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LA PROBLEMATIQUE DES
INCOHERENCES THEORICO-PRATIQUES DANS LA POLITIQUE DU SYSTEME DE SANTE EN RDC
Par : TSHIBINDA MUSENGA Clément
Université Simon Kimbangu
2021
RESUME
La Zone de Santé de Kanzala, enquêtée sur son mode de fonctionnement en cette année 2021, témoigne quelques incohérences relatives à la non-conciliation des normes en vigueur en RDC, face à la réalité sur le terrain pratique. Ces écarts graves et non sans conséquence dans la population à desservir, que les gouvernants doivent se rendre compte et proscrire dans la mesure du possible. Nonobstant, cette étude ayant porté sur « la problématique des incohérences théorico-pratiques dans la politique du Système de Santé en RDC », s’est focalisée dans l’espace géographique de la ZS de Kanzala et a révéler ce qui suit : la ZS de Kanzala dessert 311.539 habitants, avec une capacité d’accueil de 56 lits d’hôpital, soit un ratio de 1 lit pour 5563 habitant en lieu et place de 1 lit pour 1000 habitants comme prévu dans les normes. Il faut ajouter à cela que l’HGR de Kanzala est dépourvu de pharmacien. La superficie de l’Hôpital général de Référence est la plus moindre qui soit, par rapport à celle prévue dans les normes structurales de l’HGR soit 1090 m2 au lieu de 2400 m2. S’agissant de la rémunération des agents de la ZS de Kanzala, 0,6% soit 3 agents sur 495 touchent leurs salaires, et 17,4% soit 86 agents sur les 495 que compte la ZS touchent leurs primes de risque. La prime locale de l’hôpital étant insignifiante, les 133 personnes de l’HGR touchent autour de 25 000 FC soit 12$ américains par mois et par personne. Ce constat, pousse à redouter la qualité de soins qu’administre cette Zone de Santé à sa population. Suggérons ainsi aux acteurs impliqué directement dans ce domaine à tous les niveau, de venir au rescousse non seulement de Kanzala, mais de toute autre structure de la Santé en souffrance ; pour ainsi parler librement de soins de Santé de qualité que prône l’O.M.S.
Sigles et abréviation
ZS : Zone de Santé
HGR : Hôpital Général de Référence
CS : Centre de Santé
CSR : Centre de Santé de Référence
RDC : République Démocratique du Congo
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
SSP : Soins de Santé Primaires
Introduction
La République Démocratique du Congo s’apprête à fêter bientôt son 62eme anniversaire, telle qu’une personne entrant dans son troisième âge. C’est donc l’occasion de tourner le regard sur son histoire, en vue d’envisager un meilleur avenir. Le regard que nous proposons fait délibérément le choix de se focaliser sur les aspects positifs qui, malgré les problèmes sociopolitiques qui ont longuement empêché le décollage du pays, ont permis à la population de survivre et même d’envisager un futur plus favorable. Dans la mesure où l’on ne peut parler de tous les secteurs de manière exhaustive, notre réflexion se focalisera principalement sur le système de Santé. Un pays très vaste, subdivisé en 26 provinces, 145 territoires, et 515 ZS pour une population de 95.784.841 habitants en 2019.[1] Notre intérêt pivote autour de la seule ZS urbaine de Kanzala, dans la province du Kasaï, ville de Tshikapa.
En effet, une Zone de Santé étant l’unité de mesure du Système de Santé dans notre pays, elle attire bon nombre des chercheurs du domaine, évoluant dans le sens de préserver la Santé des populations par la prévention des problèmes relatifs au bien-être de ces dernières, et à la promotion des activités de la Santé publique. Comme eux, nous avons trouvé utile de scruter le Système de Santé de la RDC, en interrogeant la Zone de Santé Urbaine de Kanzala, en vue d’en tirer des conclusions idoines ; en menant avec attention soutenue, cette étude intitulée « la problématique de quelques incohérences théorico-pratiques dans la politique du Système de Santé en milieu urbain de la R.D.C. »
Certes, plusieurs observations ont été faites par rapport au fonctionnement des structures socio-sanitaires de la République Démocratique du Congo, faisant ainsi état d’incohérences dans le Système et Politique de Santé parfois inaperçue, ou encore omises par les décideurs, ignorant que cela entre en ligne de compte de facteurs d’insécurité socio-sanitaire qu’il ne faut pas négliger. Lorsqu’il faut tenir compte de la théorie édictée dans les textes légaux régissant les structures socio-sanitaires de ce pays, on se rend promptement compte qu’on a affaire à un Système de Santé gigantesque, mettant ses populations à l’abri de toute insécurité socio-sanitaire d’une manière irréprochable qui soit.
Cependant, il y a des remarques à faire. Il suffit de se rendre sur terrain pour comprendre que la tâche n’est pas telle qu’on se l’imagine. Les réalités du terrain sont tout à fait divergentes de la théorie textuelle. Chose qui témoigne une Politique de Santé alarmante et irrégulière, qui a besoin de réajustements nécessaires pour l’intérêt principal de la République ; faute de quoi, le Système de Santé supposé sauver des vies, change de donne pour exposer des vies et par conséquent, rendre la vie des populations aride. A en croire, nous allons au long de cette étude, répondre à la question centrale de savoir, qu’est ce qui ronge le fonctionnement harmonieux du Système de Santé qui, dans son existence, ne parvient à concilier la théorie à la pratique sur terrain, au risque de fournir des services non-escomptés à la population ?
A cet égard, il nous a semblé évident que, les structures socio-sanitaires de base, entendue par là, les Zones de santé ; ont du mal à répondre harmonieusement aux exigences des textes qui les régissent et créent ainsi des incohérences affreuses, cautionnées par la volonté politique du pays, qui fait que l’on accorde peu d’importance aux prestations en Santé Publique telles que nous pourrons le constater plus loin. Cette situation anormale ayant perduré, est perçue comme étant normale ; et on s’en fout des conséquences inhérentes. C’est dans cette optique qu’il est dit : « quant on n’a pas ce qu’on aime, on se contente de ce qu’on a ». À force de ne pas atteindre le niveau voulu, on persiste dans sa position de faiblesse et pense qu’elle vaut la peine. Cela, pour n’avoir pas observé la ligne de conduite préalablement définie dans les prestations des acteurs de Santé publique.
L’objectif poursuivi dans cette étude observationnelle, est de tirer la sonnette d’alarme pour les réajustements utiles à un Système de Santé respectant scrupuleusement sa Politique qui, lorsqu’elle s’avère aride, on la fait passe à sa redéfinition en vue d’un pragmatisme factuel, de manière à sauver judicieusement des vies humaines, et rester conforme vis-à-vis de la mission dévolue aux acteurs de la Santé. Pour mener à bien cette étude, nous avons utilisé certains matériels.
Matériels et méthodes.
Matériels utilisés
La base des données de notre enquête a été facilitée par le recours à un lot de matériels ci-après :
Ø Un Questionnaire d'enquête pré-élaboré nous a permis de collecter les informations auprès des services sur la gestion sanitaire ;
Ø Un stylo à bille pour la prise des notes ;
Ø Un ordinateur pour la saisie et la mise ensemble des informations relatifs à notre recherche.
Méthodes et techniques utilisées
Nous avons utilisé les méthodes suivantes :
1. Méthode empirique, qui nous a aidé à fonder notre raisonnement sur l’expérience en rapport avec la mauvaise gestion des structures de Santé ;
2. Méthode statistique, qui nous a servi de collecter les données, les organiser en Tableaux pour la bonne interprétation ;
3. Méthode épidémiologique, qui nous a permit de décrire la relation statistique entre les variables dépendantes et les variables indépendantes en tirant des conclusions ;
4. Méthode dialectique, qui nous a été d’importance capitale dans l’enquête, en échangeant avec les Chefs de services concernés ;
Pour compléter ces méthodes, nous avons utilisé des techniques suivantes :
1. Recherche documentaire : Des précisions ont été collectées dans les différents ouvrages disponibles dans des bibliothèques et sur l'internet. Cette recherche documentaire a porté sur des ouvrages et articles généraux et spécifiques abordant la problématique de la gestion de sanitaire.
2. Observation du Terrain : Des visites effectuées sur Terrain ont permis d'avoir un aperçu général sur l'état fonctionnel de notre milieu d'étude, d'observer le cadre du travail des acteurs de la santé afin de nous imprégner des réalités de vie quotidienne dans la Z. S. de Kanzala.
3. Enquêtes par Interviews : Les Enquêtes par Interviews réalisées ont permis d'approfondir les recherches et apporter des éléments des réponses à certaines questions liées au leadership en Santé publique. A cet effet, nous avons eu à mener primo, une pré-enquête et enfin l’enquête proprement dite qui a consisté à sonder les chefs de services ciblés.
4. Enquête par Entretien : Les entretiens ont été menés dans la Zone de Santé urbaine de Kanzala auprès des membres du Bureau Central de celle-ci. Ces entretiens nous ont permis d'identifier quelques problèmes liés au bon fonctionnement de la Zone de Santé.
5. Enquête par Questionnaire : Cette technique traditionnelle nous a permis de recueillir les informations auprès de la population concernée.
Résultats.
A l’instar de tout travail qui se veut scientifique, notre étude pour atteindre sa fin, a dû produire des résultats chiffrés que nous avons pu présenter en forme des Tableaux, reprenant les Paramètres étudiés ci-après.
Tableau I : Situation sanitaire de la zone de sante de Kanzala
|
Ord |
Indicateurs |
Définitions |
Normes OMS |
Etat actuel |
|
01 |
Population totale de la ZS |
C’est le nombre d’habitants que couvre la ZS et auquel elle est appelé à desservir |
100000 – 15000 habitant en milieu rural ; et 150000 -200000 en milieu urbain |
311.539 |
|
02 |
Lits de l’H.G.R. |
C’est le nombre des lits usuels de l’HGR |
100-150 en milieu rural ; et 150-200 en milieu urbain |
56 |
|
03 |
Médecins |
Docteur en médecine, inscrit régulièrement à l’ordre national des médecins |
- |
33 |
|
04 |
Infirmiers |
Des personnes qualifiées en techniques médico-hospitalières |
- |
315 |
|
05 |
Pharmacien |
Licencié en sciences pharmaceutiques et inscrit régulièrement à l’ordre national des pharmaciens |
1 |
0 |
Tableau II : Densité des Professionnels de Santé
|
Ord |
Indicateurs |
Définitions |
Normes OMS |
Etats actuels |
|
01 |
Ratio Médecin/population |
C'est le rapport entre le nombre de médecins (toutes spécialités comprises) sur la population totale pour une année donnée |
1/5 000 |
1/9441 |
|
02 |
Infirmiers/population |
C'est le rapport entre le nombre d'infirmiers (toutes spécialités comprises) sur la population totale pour une année donnée |
1/2500 |
1/989 |
|
03 |
Pharmaciens/ZS |
Le nombre des pharmaciens pour une Zone de Santé |
Au moins 1/ZS |
0 |
Tableau III : Capacité d’accueil de l’HGR
|
Ord |
Indicateurs |
Définitions |
Normes OMS |
Etats actuels |
|
01 |
Superficie totale des bâtiments de l’HGR |
C’est la mesure de la surface plane qu’occupent les bâtiments abritant l’HGR |
2400 m2 |
1090 m2 |
|
02 |
Ratio lit/habitant |
C’est le rapport entre nombre des lits de l’hôpital et une population X |
1/1000 |
1/5563 |
Tableau VI : Situation rémunératoire de la Z.S. de Kanzala
|
Ord |
Indicateur |
fréquences |
Effectifs agents ZS |
proportions |
|
01 |
Salaires de l’Etat |
3 |
495 |
0,6% |
|
02 |
Prime de risques |
86 |
495 |
17,4% |
Source : Listes déclaratives et listing de paie T4 2021 de la ZS-Kanzala
Discussion des résultats
Au regard de résultats tels qu’inscrits dans les tableaux 1, les incohérences dans le système et politique de Santé sont manifestes vis-à-vis de la non-conciliation entre la théorie édictée dans les textes légaux et la pratique sur terrain. Ces écarts sont susceptibles de conséquences parfois inaperçues aux yeux des décideurs. Ce tableau I, laisse constater que la population totale de la Zone de Santé de Kanzala se situe à 311539 habitants pour l’année 2021. Ceci s’avère contraire à ce que prévoient les principes en la matière. Munyanga Mukongo (2015) en fait mention dans son cours de planification, Ecole de Santé publique de l’Université de Kinshasa en ces termes : « la détermination du nombre de aires de santé pour couvrir une zone de santé veut que le nombre théorique d'aires de santé par zone de santé s'obtient en divisant la population totale de la zone de santé par la population moyenne desservie par un Centre de Santé [de Référence]. Ainsi, partant des normes nationales, on peut calculer le nombre théorique d'aires de santé pour couvrir une ZS en milieu rural ou urbain. Selon les normes nationales / RDC (Programme minimum 1997-1999)
|
|
Population totale |
Population moyenne |
Nombre théorique |
|
|
d'une zone de santé |
par C.S. |
d'aires de Santé (C.S.) |
|
Milieu rural |
100.000 habitants |
5000 habitants |
20 |
|
Milieu urbain |
200.000 habitants |
10.000 habitants |
20 |
Mais en pratique, il faut tenir compte d'autres facteurs :
· La densité de la population
· La distance maximale (rayon) entre le Centre de Santé et les villages à desservir.
· La masse critique
· L'homogénéité socioculturelle.
· La disponibilité de ressources.[2]
On remarque ensuite que les lits de l’HGR de Kanzala sont sensiblement moindre par rapport à la taille de la population à desservir, aussi bien qu’aux normes en vigueur en république Démocratique du Congo qui exige qu’un HGR compte au minimum 100 lits. [3] Sous la même optique, il est à constater que la Zone de Santé de Kanzala est dépourvue d’un pharmacien tel que prévu par l’Organisation Mondiale de la Santé, textuellement repris par la politique nationale de la Santé de la RDC.[4]
Le tableau II, par son éloquence, démontre que le Ratio médecin/habitants et infirmier/habitant est aussi inquiétant que l’Organisation mondiale de la santé s’alarme en ces termes : « La RDC compte un médecin et cinq infirmiers pour 10 000 habitants, soit deux fois moins qu’en moyenne dans la région Afrique de l’OMS ».[5] Cependant celui de pharmacien/HGR et/ou ZS dénote une insuffisance grave dans la Zone de Santé de Kanzala. C’est à cet effet que le représentant de l’OMS en RDC estime que « la pénurie de personnels pharmaceutiques compétents, leur répartition inéquitable et les prestations de services par un personnel non autorisé sont autant de facteurs négatifs qui pèsent sérieusement sur la qualité des soins de santé ».[6]
Au regard du tableau III étant celui de la capacité d’accueil de l’HGR, on constate que la superficie de l’HGR de Kanzala y compris tous ses services énerve les normes structurales d’un Hôpital Général de Référence, qui prévoit 2400 m2 en concurrence de 1090 m2 revenant à l’HGR-Kanzala.[7] Aussi, le ratio nombre de lits pour x habitant est très éloigné du principe stipulant qu’il faut un lit d’hôpital pour mil habitants. Contrairement à cela, nous comptons à HGR-Kanzala 1 lit pour 5563 habitants. Un dépassement inimaginable !
Qu’à cela ne tienne, le tableau IV est celui de la rémunération des personnels de la ZS vis-à-vis de leurs prestations. « A salaire égale travail égale » dit-on, l’administration sanitaire de Kanzala n’est pas à la hauteur de sa tâche par le fait que l’on remarque dans ce tableau, 0,6% des salariés de la Zone de Santé, et 17,4% des agents primés ; soit, 3 agents payés sur un total de 495 agents que compte la ZS, et 86 agents seulement touchant à leur prime de risque. Cette pratique frustrante traduit une démotivation criante des professionnels de santé, telle qu’on peut laisser parler OMS en ces termes : « la démotivation des prestataires de soins a un impact direct sur la qualité des soins »[8]. D’enrichir, Zakaria Belrhiti d’ajouter : « La motivation des soignants est un phénomène complexe lié à une multitude de facteurs tels que : les besoins de réalisation, de responsabilité vis-à-vis du patient, de réputation, de développement des compétences et un besoin de feed-back et de circulation de l’information. Les caractéristiques du travail, en particulier les conditions de celui-ci, la variété de la tâche, l’autonomie et la flexibilité des horaires de garde. La satisfaction par la reconnaissance des efforts fournis, à l’équité de l’évaluation. Le salaire et rémunération sont souvent sources d’insatisfaction, notamment dans le secteur public. L’implication, intimement liée au sens moral et à la responsabilité envers les patients et à la volonté de servir l’intérêt général. La relation au leader. Le style de management participatif, et la prise en compte de la dimension humaine du professionnel sont des facteurs réels de la mobilisation.[9] Pour enrichir cette assertion, le constat amer de l’Organisation mondiale de la santé souligne que « les effectifs sont instables, trop de personnel d’appoint, mauvaise répartition des spécialistes, sous-qualification des cadres moyens, trop de diplômés ; pas de subvention de l’État, financements non-maîtrisés par les partenaires et intervenants, ingérence du niveau central dans la gestion en aval »,[10] sont pour autant la gamme des facteurs aggravant la situation misérable du Système de Santé en République Démocratique du Congo.
Tout ce qui précède, ne permet jamais de penser un seul instant aux soins de qualité que prône l’OMS dans ses objectifs ; et il y a de quoi réajuster les choses. A en croire, l’OMS rapporte ce qui suit : « deux patients sur trois renoncent aux services de santé en RDC car ils ne sont pas disponibles, de mauvaise qualité et/ou faute de moyens d’y accéder ».[11]
Tout compte fait, Le développement de soi, des compétences des collaborateurs, la reconnaissance de leurs efforts fournis et l’engagement pour servir l’intérêt général pourraient constituer un axe prioritaire pour le développement de stratégie de motivation.[12] Dans ce cadre, hôpital, élément cardinal dans l’offre de soins, a pour mission, l’amélioration de la Santé de la population. L’amélioration de la performance de l’établissement dépend essentiellement des compétences et motivations des professionnels de santé qui y exercent. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) accorde une attention particulière aux ressources humaines de la santé (RHS) à travers la publication en 2006 de son rapport «Travailler ensemble pour la santé », la création de l’Alliance mondiale pour RHS en 2006 et la déclaration de Kampala en 2008.[13]
Cependant, la démotivation des professionnels hospitaliers constitue un frein à l’atteinte de la performance hospitalière souhaitée. La démotivation au travail est un phénomène universel qui touche presque tous les professionnels de Santé, notamment dans les pays en voie de développement ;[14]et elle suscite un questionnement sur les déterminants de la motivation des soignants en milieu hospitalier.
Conclusion
Après l’indépendance de la République Démocratique du Congo, le pays avait hérité des bienfaits de l’époque coloniale dans plusieurs domaines. Par exemple dans les domaines de la Santé publique et dans celui de finances. Les hôpitaux continuaient à être gérés par l’État. Le pays avait en même temps profité d’une démographie maîtrisable en 1960, de l’ordre de 13,5 millions d’habitants en cette première année de l’indépendance, exerçant donc, une faible pression sur le budget de l’État.
C’est en 1984 que la Politique Nationale de la Santé (PNS) de la République Démocratique du Congo (RDC) a été définie pour la première fois en, et révisée en 2001 sur base des recommandations des Etats Généraux de la Santé tenus en décembre 1999. Elle fait suite à la souscription par notre pays aux déclarations internationales telles que: la déclaration d’Alma Ata sur les Soins de Santé Primaires en 1978, la Charte Africaine de développement sanitaire en 1980. Elle a comme stratégie les Soins de Santé Primaires pour atteindre son objectif social qui est « la Santé Pour Tous » en RDC. Elle réaffirme la Zone de Santé (ZS) comme l’unité opérationnelle de sa mise en œuvre au sein du système de santé de la RDC. La ZS elle-même, est une entité décentralisée de la planification et de la mise en œuvre de la stratégie des Soins de Santé Primaires, bénéficiant de l’appui technique et logistique du niveau intermédiaire et fonctionnant conformément aux stratégies, directives et normes édictées par le niveau central du système de santé.
Toutefois, l’adaptation des normes aux contraintes particulières doit être possible mais, devra se faire en respectant le rationnel ou l’esprit de la norme. Ce qui n’est presque pas le cas dans ce contexte. Notre étude ayant porté sur la problématique des incohérences théorico-pratiques dans la politique du système de Santé en milieu urbain de la RDC, a révélé ce qui suit : la ZS de Kanzala dessert 311.539 habitants, avec une capacité d’accueil de 56 lits d’hôpital, soit un ratio de 1 lit pour 5563 habitant en lieu et place de 1 lit pour 1000 habitants comme prévu dans les normes. Il faut ajouter à cela que l’HGR de Kanzala est dépourvu de pharmacien. La superficie de l’Hôpital général de Référence est la plus moindre qui soit, par rapport à celle prévue dans les normes structurales de l’HGR soit 1090 m2 au lieu de 2400 m2. S’agissant de la rémunération des agents de la ZS de Kanzala, 0,6% soit 3 agents sur 495 touchent leurs salaires, et 17,4% soit 86 agents sur les 495 que compte la ZS touchent leurs primes de risque. La prime locale de l’hôpital étant insignifiante, les 133 personnes de l’HGR touchent autour de 25 000 FC soit 12$ américains par mois et par personne.
Face à cette calamité de gestion sanitaire, les conséquences sont tacitement nombreuses telles que : peu d’intérêt attaché au travail, se résultant par l’absentéisme, les retards au service, non-respect de l’horaire de service, détournements sous toutes ses formes, inconscience professionnelle, l’arrogance vis-à-vis des malades, les rançonnements des malades, le vole des médicaments et matériels médicaux jusqu’à l’appauvrissement du patrimoine de l’Hôpital, faisant que la population en paie le prix. Il serait utile que l’Etat tienne compte de la prépondérance de la Santé de la population, qui se veut le capital de haut rang dans l’économie d’un peuple sans lequel rien ne peut prospérer. La sécurité socio-sanitaire est la plus value qui soit. Elle mérite un budget conséquent.
Par ailleurs, le découpage territorial de 11 provinces pour en faire 26, plaide pour coupable dans ce contexte malheureux par le simple fait que, l’on n’a pas tenu compte de l’amélioration des infrastructures qui, au départ furent insuffisantes, inadaptées à la montée démographique et l’accroissement des personnels qui, à ce jour sont désignés par un nouveau vocable « N.U. », et vivent impayés et plus astucieux.
Suggestions :
1. Au gouvernement de la RDC : allouer un budget conséquent au secteur de le Santé en vue de l’amélioration des infrastructures socio-sanitaires en premier, puis assurer une prise en charge adéquate des personnels de Santé afin de bien répondre aux exigences de soins de qualité qui impliquent : l’accessibilité, la disponibilité, et l’équité.
2. Au ministère de la Santé publique : tenir au pragmatisme afin de concilier la théorie du niveau central à la pratique au niveau périphérique via le niveau intermédiaire, de manière à servir judicieusement la population. La maitrise valable des effectifs paraissant à ce jour déséquilibrés, mal contrôlés, aussi bien démotivés que rançonnant.
3. A l’inspection provinciale de santé : un appui moral à la périphérie pour une conscience professionnelle utile à la rescousse de la population, dans l’esprit d’altruisme auquel est voué avec ferveur, le professionnel de Santé digne de sa vocation.
4. Au leadership de la ZS : un œil regardant dans l’applicabilité de la politique nationale du système de santé, étant donné que la ZS est l’unité fondamentale du système et aussi la base de l’exercice de la politique de Santé. Tenir compte de principes édictés dans les textes régissant les structures de Santé en vue d’éviter la dysharmonie en assurant la qualité de soins de santé escomptée.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1. Organisation mondiale de la Santé, Genève. Stratégie de coopération avec les pays 2009-2013 : République Démocratique du Congo
2. www.document.minisanterdc.cd/detail.php?id_doc=25 (21.10.2013) ;
3. D. Niakas, P. Lambrou, N. Kontodimopoulos, “Motivation and job satisfaction among medical and nursing staff in a Cyprus public general hospital”, 2 September 2009, Cyprus ED Human Resources for Health, 2010 8: 2 6.
4. OMS, “Working together for health”, The world health report 2006 -www.who.int/whr/2006
5. W. Shattuck et al., “Motivation and retention of health workers in developing countries: a systematic review Mischa”, 4 December 2008, BMC Health Services Research, 2008.
6. World health organization, country office, Kinshasa. Factsheets of health statistics, 2010, 06.04.2011.
7. Organisation mondiale de la santé, Kinshasa. Lancement officiel du projet d’évaluation et d’accréditation du curriculum de la faculté des sciences pharmaceutiques de l’université de Kinshasa, 14.07.2014.
8. OMS, “Working together for health”, The world health report 2006 -www.who.int/whr/2006
9. Zakaria Belrhiti, Les facteurs de motivation de soignants,https://www.researchgate.net/publication/2800852 91
10. Berne-Wabern, FocusRD Congo Le système sanitaire à Kinshasa : médicaments et soins du VIH-sida, de l’hypertension artérielle, du diabète de type II et des troubles mentaux. 3 décembre 2014
11. Munyanga Mukongo, notes de cours de planification, Ecole de Santé Publique de l’Unikin, inédit, 2015
12. Ministere de la Santé Publique, Recueil des normes de la Zone de Santé, Kinshasa, inédit, août 2006, p 26
13. PNDS 2010, rapport final du séminaire national de réflexions sur les reformes sanitaires en RDC, Kinshasa 26-27/10/2002, page 7.
Par TSHIBINDA Musenga Clément
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Tél. +243899398678
Mail. clement_tshibinda@yahoo.com
Whatsapp. +243899398678
[1] PNDS 2010, rapport final du séminaire national de réflexions sur les reformes sanitaires en RDC, Kinshasa 26-27/10/2002, page 7.
[2] Munyanga Mukongo, notes de cours de planification, Ecole de Santé Publique de l’Unikin, inédit, 2015
[3] Ministere de la Santé Publique, Recueil des normes de la Zone de Santé, Kinshasa, inédit, août 2006, p 26
[4] Idem, p 28
[5] World health organization, country office, Kinshasa. Factsheets of health statistics, 2010, 06.04.2011.
[6] Organisation mondiale de la santé, Kinshasa. Lancement officiel du projet d’évaluation et d’accréditation du curriculum de la faculté des sciences pharmaceutiques de l’université de Kinshasa, 14.07.2014.
[7] Idem pp 32-34
[8] OMS, “Working together for health”, The world health report 2006 -www.who.int/whr/2006
[9] Zakaria Belrhiti, Les facteurs de motivation de soignants,https://www.researchgate.net/publication/2800852 91
[10] Berne-Wabern, FocusRD Congo Le système sanitaire à Kinshasa : médicaments et soins du VIH-sida, de l’hypertension artérielle, du diabète de type II et des troubles mentaux. 3 décembre 2014
[11] Organisation mondiale de la Santé, Genève. Stratégie de coopération avec les pays 2009-2013 : République Démocratique du Congo, page 8. www.document.minisanterdc.cd/detail.php?id_doc=25 (21.10.2013) ;
[12] D. Niakas, P. Lambrou, N. Kontodimopoulos, “Motivation and job satisfaction among medical and nursing staff in a Cyprus public general hospital”, 2 September 2009, Cyprus ED Human Resources for Health, 2010 8: 2 6.
[13] OMS, “Working together for health”, The world health report 2006 -www.who.int/whr/2006
[14] W. Shattuck et al., “Motivation and retention of health workers in developing countries: a systematic review Mischa”, 4 December 2008, BMC Health Services Research, 2008.
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