Bonjour, nous sommes le 27/01/2022 et il est 15 h 52.


La République Démocratique du Congo, un si grand pays d’environ 2.345.000Km2, connait depuis plus de quinze ans des conflits armés et des crises d’insécurité dans sa partie Est. Actuellement, il est question des pourparlers de Kampala entre le Gouvernement congolais et le Mouvement du 23 Mars ou M23, mouvement de rébellion.


Rappelons qu’outre les négociations de Kampala dont il est question dans notre travail, une négociation avait déjà été conclue entre le gouvernement de la RDC et le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), une administration rebelle établie par Laurent Nkundabatware dans la région du Nord-Kivu de la RDC et par la suite dirigée par Bosco Ntaganda.



En effet, les deux parties(le gouvernement congolais et le CNDP) ont signé un accord de paix à Goma conclu le 23 Mars 2009. Un accord stipulant notamment la libération des prisonniers, la transformation du CNDP en parti politique, le retour des réfugiés se trouvant dans les pays limitrophes de la RDC, l’intégration des civils membres du CNDP au sein des institutions gouvernementales ainsi que l’intégration des forces du CNDP dans l’armée congolaise.



Toutefois, les ex-membres militaires du CNDP qui ont été intégrés dans les Forces Armées de la RDC( FARDC) ont été soupçonnés d’abuser de leur position au sein de l’armée congolaise pour contrôler le trafic de minerais et pour ce motif, le gouvernement a décidé de les muter dans d’autres régions du pays, estimant que ces militaires ont violé les accords du 23 Mars 2009 ; c’est alors qu’en Avril 2012, ces derniers se mutinent et créent le 06 Mai 2012 sous la direction du Colonel Sultani Makenga, le mouvement du 23 Mars ou M23 en se référant à la date de l’accord de Goma.



Au regard de cette situation, la presse congolaise, comme média de masse, se sent vivement intéressée par l’évolution de ces pourparlers de Kampala, en assurant le rôle de transmetteur des informations traitées auprès d’un public donné.



La revue de littérature étant importante pour tout travail de recherche, notre étude a recouru :

• d’abord, au travail de fin de cycle de Kapinga Kasongo Jennie intitulé « traitement de l’information sur le dialogue inter congolais( Pretoria IV) dans la presse congolaise. Ce travail aborde la question du traitement de l’information sur le dialogue Inter congolais (Pretoria IV) dans la presse congolaise. L’auteur pose la question suivante pour sa problématique : quel est l’espace réservé à l’information sur le dialogue Inter congolais( Pretoria IV) dans les journaux Le Potentiel et L’Observateur ?



Au terme de l’analyse quantitative de ce travail, le chercheur a constaté que l’espace de l’information sur le dialogue Inter congolais, un fait d’actualité d’une si grande importance, n’ a pas eu droit à un espace volumineux. Surtout lorsqu’il s’agit d’une presse qui se dit responsable.



Une information d’ une aussi grande pertinence que le dialogue Inter congolais et qui a focalisé l’actualité en RDC et à l’étranger par ses enjeux méritait une place conséquente dans les médias congolais particulièrement dans les quotidiens.





• ensuite, au travail de Kusopo Mayika. Ce travail de mémoire intitulé « Négociation : stratégie de règlement des conflits armés en République Démocratique du Congo, pose la question de problématique suivante : la négociation peut-elle calmer les ardeurs des belligérants ? Peut-on voir la négociation comme moyen de résolution des différends ? Quel avantage présente la négociation comme instrument de règlement dudit conflit et enfin, peut-on négocier la paix et la stabilité ?



Au terme de l’étude, l’hypothèse a été confirmée. En effet, les négociations ont permis aux belligérants de signer différents accords qui ont abouti à un règlement pacifique du conflit et à favoriser le retour de la paix dans la sous-région des grands Lacs qui venait de vivre des pénibles moments des troubles.

Dans son travail, Kusopo s’appuie sur les accords de Lusaka sur la gestion consensuelle de la transition intervenue à Sun city ; sur les accords de paix de Luanda de septembre 2002 entre la RDC et l’Ouganda et sur l’ accord global et inclusif sur la transition en RDC, prouvant ainsi la réussite des différentes négociations intervenues depuis le commencement du conflit en RDC.



• Enfin, le mémoire de Makengo Kilandamoko Jennifer. Ce travail traite essentiellement de la question de « la négociation comme moyen de résolution des conflits armés en RDC. Cas du conflit armé entre le gouvernement de la RDC et le CNDP.



Elle pose comme question de la problématique : « les armes ont été incapables de résoudre les conflits armés, de quelle manière une négociation peut-elle résoudre les conflits armés ?

En d’autres termes, quels sont les préalables qui favorisent la réussite d’une négociation pour la résolution d’ un conflit ? Makengo a confirmé son hypothèse en disant que la négociation a permis d’aboutir à la résolution du conflit avec la signature, le 23 Mars 2009, de l’accord de paix entre le gouvernement congolais et le CNDP, qui était en ce moment là en phase exécutoire progressive.



Son travail est donc la première phase de ce qui fait l’ objet de notre étude qui porte sur le traitement de l’information à propos des négociations de Kampala entre le gouvernement congolais et le mouvement du 23 Mars ou M23.



Cependant, la préoccupation majeure de ce travail consiste donc à répondre à la question de savoir comment les deux médias, Le Potentiel et L’Observateur, ont-ils traité cette actualité ? Autrement dit, quelle orientation éditoriale chacun des medias a-t-il prise ?


I.6.1.1. Composition de la délégation

Une importante délégation de la partie Gouvernement congolais a été désignée pour les négociations de Kampala. Elle est composée de :
o Le Ministre des affaires étrangères, coopération internationale et francophonie, Raymond Tshibanda Ntungamulongo, Président de la délégation ;
o l’Abbé Apollinaire Malumalu, adjoint du Président (Coordonnateur technique);
o Le Premier Vice-président de l’assemblée nationale, Charles Mwando Nsimba ;
o Les Sénateurs, Mulaila Balemage, Engulu Léon et Mwanga Chuchu.
o Les Députés de la majorité, Mashako Mamba, Konde Vila Kikanda et Béatrice Lomeya ;
o Le Député de l’opposition, Christian Badibangi,
o Personnalité de l’opposition, François Mwamba ;
o Le Président du CNDP, Philippe Gafishi Ngangu ;
o Les personnalités de la société civile du Nord-Kivu, Thomas D’Aquin Muiti et du Sud-Kivu, Elodie Ntamuzinda ;
o Et les Confessions religieuses, Abdallah Mangala, Président du Comité Islamique du Congo et Mgr Mbaya Tshiakani.



Le M23 dont question est un mouvement politico-militaire parti d’une mutinerie des ex-membres tutsi congolais du CNDP intégrés dans l’armée de la RDC après la signature de l’accord de paix du 23 Mars 2009 et qui s’est mué, par la suite, en une rébellion qui a abouti, après plusieurs autres conquêtes (Bunagana, Rutshuru, Kiwanja et Rumangabo) à la prise de Goma en date du 20 Novembre 2012 ; élément déclencheur des négociations de Kampala.

Au moment du démarrage des négociations de Kampala,le 09 Décembre 2012, le M23 avait pour Chef Politique le Bishop Jean-Marie Runiga Lugerero, ancien du CNDP avec comme Chef Militaire, le Colonel Sultani Makenga.



Pendant le déroulement desdites négociations, en Mars 2013, une scission est survenue à la tête de ce mouvement. Cette scission a été matérialisée par l’éviction de Runiga et son remplacement par Bertrand Bisimwa, ancien porte-parole du mouvement et le maintien de Makenga comme chef militaire.


I.6.2.1. Composition de la délégation

La délégation de la partie M23 aux négociations de Kampala est dirigée par François Rucogoza assisté par un ténor transfuge de l’opposition interne, en l’occurrence, le député national Roger Lumbala, Président du parti politique RCD-N.



Après la prise de la ville de Goma, Chef-lieu de province du Nord-Kivu, le 20 Novembre 2012 , le M23 demande les négociations directes avec le régime de Kinshasa et met la pression en prenant la ville de Sake en direction de Bukavu. Il se retire, entretemps, de Sake pour se replier à Goma, en signe de sa bonne foi.

C’est en ce moment que les chefs de l’Etat de la RDC, Joseph Kabila, de l’Ouganda, Yoweri Museveni, alors Président en exercice de la Conférence Internationale sur la région des Grands-Lacs( CIRGL) pour l’ année 2012, et du Rwanda, Paul Kagame, se sont réunis en début Décembre 2012 à Kampala en Ouganda et ont décidé ce qui suit :



• le retrait sans condition du M23 à 20 km de Goma ;
• l’évaluation de l’accord de paix de Goma du 23 Mars 2009 ;
• Et l’écoute des revendications légitimes du M23 par le gouvernement congolais.
Mais dans les faits, le M23 ne s’est retiré qu’à 6 km de Goma.


I.7.2. Déroulement des négociations

Les pourparlers de Kampala sont placés sous l’égide du facilitateur et ministre ougandais de la défense, Crispus Kiyonga. Ces pourparlers portent essentiellement sur l’ évaluation de l’ accord de paix du 23 Mars 2009, dont l’application, tronquée selon le M23, est à l’origine de la mutinerie de ses hommes ; la question de sécurité ; des questions socio-économiques et politiques ; ainsi que la façon dont sera appliqué tout nouvel accord.

Les négociations ont débuté le 09 Décembre 2012 mais piétinent encore puisque le gouvernement congolais estime que les négociations sont terminées, après avoir évalué l’accord de paix de Mars 2009 et écouté les revendications légitimes ; il se trouve, depuis le moi de mars 2013, en position d’attente des conclusions du facilitateur pour boucler les négociations. Et du coté du M23, le fond de cet accord, c’est à dire, leurs revendications légitimes, toujours non abordé, reste dans l’impasse.


I.7.3.1. L’accord-cadre d’Addis-Abeba

L’ accord-cadre a été signé le 24 Février 2013 à Addis-Abeba en Ethiopie, sous l’égide de l’ Union Africaine( UA) et de l’Organisation des Nations Unies( ONU) à travers respectivement de madame Zuma, Présidente de la Commission de l’U.A. et de monsieur Ban Ki Moon , Secrétaire Général de l’ONU.



Cet accord a été signé par onze pays membres de l’ UA. Il s’agit des pays suivants : la République Démocratique du Congo, le Rwanda, l’ Ouganda, le Burundi, l’Angola, le Mozambique, la République du Congo, le Soudan du Sud, la République Centrafricaine, la Tanzanie et l’ Afrique du Sud.


PRESENTATION DES JOURNAUX : «LE POTENTIEL et L’OBSERVATEUR »

Pour aborder le traitement de l’ information qui fait l’ objet de notre étude, nous allons nous appesantir sur la manière dont les négociations de Kampala entre le gouvernement congolais et le M23 ont été abordées dans la presse congolaise, singulièrement dans les journaux « Le Potentiel et L’Observateur. »

A ce niveau, il est question de présenter chaque organe de presse en indiquant successivement sa position géographique et historique, sa ligne éditoriale, son organisation, sa fiche signalétique et enfin son organigramme.

Le journal « Le Potentiel » a son siège établi à Kinshasa au numéro 873 de l’ avenue Bas-Congo dans la commune de la Gombe, derrière la Banque Commerciale du Congo(BCDC). Le journal a crée son site internet en 2000 qui présentement utilise la version électronique : www.lepotentielonline.com



Le journal « Le Potentiel » est né le 12 Octobre 1982 à l’ initiative de monsieur Modeste Mutinga Mutuishayi, propriétaire et autorité morale du journal. A sa création, le journal s’appelait « Safari aux Pays des Grands Lacs » et paraissait sous forme de magazine d’informations touristiques et sociales.

Le journal renait en Octobre 1985, après une interruption de plus d’une année, sous une nouvelle dénomination « Le Potentiel ». Le changement est inspiré par les potentialités du sol et du sous-sol que regorge notre pays, la RDC. Le journal a, d’abord’ commencé comme un mensuel dont le contenu est essentiellement économique. Mais le tabloïd ne s’empêche pas de publier quelques informations à caractère social et culturel. Son siège est alors installé au n°20 de l’avenue Kianza, dans la commune de Makala ; devenu plus tard le siège d’exploitation de l’ imprimerie Recto- Verso, propriété du journal. Avec l’avènement de la démocratisation du pays, le 24 Avril 1990, accompagné de la libération de l’ espace médiatique, Le Potentiel change de périodicité et devient ainsi hebdomadaire qui élargit en même temps ses rubriques et le conduit à changer aussi la ligne éditoriale.

Le tabloïd devient un trihebdomadaire d’informations générales, avec un gros tirage de plus de 15.000 exemplaires. Le 17 Septembre 1996, « Le Potentiel » change encore de périodicité et devient un quotidien d’information générales. Le 823ème numéro en est la première édition de la mutation.

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