Bonjour, nous sommes le 18/10/2019 et il est 08 h 22.





REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

UNIVERSITE DE KINSHASA

FACULTE DES LETTRES & SCIENCES HUMAINES

Département des Sciences de l’Information et de la Communication

 

Description : Bois moyen 

 


MANDA KABONGO JUNIOR

 

Mémoire présenté et défendu  en vue  de l’obtention du titre de Licencié en Sciences de l’Information et de la Communication

Option : Communication des organisations

Directeur : Professeur JOSEPH N’KWASABUPELE

 

Année Académique 2017-2018

0.     INTRODUCTION GENERALE

0.1.         PROBLEMATIQUE

De nos jours et de par le monde, les questions sur l'environnement s’avèrent d'une actualité brulante et préoccupante. Dans la ville province de  Kinshasa, disons que l'évolution de l'insalubrité et la dégradation de la nature ont pris des proportions inquiétantes et dangereuses pour la population ; cette situation désastreuse est à la base de la propagation de plusieurs épidémies endémiques  qui  frappent la communauté Kinoise telles le choléra, le paludisme, la fièvre typhoïde, la salmonelle, la dysenterie, la verminose, etc. la ville province  de  Kinshasa  suite  à cette situation chaotique connait un taux très élevé de morbidité de toutes ces maladies ainsi que le taux élevé de mortalité que  cette  mégalopole  n’avait jamais connu… Profondément enraciné, cet état de choses a plongé les gens dans une insensibilité sans précédent et est devenue un épiphénomène. Jadis appelé « Kin la belle », cette appellation  est  loin  d'être  une  réalité  aujourd'hui, car c’est un contraste. « Kin la belle n'est qu'un  lointain  souvenir dans le langage du kinois... », en lieu et place c’est « Kin la poubelle » ; car la ville est polluée  par des montagnes  des immondices  dans tous les coins même en plein centre-ville où se trouvent les sièges des institutions du pays…

De ce fait, nul ne peut ignorer que du nord au sud, de l'est à l'ouest, la capitale Congolaise ressemble à ce jour à une décharge publique, où les collines d'immondices  rivalisent  avec  des  nappes  d'eaux  stagnantes, un véritable gîte des moustiques. Artères et lieux publics, espaces verts, rigoles et caniveaux, rien n'est épargné par ce fléau. Curieusement, tout autour de ces endroits impropres se déroulent  d’intenses activités commerciales, beaucoup plus les petits restaurants appelés «  Malewa, nganda, kuzu  », les débits de boissons, la vente de pains, de beignets, etc. Eu égard à ce qui précède, l'évaluation générale de l'insalubrité à Kinshasa, a conduit les autorités provinciales à souhaiter  un changement de mentalité, pour limiter la montée en vitesse de cette situation, afin de sauvegarder l'homme et son espace vital.

Ainsi, à travers diverses occasions, l'Hôtel de ville ainsi que le Gouvernement central ont tenté de restaurer la salubrité dans la ville province  de Kinshasa avec l’appui de partenaires extérieurs tels que la banque mondiale à travers la BCECO, le PNA un projet financé par la France. Les différents gouverneurs que la ville province a connus  ont tour à tour lancé les opérations et de campagnes de salubrité en vue de rendre la ville très propre.

Ces différents programmes d'assainissement ont mis à contribution des bulldozers pour démolir les étalages des commerçants, des garages de fortune installés sur les voiries publiques. Suite à cette situation, un « Salongo » obligatoire a été décrété chaque week-end de 7 heures à 10 heures, le respect de cette disposition  est en application que dans les marchés publics ; au marché de Liberté par exemple c’est chaque jeudi mais le constant le plus amère est le fait que les policiers passent chaque samedi auprès  des vendeurs  des pains, boutiques, débits de boisson, les ateliers, les garages, etc. recouvrer 200fc par chacun ; cette pratique est une dérive totale dont l’autorité urbaine doit sanctionner les auteurs… Pour les éléments de la police il serait profitable d’avoir les 200fc que d’avoir un environnement sain… Nous avons l’impression que les mesures collectives d'assainissement prises à Kinshasa par l’autorité provinciale ne concernent pas la Police Nationale Congolaise...

Pour  pérenniser la salubrité dans la ville, cette loi a sollicité l'implication effective de toutes les autorités municipales ainsi que celles de la Police. Bien plus, elle a prévu des « sanctions financières à l'égard des contrevenants, allant de 5 à 100 dollars américains pour les maisons d'habitations, de 100 à 1000 dollars américains pour les maisons commerciales et des services et de 1000 à 10.000 dollars américains pour les industries. Et en cas de récidive, l'amande sera portée au double du montant originel »[1], mais signalons que ces sanctions n’ont jamais été appliquées car l’on vit dans une république d’immondices. Nous n’avons plus besoin d’attendre le son du coq chaque matin pour savoir qu’il est déjà matin, car il y a les ramasseurs des poubelles qui passent dans toutes les avenues très tôt matin en criant « buaka matitiiii » et cette opération se fait moyennant une somme d’argent selon la qualité à évacuer… Le  dernier voyage en Inde (Avril 2018) du Gouverneur André Kimbuta Yango, ce  dernier  vient d’informer la communauté Congolaise  pour  le  partenariat  signé  avec la firme indienne pour l’évacuation de décharges publiques ainsi que leur transformation en énergie électrique… Aujourd’hui l’Hôtel de Ville de Kinshasa vient de lancer depuis le 12/04/2018 l’Opération «  Kin propre », l’autorité provinciale sollicite l’implication effective de toute couche de la société…

Passant au comble le bilan de ces approches, tous les esprits s'accordent à première vue qu'en dépit des multiples mesures de renforcement aux opérations d'assainissement et la présence de certaines structures de salubrité, l'état de lieu de l'insalubrité à Kinshasa reste lamentable. Le volume de déchet ne fait qu'augmenter et leur gestion devient de plus en plus complexe.

A en croire cette observation, rien ne semble avoir réussi. Cet échec peut être considéré comme un effet de rejet par la population des contraintes qui pèsent sur elle pour assainir l'environnement. D'où l'essence même du conflit qui s'instaure entre les administrateurs et les administrés autour de la question de la salubrité de la ville de Kinshasa.

Mais il s'avère important de dépasser cette dimension factuelle pour finalement chercher les raisons de la réfraction populaire par rapport aux décrets sur le changement de comportement visant l'assainissement de l'environnement à Kinshasa.

Ainsi, nous osons croire que la ville province de Kinshasa peut être considérée aujourd’hui comme étant une mégalopole de l’insalubrité, où tout le monde ne s’inquiète plus pour son environnement et l’autorité compétente n’est plus à la hauteur de répondre favorablement aux tâches qui lui sont attribuées dans ce secteur. Nous constatons le désintéressement de l’autorité urbaine pour l’évacuation rapide des immondices qui nous entourent et provoquent tant de maladies dans nos milieux, beaucoup plus ce sont les enfants qui sont victimes et meurent de jour en  jour de cette incurie.

Dans cette façon de voir les choses, nous nous sommes intéressé à la campagne médiatique faite par l’Hôtel de ville sur l’insalubrité ainsi que l’apport de l’implication des artistes congolais (musiciens, artistes comédiens, etc.) auprès de la population Kinoise. Notre objectif est d’évaluer la communication environnementale de cette campagne et d’interpeller la conscience collective des habitants de ce coin de la capitale. Car l’insalubrité a des conséquences très néfastes sur la santé des humains en particulier et sur l’environnement en général.

Notre réelle préoccupation tourne autour des questions que voici :

v    Quelle est la place de la  communication environnementale de l’Hôtel de ville en termes de lutte contre l’insalubrité ?

v    Comment les Kinois perçoivent-ils les messages lancés par l’autorité urbaine sur l’insalubrité ?

v    Quel est le comportement à adopter par les Kinoises et Kinois après avoir reçu ces messages ?

 

0.2.         HYPOTHESE

L’hypothèse est définie selon P. RONGERE comme la proposition des réponses aux questions que l’on se pose à propos de l’objet de la recherche formulée en des termes tels que l’observation et l’analyse puissent fournir une réponse[2][3] adéquate.

Ainsi l’hypothèse de recherche sert de fil conducteur au chercheur[4].

D’après Madeleine GRAWITZ, une hypothèse est entendue comme « une proposition de réponse à la question posée. Elle tend à formuler une relation entre les faits significatifs. Même plus ou moins précise, elle aide à sélectionner les faits observés. Ceux –ci rassemblés, elle permet de les interpréter, de leur donner une signification qui, vérifiée, constituera un élément de début de théorie ».[5]

Partant de nos préoccupations, il convient d’élucider que si la communication environnementale faite par l’autorité urbaine, qui est l’Hôtel de Ville de Kinshasa était centrée sur la prise de conscience de tout un chacun, la salubrité publique se présenterait comme étant une source de la bonne santé de la communauté… En outre, si l’autorité urbaine avait consciemment constaté le danger de la présence des décharges publiques à travers la ville province de Kinshasa, la présence de poubelles sur les avenues aurait été vite évacuée, cela aurait aussi suscité une attention très particulière de cette autorité pour interpeller la population de ne pas les  stocker, mais plutôt les évacuer ou brûler pour protéger notre environnement et le garder très propre et sain… Le comportement à faire adopter visé par l’autorité provinciale pour la population Kinoise aurait été dans ces conditions mieux perçu par la population en termes de prendre conscience que l’insalubrité tue l’environnement, et prendre soin de façon à inverser la tendance récalcitrante qui récidive.

Il y a lieu de retenir aussi qu’à ces différentes préoccupations, les réponses ne pourront venir qu’à travers les détails qui seront donnés tout au long de notre travail.

0.3.         ANNONCE DU CADRE THEORIQUE

Le cadre théorique  « sert donc en partie à justifier la « scientificité » d'une recherche et à légitimer celle-ci dans un paradigme reconnu selon le fonctionnement de la science normale ». Il a comme objectif d'insérer une problématique particulière dans un ou plusieurs systèmes d'explications reconnu par la communauté scientifique. Il consiste à cimenter en quelque sorte l'orientation définitive de la recherche.

Dans cette optique pour mieux murir notre réflexion, le présent travail marche sur les traces de la communication pour le changement de comportement (CCC). Nous allons y revenir en long et en large dans la deuxième section du premier chapitre.

0.4.         METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE

L’élaboration de tout travail scientifique exige que l’on recoure à des procédés déjà établis. La méthode, c’est l’ensemble des règles ou des procédés pour atteindre dans les meilleures conditions, un objectif[6].

La méthode est aussi une tentative d’explication, elle est rattachée à une théorie appliquée à la réalité. Enfin, la méthode est liée à un domaine particulier, à la manière de procéder propre à ce domaine[7].

La recherche est une investigation critique et exhaustive  poursuivie  par  un  spécialiste  appelé  chercheur  sur  un  sujet  bien  délimité  aux frontières   du savoir  pour  le vérifier, le corriger  ou le compléter  à la lumière  des principes  fondamentaux. Il sagit  ici dune recherche  scientifique différente  de la recherche  empirique  basée  sur les expériences  pratiques[8].

 

La recherche  scientifique   ne  consiste  pas seulement  à méditer  le réel   déjà  observé : elle  consiste  aussi et  surtout  à  découvrir  le réel  encore  caché, encore  mal  observé  ou encore jamais  observé, en général même   insoupçonné. La  recherche  scientifique  est le seul  instrument  de puissance  dun  peuple  car  la capacité   dinventer  ou de créer  est considérée  comme la force  moderne[9].

Nous retiendrons  que  Pinto  et M. Grawitz, que « la méthode  est lensemble  des opérations  intellectuelles  par lesquelles  une discipline cherche  à atteindre  la réalité  quelle  poursuit  ou  en démontrer  la vérité »[10].

 

Notre démarche est globalement ethnographique[11]c'est-à-dire comme lobservation rigoureuse, par imprégnation lente et continue de groupes humains minuscules avec lesquels le chercheur entretien un rapport  personnel[12].

 

La méthode ethnographique est lensemble des méthodes empiriques, des recettes grâce auxquelles en situation denquête, lethnologue établit entre son terrain et lui, la relation la plus pertinente.

 

Il sagit dun ensemble des techniques denquête (directe ou indirecte) qui dépendent plus largement des terrains et de la personnalité du chercheur.

 

Elle  est  une découverte de terrain. Une exploration plurielle, ancrée dans la diversité, laquelle fonde lexpérience du chercheur.

 

Cette expérience consiste à s’étonner de ce qui est le plus familier et à rendre familier ce qui nous paraissait étranger.

 

Cette expérience qui fonde  la démarche ethnographique est une activité  perceptive, fondée  sur  l’éveil du  regard  et  la surprise que provoque le terrain, cherchant dans une approche délibérément microsociologique, à observer le plus attentivement ce quon y rencontre, les aspects accessoires du comportement, les bruits des champs, etc. Elle suppose limmersion  du  sujet dans le terrain.

 

Autrement dit, nous adoptons une approche qualitative. Celle-ci désigne différentes techniques dinterprétation qui peut servir à décrire ou à traduire des phénomènes sociaux et qui permettent de porter attention à la signification des phénomènes plutôt qu’à leur fréquence[13].

 

Outre ces méthodes, nous utilisons la technique documentaire, des entretiens, dobservations directe et indirecte susceptibles de nous amener  aux  résultats  attendus, et  la webographie pour  certaines  investigations en ligne.

 

0.5.         CHOIX ET INTERET DU SUJET

Le choix porté sur ce sujet se justifie de la manière que la problématique de l’environnement  devient une préoccupation qui touche tous les gouvernements du monde ainsi que nos communautés respectives…

Le niveau qu’a atteint l’immoralité de la population Kinoise sur la salubrité nécessite une interpellation pour éradiquer cette mentalité. Vu la gravité sur le changement et le réchauffement climatiques que l’univers connait aujourd’hui, une forte sensibilisation sur la conservation de la nature parait utile… Cette préoccupation se justifie, également par le besoin de bien comprendre les notions primordiales de la communication environnementale…

0.6.         DELIMITATION DU TRAVAIL

Pour des raisons de commodité, nous délimitons notre travail dans le temps et dans l’espace. Dans l’espace nous avons opté pour notre analyse la République Démocratique du Congo, particulièrement la ville province de Kinshasa.

Dans  le  temps, notre étude concerne l’an 2017 et 2018 jusqu’à nos jours de finition de cette rédaction.

 

0.7.         SUBDIVISION DU TRAVAIL

Outre cette introduction et la conclusion aussi générale, notre travail est subdivisé en trois chapitres :

-      Le premier chapitre sera consacré aux généralités conceptuelles et au cadre théorique.

-      Quant au deuxième, il sera basé sur la présentation de la ville province de Kinshasa et ses atouts communicationnels.

-      Et le troisième chapitre procédera à l’analyse et à l’interprétation de résultats des entretiens sur terrain.

 

 

CHAPITRE I.  APPROCHE CONCEPTUELLE ET THEORIQUE

I.0. Introduction

Il apparait impératif de rappeler que toute œuvre de conceptualisation, le travail scientifique revêt dans son essence, un sémantisme caché. De l'usage courant à l'usage spécifique, le vocabulaire d'un système langagier est souvent porteur d'une multiplicité de sens.

Ainsi, la pluralité de signification d'un même mot peut se présenter comme obstacle à la réussite de la communication.

Restant dans cet angle, notre effort dans le présent chapitre, consiste à esquisser les principaux concepts sur lesquels se fondent notre réflexion afin de casser toute polysémie sémantique.

Dans un premier temps, nous allons passer en revue les vocables de communication, la communication environnementale, l’ethnosociologique,  la campagne, la lutte, l’insalubrité, changement et autres sous-jacent. Puis, nous finirons par un aperçu de la théorie sur laquelle se cimente cette étude notamment, la communication pour le changement de comportement (CCC).

SECTION I. APPROCHE CONCEPTUELLE

Dans une démarche scientifique, qui, au-delà d’être une démonstration de  la  science,  constitue  une  communication  dans  son  aboutissement,  il  est nécessaire et impérieux de donner la lumière sur les concepts ou  les termes clé de notre intitulé et ainsi donner une vision globale sur ce qui est notre travail de recherche. La présente section porte sur l’appréhension du cadre conceptuel de notre étude.

I.1. Notions sur l’Ethnographie[14]

Le Petit Robert la définit comme une étude descriptive de divers groupes humains, de leurs caractères anthropologiques, sociaux, etc. L’ethnographie est avant tout un travail de terrain auprès de groupes sociaux restreints, de communautés ou d’institutions[15].

Retenons que l’ethnographie est aussi une méthode de recherche scientifique qui  permet au chercheur  en communication d’étudier un groupe, ses conduites, ses actions, et de les interpréter en contexte. Exemple, on peut étudier un groupe de prostituées du quartier Mososo à Kingabwa. Elle peut aussi être définie comme un ensemble de pratiques, d’instruments d’enquête communs à plusieurs disciplines telles que la sociologie, l’anthropologie, la psychologie, l’ethnologie, etc.[16].

L’ethnographie est à la fois un art et une discipline scientifique qui consiste d’abord à savoir voir, qui exige un savoir être avec, avec d’autres et avec soi-même quand vous vous retrouvez face à d’autres. C’est un art qui exige de savoir retraduire à l’attention d’un public tiers (tiers par rapport à celui que vous avez étudié) et donc de savoir écrire. Bref, l’ethnographie fait appel à trois compétences : art de voir, art d’être, art d’écrire.

Cette méthode repose sur l’interactionnisme symbolique selon lequel la signification sociale des phénomènes sociaux provient du sens qu’on leur donne au cours de nos interactions. Ce qu’il faut retenir de la méthode ethnographique, c’est qu’elle permet au chercheur de décrire et de comprendre les pratiques sociales de certains groupes d’individus à partir du sens que ces derniers donnent à la réalité.

2. Le terrain et ses exigences

A côté de ces trois verbes, il y a des exigences de terrain. La première est le choix d’un terrain d’enquête qui doit être simple où on a des entrées et sorties faciles. Il est souhaitable de choisir des lieux publics ou semi-publics. Ces lieux doivent être simples, ordinaires (arrêts de bus, ronds-points, des terrasses, des piscines, des restaurants, etc.), des lieux accessibles qui vous permettent de revenir assez souvent et vous mettent à l’aise. Eviter des lieux privés, c’est délicat car on est souvent emballé psychologiquement. Eviter aussi des lieux dangereux. La deuxième exigence est d’ordre temporel, c’est-à-dire, fréquenter le même endroit aux mêmes heures, puis aux heures différentes pour vous permettre à maitriser votre regard car certains phénomènes ne se reproduisent pas de la même manière à toutes les heures. C’est l’exigence de la systématisation. La troisième exigence oblige de faire un mouvement d’aller-retour­ entre la pratique qu’on est en train de vivre et la théorie qu’on lira en parallèle.

Le choix du terrain implique une certaine interconnaissance avec les interlocuteurs. Il permet d’éviter que les gens s’emploient à poser des questions du type «qu’est-ce qu’il fait là?». Cette interconnaissance se ramène à savoir se mettre au niveau avec les autres corps avec lesquels interagir et co-agir et trouver sa place, moyennant des formules d’usage, de routine et d’habitude.

Le journal de terrain et ses fonctions

Comment gérer tout ce qu’on rencontre et qu’on ressent sur terrain? Dès l’arrivée sur terrain, il est demandé au chercheur ethnographe de se munir d’un journal (diary) qui est un instrument essentiel de terrain qui doit être régulièrement tenu. Il est tenu en deux colonnes. La colonne de droite est réservée à tout ce que vous observez et la colonne de gauche pour les relectures successives et les commentaires.

La première fonction du journal est cathartique, c’est-à-dire, la fonction émotive du journal. Le journal est privé : vous seul avez le droit de lire. Le journal est le lieu du corps-à-corps avec vous, face au monde social étudié.

La deuxième fonction du journal est empirique: on note tout ce qui a capté l’attention lors des séances de l’observation.

La troisième fonction est réflexive et analytique: c’est le moment de vous relire régulièrement et de vous annoter dans la colonne de gauche.

Les outils de l’observation ne sont pas d’abord le dictaphone, ni la caméra mais c’est l’observation à l’œil nu, les notes prises sur le terrain et les réécritures dans le journal.

1.     Choisir un thème

Le choix du thème de l’enquête est un moment déterminant qui conditionne tout le travail ultérieur. C’est un choix, parfois délicat et difficile. L’enquête de terrain est étroitement circonscrite, spécifique et n’a pas vocation à fournir des résultats généraux. L’enquête suppose la mise en œuvre d’un certain nombre de qualités personnelles, celles dont on a besoin dans toute relation sociale : la capacité à entrer en relation avec des personnes inconnues, capacité à gagner la confiance des enquêtés, etc. Mais il faut aussi de la prudence, la circonspection, la capacité à écouter, à rester en retrait, à ne pas juger.

Faut-il d’abord choisir un sujet, puis le lieu d’enquête ou il faut commencer par choir d’abord le lieu, puis le sujet? Peu importe la démarche à suivre, mais l’impératif est de s’assurer que votre sujet de recherche puisse être abordé dans le cadre d’une enquête de terrain.

Eviter de choisir des thèmes trop larges. Une enquête de terrain est limitée, circonscrite dans le temps et dans l’espace. Le thème choisi doit obéir à deux règles, à savoir: d’une part être réalisable en pratique et d’autre part capable d’en construire une problématique.

Tout ne doit pas faire l’objet d’une enquête de terrain ou l’enquête ethnographique n’est pas forcément le meilleur outil pour tout aborder. Il est souhaitable, à titre de conseil en cette matière, de travailler sur un thème qui vous intéresse, qui vous questionne. Ensuite, votre thème doit faire objet d’un travail de terrain, réalisable dans le temps impartie, c’est pourquoi il faut le choix de petits objets d’enquête ou la traduction d’une question générale en question d’enquête.

L’ethnographie recourt à deux techniques importantes, à savoir l’observation et les entretiens en profondeur.

I.2. Notions sur la Communication[17]

Au sujet du terme «communication», il existe des centaines de définitions relevant chacune une partie de la complexité du phénomène et des préoccupations des théoriciens et chercheurs qui s’y rapportent.

Mais face à cette complexité radicale du phénomène de la communication, il convient de prendre connaissance de variables importantes, des différentes forces et des différents qui orientent par leurs interactions réciproques, les comportements de communication dans différentes situations, ce sont ces éléments qui tentent d’établir les chercheurs pour prendre compte de ce phénomène dans sa complexité.

D’abord étymologiquement, le terme « communication» signifie l’idée de la relation avec l’autre (communication avec).

Quant à J.M DECAUDIN: « la communication, d’origine latine, le terme est apparu il y a six siècle et revête aujourd’hui de nombreuses signification cadrées », alors, la communication est avant tout l’action de communiquer quelque chose à quelqu’un, la chose que l’on communique est l’ensemble d’informations communiquées, le fait de communiquer et d’établir une relation avec »[18].

Pour P. WATZLAWICK: « le terme communication rencontre l’ensemble des dimensions de notre monde réel résultant du fait que des « entités » en général (...) entrent en relation les unes avec les autres et se mettent à agir les unes avec les autres.[19]

Jean Chrétien EKAMBO dit que dans un premier temps communiquer renvoie à « s’associer » et dans un second temps « participer à ».

Ainsi entre l’association et la participation s’exerce de passage d’un simple état à une véritable action.[20]

Charles COLLEY, sociologue américain réfléchit de la sorte à savoir que : «  la communication est à percevoir comme le mécanisme par les relations humaines existent et se développent. Outre, elle inclut tous symboles de l’esprit et les moyens à travers l’espace et de les maintenir dans le temps ».[21]

Pour Bernard LAMIZET : « La communication, c’est l’ensemble  des activités des procédures et des structures par lesquelles les hommes engagent des mots, des signes, des représentations ».[22]

Outre, la dimension d’un phénomène d’échange et de partage de messages et de significations, il est d’une grande importance d’ajouter avec Jean LOHISSE, que la communication : «est un moteur, matrice, support des situations et un partage de messages et de signification ».[23]

Mais bien avant WILLET.G note que : «la communication est l’abord un phénomène de création de réalités et de transformation en quelque chose d’autre, les idées et les connaissances dont chaque être humain dispose. Cette transformation est à l’origine tant des découvertes et des inventions de l’être humain que du recadrage de ses perceptions, de ses conceptions, de sa compréhension, de sa définition et de son explication de ce est et de ce qui se fait, et même de ses changements de comportement ».[24]

En raison de toutes ces panoplies de définitions, nous dirons de notre part que la communication est le processus qui sous-tend la transmission des idées, des pensées, des messages, des révélations, action d’inclure un individu ou un groupe à des objectives, en d’autres termes la communication est un support à passer le message en vue de la modification de comportement et attitudes des êtres humains vivant dans la société.

I.2.1. But de la communication

La communication est émise au moins par l’existence de deux acteurs (groupes : un émetteur et un récepteur). Mais il importe que l’information circule dans les deux sens.

Ce qui rapproche l’idée d’Edgard MOREN, selon laquelle: « la communication a pour but : d’informer, de connaitre et se connaitre éventuellement, expliquer et s’expliquer, comprendre et de comprendre, de mettre en place un véritable échange ».[25]

I.2.2. Objectif de la communication

La communication poursuit deux types d’objectifs :

-     L’objectif primaire qui consiste à modifier l’état de destinataire soit d’ailleurs l’état cognitif (le savoir), soit l’état affectif, soit les dispositions à l’action et l’action elle-même. On met les actes d’enseignement aussi bien que de persuasion sont ici en cause ;

-     L’objectif secondaire qui consiste dans le rapport avec son destinataire ou en absence d’un destinataire actuels, à user des instruments de communication (codes, langage de façon dite consommatoire, expressive ou alloplastique. II s’agit d’une auto-emprise qui s’exerce indépendamment de toute considération d’effet sur autrui.

I.2.3. Facteurs de la communication

Les facteurs de la communication peuvent se résumer dans le :

·        Message : le contenu de la communication, composé des mots, gestes, des signes assez tangibles;

·        Le code : les processus par lequel on transforme les idées en symbole, images, sans langage en usage de l’acte de communication;

·        Le canal : les moyens et canaux par lesquels le message est véhicule de l’émetteur ou récepteur ;

·        Le contexte : l’ensemble des circonstances qui font que l’émetteur envoi son message ou l’ensemble des situations qui aident le message à être bien décodé ou perçu.[26]

I.2.4. Formes de communication

II existe deux formes de communication à savoir : la Communication verbale et la communication non verbale.

a. La communication verbale

L’aspect renvoi au contenu ou message, c’est le discours, elle implique une sorte d’interprétation synthétique, des significations construites au niveau verbal (timbre, vocal, voix, particularité phonique, intonations, accentuations, etc. ici l’élément majeur est le langage, il est alors possible de s’entretenir (d’aborder un entretien) ; de poser des questions, de raconter des histoires (témoignages, expériences), avoir des conservations, de créer un monde imaginaire.

C’est ainsi que les linguistes se sont surtout intéressés à la nature du langage, à sa logique interne, à sa structure, à son fonctionnement.

b. La communication non verbale

En fait la communication entre individu ne se limite pas forcément à des échanges de nature verbale, même dans le cadre de la communication  la  signification peut être infléchie par des éléments de nature paralinguistique tels que les intonations, les mimiques, les gestes.

Jean François DORTIER souligne que : «la communication non verbale correspond d’abord à l’expression du visage et aux postures du corps que l’on adopte. Les gestes de la main, les postures du corps, le ton de la voix, les expressions du visage, sont révélateurs du degré d’intimité avec l’interlocuteur, l’intérêt que l’on porte au sujet de la conversation, de la volonté de poursuivre ou non l’échange. II ajoute que souvent la communication non verbale est en correspondance avec le message que l’on veut faire passer, mais parfois elle traduit celui qui parle »[27]

I.2.5. Types de communication

II existe plusieurs types de communications, mais nous retiendrons quelques-unes, à savoir :

I.2.5.1. Communication interpersonnelle

S’impose dans la situation de face à face grâce à la médiation de la parole entre les partenaires communicants. La communication interpersonnelle s’établit également lorsque chacun de nous communique avec autrui en adressant un message à son interlocuteur par la vue, le toucher, le goût et l’odorat.

I.2.5.2. Communication intergroupe (de groupe)

Est celle qui prend acte dans un cadre de l’intervention publique. Cette forme de communication est adoptée à des mécanismes habituels de la diffusion de messages à l’intérieure d’un groupe social partiel ou total. La diffusion à utiliser dépendra de la taille de l’auditoire et de la voix. L’articulation doit être plus soutenue, le vocabulaire adopté à l’auditoire et au message de livre.

I.2.5.3. Communication par les médias (de masse)

C’est un processus d’exposition qui consiste à disposer des connaissances, des idées, des informations, des attitudes à un public nombreux et diversifié par l’entremise d’un support de diffusion (radio, télévision, publicité).[28]

I.2.5.4. Communication d’entreprise

L’expression « communication » n’a pas toujours une signification précise, pour les uns la communication d’entreprise signifie « communication institutionnelle », pour les autres «communications hors média », communication globale, etc.

Pour Philippe MOREL, le terme communication d’entreprise est un terme piège si l’on compte le sens littéral du mot, on est en droit de penser qu’il convient à la totalité de communication mise en œuvre par une entreprise, qu’elle soit interne ou externe, médias ou hors média : l’auteur affirme qu’il s’agit bien de l’organisation donnée à sa communication d’entreprise, mais plusieurs en une seule communication d’entreprise.[29]

La communication d’entreprise peut être comprise comme un processus qui vise un partage de la réalité des sentiments des valeurs entre les différents publics de l’entreprise.

Nous avons les fournisseurs, les actionnaires, les banquiers, les prescripteurs, les distributeurs, et les clients sans oublier le personnel.

La communication d’entreprise renferme «Toutes les actions de communication engagées par l’entreprise pour faire connaitre ses missions et suscite l’adhésion du peuple à son projet. Ceci suppose  une politique, un plan de communication doit être mis en  place  de  manière  à  être  efficace  et  permanent.

Le terme communication d’entreprise tel qu’il est utilisé aujourd’hui recouvre indifféremment la communication, interpersonnelle, le marketing, la communication institutionnelle ou encore l’information.

-      Types de communication d’entreprise

Selon les théories de la communication d’entreprise il existe plusieurs types de communication dont une entreprise ou organisation fait usage parmi lesquelles nous pouvons citer.

-      Communication de crise

La communication de crise est celle qui permet à une entreprise se trouvant dans un contexte difficile, voire dangereux de faire face à un environnement hostile, de se défendre, de rétablir son image positive. Elle nécessite la création d’une cellule de crise.

En d’autres termes la communication de crise est un processus par lequel une entreprise recrée, redore, façonne, son image afin de garantir sa notoriété.

-      Communication globale

La communication globale vise à la fois les objectifs de communication institutionnelle et de la communication publicitaire ou commerciale. Elle englobe l’ensemble de l’activité de l’entreprise à travers un processus de l’interaction.

1.2.5.6. Notions la communication environnementale[30]

La communication environnementale est l’un des instruments de la politique environnementale d’une entreprise, d’une organisation, etc. Son rôle consiste à conforter et valoriser les choix de cette politique. Elle suit et accompagne en permanence les progrès environnementaux ou les difficultés de l’entreprise dans ce domaine. Cette communication doit s’appuyer sur du concret, du factuel observable.  Elle n’est donc possible qu’une fois la politique et les actions environnementales décidées et instaurées. Il faut déjà avoir lancé ses actions avant de vouloir améliorer et valoriser son « image environnementale ».  

 

Le choix de s’engager dans ce domaine et de communiquer repose souvent au départ sur la volonté personnelle du responsable de l’entreprise. Il existe en fait plusieurs raisons pour qu’une entreprise s’engage dans l’environnement :  

-         l’environnement est un sujet « sociétal » qui concerne toutes les organisations, quelle que soit son activité, toute structure a un impact sur l’environnement. Elle doit donc avoir un « réflexe environnement » et communiquer sur le sujet.  

Une communication environnementale de qualité s’appuiera sur la transparence et la clarté dans la forme et le contenu du message. L’entreprise devra également faire preuve d’une réelle volonté d’informer  avec simplicité de ses progrès, résultats ou/et projets environnementaux, de manière à faire comprendre ses choix.  Elle devra également donner confiance. Le public réagit fortement à l’actualité environnementale. Il est donc nécessaire de gagner sa confiance car, faute de formation suffisante, le grand public aura tendance à interpréter les sujets traités.  

Il faut déjà prendre en compte les 4 éléments suivants :  

 Tous les sujets doivent être maîtrisés au mieux, avant de faire l’objet d’une communication  l’ensemble des publics à l’intérieur ou à l’extérieur de l’entreprise, a besoin d’un minimum d’information communiquer régulièrement sur l’environnement peut éviter les crises ou les rumeurs.  Identifier préalablement les publics visés, l’objectif recherché et la nature des messages à diffuser 

En effet, la communication environnementale doit être adaptée à sa cible et répondre à ses attentes et ses besoins.

Les moyens de communication[31]

La communication environnementale se sert des médias traditionnels de la communication : presse écrite, radio, TV, relations publiques, les multimédias, visites de site, expositions, information locale distribuée dans les boîtes aux lettres, de descentes sur terrain, l’organisation des activités socioculturelles susceptibles d’accrocher l’attention du public cible dans le principal de lui faire adhérer dans la vision de ce que l’on souhaite à atteindre. 

Elle utilise également des outils spécifiques, tels que : 

-         le rapport ou bilan environnement ;

-         et toute autre forme de supports (charte, information ponctuelle sur une action ou un produit, exposition ...).   

Tous ces moyens sont autant de points d’appui pour sa communication ; ainsi on ne délivrera pas les mêmes messages à une association locale de protection de l’environnement qu’à une association nationale de même nature.

De ce fait, s’il faut parler de l’environnement, nous dirons que c’est une notion qui décrit le milieu dans lequel un organisme fonctionne, incluant l’air, l’eau, la terre, les ressources naturelles, la flore, la faune, les êtres humains et leurs interrelations.  Il comprend une connotation sociologie qui n’est pas contestataire comme la notion d’écologie. L’environnement subit un impact, ce dernier désigne toute modification de l’environnement, négative ou bénéfique, résultant totalement ou partiellement des activités, produits ou services d’un organisme.

1.3. Notions sur la Campagne

Une campagne de sensibilisation est une communication de masse en vue de diffuser largement des informations pour une cause si noble[32]. Dans le cadre de notre étude, il est estimable de penser que l’insalubrité est à la base de plusieurs épidémies mortelles qui tuent des milliers de personnes. Une  forte sensibilisation est  nécessaire  pour  éveiller  la  conscience de la population d’ adopter un nouveau comportement. La communication est indispensable pour juguler cette guerre froide contre l’humanité.

Cette sensibilisation recourt à des moyens tels que :

-         La télévision ;

-         La radio ;

-         Le cinéma ;

-         L’affichage ;

-         La presse écrite ;

-         L’internet, le marketing  de  porte  à  porte,  recours aux différents groupes (structures),

-         Organisation des activités culturelles,

-         Meeting populaire, etc.

De ce point, nous pouvons par la présente étude signifier que la communication  est  un levier de développement, elle permet l’épanouissement et la participation de façon active au sein de la communauté  permettant ainsi une meilleure qualité de travail par le renforcement du sentiment de fierté et d’appartenance au groupe.

Elle suscite réactions et initiatives en même temps, la communication est un langage, elle est le message de la banque à elle-même, source de culture et cohésion.

Une campagne de sensibilisation, c’est un processus d’exposition qui consiste à disposer des connaissances, des idées, des informations, des attitudes à un public nombreux et diversifié par l’entremise d’un support de diffusion ( radio, télévision, publicité) ou encore d’un dispositif  hors-média à l’instar de l’utilisation d’une force de ventre dans le cadre commercial, déploiement sur terrain des agents communautaires ayant reçu une formation adéquate qui leur permettra de transmettre objectivement l’information sur une situation quelconque…

Ainsi, nous pouvons affirmer que le marketing social vise à promouvoir une cause sans but lucratif. Il vise à sensibiliser l’opinion sur une situation donnée en vue de prévenir soit une épidémie, etc.

 

1.4. Notions sur la salubrité[33]

a) Salubrité

Caractère de ce qui est sain pour la santé.

Selon l'OMS cité par Kifuani, la salubrité est un état de l'habitat dont les services ci-après sont assurés avec efficacité :

·        Évacuation régulière des déchets ménagers, des immondices, des excrétas, des eaux usées ;

·        Traitements réguliers des affluents des eaux usées et de divers déchets, y compris les déchets radioactifs.

Désinsectisation et dératisation de tous les vecteurs de maladies et des agents de nuisance notamment les moustiques, les rats, les mollusques, les mouches, les glossines, les simulies, les cafards, etc....

b) Salubrité publique

Contrôle de l'hygiène d'un milieu de manière à éradiquer toute forme de maladies.

SECTION II. APPROCHE THEORIQUE 

La présente section est essentiellement consacrée sur notre cadre théorique auquel notre analyse  est inscrite. Il s’agit bel et bien de la théorie de la communication pour le changement de comportement.

La résurgence de certains comportements problématiques en R. D. Congo, pose aujourd'hui le problème de la maîtrise des enjeux de changement de comportement dans sa globalité. Il est à noter de ce fait que, la plupart des programmes de sensibilisation, conçus pour aider les gens à modifier un comportement quelconque, opèrent  selon  un paradigme d'action qui traite la question  de changement de comportement de façon isolée en se limitant au besoin d'information  et  aux actions visant un changement immédiat. Ainsi, tout porte à croire que pour initier un nouveau comportement, il suffit de produire des émissions radio et télédiffusées, des spots publicitaires et affiches afin de venir à bout du comportement déviant.

Par ailleurs, les récentes études dans le domaine de changement de comportement ont démontré les limites de cette démarche traditionnelle, qui met en avant plan des comportements prêts à adopter et ont ouvert une nouvelle piste de réflexion reposant, sur ce qui peut se présenter comme obstacle au changement de comportement tant au niveau individuel que collectif. Cet effort de chercher à saisir le changement de comportement à travers ses enjeux est comprimé dans l'approche dite de la « communication pour le changement de comportement » ou CCC en sigle.

Il sied de souligner à ce propos que jusque-là, la CCC n'a pas encore donné lieu à une littérature abondante en format ouvrage. L'absence d'une documentation essentielle en cette matière, nous a conditionné à nous contenter des informations en ligne exploitées par certaines structures non gouvernementales pour le développement. La CCC est « un processus interactif et participatif, à double voie, permettant d'échanger des informations, des idées, des connaissances, des opinions et des décisions, en vue de favoriser dans une communauté donnée ou chez certains individus, des changements durables de comportement ou l'adoption de comportements nouveaux concourant à l'amélioration des conditions de vie de cette communauté ou de ces individus ». Elle peut aussi être appréhendée comme « un ensemble de procédés interactifs d'échanges d'idées et d'informations avec un individu ou un public cible en vue de lui permettre de prendre conscience de ses propres problèmes ou besoins prioritaires et d'être acteurs de la résolution de ces problèmes ou besoin ».

La CCC vise ainsi à amener des individus, des groupes ou une population à adopter, à maintenir ou à changer volontairement une attitude et un comportement en vue de l'amélioration de la qualité de leur vie au plan individuel ou collectif.

a)    Passage de l'Information Education et Communication (IEC) à la CCC[34]

Ce concept a vu le jour ces dernières décennies où les acteurs de développement ont senti la nécessité d'assurer une plus grande participation des communautés. « Reposant à l'origine sur les programmes d'IEC, la CCC a succédé à celle-ci en 1980 pour s'inscrire dans une approche plus globale, visant à agir sur les déterminants des changements des comportements »[35].

En tant qu'une « approche globale et intégrée, la CCC va au-delà de la simple transmission de messages, de connaissances et d'informations ».

Avec la CCC, il s'agit désormais de :

-         Faire une bonne analyse de la situation pour identifier avec les populations ainsi que les facteurs qui favorisent un changement de comportement ;

-         Pousser et inciter les populations cibles à l'acquisition de nouveaux comportements ;

-         Impliquer les populations dans tout le processus de changement de comportement.

Elle a évolué de façon à promouvoir des messages mieux ciblés, favoriser le dialogue et l'appropriation commune du processus.

b) Composantes de la CCC

Ø Cible : la CCC a comme public cible l'individu, les communautés, les réseaux et les leaders, la société.

Ø  Educateur : dans son intervention, l'agent de la CCC joue le rôle de facilitateur non pas celui de maître,

Ø Objectif : l'objectif principal de la CCC est de changer le comportement,

Ø Acception : dans son acception du changement, la CCC estime que les comportements sont influencés par les facteurs socioculturels, d'environnement et des normes sociales.

Ø Canaux de communication : pour atteindre son objectif, la CCC véhicule sa communication à travers les réseaux sociaux, la communauté, le mass média et les canaux de proximité (les médias traditionnels),

Ø Technique de communication : la communication de la CCC se passe entre A et B. A et B sont des partenaires, donc égaux.

Ø Relation entre source d'information et receveur : en CCC, l'émetteur et le récepteur sont des partenaires qui dialoguent.

c) Rôle de la CCC

Le rôle que tend jouer la CCC dans le processus de changement de comportement est multiple, aussi à plusieurs niveaux :

1.  Au niveau des individus, la CCC permet de :

-         Susciter l'implication personnelle,

-         Accroître ou améliorer les connaissances sur les solutions aux problèmes à résoudre,

-         Obtenir une attitude favorable face à une pratique, une idée,

-         Combattre les rumeurs,

-         Changer, renforcer les pratiques et les comportements conformes aux solutions identifiées,

-         Maintenir le bon comportement,

-         Rendre l'individu maître de ses décisions,

-         Encourager à informer, à persuader et à motiver d'autres individus.

2. Au niveau de la communauté ou du groupe, la CCC permet de :

-         Impliquer la communauté dans le processus d'adoption des comportements désirables,

-         Obtenir son soutien en faveur de ceux qui adoptent les comportements désirables,

-         Obtenir un changement collectif,

-         Rendre la communauté ou le groupe maître de son propre développement.

3. Au niveau de la société globale, la CCC permet de :

-         Accroître la prise de conscience du public sur les problèmes et les solutions de la relation population et développement,

-         Sensibiliser les différentes composantes de la société sur les politiques et les problèmes de population,

-         Changer les valeurs, les habitudes et pratiques sociales dans le sens de l'intérêt collectif,

-         Contribuer à obtenir un appui politique de haut niveau en faveur du programme.

A. Approches utilisées par la CCC

La CCC combine un ensemble d'interventions comportant la communication interpersonnelle, le mass média, les approches de participation communautaire qui tiennent compte des valeurs, du contexte et des relations existantes entre les membres d'une communauté.

B. Domaines d'intervention de la CCC

La CCC sert d'outil ou de stratégie de développement humain dans les domaines suivants :

-         Promotion sur la protection et la conservation de la nature,

-         Violences faites sur la femme,

-         Santé (sida, toxicomanie...),

-         Planning familial,

-         Environnement,

-         Education sur la nouvelle citoyenneté,

-         La promotion de la paix, de la démocratie, etc.

 

Conclusion

Plaçant chaque mot à sa juste valeur, le tour d'horizon des principaux concepts  de ce premier chapitre a ambitionné poser l'armature d'analyse de notre  problématique.  De  quoi  à comment, la description de la nomenclature de cette étude donne ici une vision nette de ce que c'est le changement.

Ce parcours révèle que passer d'une étape à une autre ou changer c'est apporter  un  discours constructif durant lequel chaque interlocuteur est considéré en tant que tel. C'est aussi une démarche en douceur car, penser autrement le changement c'est semer le vent dont la résultante est la tempête.

 

CHAPITRE II. PRESENTATION DE LA VILLE PROVINCE DE KINSHASA ET DE LA  COMMUNE DE MATETE

II.0. Introduction

Ce chapitre  essentiellement  consacré à une brève présentation de la commune de Matete et la Raskin notre champ d’investigations  dans le premier point. Quat au deuxième point, il  sera essentiellement consacré à un impérieux  regard de la problématique du cadre pratique de la communication environnementale de l’Hôtel de ville de Kinshasa par Raskin (l’organe chargé pour l’assainissement de la ville)  faite dans ladite commune pour lutter contre les montagnes d’immondices.

II.1. BREVE PRESENTATION DE LA COMMUNE DE MATETE

II.1.1. Historique de la Commune de Matete[36]

Le  Mot  Matete tire son Origine  du Nom  delà rivière Matete qui prend sa source vers le Mont Amba  la Commune de Matete était au départ une zone annexe en 1953 et elle était dirigée par le chef Coutumier  de la famille Mala (Humbu)[37].

Matete fut dirigé en centre extra coutumier au cours de l’année 1954 par l’arrête N°211/611 du 27 décembre 1954 du gouverneur de province  de Léopold ville avec statut de territoire suburbain de la ville de Léopold ville

En 1955 par la décision N°210bis/1955 du 1 /8/1955 le territoire surburbain de Matete est sous la tutelle provisoire du commissaire du district du Moyen Orient Congo sous l’autorité directe du représentant de l’autorité coloniale.

Le Commissaire de district du Moyen Congo par la décision N°269/001/CCD du 26 Décembre 1995 Nomme Monsieur NTETE JOSEPH Chef de centre extra coutumier de Matete devenu ensuite territoire suburbain de Matete.

En 1956 par l’arrêté N°338 du 28 Mai 1956 Matete devient Centre extra coutumier de 6000 logement construit par les entreprise PIERRE WIGNY par les décrets du 26 Mars 1957 et du 13octobre 1957 Matete devient alors une Urbaine.

Il est à noter que le Bâtiments administratif de la commune fut inauguré le 17 Novembre 1957 et le 02 fevrier1959 Monsieur MBUNGU JEAN est Elu bourgmestre  de l’entité. Cette commune est actuellement par les décrets loi N98/081 du 2juillet 1998 partant l’organisation territoire et Administrative de la République Démocratique du Congo entant  qu’antinte Administrative décentralisée dotée delà  personnalité juridique présentement le bourgmestre de la commune de Matete répond au nom de Monsieur GAIBENE THIERRY BAYLLON  nomme par le décret N°057/2008 du 24 septembre 2008 il est seconde par Monsieur KASONGO ONYA RAPHAEL comme Bourgmestre Adjoint.

II.1.2. Situation Géographique

En vertu de l’article N°68/024 au 20janvier 1964 la commune de Matete a une superficie de  4,80km est bornée

Au Nord par la rivière de Matete qui la sépare de la commune de Lemba et limete la rivière Matete se jette dans la rivière Ndjili à une distance d’environ 1Km en aval du point de captage d’eau de la Regideso Ndjili. Au sud par la Commune  de  Kisenso. 

A l’Est par la rivière Ndjii qui la sépare de la Commune de Ndjili. A l’Ouest par la rivière de Matete qui la sépare de la commune de Lemba.

 

II.1.3. Organigramme de la commune de Matete

 

II.2. BREVE PRESENTATION DE RASKIN

La Régie d’Assainissement et des Travaux Publics de Kinshasa en sigle, RATPK a été créée par l’arrêté du Gouverneur de la ville de Kinshasa n°SC/0178/BGV/MINPR/COJU/PLS du 07/08/2008.

Elle est née de l’ancienne Coordination Urbaine de la Salubrité Publique pour la Ville de Kinshasa. C’est un service technique de la Ville de Kinshasa jouissant d’une autonomie de gestion administrative et financière dénommée «  Régie d’Assainissement et des Travaux Publics de Kinshasa » en sigle RATPK.

Par arrêté n° SC/264/BVG/MIN/EEG/NL/2017 du 30 Octobre 2017, la RATPK  est  désormais dénommée Régie d’Assainissement de Kinshasa, en sigle RASKIN.

II.2. Missions

v Gêner et coordonner toutes les activités liées à l’assainissement et à la protection de l’environnement ;

v Suivre, évaluer, contrôler et certifier les travaux exécutés par les partenaires ;

v Proposer et concevoir les études et des mesures relatives à la politique urbaine en matière d’assainissement et la protection de l’environnement ;

v Exécuter toute autre mission lui confié par le gouvernement provincial dans les limites de ses compétences.

II.3. Situation géographique   

Le siège de la RATPK est situé sur l’avenue Kalembe-Lembe au n°216, Quartier 30 Juin dans la commune de Lingwala. Dans l’enceinte de l’Ancienne Maison Communale de Lingwala.

II.3.1. Organisation et fonctionnement

La RASKIN est dirigée par un Comité de Gestion composé :

-         Directeur Général ;

-         Directeur Général Adjoint ;

-         Directeur Technique ;

-         Directeur du Contrôle Interne ;

-         Directeur de Planification ;

-         Directeur des opérations de la Gombe.

Organigramme de la Régie d’Assainissement de Kinshasa (Raskin)

 

II.2. LA PROBLEMATIQUE  DE LA COMMUNICATION ENVIRONNEMENTALE A KINSHASA/MATETE

L'environnement est de nos jours un sujet omniprésent. Tout le monde : entreprises, hommes politiques, organisations internationales communiquent énormément sur le développement durable. En effet il y a eu une réelle prise de conscience environnementale, relayée par un écho médiatique puissant. Déforestation, réchauffement climatique, montée des eaux, fonte des glaciers, pollution... ce sont tous des sujets qui semblent préoccuper l'opinion publique. L'environnement a ainsi tenu une place considérable lors des débats pour l'élection présidentielle à travers le monde.

Depuis le sommet de la terre de Rio de 1992 et la montée du développement durable, toute la société doit prendre en compte cette nouvelle problématique, autour des trois piliers : une économie viable, une société équitable, un environnement vivable. La protection de l'environnement, étant intégrée dans cette question globale de développement durable, bénéficie d'une mobilisation plus grande. En effet, l'environnement devient un sujet omniprésent à travers les débats politiques, les films, les livres, les positionnements idéologiques de personnalités célèbres, les sommets internationaux, les formations universitaires... Tous les acteurs ont une part de responsabilité. On oppose souvent l'État, les entreprises et la société civile. Celle-ci est un ensemble de groupes ou d'organisations qui s'organisent en dehors du cadre étatique et commercial. Elle regroupe les citoyens, les organisations syndicales, les ONG, la communauté scientifique...

Les entreprises sous la pression, se doivent de conjuguer les performances économiques, environnementales et sociales. Les politiques doivent agir à toutes les échelles : internationale, nationale, locale. Les collectivités territoriales ont elles aussi des capacités d'agir à prendre en compte, c'est elles qui sont au plus proche des citoyens.

Chaque collectivité l'adapte pour appliquer des recommandations dans divers domaines. Mais en réalité la coopération est nécessaire face aux défis que posent l'enjeu environnemental. Changer de mode de production, changer de mode de vie, changer de gouvernance mondiale, c'est changer nos habitudes, nos mentalités. Et cela dans tous les domaines, dans toutes les actions quotidiennes, dans le logement, les transports, l'alimentation... Ces problématiques ont une dimension planétaire. Les progrès dépendent de la capacité de nos sociétés à mobiliser toutes les parties prenantes qui sont donc interdépendantes les unes aux autres. L'échange d'expériences, la diffusion de bonnes pratiques sont utiles.

Les ONG sont ainsi entrées dans le champ politique en participant à des conférences internationales et nationales. Elles sont des interlocuteurs réguliers des organisations internationales. Traditionnellement leurs relations avec le pouvoir institutionnel étaient plutôt tendues. Elles dénonçaient l'incapacité des gouvernements à agir, mais en réalité elles ont compris que le changement se faisait avec eux, en les incitant à créer de nouvelles régulations, et en vérifiant leur respect. Jusque-là les politiques environnementales ont plutôt échoué, elles étaient complexes donc mal comprises, elles n'étaient pas vraiment appliquées faute de sanctions et de contrôle... Les gouvernements ont eux aussi intérêt à intégrer les ONG dans les négociations pour asseoir la légitimité des décisions prises, et éviter la contestation.

Les problèmes environnementaux sont un défi planétaire qui nécessite une régulation mondiale. Ils peuvent être complexes à comprendre car constitués d'éléments scientifiques. Les citoyens peuvent se sentir impuissants face à ce défi. Cependant ces derniers doivent comprendre que cela ne doit pas les empêcher d'agir eux-mêmes à leur propre niveau, même si cela peut leur paraître inefficace.

Nous avons pu le voir, beaucoup d'acteurs communiquent sur l'environnement. C'est un sujet particulier. La sauvegarde de l'environnement est vue comme un bien collectif, comme un intérêt général. La communication des ONG environnementales est complexe en raison de son objet, spécifique en raison des particularités d'une ONG. Elle est également plurielle, en effet il n'existe pas un modèle unique de communication, les cibles et les moyens utilisés diffèrent.

Il suffit également de voir le nombre de films, de livres qui sortent sur le sujet avec un écho non négligeable. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont eu un rôle à jouer dans cette montée en puissance.

Disons qu’au cours de ces  dernières décennies, la planète a connu beaucoup de situations naturelles ou causées par l’homme. Celles-ci ont provoqué des bouleversements sociaux et politiques et traumatisés d’importantes populations. L'insuffisance d'hygiène et d'assainissement constitue un problème de santé publique dans les pays en voie de développement. Beaucoup de populations se rendent compte qu'une défaillance en matière d'hygiène et d'assainissement est une source de nombreuses maladies  mais  elles ne comprennent pas le mode de transmission.

En effet, le problème de la santé peut être influencé par plusieurs facteurs  à travers le monde, parmi lesquels nous pourrions citer : une mauvaise condition d'hygiène du milieu, de l'environnement, de l'habitat, l'insécurité  alimentaire,  la  survenue de nouvelles pathologies épidémiques, les catastrophes naturelles, les guerres et les conflits armés sans oublier le problème de la salubrité  qui  est  un  facteur favorisant la contamination et la transmission de plusieurs pathologies.

La croissance spatiale rapide et anarchique, l'augmentation galopante de la population, le développement économique et du commerce formel qu'informel, ont conduit considérablement à un accroissement permanent des déchets à Kinshasa.  Déblais, gravats, décombres et débris issus des travaux publics, cadavres d'animaux domestiques, épaves des véhicules, carcasses d'appareils électroménagers, déchets d'abattoirs, produits d'élagages...sont les différents types de déchets qui ont envahi Kinshasa.

Il suffit de traverser n'importe quel coin de la ville pour constater les manifestations de ce problème : entassement de déchets dans les secteurs résidentiels, le long des routes, ruisseaux bloqués, etc.

Ainsi, la ville en produit quotidiennement des tonnes, parfois jetés pêle-mêle à même les trottoirs. Et l'autorité urbaine éprouve d'énormes difficultés pour les évacuer.

http://www.memoireonline.com/08/09/2479/Assainissement-et-Gestion-des-ordures-menageres--Abobo-v2--cas-dAbobo-Baoule-8.pngL’insalubrité devient un mode dans cette commune, en dépit de tous les efforts que l’autorité municipale et l’Hôtel de ville fournissent à travers les différentes campagnes de sensibilisation menées pour lutter mais la mentalité de certains Matetois demeure incivique…

http://www.memoireonline.com/08/09/2479/Assainissement-et-Gestion-des-ordures-menageres--Abobo-v2--cas-dAbobo-Baoule-26.pngEntrée du quartier Batende fortement dégradée par une stagnation des eaux pluviales…

Pour faire face à la situation chaotique de la présence des immondices à travers la ville, La Raskin et les communes recourent à la :

v La communication de porte a porté (ménage) ;

v La sensibilisation dans les espaces publics ;

v Milieux Educatifs associatif cercles forme ;

v L’emplacement de poubelles publiques à travers les grandes artères dans les quartiers, etc.

Les Partie prenantes dans cette sensibilisation, nous avons :

-         Toutes les communes de la ville province de Kinshasa ;

-         ONG,  PME =sur terrain ;

-         gouvernement provincial (finance) ;

-         gouvernement centrale (législation de texte les  Edit ;

-         ville Kinshasa ;

-         Partenaire internationaux ;

-         la Banque Mondial ;

-         Union Européen ;

-         Ville de Bruxelles, une étroite coopération  entre villes (Don des matériels, la formation des agents, etc.).

 

 

http://www.memoireonline.com/08/09/2479/Assainissement-et-Gestion-des-ordures-menageres--Abobo-v2--cas-dAbobo-Baoule-29.png

La stagnation d’eau pluviale pose d’énormes problèmes dans cette commune, l’accès à certaines voies devient de plus en plus difficile…

http://www.memoireonline.com/02/10/3180/Assainissement-urbain-par-lapproche--pollueur-payeur--au-quartier-Matonge-dans-la-commune-de-K7.png

Le changement de comportement s’avère nécessaire pour la population, chacun de nous doit prendre conscience de bien sauvegarder son environnement… 

 

 


Le curage des caniveaux pour lutter contre les inondations pendant la pluie qui crée tant de désagréments à certaines familles…   

 

 

http://www.memoireonline.com/01/12/5009/Assainissement-et-gestion-de-l-environnement-dans-la-commune-d-Adjame-le-cas-de-Williamsville6.pngLa statuette centrale de …

 

 

 


Les bouleversements des croyances religieuses ou des idées philosophiques, les mutations politiques ont eu une grande part dans la connaissance de l'hygiène.

Dans l'antiquité, l'hygiène se manifeste dans les règles de vie :

Moise, législateur d'Israël a inclus des directives d'hygiène dans le thora.

Dans la Grèce antique, Hygie était considérée comme la déesse de la santé. Elle devrait chasser les maux pour les éloigner des humains. C'est de là que vient le mot « hygiène ». Elle était donc chargée de la prévention des maladies.

Hippocrate a apporté à l'hygiène ses premières bases scientifiques. Ses écrits sont le fruit non seulement des disciplines philosophiques mais également d'une somme d'observations et d'expériences. Il comprend la réalité épidémique des maladies infectieuses, mais il lui manque trop de renseignements sur l'élément essentiel : « l'agent infectieux »

Néanmoins, il comprend le rôle de l'environnement et l'influence de l'atmosphère sur les maladies infectieuses. Il écrit et donne des éléments permettant de définir les bases scientifiques de l'hygiène individuelle et apporte des balbutiements de l'hygiène publique et des populations.

L'hygiène du milieu débute avec la civilisation romaine. C'est à cette période que sont construits les aqueducs, que sont installés les égouts, que surgissent les fameux thermes dont certains ont été conservés jusqu'à ce jour. L'hygiène publique et l'hygiène du milieu vont faire naître une nouvelle science « l'urbanisme ».

A la fin du XIXème siècle, Pasteur comprend les mécanismes de la transmission des maladies infectieuses. En 1865, il ouvre l'ère de la microbiologie en découvrant l'existence d'éléments vivants microscopiques : les microbes.

Pendant la guerre de Crimée, en 1854, Florence Nightingale, aidée par une petite escorte d'infirmières, va œuvrer sans relâche pour améliorer la convalescence des soldats, en apportant des changements radicaux et parfois très mal vus.

En effet la jeune femme a introduit des concepts inconnus : elle parlait d'hygiène, de repas équilibré, d'accompagnement lorsque la dernière heure des hommes arrive.

Elle refusait qu'on utilise les mêmes instruments d'un blessé à l'autre, sans qu'ils ne soient nettoyés. Elle insistait pour que les hommes soient lavés tous les jours, pour que leurs douleurs soient considérées à leurs justes valeurs. Elle a apporté de l'humanité dans un lieu où on sciait des jambes à la vue de tous, ne réalisant pas une seconde que le spectacle pouvait choquer les hommes qui occupaient les lits à proximité.

Au niveau international, l'OMS est devenue le centre d'initiative dans la médecine sociale. Ainsi, la nutrition, le logement et l'hygiène en milieu rural sont devenus une question majeure suivie des débats politiques sur le sport.

La communication environnementale est l’un des instruments de la politique environnementale de l’entreprise. Son rôle consiste à conforter et valoriser les choix de cette politique. Elle suit et accompagne en permanence les progrès environnementaux ou les difficultés de l’entreprise dans ce domaine. Cette communication doit s’appuyer sur du concret, du factuel observable.  Elle n’est donc possible qu’une fois la politique et les actions environnementales décidées et instaurées. Il faut déjà avoir lancé ses actions avant de vouloir améliorer et valoriser son « image environnementale ».  

Le choix de s’engager dans ce domaine et de communiquer repose souvent au départ sur la volonté personnelle du responsable de l’entreprise. Il existe en fait plusieurs raisons pour qu’une entreprise s’engage dans l’environnement :  

-         l’environnement est un sujet « sociétal » qui concerne toutes les entreprises ;

-         l’entreprise, quelle que soit son activité, a un impact sur l’environnement.      Elle doit donc avoir un « réflexe environnement » et communiquer sur le sujet.  

Une communication environnementale de qualité s’appuiera sur la transparence et la clarté dans la forme et le contenu du message. L’entreprise devra également faire preuve d’une réelle volonté d’informer  avec simplicité de ses progrès, résultats ou/et projets environnementaux, de manière à faire comprendre ses choix. 

Elle devra également donner confiance. Le public réagit fortement à l’actualité environnementale. Il est donc nécessaire de gagner sa confiance car, faute de formation suffisante, le grand public aura tendance à interpréter les sujets traités.

Elle devra également donner confiance. Le public réagit fortement à l’actualité environnementale. Il est donc nécessaire de gagner sa confiance car, faute de formation suffisante, le grand public aura tendance à interpréter les sujets traités.  

Il faut déjà prendre en compte les 4 éléments suivants :  

 Tous les sujets doivent être maîtrisés au mieux, avant de faire l’objet d’une communication  l’ensemble des publics à l’intérieur ou à l’extérieur de l’entreprise, a besoin d’un minimum d’information  communiquer régulièrement sur l’environnement peut éviter les crises ou les rumeurs. Identifier préalablement les publics visés, l’objectif recherché et la nature des messages à diffuser 

En effet, la communication environnementale doit être adaptée à sa cible et répondre à ses attentes et ses besoins. On ne s’adressera pas de la même façon aux salariés de l’entreprise qu’aux voisins d’un site de production. Aussi, est-il nécessaire pour bien communiquer de connaître les besoins en information de tous ses publics et de s’assurer de leur capacité à assimiler le vocabulaire employé. 

La stratégie  environnementale  consistera  à  agir sur  les impacts réels en priorité  et  à  travailler  avec  la  communication  sur  l’image, la perception de ceux-ci par le public.  

Toutefois, il peut arriver que le public ait, à tort, une perception très négative d’un impact mineur sur l’environnement. Ce sera alors le rôle de la communication de réduire ce décalage et de transformer ce point faible en point fort.  L’entreprise peut également choisir une communication positive sur « ce qui va bien »; mais il faut se méfier de trop glorifier ses actions et d’avoir une communication trop « triomphaliste ».  

Les moyens de communication  

La communication environnementale se sert des médias traditionnels de la communication : presse écrite, radio, TV, relations publiques, les multimédias, visites de site, expositions, information locale distribuée dans les boîtes aux lettres 

Elle utilise également des outils spécifiques, tels que : 

*    le rapport ou bilan environnement ;

*    support Medias =publication des articles  dans les journaux

*    Hors Medias =Descente sur terrain sensibilisation  porte a porté par les agents  sensibilisateur du terrain, dépliant, flyer et le mégaphone, panneaux publicitaire, les affiche, banderoles

*    NTIC = Facebook, Réseaux sociaux 

*   

* et toute autre forme de supports (charte, information ponctuelle sur une action ou un produit, exposition ...).   

La communication environnementale peut se fixer comme objectif de réaliser des moyens spécialisés, qui sont autant de vecteurs de communication possible. On peut décider par exemple qu’un Eco-label décerné à un de ses produits va servir d’axe principal à sa communication. Si l’entreprise veut d’une façon générale se différencier, elle peut rechercher une labellisation (de site ou de produit) et communiquer ensuite par rapport à celle-ci.  

Les entreprises susceptibles d’élaborer les deux documents :    - la déclaration environnementale    - le rapport environnement  doivent connaître leurs avantages et leurs inconvénients. - Les deux documents relèvent d’une démarche volontariste et positive (= pro-active). - Ils présentent l’avantage d’ouvrir la possibilité d’un dialogue entre les différentes parties prenantes. - La déclaration environnementale est rédigée selon un cadre pré-défini et validée par une tierce partie. Elle présente donc de meilleures garanties d’objectivité. - Le rapport environnement, même s’il est sujet à caution, a le mérite de susciter auprès des acteurs concernés un questionnement qui amènera l’entreprise à affiner sa communication.  

Tous ces moyens sont autant de points d’appui pour sa communication ; ainsi on ne délivrera pas les mêmes messages à une association locale de protection de l’environnement qu’à une association nationale de même nature. Les moyens utilisés eux-mêmes seront, de ce fait, différents.  

La communication environnementale doit jouer à la fois un rôle préventif et curatif.  Préventif parce que l’environnement est devenu tellement présent dans la vie quotidienne que tous les publics sont aujourd’hui concernés, souvent impliqués et par là même, réellement attentifs à « tout ce qui pourrait se passer si ... ». Prévenir, c’est peut-être, éviter les procès de mauvaise intention.  Curatif parce que, dans ce domaine techniquement mal maîtrisé par le grand public, tout aveu de pollution ou d’impact négatif, peut déclencher des réactions souvent plus émotionnelles que rationnelles et par là même, disproportionnées.   

Sur ce sujet sensible de l’environnement, il n’est certes pas facile de débattre car les théories sont neuves et les compétences en la matière rares. C’est pourquoi, bon nombre de chefs d’entreprise hésitent à communiquer sur l’incidence de leurs activités sur l’environnement. Ce guide, entre autres objectifs, doit  vous permettre de vous engager dans cette communication en étant mieux armé. Mais, ils ne le feront qu’à condition de procéder avec méthode et sagesse. La méthode, c’est tout d’abord celle que vous avez trouvée dans ce guide. Elle est simple et doit vous inciter, à chaque étape, à faire preuve de pédagogie car les adultes d’aujourd’hui n’ont pas été formés à la problématique environnementale. La sagesse, c’est de savoir « donner du temps au temps ». La communication environnementale est une action qui s’inscrit dans la durée. Les résultats escomptés, même s’ils sont atteints, ne le sont jamais du jour au lendemain.  

Un conseil encore. Le chef d’entreprise et « les opérateurs » qu’il aura chargé de cette mission délicate mais essentielle, devront avoir en permanence le souci de la crédibilité et de l’honnêteté.   

C’est dire à quel point le choix des messages est stratégique, aussi important que la décision même d’entreprendre une communication environnementale. Améliorer les relations « informelles » entre les publics (et pas seulement les cibles marketing et commerciales) et l’entreprise, est une des finalités de la démarche que nous vous proposons et dans laquelle  vous n’aurez plus peur de vous engager. Votre entreprise, ses dirigeants et son personnel ont tout à y gagner.  

 

Conclusion

Ce deuxième chapitre de notre analyse avait pour but de présenter brièvement la commune de Matete ainsi que la Régie d’Assainissement de Kinshasa, ensuite on s’était focalisé sur la description du cadre pratique de la communication environnementale de Raskin (L’Hôtel de ville de Kinshasa) dans l’ensemble de la ville province de Kinshasa en général, à Matete en particulier. Cette communication était beaucoup plus sur la salubrité dans la ville province de Kinshasa.  

 

 

CHAPITRE III.  ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS DE  LA COMMUNICATION ENVIRONEMENTALE DE L’HOTEL DE VILLE DE KINSHASA DANS LA CAMPAGNE DE LUTTE CONTRE L’INSALUBRITE 2017-2018

3.0. Introduction

Dans ce chapitre purement pratique, il est question d’analyser l’impact des stratégies mises en place par cette structure en vue de sensibiliser  la masse/ population congolaise en général, et en particulier celle de la  ville  province  de  Kinshasa sur le bien –fondé de la communication environnementale dans la commune de Matete. La lutte contre l’insalubrité devient une préoccupation majeure pour toute la population Kinoise en général, et celle de Matete en particulier. Personne ne peut accepter de tomber chaque fois malade à cause de l’environnement qui n’est pas sain…

 

Ainsi, ce chapitre sera subdivisé en quelques grands points majeurs  dont le premier sera consacré à l’analyse de l’impact des stratégies mises en place dans cette campagne de sensibilisation ainsi que l’apport des médias sur la lutte contre l’insalubrité  ; autrement dit, cette partie va se baser sur la présentation des résultats des entretiens que nous avons eus sur le terrain ; et l’autre point va se baser sur la synthèse des résultats des entretiens auprès du public cible. Mais d’abord rafraichissons-nous la mémoire sur la procédure à suivre.

 

3.1.  Rappel méthodologique

Pour notre étude, nous avons recouru à la  méthode ethnographique ; celle-ci nous a permis d’effectuer des descentes sur terrain , nous avons adopté l’approche qualitative, c’est-à-dire que nous avons eu des  entretiens  avec  les  gens ciblés ( catégories diverses ) ; en outre,  pour bien  cerner l’objet  de notre recherche , nous avons d’abord pensé mettre à contribution  la  théorie  de toute-   puissance  des médias  dans la perspective  du béhaviorisme  telle qu’exploitée par  Lasswell. L’observation du terrain nous a fait changer le fusil d’épaule.

Nous disons que la formule  de Lasswell a été  élaborée dans une situation  de propagande  et de communication  de masse… et, enfin  nous avons  recouru  aussi à la  théorie  de two-step –flow communication pour démontrer l’impact des leaders  d’opinion dans une campagne de sensibilisation en vue d’influencer les différentes  catégories  de  gens ciblés afin d’adopter un nouveau comportement sur la problématique des naissances désirables dans notre beau et grand pays…

Nous avons eu à nous entretenir avec les différents personnages à travers les différents quartiers dans la commune de Matete.

3.1. Présentation des résultats des entretiens

Cette partie consacre son attention à la classification des énoncés significatifs dans une thématique et restitue les points de vues de chaque enquêté vis-à-vis de notre sujet de recherche.

Les extraits d'interviews des enquêtés sont accompagnés d'une codification de leur noms. Cette codification est constituée des lettres F et M symbolisant leur sexe, suivi de l'initial de leur prénoms en minuscule, soit Fe...Ms, etc.

Fe: Madame Eden Ngoy

Fg: Madame Gabrielle

Fn : Madame Naomie

Mf : Monsieur Francis 

Mb : Monsieur Bolombi

Mj : Monsieur Junior

Mj': Monsieur Jacques'

Mm : Monsieur Metalor

Mj'' : Monsieur Jérémie

Ms : Monsieur Simon

a) L'appréhension de l'interdiction de la vente le long des artères publiques (Q2)

Le sens que nos enquêtés donnent à l'interdiction de vendre le long des artères publiques, ne relève pas d'une quelconque explication préalable. Néanmoins, ils pensent que c'est pour quelques raisons ci-après :

« Nous vivons quotidiennement dans l'insalubrité, surtout pendant la saison pluvieuse. Les militaires nous disent que le Président de la République ne veut plus que les gens vendent autour des artères publiques. L'ordre est venu du Président et du commandant de la police, mais je n'ai pas suffisamment d'informations sur le « pourquoi »  on les chasse.»(Mj).

Une maman quant à elle pense que : C'est « parce qu'ils vendent le long du boulevard, un accident peut subvenir puis, ils créent de l'embouteillage » (Fe).

Une autre abonde dans le même sens :

« Bazo bengana bango liboso pona basalaka ba attroupements, lisusu ezali pe pona saleté ebotamaka ; esika batekaka » (Fg).

Traduction :

« On les chasse d'abord pour les attroupements qu'ils créent, puis il y a aussi de l'insalubrité qui se produit là où vendent ces gens ».

Tout comme les précédents celui-ci confie ce qui suit :

« Au par avant on avait un major, il était courtois envers tout le monde. Il acceptait que les gens vendent le long du boulevard, mais après trente mètres. Mais par après c'est le gouverneur qui a décidé pour les chasser. Il y a de cela deux semaines passées que le nouveau major vient de chasser les gens ;  on a essayé de cotiser pour lui donner mais il a catégoriquement refusé. Je lui donne raison, parce qu'il peut y avoir un véhicule qui n'a plus de frein et peut causer des incendies, des dérapages catastrophiques. Mais les gens disent que quand ils vendent le long du boulevard, c'est pour faciliter l’achat pour les gens qui attendent le transport » (Mj'')

Pour un autre :

« C'est pour éviter les encombrements parce qu'en cas d'accident, on n'est pas exempté. Aussi, parce que ce qu'ils vendent cause aussi de l'insalubrité. Il y a aussi des autorités qui se sentent gênées,  quand ils passent parfois on leur lance des  pierres » (Mf).

Un papa fait aussi savoir ceci :

« Les artères publiques devraient être dégagées normalement parce que ça provoque en quelque sorte l'insalubrité. La voie publique telle que vous la voyez, boulevard et tout, devrait être assaini. Parce que c'est vraiment une voie où passe tout le monde, alors quand il y a des gens qui vendent le long et tout, ça provoque beaucoup de l'insalubrité et puis voyez, c'est le boulevard les gens s'étalent jusqu'aux bordures du boulevard, c'est-à-dire c'est pour cette cause que moi personnellement, je peux accepter que le boulevard soit un peu dégagé parce que ça peut provoquer aussi des accidents et tout, donc à part l'insalubrité, il y a aussi des accidents parfois parce que les gens quand ils vendent ils débordent parfois, ils arrivent jusqu'aux bordures, c'est vraiment imprudent aussi de voir les gens aux bordures du boulevard, vendre et tout. Voilà pour moi c'est une bonne mesure » (Ms).

En joignant sa voix aux autres, cet enquêté fustige tout de même cette position :

« Pona kotala vraiment service wana yambo esengeli nde Hôtel de ville asalango poya kobengana batu, premièrement :

- Un eza d'abord risque, risque na nini lelo motuka akoki koya na boulevard motuka lelo pan atuti pan peut être frein esili akolinga à se défendre na minutie wana tango amoni ke côté ya ko se défendre eza te, akoki komikota côté batu bazotekela, tangu alokoti déjà batu wana pan bakufi eza déjà likama na kati ya mboka,

- Ya mibale eza nini, ezali principal esika bato, bapaya ya ndenge na ndenge bazoleka, nzela bapaya bazoleka bazomona batu, epesaka penza ndakisa moko ya bien te. Lelo oyo Hôtel de ville aza mutu moko faut aluka à encadrer bango. Akobengana bango ndenge wana kaka te. En même temps Hôtel de ville ye moko azoya kofutisaka bato ba taxe, tango ozo ya kofutisa bato ba taxe wana ce ke oza au courant nango ke bato wana faut bateka esika wana, mais lobi na lobi oko mona wana boye kobengana. Wana ekomi makambo mosusu to bozosakana na batu pona nini. Soki bamonaki ça ne va pas bateka esika wana te, il ne fallait pas bafutisa bango ba taxe »(Mb).

 

Traduction :

L'Hôtel de ville chasse les gens :

- Premièrement c'est un risque, dans quel sens, aujourd'hui le frein d'un véhicule peut rater, il cherchera à se défendre, mais s'il n'y a pas d'autre moyen, il peut terminer sa course là où vendent ces gens, dès lors qu'il les ramasse et qu'ils meurent c'est déjà un problème pour le pays,

- Deuxièmement, c'est la route principale où passent les étrangers de toute marque et quand ils voient les gens comme ça, ce n'est pas bon. Mais l'Hôtel de ville doit chercher à les encadrer, il ne peut pas les chasser de cette manière. En même temps, il continue à percevoir la taxe. Quand il vient percevoir la taxe, ce qu'il est au courant que ces gens devraient vendre dans cet endroit. Mais quelque temps après, il les chasse de nouveau. C'est une façon de blaguer avec les gens. S'il pense que ce n'est pas l'endroit approprié, il ne faut plus non pas faire payer la taxe ».

Allant dans le même sens cette enquêtée déclare :

« J'ai encouragé ça parce que les conditions d'hygiène ne sont pas respectées. Les gens vendent à même le sol des beignets, etc. Exemple, une fois je suis descendue du bus ici à Ngaliema. J'ai vu une maman qui vendait ses arachides à même le sol ; son enfant avait fait caca et la maman a emballé cette saleté pour la mettre à côté de sa marchandise, cela m'avait écœurée, c'est pour cela que je m'aime plus acheter tout ce qui est vendu pêle-mêle. Aussi les conditions urbaniques ne sont pas réunies. On ne doit pas voir un marché à chaque dix pas » (Fn).

Cependant cet intervenant, de sa part,  voit des choses d'une autre manière :

« L'Hôtel de ville lorsqu'il chasse les gens, il dit que ces gens-là sont en train de salir la ville. Chasser les gens ce n’est pas la solution parce qu'en 2017, il a fait autant. Il a interdit la vente de l'eau en sachet mais,  y a pas toujours de solution. Chasser les gens c'est bien. Parmi les enfants qui vendent de l'eau en sachet, il y a des enfants des fonctionnaires qui ne sont pas bien payés. Il faut commencer par bien payer les gens pour qu'ils ne vendent plus le long des artères. Il faut d'abord commencer par résoudre les problèmes qui tourmentent l'ordre social avant de penser à résoudre la salubrité » (Mj').

Un autre d'ajouter :

« Là où ils vendent ce n'est pas le marché. Mais les vendeurs ont parfois raison parce qu'ils n'ont pas de place précise pour vendre. Parmi eux, il y a des gens qui ont payé les frais pour avoir un étalage dans un marché. Mais ils sont ballotés par ceux qui perçoivent cet argent »(Mm).

b) Pour ou contre l'initiative du Salongo : (Q2)

Pris de façon isolée, la plupart de nos enquêtés estiment que le salongo en soi comme initiative n'est pas mauvais. Cette position se laisse entendre à travers quelques extraits de leurs interviews :

« Le salongo est bon pour assainir notre pays »(Fe).

A côté de cette enquêtée, une autre de sa part stipule que :

« Likanisi ya salongo eza bien kasi suivi eza te ponini ba chefs d'avenues bazosala mosala na bango te, bakoki kotambola na quartier ou na avenue pona kotala esika saleté ezali sima babengi population pona kobongisa » (Fg).

Traduction :

« L'idée de salongo est bonne. Mais il n'y a pas de suivi, parce que les chefs des rues ne font plus leur travail. Ils pouvaient faire le tour du quartier ou de l'avenue pour regarder là où il y a de l'insalubrité pour enfin inviter la population à l'assainir ».

Toujours à ce sujet une étudiante a fait savoir ceci :

« Du point de vue salubrité, ça va. D'ailleurs pour moi, le samedi seul ne suffit pas. Il faut qu'on s’y  mette même deux fois par semaine pour que la ville soit propre » (Fn).

Restant dans la même logique un enquêté ajoute que :

« Le salongo en soi est bon. Et jadis c'est les chefs d'avenues qui passaient pour travailler avec les gens, les avertir. Mais l'Hôtel de ville n'envoit plus de véhicules d'assainissement »(Mf).

 

Comme les autres,  cet enquêté aussi dit que :

« Salongo na yambo eza bien, salongo ezali pona kotalisa propreté ya mboka, mais propreté ekozala kaka na esika moko te. Eloko babengi proreté basalaka kaka na kati ya chambre te. Ebanda kaka kobanda chambre, salon tii libanda ya lopango » (Mb).

Traduction : « Premièrement le salongo est bon pour assurer la propreté du pays. Mais la propreté dont il est question, ne doit pas s'effectuer  à  un seul endroit. Ce qu'on appelle la propreté ne se limite pas seulement dans la chambre. Elle part de la chambre jusqu'à la cour de la parcelle ».

Dans cette perspective, un papa quant à lui s'est exprimé comme suit :

« Le salongo est une bonne chose ; le décréter, moi personnellement je suis content du fait que l'Hôtel de ville l’a décrété, mais malheureusement le salongo n'est pas respecté. On dit bien, mais il devrait y avoir des mesures d'encadrement » (Ms).

De l'autre côté, cet enquêté pense le contraire :

« Je ne vois pas la raison d'être de ce salongo, parce que c'est empêcher les gens pour rien. Au moment où ils nous interdisent de vendre les libanais ouvrent leurs magasins. Ce salongo de samedi est un manque à gagner pour nous » (Mf).

Allant dans le même sens, cet intervenant explique :

« Pour les vendeurs, le samedi est un jour de repos, nous sommes obligés de donner quelque chose pour entretenir la propreté » (Mm).

c) Le salongo vu comme expression de tracasserie et du gagne-pain

Si dans les lignes précédentes le salongo est vu comme un idéal pour parvenir à l'assainissement, par ailleurs nos enquêtés déplorent la manière dont celui-ci se déroule, ainsi que ses résultantes.

« Il y a d'autres policiers qui ne sont même pas envoyés, qui n'ont même pas l'ordre de mission. Ils peuvent vous trouver déjà à la fin du salongo, mais ils confisquent tout de même la marchandise qui n'arrivera même pas à la commune. Parfois ils les revendent chez d'autres personnes. Ils s'intéressent à l'argent ; travailler ou ne pas travailler, il suffit de leur chercher quelque chose, souvent on paie 200fc » (Fe).

Dans ce même fil idées cette enquêtée dit ceci :

« Les envoyés de l'Hôtel de ville ou ceux qui viennent superviser le salongo n'ont pas de rigueur. Ils focalisent leur attention sur l'aumône des vendeurs, l'argent, un produit. Les superviseurs se détournent de leur mission. Leur objectif est celui de faire travailler les gens, mais ils font juste le contraire. Parmi ces agents on voit ceux du service d'hygiène ; les policiers s’y s'intègrent parce qu'ils ont besoin d'argent » (Fn).

Un autre d'ajouter:

« Avant 10 heures, il y a des policiers qui viennent surprendre les gens en les arrêtant. Les policiers ne viennent pas pour contrôler, ils ne pensent qu'à l'argent. S'ils vous arrêtent ils vous amènent à la commune pour payer l'amande, soit vous négociez sur place. Ces policiers,  y a des  fois,  confisquent la marchandise des gens. C'est de l'aventure, même au grand marché le salongo ne se fait pas ; les policiers viennent seulement pour tourmenter la population. Quand ils arrivent,  même si votre place est propre, ils vous arrêtent afin de leur donner de l'argent. Tout ça c'est tourmenter la population » (Mj).

Cet enquêté fixe l'opinion en indiquant ceci :

« Normalement le salongo commence à 7 heures, à 6 heures par exemple, au moment où les bureaux de l'Etat ne sont pas encore ouverts, il y a déjà des policiers qui passent pour arrêter des gens. Et quand les policiers arrivent, que votre place soit propre ou pas il faut payer de l'argent. Et prenant de l'argent ils ne vous donnent ni reçu ni jeton. S'il arrive que d'autres groupes des policiers viennent de passer après le premier, il faut encore leur donner de l'argent. Quand vous leur expliquez que vous aviez déjà donné à leurs collègues qui sont passés, ce n'est pas leur problème. Les policiers sont contents de descendre sur terrain parce qu'ils s'attendent à de l'argent » (Mm).

 

« Les policiers passent récupérer les marchandises des gens, foufou, chaises en les mettant dans un pousse-pousse. C'est une sorte d'intimidation pour que vous payiez de l'argent. Ce n'est pas de façon gentille mais par force. Les policiers préfèrent que les gens ouvrent leurs boutiques pour qu'ils aient un moyen de vivre. Le salongo est vraiment la proie des policiers, quand les gens donnent quelque chose aux policiers par exemple 500 FC pour de grandes maisons commerciales, ils disent que je fais le salongo avec mon 500 FC » (Mj'').

Quant à un autre :

« Je ne vois pas la raison d'être de ce salongo, parce que c'est empêcher les gens pour rien. Au moment où ils nous interdisent de vendre les libanais ouvrent leurs magasins. Ce salongo de samedi est un manque à gagner pour nous. On voit, c'est seulement les policiers qui en profitent pour l'argent. En bref, le salongo est un mot d'ordre qui n'a pas sa raison d'être. Pourquoi on l'applique seulement aux commerçants et pourtant dans des avenues il y a aussi de l'insalubrite ?. Les policiers viennent seulement tracasser les gens » (Mf).

Dans ce même élan cet enquêté a fait savoir ce qui suit :

« Banani basalaka suivi awa ezalaka mingi ba policiers ? Ba policiers bato basalaka suivi ya nini wana ya salongo, wana ndenge batambolaka, eza te ke non batelama basala salongo te, bango bayakaka na mbala moko bouuu ! ba brutaliser, bakangi biloko mais soki ofuti bango quelque chose batiki na biloko na yo, donc ekoma lokola esika ya koliela. Ndenge eza boye, aye kokuta tangu mosusu eloko tangu mususu ba bâche, mais azui yango à débâcher yango, bazwi biloko bakangi, ale tangu okokoma na bureau bazosenga 10 dollars or, ke tangu akuti mutu na mbeba ya ndenge wana, areprocher mutu à la prochaine fois ameka lisusu kozongela yango te. Mais tangu ozwi biloko wana okangi yango, biloko wana peut-être eza ya 20.000 ou bien 30.000, mais tangu okomi kuna ozosenga ye, amitekili pe nanu te ozo senga, oh !pesa nga 10.000 akopesa’ ngo ndenge nini ? » (Mb).

 

Traduction :

« Qui font le suivi ici ce sont des policiers. Quand ils arrivent ce n’est pas pour faire le salongo. Ils confisquent nos biens et quand on leur donne quelque chose, ils vous le retournent. C’est devenu un trafic où ils trouvent leur gagne-pain. Tel que là, la marchandise peut être bâchée, mais ils vont jusqu'à la débâcher puis la confisquer. Lorsqu'on se rend à leur bureau, ils vous demandent 10 dollars or, quand quelqu'un a fait une telle faute, il faut lui reprocher pour qu'il ne la répète plus. Mais quand vous saisissez la marchandise d'une valeur de 20.000 ou 30.000 et en retour vous taxez une amande de 10.000 au moment où il n'a pas encore vendu, comment est-ce qu'il peut la payer ? ».

Venant en appui à ce point de vue, un papa a fait remarquer ceci :

« Ils ont trouvé une occasion d'argent. Ils travaillent mais abusivement. Ils travaillent pour leur propre compte, dans l'esprit de pouvoir gagner quelque chose. Ils sont présents là, ils font des va-et-vient, ils font des tours. Si quelqu'un refuse de donner de l'argent, ils peuvent prendre, soit  ils prennent la chaise, soit  ils  prennent la table, ils commencent à partir avec ou de la marchandise que la personne était en train de vendre. Le policier, il prend et puis il part, alors le vendeur n'acceptera pas que sa marchandise puisse partir avec les soldats, les policiers. Il va suivre et devoir donner quelque chose pour récupérer ce qu'on lui a confisque et tout ça parce qu'il a vendu ou parce qu'il a ouvert la maison ou parce qu'il a étalé!» (Ms).

d) Le salongo, un échec à la hauteur d'inattendu

Depuis son institution par l'autorité urbaine de Kinshasa, le salongo est loin d'être l'indicateur du changement souhaité. Vu la progression de l'insalubrité au quotidien, les activités du salongo ressemblent à un coup d'épée dans l'eau :

« Lelo bato basalaka lisusu te. Na ngonga ya salongo bavandaka na bandako, bayaka nde sima ya salongo po na koteka. Lisusu, na tangu ya salongo nakovanda na nga liboso ya boutique mais na kangi. Ata nazosala nangai te, ba policiers bakosala eloko te, ata nakomboli te liboso ya boutique, bango problème na bango ezalaka ke balingaka te komona bato bateka na ngonga ya salongo » (Fg).

 

Traduction :

« Aujourd'hui les gens ne travaillent plus. Ils restent chez eux pendant le salongo et ne viennent qu'après celui-ci pour vendre. Aussi, pendant le salongo, je peux rester devant ma boutique qui est bien sûr fermée. Même si je ne travaille pas, les policiers ne font rien, même si je n'ai pas balayé devant ma boutique, leur problème est qu'ils n'aiment pas voir les gens vendre pendant le salongo ».

Un autre enquêté a renchéri comme suit :

« Comme à l'accoutumé, on vient à 11 heures or, le salongo débute en principe de 8 heures à 10 heures. La saleté est partout. Même un petit enfant peut dire que la saleté est partout. Il faut dire les choses telles qu'elles sont. Il faut que les gens commencent par être sérieux dans tout ce qu'ils font. Cela doit commencer par la tête. Même toi, quand tu sors ici tu feras le même constat que moi. Quand je parle qu'eux-mêmes doivent être d'abord sérieux pour le cas de ce salongo, est-ce qu'il est respecté ? Il doit chercher à savoir pourquoi il n'est pas respecté. Il envoit des policiers qui viennent chercher de l'argent tout simplement » (Mj).

De même :

«Ici  à Kinshasa, le salongo n'existe pas c'est seulement de nom. Premièrement nous payons la taxe pour la salubrité, mais le samedi on trouve toujours de la saleté. Les gens ne travaillent pas, parce qu'ils savent que si je ne travaille pas, quand les policiers viendront je leur donnerai 200 FC. Surtout ces derniers temps ils passent même plus de trois fois pour percevoir de l'argent auprès des vendeurs. Il n'y a pas des bons résultats, parce que le salongo ne se fait pas comme il faut. Si aujourd'hui on vous arrête pour n'avoir pas fait le salongo, ça dérange plus, parce que je sais qu'on finira par me relâcher après avoir donné de l'argent. Et pendant le salongo les gens ne sont pas toujours présents, ils préfèrent rester chez eux pour venir au moment où le salongo prend fin » (Mm).

Celui-ci s'exprime comme suit :

« On entend seulement parler du salongo, mais c'est un salongo qui n'existe que de nom. On ferme les boutiques le matin jusqu'à 10 heures. C'est un salongo de mot, parce que j'ai peur d'ouvrir avant 10 heures pour qu'on ne m'arrête pas, Sinon, on préfère rester à la maison, mais on ne voit pas les gens travailler. Non ya pas des résultats palpables. Si je dis non parce que si on faisait le salongo, chaque samedi, on ne pouvait pas avoir de la boue comme ça sur cette route. Les gens voient les articles de loin mais n'arrivent pas à entrer ici parce qu'ils sont empêchés par cette boue. L'Hôtel de ville n'a pas réussi, parce qu'il est incapable. L'Hôtel de ville lui-même n'est pas surveillé comment il va à son tour surveiller ; l'Hôtel de ville n'assume pas ses responsabilités » (Mj'').

Pour cet enquêté :

« C'est à l'époque de Mobutu que le salongo avait porté des fruits. Aujourd'hui c'est seulement un slogan. Quand quelqu'un est avisé, il ne saura plus garder de l'insalubrité. On doit changer la conception » (Mf).

Comme les précédents ce papa nous a confié ceci :

« ‘Y a pas des fruits,‘ y a pas des fruits pour ce salongo. Je ne sais pas dans d'autres milieux, mais là où moi je travaille ’ y a pas des fruits,’ y a pas de fruit. Le milieu est vraiment insalubre, le salongo n'est pas vraiment respecté. Le mot salongo est resté comme ça là, c'est une mesure, c'est décrété, mais les gens ne respectent pas ça. ‘Y a pas des fruits,’ y a pas des fruits. Même si vous venez le même samedi à 12 heures, vous allez trouver ces poubelles, même le dimanche vous allez trouver ces poubelles-là. Donc, n'y a pas des fruits, tout ça c'est un manque de mesures d'encadrement » (Ms).

De la même manière cet enquêté stipule ce qui suit :

« En tout cas ndeko na ngayi, elingi koloba ke mokolo yango eza mokolo ya salongo, biloko ya boye esengelaki mokolo yango samedi, toloba lokola lelo eza vendredi lobi lokola samedi oye comme ça, otala yo moko na misu no omona eloko babengi salongo, ezo salama ndenge nini ebongaki omona yango. Po oyo azosala, kaka wana bosoto nyonso tout kaka place wana. Wana eza salongo te » (Mb).

Traduction :

« En tout cas mon frère, pour des telles choses il faillait venir le même samedi, tel qu'aujourd'hui vendredi pour voir de tes propres yeux, ce qu'on appelle salongo, comment ça se passe. Il fallait que tu voies ça. Parce que là où l'on travaille, c'est là aussi que l'on dépose la même saleté. Ça ce n'est pas le salongo».

Pour celui-ci :

« Vous savez quand vous parlez de salongo, on sous-entend que les gens doivent travailler. ‘Ya pas des véhicules de l'Hôtel de ville, y a pas de volonté de la part de la population. Quand les gens donnent quelque chose aux policiers par exemple 500 FC, ils disent que je fais le salongo avec mon 500 FC. Les gens attendent l'heure de la fin » (Mj'').

e) L'incommunication ou l'absence d'une information utile (Q2/Q4/Q5/ Q6)

Susciter l'adhésion, inculquer une nouvelle vision, passer d'un état à un autre, c'est inscrire le changement dans la dynamique d'une interaction permanente et constructive. Ecoutons nos enquêtés à ce propos :

« En Europe’ y a des gens qu'on met en route pour dire par exemple aux gens, monsieur il ne faut pas jeter la bouteille là-bas, il y a une poubelle » (Mj).

Cette enquêtée de son côté pense que :

« Après le salongo, il y a des résultats éphémères. Les gens ne sont pas instruits au saolongo » (Fn).

De sa part :

« C'est à l'époque de Mobutu que le salongo avait porté des fruits. Aujourd'hui c'est seulement un slogan. Quand quelqu'un est avisé, il ne saura plus garder de l'insalubrité. On doit changer la conception » (Mf).

Pour celui-ci :

« Kala na Zaïre, mutu nyonso azalaki déjà komiyeba ke samedi ezalaka mokolo ya kobongisa bala-bala to ba mapangu na biso, place bozokovanda ou bien zongo na biso, en même temps tango bozovanda ndenge wana, bakotinda papier déjà bapesaki bino avant ke samedi. Ezalaka à partir ya moko nani, mokambi bala-bala, chef d'avenue, bakotinda papier ke bokende bokabola, samedi salongo eza » (Mb).

 

 

Traduction :

« Jadis à l'époque du Zaïre, tout le monde savait que le samedi était le jour prévu pour l'entretien de nos avenues, nos parcelles, de nos toilettes et en même temps le chef d'avenue nous envoyait un communiqué bien avant le samedi même, nous interpellant que le samedi y a salongo ».

De sa part ce papa a réagi comme suit :

«L'Hôtel de ville ne pouvait pas descendre dans tous les marchés, l'Hôtel de ville ne devrait pas descendre dans toutes les rues, mais peut-être il devrait sensibiliser. Par exemple, nous au marché, je vois l'administrateur, il est l'autorité du marché. Il peut venir même avec un micro, il commence à parler. S'il ne parvient pas à rassembler le marché et les vendeurs, mais il peut passer de tabler à table ou de rangés à rangés parler avec un microphone : voilà nous devons assainir notre milieu, pour y arriver, il faudrait ceci, il faudrait cela. Mais chose qui ne se fait pas, les gens prennent  le mot salongo, comme ça là, salongo, salongo, salongo mais les bras croisés, salongo mais on reste à la maison jusqu'à 9 heures » (Ms).

Quant à celui-ci :

« L'Hôtel de ville n'a pas eu le temps de descendre pour des exercices sur les méthodes qu'on doit utiliser. En 2017, l'Hôtel de ville a placé des poubelles publiques. Il n'a pas eu le temps de bien expliquer aux gens. L'Hôtel de ville doit être responsable. Les gens doivent avoir des garde-fous. Il doit bien gérer leur mesure » (Mm).

3.2. Synthèse de résultats des entretiens

Le principal objectif poursuivi par cette section est essentiellement explicative. Elle vise à mettre en corrélation les grandes tendances dégagées dans les lignes précédentes, afin d'établir le rapport de la causalité ou les facteurs explicatifs qui en découlent.                                                                                                                                

3.2.1. Recoupement des avis 

De prime à bord, au regard du déménagement des vendeurs le long des artères publiques, les enseignements du terrain révèlent que la notion du danger de vendre aux alentours du boulevard, ainsi que celle de l'insalubrité sont bel et bien évaluées par nos enquêtés. Cette position apparait au clair dans leurs réponses à travers cet extrait :

« C'est pour éviter les encombrements parce qu'en cas d'accident, on n'est pas exempté. Aussi, parce que ce qu'ils vendent cause  aussi de l'insalubrité. Il y a aussi des autorités qui se sentent gênées  quand ils passent parfois on leur lance des pierres » (Mf).

Par ailleurs, si les uns essayent de comprendre cette mesure sous cet œil, d’autres cependant s'inscrivent en faux contre cette réglementation et pensent que celle-ci est en incompatibilité avec le vécu quotidien de la population. C'est ce qu'a fait savoir cet interviewé :

« L'Hôtel de ville lorsqu'il chasse les gens, il dit que ces gens-là sont en train de salir la ville. Chasser les gens n'est pas la raison parce qu'en 2006, il a fait autant. Il a interdit la vente de l'eau en sachet mais y a pas toujours de solution. Chasser les gens c'est bien. Parmi les enfants qui vendent de l'eau en sachet, il y a des enfants des fonctionnaires qui ne sont pas bien payés. Il faut commencer par bien payer les gens pour qu'ils ne vendent plus le long des artères. Il faut d'abord commencer par résoudre les problèmes qui tourmentent l'ordre social avant de penser à résoudre la salubrité » (Mj').

Un autre réagi comme suit :

« Là où ils vendent ce n'est pas le marché. Mais les vendeurs ont parfois raison parce qu'ils n'ont pas de place précise pour vendre. Parmi eux, il y a des gens qui ont payé les frais pour avoir un étalage dans un marché, mais ils sont ballotés par ceux qui perçoivent cet argent » (Mm).

Restant dans cette logique, une filiation s'établit entre la première et la deuxième question où deux tendances se manifestent également sur la perception du salongo. Ainsi, comme on peut le constater, le contact avec le terrain indique à ce propos que, pris de manière singulière, le salongo en tant qu'initiative de développement est estimé à sa juste valeur pour certains, tel que cela se laisse entendre à travers cette déclaration :

« Le salongo est bon pour assainir notre pays »(Fe).

Cependant, un autre camp de son côté voit en ce salongo un obstacle à leurs activités commerciales, mais aussi comme une mesure à double vitesse : « Je ne vois pas la raison d'être de ce salongo, parce que c'est empêcher les gens pour rien. Au moment où ils nous interdisent de vendre les libanais ouvrent leurs magasins. Ce salongo de samedi est un manque à gagner pour nous ».

En rapprochant de plus près ces avis, malgré la divergence avec un écart aussi moindre entre l'opinion défavorable et favorable sur la perception du salongo, il se dégage dans cette étude que, le salongo se présente ici comme un facteur propulsant de la propreté et en tant que telle, il est une expérience quotidienne. En ce sens, il sied de noter que les gens ne s'opposent pas au changement dans l'absolu. Ce qu'ils refusent, c'est un changement dont ils ne partagent pas les règles de jeu.

A l'inverse, même si le salongo mérite une acception utilitaire dans l'esprit des personnes enquêtées, ses répercussions sur le terrain restent infécondes. Cela apparait en clair dans la cinquième question de notre entretien relative aux résultats de cette approche. En conséquence, étant une vision non partagée, le salongo a engendré dans le chef des individus le sentiment de démotivation ou le manque de raisons d'agir, lequel conduit à son tour à une désobéissance passive. Ceci, pour  éviter d'entrer en conflit avec la loi. Ainsi dans sa pratique, si les uns essayent de mettre une propreté de façade, les autres par contre croisent les bras ou d'autres encore juge mieux de rester chez eux et n'attendent que la fin du salongo. C'est ce qu'explique cette enquêtée :

« Aujourd'hui les gens ne travaillent plus. Ils restent chez eux pendant le salongo et ne viennent qu'après celui-ci pour vendre. Aussi, pendant le salongo, je peux rester devant ma boutique qui est bien sûr fermée. Même si je ne travaille pas, les policiers ne font rien, même si je n'ai pas balayé devant ma boutique, leur problème est qu'ils n'aiment pas voir les gens vendre pendant le salongo » (Fg).

Ce répondant, de son côté, passe au crible les résultats de cette approche :

« Comme à l'accoutumé, on vient à 11 heures or, le salongo débute en principe de 8 heures à 10 heures. La saleté est partout. Même un petit enfant peut dire que la saleté est partout. Il faut dire les choses telles qu'elles sont. Il faut que les gens commencent par être sérieux dans tout ce qu'ils font, la sériosité doit commencer par la tête. Même toi, quand tu sors ici tu feras le même constat que moi. Quand je parle qu'eux-mêmes doivent être d'abord sérieux pour le cas de ce salongo, est-ce qu'il est respecté ? Il doit chercher à savoir pourquoi il n'est pas respecté. Il envoie des policiers qui viennent chercher de l'argent tout simplement » (Mj).

Une relation d'implication se trace entre la cinquième, la troisième et la quatrième question venant ainsi expliquer les causes de cet insuccès. Les réalités de terrain attestent à ce sujet que contre toute attente, le salongo n'est qu'une opportunité mise en profit par des agents de l'ordre pour malmener les paisibles citoyens afin de remplir leurs propres  poches. Sentiment d'un rendez-vous manqué du côté des personnes enquêtées, le salongo est en revanche un motif de joie pour les agents de la police. Voilà pourquoi pour atteindre leurs objectifs, ces agents mettent a  avant plan les infractions non fondées. Une maman raconte ici cette indignation :

« Il y a d'autres policiers qui ne sont même pas envoyés, qui n'ont même pas l'ordre de mission. Ils peuvent vous trouver déjà à la fin du salongo, mais ils confisquent tout de même la marchandise qui n'arrivera même pas à la commune. Parfois ils les revendent chez d'autres personnes. Ils s'intéressent à l'argent, travailler ou ne pas travailler, il suffit de leur chercher quelque chose » (Fe).

A cela s'associe l'outrance observée dans le déménagement des vendeurs le long des artères publiques et pendant le salongo, où la méchanceté et la force s'embrassent. Aussi, la relation qui caractérise les agents de l'ordre et les vendeurs à ce moment est semblable à celle d'un chien face à un chat. La mise à  tabac, l'arrestation, la destruction des marchandises et des étalages sont au rendez-vous. Les victimes, de leur côté, assistent impuissantes devant ces actes sadiques. Tel qu'on peut lire dans cet extrait des questions 1, 2 et 3 :  

« Ce que nous voyons de mal dans ce pays c’est quoi : ils viennent nous frapper, jeter nos marchandises, ce n'est pas bon. Il faut de la douceur, plutôt que de frapper, de renverser nos marchandises, en les sabotant et en même temps vous confisquez notre argent, ce n'est pas comme cela. Nous nous sentons comme étrangers. Un étranger d'ailleurs vit en paix dans ce pays, mais pourquoi pas nous compatriotes. Un patriote doit se sentir dans ses droits, qu'il soit en paix parce c'est son pays. Les étrangers viennent ici, ils sont en paix, pourquoi pas nous. Nous citoyens, nous sommes devenus moins à l’aise que  des étrangers ? Ce n'est pas bon » (Mb).

Bien au-delà de « l'in-considération », un autre élément du fiasco de cette politique d'assainissement s'explique à travers l'inexistence d'une communication interactive. L'on peut constater à ce sujet que, dans son texte législatif numéro 088 du 10 mai 2010 portant sur mesures collectives d'assainissement dans la ville de Kinshasa, l'Hôtel de ville ne se limite qu'à définir les objectifs organisationnels de base notamment, celui d'assainir la ville. En mettant cependant de côté, les objectifs communicationnels ayant pour vocation de véhiculer la vision du changement. Or, les objectifs organisationnels sont indissociables des objectifs communicationnels. Découvrons cela à travers ces propos des questions 2, 4, 5 et 6 :

« L'Hôtel de ville ne pouvait pas descendre dans tous les marchés, l'Hôtel de ville ne devrait pas descendre dans toutes les rues, mais peut-être il devrait sensibiliser. Par exemple, nous au marché, je vois l'administrateur, il est l'autorité du marché. Il peut venir même avec un micro, il commence à parler. S'il ne parvient pas à rassembler le marché et les vendeurs, mais il peut passer de tabler à table ou de rangé à rangé parler avec un microphone : voilà nous devons assainir notre milieu, pour y arriver, il faudrait ceci, il faudrait cela. Mais chose qui ne se fait pas, les gens prennent le mot salongo, comme ça là, salongo, salongo, salongo mais les bras croisé ; salongo mais on reste à la maison jusqu'à 9 heures ! » (Ms).

Un autre a renchéri en ces termes :

« L'Hôtel de ville n'a pas eu le temps de descendre pour des exercices sur les méthodes qu'on doit utiliser. En 2010, l'Hôtel de ville a placé des poubelles publiques. Il n'a pas eu le temps de bien expliquer aux gens. L'Hôtel de ville doit être responsable. Les gens doivent avoir des garde-fous. Il doit bien gérer leur mesure » (Mm).

Les déficits du système organisationnel en matière d'assainissement viennent se joindre aux éléments précédents. Les résultats d'enquête démontrent à ce sujet que l'absence des poubelles publiques, l'abandon des immondices ou encore l'inexistence d'un réseau d'assainissement ayant en sa charge le ramassage permanent des ordures, le traitement, le recyclage et la valorisation demeurent un écueil majeur à ce vœu d'assainissement. A ce propos il sied de souligner que, si les objectifs organisationnels de leur part ne sont pas atteints, la communication ne peut pas suppléer ce vide. Les deux objectifs fonctionnent de façon symétrique. Nos enquêtés ont fait savoir à ce sujet ce qui suit :

« Si partout il y avait des poubelles, ça serait une bonne chose. Mais il ne suffit pas de déposer des poubelles, sans les vider, sans suivi. C'est encore pire que de laisser les gens vivre dans l'insalubrité » (Fn).

Réagissant à ce propos, ce Papa attribue ce sors à l'impréparation :

« On a lancé la campagne chaque jour, chaque samedi salongo, les chefs des entités ou les chefs des marchés et les chefs des rues devraient se préparer en conséquence. Par exemple, chercher les éboueurs, les gens qui devaient assurer le transport ou faire le déplacement des immondices après que les vendeurs ou les gens de la rue aient balayé. C'est une formation, aussi de la préparation. Alors ce manque de préparation, c'est ce qui a fait que ce système puisse échouer et donc, le salongo » (Ms).

Toutes les critiques à l'égard de cette approche, incluent les propositions des enquêtés aux questions 6 et 7. Ainsi, les informations de terrain stipulent que pour s'approcher de son objectif, l'Hôtel de ville de Kinshasa à tout intérêt de repenser sa politique d'assainissement. En revanche, l'échantillon des personnes enquêtées estiment à cet effet que, la voie à emprunter est celle qui aboutisse au déclenchement de la remise en question de l'insalubrité par les sujets concernés. Cela, en mettant en exergue les inconvénients de l'insalubrité d'une part et les bénéfices individuels que collectifs de la salubrité de l'autre part. Car, il ressort de ce constat qu'en concevant le changement de cette façon, la politique de l'autorité urbaine de Kinshasa passe non pas seulement à côté du fléau mais plutôt et aussi loin de celui-ci. Les discours des enquêtés à ce sujet demeurent sans détour, comme le préconise l'un parmi eux à travers cet extrait :

« Qu'on prenne des sifflets, des tam-tams, qu'on interpelle la population. C'est un problème de mentalité et de conscience, parce que dans la vie on peut tout tromper sauf sa conscience. Ce qu'on dit en t à lingala `` zonga mutu. Soki ozongi mutu, okosumba na nzela te, okosuba na nzela te''. Ainsi, faire des ateliers bibliques, animer des conférences par exemple sur des maladies causées par l'insalubrité, en montrant les gens qui sont déjà touchés. Il faut des conseils. Moralement, ça sera une bonne chose » (Mj'').

3.2.2. Reprise critique

Les résultats ainsi obtenus, l'effort consenti par point consiste à expliquer les écarts entre la théorie de la CCC et ces résultats, afin d'envisager quelques perspectives.

De ce qui précède, mettre sur pied une politique d'intervention pour lutter contre l'insalubrité, c'est chercher à la comprendre comme un fait de société. Par conséquent, en tant qu'un fait de société, pour décider d'une quelconque stratégie, la problématique de l'insalubrité devrait être avant tout diagnostiquée et ses causes relevées. Car, dit-on en sociologie, les faits sociaux sont totaux et globaux.

A cet effet, en s'appuyant sur une approche coercitive pour énoncer un nouveau comportement à adopter, la CCC considère qu'un changement à coup de décrets ou d'imposition, est un changement voué à l'échec. Christian Baylon et Xavier Mignon ajoutent à ce sujet qu' « il ne suffit pas de rendre une mesure obligatoire, de menacer d'une sanction en cas d'inobservation pour modifier le comportement individuel ». De la contrainte résulte la dissonance cognitive conduisant à la résistance ou encore le rejet d'une réglementation ressentie comme des actes d'agressions non motivés. Mais aussi, les êtres humains étant rationnels, utilisent systématiquement l'information à leur disposition avant d'agir, comme l'indique Ajzen et Fishbein[38].

Restant dans cette logique, Pierre Pastor et Richard Breard stipulent qu'« un conflit non traité correctement surtout s'il a été accompagné des sanctions peut entrainer pendant des années une baisse radicale de motivation et d'engagement »[39]. C'est un ainsi que dans une démarche coercitive, le comportement désiré tend à disparaître, dès lors que les actions de cette épreuve de force s'arrêtent. Ceci revient à dire que, dans l'esprit humain, plus on a le sentiment que quelque chose est imposée, plus on a tendance à s'opposer.

Par ailleurs, si le changement déclaratoire est perçu comme une approche de la non-négociabilité, regardant l'individu comme un simple instrument de la volonté des autorités, la CCC quant à elle inscrit le changement dans un processus dialogique. Aussi, elle conçoit le changement non pas comme une démarche linéaire mais bien plutôt progressive, laquelle doit obéir à un certain nombre d'étapes en passant par des rechutes et des rebondissements. Dans ce sens la CCC est essentiellement une approche éducative.

En essayant d'appréhender le changement dans son contexte social, culturel, économique et politique, la CCC recourt à une approche globale et va plus loin pour chercher les caractéristiques d'une situation en analysant tous les moyens de persuasion. Pour la CCC, l'individu doit modifier avant tout sa perception de la réalité. Elle précise que ce qui influence le comportement de l'individu se sont les attitudes et les croyances acquises par les habitus, lesquelles il faut combattre en premier lieu. Car, « un changement est avant tout une transformation des acteurs eux-mêmes ». Ceci revient à dire que le changement de comportement suppose un changement :

-         au niveau cognitif,

-         au niveau affectif,

-         et au niveau d'action.

La CCC aide les gens à agir favorablement  et en connaissance de cause. Ainsi, elle privilégie le dialogue qu'une décision subie ou une communication verticale.

Parallèlement, « persuader pour modifier les comportements préjudiciables à l'intérêt individuel que collectif implique un préalable : faire connaître les raisons qui justifient les modifications d'attitudes préconisées, donc diffuser au maximum les faits et les commentaires explicatifs du sujet et de la campagne »[40]. L'information représente le point de départ incontournable de toute démarche de changement. Elle a pour objectif  de toucher positivement les éléments conditionnant le comportement de l'individu (attitudes, normes subjectives...). L'information ainsi diffuée, alimente l'opinion de l'individu et forme une connaissance acquise après son interprétation. De cette, manière, la CCC n'intervient pas sans toutefois suffisamment livrer les raisons de mieux se comporter. En d'autres termes, l'information permet à l'individu à prendre connaissance du problème, tout en l'aidant à découvrir le danger tout comme le bénéfice qui en résulte. Elle conduit aussi à l'auto-évaluation, laquelle déclenche à son tour la prise de conscience et pour enfin susciter l'engagement. La CCC prône ainsi qu'il faut passer de l'information à la sensibilisation et de la sensibilisation à la conscientisation.

Ainsi, la CCC insiste à ce sujet qu' « on ne change pas sans communiquer et qu'il faut disposer aussi d'éléments d'informations complets à communiquer ». Par cette communication, la CCC vise à construire des ponts et non pas des barrières, car communiquer c'est « créer un état d'esprit en commun entre celui qui émet et celui qui reçoit » pour que les acteurs en situation de communication soient les co-auteurs du dire. La communication est ainsi une négociation entre les états du moi. Dans cet élan, une communication réussie a besoin d'être présentée dans un contexte, qui donne à chaque interlocuteur sa valeur. La CCC communique ainsi pour coopérer et tisser les relations visant à transformer l'individu.

Pour pérenniser le changement dans le temps et dans l'espace, la CCC repose sur l'implication des sujets concernés. Etant une démarche consensuelle, la CCC n'est pas une intervention « pour l'individu ou la communauté » mais plutôt une intervention « avec l'individu ou la communauté ». De par cette acception, la CCC démontre que l'appropriation n'est possible que lorsque l'individu participe pleinement au processus et ce, dès l'identification du problème à la proposition des solutions. En d'autres termes, la logique de tout développement durable prend sa force dans une approche participative, cherchant à construire ensemble tout d'abord sur le plan d'idées et enfin sur le plan d'actions.

En appuyant cette vision, Lewin, Coch et French soulignent à ce propos que pour qu'un changement soit réussi, il est nécessaire de le préparer par des discussions en groupe :

-         Pour informer les acteurs de la nécessité du changement,

-         Pour les inclure dans sa préparation en les faisant participer activement,

-         Pour décider les modalités de la mise en œuvre.

Pour ce faire, la CCC sollicite une adhésion volontaire car, un acte réalisé dans un contexte libre est plus engageant qu'un geste accompli dans une soumission passive ou par contrainte. Elle souligne aussi que les gens sont beaucoup plus disposés à changer que pour les choses dont ils sont capables. Son souci est de faire du changement un allant de soi, qui s'intègre dans la conscience pour devenir ainsi une culture qu'elle considère comme une seconde nature. Pour y arriver, la CCC fustige en tout état de cause, que, le changement ne se décrète pas mais s'accompagne.

Les maladies qui ont cessé de tuer ailleurs sont au rendez-vous quotidien à Kinshasa, mais aussi dans le reste du pays. De nos jours, le choléra, les infections respiratoires, les maladies diarrhéiques, le paludisme et la typhoïde principalement chez les enfants et les femmes enceintes occupent une place importante dans le profil épidémiologique du pays et de la ville de Kinshasa en particulier.

Les esprits bienveillants s'accordent à ce sujet que ces pathologies à répétition résultent d'un écart entre les pratiques comportementales actuelles et les règles d'hygiène environnementale. En effet, la croissance de l'insalubrité généralisée à travers la présence accrue des décharges publiques non contrôlées et des eaux usées de tout genre longeant les rues de la capitale, ont fortement favorisé la prolifération des mouches et des moustiques, les premiers vecteurs de plusieurs maladies. Tout de même, l'insuffisance d'un réseau d'assainissement dynamique de ramassage des ordures a contribué l'altération de la beauté de la mégapole. Par ailleurs, l'absence d'une politique de communication pouvant alimenter les connaissances, les attitudes et les croyances de la population en matière d'hygiène environnementale, reste un grand obstacle au changement.

Ces problèmes majeurs d'environnement et de santé publique ne peuvent s'améliorer tous seuls par un miracle. La solution à ces fléaux relève des conditions à la fois politique, économique et sociales, mais aussi de l'appropriation correcte d'un système de communication entrainant une prise de conscience sur l'importance de l'hygiène environnementale. Ainsi, la construction d'une conscience écologique peut être bénéfique pour l'épanouissement d'un corps sain. Dans un environnement sain et beau. Car, l'environnement et la santé sont deux éléments inséparables.

De cette façon, l'implication de toute les parties prenantes tant au niveau étatique que non étatique, l'éducation environnementale et sanitaire auprès de la population s'avèrent un enjeu de taille face aux problèmes d'hygiène environnementale…

 

Conclusion 

Ce chapitre qui constitue la base de notre recherche a été consacré à analyse de la communication environnementale de l’Hôtel de ville de Kinshasa dans la commune de Matete, cette commune  qui était bel et bien un espace réservé aux hauts dignitaires de la République. Mais le niveau de l’insalubrité que connait la population de ladite commune suscite une interpellation de tous…

Il a été subdivisé en plusieurs points appliquant ce protocole méthodologique.

Grâce à l’entretien et à l’observation, nous avons confirmé notre hypothèse. Et nous avons montré que l’insalubrité est très remarquable dans ce coin de la capitale suite aux mauvaises habitudes de la population et à celle de la police qui s’est livrée au recouvrement le jour prévu du Salongo…

 

CONCLUSION GENERALE

Nous voici arrivé au terme de notre périple, randonnée qui  porte sur « la communication environnementale de Régie d’Assainissement de Kinshasa, Raskin, Analyse ethnographique de la campagne de lutte contre l’insalubrité à Matete 2017-2018».

Cette analyse nous a amené à expliquer  que le problème de l’insalubrité relève de la prise d’une conscience collective, chacun de nous doit tout faire afin  que son environnement soit sain pour éviter la propagation de plusieurs  maladies et d’autres épidémies causant un taux élevé de la mortalité dans nos milieux quotidiens…

En vue de la réalisation de notre travail, nous avons opté pour  les méthodes ci-après : notre démarche est globalement ethnographique  c'est-à-dire basée sur l’observation rigoureuse, par imprégnation lente et continue de groupes humains minuscules avec lesquels le chercheur entretient un rapport  personnel[41].

 

Autrement dit, nous avons  adopte une approche qualitative. Celle-ci désigne différentes techniques d’interprétation qui peut servir à décrire ou à traduire des phénomènes sociaux et qui permettent de porter attention à la signification des phénomènes plutôt qu’à leur fréquence[42].

 

En outre, nous allons recourir aussi à la méthode descriptive ; celle-ci consiste à faire une description des usages effectifs des technologies de l’information et de la communication à travers les réseaux sociaux faisant ultime objet d’étude sous examen.

 

Notre travail a été subdivisé en trois chapitres qui sont :

 

-      Le premier chapitre, basé sur l’approche conceptuelle et théorique.

-      Quant au deuxième, il est basé sur la présentation de la Régie d’Assainissement  de Kinshasa, la présentation de la commune de Matete ainsi que la description du cadre pratique de ladite campagne.

-      Et le troisième chapitre a procédé à la présentation et à l’analyse ainsi qu’à l’interprétation des résultats des entretiens sur terrain débouchant sur  la proposition de quelques Stratégies efficaces pouvant accrocher l’attention de la cible pour le bien-être de son environnement.

En effet, à la base de cette étude nos préoccupations se résument autour des questions suivantes :

1.     Quelle place la communication environnementale de l’Hôtel de ville en termes de lutte contre l’insalubrité occupe-t-elle dans cette commune ?

2.     Comment sa population perçoit-elle les messages lancés par l’autorité urbaine sur l’insalubrité ?

3.     Quel est le comportement adopté par les Kinoises et Kinois après avoir reçu ces messages ?

En somme, la communication environnementale faite par l’autorité urbaine était centrée sur la prise de conscience et  l’implication de tout un chacun ; la salubrité publique se présenterait comme étant  une des sources de la bonne santé de la communauté… En fait, l’autorité urbaine avait consciemment constaté le danger de la présence des décharges publiques qui sont exploitées abusivement, car l’évacuation de ces déchets n’est pas automatique : avoir un environnement sain requiert nécessairement, l’implication de tous.

Certes, la conscience ne manque pas aux structures et programmes de Raskin ni aux Kinois ; l’échantillon Matetois a néanmoins regretté le non- suivi pratique aussi bien dans le chef de l’Hôtel de Ville (OVD en l’occurrence, et interventions policières plus conséquentes ou moins rapaces) que de la part des populations riveraines (salongo des vendeurs de Wenze, vigilance des chefs de quartiers, des rues, etc.).

 

BIBLIOGRAPHIE

I.      DICTIONNAIRES

 

1.     Dictionnaire Petit Robert, édition 2010.

2.     LOGICIEL Dicas Encarta 2009.

3.     HACHETTE, Grand format VUEF, éd 2005

4.     LAMIZET.B ; et SILEM.A., Dictionnaire encyclopédique des Sciences de  l’Information et de la Communication, Paris, Ellipses, 1997.

5.     Larousse dictionnaire, édition 2010.

 

II.     OUVRAGES

 

-         COLLEY. Ch., cité par GERSTLE, S., La communication politique, Paris, PUF, 1990.

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-         DUVERGER.M, Méthodes  des sciences  sociales, Paris, PUF, 1964.

-         HATC H.S., Théories des organisations, Bruxelles, Deboeck, 2000.

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-         PINTO R. et GRAWITZ M., Méthodes des sciences sociales, paris, éd, plan, 1995.

-         RONGERE.P., Guide des recherches en sciences sociales, Kinshasa, Médiaspaul, 2010.

2006.

-         VAN VRACEM PAUL & BONTON BRIGITTE, et Alii, Fondement de marketing ; Bruxelles, DeBoeck  1988.

III.      NOTES DE COURS

 

1.      KABAMBI.J ; Psychologie de marketing, notes de cours en L1 SIC, FLSH, Université de Kinshasa, 2012-2013, inédit.

2.     MUNGENGA KAWANDA F., Méthodes de recherche, notes de cours L1 SIC, Université de Kinshasa, FLSH, 2011-2012, inédit.

 

IV.    ARTICLES ET REVUES

 

-         ANADON M., et F., GUILLEMETTE, « La recherche qualitative est- elle nécessairement inductive ? », in Recherche qualitative, Hors-série, Numéro 5, 1998, pp 26-37.

-         CHARLET J.M.,    in SYMEONS J.-J., Actes de la journée d’information sur la Prévention des catastrophes naturelles, Bruxelles, Académie royale des sciences d’Outre-mer, 1991.

-         DORTIER, J.F, « La communication : omniprésence mais toujours imparfaite », in CABIN,P., La communication, état des savoirs, Paris, éd. Sciences Humaines, 1998, pp.22-25.

 

V.       WEBIOGRAPHIE

-         LAPLANTINE, La description ethnographique, Paris, Nathan, 1996, in www.ethnoclc.net, consulté le 22 Janvier 2018.

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VI.    AUTRES DOCUMENTS

-         Archives de la documentation administrative, consulté le 22/05/2018.

-         Document administratif de la Commune de Matete, consulté le 09/07/2018.

 

 



[1] Revue de l’Hôtel de ville de Kinshasa, consultée  le 22/02/2018.

 

[3] P. RONGERE, Guide des chercheurs  en sciences sociales, Kinshasa, Médias Paul, 2006

2 M.DUVERGER, Méthodes des sciences sociales, Paris, PUF, 1964, p.60.

[5] M.GRAWITZ,, Méthode des sciences sociales, Paris, Dalloz, 1996, p.360.

[6] DUVERGER M., Méthodes des sciences sociales, Paris, PUF, 1964, p.60.

[7] MULUMA MUNANGA G-TIZI, Le guide du chercheur en sciences sociales et humaines, Kinshasa, Les éditions SOGEDES, 2003, p.36.

[8] MULUMA  MUNANGA  G. TIZI, Albert,  Le guide  du chercheur  en Sciences  sociales et humaines, Kinshasa, éd.   SOGEDES, 2003, p.22.

[9] MULUMA  MUNANGA  G. TIZI, Albert,  op.cit, p.22.

[10] PINTO   ET GRAWITZ, Méthodes  des sciences  sociales, Paris, Dalloz, 1968, p.6.

[11] Blanchet, A. Gotman, A, L'Enquête et ses méthodes. L'entretien, Paris : Nathan, 1992, p.55.

[12] LAPLANTINE, La description ethnographique, Paris, Nathan, 1996, in www.ethnoclc.net, consulté le 22 Juillet 2018

[13] M., ANADON et F., GUILLEMETTE, « La recherche qualitative est- elle nécessairement inductive ? », in Recherche qualitative, Hors-série, Numéro 5, 1998, pp 26-37.

[14]www.wikipedia.com consulté le 20/10/2018.

[15] Dictionnaire Petit Robert consulté le 22/10/2018.

[16] MUNGENGA KAWANDA F., Méthodes de recherche, notes de cours, L1 SIC, UNIKIN 2017-2018.

[17] Parlons de la communication, in  www.google.com , consulté le 23/03/2018.

[18]DECAUDIN, J.M, La communication marketing : concepts, technique, stratégies, 2ème éd., Paris, Economica, 1992, p. 8.

[19] WATZLAWICK. P., Les cheveux du baron de Miichhauten, Paris, éd. Seuil, 1991, p. 228.

[20] EKAMBO. J.P., Nouvelle anthropologie de la communication, citée par

[21] COLLEY. Ch., cité par GESTLE, S., La communication politique, Paris, PUF, 1990, p. 56.

[22]  LAMIZET.B., (sous la direction) Dictionnaire encyclopédique des sciences de l’information et de la communication, Paris,  éd. Marketing, SA, Lourai, 1997, p. 28.

[23]  LOHISSE. J., cité par Ch. MWAMBA TSHIAMA, « Le paradoxe de la communication » in politique dans l’espace présidentiel congolais à travers la presse écrite, Mémoire, FLSH, UNIKIN, Kinshasa, 2005, p. 13.

[24]  WILLET. G (sous la direction), La communication modélisée, une introduction aux concepts, aux méthodes et aux théories, Ottawa, éd. Du renouveau pédagogique, 1992, p. 9.

[25]  MORIN, E., « les enjeux humains de la communication », in CABIN P. ( dir), La communication : états des savoirs, Paris,  éd. SCIENCES Humaines, 1998,  p. 15.

[26]  MBELOLO YAMPIKO, Cours  d’expression orale et écrite, 1er   Gradua SIC, Kinshasa, IFASIC, 2008, inédit.

[27]  DORTIER, J.F, « La communication : omniprésence mais toujours imparfaite », in CABIN P., ( dir),  Lla communication, état des savoirs, Paris, éd. Sciences Humaines, 1998, p.15.

[28]  JAKOBSON R., op.cit, p. 19.

[29]  Ph. MOREL, La communication d’entreprise, Paris, éd. Vuibert, 2002, p.25.

[30]www.google.com consulté le 22/04/2018.

[31] www.google.com consulté le 22/04/2018.

[32] Larousse dictionnaire édition 2010.

[33] Dictionnaire Petit Robert, éditions 2010.

[34]www.google.com consulté le 25/06/2018.

[35] Idem.

[36] Archives de la documentation administrative, consulté le 02/10/2018.

[37] Document administratif consulté le 03/10/2018.

[38]Ajzen et Fishbein in www.google.com, consulté le 04/10/2018.

[39] Idem.

[40] La Communication pour le changement de la communication in www.google.com, consulté le 12/05/2018.

[41] LAPLANTINE, La description ethnographique, Paris, Nathan, 1996, in www.ethnoclc.net, consulté le 22 Janvier 2018.

[42] M., ANADON et F., GUILLEMETTE, « La recherche qualitative est- elle nécessairement inductive ? », in Recherche qualitative, Hors-série, Numéro 5, 1998, pp 26-37.

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