Bonjour, nous sommes le 30/03/2020 et il est 06 h 29.


Le bois est la principale source d'énergie dans les pays en développement et la consommation du bois pour cette fin continue à croître sur le continent africain (FAO, 2010).L’’exploitation de ce bois en Afrique sub-saharienne et sa contribution à la déforestation ont fait couler beaucoup d’’encre et salive.


Au début de ce siècle, la déforestation avait atteint son maximum en Occident alors qu’’elle était relativement limitée dans le monde tropical. Ce phénomène a été inversé au cours des cinquante dernières années (Lanly 1993) : les surfaces boisées augmentent dans les pays industrialisés et tempérés sous l’’effet de la reforestation naturelle et des reboisements, alors que dans les pays tropicaux et méditerranéens la déforestation est allée en s’’accélérant.



C’’est ainsi que chaque année disparaissent plus de quinze millions d’’hectares de forêts tropicales, soit plus de 40.000 hectares par jour. Plusieurs causes de ce fléau sont avancées. Dans le Tiers-Monde, ces causes varient d’’un pays à un autre, d’’une culture à une autre.



C’’est ainsi qu’’en RDC, plus précisément dans le Kongo Central, beaucoup d’’experts (wwf) affirment que la cause la plus redoutable de la déforestation est sans conteste l’’agriculture itinérante sur brûlis. Sans donner leurs proportions respectives, ils présentent et localisent les autres causes dans l’’ordre d’’importance ci-après : les scieurs de long et industriels de bois dans les campagnes, d’’une part, et les fabricants de braises et feu de brousse dans les périphéries des villes, d’’autre part.



Dans cette étude, nous avons l’’ambition d’’adjoindre à ces causes déjà connues, la fabrication des briques cuites avec du bois pour la construction de l’’habitat. Car, au cours de cette dernière décennie, le sac de ciment a coûté tellement cher au point que la plupart des ménages ont recouru plutôt aux briques cuites qu’’au ciment pour la construction de leurs maisons d’’habitation.



Plus nous coupons le bois pour cuire des briques, plus nous détruisons nos forêts. Les hypothèses de notre travail sont les suivantes :

Concernant l’’exploitation du bois pour la construction de l’’habitat, la fabrication des briques cuites contribue significativement à la déforestation de Tshela et de ses environs.
2. L’’impact causé par la déforestation à Tshela et ses environs est écologique, mais aussi socio-économique et culturel.
3. La fabrication de briques cuites est devenue une activité génératrice de revenus pour la survie de plusieurs ménages. Et le nombre de fabricants augmente chaque année. En conséquence, l’’incidence de l’’activité sur la forêt de Tshela et ses environs est à redouter.


CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA DEFORESTATION DANS LE MONDE, EN RDC ET DANS LE KONGO CENTRAL

Le débat sur la définition de la forêt est vraiment délicat si bien que les Nations Unies sont en train de revisiter leur définition de la forêt. La dernière conférence de Nagoya tenue en octobre 2010 est revenue sur ce délicat dossier de définition du mot ‘‘forêt’’. D’’aucuns la définissent en s’’arrêtant aux limites de hauteur de la végétation, ou de superficie minimale ou de degré de proximité ou de « sociabilité » des arbres ou encore de qualité.



Du point de vue botanique, une forêt est une formation végétale, caractérisée par l'importance de la strate arborée, mais qui comporte aussi des arbustes, des plantes basses, des grimpantes et des épiphytes. Plusieurs arbres forestiers vivent en symbiose avec des champignons et d'autres microorganismes, et beaucoup dépendent d'animaux pour le transport de leur pollen, de leurs graines ou de leurs propagules.





Du point de vue de l'écologie, la forêt est un écosystème complexe et riche, offrant de nombreux habitats à de nombreuses espèces et populations animales, végétales, fongiques et microbiennes entretenant entre elles, pour la plupart, des relations d'interdépendance.


1.2. MOTIFS DE LA DESTRUCTION DE FORETS DANS LE MONDE

Ces cultures pratiquées sur de petites superficies par les agriculteurs représentaient 45% de la déforestation tropicale en Afrique et dans le sud-est de l'Asie en 1980. En effet, après quelques années de culture, les sols épuisés ne sont plus aptes à produire de récoltes suffisantes et les agriculteurs se déplacent vers d'autres parties de la forêt.


1.4. LES CAUSES DIRECTES DE LA DEFORESTATION DANS LE KONGO CENTRAL

Comme dit plus loin, la déforestation est la destruction de la forêt sur de grandes superficies, pour d'autres usages du terrain.

L’’on compte parmi les causes de la déforestation dans le Kongo central, l’’agriculture, les industriels de bois, le sciage le long, la fabrication de braises, le feu de brousse et la fabrication de briques.



Concernant l’’agriculture pérenne, les églises, les entreprises coloniales et l’’Etat ont installé depuis les années 1960 de grandes plantations de café, d’’hévéa, de palmier et de cacao qui ont systématiquement détruit la forêt, en l’’occurrence celle du Mayombe. L’’agriculture itinérante sur brulis pratiquée par les paysans a renforcé ce fléau.



Les entreprises coloniales ont également exploité du bois d’’œuvre, partout, dans le Kongo central au coût d’’environ 5 sacs de sel, quelques couvertures kaki et tôles par village pour l’’exploitation incontrôlée de la forêt.



Après le départ des sociétés forestières coloniales vers les années 1975 avec la zaïrianisation, s’’installent progressivement les scieurs le long. Ces derniers passent de village en village et font la coupe rase des arbres.





La fabrication des briques est devenue une cause non la moindre de la déforestation dans la mesure où plusieurs maisons en villes comme dans les villages dans le Kongo central sont construites en briques cuites avec du bois.

Le feu de brousse et la fabrication des braises sont des causes identifiées plus dans les Districts des Cataractes et de la Lukaya.


1.5. LES CAUSES INDIRECTES DE LA DEFORESTATION DANS LE KONGO CENTRAL

Les causes indirectes de la déforestation sont légions. Ces causes expliquent en fait les causes directes de la déforestation. Par exemple, si le déboisement est considéré comme une cause directe de la déforestation et que l’’augmentation de la population est la cause directe du déboisement, alors l’’augmentation de la population est une des causes indirectes de la déforestation. Les causes indirectes de la déforestation sont ainsi, l’’augmentation de la population (mouvement migratoire), les aspects culturels et le manque de formation exprimés par l’’agriculture itinérante sur brûlis, la crise technologique et économique (pauvreté, utilisation de bois de chauffage).


1.6. LES CONSEQUENCES DE LA DEFORESTATION

Il convient de faire la différence entre déforestation et dégradation des forêts, cette dernière se manifestant par une atteinte à la qualité des milieux forestiers.



C’’est ainsi qu’’en RD Congo, plus précisément dans le Kongo central, la dégradation des forêts est imputée généralement aux industriels de bois, tandis que la déforestation aux ménages. Et pourtant, les deux phénomènes sont liés et sont la cause de problèmes divers : érosion des sols, déstabilisation du bassin hydrographique provoquant ainsi inondations ou sécheresse.



Elles réduisent la biodiversité (diversité de l'habitat, des espèces et des types génétiques des animaux et des plantes), en particulier dans les forêts tropicales, qui abritent la majeure partie des espèces animales et végétales du globe.

La déforestation et la dégradation risquent d'accentuer les déséquilibres climatiques régionaux et mondiaux. Les forêts constituent une réserve de carbone de toute première importance ; avec leur disparition, les quantités excessives de dioxyde de carbone dans l'atmosphère risquent de provoquer un réchauffement de la planète associé à de nombreux effets secondaires.



Alors que la déforestation pose désormais des problèmes, elle était considérée à l'origine comme une contribution au développement national. Le « capital » de forêts naturelles a été liquidé et remplacé par d'autres formes de capital pour produire de la nourriture, des matières premières, de l'énergie ou mettre en place des infrastructures.



Les politiques coloniales reposaient sur le postulat erroné que les forêts luxuriantes poussaient sur des sols fertiles. Elles avaient pour but la « conquête » des forêts essentiellement pour la plantation de cultures commerciales et pour l'agriculture ; elles ont laissé en héritage des sols presque stériles.



La déforestation tropicale s'est accrue rapidement après 1950, facilitée par l'utilisation des machines. Depuis, des populations toujours plus nombreuses ont également déboisé de façon brutale pour leur consommation personnelle, notamment de bois de chauffage. Dans cinquante-deux pays tropicaux, les taux annuels de déforestation ont presque doublé entre 1981 et 1990.



Et pourtant, les arbres constituent théoriquement une ressource renouvelable. Dans les pays industrialisés, l'abattage est généralement suivi d'un reboisement, et la régénération naturelle est favorisée. Le nombre d'arbres plantés dans les forêts et dans les plantations réglementées des pays industrialisés dépasse la quantité d'arbres abattus ou perdus à cause des insectes et des maladies.



Toutefois, dans les forêts tropicales particulièrement, on observe une tendance inverse, aussi de nombreux spécialistes de l'environnement ont exprimé leur inquiétude à ce sujet.


CHAPITRE II : MATERIELS, MILIEU D’ETUDE ET LES CAUSES DIRECTE DE LA DEFORESTATION DANS LE KONGO CENTRAL

2.1. MATERIELS Les matériels qui nous ont servi pour réaliser cette étude sont :  Les questionnaires d’’enquête ;  L’’outil statistique ;  La calculatrice  Le bloc note ;  L’’ordinateur ; Dans ce chapitre, avant de parcourir les détails des causes de la déforestation dans le Kongo Central, plus précisément dans le Territoire de Tshela, nous allons faire la présentation du Territoire de Tshela.



2.2. PRESENTATION DU TERRITOIRE DE TSHELA
Le Territoire de Tshela est créé conformément à l’’ordonnance n°21/430 du 23 Octobre 1937, modifiée par celle n°21/348 du 10 décembre 1955.


2.2.1. Les aspects démographiques

Le Territoire de Tshela est compté parmi les trois territoires du District du Bas- Fleuve. Il comprend 9 secteurs, 75 groupements et 1.398 villages. Et la Cité de Tshela – dont la population est estimée à 110.000 habitants – est à la fois le chef-lieu de ce Territoire et du District du Bas-fleuve. Il va sans dire que notre étude s’’intéresse non seulement à la Cité de Tshela, mais aussi à ses environs.


2.2.2. Les aspects géographiques

Le Territoire de Tshela est situé en pleine forêt du Mayombe. Il a une superficie de 3.090km² avec plusieurs cours d’’eau et ruisseaux. Le sol est argilo-sablonneux, donc très favorable à l’’agriculture pérenne et maraîchère avec alternance de deux saisons, sèche de 5 mois et pluvieuse de 7 mois. L’’altitude varie entre 200 et 400m avec une pluviométrie moyenne variant entre 1.100mm à 1.300mm par an. La température ambiante en saison de pluies varie entre 24 et 30°C avec une légère baisse en saison sèche.



Près de la moitié du relief est couverte des montages et vallées, ce qui favorise la pisciculture et la culture de riz de marée et maraichère et ce, plus précisément dans les secteurs de Loangu et de Maduda. Il est par signalé ailleurs une couverture non moins importante de plaines et des quelques plateaux presque dans tous les secteurs que compte le Territoire de Tshela.

Ce qui favorise les autres cultures, notamment l’’ananas, le manioc, les ignames, la canne à sucre, les légumineuses et les cultures pérennes. Il est délimité au nord par le fleuve Tshiloangu faisant frontière avec l’’enclave de Cabinda et la République du Congo-Brazzaville, au sud par le Territoire de Lukula, à l’’est par le Territoire de Seke-Banza, et ouest par l’’enclave de Cabinda (Angola).

La population de Tshela, environ la moitié vit essentiellement des activités agricoles. Le reste exerce de l’’artisanat (maçonnerie, transformation d’’huile de palme, de manioc et du bois, menuiserie, mécanique, etc.) ainsi que leurs activités dans le secteur tertiaire de service, notamment le commerce ainsi que divers autres métiers.

Au sein de l’’activité paysanne par exemple, l’’on compte plusieurs associations agricoles et d’’élevage. Appuyées quelque peu par certaines organisations non gouvernementales de développement « ONGD », ces associations ont pour objectifs de résoudre quelques problèmes communs de leurs membres notamment, les problèmes liés à la production et à la commercialisation de produits. Le revenu de cette population est très faible, le plus faible des autres territoires du District du Bas-fleuve (2 repas par jour), par conséquent, quasi- existence de l’’épargne, sous toutes ses formes (mutuelles, coopératives…).

D’’après les enquêtes menées en 2013 par l’’inspection provinciale de l’’agriculture dans le District du Bas-fleuve, c’’est dans le territoire de Tshela que l’’on enregistre le taux le plus élevé de malnutrition, alors que cet indicateur est presque nul dans le Territoire de Seke-Banza.

Cette malnutrition est expliquée, selon les enquêteurs, par la faible production des activités agricoles due notamment à la dégénérescence des semences, aux faibles superficies cultivées (la paresse et la rareté de terres cultivables), à la pauvreté du sol, au manque de technicités agricoles et aux perturbations climatiques.

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