Bonjour, nous sommes le 18/10/2019 et il est 08 h 44.


L’étude de la biodiversité faunique de la Réserve de Biosphère de Luki contribue dans la protection et à la conservation des écosystèmes forestiers de la République Démocratique du Congo, Composante Luki.


La présente étude a comme objectif principal de promouvoir les efforts de la conservation pour pouvoir sauvegarder l'intégrité de la biodiversité faunique de la réserve de biosphère de Luki tant que sa dégradation reste un processus continu et perceptible au niveau national et international. Ce potentiel de conservation pourrait s’inspirer des concepts d’espèces phares telles que le Gorille de plaine occidental, le Chimpanzé et le Buffle de forêt.



Le Site 3 a une rentabilité de 69,47% supérieur par rapport aux deux Sites soit 37,71% pour le Site 2 et 47,81% pour le Site 1.



Certes, le braconnage, la déforestation, l’agriculture itinérante sur brûlis, la carbonisation et le sciage de bois de la réserve de biosphère de Luki doivent être activement combattue par des moyens plus efficaces conçus dans le cadre d'un programme d'aménagement interdisplinaire intégrant les facteurs humains et ceux de l'environnement pour une gestion durable de ses ressources biotiques.



Une méthodologie participative a été retenue pour l'exécution du travail. Celle-ci a été basée sur trois étapes différentes, à savoir :
 Enquête auprès des populations;
 Zonage ;
 Liste de la faune rencontrée sur terrain.



Les éléments de nos enquêtes ont porté sur la population autochtone, les chasseurs, les commerçants, les consommateurs et les gestionnaires. Il ressort de cette étude des éléments ci-après.

Au niveau de la population, l’exploitation des éléments de la biodiversité dans la Réserve de Biosphère de Luki concerne principalement les hommes habitant l’axe routier Boma-Matadi. Nous avons attribué ces faits à la concentration humaine sur cet axe routier et au niveau d’étude cette population.



Malgré l’intensification de la chasse, un bon nombre des commerçants n’estiment plus rentable le commerce des produits de la chasse. En outre, la présence des autochtones comme membres de l’équipe des gestionnaires de la réserve décourageraient aussi les vendeurs de la viande de chasse.



Notre étude a révélé les principaux acteurs qui conditionnent d’une manière ou d’une autre la survie et la pérennité des éléments de la biodiversité dans la Réserve de Biosphère de Luki.


1. PROBLEMATIQUE


Les aires protégées sont une nécessité pour la survie de l'humanité ; elles constituent des réserves des gènes et assurent la protection à long terme de la diversité biologique. Ces aires ne sont ni un luxe ni un superflu. Si elles assurent des fonctions sur le plan de la science, de la récréation, du délassement et de l'esthétique, elles sont également, et surtout, un besoin pour le maintien de l'équilibre biophysique (Maldague et al., 1997)



L’horticulture ornementale en RDC est négligée ; d’où nous disons que le Gouvernement en l’occurrence le Ministère ayant en charge l’horticulture ornementale, les chercheurs ainsi que l’intervention en petit nombre des exploitants dans ce secteur ; ne s’y intéressent pas beaucoup à cause de manque du budget alloué et de la valorisation des recherches dans ce secteur. Pourtant, l’horticulture ornementale procure des bienfaits significatifs, d’ordre économique, écologique ou concernant le mode de vie. Cependant, ces bienfaits sont mal connus ou mal compris par la population en général. Il existe des possibilités considérables pour la promotion de l’horticulture ornementale et pour que celle-ci vende un plus grand nombre de produits en fonction des bienfaits répertoriés.



Dans le cadre de la préservation de ces habitats et de leurs composantes fauniques et floristiques, la R.D. Congo a mis en place un réseau d’aires protégées qui couvre présentement plus ou moins 312 139 km2 soit 13,3 % du territoire national et projette d’en créer d’autres pour atteindre une couverture d’au moins 15%. Ce réseau, qui protège la plupart des écosystèmes du pays, est constitué de plusieurs aires protégées dont huit parcs nationaux dont quatre (Salonga, Virunga, Kahuzi Biega et Garamba) et une Réserve (celle de Faune à Okapi dans la Forêt de l’Ituri) sont inscrits sur la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO. A ceuxlà, il faut ajouter des réserves et domaines de chasse (57), de réserves de la biosphère (3) et des réserves forestières (117) mais aussi des jardins zoologiques (4) et botaniques (4) (UICN, 2012).



De trois Réserves de Biosphères reconnues, seule de Luki se trouve dans le Mayombe (forêt dense ombrophile de transition), bénéficie encore d’une certaine attention de la part des partenaires internationaux (Union Européenne, Banque Africaine de Développement (BAD), WWF/Belgique, MRAC/Tervuren, etc.).



La biodiversité est une variabilité des organismes vivants de toute origine y compris les écosystèmes terrestres, marins et autres systèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité génétique au sein des espèces et entre les espèces ainsi que celle des écosystèmes (Lévêques et Mounolon, 2008).



La R.D. Congo détient l’une des principales réserves de la biodiversité faunique du monde, constituée d’environ 352 espèces de reptiles, 216 espèces de batraciens; 1086 espèces d’oiseaux ; 421 espèces de mammifères, environ 5220 espèces des papillons, 1596 espèces d’invertébrés aquatiques dont 1423 d’eau douce et 173 marines; et 544 espèces d’invertébrés terrestres. Sa faune ichtyologique compte une quarantaine de familles représentant plus de 1000 espèces, dont environ 80 % vivent dans le système fluvial et le reste dans les lacs de l'Est (UICN, 2012).



La RD Congo abrite par ailleurs plus de genres de primates que tous les pays du monde. Trois genres de quatre grands singes se retrouvent en RD Congo, c’est-à-dire le Gorille, le Chimpanzé et le Bonobo (http://www.afromoths.net/species/queryAjax).





Selon la FAO (2006), la dégradation des forêts est un changement survenant dans la classe de forêt c’est-à-dire quand une couverture forestière réduit se capacité de production. Les forêts du Mayombe en RDC en générale sont victimes des menaces qui pèsent sur la biodiversité en R.D. Congo de toutes ces dégradations des forêts depuis bien de temps et la Réserve de Biosphère de Luki en particulier n'est pas épargnée.

La rentabilité d’une exploitation commence avec la comptabilité, prise en compte de tous les facteurs de production, leur quantification et la production. L’une de causes de manque de rentabilité des exploitations, c’est l’ignorance de quantification de facteurs de production ; d’où la connaissance de la notion des coûts de production est une condition sine qua none pour assurer la rentabilité des exploitations agricoles. Or, l’exploitant n’a pas suffisamment de notions de rentabilité pour arriver à dégager le profit. Il fixe arbitrairement le prix de vente, sans tenir compte des coûts de production. Ignorant qu’il est, croyant faire des bénéfices, il travaille à perte. Sans rentabilité, l’exploitant agricole ne peut pas faire de profit et par conséquent l’exploitation est condamnée à la faillite.



Cette situation est essentiellement due à l'explosion démographique qui associe à la fois l'agriculture itinérante sur brûlis, la carbonisation, le braconnage et la chasse traditionnelle et commerciale, l'exploitation forestière non durable (adaptée à la machinerie lourde), de la dégradation forestière le réchauffement climatique, le changement climatique, des constructions et des travaux de développement non durables, de l’exploitation minière et des espèces envahissantes, etc. pour la survie de la Réserve (UICN, 2012).



A ces menaces, il faut ajouter certains facteurs qui impactent négativement la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité. Il s’agit notamment :  de la gestion inadéquate des aires protégées et des espaces de conservation ex-situ;  de la discontinuité des inventaires taxonomiques ; et  des conflits armés.

La dégradation est donc l’incapacité d’une forêt après avoir subit des activités humaines à pouvoir du bois, du fourrage, des fruits, de plantes médicinales et autres (Karonsakis, K.et al.,2007).



Dans le cadre de cette étude, nous entendrons par braconnage l’exploitation illégale de la faune sauvage. Le braconnier est le chasseur mais également celui qui encourage de près ou de loin la chasse : commanditaire, vendeur, acheteur... des produits de chasse frauduleuse. Le braconnage est un véritable fléau pour l’environnement du Bassin du Congo.

La population du groupement Kimpemba en général et secteur Wungu en particulier est paysanne. Ses principales activités sont : l’agriculture, l’élevage, la pèche, la pisciculture et le commerce. L’agriculture est encore traditionnelle, elle repose principalement sur le manioc, le sésame, l’arachide, le haricot, la tomate et le piment qui d’ailleurs rapporte peu de revenus. L’élevage est basé sur la volaille, le porc, les ovins et les caprins. Les animaux élevés sont destinés à la vente et servent de troc en cas de problème (conflit, problème à la justice, maladie, scolarité des enfants, etc.).



Les braconniers sont de plus en plus nombreux et se recrutent aujourd’hui parmi les citadins, les riverains et de plus en plus parmi les Pygmées, grands connaisseurs de la forêt et des mœurs du gibier, à qui on confie des armes. Cette pratique constitue une menace pour la régénération forestière dans laquelle les animaux jouent un rôle très important.



Le braconnage des espèces fauniques résulte notamment du fait :
 d’une législation sur la chasse non renforcée et non mise en œuvre effectivement ;
 d’une forte demande de la viande de brousse qui comprend la forte commercialisation et la chasse des gibiers liée à la culture alimentaire de certaines tribus;
 d’une forte préférence de la viande de brousse en comparaison avec la viande de boucherie ;
 d’une valeur monétaire élevée de certains organes des animaux ;  des conflits armés qui provoquent la prolifération des armes à feu.



Selon l’Arrêté n°69-0042 du 23 juin 1969 déterminant pour la ville de Kinshasa le nombre, la dénomination et les limites des communes, la commune de la Gombe est déterminée comme suit :
Au Nord et à l’Est : la frontière de la République du Congo depuis son point le plus proche du confluent du fleuve Congo avec la rivière Gombe jusqu’au point le plus proche du fleuve Congo avec la rivière Funa.
Au Sud : la rivière Bisthiaku-tshiaku jusqu’à son intersection avec la prolongation de l’axe de l’avenue Tabora.
A l’Ouest : la limite Nord du Camp Militaire Colonel Kokolo jusqu’à son intersection avec la ligne à haute tension.
2.1.1.4. Coordonnées géographiques
- Latitude : 4°,18’, 04’’ Sud
- Longitude : 15°, 17’, 06’’ Est
- Altitude : 287.00
- Superficie : 29,330 Km2, non compris le quartier Fleuve qui, avec ses six îlots, occupe une superficie de 2 Km2.
- Densité : 1.512 habitants/ Km2



Le braconnage est l’une des causes du déclin des espèces de faune. Les effectifs de certaines populations d’espèces ont tellement baissé que des mesures urgentes s’imposent. Il s’agit notamment des grands singes, de l’okapi et des éléphants en R.D.Congo (UICN, 2012).

Toutefois, une telle dégradation du milieu est triplement préjudiciable. D'abord, elle représente un gaspillage de ressources et entraîne de profondes perturbations dans le déroulement normal des fonctions environnementales des écosystèmes forestiers. Ensuite, elle empêche les forêts de satisfaire, comme elles le devraient, les besoins des populations. Enfin, elle fait obstacle au maintien de la biodiversité et au développement durable (Maldague et Mankoto, 1977). Bref, la forêt est une source de richesse, mais l'augmentation de la population, si elle n'est pas contrôlée, est un facteur de déséquilibre dans la nature comme l'a si bien démontré Ehrich (1970) cité par Noin (1979).



La dégradation de la biodiversité induit des pertes des services écosystémiques qui étaient naturellement rendus par les écosystèmes, ce qui se traduit par des coûts économiques largement non-comptabilisés et ignorés jusqu’ici en RD Congo. Il est essentiel de mettre désormais de la valeur sur la biodiversité et les services rendus par les écosystèmes afin de changer la tendance de perte vers la sauvegarde de la biodiversité (PNUD, 2011).

La valeur de la biodiversité congolaise est principalement liée à la conservation intrinsèque des écosystèmes, des espèces et des gènes. Elle est aussi liée à leur utilisation qui est souhaitée devenir durable et équitable (UICN, 2012).



Dans le cadre de notre travail, nous sommes limités sur les différents types d’ordres de mammifères, quelques reptiles et quelques oiseaux commerciaux. Car la diversité faunique est immense et nécessite plus des spécialistes pour chaque embranchement des vertébrés et invertébrés rencontrés dans une région.

Les réserves de biosphère sont des aires portant sur des écosystèmes ou une combinaison d’écosystèmes terrestres et côtiers/marins reconnues au niveau international dans le cadre du programme de l’UNESCO sur l’homme et la biosphère (MAB).



Selon l'UNESCO, "les Réserves de Biosphère sont des sites établis dans le but de promouvoir un développement durable fondé sur les efforts de la communauté locale et la rigueur scientifique ’’. En tant que lieux qui cherchent à concilier la conservation de la diversité biologique et culturelle et le développement économique et social à travers des partenariats entre les gens et la nature, elles sont idéales pour tester et démontrer des approches novatrices pour le développement durable aussi bien à l'échelle locale qu’à l'échelle internationale.

L’objectif d’une réserve de biosphère n’est pas uniquement de conserver des zones naturelles, mais aussi d’inventer de nouvelles interactions entre les êtres humains et la nature, notamment en développant des modes d’agriculture très respectueux de l’environnement (http://www.unesco.org/mab).

Des communautés humaines vivent donc dans ses réserves, sans porter atteinte à la biodiversité. Actuellement, plus 650 réserves de biosphère dans 120 pays, dont 15 sites transfrontaliers, constituent un réseau mondial des réserves de biosphère (Le Programme MAB de l’UNESCO, 2018).
Il y en a trois en RDC :
1. Yangambi dans la province de la Tshopo ;
2. Luki dans le Kongo Central est la seule biosphère encore en activité ;
3. Lufira dans la province de Haut Katanga.
Les Réserves de Biosphère ont pour objectifs de :
 contribuer à la conservation des écosystèmes, des paysages, des espèces et des ressources génétiques ;
 Encourager un développement économique et humain durable, respectant la nature et la culture locale ;
 Mettre en place des projets de recherche qui aident à la gestion des territoires ;
 Assurer une surveillance continue de l’environnement pour connaitre l’état de la planète ;
 Encourager la formation et l’éducation ;
 Favoriser l’implication de la population des populations dans la prise des décisions concernant leur région.

La Réserve de la Biosphère de Luki anciennement appelée la réserve forestière de Luki fut crée le 12 janvier 1937 par l’ordonnance coloniale n°5 Agri, dans le but de poursuivre la recherche forestière orientée vers la sylviculture et l’exploitation du bois et ce, compte tenu de la proximité de l’océan. A sa création, elle était un domaine boisé de l’Etat et fut confiée à l’ancien institut National pour l’Etude Agronomique du Congo-Belge et du Rwanda-Burundi (INEAC), (Forêt tropicale africaine, 1991).



En 1975, I’INERA qui succéda à I’INEAC, en céda la gestion au Ministère de l’Environnement, Conservation de la nature et Tourisme jusqu’à ce jour. En mai 1979, l’Unesco reconnut cette Réserve en l’intégrant au réseau mondial des Réserves de la Biosphère. Actuellement, la Réserve de la biosphère de Luki est gérée par le Comité Local de Pilotage constitué du Programme MAB et INERA.

En fait, cette gestion était basée sur la zonation de la réserve en parcelles expérimentales appelées « BLOCS » et sur des considérations à la fois sylvicoles et agricoles.



L’écosystème forestier du Mayombe, faisant partie de cette réserve, revêt une importance centrale sur le plan scientifique en tant que forêt semi caducifoliée jouissant d’une influence et abritant encore plusieurs espèces fauniques et floristiques dont beaucoup sont exploitées à des fins commerciales.

La Réserve de Luki présente un double intérêt. D’une part, elle renferme encore des essences ligneuses précieuses, recherchées sur le marché mondial du bois et dont l’exploitation doit par conséquent être rationnelle. D’autre part, les nombreuses études qui y ont été menées sont restées au stade expérimental. Leur évaluation, en vue de tirer quelques conclusions d’ordre pratique, n’a pu être faite. L‘exploitation des parcelles (blocs) expérimentales, avant leur terme, constitue une perte d’informations scientifiques utiles pour une gestion rationnelle.

Une mission scientifique, organisée en 1984, a publié une étude d’ensemble sur la Réserve de la biosphère. Une seconde publication scientifique a été consacrée à la flore de cette aire protégée. Enfin, l’étude de la végétation est en cours. Notre propos est de résumer l‘ensemble des résultats sur la flore et la végétation. Cet exposé portera sur les traits physiques, la flore et la végétation. En fait, il s’agit d’une étude de cas de cette aire protégée du Zaïre (LUBINI, 1984).

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