Bonjour, nous sommes le 18/10/2019 et il est 08 h 26.


Ce travail porte sur l’étude de la rentabilité de la culture de sésame cultivée dans le groupement Kimpemba, secteur Wungu dans le Kongo central pour la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Pour y parvenir nous avons fait recours aux méthodes d’analyses documentaires et analytique appuyées par l’enquête moyennant un questionnaire qui nous a permis de collecter les données quantitatives et qualitatives auprès de producteurs de sésame.


Après les analyses des données recueillies, les résultats obtenus nous ont montré que : La culture de sésame dans les villages du groupement Kimpemba a donné une faible rentabilité de 3,15%, compte tenu des petites superficies emblavées par ménage et des couts engagés. L’estimation de la rentabilité démontre que cette culture réalise des revenus faibles avec la marge nette de 11.394,13Fc pour une superficie moyenne de 53ares.



Les résultats obtenus pour l’analyse démontrent que le cout de revient pour la production de sésame est de 360.990,77Fc qui sont totalement couvert par le chiffre d’affaire de l’ordre de 372.384 ,9Fc.



La productivité moyenne pour les producteurs de Kimpemba et de 433,71kg dont la quantité vendue est de 245,48kg, la réalisation de cette productivité a nécessité une main d’œuvre de 93 Hommes-jour ; les charges fixes de32 .383, 65Fc et les charges variables est de 228.607Fc.



Concernant les contraintes liées à la production du sésame, nos résultats montrent que les producteurs de sésame expriment leurs inquiétudes dues à la sècheresse (57,1%) lors qu’il n’y a pas des pluies et d’autres producteurs présentent leurs inquiétudes par les insectes et maladies qui attaquent la culture de sésame (22,8%) suivi de ceux qui regrettent sur l’instabilité de prix qui prévaut sur le marché (8,7%) ne permet pas de réaliser le revenu. A ces difficultés s’ajoutent le manque des intrants agricoles pour la production (5,7%), manque d’assistance technique et l’inondation lors qu’il y a des pluies en abondante (2,8%).



La culture de sésame donne une rentabilité faible dans le groupement kimpemba. Ceci est expliqué par les charges engagées et des petites superficies emblavées par les producteurs ne permettent pas de satisfaire à leurs besoins.

Mots clés : rentabilité, productivité, revenu, sésame, cout de revient et marge nette.


1. PROBLEMATIQUE

La République démocratique du Congo est l’un des grands pays d’Afrique, reconnue pour son énorme potentiel agricole grâce à sa position géographique à cheval sur l’équateur lui donnant le statut d’un pays à la fois équatorial et tropical. Elle jouit d’une diversité d’éco climat locaux qui la caractérise en un territoire détenant une superficie forestière estimée à un peu plus de 155millions d’hectares, constituées d’une flore riche, diversifiées et abritant une faune abondante ; ces avantages lui confèrent la capacité de produire une gamme variée de denrées alimentaires (Wri, 2009).



Cependant elle demeure l’un des pays Africains les plus frappés par la crise Alimentaire, l’obligeant à dépendre énormément des importations alimentaires à concurrence de 65% pour la ville de Kinshasa (FAO, 2008).





Son système de production est caractérisé par une part prépondérante de l’agriculture traditionnelle qui n’encourage pas son développement ce qui fait qu’elle reste de loin moins performante par rapport à celle des pays développés ou en voie de développement (Kabengele, 2005).



Alors que Les principales cultures vivrières telle que le manioc, le maïs, le riz, l’arachide, la banane plantain, le sésame et le haricot constituent la principale source de revenu de la plupart de ménage car le revenu issu de l’agriculture de subsistance joue un rôle primordial dans la survie du ménage du fait que toutes les difficultés y sont rapportées là-dessus (Lutaladio, 2016).



Le sésame est un produit rentable aussi bien au niveau local qu'à l'exportation. En effet les marges bénéficiaires sont assez significatives. Elles varient de 30% (vente locale) à près de 60% (marché extérieur). Ainsi, le sésame reste un produit très rentable pour les opérateurs économiques intervenants dans la filière (Marou,2009).



Depuis quelques années, le groupement Kimpemba est réputé dans la production de sésame. En tant qu’activité économique, les producteurs ont besoin de jouir de la rentabilité pour leur survie et leurs épanouissements car Ils n’ont pas la notion de la rentabilité : ils n’enregistrent ni les différentes charges auxquelles ils font face, ni les recettes qui découlent de leurs activités ; cela ne leurs permettent pas de réaliser le profit de leurs activités (Aunge, 2016).



Au regard de toutes les difficultés en rapport avec la culture de sésame dans la province du Kongo central en général et le groupement Kimpemba dans le secteur Wungu district de Lukaya en particulier, La présente étude s’attèlera au moyen de ces questionnements suivants :
- Est-ce que la culture de sésame pratiquée dans le groupement de Kimpemba est-elle rentable ?
- Quel est le niveau de revenu issue de la vente de la culture sésame ?
-Quelles sont les contraintes essentielles liées par les producteurs de Kimpemba, arrivent-ils à financer leur activité agricole ?



Pour effectuer une recherche adéquate, il est nécessaire de délimiter le champ d’action du présent travail dans l’espace et dans le temps. Dans l’espace, cette étude est basée dans le groupement Kimpemba, secteur Wungu, district de Lukaya dans la province du Kongo Central. Dans le temps ce travail est réalisé au cours de la période allant du mois de septembre au mois de novembre 2017 pendant laquelle nous avons collecté les données.


1.1 . Généralités sur le sésame (Sesamum indicum L.)

Le sésame qui a été cultivé pour la première fois a fait l’objet de débats depuis bien des années mais on estimait qu’il s’agissait de l’Afrique qui est considérée comme étant son premier berceau d’origine, puisqu’on y trouve sa présence à l’état sauvage dans ce continent. L’inde, le Japon ainsi que le Moyen-Orient sont les centres d’origines secondaires. Le sésame est considéré comme la première source d’huile végétale connue de l’homme depuis des milliers d’années, Il y a quatre mille ans, en Babylonie, le sésame était déjà une culture de grande valeur (Mkamilo et Bedigian,2007 Cité par Pether et al., 2012).





L’espèce Sesamum Indicum appartient à la famille des Pedaliacées et du genre Sesamum l’ordre des Tubi florales. Trente-sept (37) espèces sauvages cultivées ont été répertoriées par Kobayashi (Linnéee,1753 cité par Nongana, 1996).

Mais on connait cinq couleurs de sésame de variétés locaux qui sont cultivées dans le kongo central en général et en RDC en particulier à savoir : le sésame blanc, jaune, rouge et le sésame noir (BDD, 2014).
La graine de sésame (Sesamum indicum L.) est riche en huile (50 %), en protéines (23 %) et en vitamines. L’huile de sésame est stable grâce à sa teneur en sésamol (1,5 %), elle est aussi caractérisée par sa forte teneur en acide linoléique (37,5 à 47 %), acide gras indispensable pour l’organisme humain et apporté, uniquement par l’alimentation (Ashri,2007 cité par Amoukou et al.,2013).


Chapitre2 : MILIEU D’ETUDE, MATERIELS ET METHODES

Le Kongo-Central a une superficie de 53.920 km2 et représente 2,3% de celle du pays, elle est composée de trois districts à savoir : Bas-Fleuve, Kataracte et Lukaya, elle possède deux villes (Boma et Matadi), dix territoires, cinquante-cinq secteurs, dix-sept cités, trois-cent soixante, quatre (364) groupements et 6783 villages.

On rencontre dans le groupement de Kimpemba, secteur Wungu dans le territoire de Madimba les sols argilo-sablonneux et sablo-argileux qui appartient à la famille des sols tropicaux où les roches subissent l’influence du climat chaud et humide provoquant une décomposition chimique particulièrement intense dont l’aboutissement est un silicate associé quelque fois au kali sol riche en silice, un peu de fer et d’aluminium. Quant à la végétation de groupement de Kimpemba est composée en grande partie de savanes herbeuses, on rencontre aussi de tapis herbacés de courtes tailles, c’est le cas des savanes de Kinkaka, Kibueta, Kititi, Mboso, etc. (Rapport annuel du secteur Wungu, 2016).



L’observation fait état de l’existence de types des forets des certaines parties des villages périphériques du groupement de Kimpemba qui ne sont pas occupés par des savanes. La faune de ces écosystèmes compte beaucoup d’oiseaux : pintade, perdrix, etc. Des reptiles (boa, vipère et varan) et des petites mammifères tels que : écureuils, aula codes, les rats, la gazelle, le rat de Gambie. Ce sont ces espèces qui permettent aux paysans de se procurer des gibiers pendant la chasse (Rapport annuel du secteur Wungu, 2016).



Le relief de cette contrée est formé de collines, montagnes, vallées et des plateaux de couleur jaune ou brune selon l’endroit ; c’est en avale de ces collines que les cours d’eau prennent leurs sources qui d’ailleurs jouent un rôle très important pour le développement de ce groupement et certains forment des limites avec les secteurs voisins ; dont il s’agit de rivières : Bongolo, Fidi, Inkisi et Mabulu.



La population du groupement Kimpemba en général et secteur Wungu en particulier est paysanne. Ses principales activités sont : l’agriculture, l’élevage, la pèche, la pisciculture et le commerce. L’agriculture est encore traditionnelle, elle repose principalement sur le manioc, le sésame, l’arachide, le haricot, la tomate et le piment qui d’ailleurs rapporte peu de revenus. L’élevage est basé sur la volaille, le porc, les ovins et les caprins. Les animaux élevés sont destinés à la vente et servent de troc en cas de problème (conflit, problème à la justice, maladie, scolarité des enfants, etc.).

En effet, la production du manioc dans ce groupement est la plus élevée par rapport à d’autres cultures comme celle de Sésame, suite à la consommation régulière et la vente se fait facilement ; donc le sésame occupe la deuxième place après le manioc et il est cultivé sur toute l’étendue du secteur mais à une petite superficie (Rapport annuel du secteur wungu,2016).



La population du groupement de Kimpemba est composée d’un mixage de langues et tribus, mais avec l’influence de mouvement démographique venant de l’Angola, de Kisantu et de la capitale de Kinshasa. On trouve actuellement une population hétérogène ; Ainsi comme langue Kikongo (kimpangu).



Les statistiques démographiques effectuées en 2010 ont évalué que la population du groupement de Kimpemba s’élevait à 19.725 habitants dont plus au moins 750 étrangers ce pendant selon l’état civil du secteur de Wungu, cette population dépasse largement le 19.725 habitant en 2016.



Le groupement de Kimpemba est le 2ème groupement le plus vaste du secteur Wungu après le groupement de kinsaku−mwanda ; il est composé de 58 villages et sa superficie est de 503km2. Il est géré par un chef de groupement, assisté par le chef des villages. Le groupement bénéficie d’un appui de la part des services de l’Etat, notamment la police pour assurer la sécurité des habitants.

Ce territoire est subdivisé en quatre (4) postes d’encadrement administratif : une cité (Tshéla) abritant le siège de l’administration, 8 secteurs, 76 groupements et 1226 villages. De ces 8 secteurs, Mbanga et loango sont les deux secteurs producteurs d’ananas.


2. 3.5. Echantillonnage

Pour bien collecter les données, nous avons fait recours à l’échantillon de convenance, qui nous a permis de passer dans les villages où il y a les producteurs de sésame pour un entretien sur le sujet concerné. Ainsi donc, nous avions retenu un échantillon de 35 producteurs répartis sur 4 villages (Kimpemba, Kiyenga, Mbemba et Madiata).

Vu la taille de l’échantillon, le recours à l’outil informatique s’est avéré impérieux pour la saisie et le traitement des données. Ainsi, les logiciels suivants ont été utilisés : Epidata, SPSS et Excel 2007. Le masque de saisie et la saisie des données ont été réalisés au moyen de l’Epidata pour la constitution de la base des données. Les données saisies ont été exporté sur SPSS pour le traitement statistique (Kinkela, 2017).


3.9. Calcul du seuil de rentabilité

CV=328.607,12Fc
CF=32.383,65Fc
CT=360.990, 77Fc
RT=372.384, 9Fc
MN= RT ‐ CT
MN =372.384 ,9Fc ‐ 360.990,77Fc
MN = 11.394,13Fc
Dans ce tableau ci-dessus, la marge nette de l’activité est positive soit de 11.394,13Fc avec une faible rentabilité de 3,15 %. Rentabilité=(marge nette)/(Charges totale) X100 Rentabilité=(372.385,31 )/360.597,98 X100=3,15 %

En raison du coût de revient de 360.990,77Fc qui a permis de générer une recette de372.384 ,9Fc, la marge nette est de 11.394,13Fc, ce qui atteste que, l’activité de la culture de sésame dans le groupement Kimpemba a une rentabilité faible.


DISCUSSION

Considérant les objectifs assignés à cette étude et de l’analyse de résultats présentés ci-dessus, les observations suivantes peuvent être dégagées : Dans les villages touchés par notre étude, la culture de sésame indique une faible rentabilité de 3,15%.

Cette faible rentabilité est entrainée par les charges variables qui sont importants et des petites superficies emblavées par les producteurs de Kimpemba. Contrairement aux résultats trouvés. Marou (2009) qui a évalué au Burkina Faso, a révélé que la culture de sésame avait une rentabilité de 30%.

Au niveau de revenu, les producteurs réalisent une marge bénéficiaire de 11.394,13Fc pour satisfaire leur besoin. Ces résultats vont dans le même sens que les études menées par Amoukou et al, (2013) qui affirment que le sésame est une culture développée pour augmenter le revenu et assurer la sécurité alimentaire des paysans.

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