutions non exhaustives à la coopérative dont il est question.

Pour y arriver nous avons fait de remarques à plusieurs niveau de l‟activité de cette

institution les faiblesses demeure au niveau de agents commerciaux, de agents de crédit et au niveau de la politique appliquer par l‟institution. 

Nous croyons que les solutions apportées auront un effet positif dans le processus

d‟amélioration de la qualité du portefeuille de Guilgal. 

 

 

 

CONCLUSION GÉNÉRALE

Cette recherche, qui a porté sur l‟analyse de l‟efficacité du crédit de groupe à Guilgal, s‟est

proposé d‟une part de déterminer les facteurs explicatifs  de  la  performance  en  matière  de  remboursement  de  crédit  de  groupe  et d‟autre  part  de  proposer  des  stratégies  à  mettre  en  place  en  vue  de  maitriser  ces facteurs.

Nous sommes partis des hypothèses selon lesquelles :

     Le crédit de groupe permet effectivement d’améliorer la qualité du portefeuille au travers l’amélioration du taux de remboursement ;

     La politique de crédit telle qu’appliquer à la COOPEC Guilgal incite les clients de ladite coopérative à honorer cet engagement, situation qui permet à l’institution d’avoir une ressource sûre, enfin d’octroyer d’autres crédits aux emprunteurs

Pour vérifier la validité de nos hypothèses de recherche nous avons eu recours 

À la technique documentaire, d‟enquête et la méthode descriptive ainsi qu‟à la méthode statistique.

Après analyse des données, nous avons constaté que des toutes les variables Le crédit de groupe tel qu’appliquer à Guilgal ne permet effectivement d’améliorer la qualité du portefeuille au travers de l’amélioration du taux de remboursement ;

Ceci nous a permis de ne pas valider partiellement notre première hypothèse  car nos résultats   nous  démontrent  fortement le crédit de groupe tel qu‟appliquer à Guilgal ne permet pas d‟améliorer la qualité du portefeuille au travers le taux de remboursement.

Cependant,  la  deuxième  hypothèse a été  également infirmée,  car  nos investigations  ont  montrés  que  La politique de crédit telle qu’appliquer à la COOPEC Guilgal n’incite pas assez les clients de ladite coopérative à honorer ses engagement, situation qui permet à l’institution d’avoir une ressource sûre, enfin d’octroyer d’autres crédits aux emprunteurs cela ne permettra pas de maitriser ces facteurs.

Pour clore, cette analyse peut bien être approfondie en élargissant le nombre d‟institution de micro finance et de clients, ce qui permettra de généraliser le résultat à l‟ensemble du secteur. 

De  plus,  nous  n‟avons  analysé  que  les  données  de  2015 et 2016  sans  nous  intéresser  à  l‟aspect temporel. Une étude intégrant cet aspect temporel ainsi  que d‟autres variables non prise en compte permettrait d‟éclairer les discussions sur cette méthodologie de crédit.

 

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16. Lanha,  M.  (2004),  Efficacité  relative  du  prêt  de  groupe  avec  caution  solidaire, Laboratoire d'Économie d'Orléans, Orléans.

17. Lanha, M. (2001) Le prêt de groupe de caution solidaire : typologie, efficacité et mesure empirique [PDF] laboratoire d‟Economie d‟Orléans. Disponible sur : http://www.softlabo.org/TheMag/Economics/Lanha2001b.pdf[consulte le 1 mars 2017]

18. Lanha, M. (2001a),  Le prêt de groupe de caution solidaire : Typologie, efficacité et      mesure empirique, Laboratoire d‟Economie d‟Orléans.

19. Palabras  (2007),  Femmes  et  microcrédit,  Edition  le  monde  selon  les  femmes, bruxelle, Belgique.

20. http://Entrepreneursdumonde.org, consulté le 22 février 2017 à 18h 05.



[1] Il sied de souligner que le crédit solidaire a caution, étaient  du  type  crédit  de  campagne mais  attribués  à  un  ensemble  de paysans  appartenant  à  une  même  unité  résidentielle,  c‟est-à-dire  que  le  groupement  devait rassembler  des  agriculteurs  voisins par exemple,  se  connaissant  bien. Pour ce faire, des  garanties  matérielles étaient mises  en  place  au  sein  même  du  groupement et  lorsqu‟un  membre  était  défaillant,  ces garanties  pouvaient  être  saisies  par  les  autres  membres  pour  palier  le  non  remboursement. Ainsi, il existait alors de  fortes valeurs sociales, les valeurs familiales étaient présentes et les aînés de la famille les respectés. Notons par ailleurs que cette situation était favorisée par une  personne  ressource qui formée et encadrée des  groupements  paysans  à  cette époque.

[2] L‟essentiel de ce chapitre a étais constituer dans l‟article de Lanah M. (2001b)

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