REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
VILLE DE KINSHASA
![]()
Par
M.K. MPINGIYABO, E.L. RISASI, J.S. AMBENA et F. M.
NYELE
Edition 2019
FACTEURS ASSOCIES A LA MAUVAISE GESTION DES
BOUTEILLES EN PLASTIQUES DANS LES ZONES DE SANTE
URBAINES DE KINSHASA
M.K. MPINGIYABO[1], E.L. RISASI[2], J.S. AMBENA[3] et F. M. NYELE4
Résumé
Notre étude sur la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques dans les zones de santé urbaines de Kinshasa. La population concernée était constituée par l’ensemble de chefs de ménage habitant les zones de santé de Barumbu, Kalamu I et Matete. La taille de l’échantillon était de 216 chefs de ménage. Nous avons recouru à la méthode d’enquête, à la technique d’interview, d’observation et à l’échantillonnage aléatoire systématique. L’étude est transversale à visée analytique. La base des données et le traitement des données ont été réalisés en SPSS 24. Nous sommes arrivés aux résultats suivants :la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques est associée (P<0,01) (OR =3,248) au faible revenu, (P<0,05) (OR =1,039) à l’influence de la modernisation et (P<0,05) (OR =3,721) à l’absence des structures de salubrité tandis que l’ignorance n’est pas associée à la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques.
INTRODUCTION Problématique
La gestion des déchets plastiques reste une préoccupation majeure de santé publique dans le monde particulièrement dans les pays en voie de développement où les grandes villes sont inondées des bouteilles en plastique exposant la population à la pollution et autres risques.
Aujourd’hui, le plastique providentiel s’est transformé en une bombe
à retardement dont on découvre les effets à long terme sur notre santé et notre environnement. Il est visuellement présent partout autour de nous et tellement répandu dans toutes les couches et tous les compartiments géologiques (GONTARD, 2018).
Les déchets plastiques dégradent l’esthétique du cadre de vie des
unités urbaines avec la prolifération des sachets plastiques généralement noir et blanc dans la nature. Ce qui peut contribuer à donner une mauvaise image de la salubrité du pays aux yeux des étrangers (UEMOA, 2013).
La massification des déchets plastiques et surtout des sacs et sachets
en plastiques est devenue une réalité pour la plupart des Etats africains. Un bon nombre d’entre eux se sont lancés dans une lutte sans merci contre les sacs en plastique. On peut citer de l’Afrique du Sud, le
Rwanda, l’Erythrée, l’Ouganda, la Tanzanie, le Gabon, le Kenya.
En outre, le Mali a adopté une loi portant interdiction de « la production, la détention, l’importation, la commercialisation et l’utilisation des sachets plastiques ». De même le Sénégal vient de préparer un projet de décret portant interdiction de la production, de l’importation, de la détention et de la distribution de sacs plastiques de faible micronnage.
Au Maghreb, le Maroc a entamé la guerre contre les sacs en plastique avec une loi interdisant leur utilisation qui sera bientôt en vigueur.
Aussi, face à l’envahissement des espaces publics par les sachets plastiques, les décideurs des Etats membres de l’UEMOA comptent relever un important défi, celui de la réduction des déchets plastiques dans l’Espace UEMOA à travers une gestion écologiquement rationnelle de ces derniers (UEMOA, 2013).
Nous utilisons et jetons chaque année l’équivalent de notre poids corporel en plastique (résultat obtenu par un ratio moyen consommation/population : 40 kg/an au niveau mondial en 2015, 63 en Europe et 68 en France) ; 90 % de ces déchets persisteront longtemps après notre propre disparition, 35 à 50 % des plastiques usagés sont dispersés de façon incontrôlée dans notre environnement; 20 à 40 % sont regroupés dans des stations d’enfouissement où, mélangés à d’autres déchets, ils sont temporairement retenus dans des géotextiles… eux-mêmes en plastique. Quand ces derniers seront dégradés, nos plastiques enfouis seront libérés. Au total, plus des trois quarts (en masse) des plastiques usagés finissent leur vie dans nos terres, nos eaux douces et nos océans. Le quart restant est réparti entre le recyclage et l’incinération. Selon les sources, entre 9 et 14 % sont incinérés pour être transformés en énergie, en composés volatils et résidus solides qui viendront grossir le rang des déchets toxiques persistants dont on ne sait que faire (GONTARD, 2018).
Les plastiques sont devenus omniprésents dans la civilisation moderne, y compris en RDC. Les déchets en plastique, d’origine domestique ou industrielle incluant les bouteilles en plastique sont devenus une préoccupation écologique majeure dans les villes de la RDC, ainsi que leurs environs (BUTSANA et SIMON-PIERRE, 2018).
La gestion des déchets pose un réel problème à Kinshasa et dans d’autres grandes villes de la RDC. Généralement, les ordures ménagères s’amoncèlent aux coins de rue et d’autres personnes les déversent au beau milieu des avenues pour lutter contre les ravinements. Par ailleurs, certains cours d’eaux constituent aussi des lieux de dépôt des déchets de toute nature. Ce comportement a d’énormes conséquences sur l’environnement et sur l’hygiène (NGOMBO et NSIMANDA, 2015).
On estime ainsi que le plastique peut subsister dans la nature pendant des centaines voire des milliers d’années. Ainsi l’administration des entités urbaines de la RDC n’offre en pratique aucun mécanisme de collecte et élimination/ recyclage contrôlés des déchets en général, et des déchets en plastique en particulier. Il résulte de cette faiblesse la prolifération des déchets en plastique dans l’espace urbain et dans la nature environnante (BUTSANA et SIMON-PIERRE, 2018).
La production et la commercialisation des objets en plastique non biodégradables se poursuivent. Avec toutes les conséquences négatives sur l'environnement. Les Congolais de la République démocratique du Congo patientent toujours pour la mise en application effective des mesures gouvernementales contre la production, l'importation, la commercialisation et l'utilisation des sacs, sachets et autres emballages non biodégradables, alors que l'application de cette mesure a été fixée au 1er juillet 2018 (Le Potentiel et Bateko, 2018).
La quantité journalière moyenne de déchets en polyethylene générée par un ménage est à peu près égale à la quantité utilisée par elle comme combustible dans les briquettes, ce qui résout simultanément les problèmes d’approvisionnement énergétique ainsi que de gestion des déchets (Butsana et Simon-Pierre, 2018).
Des conteneurs en plastique flottant sur la rivière Kalamu non loin de l’avenue Bongolo dans la commune de Kalamu et d’autres zones de santé de Kinshasa constituent une pollution de l’environnement. Le 3 juillet de chaque année, le monde célèbre la journée internationale de lutte contre l’utilisation des sacs en plastique. Le sac en plastique est en quelque sorte devenu le symbole de nos habitudes de consommation. En RDC, il est utilisé une ou deux fois pour ensuite le jeter et l’oublier (Radio Okapi et Olenga, 2015).
Il est important de prendre conscience de l’importance d’une gestion
rationnelle des matériaux en plastique et plus particulièrement des bouteilles en plastiques avec tous ses implications environnementales et sanitaires.
De tout ce qui précède, nous nous sommes posé la question suivante
quels sont les facteurs associés à la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques dans les zones de santé urbaines de Kinshasa ?
Nous supposons que le faible revenu, la participation inactive,
l’influence de la modernisation, l’absence des structures de salubrité, l’absence d’activités collectives d’assainissement, l’ignorance etc. seraient à la base de la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques.
La présente étude a pour objectif d’identifier les facteurs associés à la
mauvaise gestion des bouteilles en plastiques dans les zones de santé urbaines de Kinshasa. Et les objectifs spécifiques consistent à :
- Décrire les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés ;
- Déterminer la proportion des ménages qui gèrent rationnellement les bouteilles en plastique;
- Rechercher la relation entre les caractéristiques sociodémographiques et la gestion des bouteilles en plastiques.
Cette étude est très importante, car elle constitue un guide pour
certains chercheurs et elle permettra d’orienter les informations essentielles sur la gestion des bouteilles en plastique auprès de toute la population dans le but d’améliorer les conditions environnementales et promouvoir la santé.
Notre étude s’est effectuée dans les zones de santé urbaines de Kinshasa : Barumbu, Kalamu I et Matete, allant de la période du 02/03 au 29/04/2019.
1 Définition opérationnelle des concepts
Facteur
C’est chacun des éléments qui concourent à un résultat. Elément ou
donnée qui agit, qui influe à un résultat (Larousse, 2010).
Pour notre étude, il s’agit des éléments qui concourent à la
persistance des ordures ménagères.
Gestion
C’est l’action et effet de gérer, d’administrer (Dictionnaire Français Android, 2018).
Bouteille
C’est un récipient à goulot, de forme allongée, destinée à contenir un
liquide, il est souvent fait de verre ou de plastique translucide (Dictionnaire Français Android, 2018).
Bouteille en plastique
Il s’agit d’un récipient à goulot, de forme allongée, destinée à contenir un liquide, et constitué d’une gamme de matériaux synthétiques ou semisynthétiques solides et moulables.
On appelle « plastique » toute une gamme de matériaux synthétiques ou semi-synthétiques solides et moulables. Ce sont en général des polymères à grande masse moléculaire. Ils peuvent aussi contenir d’autres substances, des additifs, visant à leur conférer des propriétés particulières.
Les molécules des polymères sont constituées d’une section qui se répète, appelée « monomère ». La structure et le degré de polymérisation d’un polymère donné déterminent ses caractéristiques (Butsana et Simon Pierre, 2018).
2. Généralités sur les plastiques
2.1 Types de plastiques
On distingue deux types principaux de plastiques : les
thermoplastiques et les plastiques thermodurcissables.
Les thermoplastiques se ramollissent lorsqu’on les chauffe. Leur chaine de polymère est soit linéaire soit branchée.
Les plastiques thermodurcissables se durcissent lorsqu’on les chauffe. Leur structure polymérique est maillée.
Les thermoplastiques constituent environ 80% des plastiques produits dans le monde. Quelques exemples de thermoplastiques :
- Le polyéthylène haute densité (HDPE : high densité polyéthylène) utilisé pour la fabrication de tuyaux, réservoirs de voitures, bouteilles, jouets, etc.
- Le polyéthylène faible densité (LDPE : low density polyethylene) utilise pour la fabrication de sacs en plastiques, films, contenants flexibles, etc.
- Le polyethylene téréphtalate (PET) utilisé pour la fabrication de bouteilles, tapis, emballages pour produits alimentaires, etc.
- Le polypropylène (PP) utilisé pour la fabrication de conteneurs de nourriture, boitiers de batteries, casiers de bouteilles, pièces automobiles, fibres, etc.
- Le polystyrène (PS) utilise dans la fabrication d’emballage de produits laitiers, cassettes vidéo, verres et assiettes en plastique, etc.
- Le chlorure de polyvinyle (PVC : polyvinyl chloride) utilisé dans la fabrication de tuyaux, cadres de fenêtres, profilés, revêtements pour plancher, bouteilles, emballages, isolants électriques, cartes de crédit, produits médicaux, etc.
Il existe des centaines de types différents de thermoplastiques, et de nouveaux sont ajoutés régulièrement. Heureusement, la variété des types de thermoplastiques dans les pays sous-développés tend à être limitée.
Les plastiques thermodurcissables constituent les 20%restants. Ils durcissent lorsqu’on les chauffe et peuvent difficilement être recycles. Parfois on les réduit et ils sont utilisés comme matériau de remplissage. Parmi eux on compte :
- Le polyuréthane (PU) : peintures, engrenages, coussins, diaphragme, matelas, fauteuils de voitures, etc.
- L’Epoxy : adhésifs, équipements de sports, équipements électriques ou automobiles, poignées de couteaux et autre équipements de cuisine, pièces automobiles, circuits imprimés, etc.
De nos jours, la matière première pour la fabrication des plastiques est pétrochimique, bien qu’historiquement les plastiques fussent d’abord fabriqués au départ de la cellulose.
On ajoute parfois des additifs aux plastiques pour leur conférer certaines propriétés particulières. La quantité d’additifs ajoutes aux polymères va de 0% en masse pour les plastiques destinés a l’emballage des produits alimentaires à 50% ou plus pour certaines applications électroniques par exemple. La teneur habituelle en additifs est d’environ 20% en masse.
2.2 Utilisation
Les plastiques sont devenus omniprésents dans la civilisation moderne, y compris en RDC, à cause de leurs propriétés désirables dont les principales sont :
- Faible cout de production d’articles de consommation varies
- Rapport poids propre à résistance mécanique faible
- Isolation électrique
- Résistance aux acides, alcalins, solvants, etc.
2.3 Recyclage des déchets en plastiques
En République Démocratique du Congo (et aussi dans la plupart des
pays du tiers monde), il est souhaitable de recycler les déchets en plastiques pour des raisons écologiques (voir section 1) aussi bien qu’économiques (création de PME et réduction du cout de certaines matières premières ou produits finis).
A cause du fait que le plastic a été pendant très longtemps un matériau bon marché, l’industrie du plastique –contrairement à celles du métal, du papier, du verre ou encore des déchets organiques- n’a pas vraiment développé les moyens de recyclage en masse des matières qu’elle produit (Butsana et Simon Pierre, 2018).
1. Types de recyclages
Le recyclage des déchets en plastique doit être conduit d’une manière qui minimise la pollution pendant le processus et par conséquent qui améliore l’efficacité du processus et la conservation de l’énergie (Butsana et Simon Pierre, 2018).
Les technologies de recyclage peuvent être regroupées en quatre
catégories : primaire, secondaire, tertiaire, quaternaire.
- Primaire : Le produit recycle a des caractéristiques semblables au produit de départ
- Secondaire : Le produit recycle a des caractéristiques différentes de celles des produits de départ
- Tertiaire : Le recyclage donne des produits chimiques de base ou des carburants
- Quaternaire : Le recyclage récupère le contenu énergétique des déchets plastiques par l’incinération
2. Plastiques recyclables
Ce ne sont pas tous les plastiques qui peuvent être recyclés.
Il existe quatre types de plastique qui sont communément recyclés :
- Le polyéthylène (PE)
- Le polypropylène (PP)
- Le polystyrène (PS)
- Le chlorure de polyvinyle (PVC)
3. Sources des plastiques à recycler
Les déchets à recycler peuvent provenir de plusieurs sources :
- Déchets industriels provenant des industries fabriquant le plastique. Ces déchets peuvent être collectés par l’industriel, le recycleur ou encore une tierce partie
- Déchets domestiques : collectés par le recycleur ou bien une tierce partie
- Déchets urbains : collectés par le recycleur ou une tierce partie
La collecte des déchets en plastiques peut constituer en elle-même une
source de revenu pour celui qui la fait. Dans les villes de la RDC, il y a ainsi moyen d’utiliser à bon escient les enfants dits « de la rue » avec un double effet positif : ils gagnent un revenu honnête en même temps qu’ils contribuent à nettoyer l’environnement (Butsana et Simon Pierre, 2018).
4. Triage
La valeur des déchets en plastique comme ressource secondaire
dépend de leur pureté et de leur composition : des déchets de natures différentes ne peuvent le plus souvent pas être traités de la même manière. Il est donc important de trier les déchets reçus avant de commencer le recyclage proprement dit.
Il n’existe pas encore de moyen de triage automatique vraiment fiable. Il faut donc procéder au triage manuellement. Si ce fait est une contrainte limitative dans les pays développés, il est plutôt une opportunité pour un pays comme la
RDC où la main d’œuvre est abondante et peu onéreuse.
La matière première obtenue par triage manuel est de bonne qualité et offre une bonne base pour la production d’objets recyclés de bonne qualité (Butsana et Simon Pierre, 2018).
La grande majorité des déchets domestiques consiste en :
- Articles en polyéthylène haute densité (HDPE : High Density
Polyethylene) produits par soufflage ;
- Articles en HDPE, PS (Polystyrène) ou PVC produits via moulage par injection ;
- Tuyaux et profiles en PVC, PE (Polyéthylène) ou PP (Polypropylène) produits par extrusion ;
- Des films plastiques, produits avec du polyéthylène faible densité (LDPE : Low Density Polyethylene), du PP ou plus rarement du PVC.
Certains de ces matériaux se ressemblent et le tri/séparation par
inspection visuelle peut être difficile. Les éléments suivants peuvent aider :
a. La législation dans plusieurs pays développés exige de mettre un code les produits en plastique indiquant la nature chimique du matériau dont ils sont faits. La plupart des produits commercialises en RDC ne sont pas codés car la législation ne l’exige pas, mais certains produits codés peuvent toutefois être rencontres. Ces codes sont :
Ils s’interprètent de la manière suivante :
1 : PET(E) – Polyéthylène Téréphtalate 2 : HDPE – Polyéthylène haute densité
3 : PVC – Chlorure de Polyvinyle
4 : LDPE – Polyéthylène faible densité
5 : PP – Polypropylène
6 : Polystyrène 7 : Autres plastiques
b. Le LDPE est doux, flexible, facile à chauffer. Il est transparent lorsqu’il est très mince. Les zones épaisses ont un aspect laiteux ou colore.
c. Le HDPE est plus dur que le LDPE. Même des films minces ont un aspect laiteux
d. Le PVC est dur et résistant, souvent colore. Il émet une odeur d’acide hydrochlorique lorsqu’on le brule.
e. Le PVC plasticise est doux, flexible et faible. Il se joint facilement aux textiles ou aux métaux.
Si le déchet plastique en cours de tri est sale, il faut le nettoyer en
suivant les étapes suivantes :
- Vider, s’il y en a, le contenu résiduel du déchet en plastique vers un fût collecteur
- Nettoyage grossier en enlevant les bouchons, étiquettes en plastique, papier, métal
- Nettoyage intensif dans l’eau froide ou chaude avec addition si nécessaire de détergent ou de soude caustique
- Une attention particulière sera donnée aux sacs et sachets qui peuvent transporter davantage d’impuretés que les autres types de déchets.
Le HDPE et le PP ont des propriétés semblables et peuvent être recyclés ensemble. Ils peuvent facilement être sépares du PVC par le test du bain. Avec une masse volumique d’environ 900 kg/m3, le HDPE et le PP flottent sur l’eau alors que le PVC (comme la majorité des autres plastiques), qui a une masse volumique de 1300 kg/m3 environ, coule au fond.
Si l’on tient à séparer le LDPE (densité de 0.91 à 0.92) du HDPE (densité de 0.96), un liquide de séparation approprie de densité 0.93 à 0.94) peut être constitué en mélangeant de l’alcool (densité 0.79) a l’eau.
Il est recommandé d’insérer un étage de découpage avant le test du
bain : ainsi d’éventuelles poches d’air seront libérées.
On peut aussi avoir 2 étages de tests de bain pour une précision affinée.
On peut également tester le plastique à recycler en le grattant avec un ongle : seul le polyéthylène peut être déchiré de cette manière (Butsana et Simon Pierre, 2018).
Le tableau ci-dessous résume les différents tests d’identification possibles :
|
Test |
PE |
PP |
PS |
PVC |
|
Bain |
Flotte |
Flotte |
Coule |
Coule |
|
Bruler |
Flamme bleue avec extrémité jaune. Fond et tombe en gouttes |
Flamme jaune avec base bleue |
Jaune |
Jaune, avec de la fumée sombre. Ne continue pas à bruler si la flamme est enlevée |
|
Odeur après combustion |
Comme de la cire de bougie |
Comme la cire de bougie. Moins fort que le PE. |
Douce |
Acide hydrochlorique |
|
Grattage |
Oui |
Non |
Non |
Non |
Pour déterminer si un plastique est thermoplastique ou thermodurcissable, on peut essayer d’enfoncer un morceau de métal chauffé au rouge dans le matériau. Si le métal s’enfonce dans le plastique, on est en présence d’un thermoplastique, sinon on est en présence d’un thermodurcissable.
5. Granulation
Il faut ensuite réduire les déchets en granules dans une machine appropriée. Dues aux propriétés mécaniques différentes de différents types de sachets, il existe différentes sortes de machines.
Les plastiques dures seront réduites dans un granulateur correspondant. Le produit réduit est séché. Il pourra ensuite soit être utilise comme tel ou bien transformé en pastilles dans une extrudeuse.
Les plastiques en films sont pour leur part traitées dans une
agglomératrice. C’est une machine faite d’un tambour vertical avec une série de lames tournant rapidement à sa base. L’agglomératrice découpe les films en pétales minces. A cause de l’énergie de frottement du processus, les pétales fondent et se resolidifent en petites boules ou agglomérats. Le résultat est une augmentation de la densité du matériau qui devient adéquat pour injection par moulage via une extrudeuse, formation par soufflage ou soufflage de films (Butsana et Simon Pierre, 2018).
6. Réduction en pastilles (« pellets »)
Dans plusieurs applications il est recommandes de convertir les
morceaux de plastique (« chips ») ou agglomérés en pastille (« pellets ») avant utilisation.
La pelletisation consiste à faire fondre à nouveau les chips ou agglomérés dans une extrudeuse, puis à produire des spaghettis qui sont finalement coupes en pastilles. Pendant ce processus, le plastique peut aussi être homogénéisé, mélangé, dégazé, coloré ou stabilisé.
Les pastilles peuvent être vendues aux industries qui ont fabriqué les produits de départ, parce que c’est bien la matière première qu’ils utilisent, ou bien utilisées par une PME pour créer de nouveaux objets en plastique (Butsana et Simon Pierre, 2018).
7. Fabrication par extrusion de tuyaux et de profiles
Les chips, les agglomérés ou les pellets provenant du recyclage du PE
ou du PVC peuvent être utilisés pour fabriquer par extrusion des tuyaux ou des profilés en plastique.
Comme le matériau recyclé est rarement homogène il est important de faire des tests pour déterminer le bon dosage (par exemple de HDPE et LDPE) conduisant à des propriétés désirables.
Les tuyaux ou les profilés sont extrudés en continu. Le plastique est amené à fusion dans l’extrudeuse puis est pressé en continu dans l’outil d’extrusion. Pour préserver la forme jusqu’à ce que le plastique se soit solidifié, on utilise des outils de calibration refroidis à l’eau.
Finalement les tuyaux et profilés sont coupés à la longueur appropriée ou bien enroulés.
8. Moulage par injection
Pour mouler par injection, les chips, agglomeres ou pastilles sont amenés à fusion dans une extrudeuse. Le plastique fondu est stocké par intermittence dans une chambre d’approvisionnement en amont de l’extrudeuse. A certains intervalles le plastique fondu est injecté dans un moule. Apres solidification l’objet fabriqué est retiré du moule. Entretemps un nouvel apport de plastique est fait dans la chambre d’approvisionnement, prête pour la prochaine injection.
Ce processus exige beaucoup de mécanismes de contrôle et les machines de moulage par injection sont en général automatiques, donc malheureusement onéreuses et peu accessibles pour les PME fonctionnant avec un budget d’investissement limité.
Il existe toutefois quelques machines de moulage par injection manuelles, développées notamment en Inde et en Egypte, pouvant produire des objets ayant jusqu’à 50 grammes de masse, un ouvrier pouvant produire jusqu’à 150 objets par heure (Butsana et Simon Pierre, 2018).
2.4 Problèmes posés par les déchets plastiques
Ces déchets posent alors plusieurs problèmes non résolus à ce jour :
- Dégradation du paysage urbain
- Contamination et appauvrissement des sols
- Contamination et destruction de la faune et la flore aquatiques
- Vecteurs de maladies par la rétention des eaux contaminées
- Catalyste d’inondation par la réduction de la perméabilité aqueuse des sols
2.5 Impact des déchets plastiques
1. Impacts sanitaires
Le contact des produits plastiques avec les aliments cause souvent des
impacts sanitaires liés à la présence d’additifs dans la composition chimique du produit plastique. Les déchets comme les sachets contiennent déjà de la matière recyclée et ne devraient donc pas être utilisés comme emballages alimentaires surtout avec des aliments chauds qui font fondre la matière plastique et la mélange à l’aliment. Il peut se produire alors une intoxication alimentaire. Dans d’autres mesures, la pratique de l’incinération des déchets plastiques observée au niveau des décharges et des concessions est source d’émissions toxiques comme la dioxine provoquant ainsi des maladies cardiovasculaires, respiratoires et des cancers. Du fait de la bioaccumulation, c’est toute la chaine alimentaire qui se retrouve toucher et au final l’être humain par voie directe ou indirecte. Les substances émises par l’incinération des ordures contenant le plastique sont souvent : l’acide chlorhydrique (HCl), l’ammoniac, le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de soufre, l’oxyde d’azote, les sulfures d’hydrogène, les dioxines (Union Economique Monétaire Ouest Africaine, 2013).
2. Impacts sur le cadre de vie
Les déchets plastiques dégradent l’esthétique du cadre de vie des
unités urbaines avec la prolifération des sachets plastiques généralement noir et blanc dans la nature. Ce qui peut contribuer à donner une mauvaise image de la salubrité du pays aux yeux des étrangers. Ils peuvent aussi engendrer l’obstruction des caniveaux facilitant la prolifération des moustiques et des odeurs et provoquant des inondations dans les grandes villes. Les sachets plastiques disséminés en milieu rural et urbain peuvent facilement s’envoler et être projetés sur les pare-brises des véhicules réduisant ainsi la visibilité des conducteurs ou conduire les automobilistes à une perte du contrôle (Union Economique Monétaire Ouest Africaine, 2013).
3. Impacts sur l’élevage
Les animaux les plus exposés aux plastiques sont surtout des animaux domestiques qui sont généralement en divagation et rencontrent des plastiques de tout genre (sachets, mèches etc.). Ces animaux sont attirés par des débris d’aliments contenus dans les sachets et jetés dans les poubelles. Ils les rencontrent généralement dans les dépôts de transit, les rues, les marchés etc. Au Mali, le cheptel constitue une richesse énorme. Les sachets plastiques sont spécifiquement dangereux pour les ruminants, une fois avalé, le plastique reste dans la panse, bouchant la digestion. L’animal maigrit et devient anémié et présente un ventre gonflé signe de constipation. Cet état provoque chez les ruminants une diminution de la production de lait et de viande entrainant une baisse de sa valeur marchande. Selon les Docteurs TRAORE et DOUMBIA de la Clinique Vétérinaire de Bamako, les causes principales d’une intervention chirurgicale chez les animaux (vaches, moutons, chèvres, ânes etc.) sont dues aux plastiques avalés par ces animaux sur les tas d’ordures. (Environs 3 cas sur 5).
4. Impacts sur l’agriculture
La prolifération des déchets plastiques et la présence des sachets
plastiques dans les espaces agricoles présentent des impacts remarquables tels que :
- La pollution visuelle des sols ;
- La diminution des espaces agricoles et du coefficient d’infiltration du sol ;
- La baisse de rendement agricole ;
- La production de Polluants Organiques Persistants (dioxines et furanes) lors d’un brûlage rapproché des espaces cultivables;
- L’inhibition possible de la photosynthèse qui est essentielle pour la production de matières organiques utiles pour tous les êtres vivants.
En l’absence d’un système de collecte efficace, les déchets plastiques notamment les sachets plastiques, jonchent le sol où ils s’enfouissent progressivement d’autant moins rapidement que le terrain est dur. Cela nuit à l’image du pays tant en milieu rural qu’en milieu urbain où il existe de nombreuses rues goudronnées. L’utilisation des déchets mélangés aux sachets plastiques comme remblais dans les sols cultivés contribuent à la réduction du taux d’infiltration et une augmentation du ruissellement et donc des inondations (Union Economique Monétaire Ouest Africaine, 2013).
PRESENTATION DU MILIEU D'ENQUETE
Nous avons réalisé notre recherche dans la ville province de Kinshasa en République Démocratique du Congo précisément dans les zones de santé urbaines de Kinshasa : Barumbu, Kalamu I et Matete.
La zone de santé de BARUMBU a une superficie de 4,6 Km2 et correspond aux limites administratives de la commune de Barumbu. Elle est limitée : (1) au nord par la zone de Santé de Gombe, (du quartier commercial, par les avenues commerçant, Tabora et RWAKADINGI), (2) au sud par la zone de santé de KALAMU séparée par la rivière Kalamu, (3) à l’est par la zone de santé de KINGABWA et de GOMBE par le chemin de fer et par la route des poids lourds et (4) à l’ouest par la zone de santé de KINSHASA par l’avenue BOKASA. Elle est subdivisée en neuf (9) aires de santé (AS) et compte 65 formations sanitaires (FOSA) dont une est Etatique, une confessionnelle (armée du salut) et une autre appartenant à une entreprise publique BRALIMA et les restes des structures des soins appartiennent aux privés. Selon le Plan d’Action Opérationnel, la ZS de BARUMBU compte 162.150 habitants.
La zone de santé de Kalamu I a une superficie de 4Km², elle est l’une des deux zones que compte la commune municipale de Kalamu, l’une des 35 zones de santé que compte la ville province de Kinshasa et l’une des 515 zones de santé se trouvant au pays. Ses installations sont situées sur l’avenue Bagata n.1, quartier Matongé, dans l’enceinte des installations de la maison municipale de Kalamu. Elle est limitée comme suit : (1) au nord, par les zones de santé de Kinshasa et Barumbu, séparée par la rivière Zoao se situant derrière l’Eglise Armée de l’Eternel, sur le boulevard Sendwé, (2) au sud, par la zone de Santé de Makala séparée par l’avenue Bongolo, (3) à l’Est, par les zones de santé Kalamu II et Limeté, séparée par les Avenues Bongolo et Université, (4) et enfin, à l’Ouest, par les avenues Kasa-Vubu et Elengesa qui la séparent des zones de santé de Kasa-Vubu et de Ngiri-Ngiri. Cette zone de santé compte au total 10 aires de santé. Elle compte environ 175 411 habitants.
La zone de santé urbaine de Matete est l’une de 35 ZS de la ville
province de Kinshasa et fait frontière avec 4 zones de Santé (Kinsenso, Lemba, Kingabwa et Ndjili). Elle est subdivisée en 13 aires de santé et est limitée : (1) au Nord : par le boulevard Lumumba qui la sépare de la zone de santé de Kingabwa, (2) au sud : par l’avenue Mbambakilenda qui la sépare avec la ZS de Kinsenso, (3) à l’est : par N’djili qui la sépare de la zone de santé de N’djili et (4) à l’ouest : par la rivière Matete qui la sépare avec la zone de santé de Lemba. Elle a pour population totale qui est estimée à 322485 habitants.
MATERIELS ET METHODES
La population cible de notre étude est constituée par l’ensemble des chefs de ménage habitant dans les zones de santé urbaines de Kinshasa : Barumbu, Kalamu I et Matete. Elle est estimée à ± 16,9% de chefs de ménage
(111871 ménages≈ chefs de ménage) (Institut National de Statistique, 2012).
Selon l’Enquete 1,2,3 EDS, 2012, la taille moyenne de ménage à Kinshasa est de 5,9 ≈6
Population par zone de santé retenue
|
Zone de santé |
Total |
Proportion (%) |
|
Barumbu |
27483 |
24,6 |
|
Kalamu I |
29730 |
26,6 |
|
Matete |
54658 |
48,8 |
|
Total |
111871 |
100 |
Pour calculer la taille de l’échantillon, nous avons recouru au logiciel Epi Info 7.2 (Smartphone) Android avec 95% de degré de confiance. Au total il y a 16,9% (population cible), après calcul automatique, la taille de l’échantillon est de 216 chefs de ménage à 95% de degré de confiance.
Population échantillonnée
|
Zone de santé urbaine |
Total |
Proportion (%) |
|
Barumbu |
53 |
24,6 |
|
Kalamu I |
57 |
26,6 |
|
Matete |
106 |
48,8 |
|
Total |
216 |
100 |
Pour réaliser cette étude nous avons fait appel à la méthode d’enquête, à la technique d’interview dirigée par un questionnaire avec des questions fermées et ouvertes. Cette technique a été accompagnée par l’observation des bouteilles en plastiques dans la parcelle et l’état hygiénique de la parcelle.
L’enquête des chefs de ménage a porté sur un échantillon aléatoire. Cet échantillon a été prélevé en quatre étapes : (1) la première a consisté à répertorier toutes les entités (zones de santé urbaines, aires de santé, avenues et ménages) sur l’ensemble de la ville de Kinshasa. Donc numéroter de 1 à N ménages inclus dans la base de sondage pour 3 zones de santé urbaines; (2) la deuxième a consisté à déterminer l’intervalle d’échantillonnage ou pas de sondage (k) en divisant la population N par la taille de l’échantillon obtenue :
𝑁
k=
;
𝑛
Sachant que le pas de sondage est trop grand, on peut prendre de façon arbitraire le pas de sondage de 5. Et nous avons considéré 1 chef de ménage par ménage et par parcelle ; (3) la troisième a consisté à sélectionner au hasard un nombre entre 1 et k qu’on appelle l’origine choisie au hasard et (4) la quatrième a consisté à sélectionner chaque Kième unité (chef de ménage) et passer à l’interview. L’étude est transversale à visée analytique. L’outil est composé de 12 questions et s’intéresse aux données : (1) sociodémographiques : âge, sexe, niveau d’étude, état civil etc. et (2) sur les bouteilles en plastique.
Les données brutes de l’enquête étaient collectées à l’aide d’Epi info 7.2 Android, elles ont été exportées vers le logiciel SPSS 24 où elles ont été épurées, validées et codifiées avant d’être analysées. L’analyse a consisté à:
- Décrire les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés ;
- Déterminer la proportion des ménages qui gèrent rationnellement les bouteilles en plastique;
- Rechercher la relation entre les caractéristiques sociodémographiques et la gestion des bouteilles en plastiques;
- Le modèle logistique a été utilisé pour déterminer l’association entre les variables indépendantes et la variable dépendante. Les intervalles de confiance ont également été calculés avec un niveau de confiance de 95%.
RESULTATS ET DISCUSSION
Résultats
1. Caractéristiques sociodémographiques
Graphique 1. Age des enquêtés
Ce graphique indique que la majorité (43,5%) des enquêtés ont l’âge de 38 ans et plus dont l’âge moyen vaut : 36,85±9,097. Avec un pic (mode) de 38 ans.
SE=0,619 CV= 24,68% IC95% =[35,67-38,06] Me=37 Q1=28 Q3=44 Graphique 2. Sexe des enquêtés

Les données de ce graphique
montrent que le sexe féminin est prédominant (53,2%) dont le sexe ratio ou le
rapport de féminité vaut :
Graphique 3. Niveau d’étude des enquêtés

Au regard de ce graphique, 37,0% des enquêtés sont du niveau
secondaire.
Graphique 4. Etat civil des enquêtés

Il revient de noter dans ce graphique que 42,1% des enquêtés sont
mariés.
2. Bouteilles en plastique
Tableau 1. Répartition des enquêtés selon les avantages de bouteilles en plastique
|
Avantage |
Fréquence (n=216) |
% |
|
Conservation des produits Transport des produits Autres (protection) |
123 145 22 |
56,9 67,1 10,2 |
Ce tableau montre que 145 soit 67,1% des enquêtées ont mentionné le
transport des produits suivi de 123 soit 56,9% qui ont noté la conservation des produits.
Tableau 2. Répartition des enquêtés selon le nombre moyen des bouteilles en plastique utilisées par jour
|
Nombre des bouteilles/jour |
Fréquence |
% |
|
1 2 3 et plus Total |
35 161 20 216 |
16,2 74,5 9,3 100 |
Il revient de noter dans ce tableau que 161 soit 74,5% des enquêtés
utilisent en moyenne 2 bouteilles par jour.
Tableau 3. Répartition des enquêtés selon qu’ils parviennent à gérer les bouteilles en plastiques
|
Gestion de plastique |
bouteilles |
en Fréquence |
% |
|
Oui Non Total |
|
83 133 216 |
38,4 61,6 100 |
Les données de ce tableau précisent que 133 soit 61,6% des enquêtés
ne parviennent pas à gérer les bouteilles en plastiques.
Tableau 4. Répartition des enquêtés selon la gestion des bouteilles en plastiques
|
Manière de gérer les bouteilles en Fréquence (n=216) plastiques |
% |
|
Au coin de la parcelle 56 Dans la poubelle 81 Rejet dans les caniveaux 12 Dans la rue 24 Autres (incinération) 43 |
25,9 37,5 5,6 11,1 19,9 |
Il revient de souligner dans ce tableau que 81 soit 37,5% des enquêtés
gèrent les bouteilles en plastiques dans la poubelle.
Tableau 5. Répartition des enquêtés selon les facteurs favorisant la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques
|
Facteur favorisant |
Fréquence (n=216) |
% |
|
Faible revenu Participation inactive à la gestion des déchets Influence de la modernisation Absence des structures de salubrité Absence d’activités collectives d’assainissement Autres (mauvaise politique) |
63
109 98
103
95 46 |
29,2
50,5 45,4
47,7
43,9 21,3 |
Au regard de ce tableau, 109 soit 50,5% des enquêtés ont mentionné
la participation inactive à la gestion des déchets suivi de 103 soit 47,7% qui ont noté l’absence des structures de salubrité.
Tableau 6. Répartition des enquêtés selon les moyens qu’ils utilisent pour évacuer les bouteilles en plastiques
|
Moyen utilisés |
Fréquence (n=216) |
% |
|
Brouette Chariot Véhicule Autres (sac) |
63 72 16 79 |
29,2 33,3 7,4 36,6 |
Les données de ce tableau montrent que 79 soit 36,6% des enquêtés
ont noté d’autres moyens (sac) suivi de 72 soit 33,3% qui ont parlé de chariot.
Tableau 7. Répartition des enquêtés selon les risques de la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques
|
Risque Fréquence (n=216) |
% |
|
|
Entassement des bouteilles en plastiques Odeurs nauséabondes Exposition aux maladies Présence des microbes Autres (malaises) |
171 86 167 73 76 |
79,2 39,8 77,3 33,8 35,2 |
Au regard de ce tableau, 171 soit 79,2% des enquêtés ont mentionné l’entassement des bouteilles en plastiques et 167 soit 77,3% ont parlé d’exposition aux maladies.
Tableau 8. Répartition des enquêtés selon la présence des bouteilles en plastiques dans la parcelle
|
Présence plastiques |
des |
bouteilles |
en Fréquence |
% |
|
Oui Non Total |
|
|
133 83 216 |
61,6 38,4 100 |
Les résultats de ce tableau indiquent que 133 soit 61,6% des enquêtés
ont des bouteilles en plastiques dans la parcelle.
Tableau 9. Répartition des enquêtés selon l’état hygiénique de la parcelle
|
Etat hygiénique de la parcelle |
Fréquence |
% |
|
Propre Mauvais Total |
90 126 216 |
41,7 58,3 100 |
Les résultats de ce tableau montrent que 126 soit 58,3% des enquêtés
ont des parcelles en mauvais état.
Tableau 10. Régression logistique sur la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques (n=216)
Variables indépendantes ß E.S
P EXP.OR IC pour OR (95%)
|
Variable dépendante : Mauvaise gestion des bouteilles en plastiques Faible revenu Participation inactive Influence de la modernisation Absence des structures de salubrité Ignorance Constante |
1,179 0,106
0,029
1,344 -0,331 -2,198 |
0,401 0,588
0,302
0,811 0,293 1,117 |
0,005** 0,675
0,013*
0,049* 0,189 0,032 |
3,248 1,235
1,039
3,721 0,713 0,086 |
1,400-7,499 0,355-3,998
1,0311-1,828
1,823-13,081 0,370-1,264
|
![]()
p<0,05* p<0,01**
Dans ce modèle, nous avons examiné la mauvaise gestion des
bouteilles en plastiques avec le faible revenu, la participation inactive, l’influence de la modernisation, l’absence des structures de salubrité, l’ignorance et d’autres variables.
Ce tableau montre que la mauvaise gestion des bouteilles en
plastiques est associée (P<0,01) (OR =3,248) au faible revenu, (P<0,05) (OR =1,039) à l’influence de la modernisation et (P<0,05) (OR =3,721) à l’absence des structures de salubrité tandis que l’ignorance n’est pas associée à la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques.
Discussion
Nous avons évalué et comparé les caractéristiques
sociodémographiques des enquêtés.
Notre entendement était que le faible revenu, la participation inactive,
l’influence de la modernisation, l’absence des structures de salubrité, l’absence d’activités collectives d’assainissement, l’ignorance etc. seraient à la base de la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques.
Les déchets plastiques dégradent l’esthétique du cadre de vie des
unités urbaines avec la prolifération des sachets plastiques généralement noir et blanc dans la nature. Ce qui peut contribuer à donner une mauvaise image de la salubrité du pays aux yeux des étrangers (UEMOA, 2013). Les graphiques indiquent que la majorité (43,5%) des enquêtés ont l’âge de 38 ans et plus dont l’âge moyen vaut : 36,85±9,097. Avec un pic (mode) de 38 ans, le sexe féminin est prédominant (53,2%), 37,0% des enquêtés sont du niveau secondaire et 42,1% des enquêtés sont mariés.
Le tableau 1 montre que 145 soit 67,1% des enquêtées ont mentionné
le transport des produits suivi de 123 soit 56,9% qui ont noté la conservation des produits.
Nous utilisons et jetons chaque année l’équivalent de notre poids corporel en plastique (résultat obtenu par un ratio moyen consommation/population : 40 kg/an au niveau mondial en 2015, 63 en Europe et 68 en France) ; 90 % de ces déchets persisteront longtemps après notre propre disparition, 35 à 50 % des plastiques usagés sont dispersés de façon incontrôlée dans notre environnement; 20 à 40 % sont regroupés dans des stations d’enfouissement où, mélangés à d’autres déchets, ils sont temporairement retenus dans des géotextiles… eux-mêmes en plastique (GONTARD, 2018). Il revient de noter dans le tableau 2 que 161 soit 74,5% des enquêtés utilisent en moyenne 2 bouteilles par jour.
Des conteneurs en plastique flottant sur la rivière Kalamu non loin de l’avenue Bongolo dans la commune de Kalamu et d’autres zones de santé de Kinshasa constituent une pollution de l’environnement. Le 3 juillet de chaque année, le monde célèbre la journée internationale de lutte contre l’utilisation des sacs en plastique. Le sac en plastique est en quelque sorte devenu le symbole de nos habitudes de consommation. En RDC, il est utilisé une ou deux fois pour ensuite le jeter et l’oublier (Radio Okapi et Olenga, 2015). Les données du tableau 3 précisent que 133 soit 61,6% des enquêtés ne parviennent pas à gérer les bouteilles en plastiques.
On estime ainsi que le plastique peut subsister dans la nature pendant des centaines voire des milliers d’années. Ainsi l’administration des entités urbaines de la RDC n’offre en pratique aucun mécanisme de collecte et élimination/ recyclage contrôlés des déchets en général, et des déchets en plastique en particulier. Il résulte de cette faiblesse la prolifération des déchets en plastique dans l’espace urbain et dans la nature environnante (BUTSANA et SIMON-PIERRE, 2018). Il revient de souligner dans le tableau 4 que 81 soit 37,5% des enquêtés gèrent les bouteilles en plastiques dans la poubelle.
Au regard du tableau 5, 109 soit 50,5% des enquêtés ont mentionné la
participation inactive à la gestion des déchets suivi de 103 soit 47,7% qui ont noté l’absence des structures de salubrité.
Les données du tableau 6 montrent que 79 soit 36,6% des enquêtés
ont noté d’autres moyens (sac) suivi de 72 soit 33,3% qui ont parlé de chariot.
Aujourd’hui, le plastique providentiel s’est transformé en une bombe
à retardement dont on découvre les effets à long terme sur notre santé et notre environnement. Il est visuellement présent partout autour de nous et tellement répandu dans toutes les couches et tous les compartiments géologiques (GONTARD, 2018). Au regard du tableau 7, 171 soit 79,2% des enquêtés ont mentionné l’entassement des bouteilles en plastiques et 167 soit 77,3% ont parlé d’exposition aux maladies.
La quantité journalière moyenne de déchets en polyethylene générée par un ménage est à peu près égale à la quantité utilisée par elle comme combustible dans les briquettes, ce qui résout simultanément les problèmes d’approvisionnement énergétique ainsi que de gestion des déchets (Butsana et Simon-Pierre, 2018). Les résultats du tableau 8 indiquent que 133 soit 61,6% des enquêtés ont des bouteilles en plastiques dans la parcelle.
Les données du tableau 9 montrent que 126 soit 58,3% des enquêtés
ont des parcelles en mauvais état.
Le tableau 10 montre que la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques est associée (P<0,01) (OR =3,248) au faible revenu, (P<0,05) (OR =1,039) à l’influence de la modernisation et (P<0,05) (OR =3,721) à l’absence des structures de salubrité tandis que l’ignorance n’est pas associée à la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques.
CONCLUSION
Les déchets en plastique, d’origine domestique ou industrielle, sont devenus une préoccupation écologique majeure dans les villes des pays en développement.
Il est important de prendre conscience de l’importance d’une gestion
rationnelle des matériaux en plastique et plus particulièrement des bouteilles en plastiques avec tous ses implications environnementales et sanitaires.
Notre étude avait pour objectif d’identifier les facteurs associés à la
mauvaise gestion des bouteilles en plastiques dans les zones de santé urbaines de Kinshasa.
Notre hypothèse était que le faible revenu, la participation inactive,
l’influence de la modernisation, l’absence des structures de salubrité, l’absence d’activités collectives d’assainissement, l’ignorance etc. seraient à la base de la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques.
La population cible était constituée par l’ensemble de chefs de ménage habitant les zones de santé de Barumbu, Kalamu I et Matete. La taille de l’échantillon était de 216 chefs de ménage.
Nous avons recouru à la méthode d’enquête, à la technique
d’interview, d’observation et à l’échantillonnage aléatoire systématique. L’étude est transversale à visée analytique. La base des données et le traitement des données ont été réalisés en SPSS 24 où les données ont été saisies, codifiées, nettoyées pour l’analyse et le logiciel Epi info 7.2 nous a permis de calculer la taille de l'échantillon. La comparaison des données a été réalisée à l’aide du test chi- carré et V de Cramer. Le degré de signification a été fixé à p≤0,05.
Tenant compte de nos résultats, notre hypothèse est partiellement confirmée, car la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques est associée (P<0,01) (OR =3,248) au faible revenu, (P<0,05) (OR =1,039) à l’influence de la modernisation et (P<0,05) (OR =3,721) à l’absence des structures de salubrité tandis que l’ignorance n’est pas associée à la mauvaise gestion des bouteilles en plastiques.
Nous estimons que ces indicateurs permettront d’orienter des
informations essentielles sur la gestion des bouteilles en plastiques auprès des femmes ménagères dans le but de réduire le risque d’exposition aux maladies infectieuses et d’améliorer la santé de toute la population.
SUGGESTIONS
Compte tenu de résultats obtenus, nous suggérons ce qui suit :
Ø Aux autorités de la zone de santé de :
- Contribuer à l’amélioration des conditions d’hygiène de la population ;
- Soutenir le projet sur la gestion de bouteilles en plastique ;
- Sensibiliser la population dans la gestion des bouteilles en plastique.
Ø Aux chefs de ménage de:
- Bien gérer les bouteilles en plastique ; - Bien éliminer les bouteilles en plastique; - Disposer des poubelles.
BIBLIOGRAPHIE
BUTSANA et SIMON-PIERRE, De la gestion des déchets en plastique, RDC, 2018.
Dictionnaire français Android, 2018.
ENCARTA, Dictionnaire Billing, copyright, Paris, 2009.
FRANCEY et al. Guide de l’assainissement individuel, OMS, Genève,
2001.
GONTARD, Bouteilles en plastique, éd. Ineris, Paris, 2018.
KIYOMBO et al, Module gestion de l’environnement, ESP -Kinshasa, 2010.
Larousse, Dictionnaire Français, MontParnasse, Paris, 2010.
LAST, Déchets, 2008.
Le Potentiel et Bateko, Gestion des déchets, 2018.
MUNYANGA MUNYANGA MUKUNGO, Elément de santé publique,
Faculté de Médecine, Unikin, 2004
NGOMBO et NSIMANDA, Les plastiques, Paris, 2015.
OMS, Programme minimum de gestion des ordures ménagères et des Déchets assimilés, OMS, Genève, 1996.
Radio Okapi et Olenga, Bouteilles en plastique, 2015.
RECCORD, Gestion plastique, Paris, 2002.
ROBERT, Dictionnaire de la langue française, 2005.
SERGE M et GILLET, Rapport sur les nouvelles techniques de recyclage et de valorisation des déchets ménagers des déchets industriels banals, 2005.
Union Economique Monétaire Ouest Africaine, Gestion de déchets palstique dans l’espace UEMOA, 2013.
Wikipédia, Encyclopédie libre, Règle de Sturges, Etats-Unis, 2016.
Https //fr.wikipedia.org/wiki/regle de Sturges
Mack MPINGIYABO KABEYA
- Diplôme d’Etat en BIOLOGIE CHIMIE à LUBUMBASHI/KATANGA ;
- Diplôme de Graduat en SCIENCES INFIRMIERES option HOSPITALIERE à l’ISTM/Kinshasa ;
- Diplôme de Licence en SANTE COMMUNAUTAIRE option EPIDEMIOLOGIE à l’ISTM/Kinshasa ;
- Certificat Post Universitaire en BIOETHIQUE à l’ECOLE DE SANTE PUBLIQUE/UNIVERSITE DE KINSHASA ;
- Assistant du Professeur Dr. TSHIKUKA MULUMBA Ph.D en 2008 ;
- Assistant du Professeur Ordinaire KATAKO MULANGWA JP Ph.D depuis 2009 (ISTM/Kinshasa);
- Assistant du Professeur Ordinaire RISASI ETUTU Richard Ph.D en 2015 ;
- Assistant à l’ISTM/RB, ISTMM/CEPROMAD, ISSS/CROIX ROUGE, UNIVERSITE LIBRE DE LUOZI/ISTM et UNIVERSITE PROF. MUTUMBI.
- Encadreur et codirecteur des MEMOIRES, TFC et PUBLICATIONS ;
- Consultant au Centre de Médecine Mixte d’Anémie SS ;
- Coordonnateur des projets ;
- Formateur des enquêteurs à Kasangulu/Bas-Congo « sur le VIH/Sida chez les jeunes », à Kisantu/Bas-Congo « sur les grossesses précoces chez les adolescentes » et à Brazzaville/République du Congo « sur la sexualité chez les adolescentes » ;
- Réalisation des émissions à la RTVA sur : la santé, le paludisme, la fièvre typhoïde et le cholera.
- Création des didacticiels (sur l’enseignement numérique local en RDC en 2013) - Publication en ligne sur www.sciencedirect.com«Validité du score de Keith
Edwards dans le diagnostic de la tuberculose chez l’enfant » Archive de pédiatrie,
Paris, France. Consultez www.Google.com : Mpingiyabo K.
- Brevet de secourisme à la Croix Rouge en 2016
- Epidémiologiste au Centre Mère et enfant de Barumbu en 2017
- Formateur en Data Manager au Centre International (CIF) en 2017
- Coordonnateur du centre d’Informatique CPS/Croix Rouge en 2017
- Data manager SYNAPMS RDC en 2019
« Un environnement sain est source de la bonne santé »
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[1] Assistant à l'Institut Supérieur de Sciences de Santé de la Croix-Rouge et à l’ISTM/RB
[2] Professeur à l'Université Pédagogique Nationale
[3] Assistant à l’Institut Supérieur des Techniques médicales Révérend Bokundowa (ISTM/RB) et à l’ISTM/YUMBI 4 Chef des travaux à l’Institut Supérieur des Techniques médicales de YUMBI
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