Bonjour, nous sommes le 18/10/2019 et il est 08 h 32.





 

DEDICACE

 

A nos parents NGBANGBE Jean et NGENDE KWAHO Brigitte pour nous avoir donné la vie et guidé nos premiers pas vers l’école au prix de mille sacrifices et difficultés.

 

A notre tante YAKESENGE Josette, son époux KIKALA KELLY pour leur affection et sacrifices.

 

A notre cousine MAMONI Marie Félicité et son époux DJIMY Kaloji et tous ceux qui aiment la science.

 


 

REMERCIEMENTS

 

Ce travail est le fruit de la conjugaison de tant d’efforts personnels et de l’appui aussi bien moral que matériel de nombreuses bonnes volontés envers lesquelles nous sommes redevable à plusieurs, égards.

 

Notre sentiment de gratitude s’adresse d’abord au Professeur François PALAMA BONGO NZINGA qui, malgré ses multiples préoccupations a accepté de diriger ce travail.

 

Nous pensons aussi à notre encadreur le Chef de Travaux NZEE SOKE René qui s’est dévoué de se donner corps et âme pour nous guider dans le monde du savoir. Ses sages conseils et sa rigueur nous ont façonné afin que nous puissions mener à bien ce travail.

 

Nos remerciements s’adressent également à tous ceux qui de loin ou de près ont contribué à notre formation. Nous pensons aux membres du corps académique, scientifique, administratif de l’Université de Kinshasa, en général et en particulier, ceux du Département de Sociologie à la Faculté des Sciences Sociales, administratives et Politiques.

 

Nos pensons à nos familles Kwaho et Ngbangbe, à notre grand père Kwaho Wombo, Oncle José Kwaho Ngbowali Kwaho, Vungbo Eve, Zengbe Papy, Jacques Kwaho, Bandatiri Kwaho, Gala Fiston, Yandiri Arsène, Kombi Solange, Maman Yagerembengia, Michigan, Trésor Maboya, Gerengbo Sylvie, Ange Christelle, Rody Konzi, Kodaso Nickel.

 

Nos vifs remerciements s’adressent à nos collègues de promotion à savoir Chimène Nganzene, Esther Ejiba, Mbelenga Coco, René Minana, Symphorose Mujinga, Couronne Lukonga, Trésor Luzolo, Daniel Baelenge.

 

Afin notre sentiment de gratitude s’adressnet particulièrement à maman Kwaho, Papa Ndoba, Caroline Ndoba, pour leur affection et leur conseil. 


 

INTRODUCTION

 

1.      Etat de la question

 

Rien dans la vie humaine n’échappe à la recherche dont la finalité demeure la quête des solutions aux multiples problèmes. Tout dans la nature mérite interrogation, exploration et analyse afin de comprendre le réel pour le bonheur des hommes. Tous les domaines de la vie sociale confrontés à l’examen nécessitent des réponses émanant des maints chercheurs.

 

Il n’en est pas autrement de la question du mariage, maintes fois abordée et analysée sous divers aspects par des hommes de science et spécialistes. A cet effet, il nous est difficile, voire impossible d’avoir une idée exhaustive de tous les écrits consacrés à la problématique du mariage, car tant que la société existera, les recherches se multiplient et se complexifient, rendant impossible l’ambition de les exploiter toutes.

 

Pour ce qui nous concerne,  quelques écrits ont attiré notre curiosité et permis une sélection par rapport aux objectifs assignés à ce travail. Et parmi les auteurs, nous avons retenu, Anthony GIDDENS qui a procédé à une analyse comparative du mariage tel que vécu dans le passé et dans le présent ([1]).

 

Il note à ce propos que dans la société traditionnelle, la famille était essentiellement une unité économique. L’inégalité des sexes était une donnée fondamentale de la vie familiale. D’un point de vue économique, les femmes étaient la propriété des hommes (mari ou père). Dans le domaine sexuel, une double règle prévalait : tolérance pour les relations extra-conjugales des hommes, stricte exigence de fidélité pour les femmes. La sexualité avait pour fonction le maintient de la continuité du lignage et donc de l’héritage familial.

 

La sexualité avait pour fonction essentielle la procréation. Aussi, l’absence de moyens de contraception efficaces avait pour conséquence qu’une part importante de la vie des femmes était occupée par les grossesses, les maternités et les soins à apporter aux jeunes enfants.

 

Aujourd’hui, ajoute le même auteur, ce ne sont plus la famille ni le mariage qui comptent, mais bien la relation, en particulier la relation de couple. Les individus ont par rapport à elle des exigences de communication émotionnelle et d’intimité. Ce qui n’était pas le cas jadis où le mariage était l’engagement.

 

NGOMA NGAMBU estime que la modernité prévaut en milieu urbain et la coutume en milieux ruraux. En ce qui concerne la famille, par exemple, il faut noter qu’à côté du lignage qui prévaut à la campagne, une nouvelle famille est en train de se former ou plutôt de s’affirmer : la famille conjugale (surtout avec la récente promulgation du code de la famille).

 

A vrai dire, insiste-t-il, ce groupe composé des époux et des enfants existait déjà à l’époque précédente tant chez les patrilinéaires que chez les matrilinéaires, mais il n’avait qu’une existence de fait et un statut officieux puisque les deux époux appartenaient chacun  à son clan, aux activités duquel ils participaient intensément lors des deuils, mariages, naissances, maladies, travaux collectifs, etc., et que les enfants suivaient l’un ou l’autre, selon le régime du milieu.

 

Suite à l’acculturation et à l’urbanisation martèle-t-il, le modèle européen a été imposé et inculqué par les administrateurs, colons et missionnaires. Depuis lors, la famille individualiste ne cesse de prendre racine et de s’affirmer en face du lignage, voire contre la famille lignagère ou clanique. En vertu du principe des propositions inverses, la famille individualiste existe surtout en ville et le clan à la campagne. Dans la vie quotidienne, en ville surtout, chacun vit et agit en membre de famille restreinte, mais lors des rites de passage (naissance, mariage, mort), on s’en remet à la famille étendue, donc au lignage sinon à la tribu. Consanguins et affins se retrouvent alors obligatoirement ([2]).

 

Dans une étude portant sur l’analyse comparative de la célébration du mariage en milieu traditionnel et en milieu moderne Ngbandi, Yagoga Ndombala ([3]) s’est évertué à démontrer le parallélisme entre l’organisation du mariage dans la société moderne Ngbandi comparativement à celle d’autrefois.

 

Par rapport à la société traditionnelle, l’auteur note que le choix de la fiancée (ou du fiancé) était fait par les parents généralement, c’est la mère du garçon ou ses tantes paternelles qui négocient sans consultation de l’intéressé, c'est-à-dire du futur époux. On fiançait, même des personnes non encore nées ; et cela suffisait qu’une maman de bonne et de bon milieu soit enceinte, on prenait alors une souscription.

 

Par contre, en milieux urbains, le garçon et la fille se décident en premier lieu du désir de se marier avant d’en parler aux parents. Les fiançailles s’opèrent par consentement mutuel sans considération de l’avis des parents sollicités en second lieu. Le choix des fiancés est par ailleurs fonction de plusieurs paramètres tels que les traits physiques, la profession de l’intéressé et de ses parents, le niveau de formation, etc.

 

Quant à ce qui nous concerne, loin de nous l’option de nous aligner sur tel aspect ou tel autre soutenu par les chercheurs évoqués, notre préoccupation consiste à analyser les difficultés de célébration du mariage Ngbandi en milieux urbains.

2.      Problématique

 

Dans toutes les nations du monde, quelles que soient les époques, la célébration du mariage est un événement d’une grande importance attendu qu’il permet l’élargissement des familles et le renforcement des alliances entre les différents groupes sociaux. Mais cette célébration diffère d’une société à une autre et aussi varie au fil du temps.

 

C’est ce qui fait que la manière de célébrer le mariage aujourd’hui ne soit pas la même que celle de nos sociétés traditionnelles. Dans le passé, le choix du mariage ne dépendait pas seulement des personnes directement intéressées par cette union, ce choix devait émaner des parents dont l’expérience comptait. Dans la plupart des cas, ce choix était opéré par le père ou les oncles paternels du garçon qui négociaient tout en tenant compte des relations particulières existant avec la famille de la jeune fille.

 

Pour ce qui concerne particulièrement la société traditionnelle Ngbandi, la mère ou les oncles paternels du jeune homme avaient la charge de trouver une jeune fille par le biais de ses parents afin de faire des propositions de mariage. Il faut également noter que les fiançailles portaient même sur des personnes non encore nées, ainsi que l’avons indiqué ci-haut.

 

Par contre, en milieux urbains, la situation n’est plus la même. L’évolution des mentalités favorisée par les progrès technologiques et le brassage ethnique ne permet plus aux parents de décider en primeur sur les ambitions matrimoniales de leurs enfants. Le garçon et la fille, après leur rencontre, se font mutuellement des propositions de mariage avant d’en parler aux parents. Actuellement, avant de s’engager, c’est l’amour qui compte d’abord, même sans réserve d’autres considérations matérielles.

 

Dans la société moderne, constate Guy Rocher[4], « tout s’emploie et s’ingénie à faire du mariage une affaire d’amour » et l’on tend à déprécier de diverses manières le mariage d’intérêt et le mariage de raison au profit de ce que l’on appelé l’amour romantique ou romanesque. Pourtant, dans beaucoup de sociétés et durant de longues périodes de l’histoire, le mariage des jeunes gens était arrangé par leurs parents et était essentiellement une affaire économique qu’on traitait comme telle. Et ce type de mariage était beaucoup plus stable que celui qui résulte de l’amour romanesque.

 

Mais au fur et à mesure que les sociétés actuelles baignent dans la modernité, les conditions de mariage ne cessent de se transformer en dépit du maintien ou du recours à quelques valeurs des sociétés traditionnelles. En ville et surtout à Kinshasa, la crise sociale et tous ses corollaires qui frappent ses habitants depuis plus de quatre décennies, ont engendré des perturbations dans les rapports sociaux entre les individus. Le chômage, l’absence des investissements pour la création de nouveaux emplois, l’explosion démographique, l’instauration de l’économie de la débrouille pour la survie sont autant des facteurs qui régulent la vie des citoyens au quotidien.

 

Compte tenu de tous ces éléments, l’organisation du mariage pose de plus en plus de problèmes, surtout aux ressortissants Ngbandi dans l’optique du respect du rituel traditionnel de la célébration de mariage en milieu urbain. Ce constat nous suggère quelques questions en guise de notre problématique.

-         Quels sont les facteurs (culturels) qui entravent la célébration de mariage en milieu urbain à l’image du rituel traditionnel?

-         Comment faire pour rendre harmonieuse cette célébration du mariage ?

3.      Hypothèses

 

L’organisation d’une recherche autour d’hypothèses, selon Luc Van Campenouldt ([5]), constitue le meilleur moyen de la mener avec ordre et rigueur sans sacrifier pour étant l’esprit de découverte et de curiosité propre à tout effort intellectuel digne de ce nom. Bien plus, un travail ne peut être considéré comme une véritable recherche s’il ne se structure autour d’une ou de plusieurs hypothèses.

 

Une hypothèse est une proposition, renchérit le même auteur, qui anticipe une relation entre deux termes qui, selon les cas, peuvent être des concepts ou des phénomènes. Une hypothèse est donc une proposition provisoire, une présomption, qui demande à être vérifiée ([6]).

 

Par rapport à nos questions de recherche, nous postulons que les difficultés  de la célébration de mariage en milieu urbain seraient selon le rituel traditionnel Ngbandi liées aux mutations engendrées notamment par le contact de différentes civilisations et cultures qui impactent  sur les valeurs authentiques d’antan. Pour rendre harmonieuse la célébration de mariage traditionnel, les Ngbandi vivant dans les centres urbains, devraient, quoique s’ouvrant aux autres, sauvegarder certains de leurs traits culturels essentiels en rapport avec le mariage.

Telles sont les hypothèses à la base de nos investigations pour leur confrontation ou leur négation.

4.      Méthodologie

 

Tout travail scientifique a comme soubassement les méthodes et les techniques sans lesquelles la recherche n’aurait ni tête ni queue et en définitive, ne saurait se justifier. La méthodologie constitue donc un cadre général à travers  lequel ses divers éléments vont servir à outiller l’ensemble de la recherche afin d’atteindre les objectifs poursuivis à l’issue de la production des données et  l’interprétation des résultats.

4.1.           Méthode

 

La méthode est pour la recherche, d’après R. Pinto et M. Grawitz, l’ensemble concret des opérations mises en œuvre pour atteindre un ou plusieurs objectifs ([7]). C’est donc une voie tracée et suivie par le chercheur pour exprimer le réel.

Mais il existe plusieurs méthodes autant qu’il y a la diversité des problèmes sociaux. Le recours à l’une ou l’autre n’est pas déterminé à l’avance, car elle doit être fonction des objectifs poursuivis par la recherche.

 

Pour ce qui nous concerne dans cette étude, la méthode dialectique vaut davantage par rapport à nos préoccupations étant donné que la décision et l’engagement au mariage nécessitent les débats, les contradictions avant d’aboutir à la concrétisation. A cet effet, lorsque nous évoquons les difficultés de célébration de mariage ngbandi en milieu urbain selon le rituel traditionnel, nous entrevoyons diverses oppositions entre le traditionnel et le moderne. Pour bien appréhender ces divergences, il s’avère de dégager les postulats même de l’analyse dialectique exprimés en quatre lois, telles que décrites par Sylvain Shomba ([8]).

 

La première loi porte sur l’unité des contraires, autrement appelée la connexion universelle. D’après ce postulat, l’univers est constitué d’un tout où toutes les parties se tiennent, tantôt en équilibre, tantôt en déséquilibre. Appliquée à notre étude, cette loi nous permet d’appréhender le mariage comme une occasion de rencontre entre le fiancé et la fiancée qui peuvent être soit tous les deux de la culture ngbandi, soit l’un de la culture ngbandi et l’autre d’une autre culture pour leur cohabitation en dépit des divergences qui peuvent surgir suscitant des comportements contradictoires.

 

La seconde loi préconise la lutte des contraires qui fait qu’au sein de tout phénomène, il existe des forces en opposition et donc en conflit : ce sont des contraires. Dans le cadre de notre travail, il faut reconnaître que la célébration d’un mariage est toujours émaillée des « conflits » entre les deux familles en dépit de leur volonté commune.

 

La troisième loi se fonde sur la négation de la négation, c'est-à-dire que la société dépasse les situations présentes pour des nouvelles. A ce propos, la formation d’un couple est toujours sujette à des conflits à répétition rendant parfois difficile l’harmonie conjugale. Mais au fur et à mesure que les conjoints s’habituent, les situations fâcheuses disparaissent au profit de la paix.

 

La quatrième et dernière loi stipule que « tant dans la nature que dans la société, d’une manière générale et dans chaque cas concret, les changements qualitatifs ne peuvent se produire qu’à travers des changements quantitatifs, par addition ou soustraction ».

Par rapport à cette loi, les discussions qui gravitent autour de la célébration du mariage aboutissent parfois à des situations non voulues susceptibles de causer la rupture des liens de mariage. Mais au-delà de ces situations, les membres de la communauté parviennent à accorder les violons afin d’instaurer une union stable et durable.

Ces quatre lois de la dialectique seront appuyées dans leur mode opératoire par quelques techniques.

4.1.2. Techniques de recherche

 

Une technique de recherche est un moyen, un instrument ou un outil au service de la méthode en vue de mieux la saisir ([9]).

 

Pour Sylvain Shomba ([10]), la technique constitue l’ensemble de procédés exploités par le chercheur  dans la phase de production des données qui intéressent son étude.

 

La technique est un moyen qui nous permet de construire les matériaux nécessaires afin de mener au bon port l‘objet de notre recherche. A cet effet, nous avons jugé utile de faire appel à quatre techniques documentaire, observation directe, observation participante et entretien.

 


 

·        La technique documentaire

 

La technique documentaire est ainsi désignée souligne, Sylvain Shomba, parce qu’elle mette en présence le chercheur d’une part et les documents supposés contenir des informations recherchées d’autre part. On l’appelle aussi techniques non vivantes ou techniques d’observation indirecte. Ici, l’observation sur la réalité sociale transite par la lecture des œuvres aussi bien matérielles qu’immatérielles produites par l‘homme vivant en société ([11]).

 

Par rapport à notre étude, cette technique nous a été d’un grand apport dans la mesure où grâce à la lecture de divers documents écrits tels les ouvrages, les articles de revue scientifique, les archives publiques et privées, les publications officielles, …, nous avons été en possessions des données et des informations utiles portant sur la célébration de mariage dans la société Ngbandi.

 

La technique d’observation directe est celle par laquelle le chercheur procède directement lui-même au recueil des informations sans s’adresser aux sujets concernés. Elle fait directement appel à son sens d’observation. Les sujets observés n’interviennent pas dans la production de l’information recherchée. Celle-ci est manifeste et prélevée directement sur eux par l’observation ([12]).

 

Cette observation visuelle nous permet de faire une photographie de rituel sous examen, qui à l’analyse permet de dégager éventuellement les difficultés de parcours.

 

 

·        La technique d’entretien

 

Cette technique se caractérise par un contact direct entre le chercheur et ses interlocuteurs et par une faible directivité de sa part. Aussi, s’instaure en principe un véritable échange au cours duquel l’interlocuteur du chercheur exprime ses perceptions d’un événement ou d’une situation, ses interprétations ou ses expériences, tandis que par ses questions ouvertes et ses réactions, le chercheur facilite cette expression, évite qu’elle s’éloigne des objectifs de la recherche et permet à son vis-à-vis d’accéder à un degré maximum d’authenticité et de profondeur ([13]).

 

Il faut noter que c’est par ces contacts directs qu’il nous a été possible de bien comprendre les difficultés qui découlent lors de la célébration du mariage du peuple ngbandi confrontés ou plutôt tiraillés entre la modernité et la tradition.

5.      Justification du choix et intérêt du sujet

 

Actuellement, nous assistons à différentes manifestations de mariage dans la ville de Kinshasa où nous même sommes témoin de spectacles et des réalités qui accompagnent cette organisation. En tant qu’étudiante en sciences sociales et surtout en sociologie, cette situation nous a toujours interpellée et par conséquent justifié notre choix.

 

L’intérêt porté à ce sujet relève d’une longue observation de la pratique des mariages en milieux urbains, de leurs différentes péripéties et des conclusions auxquelles ils aboutissent.

 

 

5.1.         Intérêt pratique

 

L’intérêt pratique du choix de ce sujet nous est de consolider notre capacité d’analyse de cette réalité sociale d’une si grande importance, d’interpeller toutes les parties prenantes, à savoir les ngbandi, les autres peuples et tribus qui entrent en relation avec ces derniers.

 

5.2.         Intérêt scientifique

 

Ce travail constitue un support parmi tant d’autres pour tous ceux qui voudraient mener leurs recherches dans le domaine de la sociologie de la famille où le mariage demeure une thématique largement exploitée.

6.      Délimitation du sujet

 

Comme il est quasiment impossible d’analyser une réalité sociale dans tous ses contours, la délimitation du sujet s’avère utile surtout qu’elle permet au chercheur de mener son étude avec beaucoup de lucidité et de précision. A cet effet, notre travail sera délimité dans le temps ainsi que dans l’espace.

 

Quant à la délimitation temporelle, nos investigations porteront sur la période allant de 2010 à 2017, période durant laquelle notre curiosité a porté à partir de six mariages qu’on a participé dans l’aire culturelle ngbandi à Kinshasa.

 

Par rapport à la délimitation spatiale, c’est la ville de Kinshasa qui nous a servi de cadre d’enquête et particulièrement la commune de Lemba (quartier Righini).

 

7.      Difficultés rencontrées

 

Comme dans tout travail scientifique, les difficultés sont de plusieurs ordres. Certes, les documents parlant généralement de mariage étaient à notre portée, mais difficile de trouver. Ceux relatifs à la célébration du mariage dans l’aire culturelle ngbandi sont également rares.

 

Il est également reconnu que la culture des investigations scientifiques constitue une donnée méconnue au sein de la majorité de la population congolaise, d’où la méfiance et la réticence des enquêtés de répondre à nos questions en dépit de l’importance du sujet. Une autre difficulté est celle liée aux rendez-vous difficilement réalisables par des personnes concernées par nos enquêtes. Nous étions soumis à leurs caprices et c’est donc grâce à la patience, à la persévérance et au prix attaché à notre étude que nous sommes parvenu à trouver gain de cause.

8.      Subdivisions du travail

 

Notre travail a été conçu sur base de trois chapitres hormis l’introduction et la conclusion. Le premier chapitre a trait aux généralités dont la première section s’intéresse à la terminologie et la seconde à la présentation du milieu d’étude à travers ses aspects historique, géographique, démographique et juridico-administratif.

 

Le deuxième chapitre traite des considérations générales sur le mariage.

Le troisième et dernier chapitre porte sur les résultats de nos investigations, à travers la présentation, l’analyse et leur interprétation.

 


 

CHAPITRE I : DE LA TERMINOLOGIE ET DU CHAMP D’INVESTIGATION

 

Introduction

Dans ce chapitre, nous allons analyser l’approche conceptuelle et présenter notre milieu d’étude.

Section 1 : Définition des concepts

 

La définition des concepts dans l’élaboration d’un travail scientifique reste d’une grande importance dans la mesure où elle aide les lecteurs à bien saisir le sens réel des termes utilisés par l’auteur. A cet effet, le contexte de notre dissertation nous incite à clarifier les concepts tels que : difficultés, célébration, mariage, famille, milieu traditionnel et milieu urbain.

I.1. Difficultés

 

Le Larousse définit les difficultés comme étant le caractère de ce qui est difficile, une complexité, une chose difficile, qui embarrasse, un empêchement, un obstacle. Il s’agit également d’une divergence de vues des personnes, une opposition, un antagonisme.

En ce qui nous concerne, les difficultés constituent un désaccord, ce qui pose problème aux parties de s’entendre sur une réalité donnée, à savoir l’ensemble des éléments qui entrent en ligne de compte dans la célébration de mariage ngbandi en milieu urbain. Ces éléments sont :

-         Phase 1 : Préparatifs

Le mariage chez les peuples ngbandi s’organise généralement de deux côtés, notamment la famille du marié, d’un côté et de l’autre, la famille de la femme. il s’agit de la présentation, de la prédot et de la dot dans une parfaite harmonie entre les deux familles.

 

 

Pour ce qui relève de notre travail, la difficulté portant sur le versement de la dot dans le cadre de la célébration du mariage. Pour certains, la dot doit conserver son caractère symbolique de manière à ce que les membres restent fidèles à la tradition. Par contre, les autres estiment que la dot doit s’adopter au rythme de la vie, aux circonstances actuelles, c'est-à-dire au sens de la marchandisation.

1.2. Célébration

 

D’après le Larousse, la célébration est une action de célébrer un événement, une cérémonie. Dans le cadre de notre travail, la célébration est une activité solennelle festive qui réunit plusieurs individus. Il s’agit ici de la participation des uns et des autres à la cérémonie du mariage ([14]).

-         Phase 2 : Célébration

La célébration du mariage coutumier en présence de deux familles parties à l’alliance et accepté. Il est scellé par le versement et acceptation de la dot.

La célébration du mariage civil devant l’officier de l’état-civil et enregistré devant l’officier de l’état civil devant les témoins. C’est celui reconnu par la loi civile représentant de l’autorité politique officielle.

La célébration du mariage religieux devant l’église en présence des fidèles.

1.3. Mariage

 

Dans le Lexique de sociologie, le mariage est une union légale entre (au moins) deux conjoints de sexes opposés créant un lien  d’alliance et visant à donner un statut légitime aux enfants de cette union. Dans toute société, le mariage est d’abord une institution imposant certaines règles sociales qui confèrent sa légitimité à l’alliance, permettant la perpétuation des familles et la socialisation des enfants.

 

Selon Emile Durkheim, poursuit la même source, le mariage est au fondement de la famille conjugale. Selon Claude Lévi-Strauss, la famille trouve son origine dans le mariage. Il indique que, quels que soient les types de mariage (par échange, achat, libre choix imposé par la famille, etc.), chaque société opère une distinction entre les unions libres et les unions légitimes et presque toutes les sociétés mettent très haut le statut matrimonial (avec une certaine « expulsion » à l’égard du célibat ou des couples sans enfants) ([15]).

 

Par ailleurs, le mariage ne procède en général pas par des individus mais des groupes concernés (familles, lignages, clans, etc.) ; en effet,, bien que le mariage donne naissance à une famille, c’est la famille ou plutôt les familles qui créent le mariage, comme principal moyen légal d’établir, entre elles une alliance… ([16]).

 

Béatrice Barbusse et Dominique Glaymann ([17]) pensent d’ailleurs que considérer  le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme est une prénotion. Des études anthropologiques, soutiennent-ils, montrent que dans certaines sociétés traditionnelles et/ou primitives, le mariage est une alliance entre une femme et plusieurs hommes (au Tibet, chez les Toda en Inde) polyandrie ou entre un homme et plusieurs femmes (comme c’est le cas dans certaines sociétés africaines et musulmanes) polygamie voire entre hommes ou entre femmes.

 

Pour le code de la famille, le mariage est un acte civil, public et solennel par lequel un homme et une femme, qui ne sont engagés ni l’un ni l’autre, dans les liens d’un précédent mariage enregistré, établissent  entre eux une union légale et durable dont les conditions de formation, des effets et la dissolution sont déterminés par la présente[18].

1.4. Famille

 

La famille est au cœur de notre réalité individuelle et sociale : « Tout le monde, en principe, appartient à une famille et/ou en fonde une » (Emile Durkheim) cité par Béatrice Barbusse et Dominique Glaymann.

 

-         La notion de famille

 

Une famille, au sens large, ainsi s’expriment B. Barbousse et D. Gluymann, est un groupe social élémentaire qui est constitué d’un ensemble de personnes ayant entre elles des liens de parenté. Elle regroupe alors l’ensemble de la parenté.

Au sens étroit du terme, c’est un groupe constitué d’au moins deux personnes de sexes opposés ayant des liens de parenté (de filiation ou d’alliances) et résidant ensemble.

 

Comme on peut le voir, le sens du mot famille est pluriel et dépend de conventions évidemment arbitraires. Son sens diffère donc d’une société à l’autre. Si les travaux anthropologiques et historiques témoignent de l’universalité de la famille, en revanche, ils constatent qu’elle prend, selon les lieux et les époques, des formes très variées et démontrent ainsi qu’elle est un output, construit par les conventions sociales en vigueur.

 

Si la famille est présente dans toutes les sociétés, les règles qui président à sa formation diffèrent d’une culture à l’autre. Chaque société adopte en fonction de ses traditions une conception propre de la famille. S’il en est ainsi, c’est que les règles d’alliance entre les individus et les modalités d’éducation des enfants ne sont pas identiques partout, même s’il existe quelques règles universelles.

 

Parmi les agents et les lieux de socialisation, la famille est sans doute l’agent fondamental. Elle transmet  des valeurs, des normes et des habitudes à travers une multitude de pratiques et d’échanges quotidiens. Les apprentissages et l’éducation forment une composante majeure de toute socialisation. La famille contribue ainsi fortement à transmettre le langage, la politesse, la solidarité, … bref les us et coutumes.

 

Les fonctions sociales de la famille[19]

 

Sur le plan social, la famille assure des fonctions essentielles pour l’intégration et la cohésion sociale.

 

-         Fonction affective à l’égard des enfants

Cette fonction sentimentale est considérée comme essentielle à l’équilibre psychologique et identitaire des enfants comme des parents.

 

-         Instance de socialisation

 

La famille est donc un canal essentiel d’intégration sociale dans la mesure où l’individu, en apprenant les règles de vie et en les assimilant, acquiert les moyens de se faire une place et de se mouvoir au sein de la société. Ce faisant, la famille est aussi un instrument de cohésion sociale car elle favorise des comportements conformistes et non déviants. Pour l’individu, c’est en outre un moyen de se forger une identité sociale, car en intériorisant un ensemble de règles de vie partagées par une multitude de semblables, il renforce son sentiment d’appartenance à la collectivité.

 

-         Instance de transmission voire de reproduction

 

Pour Bourdieu, les parents transmettent aux enfants non seulement un capital économique (patrimoine foncier et/ou financier), mais aussi et surtout un capital culturel (des relations, des « manières », des façons de penser, d’agir, …) par l’intermédiaire du processus de socialisation.

 

-         Famille et solidarité sociale

 

Face à la crise, à la montée de l’exclusion, à la persistance de certaines inégalités sociales, (notamment entre les générations), la famille peut jouer un rôle important en soutenant moralement, matériellement, financièrement, … les membres de la parentèle en situation difficile (chômage, maladie, accident, surendettement…). La solidarité familiale traverse les générations et se manifeste, à double sens : des parents aux enfants, des grands-parents aux petits-enfants, des grands parents aux parents, des enfants aux parents, des enfants aux grands parents, etc.

1.5. Milieu traditionnel

 

Le milieu traditionnel est fondé sur la tradition, c'est-à-dire la manière d’agir ou de penser transmise de génération en génération. Ce milieu est régi par la société traditionnelle caractérisée, selon Guy Rocher par une science et une technologie encore à l’âge pré-newtonien et en conséquence, par une productivité plafonnée. La production de la société traditionnelle n’est pas nécessairement statique : elle peut s’accroître, mais seulement dans une mesure limitée par suite du plafonnement qu’impose l’état archaïque des connaissances scientifiques et techniques[20].

 

Principalement agricole, la société traditionnelle s’organise autour de la famille et du clan ; elle n’autorise qu’une mobilité sociale restreinte et l’attitude de la population est marquée au coin d’un certain « fatalisme à long terme », c'est-à-dire d’une acceptation de la situation générale telle qu’elle est ce qui n’exclut cependant pas le désir de certaines améliorations individuelles limitées.

Donc compris dans ce sens, le milieu traditionnel s’oppose radicalement au milieu urbain.

Nous notons que cette manière de considérer le traditionnel est assortie d’une petite dose d’idéologie ou de préjugé. En effet, toute entité humaine relève d’une tradition. Il y a des traditions propres aux milieux urbains ruraux et d’autres aux milieux urbains. De ce point de vue, toute tradition n’est pas archaïque. Nous pouvons affirmer par exemple que l’on se marie par tradition.

Selon une certaine tradition, on enterre les morts au cimetière, selon une autre, on incinère le mort et seule la culture est recueillie et gardée.

 

1.6. Milieu urbain

 

Le concept de milieu urbain se confond à celui de la population urbaine définie par l’administration coloniale comme étant celle qui vit en dehors du milieu coutumier (cités, camps de travailleurs, plantations, mines). L’on parlait de centre extra-coutumier Les agglomérations urbaines sont également appelées « extra coutumières » afin de souligner qu’elles se sont développées en dehors du cadre traditionnel, et sous l’impact de nouvelles formes d’activités économiques et d’une urbanisation croissante.

 

Pour Marcel Cornu, une grande ville apparaît d’abord comme un lieu, un espace où se trouvent concentrées des activités économiques et sociales très diverses.

 

-         Elle est le lieu de production, notamment de production industrielle

 

Mais son espace est actuellement de plus en plu occupé par les activités financières de gestion, de direction, d’information, en un mot, ce fameux tertiaire dit « noble ».

 

-         Elle est le lieu d’échange

Les marchandises circulent dans la ville, passent de la main du producteur à d’autres mains. Elles sont commercialisées, échangées.

 

-         Elle est le lieu de consommation

 

Des centaines de milliers ou des millions de citadins consomment les biens d’usage qui leur sont nécessaires pour leur entretien vital et pour la reproduction permanente de leur force de travail. Ainsi, le logement, la nourriture, la vêtement, sont des biens d’usages indispensables à cette fin. Mais tous les équipements publics ou privés (les écoles, les hôpitaux, les installations de loisir et de culture, etc.), sont des biens d’usage. Ils entrent dans la sphère de la consommation. L’ensemble des aménagements destinés à la production, aux échanges, à la consommation, constitue ce qu’on appelle couramment, mais d’une manière peu adéquate le « cadre bâti » ou encore le « cadre urbain ».

Partant de tout ce qui précède, la célébration du mariage dans le contexte urbain pose des problèmes par rapport aux us et coutumes de la tradition ngbandi.

Section 2 : Présentation du peuple Ngbandi

 

Dans cette section, nous allons procéder à une brève présentation du peuple Ngbandi à travers la signification de ce nom, de son historique, de l’aspect géographique ainsi que de la situation ethnologique.

2.1. Signification du nom Ngbandi et historique

 

Le mot « Ngbandi » dérive probablement de « Kola Ngbandi » (grand Ngbandi) qui serait à l’origine de ce peuple. Par extension, le nom Ngbandi a été donné (par extension) à d’autres groupes de la contrée, mais qui ne sont pas ses descendants directs. Ngbandi est la manière correcte d’écrire. Ce mot au singulier dont le pluriel est « Angbandi ». L’administration civile ou l’Etat colonial avait l’habitude d’écrire « Mongbandi ». D’autres personnes écrivaient à leur façon ; Gbandi ([21]).

 

Bien que ce nom ait été donné à d’autres groupes qui s’étaient liés avec les descendants de Kola Ngbandi pour des raisons d’ordre historique, linguistique ou culturel, il devrait être réservé aux descendants de Kola Ngbandi et plus spécialement aux branches Ngbando et Ngaro-Ngu

 

Il sied de noter que les Ngbandi, à l’instar des peuples frères (Ngbanka, Mbanza, Nzakara, etc.) vivaient beaucoup plus au Nord dans les pays connus sous les noms de Darfour et du Kordofan (Soudan) au XVè siècle. Ils ont ensuite abandonné leurs milieux d’origine à cause des attaques perpétrées contre eux par les envahisseurs musulmans et juifs.

 

Ils se dirigèrent vers le Sud-Ouest, en République Centrafricaine où ils s’étaient installés avant de traverser la rivière Ubangi suite aux conflits internes pour s’établir définitivement en République Démocratique du Congo dans la Contrée de l’Ubangi.

 

En République Centrafricaine, on trouve les Sango et les Yakoma, tandis qu’en RDC, les Ngbandi se trouvent à Budjala où on les appelle des Ngbandi Ngiri dans le Diocèse de Budjala. Ils vivent donc dans les deux Provinces. Au Nord Ubangi, ils sont éparpillés notamment à ABUMOMBAZI, WAPINDA, YAKOMA, KOTAKOLI, MOBAYI-MBONGO, MOLEGBE, GBADOLITE et BUSINGA et inversement dans la province du Sud-Ubangi, ils sont concentrés dans les territoires de Libenge, de Mawuya et de Budjala.

 

Il y a une branche des Ngbandi dans le territoire du Bondo, secteur de Monga, dans la Province de Bas-Uélé où ils sont mêlés au peuple Zande.

2.2. Situation ethnologique

 

A Ubangi, à part les Pygmées et les Pygmoïdes, les autres peuples occupant la zone sont les Mbanza, les Ngbaka-Mabo, les Ngombe et les Ngbandi était connu sous le nom de Mbangalapumba. Ce dernier eut sept enfants dont Kola Ngbandi, selon toutes les peuplades de la région du Congo-Ubangi. Les Ngbandi, bien que n’étant pas les plus nombreux sont les plus importants à tous les points de vue. Angbandi semblent former un groupe ethnique assez homogène bien distinct des peuples voisins ([22]).

 

Les Ngbandi peuvent se diviser en deux groupes : les Ngbandi proprement dite et acculturés parlant ngbandi. Angbandi sont de deux types : les descendants de Ngbando composés de Mani, Nguna, Mbuy et Mbongo et les descendants de Ngaro-Ngu composés de Gbule, Gboma et Kule Genge.

 

CHAPITRE II : CONSIDERATIONS GENERALES SUR LE MARIAGE

 

Dans ce chapitre, nous allons parler de la conception générale du mariage (1), du choix des conjoints (2), de la question de la dot (3) et de l’organisation du mariage ngbandi en milieu urbain.

Section 1 : De la conception générale du mariage

 

Le mariage est une institution universelle sacrée dans la mesure où aucune société du monde n’en est dépourvue. De l’antiquité à ce jour, cette institution a toujours existé en  dépit des différentes formes qu’elle revêt. C’est à partir du mariage que les familles se forment en s’élargissant davantage à travers les lignages, les clans et les tribus. Grâce à cette institution, les individus tissent des relations qui se développent davantage.

 

En effet, conçu comme relation sociale privilégiée, assure Benjamin Menge Osako, le mariage génère une suite d’interactions qui s’établissent essentiellement par la communication qui, à son tour, distille des phénomènes d’influence ou de pouvoir ([23]).

Pour bien comprendre l’importance de la notion même du mariage, il importe de l’associer avec celle de la famille, car c’est à partir du mariage qu’on peut parler des liens familiaux qui se développent et se transforment en d’autres alliances matrimoniales.

 

Si la famille est présente dans toutes les sociétés, les règles qui président à sa formation, pensent Béatrice Barbusse et Dominique Glaymann ([24]), diffèrent d’une culture à l’autre. Chaque société adopte en fonction de ses traditions une conception spécifique de la famille. S’il en est ainsi, c’est que les règles d’alliance entre les individus et les modalités d’éducation des enfants ne sont pas identiques partout, même s’il existe quelques règles universelles. Ces relations évoquent à cet effet la prohibition de l’inceste et les règles du mariage.

 

Par rapport à la prohibition de l’inceste, Claude Lévi- Strauss, cité par Barbusse et Glaymann, note que toutes les sociétés interdisent l’inceste, c'est-à-dire la relation sexuelle et le mariage entre des personnes appartenant à la même famille. L’ampleur de l’interdit dépend de la définition de la famille que l’on retient. De fait, la prohibition de l’inceste oblige ainsi des individus à prendre pour mari ou épouse des personnes en dehors de leur clan familial. C’est ce qu’on appelle l’ « exogamie ».

 

Si toutes les sociétés adoptent le principe de prohibition de l’inceste, c’est principalement par des raisons utilitaires. En effet, ce principe favorise des alliances indispensables d’une part à l’organisation économique et sociale d’une société et d’autre part à la régulation sociale. L’obligation de prendre pour épouse une femme en dehors de sa famille (fonction pacificatrice). Par ailleurs, en obligeant les individus à élargir le cercle de leur entourage, l’interdit de l’inceste participe aussi à la construction de la société (fonction productrice de lien social). Ainsi contrairement à ce que l’on pourrait croire, les raisons biologiques ou morales n’interviennent que secondairement dans la légitimation de la prohibition de l’inceste, même si l’évitement de la consanguinité à des conséquences importantes en matière de santé et de survie.

 

Si l’interdit de l’inceste semble être présent dans toutes les sociétés, il existe dans les faits deux systèmes de prohibition de l’inceste : les systèmes simples et les systèmes complexes.

Les systèmes simples ou élémentaires sont des systèmes de prohibition de l’inceste où coexistent des règles d’interdit (qui nous disent avec qui on n’a pas le droit d’avoir de relation sexuelle) et de prescription (qui nous disent avec qui on peut en avoir).

Les systèmes complexes sont des systèmes où n’existent que des règles d’interdits. Dans un système simple, les règles d’alliance peuvent obliger un homme à épouser la fille du frère de sa mère, c'est-à-dire sa cousine. Dans un système complexe, un homme ne peut pas épouser ses sœurs, ses cousines, …

 

Pour ce qui concerne les règles du mariage, il existe aussi des règles différentes d’une société à l’autre concernant la qualité, le statut ou le nombre de personnes avec qui on peut se marier. On distingue notamment la monogamie et la polygamie.

La monogamie est une alliance entre deux conjoints. On distingue la monogamie de fait, qui résulte de contraintes factuelles (insuffisance des moyens financiers pour avoir plusieurs femmes ou plusieurs hommes) et la monogamie de droit, qui s’inscrit dans un cadre juridique interdisant la polygamie.

Les pays occidentaux contemporains ont tous adopté la monogamie de droit.

 

La polygamie est une alliance impliquant plus de deux conjoints. On distingue la polyandrie, lorsqu’une femme peut épouser plusieurs hommes, de la polygynie, lorsqu’inversement, un homme peut épouser plusieurs femmes. Dans les sociétés musulmanes par exemple, on rencontre souvent le mariage polygamique et en particulier la polygynie. Le mariage polyandrique est beaucoup plus rare. On le rencontre au Tibet et dans certaines tribus inuit (esquimaudes) ([25]). En RDC, cette forme de mariage a existé chez le peuple Lele dans le Kasaï.

 

 

 

Section 2 : Le choix du conjoint ou de la conjointe

 

Parmi les étapes du processus de mariage, le choix du conjoint est l’une des plus importantes dans la mesure où il s’agit d’un pré-test avant l’engagement des deux individus ou encore de leurs familles ou clans. Ce choix variant selon les temps et les sociétés précèdent la conservation du mariage car les hommes et les femmes ne peuvent pas échapper à cette institution universelle dont l’importance n’est plus à démontrer.

 

A ce propos, tout en introduisant son article intitulé : « De la conception du mariage chez les Germains par rapport aux Bashilele », Edmond Matunda ([26]) note avec pertinence que la nature veut que le monde change et que les êtres créés par Dieu puissent se multiplier. En fait, pour que cette opération ait lieu, il faut que l’homme se marie à une femme, pour ne parler que de normaux. Dieu recommande à l’homme de se marier, car « l’homme et la femme sont créés complémentaires l’un de l’autre. Ils s’attachent l’un à l’autre pour former l’homme complet ». C’est pourquoi, la Bible rappelle : « L’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme et ils deviendront une seule chair » (Genèse 2/24).

 

Le choix du conjoint ou de la conjointe s’inscrit dans ce schéma tracé par la nature qui veut que l’homme et la femme s’assemblent en vue de perpétuer l’espèce humaine. Dans les sociétés traditionnelles, ce choix dépendait plus des parents et des autres membres de la famille que des personnes concernées. Les contacts préalables étaient entrepris par les responsables de deux familles sur base des relations d’amitié, après de longues périodes d’observation de la jeune fille par l’autre camp.

Les facteurs économiques primaient sur ce choix car l’un des critères visés était le courage de la jeune fille, ses aptitudes au travail pour la production des biens matériels. La fille supposée paresseuse ne répondait pas aux exigences en vigueur dans les sociétés qui voyaient dans le mariage un moyen d’enrichissement, un gain quelconque.

 

Dans nos sociétés modernes et dans la plupart des cas, le choix d’une préténdante est personnel et dépend des critères subjectifs du jeune garçon car le mariage est tout d’abord une affaire intime et personnelle. C’est pour cette raison que Guy Rocher[27] considère que l’amour entre jeunes gens est maintenant un sentiment non seulement autorisé, mais valorisé, suggéré et même amplifié, supposément parce qu’on croit pouvoir faire confiance à un mariage fondé sur un sentiment qu’a un mariage de raison, on en vient même à considérer qu’n mariage qui n’est plus animé par l’amour doit se dissoudre et que l’homme et la femme peuvent ou doivent chercher un « nouvel amour ».

 

En définitive, le choix de la conjointe doit être minutieusement préparé pour aboutir à un mariage heureux et non dans la précipitation, au risque de compromettre les chances de réussite d’une union conjugale. Chez les ngbandi, le choix des fiancés est fonction de proximité géographique, trait de ressemblance physique, profession des parents et niveau de formation.

A Kinshasa, beaucoup de filles ou garçons Ngbandi ont pour conjoints des personnes appartenant à d’autres aires culturelles.

 


 

Section 3 : De la question de la dot et de l’organisation du mariage

 

Constituée de l’argent et des biens matériels, la dot est un facteur important de la légitimation des liens du mariage. La nature des biens dotaux, leur volume, leur importance calculée en termes monétaires, etc. varient d’une époque à une autre et d’une société à une autre. Elle varie selon les sociétés, les cultures et les temps.

Ngoma Ngabu considère la dot comme un terme analogique. Au Nord, la femme euro-américaine apporte les biens qui la constituent ; chez nous, c’est le jeune homme qui paie à la famille ou aux familles de la femme. Les termes de prestation ou payement de mariage ont été proposés à la place mais sans succès.

On remarque une commercialisation constante de la dot : jadis chez les Pende, un fagot de bois déposé par le prétendant devant la hutte des parents de la jeune fille suffisait, et chez les Mongo, une lance ([28]).

 

Dot et inceste, poursuit Ngoma Ngambu, ont des significations variées. La signification superficielle les indique comme un danger biologique de stérilité et de naissances tarées. Les significations classiques sont soit juridique (preuve du mariage ou transfert de classique sont soit juridique (preuve du mariage ou transfert de droits sur la progéniture), économique (l’avantage matériel) ou compensation pour la perte d’un membre) et psychologique (garantir la stabilité de l’union ou remerciée pour l’éducation donnée surtout quand la fille est constatée vierge ! La signification profonde de la dot et de  l’inceste indique un sens négatif et positif : obligation et droits résument la nécessité des échanges (des personnes, des biens et des idées). Le terme de vente est impropre : même usée et devenue sans valeur commerciale, la femme continue, dans beaucoup de sociétés, d’appartenir à sa famille d’origine même là où ses enfants n’appartiennent pas à la même famille qu’elle.

 

Abondant dans le même sens, Benjamin Menge, parlant de Tetela, affirme que le système de filiation en vogue reste le patriarcat, car les enfants issus de l’union de deux conjoints appartiennent à l’homme et renforcent l’effectif de sa famille. Ainsi donc, quand une femme marie sa fille, elle subit une perte, c'est-à-dire que son effectif diminue au profit d’une autre famille. Pour compenser cette perte, la famille de garçon doit verser une dot à la famille de sa future épouse.

 

Benjamin Menge ajoute que la dot, hier comme aujourd’hui, garde encore sa valeur culturelle chez les Atelela en dépit de ce qu’ont écrit les premiers missionnaires ethnographes : « la femme africaine est une propriété (objet, esclave) du mari car celui-ci la paie en versant les biens chez son ayant droit ».

 

Cette ablégation, poursuit l’auteur, Maurice Delafon, parlant de la dot chez les africains la balaie d’un revers de la main lorsqu’il écrit : « il est inexact de dire que les Noirs achètent leurs femmes. L’achat d’un objet quelconque ou même d’une personne, d’un esclave, par exemple, rend l’acheteur propriétaire de l’objet ou de l’individu acheté. Or, les Noirs n’admettent aucunement que le mari ait sur la femme un droit de propriété quelconque ne directement ni indirectement par l’intermédiaire de la famille qui a versé la dot, il ne peut disposer d’elle ni la remettre en gage » ([29]).

 

De son côté, Yagoya Ndombala nous informe que dans la tradition Ngbandi, la dot est un symbole. Aussi, elle ne faisait l’objet d’aucun marchandage. Notons que là, la dot était remboursable, car c’est elle qui liait la femme à l’homme mieux les deux familles. La dot était constituée de deux parties, l’une réservée au père  de la fiancée et l’autre à sa mère.

La partie réservée au père était constituée de ce qu’on appelait : « Tale Mwâ », lance, collier accompagné des accessoires comme boissons, noix de cola, service, etc.

Le lot des biens destinés à la mère était constitué de tout ce qui était considéré comme propre aux femmes. Grand bassin en bois, chèvres, poules, sel et service.

 

Comparativement à la valeur symbolique de la dot dans la société Ngbandi d’autrefois, le sens et la composition ont évolué à la suite des contacts avec les autres peuples surtout dans les milieux urbains. Si le terme « symbole » est encore utilisé pour qualifier la dot, estime Yagoya Ndombala, celle-ci ne revêt plus la même signification dans les milieux urbains, même si le terme « vente » n’est pas expressément utilisé. D’après elle, la dot est fixée en fonction de certains paramètres :

-         Un problème existentiel à résoudre : Exemple, un voyage en Europe à financer, une dette à payer, un commerce à financer, etc.

-         Le niveau de formation atteint par la fiancée : Une fille universitaire coûte plus chère qu’une autre illettrée ;

-         Le niveau social des parents : Exemple : les parents pauvres et moins instruits seraient plus exigeants que les parents riches et bien instruits.

  

Par rapport à la composition de la dot, chez les Ngbandi, Yagoya constate le caractère mercantiliste à partir d’une liste dressée, des négociations autour de cette liste en vue d’un compromis, la remise des biens dotaux à huit clos, l’exorbitance de la  somme à payer, des biens en nature de plus en plus diversifiés et nombreux (30 à 50 casiers de boisson, équipements divers, dictionnaires, ordinateurs) ce qui pourrait constituer un fond de démarrage d’un commerce.

Partant du taux élevé de la dot et du choix de la fiancée sur base du statut des parents du jeune homme, l’organisation du mariage Ngbandi en milieu urbain pose de plus en plus de problèmes aux enfants issus des familles pauvres. Ce qui compte aujourd’hui en ville, c’est la profondeur des poches du prétendant qui veut s’engager dans une conjugale.

Aucune famille ne voudrait accorder la main de sa fille à une autre qui ne dispose pas de garanties alimentaires sécuritaires pour un avenir radieux. On tient compte non seulement de la position sociale des parents du jeune prétendant, mais également de la situation professionnelle de celui-ci, étant donné que le mariage procure un prestige social à la famille de la fille qui veut se sentir honorée.

Section 4 : De l’organisation du mariage Ngbandi

 

Comparativement à cet aspect mercantiliste de la dot, l’organisation du mariage Ngbandi en milieu urbain se heurte aux valeurs traditionnelles dont le caractère symbolique de la dot faisait la fierté de ce peuple.

On constate que le nombre de mariages est de plus en plus faible. Si on se marie de moins en moins, affirment Béatrice Barbusse et Dominique Glayamann, on se marie également de plus en plus tardivement. Parallèlement, le nombre de divorces augmente, de nouvelles formes de conjugalité apparaissent, telles que les unions libres, la famille monoparentale, la famille recomposée, etc. A cet effet, le nombre de célibataires masculins et féminins augmente sensiblement.

 

Au terme de cette analyse, nous pouvons affirmer que la forme familiale traditionnelle Ngbandi a subi d’importants bouleversements en milieux urbains où le mariage s’organise aux prix des dépenses démesurées à cette époque marquée par la pauvreté, le chômage du plus grand nombre et surtout de la jeunesse, bref de la crise socio-économique exacerbée. C’est ce qui explique les difficultés de célébration des mariages chez les Ngbandi habitant les milieux urbains. Le mariage devient un luxe et une denrée rare pour une jeunesse désœuvrée abandonnée à elle-même et dépourvue même du minimum pour une auto-prise en charge. Tous ces bouleversements sont perçus comme le signe d’une crise de la famille.  

 


 

Chapitre III 

PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS

 

Ce chapitre qui est le dernier de notre travail porte sur l’évolution de nos investigations réalisées sur terrain. Dans ces lignes, nous allons évoquer tour à tour la population d’enquête, l’analyse et l’interprétation des résultats. C’est donc après ce chapitre que nous allons conclure ce travail ayant porté sur les difficultés de célébration de mariage traditionnel ngbandi en milieu urbain.

Section 1 : Population d’enquête et échantillon

 

Notre étude a pour objet d’études les difficultés  de célébration de mariage traditionnel ngbandi en milieu urbain. Par rapport à la thématique du mariage abordée dans ce travail, il n’a pas été facile pour nous d’obtenir les opinions de toute la communauté ngbandi vivant dans la ville de Kinshasa. L’enquête exhaustive semble difficile à réaliser compte tenu du facteur temps et des ressources financières.

 

C’est pour cette raison que notre cible constituée de population ngbandi habitant la Commune de Lemba, plus précisément le Quartier Righini, nous a permis de rencontrer les diverses associations ou différents regroupements que nous avons eu le privilège d’interroger.

 

Mais comme il était impossible d’interroger tous les Ngbandi rencontrés, il nous a paru judicieux de tirer un échantillon représentatif en vue d’extrapoler les résultats obtenus. A cet effet, nous avons retenu un effectif de 50 personnes tirées sur base d’un échantillon aléatoire simple.

 

En ce qui concerne le dépouillement des données, nous l’avons effectué par le codage des réponses afin de faciliter la version des données en pourcentage pour leur exploitation.

 

Les variables telles que : sexe, tranche d’âge, l’état matrimonial, le niveau d’instruction, la profession exercée et la confession religieuse nous ont servi en premier lieu à l’identification des enquêtés avant de procéder à l’exploitation des opinions reçues.

3.1.1. Questions d’identification

 

Tableau 1 : Répartition des enquêtés selon le sexe

 

Sexe

Effectif

Pourcentage

Masculin

30

60

Féminin

20

40

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Il se dégage de ce tableau que sur l’ensemble des personnes interrogées, 30 soit 60% sont des hommes contre 20, soit 40% des femmes.

 


 

Tableau 2 : Répartition des enquêtés selon les tranches d’âge

 

Tranche d’âge

Effectif

Pourcentage

20 – 30

5

10

31 – 41

25

50

42 – 52

6

12

53 – 63

7

14

64 et plus

7

14

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Ce tableau nous indique que 5 enquêtés, soit 10% ont l’âge qui varie de 20 à 30 ans, 25, soit 50% voient leur âge varier entre de 31 et 41 ans, 6 personnes soit 12% ont l’âge qui varie entre 42 et 52 ans et 14 enquêtés, soit 28% ont l’âge qui va de 53 à plus de 64 ans.

 

Tableau 3 : Répartition des enquêtés selon l’état civil

 

Etat matrimonial

Effectif

Pourcentage

Célibataire

4

8

Marié

40

80

Veuf (ve)

3

6

Divorcé (e )

3

6

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Dans l’ensemble des enquêtés, 4 soit 8% sont célibataires, 40 soit 80% sont mariés, 3 soit 6% sont respectivement veufs et divorcés.

 

Tableau 4 : Répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction

 

Niveau d’instruction

Effectif

Pourcentage

Sans niveau

10

20

Primaire

5

10

Secondaire

20

40

Universitaire

15

30

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Il résulte de ce tableau que 10 des personnes enquêtées soit 20% sont sans niveau, 5 soit 10%  ont le niveau primaire, 20 soit 40% ont fait l’école secondaire, tandis que 15 soit 30% détiennent le niveau universitaire.

 

Tableau 5 : Répartition selon la profession exercée

 

Profession

Effectif

Pourcentage

Sans emploi

15

30

Fonctionnaire

18

36

Informel

17

34

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Le tableau 5 indique que sur l’ensemble des personnes interrogées, 15 soit 30% sont sans emploi, 18 soit 36% sont fonctionnaires et 17 soit 34% œuvrent dans le secteur informel.

 


 

Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon la confession religieuse

 

Confession religieuse

Effectif

Pourcentage

Catholique

15

30

Protestante

10

20

Réveil

20

40

Autres

5

10

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Ce tableau atteste que 15 personnes enquêtées soit 30% sont catholiques, 10 soit 20% sont protestants ; 20 soit 40% appartiennent aux églises de réveil et 5 soit 10% prient dans d’autres églises.

3.1.2. Questions d’opinions

 

Question 1: Comment organise-t-on le mariage chez les peuples ngbandi en milieu traditionnel ?

Tableau 7 : Répartition des enquêtés par rapport au monopole d’organisation du mariage chez les peuples Ngbandi

 

organisation du mariage au milieu traditionnel

Effectif

Pourcentage

Les conjoints par le choix de conjoint fait par les parents

9

18

Par deux familles

14

28

Faite la réception faite devant la maison des parents de la fille

8

16

Dot est symbolique

19

38

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

Ce tableau renseigne que l’organisation du mariage au milieu traditionnel  relève par le choix de conjoints  soit 18%, par deux famille   28%, devant la maison des parents de la fille  16% et de deux familles, donc 38% donc considère la dot comme symbole.

Question 2 : comment organise-t-on le mariage chez le peuple ngbandi en milieu urbain ?

 

Organisation du mariage au milieu urbain

Effectifs

Pourcentage

Choix de conjoint est affaire individuel

30

60

Dot commerciale

9

18

Réception devant la maison des parents de la fille

6

12

Salle de fêtes

5

10

total

50

100

Source : nos enquêtes de terrain

Ce tableau ne renseigne que l’organisation du mariage au milieu urbain relève par le choix de conjoint est individuel soit 60%, réception devant la maison des parents de la fille soit 12% , la dot devient commerciale soit 18%, et en fin la salle de fête soit 10%.

 

Question 2: Quel est le niveau de la dot en milieu urbain ?

Tableau 8 : Sur le niveau de la dot en milieu urbain

 

Opinion

Effectif

Pourcentage

Exorbitance de la dot

40

80

fluctuation

6

12

commerce

4

8

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

Ce tableau nous renseigne que 40 personnes enquêtées soit 80% ont évoqué l’exorbitance de la dot, 6 personnes soit 12% ont parlé de la fluctuation constante, 4 personnes soit 8% ont fait allusion à la commerce  de la dot.

Question 3: En quoi servent les biens dotaux ?

Tableau 9 : Opinion des enquêtés sur les valeurs dotales

 

Opinion sur les valeurs dotales

Effectif

Pourcentage

Stabilité du mariage

25

50

Compensation

8

16

Vente de la femme

4

8

Respect de la tradition

13

26

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Sur l’ensemble des personnes interrogées sur les valeurs dotales 25 soit 50% ont parlé de la stabilité du mariage, 8 soit 16% ont évoqué la compensation, 4 soit 8% ont parlé de la vente de la femme et 13 personnes soit 26% ont soulevé l’aspect du respect de la tradition.

 

Question 4: Qu’est-ce qui peut occasionner le divorce?

 

Tableau 10 : sur  le divorce

Opinions

Effectif

Pourcentage

Stérilité de la femme et l’homme

6

12

Infidélité de la femme

5

10

Violence conjugale faite à la femme

9

18

Pauvreté foyer

30

60

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Ce tableau rapporte que 6 enquêtés soit 12% parlent de la stérilité, 5 soit 10% ont évoqué l’infidélité, 9 soit 18% ont parlé de violences conjugales, 30 soit 60% ont fait allusion à la pauvreté.

Question 5: Quelles sont les difficultés d’organisation de mariage ngbandi en milieu urbain ?

Tableau 11 : Opinions sur les difficultés d’organisation de mariage ngbandi en milieu urbain

 

Opinions

Effectif

Pourcentage

Surfacturation de la dot

25

50

Profession exercée

5

10

Origine familiale

16

32

Niveau d’études

4

8

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Sur ce tableau, 25 personnes interrogées soit 50% ont parlé de la surfacturation de la dot, 5 soit 10% ont évoqué la profession exercée, 16 soit 32% ont parlé de l’origine familiale et 4 soit 8% se sont penchés sur le niveau d’instruction.

 


 

Question 6: Quels sont les facteurs qui entravent la célébration de mariage en milieu urbain ?

Tableau 12 : Opinions sur les facteurs qui entravent la célébration de mariage en milieu urbain

 

Opinions

Effectif

Pourcentage

Nombre des invités

10

20

Qualités des invités

6

12

Location de salle

30

60

Contexte  

4

8

Total

50

100

Source : Nos enquêtes sur terrain

 

Le tableau ci-dessus nous rapporte que 10 enquêtés soit 20% ont parlé de nombre des invités ; 6 soit 12% ont évoqué les qualités des invités ; 30 soit 60% ont mis en exergue la location de salle et 4 enquêtés soit 8% ont fait allusion au contexte.

Question 7: Le choix du mariage est-il exogamique ?

Tableau 13 : Opinions selon le choix du mariage exogamique

 

Opinions

Effectif

Pourcentage

Oui

40

80

Non

10

20

Total

50

100

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Il découle du tableau ci-dessous que 40 personnes enquêtées soit 80% parlent du mariage endogamique contre 10 soit 20% pour le mariage exogamique.

 

Question 8: Quels peuvent être les remèdes à cette situation ?

 

Tableau 14 : Opinions selon les remèdes à proposer

 

Opinion/la dot doit

Effectif

Pourcentage

Redonner à la dot son sen s symbolique

20

40

Tenir compte de la conjoncture (difficile pour tout le monde)

4

8

Redonner au mariage son sens premier c'est-à-dire union de deux familles à travers leurs enfants

6

12

Une législation en la matière

20

40

Total

 

 

Source : Nos enquêtes de terrain

 

Ce tableau nous renseigne que 20 enquêtés soit 40% estiment que l’on puisse redonner à la dot son sens symbolique et 40% autres soutiennent une législation en la matière, 4 soit 8% puisse tenir compte de la conjoncture (difficile pour tout le monde) et enfin 6 enquêtés, soit 12% ont mis le point sur le fait de redonner au mariage son sens premier c'est-à-dire union de deux familles à travers leurs enfants.


 

Section 2 : Interprétation des résultats

 

Les données ci-dessus reprises dans les différents tableaux méritent une analyse minutieuse afin de conduire à l’interprétation des résultats pour une meilleure saisie de l’objet d’étude. Ceci exige à la fois la prise en compte des variables d’identification des personnes enquêtées ainsi que de l’expression de leurs idées à travers les questions d’opinions.

 

En ce qui concerne la répartition des enquêtés selon le sexe (tableau n°1), la majorité des enquêtés relève du sexe masculin, soit 60% des hommes contre 40% des femmes. Cette prédominance masculine s’explique du fait que les hommes sont très ouverts et acceptent facilement de répondre aux questions même d’un inconnu contrairement aux femmes souvent réticentes et réservées.

 

Quant à la répartition des enquêtés selon la tranche d’âge, 50% des personnes enquêtées, donc la majorité, ont l’âge qui varie entre 31 et 41 ans. Cela se comprend en ce sens que cette tranche caractérise la jeunesse, période de vie symbolisant l’ouverture d’esprit, la facilité de communiquer et de partager.

 

Par rapport à la répartition des enquêtés selon l’état-civil, la grande majorité de nos enquêtés sont des personnes mariées. Cette prédominance 80% est comprise dans le sens que notre enquête concernait plus les mariés que d’autres catégories. La question de difficultés de célébration du mariage est mieux comprise et maîtrisée par les personnes qui partagent cette expérience.

 

Concernant le niveau d’instruction, le nombre le plus important des personnes enquêtées, c'est-à-dire 40% sur l’ensemble possède le niveau d’études secondaires. Bien que la question du mariage ne relève pas toujours du niveau d’études, il faut noter que celui-ci a son importance dans l’appréciation de ce fait social.

Quant à la répartition des enquêtés selon la profession exercée la majorité de nos enquêtés sont des fonctionnaires de l’Etat. La variable profession nous permet de comprendre les difficultés de célébration de mariage en milieu urbain compte tenu de la modicité de salaire des fonctionnaires.

Pour ce qui est de la confession religieuse, la majorité de nos enquêtés sont des croyants des églises de réveil (40%) sur l’ensemble. Cette situation est compréhensible dans la mesure où ces églises ont toujours prôné le mariage, les voyages, la réussite sociale, etc.

Par rapport au monopole d’organisation du mariage, la majorité des personnes interrogées ont cité les deux familles, c'est-à-dire celle de l’époux et celle de la conjointe. On comprend cela dans le sens que la question du mariage continue à être une préoccupation de deux familles car les conjoints seuls ne peuvent pas célébrer le mariage en toute quiétude en dépit de l’urbanité.

Concernant les opinions des enquêtés sur l’organisation du mariage en milieu urbain le plus grand nombre des personnes interrogées, c'est-à-dire 80% se sont penchées sur l’exorbitance de la dot. Cette exagération est perçue comme signe de pauvreté qui caractérise la plupart des familles en milieu urbain à cause de chômage et de manque d’emploi. Conséquence, le mariage tardif ou raccourci.

Pour ce qui est de l’appréciation des enquêtés des biens dotaux, la majorité de ces derniers, c'est-à-dire 50% estiment qu’elles permettent la stabilité du mariage et en donnent le sens comparativement à d’autres formes d’union conjugale.

Concernant la répartition des enquêtés sur l’organisation de mariage en milieu traditionnel, le plus grand nombre de personnes interrogées c'est-à-dire 38% se sont penchées sur le caractère symbolique de la dot, signe d’alliance entre deux failles.

Quant aux opinions des enquêtés par rapport au divorce, la tendance majoritaire a relevé la pauvreté (60%). Ceci est d’autant vrai que parmi les causes de divorce, il y a lieu de citer le manque de revenus par le conjoint. Même le choix du mariage s’opère en fonction du prétendant le plus offrant.

 

Par rapport aux difficultés de célébration du mariage ngbandi en milieu urbain, la plupart des enquêtés, c'est-à-dire 50% ont indiqué la surfacturation de la dot. Ils considèrent que la dot trop élevée est un handicap à la célébration du mariage. Elle ressemble à la marchandisation de la jeune fille et cela fait que la dot a perdu son caractère symbolique tel que vécu jadis dans les sociétés traditionnelles.

 

Pour ce qui relève du choix du conjoint ou de la conjointe, les personnes enquêtées, dans leur quasi-totalité, c'est-à-dire 80% ont répondu par l’affirmation en faveur du mariage endogamique car il permet de préserver les valeurs culturelles.

 

Pour ce qui concerne les remèdes contre les difficultés de célébration de mariage ngbandi en milieu urbain, la plupart des enquêtés, c'est-à-dire 60% évoquent le caractère symbolique de la dot afin de rendre harmonieuses les unions conjugales. L’argent seul, disent-ils, ne fait pas le bonheur.


 

CONCLUSION

 

Notre étude a porté essentiellement sur les difficultés de célébration de mariage traditionnel ngbandi en milieu urbain. Tel est le sujet ayant fait l’objet de notre dissertation. Nous sommes partie du constat selon lequel la réalité de la célébration de mariage traditionnel ngbandi ne répond plus aux mêmes valeurs culturelles telles que vécues dans les milieux naturels comparativement aux milieux urbains.

 

A l’issue de notre problématique sur la question principale de recherche, nous nous sommes interrogée d’abord sur les facteurs entravant la célébration de mariage ngbandi en milieu urbain à l’image du rituel traditionnel. Ensuite, en guise de la question subsidiaire, nous voulons savoir ce qu’il faut faire pour rendre harmonieuse cette célébration du mariage.

 

Comme hypothèse à ces préoccupations, nous avons estimé que les facteurs qui entravent la célébration de mariage ngbandi en milieu urbain résulteraient du choc de civilisation, c'est-à-dire du contact avec d’autres peuples et cultures dont l’impact sur les valeurs authentiques est une réalité indéniable.

 

En outre, pour rendre harmonieuse la célébration dudit mariage, les ngbandi vivant dans les grands centres urbains devraient sauvegarder leurs traits culturels essentiels en rapport avec le mariage, c'est-à-dire considérer la valeur symbolique de la dot et éviter sa surfacturation.

 

Pour vérifier ces hypothèses à partir de nos enquêtes de terrain, nous avons fait usage de la méthode dialectique, qui nous a permis, grâce à ses postulats, de relever les contradictions de vue sur notre objet de recherche.

Quant aux techniques appropriées dans cette étude, nous avons recouru à l’observation directe, observation participante, à l’entretien et aux documents nous ayant permis d’obtenir diverses informations.

 

Consécutivement aux résultats issus de nos investigations, nos hypothèses ont été confirmées et renforcées car l’évolution des sociétés  engendre des mutations qui, de plus en plus, menacent la stabilité de l’institution mariage qui demeure à l’heure actuelle une institution en crise.

 

En définitive, nous croyons que la célébration du mariage ngbandi en milieu urbain à l’image du rituel traditionnel est un sujet qui reste d’actualité et pensons à cet effet n’avoir pas vidé cette matière nécessitant davantage d’autres réflexions en vue de l’enrichir.

 

En revanche, la sauvegarde de certains traits culturels au regard du caractère symbolique est une valeur inaliénable qui mérite une attention particulière car la culture constitue l’âme du peuple. De leur part, les pouvoirs publics doivent œuvrer dans le sens de la protection de la famille à travers le mariage car ils ont tous les pouvoirs de légiférer dans ce domaine et mettre fin à la surfacturation de la dot. L’école et l’église ont également un rôle important dans la resocialisation en vue de préparer la jeunesse à assumer ses responsabilités en matière matrimoniale.


 

BIBLIOGRAPHIE

 

I.                  Ouvrages

 

1.     BARBUSSE Béatrice et GLAYMANN Dominique, Introduction à la sociologie, éd. Fouchère, Paris, 2004.

2.     CAMPENHOUDT Luc Van & Raymond Quivy, Manuel de recherche en sciences sociales, Editions Bordas, paris, 1988.

3.     NGOMA NGAMBU, Manuel de sociologie et d’Anthropologie, éditions Presses Universitaires Kongo, Kinshasa, 1996.

4.     NIZET Jean, La sociologie de Anthony Giddens, Editions La Découverte, Paris, 2007.

5.     PINTO R.et GRAWITZ M., Méthodes en sciences sociales, éd. Dalloz, Paris, 1971.

6.     ROCHER G., Introduction à la sociologie générale 3. Le changement social, Editons HMH, Paris,

7.     ROCHER G., Introduction à la sociologie générale, l’Action sociale, Editions Seuil, Paris,

8.     SHOMBA K.S., Méthodologie et épistémologie de la recherche scientifique, Presses de l’Université de Kinshasa, Kinshasa, 2014.

 

II.               Articles de revue

 

1.     MENGE OSAKO, Analyse pragmatique du discours tetela relatif à la dot et au mariage, in Mouvements et Enjeux Sociaux, n°57, Kinshasa,

2.     MATUNDA Edmond, De la conception du mariage chez les Germains par rapport aux Bashilele, in Mouvements et Enjeux Sociaux, n°57, Novembre-Décembre 2009, Kinshasa.

3.     Benjamin MENGE, Analyse pragmatique du discours Tetela relatif à la dot et au mariage, in Mouvements et Enjeux Sociaux, n°57, Novembre-Décembre, Kinshasa, 2009.

 

III.           Mémoire et Notes de cours

 

1.     NKUANZAKA, Cours de Méthodologie sociologique, L1 Sociologie, FSSAP, UNIKIN, 2016.

2.     YAGOYA NDOMBALA, Analyse comparative de la célébration du mariage en milieu traditionnel et en milieu moderne Ngbandi, Mémoire de Licence en Sociologie, FSSAP, UNIKIN,

 

IV.           Autre document

 

1.     Code de la famille, Loi n°87-010 du 1er août 1987 telle que modifiée par la loi n°16/008 du 15 juillet 2016.

 

 


 

TABLE DES MATIERES

 

DEDICACE. 1

REMERCIEMENTS. 2

INTRODUCTION.. 4

1.    Etat de la question.. 4

2.    Problématique. 7

3.    Hypothèses. 9

4.    Méthodologie. 10

4.1.     Méthode. 10

4.1.2. Techniques de recherche. 12

5.    Justification du choix et intérêt du sujet. 14

6.    Délimitation du sujet. 15

7.    Difficultés rencontrées. 16

8.    Subdivisions du travail. 16

CHAPITRE I : DE LA TERMINOLOGIE ET DU CHAMP D’INVESTIGATION.. 17

Introduction.. 17

Section 1 : Définition des concepts. 17

I.1. Difficultés. 17

1.2. Célébration.. 18

1.3. Mariage. 18

1.4. Famille. 20

1.5. Milieu traditionnel. 22

Section 2 : Présentation du peuple Ngbandi 25

2.1. Signification du nom Ngbandi et historique. 25

2.2. Situation ethnologique. 26

CHAPITRE II : CONSIDERATIONS GENERALES SUR LE MARIAGE. 27

Section 1 : De la conception générale du mariage. 27

Section 2 : Le choix du conjoint ou de la conjointe. 30

Section 3 : De la question de la dot et de l’organisation du mariage. 32

Chapitre III : Présentation, analyse et interprétation des résultats. 37

Section 1 : Population d’enquête et échantillon.. 37

3.1.1. Questions d’identification.. 38

3.1.2. Questions d’opinions. 41

Section 2 : Interprétation des résultats. 47

CONCLUSION.. 50

BIBLIOGRAPHIE. 52

TABLE DES MATIERES. 54

 



[1] Jean NIZET, La sociologie de Anthony Giddens, Paris, Editions La Découverte, 2007, pp.71-72.

[2] NGOMA NGAMBU, Manuel de Sociologie et d’Anthropologie, Presses Universitaires Kongo, Kinshasa, 1996, pp.37-38.

[3] YAGOGA NDOMBALA, Analyse comparative de la célébration du mariage en milieu traditionnel et en milieu moderne Ngbandi, Mémoire de Licence en Sociologie, FSSAP, UNIKIN, 2005, pp.25-37.

[4] Guy ROCHER, Introduction à la sociologie générale, l’Action sociale, Editions du Seuil, Paris,

[5] Luc Van CAMPENHOUDT & Raymond Quivy, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Editions Bordas, 1988, p.111.

[6] Idem, p.131.

[7] R. PINTO et M. GRAWITZ, Méthodes en sciences sociales, éd. Dalloz, Paris, 1971, p.29.

[8] SHOMBA K.S., Méthodologie et épistémologie de la recherche scientifique, Kinshasa, Presses de l’Université de Kinshasa, 2006, pp.128-129.

[9] A. NKUANZAKA, Cours de Méthodologie sociologique, L1 Sociologie, FSSAP, UNIKIN, 2016.

[10] SHOMBA, K.S., op. cit, p.54.

[11] SHOMBA, K., op. cit, p.55.

[12] Luc Van Campenhoult, op. cit, pp.55-56.

[13] Luc Van Campenhoult, op. cit,, p.184.

[14] Lexique de sociologie, Ed. Dalloz, 2005, p.87.

[15] Lexique de Sociologie, op. cit, pp.153 – 154.

[16] Idem.

[17] Béatrice BARBUSSE et Dominique GLAYMANN, op. cit.,  p.251.

[18] Code de la famille, Loi n°87-010 du 1er août 1987 telle que modifiée par la loi n°16/008 du 15 juillet 2016, p.25.

[19] Béatrice Barbusse et Dominique Glaymann, op. cit, p.

[20] Guy ROCHER, Introduction à la sociologie générale 3. Le changement social, Editons HMH, Paris, p.186.

[21] BURSSENS, H., Les peuplades de l’entre Congo-Ubangi, éd. Sybaryll Forde, 1958, p.20.

[22] BURSSENS, H., Les peuplades, op. cit.

[23] B. MENGE OSAKO, Analyse pragmatique du discours tetela relatif à la dot et au mariage, in Mouvements et Enjeux Sociaux, n°57, Kinshasa,

[24] B. BARBUSSE et D. GLUYMANN, op. cit, p.97.

[25] B. BARBUSSE et D. GLAYMANN, op. cit, p.98.

[26] Edmond MATUNDA, De la conception du mariage chez les Germains par rapport aux Bashilele, in Mouvements et Enjeux Sociaux, n°57, Novembre-Décembre 2009, Kinshasa, p.139.

[27] G. ROCHER, Introduction à la sociologie générale, l’Action sociale, SL, SD, p.137.

[28] NGOMA NGAMBU, Manuel de sociologie et d’Anthropologie, éditions Presses Universitaires Kongo, Kinshasa, 1996, p.93.

[29] Benjamin MENGE, Analyse pragmatique du discours Tetela relatif à la dot et au mariage, in Mouvements et Enjeux Sociaux, n°57, Novembre-Décembre, Kinshasa, 2009, p.62.

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