Bonsoir, nous sommes le 15/06/2019 et il est 23 h 32.





 

EPIGRAPHE

« Que ce livre de la loi ne s’éloigne point de ta bouche, mais au contraire, médite-le jour et nuit afin que tu aies du succès dans tout ce que tu entreprendras »

 

Josué 1 : 8

 

DEDICACE

 

A notre père Baros MANZAMBI ;

A vous très chère maman Madeleine VINDA;

A vous mes frères et sœurs Nesy MANZAMBI, Jeancy MANZAMBI, Ursila, Hélène, Justelle Mabanga, KIAMI Doris et Salomon.

A vous ma très chère Priscille PANGU

A vous chers enfants : Providence MANZAMBI, Reddy SINDANI, BAVUKILA SAFI, Stache et Elmick BAVUKILA.

 


 

AVANT-PROPOS

 

Nous voici arrivé à la fin de notre travail de fin du deuxième cycle à l’Institut Supérieur de Commerce de Kinshasa. La réalisation de ce travail n’a été rendu possible que grâce au concours de plusieurs personnes sans lesquelles nous ne saurions arriver au bout.

 

De prime abord, nous rendons grâce à Dieu le tout puissant  qui nous a protégé et gardé durant tout notre parcours estudiantin.

Nos remerciements s’adressent plus particulièrement au professeur LIUKIENI qui, malgré ses multiples occupations a bien voulu assurer la direction de ce travail.

 

Nous remercions de tout cœur le Chef de Travaux René pour son assistance dans l’élaboration de ce travail.

 

Que nos ami (e)s, connaissances et collègues de promotion : Serge MBALA, The best KIANGALA, Chadrack KIMWANGA, Michael KAPINGA, Adrien WASSO, Déborah YEMBEJI, Bertin Money, Dr. Confiance, Lucien MABELA, trouvent à travers ce travail toute notre gratitude.

 

Nous ne saurions clore ce travail sans songer au Pasteur Behard MAKIELE, Pasteur NIKESE, Docteur FUMUMBA, Révérend LOSO pour leur soutien spirituel.

 

Platini NSAKALA MANZAMBI

 


INTRODUCTION

 

0.1.    Problématique

 

Généralement, le développement économique et social des sociétés humaines du monde moderne passe absolument par les institutions financières. Parmi celles-ci, nous citons les institutions classiques au rang des banques et celles dites institutions de micro-finances. Qu’il s’agisse de la première catégorie comme de la seconde, toutes sont focalisées sur les finances.

 

En effet, en République Démocratique du Congo, les banques classiques ont existé depuis l’époque coloniale et les institutions de micro-finances ne datent que des années 60, décennie de l’indépendance de la République Démocratique du Congo. La venue des institutions de micro-finances a répondu aux réalités contextuelles où la grande frange de la population n’avait pas accès aux services financiers et en conséquence des nouvelles stratégies devraient être montées ou initiées pour répondre à ce besoin.

 

Comme on va le découvrir dans la partie traitant de la théorie sur la diversité de ces institutions de micro-finances, nous pouvons citer les ONG à caractère financier comme le cas de FINCA en RDC, et les institutions financières relevant de l’économie sociale dont les coopératives d’épargne et de crédit, COOPEC à titre illustratif.

 

Dans la présente étude, les coopératives d’épargne et de crédit sont mises en exergue, d’une part et les banques commerciales, d’autre part.

 

Depuis un temps, comme on peut le constater, les coopératives d’épargne et de crédit ont été initiées en RDC. En milieu rural comme en milieu urbain, les coopératives n’étaient pas ignorées et rendaient de multiples services à la population surtout dans les espaces où elles étaient déjà installées.

 

Mais fort malheureusement, les COOPEC n’ont pas fait long feu bien qu’elles persistent encore actuellement dans certains milieux comme le cas de la ville de Kinshasa où la présente étude est circonscrite.

 

Comme on peut le constater, le nombre de coopératives d’épargne et de crédit va sensiblement décroissant. Très peu de personnes connaissent en profondeur la coopérative d’épargne et de crédit. Dans plusieurs communes, il est rare de lire les panneaux sur lesquels il y a des insignes désignant la COOPEC. Les jeunes de la troisième République en RDC et même à Kinshasa ont difficile à saisir la pertinence de cette forme d’institution de micro-finance pourtant vecteur des services d’une grande importance. Pourtant, la pauvreté gangrène sensiblement la population kinoise qui rencontre énormément de problèmes financiers.

 

C’est dans ce sens que Youssoufou Congo a soutenu que « les pauvres ont des besoins comme tout le monde et leur permettre d’accéder à des services financiers durables est une stratégie qui est non seulement efficace, mais est aussi le meilleur moyen de les aider à améliorer leur sort. Le principal défi des institutions de micro-finances ne doit donc pas consister à atteindre le maximum de populations pauvres en leur proposant des produits et services bon marché et de médiocre qualité, mais plutôt à leur permettre d’accéder  à une vaste gamme de services financiers de qualité sur une base durable » ([1]).

 

Face à cette affirmation de Youssoufou, d’après laquelle ce sont les services qui comptent pour une population pauvre, nous avons quelques inquiétudes au sujet de la situation des Coopecs au regard de l’avènement presque massif des banques commerciales avec une gamme de services qui sont d’emblée quasi les mêmes que ceux des Coopecs ([2]).

 

En effet, depuis une décennie en RDC, en général et à Kinshasa, en particulier, il s’observe une multiplicité des banques commerciales. Certaines d’entre-elles ont des extensions jusque dans des quartiers périphériques de la ville. Parmi les services ou les produits proposés par ces banques commerciales, nous pouvons citer principalement l’épargne et le crédit que nous retrouvons aussi au centre des Coopecs.

 

Cependant, il nous traverse à l’esprit des inquiétudes au point d’attirer notre attention sur le fait que la population kinoise paraît moins engagée à la coopérative d’épargne et de crédit. Les raisons qui fondent ce désintéressement méritent donc une explication scientifique plus évidente. Pourtant, les Coopecs, contrairement aux banques classiques et de surcroit celles dites commerciales n’ont pas les mêmes  finalités. Ces dernières visent le profit alors que les Coopecs visent l’entraide que nombre de personnes ignorent ou dont elles se méfient volontairement.

 

Eu égard à tout ce qui précède, la problématique de notre recherche se résume à la double question suivante :

-         La coopérative d’épargne et de crédit à Kinshasa trouve-t-elle des difficultés dans cette ville ?

-         Quelles perspectives pour l’efficacité de la coopérative d’épargne et de crédit dans les circonstances actuelles ?

0.2.    Hypothèse de recherche

 

D’emblée, nous osons croire que les coopératives d’épargne et de crédit seraient butées à des difficultés énormes au point de connaître davantage une décroissance de leur nombre. Cette prise de position se fonde sur le fait qu’avant l’avènement massif des banques commerciales, les Coopecs ayant été caractérisées par la mauvaise gestion, des détournements de fond et des faillites, avec la situation actuelle du grand nombre des banques commerciales, les Coopecs risqueraient de disparaître.

En outre, notre réponse anticipative s’articule sur le fait que la population kinoise se trouvant dans un contexte de pauvreté et de crise morale, cette population aurait des difficultés énormes de s’engager dans la discipline de la Coopec qui subordonne le crédit à l’épargne au préalable. Contrairement à cette logique, les banques n’exigent pas forcement l’épargne avant l’octroi d’un crédit plutôt qu’un gage ou un compte salaire régulier surtout en ce temps de la bancarisation des salaires des agents de l’Etat.

 

En termes de perspectives, la sensibilisation de la population sur les valeurs de la coopérative serait un atout important. Ainsi, les séminaires et ateliers de formation des membres des Coopec seraient également des stratégies très efficaces pour redonner la force à la Coopec.

 

Les réponses anticipatives ci-haut vont donc servir de fil conducteur, au point de les vérifier au travers d’une méthodologie bien appropriée.

 


 

0.3.    Délimitation de l’étude

 

Les institutions financières étant nombreuses, le réalisme a fait que notre étude soit délimitée afin de nous permettre de bien circonscrire les résultats de notre réflexion. D’où, une délimitation de notre étude selon la matière, dans l’espace et dans le temps

 

0.3.1.  Délimitation selon la matière

 

Les institutions de micro-finances sont diverses et ont chacune d’elles des spécificités et c’est de la même manière pour les banques diverses. Mais pour cette étude, l’analyse est circonscrite aux Coopecs et aux banques commerciales, dans le cadre de leur opérationnalité.

 

0.3.2.  Délimitation dans l’espace

 

Les Coopecs et les banques sont partout au monde, comme en RD. Congo. Mais notre recherche s’étend sur la Ville de Kinshasa.

 

0.3.3.  Délimitation dans le temps

 

Les faits sociaux étant dynamiques et relatifs en fonction de l’espace et du temps, nous avons délimité notre étude de 2000 à 2017.

0.4.    Choix et intérêt du sujet

 

Le choix porté à cette étude est fondé sur l’importance que revêt la coopérative d’épargne et de crédit entendu comme une stratégie efficace de lutte contre la pauvreté. Partant de la léthargie constatée dans la pratique de cette activité économique d’une part et du foisonnement des banques commerciales d’autre part, nous avons jugé bon de produire une étude en cette matière.

L’intérêt attendu de cette étude est de plusieurs natures. Il est aussi bien scientifique que pratique.

Sur le plan scientifique, les résultats issus de cette étude vont permettre à la chaire des institutions de micro-finances de se servir des conclusions pour arriver à théoriser sur la question du mouvement coopératif dans un contexte de pauvreté et de crise morale0.

 

Sur le plan pratique, les personnes qui évoluent dans les mouvements associatifs peuvent puiser des éléments susceptibles de développer leurs structures. Quant à la population qui pourra prendre connaissance de ces écrits, elle sera en mesure de comprendre la différence qui existe entre les institutions financières et surtout la spécificité de la coopérative d’épargne et de crédit qui ne vise que le bien-être des membres contrairement aux autres formes d’institutions s’inscrivant dans la recherche du profit.

0.5.    Méthodologie de l’étude

 

Pour arriver à la vérification de nos hypothèses, la grille méthodologique a été axée sur, d’une part, les techniques et d’autre part, la méthode. Les techniques nous ont permis de produire les données et la méthode à orienter leur analyse et interprétation.

 

5.1. Techniques

 

Plusieurs techniques ont été utilisées pour arriver à réunir les données qui nous ont permis de réaliser notre étude. Il s’agit notamment des techniques suivantes : technique documentaire, l’interview, le questionnaire.

 

La technique documentaire nous a servi énormément dans la mesure où nous avons consulté beaucoup de documents écrits au rang des ouvrages, des articles de revue, des travaux scientifiques (TFC, mémoires et autres archives). Toutes ces références ou ces citations nous ont permis de fonder notre réflexion.

 

La technique d’interview nous a permis d’entrer en contact direct avec les membres des Coopecs et les agents des banques commerciales lors de nos descentes sur terrain. De façon concrète, nous avons confectionné un guide d’entretien reprenant les principaux thèmes de nos échanges.

 

La technique du questionnaire a été utilisée pour permettre à nos enquêtés qui n’étaient pas disposés de nous répondre immédiatement d’avoir un maximum de temps pour donner suite à nos préoccupations.

 

5.2. Méthode

 

La voie d’analyse utilisée dans cette étude est la dialectique. L’opérationnalité de cette grille méthodologique a été concrétisée comme suit :

 

1.     De la loi de l’unité des contraires

 

Dans le cadre de cette étude, les institutions de micro-finances et les banques commerciales sont deux contraires par rapport à leurs objets et objectifs. Mais ces deux formes d’organisations partagent le même espace. Donc elles constituent l’unité bien qu’étant contraires.

 

2.     La loi de la lutte des contraires

Cette loi stipule que les forces contraires bien que cohabitant, finissent par entrer en lutte. Et dans le cas des Coopecs et des banques commerciales, ces deux institutions sont en lutte, en concurrence, à la quête des clients.

3.     La loi de la négation de la négation

 

Ici concrètement, la population avait bien accepté les services des IMF notamment la Coopec se méfiant ainsi des actions de la banque commerciale qui n’offrait pas ses services à toute la population. Et, les Coopec ont essayé de répondre à ce besoin. Mais, les Coopecs sont de nos jours niées par les banques commerciales qui ont développé différentes stratégies. C’est ce qui revient à dire que la situation va de la négation de la négation, c'est-à-dire qu’une dynamique permanente de la remise en question sous forme d’une insatisfaction continue.

 

4.     La loi du changement qualitatif

 

Ici nous trouvons que la population a besoin des services de qualité. C’est pourquoi dans les Coopecs, il y a la notion de l’efficacité et celle de l’efficience. La première traduit le résultat et la seconde veut le moindre coût de la qualité des services pour ce résultat.

0.6.    0.6. Subdivision du travail

 

Outre l’introduction et la conclusion de cette étude, notre travail est subdivisé en trois chapitres :

-         Le premier aborde les généralités liées à la définition des concepts clés et la présentation du milieu d’étude.

-         Le deuxième chapitre traite de la partie théorique dans laquelle les notions et théories aussi bien des banques que des coopératives sont présentées.

-         Le troisième et dernier chapitre couvre la réalité de terrain sur les Coopecs et les banques commerciales à Kinshasa. Ce dernier chapitre est assorti des analyses et interprétations des résultats.

 

CHAPITRE I : DES GENERALITES

 

Le présent chapitre traite des généralités dans deux sections. La première donne la précision des notions utilisées tout au long de cette étude pour le traduire en concept c'est-à-dire précis et concis. Il s’agit des concepts de Microfinance, de coopérative d’épargne et de crédit, crédit, banque, banque commerciale. La seconde section présente le milieu d’étude qu’est la ville de Kinshasa afin de permettre la lecture de l’environnement sur lequel se déploie cette étude.

 

Section 1. Définition  des concepts

 

a)    Micro-finance

C’est un ensemble de dispositifs permettant d’offrir des faibles montants à des familles pauvres  pour les aider à créer les activités  génératrices des revenus.

 

b)    Coopérative d’épargne et de crédit

C’est une association de personnes  qui déposent leurs économies dans un fonds commun et empruntent à de taux d’intérêt minimes.

 

c)     Crédit

Activité bancaire de collecte et prêt d’argent avec un intérêt.

 

d)    Epargne   

1.     Economie dans la dépense ;

2.     Chose même qu’on a épargnée ou économisé, management en parlant du temps ou qui nous est précieuse ;

 Exp : Art, espace réservé.

1.1. Concept de Microfinance

 

Bien que la Microfinance suscite un intérêt dans le monde, sa définition se heurte à une divergence de points de vue. La diversité des formes et des pratiques qui caractérisent ce champ ne permet  pas de proposer une définition simple et unanime. Pour les praticiens, la Micro finance désigne la «  finance de proximité », étant donnée la simplicité des procédures mises en œuvre. Les partenaires au développement adoptent, quant à eux, le terme « système financier intermédiaire », pour  montrer une démarcation entre le système bancaire classique, la Micro finance et le système financier informel.

 

Selon la Banque Mondiale, «  la Micro finance consiste à  offrir à des familles en situation de précarité économique un crédit de faible montant pour les aider à s’engager dans les activités productives. ». Cette définition met l’accent sur la précarité des personnes ciblées et le rôle de la Micro finance dans le financement des activités productives. Elle se limite à l’octroi de  prêts et néglige l’initiation à une discipline d’épargne et la médiation sociale.

 

Selon MANDIANGU. « La Micro finance est l’ensemble d’offres de services financiers (micro épargne, microcrédit, micro assurance, microcrédit-bail (micro leasing), etc. à destination d’une population-cible constituée des plus pauvres, exclue du système financier classique ([3]), notamment des  banques commerciales traditionnelles, des compagnies d’assurance, des caisses d’épargne parce qu’elle est démunie des ressources et que son droit de propriété n’est pas vérifiable.

 

La Microfinance désigne donc l’offre des produits et services financiers aux populations pauvres et exclues des systèmes financiers traditionnels ([4]).

 

Ledgerwood et Robinson, définissent la Microfinance comme étant « l’offre de services financiers (généralement du crédit et/ou de l’épargne), à une clientèle pauvre composée notamment des petits travailleurs indépendants » ([5]).

 

Ces trois définitions étendent l’activité des IMF à des opérations de financement en plus de l’octroi de microcrédits. Cette activité propose également des services d’assurances, de transfert d’argent, etc. En outre, elle souligne la difficulté d’accès à d’autres ressources traditionnelles.

 

La Microfinance peut aujourd’hui recouvrir trois notions :

·        Dans son acception simple, elle consiste en la mise en place des financements spécifiques (à savoir des microcrédits), en faveur des personnes « non-bancables » et pour des activités génératrices des recettes ;

·        En général dans les pays en développement, elle vise l’extension de la bancarisation des populations exclues du secteur bancaire, en leur offrant la possibilité de disposer d’un compte ;

·        En sus de la sécurisation de l’épargne et de l’octroi de crédits, les institutions de Microfinance, font des transactions financières, telles que des virements de fonds nationaux ou internationaux.

 

La Banque Centrale du Congo (BCC) définit la Microfinance comme étant « l’offre, à titre habituel, de services financiers incluant des personnes n’ayant pas accès au système bancaire classique ». Cette définition est plus globalisante et montre que la Microfinance va au-delà du microcrédit. Elle inclut le microcrédit, la micro-épargne, la micro-assurance, le transfert d’argent et tous les produits financiers adaptés aux besoins et aux réalités des familles dans le monde. L’intérêt souvent porté sur la Microfinance peut être expliqué, d’une part, par le fait que la plupart des chercheurs ont reconnu en elle un impact positif sur le membre ; ce qui a poussé les Nations Unies à décréter l’année 2005 «  année internationale de Microfinance ». D’autre part, cet intérêt peut être expliqué par une reconnaissance internationale de l’un de ses pionniers, Muhammad Yunus, à qui l’on a octroyé en 2006 le prix Nobel de la paix. Ce qui a conduit certains auteurs à penser que « cette forme d’intermédiation financière est une invention récente dont la paternité est souvent accordée à une nouvelle niche de marché à travers laquelle la pauvreté pourrait être vaincue mondialement par un développement généralisé et professionnel et dans l’avenir, un formidable marché pour les banques commerciales » ([6]).

 

Dans le cadre de cette thèse, nous focaliserons notre attention sur le fonctionnement des IMF, en insistant sur la provision financière qu’elles font en faveur des micros et petites entreprises : ces dernières étant depuis longtemps considérées comme porteuses des risques et, à cet effet, exclues par les banquiers de leur groupe cible.

 

1.2. Concept institution de Microfinance

 

Une institution de Microfinance (IMF) est une organisation qui  a pour objet principal de fournir des services financiers à des personnes à revenus modestes et qui sont exclues généralement du système financier classique

 

Le terme (IMF) renvoie aujourd’hui à une grande variété d’organisations qu’il est souhaitable de comparer à des petites et moyennes entreprises (PME) bien qu’elles se différencient de celles-ci par leurs objectifs. En effet, une IMF est caractérisée par la dualité de ses objectifs, qui sont à la fois sociaux (contribuer au développement, à la réduction de la pauvreté) et financiers (être rentable afin de pouvoir continuer ses activités) ([7]).

 

Sur le plan social, les IMF offrent des services d’appui au développement  de l’entreprise (formation technique, marketing ou en gestion) ou  services sociaux (éducation. nutrition ou alphabétisation).

 

Sur le plan financier, leurs activités comprennent l’octroi de microcrédits (crédits de groupe ou individuels, la micro- épargne, la micro- assurance, le transfert d’argent et la Microfinance par téléphone mobile (mobile phone banking).

 

II y a quatre points qui nous intéressent particulièrement dans l’organisation des IMF : (i) le caractère lucratif ou non de l’activité ;(ii) la distribution des bénéfices ;(iii) les sources de financements (subventions ; épargne publique ; dépôts, investissement, parts sociales, etc.) ; (iv) la variété des produits et services  (microcrédit, micro assurance et services non financiers).  

 

Selon le modèle d’IMF, la Microfinance peut être distribuée à but lucratif (banques Microfinance) ou à but non lucratif (association sans but lucratif, ONG, et). Cette distinction est intéressante dans la mesure où elle fait apparaitre deux grandes approches de la Micro finance : l’approche privilégiant la rentabilité et celle privilégiant la mission sociale que nous approfondirons dans la section suivante ([8]).

 

1.3. Coopérative d’épargne et de crédit

a. Coopérative

 

Une coopérative d’épargne et de crédit (coopec) est une association de personnes qui déposent leurs économies dans un fonds commun et empruntent à ce fonds à des taux d’intérêt minimes. C’est une coopérative financière organisée à partir d’un groupe dont les membres ont un lien commun d’association, comme par exemple les ouvriers de la même usine, les paroissiens de la même église ou les fermiers d’une communauté ([9]).

 

Une coopérative d’épargne et de crédit est plus qu’une institution financière ; c’est un groupe de personnes qui s’associent pour améliorer leur statut social et économique. Les sociétaires de la coopec démontrent leur valeur pratique de l’entraide, la viabilité de la sollicitude et du service à l’ensemble des hommes.

 

En tant que coopérative, une coopec est une organisation démocratique sans but lucratif. Les associés investissent une petite somme appelée « part sociale » pour être admis ; cette opération leur permet d’être propriétaire de la coopec et d’élire un conseil d’administration qui définit les lignes d’action de la coopérative, et qui peut nommer un gérant ([10]).

 

Les sociétaires possèdent et contrôlent la coopérative d’épargne et de crédit ; c’est là une caractéristique essentielle de cette institution. Les sociétaires ont l’autorité suprême sur toutes les décisions en matière de politique et de règlement intérieur, mais pour exécuter les décisions quotidiennes, ils doivent déléguer leur autorité ; c’est pourquoi ils élisent un conseil d’administration qui peut lui-même embaucher un gérant à temps complet. Beaucoup de trésoriers de coopérative d’épargne et de crédit remplissent les fonctions de gérant à temps partiel en attendant qu’il soit financièrement possible d’embaucher un gérant à temps complet.

1.4. Epargne

 

Trois catégories d’agents concourent à la formation de l’épargne : les ménages, les entreprises, les administrations publiques. L’épargne nationale est la somme de ces trois composantes, et l’épargne privée (que l’on oppose à l’épargne publique) est la somme des épargnes des ménages et des entreprises. Lorsque l’épargne domestique est insuffisante pour assurer les investissements nécessaires, on fait appel à l’épargne extérieure, ce qui entraine un déficit du compte courant de la balance des paiements ([11]).

 

Les dépenses de consommation, qui doivent être prises en considération pour déterminer l’épargne brute des ménages, correspondent à l’ensemble des achats de biens courants et durables, à la seule exception des logements. Pour les entreprises, l’épargne brute correspond aux profits non distribués, après impôts ; l’épargne brute des administrations publiques est définie comme la différence entre les recettes totales et les dépenses courantes de fonctionnement et de transfert. Une part importante de l’épargne brute des ménages est affectée à l’investissement en logement ; le reste constitue l’épargne financière, qui est mise à la disposition des entreprises et des administrations pour combler l’insuffisance éventuelle de l’épargne brute de ces secteurs.

 

Le rôle de l’épargne

 

L’analyse des déterminants de l’épargne, la relation de celle-ci à l’investissement et donc son influence sur le développement de l’activité ont constitué des thèmes permanents de la pensée économique.

 

b.    Epargne et revenu disponible

 

Pour Keynes, c’est le montant du revenu disponible et la propension à consommer qui déterminent le montant de la consommation, et indirectement celui de l’épargne. L’épargne n’est qu’un résidu du revenu lorsque les besoins de consommation sont satisfaits. L’évolution du taux d’épargne est donc liée en grande partie aux facteurs qui déterminent la consommation, c’est-à-dire en premier lieu aux fluctuations du revenu disponible. Des économistes ont ultérieurement émis l’hypothèse que le revenu influant sur le niveau de l’épargne n’était pas le revenu courant comme le pensait Keynes, mais le revenu relatif ou encore le revenu permanent (selon l’opinion de Milton Friedman).

 

Section 2. Présentation du milieu d’étude : la ville de Kinshasa

 

A.   Localisation

 

La ville de Kinshasa s’étend sur une superficie de 9.965 kilomètres carrés[12], le long de la rive méridionale du « Pool Malebo » et constitue un immense croissant couvrant une surface plane peu élevée avec une altitude moyenne d’environ 300m. Située entre les latitudes 4° et 5° et entre les longitudes Est 15° et 16°32, la ville de Kinshasa est limitée ([13]):

 

-          A l’Est par les provinces de Mai-Ndombe, Kwilu et Kwango ;

-          A l’Ouest et au Nord par le fleuve Congo formant ainsi la frontière naturelle avec la République du Congo Brazzaville

-          Au Sud par la province du Kongo-Central[14].

 

B.   Données économiques

 

Historiquement, la ville de Kinshasa a connu un essor économique à travers le secteur industriel, à l’époque florissant. Les activités industrielles couvraient alors une diversité de domaines (alimentaire, textile, métallurgique et des chaines de montage) dont les produits étaient destinés aussi bien à la belle époque où Kinshasa portait ostentoirement son pseudonyme de Kin la belle, Kin-Kiese, autrement dit, Kin la joie parce qu’il faisait beau vivre ([15]).

 

Pour preuve de ces années fastes qui culminent avec la décennie 70, Kinshasa comptait 25% des salariés du Zaïre et versait à lui seul 50% des salaires du pays. Les enquêtes effectuées entre 1974 et 1977 montrent que 33,7% de la population active de Kinshasa étaient composés de cadres et des travailleurs respectivement de l’ordre de 6,5% et 27,2%. En 1980, on estimait que 412.000 personnes avaient un emploi stable et qu’ils pouvaient supporter une charge de 5 à 6 personnes. Mais, c’est autour des années 90 que l’indice des prix a augmenté sensiblement à Kinshasa à telle enseigne que depuis lors, aucun salaire de fonctionnaires ne pouvait permettre à la majorité des employés de subvenir à ses besoins élémentaires ([16]). En 1988, à peine 20% de ceux–ci pouvaient être couverts par le salaire qu’en 1990, un salarié ne pouvait tout simplement plus vivre à Kinshasa tout comme à l’intérieur du pays. Alors qu’en 1977, les salaires des cadres couvraient 62% de leurs besoins et 51% de ceux des employés.

 

La décennie 1990, pour ainsi dire, marque une des pires périodes de l’économie de la ville de Kinshasa. Inaugurée par les pillages de 1991, suivis par ceux de 1992, cette décennie commence par les deux mises à sac de la ville qui ont causé à l’économie congolaise, en général, et Kinoise en particulier, des préjudices gravissimes. A la suite de ces saccages, 300.000 agents et cadres avaient perdu leurs emplois à travers l’ensemble du pays sans aucune possibilité d’indemnisation. A en croire l’Agence Nationale des Entreprises du Zaïre (ANEZA) à cette époque, Kinshasa perdit 100.000 emplois. Mais comme il n’y a jamais de un sans deux, la situation des guerres successives qui a émaillé la décennie 90 n’a servi davantage qu’à paralyser un secteur économique déjà mis en mal par les pillages.

 

Depuis lors, beaucoup d’industries dans la ville de Kinshasa tournent au ralenti si elles n’ont pas purement et simplement été gommées maintenant que la démographie galope et que les moyens pour résorber le chômage de plus en plus accentué des jeunes diplômés des écoles secondaires techniques et autres institutions d’enseignement supérieur et universitaire se font rares. Une telle destruction du tissu industriel a été tellement désastreuse et vivement ressentie par le Kinois que la quasi-totalité d’activités rémunératrices se sont musées vers le secteur informel. Aujourd’hui à Kinshasa, le secteur informel devient le principal pourvoyeur d’emplois. Il fournit plus de 70% de la main d’œuvre totale de la ville.

 

C.   Pauvreté

 

Kinshasa connaît une incidence de la pauvreté de l’ordre de 41,6,%. Cependant étant donné qu’elle représente 10,7% de la population nationale, elle concentre 6,1% des pauvres congolais. A ce sujet, les enquêtes effectuées permettent de préciser que c’est dans la catégorie des ménages informels des inactifs, des chômeurs et des retraités (53,2%), les ménages informels non agricoles (47,2%) et les ménages informels agricoles (40,1%s) que l’on retrouve le plus des pauvres (47,2%) ([17]).

 

Par rapport au sexe du chef de ménage, la pauvreté est plus répandue dans les ménages dirigés par les femmes (45,7) que pour les ménages dirigés par les hommes (40,7%). Cette configuration de la pauvreté selon le sexe du chef de ménage n’est pas surprenante compte tenu de la précarité du statut de la femme sur le marché du travail et de son statut social qui limite son accès aux actifs productifs ([18]).

En ce qui concerne la consommation, les dépenses globales par tête et par an sont évaluées à 315$ à Kinshasa. La structure des dépenses des ménages révèle une prédominance des dépenses alimentaires (48,8 %) qui font partie des besoins incompressibles aussi bien pour les non pauvres que pour les pauvres. un autre élément important à signaler, c’est le fait que les ménages  pauvres dépensent moins par les besoins de santé et éducation que les ménages non pauvres. Ce qui signifie que les enfants issus des ménages pauvres présentent la probabilité de demeure dans la pauvreté.

 Les causes de la pauvreté sont tributaires, notamment, de la taille élevée du ménage, du chômage nettement élevé, de la précarité des revenus chez les actifs, du sous emploi, des salaires précaires, ainsi que du niveau peu élevé d’instruction. On note aussi parmi ces causes, l’accès limité de la population aux services sociaux de base comme l’eau et l’électricité, l’insuffisance des toilettes décentes, la précarité de l’assainissement et de l’hygiène publique, l’insuffisance des infrastructures de base, la prévalence de certaines maladies comme le paludisme et les infections infantiles ([19]). 

 

L’urbanisation sans urbanisme apparait à plus d’un titre comme une autre cause de la pauvreté à Kinshasa. Cela de suite de la carence d’aménagement de l’espace à travers certaines conséquences fâcheuses. Vers la fin des années 1990, par exemple, pour n’évoquer qu’une seule illustration, les études qui furent réalisées avaient inventorié 723 logements détruits par les érosions alors que 403 autres étaient menacés de destruction. Ce faisant, plus de 7.230 personnes sinistrées étaient sans logement et plus de 5.000 autres étaient en instance de le perdre. L’absence d’aménagement de l’espace urbain était plusieurs fois notée comme manifestation et cause de la pauvreté. On comptabilise aussi, parmi les causes de la pauvreté à Kinshasa, la mauvaise gouvernance et la corruption, l’absence d’une politique de redistribution des ressources par l’Etat.   

 

Par rapport à toutes les autres villes du pays, Kinshasa qui a le double statut de province et de ville-capitale du pays, dispose d’un taux de pauvreté de l’ordre de 41,6%. Considérée en termes d’inégalités de revenus et de consommation des ménages, la situation de la ville de Kinshasa se présente de la manière suivante pour l’année 2005 ([20]) :

 

-          Dépenses en USD par tête et par an : 31,5%

-          Part des dépenses alimentaires : 48,8%

-          Coefficient de GINI : 0,38%

 

En matière d’éducation, le taux net de scolarisation au primaire est passé de 76,3%, en 2001, à 88, 4%, en 2002 ; tandis que le niveau de déperdition demeure le plus faible relativement à d’autres provinces. En dépit de ces avancées qui sont saluées par tous, les inégalités dans le secteur de l’éducation persistent et elles sont dues principalement au nombre fort élevé de la population Kinoise, évaluée aujourd’hui à plus ou moins 10 millions d’habitants ([21]).

 

S’agissant de l’accès aux services de santé, il est à constater que 98,1% des femmes accouchent dans les structures bien sécurisées. La couverture vaccinale est estimée à 62,3%, alors qu’en 2013, les formations hospitalières n’accusaient que le nombre de 33 établissements. Ce qui parait nettement insuffisant ([22]).

 

Le redoutable défi auquel se bute l’hygiène et la santé communautaires est celui de l’insalubrité et autres nuisances à l’environnement dont les plus dangereuses sont, notamment, celles des excrétas, des effluents industriels, de la pollution de l’air comme de la pollution diurne et nocturne ainsi que celle de l’émanation des déchets gazeux ([23]).

 


 

CHAPITRE II : DONNEES THEORIQUES DE BASE DES BANQUES COMMERCIALES ET DES INSTITUTIONS DE MICRO FINANCE (COOPEC).

 

2. I. De la Banque 

2.1.1. Origine du terme

 

Au XVI siècle, la banque est « la table de changeur ou de commerçant, le lieu où se fait le trafic, le commerce de l’argent ». Le mot correspond à une forme féminine de « banc » et dérive de l’italien « banca »introduit en France lors de l’installation des banques italiennes à Lyon. L’usage de telles « tables » est attesté dans les temps plus anciens :

La Bible rapporte que Jésus, chassant les marchands du temple, bouscule les « tables des offrandes et des changeurs ». Dans le monde orthodoxe grec, la « trapeza » désigne la table où, dans les monastères, les pèlerins viennent déposer leurs offrandes. ([24])

 

Aujourd’hui, en grec moderne, le terme « trapeza ou tpeπeça » signifie également « Banque ».

 

Les banques sont donc des établissements de crédit, lesquels réalisent des opérations de banque telles que définies par la loi, et sont soumis aux dispositions législatives et réglementaires correspondantes.

 

Dans chaque zone monétaire, l’activité bancaire se trouve être  supervisée par une banque « la banque centrale » disposant d’un statut particulier lui assurant une relative indépendance pour assurer des missions spécifiques : l’émission des billets  et la définition de la politique monétaire, la surveillance et le contrôle, éventuellement disciplinaire, de l’activité des banques.

 

II existe plusieurs types de « banques » en fonction :

 

-       des activités qu’elles entreprennent (banque de dépôt, banque d’affaire, banques spécialisées dans un type de prêt, banque généraliste, banque universelle, etc.) ;

-       des relations qu’elles entretiennent avec leur clientèle : relations impersonnelles au coup par coup : spot banking ou relations plus personnalisées et/ou entretenues sur le long terme) ;

-       de leurs modes ou canaux de distribution : banques en ligne, banques avec agences, banques avec intermédiaires indépendants (intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement).

 

Comme rappelé en introduction, le terme « banque » peut renvoyer, soit à un type d’établissement, soit à un secteur d’activité. En ce cas, il convient de noter que « la banque « regroupe des  entreprises qui peuvent avoir différents statuts juridiques : »les  banques » ne sont pas les seules à composer « la banque ».

 

2.1.2. Histoire de la banque

 

Les premières techniques de banques sophistiquées de l’histoire bancaire européenne apparaissent dans les villes italiennes de Florence et Gênes à la fin du Moyen Age. Les premiers échanges de parts standardisés et diversifiés, relevant d’histoire boursière, ont lieu dans le quartier du Rialto à Venise. En suite l’Angleterre joue un rôle moteur dans les deux domaines, lors de la Révolution financière britannique des années 1690. Puis le Bank Charter Act de 1833 incite les banques anglaises à se faire coter en bourse pour pouvoir émettre des billets de banque, à une époque où ceux-ci inspirent encore de la méfiance à    une partie de la population en Europe et aux États-Unis. Au cours de la seule année, 59 banques britanniques par  actions entrent en bourse de Londres ([25]).

 

En France, l’expansion du secteur bancaire ne démarre véritablement qu’après la loi monétaire prussienne du 4  décembre 1871, obligeant la France à emprunter 25% de son PIB, pour verser de l’or à l’Allemagne en guise d’indemnité de guerre. Ce diktat allemand fait doubler la dette publique française, mais crée une classe d’épargnants, avec 4 millions de français porteurs d’obligations du trésor français en 1880, contre 1,5 millions en 1870. Le besoin d’un réseau  bancaire se fait sentir, ce qui accélère la création de grandes banques de dépôt (Création du Crédit Lyonnais  en 1863 à Lyon par François Barthelemy Arles-Dufour et Henri Germain ou la Société Générale  à Paris en 1864), et contribue à l’expansion boursière sous la 3ème République. 

En Suisse, les Banques privées des 15ème et 16ème  siècles ne pouvaient pas profiter du grand business avec l’endettement public comme les établissements financiers dans les grands royaumes d’Europe, car les pouvoirs décentralisés dans le pays alpin manifestaient à ce temps-là déjà beaucoup de discipline fiscale. Il focalisait donc leurs activités dans le commerce et les investissements à l’étranger. Après 1850, l’industrialisation et le développement du réseau ferroviaire créait en Suisse un grand besoin pour des moyens d’investissements à domicile. Des banques modernes qui ont été créées à ce temps-là, après beaucoup des fusionnements, se formaient jusqu’à la fin du XXe siècle les deux grandes banques UBS et Crédit suisse. Le troisième groupe important des banques en Suisse sont les caisses cantonales et communales dont les premières ont été créées au XIVe siècle.

 

Les  tendances récentes enregistrées dans l’activité bancaire sont :

 

·     La concentration financière et le développement d’organismes financiers gigantesques et polyvalents (banque de dépôt, assurance vie, gestion de fortune, banque d’affaires, changes, société de bourse, etc.).

·     La très forte montée corrélative des risques bancaires potentiels, mal encadrés par une législation qui peine à les suivre.

·      La difficulté, y compris de la part de « grandes » banques, à contrôler et à maitriser les risques juridiques de l’activité.

·     La mondialisation est une autre réalité qui a modifié considérablement le périmètre traditionnel des banques et la répartition géographique de leurs activités.

·     Parallèlement la désintermédiation financière a vu des fonctions de financement autrefois exclusivement assurées par le secteur bancaire s’effectuer sans son concours.

·     L’accomplissement de la séparation effective de la fonction de gestion des risques bancaires et financiers, et de la fonction de vente des produits bancaires, porteurs des risques. Cette tendance forte, encadrée juridiquement, fait émerger un Droit de la distribution bancaire, qui précise les règles de vente et les obligations des professionnels commercialisant les produits.

 

2.1.3. Activités d’une banque

 

Les  banques fournissent aux déposants  une série de services :

 

-          La  tenue des comptes et collecte de fonds : la banque fournit aux détenteurs de comptes  une comptabilité  des mouvements de fonds. Elle peut procéder pour certains clients qui menaient des volumes importants de fonds (commerçants et grands distributeurs) la collecte des espèces, leur comptage et leur comptabilité.

-          La sécurité : la  banque est un lieu de sécurité où l’argent est en temps normal plus protégé qu’au domicile des particuliers.

-          Elle fournit des coffres pour conserver des valeurs. Il faut néanmoins noter qu’un dépôt est en fait un prêt  gratuit à la banque qui utilise aussitôt  la trésorerie reçue pour financer son activité. En cas de faillite de la banque les dépôts sont  perdus sous réserve des garanties fournies par l’Etat.

-          Elle établit des chèques de banque pour certaines transactions sécurisées,   devises étrangère.

-         Les  moyens de paiement : la banque permet  de mobiliser son compte de dépôt  de  plusieurs  façons.

-          Fourniture des chèques et déclenchement de leur règlement  via le système de  compensation ([26]).

 

2.1.4. Rôle  de la Banque

 

La banque remplit une multitude de fonctions, depuis la gestion des moyens de paiement, jusqu’à la création de produits très complexes dont la  sophistication et la prolifération sont aujourd’hui en partie remises en cause.

La première des fonctions de la banque, la plus concrète, c’est celle de gérer les moyens de paiement. A ce jour, seules les banques peuvent rendre ce service.

 

Deuxième grande fonction, celle de d’accorder des crédits. En France, l’activité  de crédit est très encadrée et ne peut être exercée que par quelques établissements habilités et selon des modalités elles aussi contrôlées.

 

Troisième rôle des banques : drainer l’épargne. Une partie de l’épargne sert à consentir des crédits. Une autre partie est placée sur votre compte dans des produits financiers. Les  banques n’ont  pas le monopole de cette fonction mais elles sont de plus en plus présentes dans ce  secteur, à la fois parce qu’elles sont organisées en groupes qui intègrent toutes les fonctions et que d’autres institutions financières remplissent aussi la même fonction aux objectifs (finalités) différents.

 

Quatrième rôle très important, lié au précédent : pour gérer  l’épargne, la banque sert d’intermédiaire sur les marchés financiers.

Enfin, dernière grande fonction assumée par les banques : le conseil. Il faut  distinguer le conseil aux particuliers et le conseil à l’entreprise. Le premier est rarement payant (sauf s’agissant de très grosses fortunes) et a été imposé progressivement aux banques par les tribunaux et la loi. Mais le conseil aux entreprises est une activité bien plus importante et lucrative ; il existe même des banques qui ne vivent que de ça ([27]).

 

2.1.5. Rôle des banques par rapport à ses clients

 

-       La banque produit, directement ou via des intermédiaires, des placements à court ou long terme, avec différents niveaux de risques financiers, gérés directement par elle ou par d’autres entreprises financières. Les comptes ou plans d’épargne, des Sicav de trésorerie et autres instruments de placements quasi liquides, sont des exemples de placements à court terme.

-       Elle produit et distribue, directement ou indirectement, via des intermédiaires, des crédits : crédit à la consommation, crédit immobilier, crédit bail, principalement.

-       Elle produit et distribue, directement via des intermédiaires, des services de paiement et les moyens de paiement associés.

-       La banque fabrique des produits financiers plus ou moins complexes qu’elle propose aux gestionnaires de fortune. Elle peut avoir son propre département de gestion de fortune.

 

Un autre aspect de cette problématique tient aux activités de  gestion pour compte propre de la banque qui  peut spéculer et acquérir des titres dangereux clients en  général.

 

2.1.6. L’intermédiation bancaire

 

Le système bancaire comprend à la fois les fournisseurs  de produits, gestionnaires des risques financiers, mais également l’ensemble des distributeurs, qui sont soit directement les fournisseurs (les banques), soit des entreprises indépendantes, telles que les intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement.

 

 La vente des produits bancaires est assurée, soit directement par les banques, via leurs réseaux d’agences, soit par des professionnels indépendants (la banque restant décisionnaire du crédit). Le régime juridique qui en découle, notamment du point de vue de la protection des consommateurs, est donc double :

 

-       Celui de la responsabilité du banquier dispensateur de crédit, fondée sur le devoir de mise en garde, en évolution vers le devoir de conseil en crédits.

-       Celui de la responsabilité du courtier en crédits, au titre de son devoir de conseil.

 

2.1.7. Typologie

 

L’ensemble des banques, chapeauté par la banque centrale, forme le secteur bancaire d’une zone monétaire. On distingue ainsi différents types de banques selon leur rôle.

 

Une banque centrale a pour rôle de réglementer et superviser les opérations des différentes banques, de veiller à leur solvabilité à l’égard des déposants, de superviser la production de monnaie par ces banques, et d’en réguler l’usage par le biais du taux directeur. La théorie économique y voit un moyen de réguler la croissance, via l’incitation à l’épargne ou à la consommation,  et d’agir sur l’inflation.

 

Les banques de dépôt (en anglais : commercial Banks) travaillent essentiellement avec leurs clients, particuliers, professionnels et entreprises, reçoivent des dépôts, accordent des prêts et sont traditionnellement séparées entre la banque de détail (en anglais : retail banking) destinée aux particuliers, aux petites et moyennes entreprises, et la banque d’affaires (en anglais, wholesale banking) destinée aux moyennes et grandes entreprises. La banque d’investissement (en anglais, investment banking) est active sur les marchés financiers, se chargeant des opérations financières comme les émissions d’emprunts obligataires, les souscriptions d’actions, les introductions en bourse, les fusions-acquisitions, etc. ([28]).

 

De plus en plus, les banques de détail et d’investissement sont de simples filiales de groupes diversifiés qui intègrent parfois l’assurance, la gestion de fonds de placement ou d’autres activités financières. Fréquemment, ceux-ci rattachent à la filiale banque d’investissement les activités de banque d’affaires.

 

Il existe des banques spécialisées dans un segment d’activité spécifique, souvent issues d’une ancienne réglementation ou, en France, de la distribution dans le passé de certains prêts bonifiés :

-       Banques spécialistes du crédit à la consommation,

-       Ou au contraire, banques spécialisées dans la gestion  de fortune ou gestion de patrimoine,

-       Banques spécialisées dans le crédit immobilier,

-       Banques spécialisées dans le crédit-bail aux entreprises,

-       Banques spécialisées dans le financement d’une activité économique particulière (agriculture, cafés-restaurants, commerce de l’art, pétrole, etc.).

 

2.1.8. Forme de propriété

 

On distingue aussi les banques en fonction de la manière dont leur capital (et conséquemment leur gouvernance) est organisé.

 

·     Une banque coopérative (dite parfois mutualiste) est contrôlée par ses sociétaires qui détiennent des parts et qui sont souvent  ses clients. C’est un régime qui provient de l’esprit coopératif initié notamment par le milieu agricole (voir coopérative, mutualité). Les banques coopératives peuvent être partiellement cotées en bourse (c’est le cas de certaines caisses régionales de crédit agricole qui ont ouvert une partie de leur capital sous forme de certificats coopératifs d’investissement, titres de capital sans droit de vote). Une banque coopérative peut aussi détenir des  filiales cotées (holdings ou autres), par exemple le CIC dans le cas de crédit mutuel, Natixis pour les banques populaires et les caisses d’épargne (les deux formant un seul groupe, BPCE) ou Crédit agricole SA  pour le crédit  agricole.

·     Les banques commerciales sont des sociétés dont le capital est détenu par des actionnaires et sont généralement cotées en bourse.

·     Une banque peut être propriété de l’Etat. En Allemagne, les Landesbank ont pour actionnaire principal un Land.

 

Dans chaque pays, il existe un ou plusieurs organismes professionnels qui représentent les banques, parfois selon leur type.

 

2.1.9. Gratuité ou rémunération des services bancaires

 

Dans leur grande majorité, les opérations effectuées par une banque sont payantes. En RDC la règlementation nationale peut imposer un cadre d’exercice particulier. Ainsi le paiement des salaires par virement à des comptes bancaires, a rendu obligatoire l’utilisation  des services des banques. La tenue de compte ainsi que l’usage des chèques  ne sont pas gratuits.

II.2. De la coopérative d’épargne et de crédit

 

2.1. DE LA COOPERATIVE D’EPARGNE  ET  DE  CREDIT

 

A.   Histoire du concept de coopération

1. Repères historiques

Le concept de coopération se concrétise d’abord dans le domaine de l’économie, pour caractériser des personnes mettant en commun des moyens afin de générer des ressources. Le mouvement coopératif prend naissance en Angleterre en 1844, avec la Société des équitables pionniers de ROCHDALE. Des ouvriers tisserands se rassemblent pour mettre au point une coopérative de consommation et mettre fin à des pratiques de prix usuraires.

 

Friedrich Wilhelm RAIFFEISEN fonde la première coopérative de crédit mutuel en Rhénanie en 1864.

En France, Louis DURAND crée en 1893, une caisse rurale et ouvrière. La première coopérative agricole est fondée à CHAILLE, en 1888, sur un modèle danois.

Certains voient alors dans la coopérative le moyen de créer une autre société, socialiste, dont la coopérative, avec ses principes égalitaires, serait la cellule de base. Jean-Baptiste GODIN, grand industriel et précurseur social, transforme son entreprise de fabrication d’appareils de chauffage en coopérative de production en 1880. Il crée un mode d’habitat groupé coopératif pour ses salariés : le Familistère. Il abrite 500 logements, des équipements collectifs (théâtre, piscine, lavoir, bibliothèque, jardin, magasin d’approvisionnement.) Chacun, de l’ouvrier à l’ingénieur, dispose du même confort. Un réseau de protection sociale mutualiste est mis en place.

Charles GIDE en 1890, voit dans l’essor des coopératives la naissance possible d’une "République coopérative". La coopérative a une finalité collective, son activité est un moyen, le but est éthique, contrairement à l’entreprise capitaliste. Certaines coopératives vont jusqu’à l’autogestion.

Dans le domaine de l’éducation, Célestin FREYNET invente l’école coopérative au début du 20e siècle. Certaines écoles s’en inspirent, et le mouvement FREYNET est toujours vivace (cf. : I.C.E.M. : Institut Coopératif de l’Ecole Moderne).

Dans le monde rural, les coopératives apparaissent et se développent pour l’achat et la gestion de matériel, le stockage et la distribution des productions agricoles, la gestion financière (crédit agricole), la distribution des denrées alimentaires (magasins COOP).

D’autres démarches coopératives voient également le jour dans différents domaines : l’habitat et la construction (les "castors" qui construisent ensemble leurs habitations). Dans les entreprises, les luttes syndicales pour la préservation des emplois amènent les salariés à se regrouper pour tenter de s’approprier et gérer eux-mêmes leur outil de travail, et les profits réalisés. De nouvelles formes juridiques apparaissent : les sociétés coopératives ouvrières de production (S.C.O.O.P.).

 

La déclaration sur l’identité coopérative a été formulée par l’Alliance coopérative internationale en 1895 soit 51 ans après les principes de Rochdale. En 1995, lors de l’Assemblée Générale du centenaire de l’Alliance coopérative internationale à Manchester, une nouvelle déclaration sur l’identité coopérative a été définie et la révision des principes coopératifs a été adoptée.

 

La déclaration a donné lieu à la Recommandation 193 du 03/06/2002 de l’OIT sur la promotion des coopératives, par laquelle l’OIT invite organisations patronales, syndicales et les Etats à s’impliquer dans leurs champs des compétences pour encourager la structuration coopérative.

 

Après avoir défini les coopératives et leurs valeurs, la déclaration énonce les sept principes de la coopération.

 

2. LES SEPT PRINCIPES COOPERATIFS

 

1.     Adhésion volontaire et ouverte à tous. Les coopératives sont des organisations fondées sur le volontariat et ouvertes à toutes les personnes aptes à utiliser leurs services et déterminées à prendre leurs responsabilités en tant que membres, et ce sans discrimination fondée sur le sexe, l’origine sociale, la race, l’allégeance politique ou la religion.

2.     Pouvoir démocratique exercé par les membres. Les coopératives sont des organisations démocratiques dirigées par leurs membres qui participent activement à l’établissement des politiques et à la prise de décisions. Les hommes et les femmes élus comme représentants des membres sont responsable devant eux. Dans les coopératives de premier niveau, les membres ont des droits de vote égaux  en vertu de la règle « un membre, une voix » : les coopératives d’autres niveaux sont aussi organisées de manière démocratique.

3.     Participation économique des membres. Les membres contribuent de manière équitable au capital de leurs coopératives et ont le contrôle. Une partie au moins de ce capital est habituellement la propriété commune de la coopérative. Les membres ne bénéficient habituellement que d’une rémunération limitée du capital souscrit comme condition de leur adhésion. Les membres affectent les excédents à tout ou partie des objectifs suivants : le développement de leur coopérative, éventuellement par la dotation de réserves dont une partie au moins est impartageable, des ristournes aux membres en proportion de leurs transactions avec la coopérative et le soutien d’autres activités approuvées par les membres.

4.     Autonomie et indépendance. Les coopératives sont des organisations autonomes d’entraide, gérées par leurs membres. La conclusion d’accord avec d’autres organisations, y compris des gouvernements ou la recherche de fonds à partir de sources extérieures, doit se faire dans des conditions qui préservent le pouvoir démocratique des membres et maintiennent l’indépendance de leur coopérative.

5.     Education, formation et information. Les coopératives fournissent à leurs membres, leurs dirigeants élus, leurs gestionnaires et leurs employés, l’éducation et la formation requise pour pouvoir contribuer effectivement au développement de la coopérative. Elles informent le grand public, en particulier les jeunes et les dirigeants d’opinion, sur la nature et les avantages de la coopération.

6.     Coopération entre les coopératives. Pour apporter un meilleur service à leurs membres et renforcer le mouvement coopératif, les coopératives œuvrent  ensemble au sein de structures  locales.

7.     Engagement envers la communauté. Les coopératives contribuent au développement durable de leur communauté dans les orientations approuvées par leurs membres.

 

B.   LES  VALEURS DE LA COOPERATIVE

 

Selon l’Alliance Coopérative internationale, ‘’une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies, pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs, au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et/où le pouvoir est exercé démocratiquement.’’

 

L’année 2012 a été déclarée par l’ONU année internationale des coopératives. L’objectif des Nations Unies est de promouvoir le mouvement coopératif et de reconnaitre que les valeurs fondamentales des coopératives sont la prise en charge et la responsabilité personnelle et mutuelle, la démocratie, l’égalité, l’équité et la solidarité.

 

C.   La double nature de l’associé coopérateur

 

Les membres d’une coopérative sont les associés coopérateurs. A ce titre, ils sont à la fois détenteurs du capital et utilisateurs des services de la production agricole, approvisionnement et services pour l’exploitation, etc.). D’une certaine façon, ils sont à la fois propriétaires, clients et fournisseurs de l’entreprise.

 

Habituellement, la finalité d’une entreprise est de réaliser des bénéfices, afin de rémunérer, par le biais de dividendes, les actionnaires porteurs de capital. Dans une coopérative, la finalité est la réalisation du service au meilleur coût pour les membres, le capital n’est qu’un moyen de financement de l’entreprise. Les excédents réalisés, sont en grande partie réinvestis dans l’outil collectif.

 

Dans une coopérative, les décisions sont prises dans le respect de la démocratie, selon le principe « un associé, une voix ». En aucun cas, un petit nombre d’associés, fussent-ils les plus importants, ne peut détenir le capital seul. Le rôle de l’assemblée générale. Le président est le premier d’entre ses pairs, le porteur du projet collectif et le porte parole du conseil d’administration. Le directeur, lui est chargé de faire fonctionner au quotidien la coopérative,  selon les orientations du conseil d’administration.

II.3. QUELQUES THEORIES DE LA MICROFINANCE ET DES  COOPERATIVES   D’EPARGNE  ET  DE CREDIT

 

Parler des théories proprement dites, n’est pas la préoccupation majeure dans cette étude. La micro finance et étant que telle n’en a pas. C’est pourquoi dans cette section, nous remontons quelques théories sur l’économie sociale (dans la mesure où elles sont l’ancêtre de la microfinance), l’économie, la gestion, la sociologie, l’anthropologie,… pour une meilleure compréhension des mobiles qui sous-tendent notre choix sur le matérialisme historique en tant que théorie, c’est-à-dire selon une logique des idées, avec des hypothèses et à des échelles différentes (micro, méso ou macro). Le matérialisme historique construit ainsi un objet de recherche qui est en grande partie le produit de son regard. La microfinance découpe le social en faits dits « économiques », « financiers », « sociaux »,  « psychologiques », etc. Ces différentes disciplines la reconnaissent comme  des champs plus ou moins autonomes. Pas plus qu’il n’existe un consensus fort parmi les praticiens quant aux méthodes en micro finance et à leurs finalités, il n’y a de consensus chez les chercheurs sur leurs méthodes d’investigation.

 

Sans toutefois rester dans la guerre sur la théorisation qui du reste est encore floue à cause de la non conceptualisation des indicateurs pouvant mesurer les variables nécessaires à ce nouveau mode de pensée, à notre avis, le champ conceptuel de ce dernier est fonction du contexte d’analyse et surtout des contingences sociales dans lesquelles l’activité se passe. En RDC, en général et à Kinshasa en particulier, la micro finance sévit sous différentes formes selon qu’on analyse par exemple : le maraichage, le petit commerce sur le marché, le marchand ambulant, les ONG,…

 

2.3.1. Le microcrédit et les théories économiques

 

«L’évolution des systèmes financiers a fortement alimenté les recherches en théorie économique au fil des années 1970. D’une manière générale, ces recherches ont été fortement liées à des problématiques de développement des pays du sud.

 

La répression financière  a été parmi les premiers facteurs mis en cause par les théoriciens néolibéraux pour contester l’emprise de l’Etat sur les économies. Dans le contexte de la libéralisation, le manque d’accès au capital a été identifié comme un frein au développement de l’initiative privée, puis ultérieurement comme un des facteurs majeurs de la  lutte contre la pauvreté.

                                  

Face au postulat de l’émergence spontanée des marchés financiers qui a prévalu pendant quelques années mais qui a montré rapidement ses limites,  la recherche d’alternatives institutionnelles a conduit à développer la réflexion sur les organisations et les institutions nécessaires à la mise en œuvre  de services financiers accessibles aux populations exclues ou marginalisées.

 

Sur le plan théorique, les systèmes financiers formels et informels et la fonction d’assurance ont figuré parmi le champ empirique, les précoces et les plus fertiles dans l’élaboration des théories de l’information imparfaite, des contrats puis des coûts de transaction. Ces théories ont fortement influencé les théories économiques dans les années 1980 et 1990, en remettant en cause l’hypothèse « Pareto-walrasienne » de marchés « parfaits » et en introduisant parmi leurs hypothèses les mode de coordination non marchands, les organisations et les institutions.

 

Au fil des années 1990, en économie néo-institutionnelle, l’analyse en termes de coût de transaction a pris de plus en plus d’importance dans l’interprétation des innovations financières et constitue aujourd’hui une référence essentielle des institutions internationales intervenant en matière de développement du secteur financier.

 

La nature même de la micro finance, ses succès, ses potentialités mais aussi ses limites ont conduit à mettre en évidence le caractère pluriel de la relation financière dans laquelle les comportements économiques sont fortement immergés dans le social et les cultures ou soumis à des logiques non économiques.

 Ce constat questionne l’approche disciplinaire de la recherche et contribue à alimenter la réflexion théorique menée au sein de courants « hétérodoxes » de l’économie et de la sociologie : socio-économie, économie des conventions, etc.

 

2.3.2. Le microcrédit et les théories sur l’économie sociale

 

Historiquement, l’économie sociale se révèle être une action collective, une mobilisation sociale, inspirée par trois mobiles : les besoins socioéconomiques des populations (la nécessité) ; les aspirations de ces populations à une identité propre (l’identité) ; l’horizon partagé d’une société démocratique et équilibrée (un projet de société).

Cette mobilisation est généralement le fait, en amont et en aval, des mouvements sociaux qui animent des activités économiques qui combinent initiative et solidarité.

 

2.3.3. Le microcrédit et la socio économie

 

Si toute technique doit être comprise en intégrant son environnement culturel, la micro finance n’échappe pas à cet encastrement. Elle ne peut être réduite à un phénomène strictement financier et économique. Il est par conséquent impossible d’inscrire son analyse dans un champ académique unique, celui de la finance, de la gestion ou de l’économie, sans reconnaitre le caractère limité de chacune de ces interprétations, ou en raison de cette limite de tirer des  conclusions largement erronées sur son essor, sur ses logiques de fonctionnement et sur ses potentialités.   

 

Du fait de la très large diffusion de la micro finance, celui qui l’analyse se trouve confronté à sa mutation en « fait social total », son degré de complexité est tout aussi élevé que celui du potlatch des cotés orientales du Nord-Est du Pacifique, de la Kula du Pacifique occidental ou…. du Stock-exchange de New York.

 

J.M. Servet inscrit son analyse de la micro finance sur une discipline en formation, la « socio économie ». C’est une science qui a pour objet d’étude les processus de production, d’échange et de financement assurant la reproduction matérielle des sociétés humaines. Il s’agit, grâce à des nouvelles hypothèses, de mieux comprendre le fonctionnement  des sociétés contemporaines et en particulier leurs réseaux ou plus simplement d’analyser les comportements des agents produisant, échangeant et finançant, en cessant de coller les recettes toutes faites de modèles fondés sur « l’individualisme méthodologique » approche sociologique qui soutient que les phénomènes sociaux résultent des actions individuelles.

 

 Or, actuellement, les phénomènes  sociaux doivent être traités en faisant recours à d’autres phénomènes pour pouvoir appréhender leur sens. A cet effet, pour Servet, ce modèle se doit surtout « de revitaliser et de produire des concepts, empiriquement fondés, qui permettront d’intégrer les différences entre mondes culturels et ordres moraux différents ».

 

La socio économie nous intéresse parce qu’à notre avis, elle est d’abord éminemment sociologique dans la mesure où elle souligne la nécessité de contextualiser toute technique ou facteur de développement. En second lieu, la théorie étant encore en phase de sa construction nous espérons que les résultats de nos enquêtes pourraient aider à consolider la théorisation de ses concepts de base. C’est ainsi que, pour notre part, nous optons pour la théorie de la socio économie.

 


 

CHAPITRE III : PRESENTATION DESCRIPTIVE DES DONNEES D’ENQUETE SUR LA COOPERATIVE D’EPARGNE ET DE CREDIT FACE AU FOISONNEMENT DES BANQUES COMMERCIALES EN RDC

 

Introduction

 

Ce chapitre procède au dépouillement des données d’enquête. A cet effet, nous abordons successivement les points ci-après : la population d’enquête, le dépouillement, l’analyse et l’interprétation des résultats.

3.1. Population d’enquête

 

En science, lorsqu’on parle d’univers d’enquête, il faut entendre par là un ensemble défini, délimité dans le temps et dans l’espace qui fait l’objet d’une étude. C’est donc un ensemble humain dont on cherche à connaître les opinions, les besoins et qui est caractérisé, c'est-à-dire qu’il a en commun des caractéristiques communes permettant l’identification des individus de ce groupe.

 

Dans cette étude, notre univers d’enquête comprend les sociétaires, c'est-à-dire les membres des coopératives d’épargne et de crédit, d’une part et les clients des banques commerciales, d’autre part.

3.2. Constitution de l’échantillon

 

Ayant procédé par une enquête quantitative afin d’avoir la possibilité de quantifier les opinions révélées par nos enquêtés lors de l’enquête qualitative, nous avons établi un questionnaire administré auprès de 60 sujets dont 30 des Coopecs et 30 des banques commerciales.

 

Au sujet des trente personnes des Coopecs nous avons retenu deux catégories de Coopecs : d’un côté la Coopec des Confessions religieuses et de l’autre côté des Coopecs de laïcs. Chacune des catégories a fait l’objet de 15 sujets d’où au total 30 enquêtés.

 

Du côté des banques commerciales, nous avons pris en compte 2 banques commerciales dont l’une la plus ancienne : la BCDC et l’autre parmi les récentes à savoir la Raw Bank.

3.3. Dépouillement des données

 

Ici, nous procédons au dépouillement des données recueillies sur terrain en y ajoutant chaque fois un petit commentaire en dessous du tableau.

 

Tableau I : Répartition des sujets selon les institutions

 

Institution

Effectif

%

Coopecs

30

50

Banques

30

50

Total

60

100%

 

Il ressort de ce tableau que 50% de nos enquêtés sont des Coopecs et 50% sont des banques.

 


 

              Tableau II : Répartition des enquêtés selon le sexe

 

Sexe

 

Masculin

Féminin

%

Coopecs

20

10

30

Banques

25

5

30

Total

45

15

60

%

75%

25%

100%

 

De ce tableau, il ressort des données que 75% de la population est masculine et  25% féminine. Le souci d’impliquer la population mixte est celui de se conformer à la logique du genre comme elle est voulue d’actualité.

 

                 Tableau III : Répartition des enquêtés selon l’âge

 

Tranche d’âge

Fréquences

%

20 – 29

9

15

30 – 39

16

26,7

40 – 49

21

35

50 ans et plus

14

23,3

Total

60

100

 

Les données du tableau ci-dessus indiquent que 35% de nos enquêtés ont un âge situé entre 40 et 49 ans et que 30 et 39 ans ont 26,7%, 50 ans et plus ont 23,3% et enfin 20 à 29 ans ont 15%.

 


 

                         Tableau IV : Niveau d’instruction

 

Niveau d’études

Effectifs

%

Sans instruction

1

1,7

Primaire

9

15

Secondaire

49

8,6

Supérieur/Universitaire

1

1,7

Total

60

100%

 

L’observation des résultats du tableau ci-haut indique que 8,6% des enquêtés ont un niveau secondaire ; 1,7% de non instruits et 1,7% autre constitué de ceux ayant atteint le niveau supérieur.

 

Tableau V : Confiance aux lieux d’épargne financière

 

Confiance

Maisons

Banque

Coopec

Totalement

00

30

30

Partiellement

20

20

25

Pas du tout

40

10

05

Total

60

60

60

 

Source : Enquête personnelle sur terrain

 

Du tableau ci-haut, il se dégage le constat selon lequel le placement d’argent est divers selon qu’il s’agit de la maison comme des institutions financières (banque et coopec). Aucun enquêté n’a trouvé utile de considérer la maison comme lieu mieux indiqué pour garder l’argent. Personne n’a totalement la confiance de placer le fond à la maison comme bon lieu sûr, mais 30 sujets ont totalement confiance à la banque et 30 totalement pour les coopec. Partiellement, 20 sujets ont opté pour la maison et 20 autres sujets pour la banque et enfin 25 sujets pour les Coopecs.

Enfin, 40 sujets n’ont pas du tout confiance à la maison, de la même manière 10 autres n’ont pas du tout confiance aux banques commerciales et 5 autres pour eux la Coopec ne fait pas du tout confiance.

 

Comme on peut le constater ce tableau pose le sérieux problème de confiance envers les coopecs et les banques commerciales. La complexité que présente ce tableau sera explicitée dans la partie d’analyse et interprétation des données.

 

Tableau VI : Motifs de confiance aux Coopecs selon les sociétaires

 

Motivations

Effectifs

%

Pas de frais de tenue de compte

02

6,6

Retrait facile

15

50

Solidarité entre les membres

03

10

Faible taux d’intérêt de remboursement

10

33

Total

30

100

Source : Enquête personnelle

 

De ce tableau, il ressort que 50% des sujets interrogés adoptent la coopec suite au retrait facile d’argent, ensuite 33,3%de sujets membres des coopecs ont confiance à la coopec à cause du faible taux d’intérêt pour le remboursement de crédit.

L’avant dernière catégorie est celle de 3 sujets ayant motivé leur choix à la Coopec suite à la solidarité qu’ils rencontrent entre les membres. Enfin, 6,6% des sujets soit 02/30 ont soutenu que leur attachement à la Coopec est justifié par le faible taux sinon, l’inexistence des frais de tenue de compte.

Tableau VII : La méfiance aux coopecs par les membres des Coopecs

 

Raisons de méfiance

Effectifs

%

Risque de détournement

06

20

Non respect des principes coopératifs

07

23

Expériences du passé des Coopecs au Congo

15

50

Présence des banques commerciales

02

6,6

Total

30

100%

       Source : Enquête personnelle

 

Du tableau ci-haut, il ressort les faits suivants : 15 sujets sont méfiants des coopecs suite aux expériences du passé. Il est ensuite suivi de 7 sujets ayant évoqué le non respect des principes coopératifs.

Quant au risque de détournement  des fonds, 6 sujets ont soulevé la variable. Enfin, 02 sujets ont évoqué le facteur présence des banques commerciales.

 

Tableau VIII : Avenir des coopecs face au foisonnement des banques commerciales : opinions des sociétaires

 

Opinions

Effectifs

%

Grand risque

09

30

Risque

16

53,3

Faible risque

04

13,3

Pas de risque

01

3,3

Total

30

100%

                   Source : Enquête personnelle

 

Ainsi que le renseignent les données ci-contre, interrogés sur l’avenir des coopecs face au foisonnement des banques commerciales, 53,3% trouvent le risque, suivis de 30% qui font remarquer un grand risque. Le faible risque est exprimé par 13,3% des sujets, tandis que 3,3% soit 1/30 est le faible pourcentage.

 

Tableau IX : Motivation des risques sur la multiplicité des banques commerciales en RDC face aux coopecs

 

Opinions

Effectifs

%

Persistance des antivaleurs dans les Coopecs

20

66,6

Bonnes conditions de garanties de fonds dans les banques commerciales

05

16,6

Faible taux de pourcentage par les banques commerciales

00

0%

Octroi de crédit sans épargne au préalable

05

16,6

Total

30

100%

 

Les opinions dégagées à 66,6% du tableau ci-haut démontrent que le risque des coopecs face à la multiplicité des banques commerciales est dû principalement à la persistance des antivaleurs dans la gestion des coopecs. Il est suivi de 16,6% aussi bien pour l’octroi de crédit sans condition obligatoire d’épargne et aussi les bonnes conditions de garanties d’argent (16,6%).

 


 

Tableau X : Possession des comptes banques par les sociétaires

 

 

Oui

Non

Total

Possession de comptes bancaires

08

22

30

 

De ce tableau, il ressort que 22 sujets n’ont pas de compte en banque et 08 sujets ont aussi bien des comptes à la coopec qu’en banque.

 

Tableau XI : Motivations d’attachement à la banque par ceux ayant des comptes en banque

 

Opinions

Effectifs

%

Taux réduit d’intérêt sur le crédit

01

3,3

Sécurité de fond

06

20

Possibilité d’obtenir le crédit

03

10

Absence des coopec fiables

20

66

Total

30

100%

Source : Enquête personnelle

 

Il ressort de ce qui suit que 20 enquêtés optent pour la banque suite à l’absence des coopecs fiables. Ensuite, 6 enquêtés le justifient pour  la sécurité de fond. Enfin, un sujet à évoqué le taux d’intérêt réduit selon lui par les banques.

 


 

Tableau XII : Méfiance face à la banque

 

Opinions

Effectifs

%

Risque de faillite

02

6,6

Taux élevé d’intérêt (crédit)

20

66

Lourde procédure d’octroi de crédit

03

10

Frais de tenue de compte

05

16

Total

30

100%

Source : Enquête personnelle

 

La majorité soit 20 enquêtés trouvent que la banque commerciale a un taux élevé d’intérêt de remboursement de crédit. Il est suivi de 5 sujets ayant évoqué la raison des frais de tenue de compte. Au sujet de la lourde procédure, 3 sujets ont évoqué le fait que 2 sujets ont parlé du risque de faillite.

 

Tableau XIII : Existence des comptes dans des coopecs

Opinion

Oui

Non

Total

Existence d’un compte à une coopec

02

28

30

Total

6,6%

93,3%

100%

Source : Enquête de terrain

 

Ce tableau démontre que 93,3% des sujets ont uniquement des comptes en banque et que 6,6% ont aussi des comptes dans les coopecs.

3.4. Analyse et interprétation des résultats

 

L’analyse et l’interprétation des résultats d’une investigation, ainsi que tout le monde le sait, ont toujours constitué le point culminant de toute œuvre scientifique. A cette phase, l’auteur s’efforce d’un côté, à s’approprier de façon critique, les opinions lui exprimées par ses enquêtés et de l’autre, à rendre leur essence intelligible.

 

Dans cette section, notre effort consiste à scruter les propos tenus, les attitudes observées et les actes posés dans l’univers des coopecs et des banques commerciales.

 

Il ressort de divers tableaux dans la section précédente de ce chapitre que la population de Kinshasa sur laquelle porte la présente investigation est engagée dans les institutions financières qu’elles soient des IMF ou des banques. Bien évidemment, il existe d’autres personnes qui, pour une raison ou une autre, ne sont ni dans les coopecs, ni dans les banques. Et, pour cette dernière catégorie, leur épargne  est soit en nature, soit sous une forme que la présente étude ne sait expliquer car ne convergeant pas avec  son objet d’étude.

 

Il convient de relever que la présente étude a fait objet, dans son échantillon, du respect du principe du genre dans la mesure où, aussi bien pour les coopec que pour les banques commerciales, tous les deux sexes ont été représentés bien qu’à des proportions inégalitaires. Dans nos enquêtes qualitatives, c'est-à-dire les interviews approfondis réalisés avec des personnes ressources aussi  bien des coopecs que des banques commerciales, la question d’épargne et du crédit préoccupent tous les sexes. D’ailleurs au sujet de l’épargne, les enfants s’y emploient à travers les épargnes à la carte.

 

Au sujet de l’aspect lié à l’âge, il ressort des données de notre étude qu’à partir de 20 ans jusqu’à l’âge des personnes de troisième âge que l’on fixe généralement à partir de 60 ans, tous sont impliqués dans les institutions financières (coopecs et banques).

 

En ce qui concerne le niveau d’instruction, comme de nombreuses études le démontrent, l’accès de la population globale au niveau de l’enseignement supérieur et universitaire n’est pas encore très avancé.  Notre étude le confirme au regard du faible pourcentage constaté dans nos données.

Le bas niveau d’instruction peut, de façon indirecte, être l’un des facteurs qui flouent la population dans la compréhension de la nature et des objectifs des institutions financières, à titre d’exemple les banques et les IMF en général et les coopecs en particulier.

 

D’ailleurs dans nos échanges en interviews, nombre de sociétaires ou membres des coopecs n’ont pas la connaissance même élémentaire des statuts et règlements d’ordre intérieur de leurs coopératives. Par conséquent il est quasiment impossible de revendiquer leurs droits sur base des principes  coopératifs qui se veulent d’application universelle à cette nature d’organisation. C’est à ce niveau que beaucoup de personnes ne savent pas dissocier les avantages et les inconvénients de l’une ou l’autre institution financière présente sur le marché financier.

 

En rapport avec la confiance que l’on a face aux lieux d’épargne, notre étude a proposé la maison (c'est-à-dire l’épargne à domicile), la banque et la coopérative d’épargne et de crédit. A ce propos, aucun sujet n’a fait totalement confiance à l’épargne à domicile, c'est-à-dire garder l’argent chez soi. Nous pouvons imaginer que cette prise de position est fondée sur le risque de vol et des dépenses intempestives que peuvent entraîner cet endroit. Mais, comme il a été exprimé dans le tableau relatif à ce point, bien que n’étant pas totale, mais la confiance à la maison a été déclarée partielle.

 

A notre avis, ceux ayant placé partiellement leur confiance sont partis de la méfiance entraînée et générée par les expériences négatives des faillites et détournements des institutions financières au Congo : banques et IMF (Coopecs). C’est ce qui conduit à la compréhension des proportions gardées dans la confiance de nos sujets aussi bien aux banques commerciales qu’aux coopecs. A ce point, nous concluons qu’aucune institution financière n’a obtenu la confiance totale de tous les sujets (enquêtés).

 

Particulièrement, face à la confiance que les sociétaires ont à l’égard de la coopérative d’épargne, quelques alternatives évoquées ont fait l’objet des disparités en assertions. Le retrait facile et le faible taux d’intérêt ont été les alternatives justifiant le gros de confiance des sociétaires aux coopecs. La solidarité et le frais de tenue de compte ont été faiblement exprimés par nos sujets.

 

Cette prise de position de nos enquêtés attire notre position au point que la particularité de la coopérative est bien évidemment sur son caractère non lucratif et sa nature promotrice de la solidarité. Mais, le constat fait sur le tableau lié au choix des lieux de dépôt d’épargne a montré que la banque est préférée aux coopecs. D’emblée cela porte des contradictions sans un regard plus approfondi. Celui-ci élucide le fait par le fait que la population a développé une certaine méfiance à la coopec suite aux expériences négatives du passé et voir en actualité pour ne citer que le cas de la MECRECO qui est sous la tutelle de la banque centrale à ce jour suite aux abus financiers.

 

Le fondement justificatif du non respect des principes coopératifs se trouve assis sur deux catégories des sociétaires, d’une part les membres sans responsabilité et d’autre part les gestionnaires.

 

Du côté des membres sans responsabilité, leur part de culpabilité est au niveau du non respect du principe de la participation économique des membres. Il est un devoir pour les membres de cotiser, d’épargner régulièrement et aussi de rembourser le crédit à l’échéance. Mais la réalité des coopecs atteste que le remboursement de crédit pose problème.

 

En ce qui concerne les gestionnaires, la mal gouvernance, l’exploitation des membres sont les principales mauvaises pratiques nuisibles.  Alors que la coopérative est une forme d’organisation particulière qui classe tous les membres au même rang, aux mêmes droits et avantages, la réalité des coopecs du Congo-Kinshasa fait preuve de l’exploitation des membres. Il n’est pas rare d’apprendre les cas des détournements de fonds des membres. A ce jour, la MECRECO est sous la tutelle de la BCC suite aux abus financiers.

 

C’est à ce niveau que, en répondant à la question de savoir l’avenir de la coopérative d’épargne et de crédit en RDC et à Kinshasa en particulier, le gros de nos enquêtés ont soutenu qu’il y a risque. Et allant dans le sens de cette étude, le risque n’est pas loin de la présence quasi-abondante des banques commerciales. Ces derniers bien qu’ayant des conditions liées aux intérêts, mais du fait qu’elles ont plus de sécurité que les Coopec, l’élan de la population va vers elle. Et encore, faut-il ajouter le phénomène de la bancarisation des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat qui peut avoir des influences auprès de la population globale.

 

Dans le même ordre d’idées, outre les banques commerciales, les autres formes d’institutions de micro-finance au rang de FINCA qui ne conditionnent pas l’octroi de crédit à l’épargne peuvent toujours entraîner des pertes des membres aux coopecs.

 

Au centre des risques de la disparition sinon de la  faillite des coopératives d’épargne et de crédit se trouve principalement la persistance des antivaleurs. Le défaut se situe donc au niveau du non respect des principes coopératifs.

 

Bien qu’appartenant ou étant membre des coopecs, certains ont des comptes dans des banques commerciales. Cet aspect des choses atteste que la confiance est partagée entre ces deux formes d’institutions. L’absence des coopecs fiables a été l’une des grandes raisons avancées par les sujets interrogés. La faillite des coopecs depuis la deuxième République a entraîné la méfiance au sein de la population à l’égard de cette forme d’institution.

 

Face aux banques commerciales, les principales critiques leur adressées sont :

-         Le taux élevé d’intérêt dans le remboursement de crédit.

-         Les frais de tenus de compte sont retenus mensuellement et parfois avec des pénalités.

 

De l’analyse des données récoltées dans cette étude, il s’avère que les institutions de micro finances à l’instar de la coopérative d’épargne et de crédit posent problème. Pourtant, sur le plan idéal, les IMF sont une forme d’alternative qui sert efficacement à soustraire les plus démunis de la pauvreté. Les institutions de microfinance, surtout celles qui relèvent de l’esprit de l’économie sociale comme le cas de la coopérative, c’est son caractère exigeant sur la solidarité, le caractère non lucratif car il ne s’agit pas du profit plutôt  du partage pour des finalités sociales.

 

La situation actuelle de la coopérative d’épargne et de crédit comme stratégie de lutte contre la pauvreté, présente des inquiétudes. Cela n’est pas dû à la multiplicité des banques, mais  plutôt aux problèmes liés à l’application des principes de fonctionnement. L’esprit coopératif est épris de la démocratie, de l’honnêteté, de la transparence. Pourtant ces valeurs nourricières de la coopérative sont rares en RDC.

 

La présence des banques même  en grand nombre ne peut remplacer les coopératives d’épargne et de crédit dans la mesure où ces deux formes d’institutions bien que liées par leur nature générale, sont très différentes en finalité. Les banques ont des objectifs de réalisation du profit, leur capital économique étant la propriété des capitalistes, les Coopecs sont la propriété des membres qui mettent leurs fonds ensemble pour résoudre leurs problèmes sans l’esprit de profit.


 

CONCLUSION

 

La présente investigation scientifique qui est arrivée à sa conclusion est intitulée : « Les institutions de la micro finance à l’épreuve du foisonnement des banques commerciales à Kinshasa. Cas de Coopératives d’épargne et de crédit ».

 

Le problème de recherche a pivoté autour de la situation dans laquelle se trouvent les institutions de micro finances dans un environnement qui voit pulluler des banques commerciales surtout à Kinshasa. L’attention a été portée sur l’une des formes des institutions de micro finance dénommée la coopérative d’épargne et de crédit. L’attention fixée à cette forme d’institution a été fondée sur la précarité que présente son fonctionnement au point qu’on ne fait que constater la décroissance de leur nombre, pourtant  une initiative ayant vu le jour depuis la décennie de l’indépendance du Congo.

 

La question majeure de recherche autour de ce problème de recherche a été celle de connaître le sort de la coopérative d’épargne et de crédit entendue comme une alternance de lutte contre la pauvreté, son devenir face au foisonnement des banques commerciales car, les IMF répondent à la carence des banques dans certains milieux.

 

L’hypothèse émise à ce questionnement avait soutenu que la coopérative d’épargne et de crédit courrait le risque de disparition au regard de la nature de son fonctionnement à Kinshasa. 

Les techniques documentaires, l’interview, le questionnaire ont servi d’outils pour produire les données  de l’étude afin d’être analysés sous la dialectique comme méthode de recherche.

 

Après l’usage de cette méthodologie sus-évoquée, la vérification de nos hypothèses a été positive au point que la dimension du fonctionnement des coopecs a été attestée mauvaise.

 

La méfiance autour des coopecs à Kinshasa  s’est cristallisée au point que le gros de la population ne croit plus à cette forme d’initiative. Les détournements, la  mal gouvernance, l’exploitation des membres ayant élu domicile dans le chef des membres des coopecs, la confiance de la population est réduite à l’égard de la coopec pourtant une stratégie qui délivre la population de la pauvreté sous d’autres cieux.

 

Les banques, bien qu’ayant une nature lucrative avec des intérêts capitalistes ne vont qu’absorber la population qui ne peut se passer de l’épargne garantie. Il est évident que certaines banques brillent par des détournements à l’instar de la BIAC qui est en liquidation, mais la fréquence n’est pas aussi forte que celle constatée dans les Coopec à Kinshasa et au Congo en général.

 

Au terme de cette étude, d’autres préoccupations s’ouvrent pour savoir quelles stratégies adoptées pour un nouvel élan de la coopérative d’épargne et de crédit au Congo qui ne fait que sombrer dans la pauvreté. Donc, le recours aux IMF est recommandé, mais à quelle stratégie ? C’est en ce nouveau questionnement que s’accroche la conclusion de cette étude qui se veut une invitation à se déployer davantage vers d’autres problématiques.


 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

I.                  Ouvrages

 

1.     Albert LUTETE MVUEMBA, Les atouts du coopératisme africain. Etude prospective de la contribution du système coopératif à la relance économique de l’Afrique subsaharienne, Bureau d’Etudes stratégiques du corps des Inspecteurs des Finances, 2007.

2.     Andrée Anne TREMBLAY, HADJA SAIDOU KINDO INDATOU, Maria Cecilia Zuluaya, La bonne gouvernance dans les coopératives de solidarité, Maîtrise en gestion du développement des coopératives et des collectivités, Sherbrooke, décembre 2007.

3.     OMASOMBO, J., Monographie à Kinshasa, Musée Royal d’Afrique centrale, sous presse.

4.     PNUD/RDC, Province de Kinshasa. Pauvreté et conditions de vie des ménages, 2009.

 

II. Dictionnaires

 

1. Dictionnaire Encyclopédique, Ed. Larousse, Paris, 2001.

2. Dictionnaire le Larousse, Larousse, Paris, 2001, p.265.

3. INES, Enquête 1-2-3, 2014.

 

III. Articles de revue

 

1.     Karl POLANYI, L’économie encastrée dans le social, Alternatives Economiques, Hors – série, n°73, avril 2007.

2.     LEDGERWOOD et ROBINSON, La Microfinance en RDC, Médias Paul, Kinshasa, 2010.

3.     UMUHIRE, Pierre Germain, Informal Finance and Formal Microfinance – The Rational of their coexistence in the context of urban African Financial Markets, Presses Universitaires de Louvain, 2013.

4.     YOUSSOUFOU Congo, Contraintes et défis de la gestion des systèmes de micro-finances en République Démocratique du Congo, Actes du Séminaire national sur la micro-finance, Kinshasa-RDC, 14 et 15 mars 2017, Centre Protestant d’édition et diffusion.

 

IV. Mémoire

 

1. MANDIANGU, K., Le rôle d’une coopérative de crédit dans le développement communautaire. Cas de la coopérative Mbengu/Katuba Kananga, Mémoire de Licence en Sociologie, UNILU, Lubumbashi, 2008

 

V. Webographie

 

www.htp//.wikipedia.org

 


 

TABLE DES MATIERES

 

EPIGRAPHE. I

DEDICACE. II

AVANT-PROPOS. III

INTRODUCTION.. 1

0.1.     Problématique. 1

0.2.     Hypothèse de recherche. 4

0.3.     Délimitation de l’étude. 5

0.3.1.      Délimitation selon la matière. 5

0.3.2.      Délimitation dans l’espace. 5

0.3.3.      Délimitation dans le temps. 5

0.4.     Choix et intérêt du sujet. 5

0.5.     Méthodologie de l’étude. 6

5.1. Techniques. 6

5.2. Méthode. 7

0.6.     0.6. Subdivision du travail. 8

CHAPITRE I : DES GENERALITES. 9

Section 1. Définition  des concepts. 9

1.1. Concept de Microfinance. 10

1.2. Concept institution de Microfinance. 12

1.3. Coopérative d’épargne et de crédit. 14

1.4. Epargne. 15

Section 2. Présentation du milieu d’étude : la ville de Kinshasa. 16

CHAPITRE II : DONNEES THEORIQUES DE BASE DES BANQUES COMMERCIALES ET DES INSTITUTIONS DE MICRO FINANCE (COOPEC). 22

2. I. De la Banque. 22

2.1.1. Origine du terme. 22

2.1.2. Histoire de la banque. 23

2.1.3. Activités d’une banque. 26

2.1.4. Rôle  de la Banque. 27

2.1.5. Rôle des banques par rapport à ses clients. 28

2.1.6. L’intermédiation bancaire. 28

2.1.7. Typologie. 29

2.1.8. Forme de propriété. 31

2.1.9. Gratuité ou rémunération des services bancaires. 31

II.2. De la coopérative d’épargne et de crédit. 32

II.3. QUELQUES THEORIES DE LA MICROFINANCE ET DES  COOPERATIVES   D’EPARGNE  ET  DE CREDIT  37

CHAPITRE III : PRESENTATION DESCRIPTIVE DES DONNEES D’ENQUETE SUR LA COOPERATIVE D’EPARGNE ET DE CREDIT FACE AU FOISONNEMENT DES BANQUES COMMERCIALES EN RDC  42

Introduction.. 42

3.1. Population d’enquête. 42

3.2. Constitution de l’échantillon.. 42

3.3. Dépouillement des données. 43

3.4. Analyse et interprétation des résultats. 50

CONCLUSION.. 57

BIBLIOGRAPHIE. 59

TABLE DES MATIERES. 61

 

 



[1] YOUSSOUFOU Congo, Contraintes et défis de la gestion des systèmes de micro-finances en République Démocratique du Congo, Actes du Séminaire national sur la micro-finance, Kinshasa-RDC, 14 et 15 mars 2017, Centre Protestant d’édition et diffusion, p.5.

[2] YOUSSOUFOU Congo, Op. cit, p.27.

[3] MANDIANGU, K., Le rôle d’une coopérative de crédit dans le développement communautaire. Cas de la coopérative Mbengu/Katuba Kananga, Mémoire de Licence en Sociologie, UNILU, Lubumbashi, 2008

[4] Dictionnaire Encyclopédique, Ed. Larousse, Paris, 2001, p.147.

[5] LEDGERWOOD et ROBINSON, La Microfinance en RDC, Médias Paul, Kinshasa, 2010, p.56.

[6] PNUD/RDC, Province de Kinshasa. Pauvreté et conditions de vie des ménages, 2009.

[7] PNUD/RDC, Province de Kinshasa. Pauvreté et conditions de vie des ménages, 2009

[8] Dictionnaire le Larousse, Larousse, Paris, 2001, p.265.

[9] Albert LUTETE MVUEMBA, Les atouts du coopératisme africain. Etude prospective de la contribution du système coopératif à la relance économique de l’Afrique subsaharienne, Bureau d’Etudes stratégiques du corps des Inspecteurs des Finances, 2007.

[10] Idem.

[11] Andrée Anne TREMBLAY, HADJA SAIDOU KINDO INDATOU, Maria Cecilia Zuluaya, La bonne gouvernance dans les coopératives de solidarité, Maîtrise en gestion du développement des coopératives et des collectivités, Sherbrooke, décembre 2007.

 

 

[13] OMASOMBO, J., Monographie à Kinshasa, Musée Royal d’Afrique centrale, sous presse.

 

[15] Idem, p.35.

[16] Andrée Anne TREMBLAY, HADJA SAIDOU KINDO INDATOU, Maria Cecilia Zuluaya, La bonne gouvernance, op. cit.

[17] PNUD/RDC, Province de Kinshasa. Pauvreté et conditions de vie des ménages, 2009.

[18] INES, Enquête 1-2-3, 2014.

[19] INES, Enquête 1 – 2 – 3, 2014.

[20] Idem.

[21] INES, Enquête 1-2-3, 2014.

[22] Idem.

[23] Ibidem

[24] Karl POLANYI, ou l’économie encastrée dans le social, Alternatives Economiques, Hors – série, n°73, avril 2007.

 

[25] Karl POLANYI, op. cit.

 

[28] UMUHIRE, Pierre Germain, Informal Finance and Formal Microfinance – The Rational of their coexistence in the context of urban African Financial Markets, Presses Universitaires de Louvain, 2013.

 

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