Bonjour, nous sommes le 01/05/2026 et il est 01 h 41.





AGRICULTURE ET DEVELOPPEMENT  EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE :

une analyse des origines, des contraintes et des conséquences d'une crise agricole qui nécessite un concours plus consistant de

l'Aide Internationale au Développement et

la volonté politique de l'Etat congolais

 

Présenté par Muzigwa KASHEMA Justin-Gratien

Ancien Conseiller technique et Co-Directeur du BUNAPRA au

Min.de l’Agriculture et du Dév. Rural (RD du Congo)

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Senior Research Associate

Chercheur et  enseignant

 

ABSTRACT 

                Kids and pregnant women do suffer from under

nutrition and  malnutrition. This is the result of  the  lack of  fund allocated to the  ministry of Agriculture compared to the ministries of Energy and National defense in this country. Since 1973 there is no political willing power to fund sufficiently this ministry although it has been claimed, by the Mareshall Mobutu, to be the most important priority to other priorities. 

            Furthermore,   the       insufficient       aid       to development, the deterioration of the international terms of exchange , the imposition of price to the african agroindustrial   products          and      the       european             agricultural protectionism do not allow this country to organise its  infrastructure to commercialisation and its regional supplying system. 

  Accordingly, compared to others subsaharian countries (Kenya, Burundi, Ivory Cost)  RDCongo is now facing a permanent food shortage which could lead in the very near future to famine in some regions.

 

Key Words: Agriculture crisis and malnutrition ,  RDCongo Headline : Subsaharian  agriculture and Development

 

RÉSUMÉ 

                       Les enfants et les mères gestantes de la

RDCongo soufrent de sous-alimentation  et de malnutrition.

C'est le résultat de maigres moyens financiers alloués au Ministère de l'Agriculture comparés à ceux  dont bénéficient les Ministères de l'Energie et de la Défense Nationale dans ce pays. Depuis 1973 il n' y  a  pas eu de volonté politique visant à mettre à la disposition du Ministère de l'Agriculture des moyens financiers proportionnels aux besoins exprimés bien que le Président Mobutu ne cessait de proclamer l'Agriculture comme étant une priorité des priorités. 

            De       plus,    l'insuffisance   d'aide   au développement, la détérioration de termes d'échanges internationaux, l'imposition des prix aux produits agroindustriels  des pays du tiers-monde, et le protectionnisme agricole de l'Union Economique Européenne (UEE) ne permettent pas au pays comme la RDCongo d'organiser son infrastructure         de        commercialisation,      d'échanges       et d'approvisionnement entre les régions. Conséquemment, comparé à d'autres  pays du Sud de Sahara  comme le Kenya, le Burundi et la Côte d'Ivoire, la RDCongo connaît une carence permanente de denrées alimentaires de première nécessité pouvant conduire, dans un avenir très proche, à la famine dans certaines régions de ce pays.  

 

Mots  Clés: Crise agraire et malnutrition , RDCongo.

Sous titre: Agriculture subsaharienne et Développement.

 

INTRODUCTION 

 Bien que depuis plus de 20 ans l'Agriculture ne cesse d'être proclamée une priorité des priorités (déclaration de politique générale de 1969) dans ce pays, il ne paraît pas qu'une certaine volonté politique ait concrétisé ces propos. En effet, nous référant aux objectifs assignés à l'agriculture  congolaise , à savoir,  1. Produire des denrées alimentaires de base en vue d'assurer à la population une alimentation saine et équilibrée et si possible arriver à les exporter;

2.                Fournir les matières premières aux industries locales;

3.                Promouvoir les cultures d'exportation source génératrice des devises nécessaires à l'acquisition des biens d'équipement pour le développement du pays; face aux réalités sur le terrain, d'aucun ne soutiendrait ces déclarations de démagogiques. Cette stratégie est encore mieux définie dans le "Manifeste de la N'Sele" (Charte-programme qui définit les orientations politiques du M.P.R., le Parti du Maréchal Mobutu Sese Seko).  

  Dès lors, partant de ces considérations, la production agricole de la RDCongo se divise  en deux catégories, à savoir, la production agro-industrielle et la production vivrière. Il est cependant regrettable de constater que sous la deuxième République, le Régime Mobutu n'a fait que placer la charrue devant le boeuf, en concentrant tous ses efforts sur  l'exploitation minière plutôt que sur l'Agriculture, base de tout développement. Quelle contradiction quand on sait que pour paraphraser l'homme du 24 novembre 1965:"Demain la puissance d'un Etat sera mesurée à la capacité dont il disposera de pouvoir nourrir sa population" 

  D'ailleurs, pour mémoire, faut-il rappeler que le développement industriel de l'Occident passe d'abord par l'autosuffisance alimentaire ? Aujourd'hui, l'aide alimentaire constitue l'une des armes la plus utilisée pour narguer les Etats de l'Afrique noire. Plus de 35% du PNB des Etats de l'Afrique noire sont consacrés à l'achat des devises pour l'importation des denrées alimentaires européennes. La taille des familles africaines et la non compétitivité de l'agriculture (méthodes culturales ancestrales, la désertification progressive du continent africain, la sécheresse), la mauvaise gestion (par quelques dirigeants), les détournements des fonds publics et l'irresponsabilité de certains chefs de service, tout cela rend la situation de plus en plus dramatique.

 

DE QUOI SE NOURRIT LE  CONGOLAIS  EN GENERAL ? 

          Les chiffres des tableaux 1. et 2. sont alarmants et même révoltant !  Ce que le consommateur congolais encaisse aujourd'hui est une          conséquence         de          trois décennies    où l'Agriculture vivrière n'a pas été soutenue ni par les opérateurs économiques et encore moins  par le pouvoir politique!. Les chiffres de 1991 sont assez éloquents  tableau 2. ).  La moyenne nationale (en %) ne peut -'être que mauvaise. 

Tableau 1. Composition  moyenne de l'assiette du consommateur congolais, (Année 1982* comparée à  1991**).

 

Sources  (1982)

Pourcentage

     (%)

Sources (1991)

Pourcentage

     (%)

GLUCIDES

65

GLUCIDES

69

Manioc

60

Manioc

61,6

Autres féculents

5

Autres féculents

18,6

Riz

20

Riz

3,8

Maïs

10

Maïs

10,4

Légumes

5

Légumes

5,6

LIPIDES

25

LIPIDES

19,4

Huile de palme

50

Huile de palme

51,4 (1)

Légumin.

25

Légumineuses

26

Poissons

25

Poissons

22,6 (2)

PROTIDES

10

PROTIDES

11,7

Légumineuses

50

Léguminineuses

43,8

Poissons

24

Poissons

20,0

Viande

5

Viande

11,6

Volaille

1

Volaille

2,4

Insectes

5

Insectes

5,8

Gibier

15

Gibier

16,4

 

N.B.: Légumineuses inclus les haricots, le soja, la courge, les arachides et les autres légumineuses de moindre importance en alimentation. S'agissant du % total en protides, nous avons ajouté 2,8 % (apports des fruits) à l'apport total des légumineuses (soit 43,8%) au lieu de 41,0% pour l'année 1991.

 

(1) Apports de l'huile de palme et de noix de palme.

(2)Apports des poissons , de la viande et des insectes.

 

       Régions

Nutriments

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

GLUCIDES

73

65

68,5

66,1

70,5

68,2

70,6

67,3

71,6

69

Maïs

22,1

4,6

12,3

1,75

10,4

12,1

17,0

7,4

5,9

10,4

Manioc

58,0

61,6

66,2

64,1

60,3

62,3

58,7

62,3

60,5

61,6

Riz

3

6,8

1,5

4,8

4,0

8,4

1,4

0,8

3,2

3,8

Bananes

2,4

5,1

____

_1,19

2,8

____

_____

 1,6

2,8

2,6

Légumes

2,2

1,7

8,2

10,2

3,8

5,4

7,1

3,6

8,3

5,6

Ignames

____

 3,8

4,3

5,04

0,2

1,2

0,8

2,7

2,5

2,6

Plantain

____

 5,4

3,5

3,22

6,3

____

 ____

 10,2

1,5

5,02

Pain

8,3

3,9

2,1

4,3

3,2

4,6

6,8

6,5

1,3

4,6

P. de terre

____

_____

_____

_____

_2,7

2,1

____

_____

_5,1

3,3

Patates douc

____

_3,1

____

_____

_____

_____

_____

_____

_3,6

3,4

(*) Source : Ministère de l'Agriculture, Rapports et Synthèses Avril, 1987. Etudes régionales pour la Planification Agricole.Projet 660-070. USAID.

(**) Résultats d'enquête sur le terrain en RDCongo du 5 Juillet 1991 au 5 Décembre 1991, mission financée par l'AGCD/ABOS et l'Université de Liège /CERER - Aquaculture)

 

Tableau 2 . Composition moyenne (%) de l'assiette du commun des congolais en 1991.(2)

 

Fruits

2,4

3,2

1,6

4,3

1,4

2,1

1,9

3,3

3,0

2,6

Sorgho

____

_____

_____

_____

_____

_____

_____

_____

_0,8

0,8

Insectes

1,6

0,8

0,3

1,1

4,9

1,8

6,3

1,6

1,5

2,2

PROTIDES

10

15

7,6

11,5

11,8

11,4

10,5

14,2

13,4

11,7

Arachides

3,1

3,7

7,7

4,4

7,3

3,6

2,9

4,6

3,8

4,6

Poissons

19,2

20,5

10,9

12,1

28,5

27,2

30,2

20,5

10,6

20,0

Haricots

15,5

9,2

32,7

20,9

14,5

21,0

24,3

10,3

28,5

19,6

Soja

4,7

____

_5

7,8

4,4

____

_____

_2,7

5,3

5,0

Viande

12,3

14

3,1

7,9

11,8

22,6

7,2

12,5

12,6

11,6

Courge

____

_2

3,6

3,1

3,7

3,5

7,9

1,7

1,7

3,4

Légumineus

16,3

17,8

11,6

9,7

6,1

1,7

1,2

5,3

6,0

8,4

Insectes

4,1

4,4

5,1

3,2

1,8

5,9

8,6

10,7

0,3

4,9

Fruits

7,1

8,3

2,2

10,4

3,9

1,0

0,3

7,9

10,7

5,7

Gibier

15,8

15,6

16,9

18,3

14,3

11,7

15,3

21,6

17,2

16,4

Volailles

1,9

3,5

1,2

2,2

3,7

1,8

2,1

2,2

3,3

2,4

LIPIDES

17

20

23,9

22,4

18

20,4

19,3

18,5

15

19,4

H. de palme

 50,7

45,8

50,2

55,2

50,2

48,6

54,7

47,8

51,5

50,2

Poissons

18,4

19,6

14,8

11,6

18,6

13,3

13,6

15,5

14,4

15,5

Arachides

1,8

2,6

3,4

1,01

2,4

1,1

0,5

1,0

0,6

1,6

Haricots

2,2

3

2,1

3,5

0,6

1,7

2,6

0,3

2,2

2,0

Viande

5

6,2

6,8

2,4

4,5

3,2

5,9

4,7

3,6

4,7

Soja + Légu

20

20,8

17,8

20,0

20,9

26

20,0

23,4

20,2

21

Noix de  palme

____

 ____

 1,7

2,3

0,3

0,4

1,1

1,8

1,0

1,2

Fruits

1,3

2,1

0,4

2,69

0,8

2,3

0,1

0,6

2,7

1,4

Insectes

0,6

0,9

2,8

1,3

2,7

3,4

1,5

4,9

3,8

2,4


 

 

Légende: 1- Shaba; 2 - Haut-Congo; 3 - Bandundu; 4 - BasCongo; 5 - Kinshasa; 6 - K.Oriental; 7 - K. Occidental; 8 - Equateur; 9 - Kivu; 10 – Moyenne nationale

 

(2) (Echantillons prélévés auprès des 10 ménages par région et ce grâce au concours financier de l'AGCD (ABOS) et de l'Université de Liège.

 

 Comparé aux chiffres de 1982 (fig. 1.), le zaïrois consomme de plus en plus de glucides en 1991. ( fig. 2.) même si le pourcentage en protides s'est amélioré et ce grâce à la consommation plus accrue du gibier , des insectes et de la viande importée (le kappa, dont la qualité laisse à désirer) et  de la volaille importée ( tableau 2.). Il faut regretter cependant une baisse de la consommation des légumineuses dont l'apport en protides pour l'année 1982  était de 50 % alors qu'en 1991 elle avoisine 43,8 %  seulement.

 

Fig.1. Moyenne nationale pour l'année 1982.

25

65

 

 

Fig. 2.  Moyenne nationale de 1991

 

 Comparé  à la Côte d'Ivoire, en 1986, la RDCongo exploite 7000 ha (x 103) de terres arables par rapport à  4170 ha (x 103) qu'exploitent respectivement ces deux pays. Toute la différence se fait sentir en termes de population agricole que la RDCongo emploie près de 22 millions par rapport à  6 millions de personnes pour exploiter les superficies des terres arables citées ci-haut.  

 En d'autres termes, en RDCongo 3 personnes exploitent un hectare  contre 1,3 personnes en Côte d'Ivoire pour la même superficie. Mieux encore, la RDCongo aurait plus de 68,1% de population dans l'agriculture contre 59% en Côte d'Ivoire.  Non seulement le congolais recourt encore à des méthodes archaïques, et conséquemment son rendement est  médiocre, mais il a  même du mal à écouler  sa maigre production  vers les grands centres de consommation. 

         Ainsi donc, le commun des zaïrois mange mal. Les chiffres de la FAO (1986) montrent  que le congolais se situe un peu avant l'Ethiopie et la Somalie. La seule différence est qu'il est défendu de filmer certains cas de malnutrition en RDCongo et qu'en fait, les statistiques réels de ce pays n'ont jamais        été     objectivement          portées       à        la connaissance de l'opinion internationale. 

 Pour preuve, examinons les  chiffres suivants:

- en ce qui concerne  les moyens de production, nous citerons à titre d'exemple, les tracteurs; la RDCongo ne dispose que 2250 tracteurs pour exploiter 7000 ha (x 1000) alors que le Kenya  et la Côte d'Ivoire en ont respectivement  7000 et 3300 pour  2350  et 4170 ha (x 1000). 

         La Belgique /le Grand Duché de Luxembourg    et       les     USA           disposent respectivement 117.000 et 4.676.000 tracteurs qui exploitent des superficies de 806 (x 1000 Ha) et  189.915 (x 1000 Ha) soit une moyenne respective  de 1 tracteur pour 7 et 41 Ha. L'agriculteur européen (des Etats membres  de la CEE) utilise donc plus de tracteurs que son homologue américain pour une même étendue d'exploitation. 

 Comparée aux USA, la Communauté Economique Européenne (CEE) a plus de population agricole économiquement active (10,9% contre 2,7% aux USA) pour un  rendement respectif de 4137 et 4706 kg de céréales par hectare exploité. En d'autres termes, malgré le nombre très élevé de tracteurs  et de personnes engagées dans l'Agriculture  européenne, l'agriculture américaine fait mieux. 

         Parmi         les     pays de      l'Union économique européenne (UEE, ex-CEE), seule la Belgique emploie un faible pourcentage de population agricole (2,2%) par rapport aux  USA  (France 6,4%, Allemagne 4,3% et l'Afrique 70,7%). 

  D'autres intrants agricoles dont la liste serait trop longue à reproduire à savoir, les anticoagulants, les triazines, les composés cupriques, les carbamates insecticides, le parathon, les toxaphènes, les herbicides, les fongicides et la qualité des graines sont autant de produits inconnus de notre agriculture par rapport à l'agriculture au Kenya, au Burundi, au Rwanda, au Sénégal , au Soudan, au Niger et dans tant d'autres pays de l'Afrique noire. Le tableau 3. (fig. 3.) des éléments comparatifs des disponibilités alimentaires par personne et par jour , du commun des  congolais par rapport  à son homologue de quelques pays de l'Afrique noire (1985). 

 

Tableau 3. Eléments comparatifs des disponibilités  alimentaires par personne et par jour, du commun des congolais par rapport à ses homologues de quelques pays de l'Afrique noire (FAO, 1986). 

(1)    Calories par pers./j. (2 et 3): g/pers./j. (* ) mg/pers./j.; 

(2)    (**) mg/pers./j. (***) Rendement : kg/ha. ; 

(3)    B.L. : Belgique et Luxembourg

 

Eléments

 RDC

 COTE 

D'IVOIR

KENYA/

BURUNDI

B.L/

USA

P. végétaux (1)

2095

2304

1951/2166

2214/2388

P. animaux (1)

59

144

211/50

1481/1264

Protéines (2)  Vég.

 

27,4

 

39,3

 

44,5/67,8

 

38,9/35,1

Anim.

6,1

11,5

13,5/3,5

64,5/69,3

Lipides (3)  Vég.

 

31,5

 

38,7

 

24,9/24,2

 

52,1/69,4

                 

Anim.

 

3,1

 

7,9

 

13,1/3,0

 

127,6/97,9

Calcium (**) 

Vég

Anim.

 

310

16

 

233

78

 

166/380

206/46

 

189/171

578/688

Fer (**)      Vég.

 

12,6

 

11,2

 

12,2/22,2

 

9,8/8,7

Anim.

0,7

1,5

1,8/0,4

7,3/ 4,3

Rétinol*

24

105

195/94

726/462

 

Eq.en b carotène *

 

 

 

 

Vég.

8091

8295

1721/3837

3770/3027

Anim.

5

27

62/10

283/185

Eq. rétinol (*) (rét -car.équiv.)

+

 

 

 

Vég. 

1349

1382

287/640

628/505

Anim.

25

110

205/86

773/493

Thiamine **  Vég.

 

0,95

 

1,34

 

1,54/1,96

 

0,92/0,84

                    Anim.

 

0,04

 

0,09

 

0,11/0,04

 

0,88/0,65

Riboflavine (**) 

 

 

 

 

 Vég.

0,53

0,59

0,57/1,0

0,59/0,55

                    Anim.

0,06

0,20

0,38/0,09

1,33/1,16

Niacine (**)  Vég.

 

10,6

 

13,6

 

10/16,0

 

11,4/ 10,7

Anim.

1,4

3,1

3,2/0,7

11,6/ 10,6

Asc.acid.(**)  Vég.

 

114

 

211

 

50/107

 

110/ 151

Anim.

------

1

2/-----

7/5

Céréales (***)

857

1001

1779/1189

6147/4706

Fruits et légumes (x 1000 MT)

2572

1980

682/1836

398/ 22906

Fig. 3. Consommation par nation  de  quelques nutriments             d'origine animale et végétale

 

BelgeAméricain

ZaïroisBurundais

KenyaIvoirien

 

 

évidence, ces chiffres ne peuvent être mieux compris qu'en les confrontant aux besoins recommandés d'une part par la FAO (1973) et d'autre part, par le "FOOD AND NUTRITION BOARD, NATIONAL ACADEMY OF SCIENCES, NATIONAL RESEARCH

COUNCIL (N.R.C.), (1980) cités dans LAMBERT, 1992-1993.  Ces besoins, pour un homme adulte sont résumés dans le tableau 4. ci-dessous et  qui reprend les besoins journaliers par personne adulte et par jour. 

Tableau  4.   Besoins journaliers par personne adulte et par jour.

 

Nutriments 

 

Besoins/pers./j.

(total  vég. +  anim.)

Protéines

56 g

Lipides

40  à 65 g

Calcium

800 mg

Ac. ascorbique

45 à 80 mg

Fer

15 à 18 mg

Niacine

13 mg (13 EN/1000 Kcal)

Rétinol

1 g

Riboflavine

1,6 mg

Thiamine

1,4 mg.

         Ces quelques exemples chiffrés suffisent à démontrer que la RDCongo ne joue plus son rôle d'antan d' "african subsaharian agriculture leader country "des années 1950 et 1956 ( MICHIELS et LAUDE, 1938 et VAN  DEN ABEELE et VANDENPUT, 1956 ), ce qui révolte le congolais  averti. Une bonne partie de l'explication réside dans les moyens alloués à ce Ministère de l'Agriculture  comparé aux deux  autres  cités ci haut. 

                   La plus grande erreur politico-

économique sous la deuxième République est incontestablement la zaïrianisation dont les effets néfastes sur l'économie du pays se feront  encore sentir pour longtemps. 

         Vingt quatre ans après les mesures de      zaïrianisation       l'Agriculture          congolaise continue à faire les frais, en commençant par la diminution de son budget et par la rareté des pièces de rechange (du charroi automobile et des          industries   agro-industrielles)         sur    le marché.   Ainsi          donc,          la          politique     de financement de ce secteur  n'a pas changé jusqu'à   ces     jours.          Bref, l'Agriculture congolaise ne constitue pour le pouvoir, ni une priorité et encore moins un secteur privilégié. Les possibilités financières allouées à ce secteur ne contribuent en rien à tirer l'Agriculture congolaise du gouffre  de la zaïrianisation.

         Ce coup fatal porté à son système d'approvisionnement, de production et de commercialisation,        affectera     encore         pour longtemps ce grand malade de l'économie congolaise.  La différence est donc flagrante. Il ne faut pas s'attendre à des miracles lorsqu'un ministère ne reçoit que 48,14% (Chiffres de 1975, si l'on considère le rapport DE/PA)) de ses  prévisions  préalablement  tronquées, car une limite budgétaire est aussi imposée dès l'annonce des prévisions budgétaires de l'année suivante. 

         Cette insuffisance          de      moyens financiers n'a fait qu'aggraver davantage les contraintes (MARD, 1987, MUZIGWA,1991) au développement  du secteur agricole  dont voici des exemples  :

1.           Les      carences      en      intrants       agricoles

(l'incapacité des agriculteurs à renouveler et à sélectionner leurs semences, à s'équiper en outils appropriés, à se procurer des engrais, des pesticides et autres herbicides;

2.           Le non respect du calendrier agricole( le retard dans la libération des fonds alloués à un type de culture ne peut être reporté que pour l'année suivante);

3.           Le régime foncier non adapté parfois au contexte socio-culturel  d'une Ethnie ( le fait qu'une tribu ou une Ethnie reste  propriétaire du sol si bien qu'aucun étranger n'a le droit de  s'installer dans un village pour exploiter une terre appartenant à la tribu ou à l'Ethnie);

4.           La faiblesse institutionnelle  d'encadrement (l'insuffisance du nombre d'agronomes spécialisés dans les zones à vocation agricole due au fait que l'Etat congolais n'a jamais doté ces localités d'une infrastructures d'accueil capable d'attirer les jeunes cadres

universitaires);

5.           L'absence institutionnelle de crédit supervisé (les institutions financières, bailleurs des fonds aux petits agriculteurs n'existent pas dans ce pays; seules les petites et moyennes entreprises peuvent  bénéficier parfois de crédit auprès de la SOFIDE, de la Banque de Crédit Agricole et du ministère du Plan);

6.           Les voies et moyens de communication (ceci reste l'élément le plus déterminant ; aucune route d'intérêt national n'a été construit dans ce pays depuis l'indépendance; conséquemment , les échanges inter-régionales sont inexistants; les produits pourrissent en milieu rural dans un rayon de 200  à 800 km de grands centres urbains; les routes sont souvent des pistes impraticables pendant la saison des pluies; aucune ligne téléphonique entre les localités et encore moins entre les régions, une seule ligne de chemin de fer qui date du temps colonial et qui se limite à  3 régions, suite à des éboulements par manque d'entretien);

7.           La distorsion des prix  et le monopole de zone d'achat (pour certains centres la libéralisation des prix est effective alors que dans les autres il y aurait blocage des prix; ce phénomène pénalise surtout les petits

agriculteurs);

8.           L'absence d'une politique de développement communautaire (l'agriculture est confrontée à d'autres difficultés pour sa survie même: les problèmes de soins de santé primaire, pas de dispensaire ni d'hôpitaux  dans un rayon de plus ou moins  50 km  dans les villages zaïrois et la répartition des écoles qui s'inscrit dans  le même schéma et enfin, les routes de desserte agricole jamais entretenues).

 Bref, l'agriculture zaïroise sous la deuxième République n'a pas produit les faits escomptés à savoir, un impact à l'emploi, une capacité à répondre aux besoins de la population et enfin elle n'a pas su générer des devises par l'exportation des excédents de sa production aux pays voisins!  Nous n'évoquerons à titre comparatif qu'un  seul produit, l'huile de palme et ses sous-produits. 

C'est un des produits agricoles qui , au  Congo belge occupait la 1ère place en Afrique et la 2ème dans le monde  entre les années 1939 et 1956).

(Source :  A. MICHIELS (1938) et de VAN DEN ABEELE et VANDENPUT (1956).

 

Tableau  5.  Huile de palme . 

 

 Année       Quantité (Tonnes)    Valeur en FB

 

 1939         35.474                         180.428.000

1954                    42.239       1.524.036.000

1955                    41.400       1.596.100.000

1956                    55.000       1.834.392.000

 

 VAN DEN ABEELE et VANDENPUT (1956) font remarquer  qu'en 1956 la production mondiale était de 3.144.000 tonnes. La part du Congo belge et du Rwanda-Urundi était de 1,7 %. Les chiffres de 1977 se passent de tout commentaire. Pour l'huile de palme, la quantité exportée est passée de 111.882 tonnes en 1971 à 6.154 tonnes en 1981. En 1986, ces chiffres tombent à 1.885 tonnes seulement , soit un manque à gagner en devises de 98 % par rapport à l'année 1971(une année avant la zaïrianisation) (Projet/PNUD-FAO, ZAI,

/84/008)(**). 

 Nous référant  de nouveau à VAN DEN ABEELE et VANDENPUT  (1956), glissons ici  d'autres tableaux  comparatifs pour les dérivés de ce  même produit :

 

Tableau  6.  Huile de palmiste

 Année        Quantité (Tonnes) Valeur en FB

 

 1939           72.000                         99.000.000

1954                    140.186     1.256.983.000

1955                    150.000     1.495.295.000

1956                    152.000     1.646.000.000

 

 Ce produit, avec ses dérivés (amandes palmistes, huile de palmiste), occupait une place de choix dans les exportations de la RDCongo comme en témoigne les tableaux suivants :

 

Tableau 7.  Amandes palmistes

 Année       Quantité (Tonnes)   Valeur en FB

 

 1939         84.778                        76.015.076

1954                    71.807       472.131.000

1955                    63.000       357.000.000

1956                    35.000       205.000.000

La production pour ce sous-produit est passée de 31.060 (tonnes) en  1978 à 12.832 (tonnes)  en 1986. 

                 S'agissant d'autres cultures agro-

industrielles, pour la plupart zaïrianisées, seuls les cafés robusta et arabica ont accusé une hausse respective de l'ordre de 3,83 et de 10,47 % dans la période allant de 1978 à 1986 Projet

PNUD/FAO- ZAI/84/008, 1987 . Ce qui peutêtre considéré comme  médiocre car les chiffres de 1958 se passent de tout commentaire!  

DISCUSSION

 Les données de ces tableaux confirment que les Départements (ou Ministères) ne sont pas d'importance égale et que seules certaines options politiques pourraient justifier une telle attitude. En effet, en termes d'exécution des programmes, certains Départements font plus entendre leurs besoins, jusqu'à bénéficier de 80 %  de leur demande.

 Nous référant au B.O. (en termes de dépenses prévues) entre les années 1973 et 1981, le budget de la Défense Nationale varie entre 6,39 et 17,64 % soit 12,02 % (du budget total de l'Etat) contre 1,88 % alloué à l'agriculture. Au cours de la même période, le budget de la Défense intervient pour 10,09 % contre 2,01 % pour l'Agriculture (des dépenses réellement engagées). L'attention que l'Etat congolais accorde au secteur Energie est sans égal. 

Pour preuve, les proportions de l'Energie dans le budget total varient entre 10,88 et 55,36 % soit une variation moyenne de 31,26 % contre 6,53 % pour l'agriculture. Pire encore, l'analyse faite par PNUD/FAO (1987) à Kinshasa (en RDCongo) rapporte que les experts affectés dans les projets agricoles de développement engloutissent plus ou moins 60 %* du fond de contre partie alloué à ces projets. L'Agriculture congolaise ne peut que faire piètre figure face à l'explosion démographique évaluée à 2,19%/an. 

QUELLE EST LA PART DE RESPONSABILITE DE L'OCCIDENT DANS CETTE CRISE AGRAIRE DE L'AFRIQUE ET DE LA RDC EN PARTICULIER ? 

 La solution au problème actuel de malnutrition dans les pays du Tiers-Monde nécessite le concours de moyens divers et appropriés, de préférence les moins onéreux, non seulement sur le plan de l'infrastructure technologique mais aussi au niveau des investissements et du coût de fonctionnement pour ces pays trop endettés. 

 La logique capitaliste veut qu'on produise pour ces pays au lieu de leur apprendre à produire. Cette dépendance voulue, et parfois même recherchée de part et d'autre, au nom de la coopération bilatérale, constitue aujourd'hui l'arme la plus efficace au service de l'impérialisme occidental.

1.  PROTECTIONNISME EUROPEEN

 En effet, il convient de souligner que la crise économique mondiale, accentuée dans ces pays par l'imposition des prix à leurs matières premières, et la détérioration des termes d'échanges ne font qu'aggraver les conditions déjà misérables dans ces pays en développement. Les consommateurs européens paient encore de nos jours  le kg du café au même prix qu'en 1975, pour ne citer que ce produit agro-industriel! 

  D'ailleurs, d'aucuns se demanderaient finalement ce que signifient pour eux les avantages comparatifs de l'Afrique quand ses produits d'exportation sont menacés par le protectionnisme ! 

  Ensuite que signifient-ils quand sa production vivrière est concurrencée par des céréales fortement soutenues par les Etats développés ?; et que signifient-ils enfin quand les termes de l'échange durement défavorables lui sont imposés ?

         En analysant le sens profond d'une telle pensée, on peut alors comprendre pourquoi l'Afrique met plus de temps à se développer par rapport à l'Europe s'il faut continuer à concentrer tous les efforts sur l'agriculture         industrielle (du    café,          de quinquina, de thé, de l'hévéa, du caoutchouc, et du cacao), la seule qui intéresse encore l'Occident, et qui constituent  le gros des produits  agricoles d'exportation. Les Etats de l'Afrique noire, et de la RDCongo en particulier, devraient réserver  autant de moyens sinon davantage à l'Agriculture vivrière  où le paysan abandonné à lui même  doit tirer son plan. 

2.  INSUFFISANCE  DE L'AIDE  AU DEVELOPPEMENT

  Il est triste  de constater que l'Europe occidentale n'a pas encore compris, près d'un demi siècle après, ce que les Etats-Unis ont réussi en sa faveur, juste après la 2ème guerre mondiale. En effet, pour permettre à l'Europe anéantie et appauvrie à la sortie de cette guerre, de pouvoir acheter les produits américains, il a fallu relancer d'abord l'économie européenne : d'où le plan Marshall dont les effets se font encore sentir. Aujourd'hui, le "Tiers-Mondiste", et en particulier l'africain, n'est pas à mesure de se payer les produits européens. C'est voulu, mais pour combien de temps encore acceptera-t-il cette situation ? 

  Conséquemment, l'africain du sud du Sahara consomme plus de produits asiatiques (Taïwanais, Coréens, chinois et  japonais) qu'européens. 

  L'Europe doit comprendre que son tour de céder est venu, afin de garantir l'emploi et l'équilibre économique mondial. Ce serait là les effets palpables d'un franc dialogue NordSud. 

         En décembre 1989, la signature de la Convention ACP (Afrique - Caraïbe et

Pacifique) - CEE n'a pas été facile. De toutes façons, même avec ce Lomé IV, la situation économique du continent africain reste catastrophique. L'avarice de la CEE face à la

"DERIVE DE L'AFRIQUE NOIRE" ne se justifie pas. Que dire en effet de ces chiffres d'aide au développement que propose la CEE, à savoir 12 milliards d'ECU pour les 5 ans à venir, soit 5 ECU/habitant/an (les 69 Etats d'ACP comptent 450 millions d'habitants). Au même moment la CEE décide de 80 $

(USA)/hab./an  pour les pays de l'Est ! Les européens ont-ils oublié que pour leur permettre de relancer leur économie, à la sortie de la IIème guerre mondiale, les américains leur accordèrent (plan Marshall de 1946) 1000 $ par tête d'habitant. 

         Pourtant, la situation économique de l'Afrique noire  est  pire que  celle de l'Europe après la 2ème guerre mondiale. En 1987, l'aide alimentaire représente 42% de l'ensemble de l'aide   au      développement.   D'ailleurs,   vu l'insuffisance de cette aide, elle sert plus à lutter contre la famine qu'à initier de nouveaux projets destinés à renforcer la production agricole locale (NEEL, 1993). 

3 . IMPOSITION D'UN TYPE DE PROJETS AGRICOLES QUI NE TIENNE PAS COMPTE DES NECESSITES URGENTES A L'ECHELLE TANT REGIONALE QUE NATIONALE

         L'aide au développement  du secteur agricole doit se faire avec et pour les concernés (HOBBLINK, 1993). De plus chaque pays devrait pouvoir fixer ses priorités de relance agricole et choisir librement le créneau à suivre pour rencontrer les bailleurs de fonds qui lui conviennent  pour  financer  ses projets agricoles (PERSLEY, 1993). Malheureusement  ses bonnes déclarations, assez récentes, sont  rarement suivies. 

 Entre 1984 et 1988, le Ministère de l'Agriculture de la RDC comptait plus de 42 projets agricoles qui ne répondaient pas aux besoins urgents de la population agro-pastorale mais plutôt à la nécessité de ceux qui les avaient initié et financé (MUZIGWA, 1991). Ces projets ont pourtant englouti des millions de dollars pour lesquels l'Etat zaïrois est aujourd'hui endetté. D'ailleurs, on se demande si pour le cas du Zaïre la thèse de HANS BINSWANGER (1986) ne trouverait pas tout son sens à savoir :" Là où la terre est abondante, la densité de la population peu élevée, et la culture itinérante dominante, c'est une erreur d'investir dans les projets qui essaient d'augmenter la productivité de la terre ... l'accès aux marchés et les infrastructures de transport et de commercialisation  sont les formes

d'investissement les plus indiquées."

 

CONCLUSIONS

  Alors que l'agriculture a toujours été le fondement de la relance économique de toutes les grandes puissances, pour l'Afrique, cette réalité est constamment bafouée par les partenaires européens qui ne manifestent pas d'une manière tangible la volonté de soutenir l'agriculture africaine. Conséquemment, les effets entraînés par la stagnation du secteur agricole se résument comme suit :

1.  L'insuffisance de la production par rapport à l'explosion démographique. La production agricole ne s'accroît que de 1,44 % alors que celle de la population est de 2,84 % entre 1971 et 1984;

2.  L'accroissement des importations des produits alimentaires. Le cas du poisson est le plus éloquent. Plus de 300 millions de dollars américains (USA $) qui sortent chaque année pour compenser le déficit alimentaire en ce domaine (O.Z.A.C.1985 rapporte 175.000 tonnes de poissons importés);

3.  La détérioration du pouvoir d'achat des agriculteurs;

4.  L'exode rural;

5.  La fréquence accentuée des maladies de déficience alimentaire (Kwashiorkor, marasme, goitre endémique, crétinisme et même des cas de lenteur de croissance chez les enfants);

6.  Taux élevé de décès dus à l'affaiblissement d'un organisme démuni de tout mécanisme de défense (incapacité de fabriquer les anticorps nécessaires contre toute attaque microbienne);

7.  Espérance de vie très réduite au Zaïre;

8.  La contribution de l'Agriculture et de l'Industrie artisanale au Produit National  Brut (PNB) n'a fait que régresser. L'apport du secteur agricole est passé de 22,5% (en 1958) à 9,5% (en 1972, conséquences de zaïrianisation) et  en 1984 il ne sera que de 16,9 %. Quant au secteur  d'industrie artisanale, sa contribution est  passée de 12,6 % (en 1966) à 2,5 % (en 1984) (KALALA,

1989). 

  A la lumière de ce qui précède, les avis sont partagés quant à l'hypothèse selon laquelle la sous-alimentation et la famine sont souvent causées par un manque de pouvoir d'achat, par la pauvreté et la distribution inégale des revenus. Car, il  convient  de souligner  que même dans les villages où les problèmes de distribution  et même  de pouvoir d'achat  ne se posent  pas (possibilité de troc), la sous - alimentation, la famine , la malnutrition  et les maladies qui y sont  liées font ravage chez les enfants. Ce qui implique tout de même une certaine insuffisance de production et un manque de diversité de produits agricoles locaux. 

         Ainsi donc, à la question de CARR (1971), à savoir, "Agriculture research or Extension service: which has failed  ? ", nous dirons qu'en ce qui concerne l'Afrique noire  ni l'une ni l'autre n'a jamais tenu compte des réalités  quotidiennes  auxquelles  est confronté  le paysan . 

  RICHARDS (1985) nous rapporte que dans ses préoccupations quotidiennes l'agriculteur africain bien que pauvre, il fait preuve d'esprit d'innovation et de conservation de l'équilibre de la nature.  On peut d'ailleurs se demander si pour un type  des  cultures , en Afrique noire,  la science ne ferait pas mieux de suivre plutôt que de conduire car le modèle de populisme agraire qui constitue la clé de voûte d'une mono production apparente est  souvent accompagnée d'une  pluri activité informelle. 

 Cependant, elles constituent un modèle de développement  alternatif, un anti-modèle vis à vis de l'Occident, mais une sorte de réplique pour la survie de ces populations, une contre réaction  et enfin une réponse à l'Etat et aux Institutions Internationales qui veulent imposer un modèle d'organisation à ces économies  enclavées (du tiers-monde) alors  qu'elles ne donnent pas à ces Nations les  moyens et les possibilités  de le faire. 

 D'ailleurs, il apparaît ici que la dimension sociale du développement est confondue avec la lutte contre la pauvreté et  les  inégalités  sociales (BIRD, 1990).  

REFERENCES

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REMERCIEMENTS

 Tout ce travail n'a été possible que grâce au concours financier de la Coopération belge, j'ai cité, l'AGCD/ABOS et de l'Université de Liège (Laboratoire de Démographie des Poissons et d'Aquaculture Expérimentale) qui ont accepté de supporter notre voyage et le séjour d'étude au Zaïre  (de Juillet à Octobre 1988 et de Septembre à Décembre 1991). 

 

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