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Analyse de mode de gestion des médicaments dans les établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina.

 

François Kalenga Luhembwe 1

Patrice Nsenga Kimankinda2, Christelle Lenge Ngoie3, Pierre Ndaya Kalemba3

1.     Option hospitalière, Humanitarian, Santé publique, Université de Kamina, RDCongo

2.     Option gestion des institutions sanitaires, Santé publique, Université de Kamina, RDCongo

3.     Option hospitalière, Santé publique, Université de Kamina, RDCongo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Abstract

 

In order to contribute to the improvement of drug management within pharmaceutical establishments; We carried out a prospective cross-sectional descriptive study supported by the direct interview technique supported by a pre-established questionnaire for a period going from 01 / January / to 01 / June / 2019. A few variables that were the subject of the study revolved around Sociodemographic characteristics; Main sources of medicine supply; Logistics cycle of drugs; Compliance of the infrastructure of the pharmaceutical establishments surveyed with the minimum standards established by the WHO; The data collected has been encoded and analyzed using SPSS software. Microsoft Excel software was useful for us when presenting the results in the form of figures.

 The results of the study show that out of a total of 50 subjects surveyed, 64% had suitable clothing for the sale of drugs in a pharmaceutical establishment; 72% of subjects agreed to have received training in medication management; more than half or 64% use the truck as a means of transportation to obtain medicine; 80% of pharmaceutical establishments visited do not have adequate air conditioning; 80% of pharmaceutical establishments visited reported not having a fridge; 88% of pharmaceutical establishments regularly inventory medicines; most of the pharmaceutical establishments visited (96%) have buildings which have an area of ​​less than 45m²; 72% of pharmaceutical establishments visited deliver with or without a medical prescription; 56% of pharmaceutical establishments visited use the FEFO method; 80% of establishments do not have a library including a few books such as pharmacology, the pharmaceutical dictionary, etc.

These results reveal that the management of drugs within pharmaceutical establishments is still a concern in the city of Kamina, requiring new upstream and downstream strategies that can promote good management of these.

 

RESUME

 

Dans le but de contribuer à lamélioration de la gestion des médicaments au sein des établissements pharmaceutiques ; nous avons mené une étude descriptive transversale prospective appuyée par la technique dentretien direct secondé par un questionnaire préétabli pendant une période allant du 01/Janvier/ au 01/Juin/2019. Quelques variables ayant fait lobjet de létude ont tourné autour de Caractéristiques sociodémographiques ; Principales sources dapprovisionnement en médicaments ; Cycle logistique des médicaments ; Conformité de linfrastructure des établissements pharmaceutiques enquêtés par rapport aux normes minimales établies par lOMS ; Les données collectés ont été encodées et analysées à laide du logiciel SPSS. Le logiciel Microsoft Excel nous a été utile lors de la présentation des résultats sous formes des figures.

 Les résultats de létude montrent que Sur un total de 50 sujets enquêtés 64% possédaient une tenue adaptée pour la vente des médicaments dans établissement pharmaceutique ; 72% de sujets ont accepté davoir reçu une formation sur la gestion des médicaments ; plus de la moitié soit 64% utilisent le camion comme moyen de transport pour sapprovisionner en médicament ; 80% détablissements pharmaceutiques visités nont pas une climatisation appropriée ; 80% détablissements pharmaceutiques visités ont déclaré de ne pas posséder un frigo ; 88% détablissements pharmaceutiques font linventaire régulier des médicaments ; la plupart détablissement pharmaceutiques visités soit 96% ont des bâtiments qui ont une superficie inférieur à 45m² ; 72% détablissements pharmaceutiques visités font la livraison avec ou sans prescription médicale ; 56% détablissements pharmaceutiques visités font recourt à la méthode FEFO ; 80% détablissements ne possèdent pas dune bibliothèque comprenant quelques ouvrages tels que la pharmacologie, le dictionnaire pharmaceutique etc.

Ces résultats révèlent que la gestion des médicaments au sein des établissements pharmaceutiques reste encore préoccupante dans la ville de Kamina nécessitant alors des nouvelles stratégies en amont et en aval pouvant promouvoir une bonne gestion de ces derniers.

 

 

1.     INTRODUCTION

1.1.                    ETAT DE LA QUESTION

 

Les médicaments constituent un élément essentiel pour prendre en charge convenablement les patients. La gestion des produits pharmaceutiques doit donc répondre à des impératifs stricts afin d’utiliser au mieux ces ressources très indispensables.

Dans tout établissement pharmaceutique, l’organisation fonctionnelle et la gestion des médicaments et autres produits pharmaceutiques sont indispensables pour : maintenir un stock permanent des médicaments/consommables essentiels de qualité ; réduire les coûts ; économiser du temps et optimiser le travail du personnel ; faciliter la gestion et l’évaluation continue des consommations. Dans tous les cas, il est nécessaire de prendre en considération la stratégie pharmaceutique nationale et la réglementation en vigueur dans lesquelles doivent ou devront s’insérer les activités pharmaceutiques mises en place  (PATRICIA LEFEBVRE, 2003).

Selon, Dénis Clerc; la gestion des médicaments commence par le classement de ces derniers (Dénis Clerc, 2015). C’est ainsi que l’organisation mondiale de la santé propose une liste de classement des médicaments où ces derniers sont classés selon leur action thérapeutique. Cette technique présente un avantage pédagogique mais ne permet pas d’élaborer un système de rangement par exemple, un même médicament peut figurer dans plusieurs groupes (OMS, 2015). Pour corriger cette technique, Médecins sans frontières (MSF) recommande un rangement des médicaments par voie d’administration et par ordre alphabétique. Selon l’approchent médecins sans frontières, les médicaments doivent être répartis en 6 groupes notamment : les médicaments oraux ;  les médicaments injectables ; les solutés de perfusion ; les vaccins, immunologies et sérums ; les médicaments à usage externe et antiseptiques ainsi que les désinfectants (MSF, 2017).

Par ailleurs, selon CHRISTINE .L, pour le rangement de médicaments, la méthode à privilégier doit être celle de la sortie à la date (FEFO). La plupart des produits médicaux possèdent de dates d'expiration ; cela équivaut à leur durée de vie. Tout produit qui a une date d'expiration doit sortir du stock selon le principe ou méthode FEFO (First Expirity, First Out - Premier Périmé, Premier à Servir). Pour faciliter le principe FEFO, si pour un même article il existe diffèrent numéro de lots, s'assurer que les lots des produits qui expirent en premier soient placés sur le devant de l'étagère (CHRISTINE .L, 2005).

 

Morgan Louch vient clore en disant que, tous les médicaments et produits pharmaceutiques doivent toujours être conservés dans leur emballage d’origine. Les produits pharmaceutiques doivent être rangés par forme galénique sous leur dénomination commune internationale et classés par ordre alphabétique. Les produits ayant la durée de conservation la plus courte (date de péremption proche ou stock ancien) doivent être placés devant ceux dont la durée de conservation est la plus longue (date de péremption éloignée ou stock récent) (MORGAN LOUCH, 2018).

 

Selon Rogers Logan, il est important d’enregistrer avec précision tous les médicaments et autres produits pharmaceutiques en stock. Ceci permet de suivre les mouvements d’entrée et sortie des produits, mais aussi de savoir : quels sont les produits disponibles dans le stock ; quelle est la quantité de chaque produit dans le stock ; quelles sont les consommations régulières ; quand et en quelle quantité re-commander un produit (ROGERS LOGAN, 2003).

 

Un certain nombre des documents permet l’enregistrement de toutes ces données pour avoir l’information utile à une meilleure prise de décision, il s’agit notamment : le bon de commande, le registre de commande, le registre d’entrée, la fiche de stock, la fiche d’inventaire, le bordereau de livraison, la facture. Les entrées et les sorties des médicaments, leur entreposage sont des activités principales effectuées et constituent une étape importante dans la gestion des stocks. La fiche de stock a été identifiée comme un instrument efficace de gestion et de contrôle. Elle est considérée à la fois comme document principal du système d’enregistrement de stocks et document de base pour l’information sur ce stock (OMS, 2008).

 

Selon le recueil des normes sanitaires Tome I, édité en juillet 1999 par le ministre de la santé publique (pages 138 et 139), une superficie de 113m² est nécessaire pour le six pièces nécessaires au bon fonctionnement d’une pharmacie interne d’hôpital, à savoir : une Salle de stockage de 20m², une salle de distribution et de dispensation de 20m², un bureau du pharmacien responsable de 12m² et un bureau des pharmaciens assistants de 9m². Néanmoins, il y a paru plus sensé de s’en tenir aux normes de l’officine pharmaceutique ouvertes au public requérant un minimum de 3 pièces soit une superficie minimale de 45m² dont : une salle  de délivrance (20m²), une salle de stockage plus laboratoire (16m²) et un bureau de pharmacien (9m²) (recueil des normes sanitaires, 1999). Alors que DAVID DIANGANZI a démontré qu’au terme de l’évaluation, qu’au lieu de trois ou de six pièces, tous les établissements n’utilisent qu’une seule structure pour le stockage, la délivrance des médicaments et le bureau administratif de la pharmacie pour une superficie moyenne de 21m² ; excepté l’hôpital général de référence où le chercheur avait trouvé en moyenne deux locaux dont l’un servait de salle de stockage et l’autre de salle d’attente et on arrive à trois mois de délivrance des médicaments en même temps que le bureau administratifs de la pharmacie avec respectivement une superficie de 30m² et 17m² (DAVID DIANGANZI, 2008).

 

Selon plusieurs études, le défi à relever dans la gestion des médicaments reste la conservation et les conditionnements des médicaments. Selon les résultats de Gorges LUSAKA, la plupart d’officines pharmaceutiques ouvertes au public soit 84,39% ne possèdent pas d’un frigo au Sud-Kivu (GORGES LUSAKA, 2011). Et pourtant, le manque d’un frigo dans un établissement pharmaceutique reste considéré comme un problème grave dans la gestion des médicaments, car il y a d’autres produits qui nécessitent d’être conservés dans une température de +2°C à  8°C (MSF, 2017). En tenant compte des résultats de PABLO GOTTRET et Alvine Mougba, nous nous rendons compte que seulement 15% d’établissements pharmaceutiques Sénégalais disposent d’une climatisation ou ventilation appropriée (PABLO GOTTRET et Alvine Mougba, 2007).

 

Or, selon SHANXI LIANGANG,  tout établissement pharmaceutique doit avoir une climatisation appropriée car les médicaments doivent être conservés dans un endroit frais et sec. Selon le même auteur, les températures extrêmes, la lumière ou l’humidité peuvent dégrader les médicaments et détériorer les autres produits pharmaceutiques. La chaleur dégrade tous les médicaments, notamment les liquides, pommades et suppositoires. Certains médicaments sensibles à la lumière, tels que les produits injectables, sont très rapidement détériorés par celle-ci. Les comprimés et gélules absorbent facilement l’humidité ambiante, ce qui les détériore (SHANXI LIANGANG, 2010).

 

Selon l’UNICEF, les médicaments et autres produits pharmaceutiques, sont des produits délicats et sensibles. Il faut en prendre soin, faute de quoi ils pourraient se détériorer. En cas de détérioration, ces médicaments peuvent perdre leur efficacité et provoquer des effets inattendus chez les patients. Par conséquent, les produits en stock doivent toujours être entreposés dans un local réservé à cet usage. Un établissement pharmaceutique doit comporter une pièce fermant à clé, en bon état et bien aménagée avec une température adéquate (UNICEF, 2007).

 

Selon Guest Blogger, une bonne gestion des médicaments doit prendre en compte la livraison. La personne chargée de réceptionner les produits doit les contrôler au moment de la livraison, en présence du livreur. La livraison doit correspondre à la commande. Cette personne doit vérifier qu’aucun produit ne manque ou n’est avarié, que les produits livrés sont conformes aux critères de qualité et ne sont ni périmés ni proches de la péremption.
Il arrive que la livraison ne corresponde pas à la commande. Il peut s’agir de produits
manquants ou de produits livrés en quantité inférieure à la quantité commandée mais
aussi de produits périmés ou proches de l’être, endommagés ou de mauvaise qualité. Les
livraisons non conformes doivent être signalées au livreur à l’immédiat (Guest Blogger, 2011).

 

D’après le dernier rapport de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), le marché français du médicament dépasse les 27 milliards d’euros: trois quarts du marché sont réalisés par les ventes aux officines de ville, le quart restant auprès des hôpitaux. 3,1 milliards de boîtes sont commercialisées  32800 produits actifs, 11 000 spécialités remboursées à 85%, sont sur le marché. Cette analyse différencie les ventes réalisées pour la médecine de ville de celles pour l’hôpital, à la fois dans leurs formes d’administration (voie orale, cutanée, injections) et dans leur nature. En quantité, les médicaments les plus vendus en ville sont les analgésiques, les psychotropes et les antibiotiques. A l’hôpital, pour des données en valeur et non en quantité, il s’agit des antinéoplasiques, utilisés en chimiothérapie, des immuno-modulateurs, des antihémorragiques et des antiviraux (BERNARD D., 2011).

 

1.2.                    PROBLEMATIQUE

 

Les médicaments sauvent des vies et améliorent la santé, ils jouent un rôle capital dans de nombreux aspects des soins de santé en offrant une réponse simple et efficace. Pour cela, ils devraient être disponibles à tout moment dans le cadre de systèmes de santé fonctionnels, en quantité suffisante, sous une forme appropriée, avec une qualité assurée, accompagnés d’une information adéquate et à un prix accessible pour les individus et les communautés (MS/DHSA, 2002).

La gestion des médicaments constitue un grand défi à relever aussi bien pour les pays développés que pour les pays en développement dans la mesure où une gestion irrationnelle des médicaments a un impact économique sur les établissements pharmaceutiques et sur le système de protection sociale (PASCAL B, 2010).

En France, un rapport de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) à la demande du ministère de la santé a fait ressortir que le marché français du médicament dépasse les 27 milliards d’euros: trois quarts du marché sont réalisés par les ventes aux officines de ville, le quart restant auprès des hôpitaux. 3,1 milliards de boîtes sont commercialisées  32800 produits actifs, 11 000 spécialités remboursées à 85%, sont sur le marché. Cette analyse différencie les ventes réalisées pour la médecine de ville de celles pour l’hôpital, à la fois dans leurs formes d’administration (voie orale, cutanée, injections) et dans leur nature. En quantité, les médicaments les plus vendus en ville sont les analgésiques, les psychotropes et les antibiotiques. A l’hôpital, pour des données en valeur et non en quantité, il s’agit des antinéoplasiques, utilisés en chimiothérapie, des immuno-modulateurs, des antihémorragiques et des antiviraux (ANSM., 2011).

En Afrique, la gestion des médicaments représente l'une des données socio-économiques importantes dans le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté dans tous les Pays en développement. Pour évoquer les enjeux de l'approvisionnement en médicaments essentiels, il convient de bien cerner la problématique du médicament dans son ensemble, en analysant l'environnement global dans lequel les centres d'achat et de distribution évoluent. Néanmoins, on ne cesse d'observer une inadéquation des conditions de stockage et de distribution avec les exigences requises pour une bonne conservation de médicaments et une bonne pratique de distribution, à l' instar de la politique pharmaceutique nationale des Pays en développement mise en place et dont chaque Pays a ainsi défini une liste nationale de médicaments essentiels. Et on continue à observer des ruptures de stocks en médicaments essentiels dans la plupart des structures sanitaires (BERNARD D., 2011).

Et pourtant, médecin sans frontière, estime qu’environ 48% des morts dans les pays pauvres ou dans les pays en voie de développement sont occasionnées par des ruptures à répétition des médicaments dans les structures sanitaires (MSF, 2001).

Toujours en Afrique,  en 2009, un rapport d’enquête mené par LAHOUCINE B confirme que, après les actes invasifs, les infections liées aux soins, et la détérioration du système de santé africain, les médicaments sont la troisième cause d’événements indésirables graves (EIG) liés aux soins. L’enquête estime que le médicament est responsable de 60000 à 130000 EIG par an et que 15000 à 60000 d’entre eux seraient évitables si tous les pays africains se rendaient compte de l’importance de la bonne gestion des médicaments (LAHOUCINE B., 2004).

C’est ainsi, qu’au Maroc, le ministère de la santé consacre plus de 36% du budget à l’achat des médicaments essentiels et biens médicaux. Le ministère de la santé accorde également une grande importance au développement d'une politique nationale de la gestion des médicaments afin d’en assurer la disponibilité et l'accessibilité dans les structures de soins. Les premières actions développées dans ce cadre ont été le renforcement des budgets d’achat (plus de 1 milliard de dirhams en 2009), l'adaptation et l'amélioration des méthodes d'acquisition et de gestion des stocks, la sensibilisation des prescripteurs et la formation des gestionnaires (MS/DHSA, 2002).

La République Démocratique du Congo, comme tous les pays à revenu faible, n’échappe pas à cette alarmante situationnelle. Presque toutes les structures sanitaires du Pays souffrent d'une rupture chronique en médicaments et la communauté est exposée à l'achat de médicaments  de qualité douteuse. Selon la publication du 17 Août 2010 sur la page web de la Radio OKAPI ; le ministère de la santé reconnait qu'en RDC, le système d'approvisionnement en médicaments était complètement désastreux et que certains des médicaments de mauvaise qualité étaient en circulation dans le Pays. La même source avait affirmé que la gestion des médicaments en RDC connaissait beaucoup des problèmes notamment les problèmes d'approvisionnement, de la distribution des médicaments essentiels et aussi l'absence de rigueur dans le système de contrôle de qualité et de gestion de stocks (RadioOkapi, 2010). Tout ceci montre d’une manière claire et précise l’importance de mener une étude sur l’analyse des modes de gestion des médicaments dans les établissements pharmaceutiques ouverts au public. C'est ainsi que dans le cadre de cette étude nous nous posons la question de savoir si   le cycle logistique de gestion des médicaments tel qu’il se déroule actuellement au niveau des établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina se conforme aux normes minimales établies par l’OMS ?

 

 

1.3.                    OBJECTIFS DE L’ETUDE

1.3.1.    Objectif général

 

L’objectif général de cette étude sera d’analyser les modes de gestion des médicaments dans les établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina afin de contribuer à une gestion rationnelle des médicaments.

 

1.3.2.   Objectifs spécifiques

 

D’une manière spécifique, l’étude vise à :

-          Décrire le profil du personnel employé dans la gestion des médicaments dans les établissements pharmaceutiques ;

-          Identifier les principales sources d’approvisionnement en médicaments des établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina ;

-          Déterminer le cycle logistique des médicaments dans les établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina ;

-          Evaluer la conformité de l’infrastructure des établissements pharmaceutiques enquêtés par rapport aux normes minimales établies par l’OMS.

 

1.4.                    CHOIX ET INTERET DU SUJET

 

1.4.1.   Choix du sujet

 

 

Le choix de ce sujet a été motivé par un constat fait pendant notre stage de professionnalisation effectué à la brigade sanitaire de la zone de santé de Kamina où nous avions remarqué d’énormes problèmes dans la gestion des médicaments dans les établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina notamment ; la péremption des médicaments ; la rupture des stocks ; la livraison des médicaments sans prescription médicale, la mauvaise conservation des médicaments… Face à tous ces problèmes, nous nous sommes convenues de mener une étude sur l’analyse de mode de gestion des médicaments dans les établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina.

1.4.2.   Intérêt du sujet

L'intérêt de ce travail se présente sous quatre volets :

0.4.2.1 Sur le plan scientifique

Ce travail va constituer un outil de référence pour les autres chercheurs qui aborderont le sujet sur la gestion de médicaments au sein des établissements pharmaceutiques.

0.4.2.2 Sur le plan institutionnel

Cette étude peut susciter les responsables des établissements pharmaceutiques de critiquer leur mode de gestion de médicaments pour éviter les risques liés à la mauvaise qualité y afférant.

0.4.2.3 Sur le plan individuel

Ce travail nous a permis d’approfondir les connaissances sur les modes de gestion des médicaments dans les établissements pharmaceutiques.

 

0.4.2.4 Sur le plan opérationnel

Les résultats de ce travail, pourrons interpeller la conscience  des autorités  politico-administratives et sanitaires à s’imprégner de la manière dont les médicaments sont gérés dans les établissements pharmaceutiques afin de prévenir les conséquences néfastes qui guettent la population.

1.5.                     METHODOLOGIE DU TRAVAIL

 

Dans le cadre de l’élaboration de ce travail, nous avons fait recours à une étude descriptive transversale prospective appuyée par la technique d’entretien direct secondé par un questionnaire préétabli.

 

1.6.                    DELIMITATION TEMPORO- SPATIALE

 

Cette étude a été menée en république démocratique du Congo ; dans la province du Haut-Lomami ; plus précisément au sein des établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina pendant une période allant du 01 Janvier au 01 Juin 2019.

1.7.                    SUBDIVISION DU TRAVAIL

 

Hormis l’introduction, la conclusion et les suggestions, ce travail s’articule en deux grandes parties : 

Ø  La première partie porte sur  l’approche théorique et comprend deux chapitres dont le premier concerne la définition des concepts clés et le deuxième chapitre parle  des généralités sur  la gestion des médicaments.

Ø  La seconde partie se penche sur les aspects pratiques et est composée de quatre chapitres dont le premier concerne la présentation du cadre de l’étude, le deuxième sur l’approche méthodologique, le troisième traite sur la présentation et interprétation des résultats  et enfin le dernier porte sur la discussion des résultats.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Considérations théoriques

CHAPITRE I. DEFINITION DES CONCEPTS CLES

I.1. Analyse :

     Selon le Dictionnaire Français, l’analyse est l’opération intellectuelle de décomposition d’un tout en des éléments et leur mise en relation (LAROUSSE, 2010).

Selon linternaute.fr, une analyse est la distinction et la séparation des parties d’un ensemble afin de connaître leurs principes ou éléments. Il s’agit également d’un test/examen qui est fait d’une œuvre, d’une écriture ou de toute réalité susceptible d’étude intellectuelle.

MORGAN LOUCH, quant à lui, défini l’analyse comme l’examen de l’information (trier, additionner, comparer) pour mieux comprendre les relations entre le « tout » et les « parties » (MORGAN LOUCH, 2018).

I.2. Gestion

Selon WEMBONYAMA, la gestion est la manière d’utiliser les ressources humaines, matérielles et financières (WEMBONYAMA, 2017).

 

MARINET et SILEM renseignent que la gestion peut être définie comme étant une science permettant de déterminer la combinaison la plus satisfaisante en termes de rendement et de productivité des moyens matériels et de la ressource humaine dans les organisations (MARINET et SILEM, 2003)

 

ALCYON dit que la gestion est un terme à une définition étendue, car il vient du terme gérer qui signifie « Administrer entant que gérant ou administrer les affaires » (ALCYON, 2003).

 

Selon Henri FAYOL évoqué ici par Alphonse VERHULST. « Gérer, c'est prévoir, organiser, commander, coordonner et contrôler ». Si cette définition traduit la nature de la fonction, elle ne doit pas laisser croire cependant qu'il s'agit d'actes totalement indépendants : on ne peut pas organiser sans prévoir en même temps, et l'organisation contient une part de coordination et de contrôle ; le commandement suppose aussi le contrôle de l'exécution (ALPHONSE V., 1984).

 

De tout ce qui précède, nous pouvons enfin retenir que gérer est la manière de mettre en œuvre les ressources humaines, matérielles et les facteurs organisationnels dans la finalité d'aboutir aux objectifs assignés. Par analogie ; la gestion dans le sens logique, signifierait ; un suivi permanent des normes, méthodes et/ou principes, pour la survie effective, efficace et efficiente d'un service donné.

 

I.3. Médicaments

 

Selon Mathieu GUERRIAUD, un médicament est toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales. Par extension, un médicament comprend toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l’être humain ou l’animal ou pouvant leur être administrée, en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique (MATHIEU GUERRIAUD, 2016).

 

Selon Larousse, le médicament est une substance employée pour combattre une maladie (Larousse, 2010).

 

ALCYON faisant référence au code de la santé publique en France, en son article L5111-1, a défini le médicament comme étant toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l'homme ou chez l'animal ou pouvant leur être administrée, en vue d'établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique. Sont notamment considérés comme des médicaments les produits diététiques qui renferment dans leur composition des substances chimiques ou biologiques ne constituant pas elles - mêmes des aliments, mais dont la présence confère à ces produits, soit des propriétés spéciales recherchées en thérapeutique diététique. (ALCYON, 2003).

 

I.3.1 Médicament altéré : tout médicament mal conservé et qui a subi des modifications   Physico-chimiques le rendant impropre à l’utilisation (OMS, 2006).

 

I.3.2 Médicament falsifié (contrefait) : est un médicament  dont la composition a été  délibérément et frauduleusement munie d’une étiquette n’indiquant pas son identité et/ou sa source véritable en vue d’un faim sordide (OMS, 2006).

 

I.3.3 Médicament corrompu : tout médicament qui subit une contamination accidentelle le rendant impropre à l’utilisation, la contamination peut être microbiologique ou chimique (OMS, 2006).

 

I.3.4 Médicament périmé : tout médicament qui, conservé dans les conditions requises par le fabriquant a dépassé la période de validité fixée par le fabriquant (OMS, 2006).

 

I.3.5 Médicament essentiel: sont ceux qui satisfont aux besoins de la majorité de la population en matière de soins de santé ; ils doivent donc être disponibles à tous moments en quantité suffisante et sous la forme pharmaceutique appropriée (OMS, 2006).

 

I.4. Etablissement pharmaceutique

Un Etablissement pharmaceutique est un lieu où l’on distribue et vend en gros ou en détaille les médicaments à usage humain et autres produits relevant du monopole pharmaceutique (wiki-dictionnaire.fr).

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE II. GENERALITES SUR LA GESTION DES MEDICAMENTS

II.1  LE CYCLE D’APPROVISIONNEMENT

 

 L’approvisionnement en médicaments, consommables médicaux et petits matériels est un cycle logistique, car il comporte tous les aspects de processus. En ce sens que ce processus permet d’amener les médicaments, consommables médicaux et petits matériels, depuis le fabricant jusqu’au patient. Cette logistique est la science d’acquérir, de conserver et de transporter des médicaments, consommables médicaux et petits matériels. Ceci comporte l’acquisition des produits à partir des dépôts CDR par exemple) et la distribution de larges quantités des médicaments, consommables médicaux et petits matériels à un moment donné, à un nombre important de centres de santé et des services médicaux-sanitaires dans des endroits différents (OMS, 2006).

 

Il s’agit des actions et des ressources nécessaires pour acquérir des produits, pour les rendre au lieu où se trouve le besoin ; pour s’assurer que le produit de bonne qualité et quantité dans une partie affaiblie est correctement employé. Les activités impliquées dans le processus dépendent les unes des autres, elles font partie d’un système, une faiblesse dans une partie affaiblit le système entier. Il est utile de penser à notre système d’approvisionnement en termes de quatre fonctions, quatre jeux d’activités (OMS, 2006).

Le cycle logique d’approvisionnement comprend :

Ø  Sélection

Ø  Acquisition

Ø  Distribution

Ø  Utilisation

II.1.1 LA SELECTION DES MEDICAMENTS

Introduction

 

Devant la multiplicité des médicaments disponibles sur le marché, la publicité agressive des fabricants et surtout les prix élevés des médicaments, il est important de limiter le nombre des médicaments pour les besoins de la population ceci en rapport avec les demandes formulées par les formateurs sanitaires. Il faut donc éviter un surstock pour des raisons économique mais aussi il faut souligner que le manque des médicaments indispensables par suite des commandes incorrectes présente encore plus d’inconvénients. Le choix rationnel des médicaments essentiels améliore la thérapie, assure une meilleure qualité et disponibilité et réduit les coûts administratifs en améliorant l’accessibilité (OMS, 2008).

 

Sélectionner les médicaments consiste à poser deux questions :

Ø  Quels médicaments ?

Ø  En quelle quantité ?

 

 

II.1.1.1.  LES CRITERES DE SELECTION DES MEDICAMENTS :

 

Ø  le choix des médicaments avec une seule efficacité prouvée et dont les effets secondaires sont acceptables ;

Ø  les prix d’achat, de transport, de stockage et de distribution ;

Ø  la disponibilité des médicaments au niveau national, provincial, de district… 

Ø  considérer seulement les médicaments qui ont une garantie de qualité et dont la stabilité est assurée sous les conditions locales ;

Ø  considérer les tendances locales des maladies et des soins de santé (OMS, 2008).

 

II.1.1.2.  LISTE STANDARD DES MEDICAMENTS ESSENTIELS

 

La liste standard des médicaments essentiels est autrement appelée Liste Nationale des Médicaments Essentiels (LNME). Elle est établie sur base des données nationales en vue de répondre aux besoins de santé de la majorité de la population (OMS, 2008).

 

II.1.1.3.  LE SYSTEME V.E.N

 

Le système V.E.N  est une synthèse des critères repris ci-dessus. C’est une technique qui  permet de classer parmi les médicaments estimés importants par la population. Chacun d’eux dans une des catégories suivants :

    V : médicaments vitaux

    : médicaments essentiels

    N : médicaments non essentiels

Cette classification est formalisée par un outil qui facilite la prise de décision, il s’agit de : Tableau analytique pour identifier les médicaments vitaux, essentiels et non essentiels.

Une liste hautement sélective de médicaments destiné à répondre aux besoins de santé de la majorité de la population.

Le système V.E.N a pour avantages :

Ø  choix opéré en fonction du rapport coût et efficacité ;

Ø  l’argent dépensé a un impact maximum sur la santé de la population ;

Ø  utilisation des noms génériques ;

Ø  efficacité et innocuité prouvées. (O MS, 2006)

 

II.1.1.4.  ESTIMATION DES BESOINS EN MEDICAMENTS

 

Dans un cycle logistique, la détermination des besoins est une étape extrêmement importante. Le pharmacien (gestionnaire) doit identifier les besoins, établir les priorités et évaluer les quantités nécessaires pour le réapprovisionnement pour une période donnée. Il doit répondre aux questions suivantes :

Ø  De quels produits a-t-on besoin ?

Ø  En quelles quantités ?

 

En général trois méthodes permettent de déterminer la quantité de besoin en médicament à savoir :

Ø  Estimation de besoin en fonction de la population cible ;

Ø  Estimation de besoin sur base de l’utilisation des services ;

Ø  Estimation de besoin basée sur la consommation antérieur.

 

Quelques  indicateurs qui permettent les conditions d’achats :

Ø  Besoins périodiques 

Ø  Stock minimum

Ø  Stock maximum

Ø  Stock d’alerte.

 

 

II.1.2.  ACQUISITION DES MEDICAMENTS

 

Introduction

Vu l’importance de l’acquisition et son impact sur les autres étapes du cycle logistique, il est important de rappeler les notions se rapportant à l’établissement de la commande (PSF, 2004).

 

II.1.2.1. IDENTIFICATION DES FOURNISSEURS

 

                        Le but de cette section est de faire apprécier la multiplicité et l’importance des facteurs à évaluer pour s’assurer du meilleur choix du fournisseur possible afin d’acquérir des quantités adéquates des médicaments nécessaires au coût le plus bas possible. Le choix du fournisseur a un impact important sur la qualité des médicaments ainsi que sur leur prix. Un choix mal fait entraîne l’achat de médicaments inefficaces, dangereux, plus chers et même mortels (PSF, 2004).

 

II.1.2.1.1. Source D’approvisionnement

 

Il existe deux sources d’approvisionnement :

Ø  Sources primaires :

Lorsque le fournisseur est en même temps producteur.

On distingue :

ü  production gouvernementale ;

ü  fabricants privés locaux ;

ü  fabricants extérieurs.

 

 

Ø  Sources secondaires :

Lorsque le fournisseur n’est pas producteur.

On distingue :

ü  exportateurs étrangers indépendants ;

ü  donateurs

ü  services d’approvisionnement locaux ou internationaux.

 

II.1.2.1.2. Choix du fournisseur

 

                        Dans la plupart de zones de santé, la sélection du fournisseur est du ressort du comité de gestion, dans lequel se trouve le Médecin chef de zone et le Médecin directeur de l’hôpital général de référence et des Administrateurs gestionnaires : le pharmacien reste une personnel rare au niveau des zones de santé qui sont des personnes biens placées pour trancher les discussions concernant la qualité pharmaceutique des médicaments. Selon le système national d’approvisionnement, le fournisseur est déjà connu pour les BCZS et HGR, c’est la centrale de distribution régionale « CDR », structure officielle reconnue pour les BCZS et HGR (OMS, 2006).

 

II.1.2.1.3. Critères de sélection du fournisseur

 

                        Il existe deux types de critères de sélection

 

II.1.2.1.3.1  Critères de routine 

Ce sont des critères habituels de choix. Ces critères ont comme objectif de choisir le fournisseur qui offre des produits de qualité au coût total le plus bas. L’approche couramment utilisée est de commencer à évaluer les fournisseurs qui ont les coûts totaux les plus bas, et d’éliminer ceux dont la qualité des médicaments ne répond pas aux normes demandées. Parmi ces critères, on peut citer :

Ø  prix des médicaments ;

Ø  liste des médicaments ;

Ø  délai de livraison des médicaments ;

Ø  qualité des services ;

Ø  siège du fournisseur ;

Ø  mode de paiement ;

Ø  date de péremption des produits proposés.

 

II.1.2.1.3.2.  Critères spéciaux

Ce sont de critères qui ne dépendent pas de la volonté de ceux qui décident sur la sélection. Ce sont donc des critères préexistants que le comité de sélection n’a qu’à suivre :

Ø  préférence nationale ;

Ø  accords de commerce intergouvernementaux ;

Ø  procédures imposées par les donateurs.

 

II.1.2.2. MODALITES D’ACHAT

 

                        Les médicaments et autres produits sont acquis (soit localement soit à l’extérieur) par :

Ø  Achat ;

Ø  Donation ;

Ø  Production.

 

II.1.2.2.1. Modalité d’achat

                        Plusieurs modalités sont utilisées pour l’achat des médicaments :

Ø  Appel d’offre ouvert

C’est une offre publique ouverte à tout le monde sans restriction, avec appel à la concurrence. Le soumissionnaire le moins disant à quantité égale gagne le marché.

Ø  Appel d’offre restreint

                        Marché ouvert à un nombre restreint de soumissionnaires.

Ø  Appel d’offre avec présélection

                        Les appels sont lancés aux fournisseurs potentiels sélectionnés d’avance pour leurs capacités techniques prouvées.

Ø  Marché de gré à gré

                        Les fournisseurs potentiels sont bien connus et peuvent être approchés directement.

 

Ø  Achat direct au prix de détail ou de gros fixé par le fournisseur

                        C’est la modalité la plus rapide et la plus facile, mais aussi la chère.

 

II.1.2.2.2. Modalités de financement

 

Ø  En cas de financement par les institutions bancaires internationales

                        Il est strictement recommandé de suivre les procédures de passation de marché du bailleur.

Ø  En cas de financement conjoint

La procédure recommandée est celle de la Banque Mondiale.

Ø  En cas de financement parallèle

                        Il faut suivre la procédure de chaque bailleur de fonds pour son financement.

 

II.1.2.3. PASSATION DES COMMANDES

 

                        La commande est une étape importante dans la gestion des médicaments et autres. En effet, il faut savoir quand commander, car si l’on commande trop tard, on risque d’être en rupture de stock avant que la livraison ne soit effectuée d’une part et d’autre part, il faut aussi savoir commander quand une bonne occasion se présente (arrivage chez le fournisseur, occasion de transport, etc.).  Il faut savoir combien commander. Une commande insuffisante peut amener une rupture de stock ultérieure. Une commande trop importante risque de provoquer un surstock avec immobilisation d’argent au dépend d’une autre activité. Il faut savoir quoi commander, commander des produits qui arrivent déjà presque périmés entraîne une lourde perte (OMS, 2008).

 

II.1.3 DISTRIBUTION DES MEDICAMENTS

 

Introduction

                        La distribution des médicaments englobe toutes les activités organisées pour recevoir les médicaments du fournisseur et de les livrer à temps dans des bonnes conditions, à des nombreux points de système de santé où ils seront délivrés aux malades (OMS, 2002).

                        La distribution des médicaments suppose trois fonctions qui sont :

Ø  Le stockage ;

Ø  La gestion de stock ;

Ø  Le transport des médicaments vers le site de consommation.

 

                        Les problèmes le plus couramment rencontrés dans la distribution des médicaments sont :

Ø  La mauvaise gestion d’information

Ø  La mauvaise gestion de stock

Ø  La mauvaise condition de stockage

 

II.1.3.1. STOCKAGE DES MEDICAMENTS

 

                        Le stockage doit tenir compte de local et du rangement des médicaments dans le rayon.

 

II.1.3.1.1.  Le local

 

Les caractéristiques d’un entrepôt :

 

                        Un entrepôt pharmaceutique doit être bien situé, bien agencé, bien rangé, propre et bien sécurisé. Ceci permet d’assurer : la gestion facile et efficace, la bonne conservation des médicaments et du matériel médical, la sécurité du personnel et des produits stockés. Pour cela, il faut prendre en compte : les facteurs saisonniers, le nombre, le genre et la capacité des installations de stockage existantes, le drainage, la sécurité, l’eau et les services (électricité, téléphone) du site choisi comme entrepôt (MS/DHSA, 2002).

 

                        Le local doit être sec, frais, convenablement aéré et permettre de protéger les médicaments de l’humidité, de la chaleur, de la lumière, de la poussière, des insectes pour éviter qu’ils ne s’altèrent ; il faut mettre le thermomètre mural et l’hydromètre pour l’humidité. Le toit doit être étanche (éviter les eaux de pluie) ; il est conseillé de ne pas balayer pour ne pas faire voler la poussière mais d’essuyer avec un chiffon humide (OMS, 2002).

                        La taille de l’entrepôt doit être suffisante pour permettre une séparation en différentes zones.

Ø  Une zone réservée à la préparation des livraisons

Ø  Une zone de stockage des cartons vides et autres emballages.

Ø  Une zone réservée aux produits à conserver au frais (chambre froide ou réfrigérateur)

Ø  Une zone réservée aux produits en quarantaine

Ø  Une zone réservée aux produits périmés en attendant leur destruction.

 

                        La taille et l’agencement du magasin doivent être tels que chaque secteur soit distinctement délimité et qu’il ne puisse y avoir de confusions entre les produits (MS/DHSA, 2002).

                                       

 

 

II.1.3.1.2. Le rangement

                        Pour la distribution de médicaments, la méthode à privilégier est celle de la sortie à la date (FEFO ou PPPS). La plupart des produits médicaux et alimentaires possèdent de dates d'expiration ; cela équivaut à leur durée de vie. Tout produit qui a une date d'expiration doit sortir du stock selon le principe ou méthode FEFO (First Expirity, First Out - Premier Périmé, Premier à Servir). Pour faciliter le principe FEFO, si pour un même article il existe diffèrent numéro de lots, s'assurer que les boites qui expirent en premier soient placer sur le devant de l'étagère (CHRISTINE .L, 2005).

                        Classer les médicaments par ordre alphabétique à l’intérieur de chaque famille de produits ; indiquer devant chaque médicament une fiche de position (étiquette) comportant le nom générique(DCI), la forme et le dosage (MS/DHSA, 2002).

                       

II.1.3.2. GESTION DE STOCK

 

II.1.3.2.1 Introduction

                        On ne peut parler de la chaine d'approvisionnement, c'est-à-dire, du circuit de flux de la production à la consommation, sans faire référence au stock. Le stock joue ainsi un rôle du système régulateur entre le flux discontinu des approvisionnements et le flux continu de la consommation. C’est  la quantité des biens disponibles en magasin pour une utilisation ultérieure. Il permet de faire face à toutes les variations aléatoires de ces flux (OMS, 2008).

                        La gestion des stocks permet d’assurer la continuité des approvisionnements et d’éviter le sur-stockage, synonyme d’argent immobilisé, de surcoût de stockage d’encadrement, d’augmentation des risques de détérioration, de vol,  en de péremption des produits. La bonne gestion de stock exige la prévoyance (OMS, 2008).

                        Le Responsable de l’entrepôt de la pharmacie doit pouvoir répondre à tout moment à quelques-unes de ces questions ci-après:

Ø  Quels sont les médicaments nécessaires ?

Ø  Quel médicament rangé et en quelle quantité ?

Ø  Quelle est la consommation approximative de chaque produit pour une période donnée?

Ø  Jusqu'à quand les produits peuvent-ils être utilisés ?

 

II.1.3.2.2. Réception des médicaments

 

                        A la réception, il faut immédiatement contrôler : l’exactitude de nombre des colis, le contenu des colis, l’intégralité de l’emballage, son étiquetage, la date de péremption, l’aspect du produit, les conditions spéciales de conservateurs (chaîne de froid),  l’inscription des dates de péremption. Toute anomalie sera aussitôt signalée à l’expéditeur à travers un PV de réception (OMS, 2008).

                        Les Outils utilisés dans la réception des médicaments sont : Bon de livraison, Bordereau d’expédition, Liste de colisage ou Packinglist.

 

II.1.3.2.3 Enregistrement des médicaments

 

                        La gestion de stocks demande de mettre en place un recueil de données fiables et à jour afin de gérer efficacement son système d’approvisionnement. Sans une bonne information il y aura rupture de stock et du gaspillage dus à ces surplus de stock ; des avariés et la péremption des médicaments (MS/DHSA, 2002).

 

                        Un certain nombre des documents permet l’enregistrement de toutes ces données pour avoir l’information utile à une meilleure prise de décision, il s’agit notamment : le bon de commande, le registre de commande, le registre d’entrée, la fiche de stock, la fiche d’inventaire, le bordereau de livraison, la facture. Les entrées et les sorties des médicaments, leur entreposage sont des activités principales effectuées et constituent une étape importante dans la gestion des stocks. La fiche de stock a été identifiée comme un instrument efficace de gestion et de contrôle. Elle est considérée à la fois comme document principal du système d’enregistrement de stocks et document de base pour l’information sur ce stock (OMS, 2008).

 

 

 

 

 

 

 

 

II.1.3.2.4. Conservation et péremption

                        Pour rester actif, un médicament doit être conservé dans de bonnes conditions. La chaleur, la lumière, le soleil, l'humidité, les insectes, la poussière, les champignons sont des facteurs qui diminuent la qualité des médicaments. Un médicament a toujours une date de fabrication et une date de péremption. Cette date de péremption est la date à partir de laquelle le produit va commencer à perdre de son activité et risque de devenir toxique. Au cas où la date de péremption n'est pas indiquée, il faut tenir compte de la date de fabrication et ajouter trois ans pour les médicaments injectables et les antibiotiques, et ajouter cinq ans pour les autres médicaments. Une fois que le médicament est périmé, il ne doit plus être vendu ni être utilisé. Le gérant doit retirer les produits des étagères de vente, et les stocker dans un carton spécifique. Ils seront détruits selon une procédure spécifique par l'Equipe de l'état en charge (PSF, 2004).

II.1.3.2.5. Réquisition des Structures Sanitaires

 

                        La réquisition est un document par lequel les prestations de la formation médicale demande la remise des médicaments à sa disposition. Une réquisition fait office d’un bon de commande au niveau des centres de santé. La réquisition doit renseigner clairement sur :

Ø  les quantités demandées ;

Ø   les conditionnements voulus ;

Ø  la forme et leur dosage.

 

II.1.3.3. LE TRANSPORT DES MEDICAMENTS 

 

                        Il existe deux méthodes par lesquelles les médicaments arrivent dans le service :

Ø  La livraison : dans ce cas, c’est l’installation des stockages qui livre les produits

Ø  Le ramassage : Ce sont les services qui viennent retirer les produits au dépôt principal.

 

 

 

 

II.1.4 L’UTILISATION

                        C’est la dispensation et l’administration aux malades des médicaments dans un conditionnement adapté sur prescription médicale et sous observation directe du personnel habilité.

II.1.4.1. Contrôle de la qualité à la livraison

                        Avant de procéder à la livraison des médicaments, il est conseillé de les conditionner suivant un emballage conforme à la commande. Cet emballage doit mentionner :

Ø  Le nom du produit sous forme DCI ;

Ø  La quantité des produits à livrer et leur dosage ;

Ø  Le numéro du lot ;

Ø  La date de péremption ;

Ø  Le mode d’emploi.

 

II.2. NORMES MINIMALES POUR TOUT ETABLISSEMENT   PHARMACEUTIQUE

 

II.2.1. Officine/Pharmacie

.

1)      Définition: Etablissement pharmaceutique affecté à l’exécution des prescriptions médicales, à la préparation magistrale et à la préparation  d’autres  médicaments, à la délivrance et à la vente au détail des médicaments enregistrés et autorités en République Démocratique du Congo (OMS, 1999).

.

2)      Description: maison construite en matériaux durables, électrifiée et plafonnée, comprenant au moins quatre pièces :

Ø  salle de vente:

-  dimensions: 20 m² (5x4) au moins de superficie et 3 m au moins de hauteur ;

-  comptoir vitré et étagères appropriées.

 

Ø  salle de stockage + laboratoire:

-  dimensions: 16 m² (4x4) au moins de superficie et 3 m au moins de hauteur;

-  verreries et autres accessoires pour les préparations  magistrales et extemporanées, T° maximum 25° C, humidité78%.

 

Ø  Bureau du pharmacien :

-  dimensions: 9 m² (3x3) au moins de superficie et 3 m  au moins de hauteur;

-  table, chaises,  armoires pour les différents dossiers de la pharmacie, armoires à poison fermant à clé ;

-  bibliothèques comprenant quelques ouvrages tels que : Pharmacopées, Dictionnaires Pharmaceutiques,

Dictionnaire Médical et autres ;

-  disposer d’un moyen de communication  approprié.

 

Ø  Installation hygiénique propre interne et externe avec eau courant

 

 

3)      Moyens de conservation :

- climatisation appropriée

- frigo

- étagères métalliques  ou en bois laqué.

 

4)       Gérance : Le Pharmacien Gérant doit être disponible et habiter la  ville ou la collectivité où est située la Pharmacie. Il peut être secondé par un Pharmacien Assistant et doit  être aidé par des Assistants en Pharmacie et un personnel  administratif.

 

5)      Agglomération : L’Officine doit se situer à une distance de 500 à 1000 mètres au moins par rapport à une autre déjà autorisée. L’ouverture de toute Officine peut être autorisée en raison du critère ci- dessous:

1° Une Officine pour 10.000 habitants en milieu urbain ;

2° Une Officine pour 3.000 habitants en milieu rural.

 

6)      Signalisation / Inscription : Toute pharmacie ouverte au public ne portera que la marque “PHARMACIE” écrite en vert, suivie du nom du Pharmacien et de l’adresse. Toute autre inscription est prohibée (OMS, 1995).

 

 

Considérations pratiques

CHAPITRE III. PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE

 

III.1 BREF  HISTORIQUE DE LA VILLE DE KAMINA

 

La ville de Kamina a vu le jour en 1947, le District du Haut-Lomami dépendait du District de Kabinda, ensuite de celui de Lulua et enfin de celui de Panda(Jadoville). Il a été reconnu comme District autonome par l’ordonnance loi n° 21/235 du 4Juillet 1952 et tire son nom de la rivière Lomami qui prend sa source dans le territoire de Kamina.

 

La constitution de la troisième république, adoptée par référendum en Décembre 2005 et promulguée le 18 Février 2006, relance une décentralisation qui avait été initiée en 1982 à travers une ordonnance-loi de réforme territoriale.

 

Dans ce cadre et avec le découpage géopolitique, le District du Haut-Lomami deviendra une province autonome avec son chef-lieu, la ville de Kamina. La nouvelle constitution stipule que les Provinces, entités territoriales décentralisées, sont gérées par les organes exécutifs et législatifs locaux qui jouissent de la libre administration et l’autonomie de gestion de leurs ressources économiques, humaines, financières et techniques.

 

Les principales compétences accordées aux communes sont les attributions administratives dont généralement l’administration de l’état civil, la gestion urbaine, les services urbains de proximité, et les services sociaux.

 

En prévision de l’hébergement des services de la nouvelle province de Haut-Lomami, la ville de Kamina en tant que chef-lieu de celle-ci, va s’étendre dans un rayon de 15Km comprenant trois communes : Ville de Kamina, Sobongo et Dimayi.

 

 

 

 

 

III.2. SITUATION DEMOGRAPHIQUE

 

Quartiers

Population

TOTAL

H

F

G

F

Quartier centre

6918

8378

5661

7431

28388

Quartier 14

3000

3282

6045

5463

17790

Quartier 52

4887

6895

5820

6448

17790

Quartier 53

3078

3871

4111

4191

24050

Quartier 64

2676

3736

5562

6075

15251

Quartier 82

1755

4859

4679

7679

18049

Quartier Congo

1527

2239

2630

3785

10181

Quartier Katuba1

3488

7169

4668

6398

21723

Quartier Katuba2

3284

4464

7781

8271

23800

Quartier Bloc 2 Kaloba

751

1611

789

736

3887

TOTAL

31364

46504

47746

56477

182091

 

Les quartiers sont appelés selon leur date de création. Deux d’entre eux sont devenus très vastes. Il s’agit des quartiers Centre urbain et Katuba1.

 

III.3. SITUATION GEOGRAPHIQUE

 

La ville de Kamina est située au Sud-est du pays dans la province du Haut-Lomami, entre les latitudes 8° 43’ et 8° 46’ Sud et les longitudes 24° 58’ et 25° 02’ Est. Elle se trouve à 600 Km de Lubumbashi (axe sud) et environs 450 Km de Mbuji-Mayi (axe Nord).

 

Elle est construite sur plateau situé à une altitude de 1100 mètres, la dénivellation entre les points les plus hauts et les points les plus bas de la ville n’atteignant pas 20m. Ce plateau marque le passage des eaux entre les bassins versant de la LULEWE au Nord-Ouest et au Nord ; Tandis que la LOVOI s’écoule d’Ouest en Est, la LULEWE s’écoule d’Est en Ouest avant de voir s’en fléchir vers le Nord. 

 

Le sol de la région de Kamina sont de nature sableuse et argileuse. Au Nord de la ville sur le plateau,  la végétation est principalement constituée de hautes herbes et d’arbustes dissimulés à proximité de l’usine de la REGIDESO, au Nord-Est de la base militaire, la végétation est relativement plus haute, sans toutefois pouvoir être considérée comme boisée. Le climat est Sub équatorial et connaît une alternance de saisons sèche et des pluies. La température moyenne annuelle de la cité oscille autour de 20 à 25°C.

 

III.4 SITUATION ADMINISTRATIVE

 

La ville de Kamina est le chef-lieu du Territoire de Kamina et de la nouvelle province du Haut-Lomami. Elle compte 10 Quartiers fusionnés en trois communes (Kamina, Sobongo et Dimayi).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE IV. APPROCHES METHODOLOGIQUES

IV.1.  MATERIELS UTILISES

Pour réaliser cette étude, les matériels suivants ont été nécessaires :

-          L’ordinateur ;

-          Le modem ;

-          Le téléphone ;

-          Les papiers ;

-          Les stylos ;

-          L’argent.

 

IV.2. METHODE

IV.2.1. Types d’étude

 

Il s’agit d’une étude descriptive transversale prospective sur l’analyse de la gestion des médicaments dans les établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina.

IV.2.2. Population d’étude

 

Notre population d’étude a été constituée de tous les établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina.

IV.2.3.Echantillonnage et taille de l’échantillon

 

Pour choisir quelques unités parmi l'ensemble d'unités constituant notre population d’étude, l’échantillonnage aléatoire simple a été utilisé.

IV.2.3.1. Mode de sélection de l’échantillonnage

 

                        Pour constituer un échantillon aléatoire de 50 établissements pharmaceutiques sur un total de 105 établissements pharmaceutiques ; nous avions :

Ø  Constitué la liste de 105 établissements pharmaceutiques ;

Ø  Numéroté les noms des établissements pharmaceutiques  et inscrit les numéros sur des bouts de papier ;

Ø  Estimé la taille de l'échantillon : n = 50 ;

Ø  Introduit les 105 bouts de papier dans une  boîte et  bien mélanger. Tirer au sort 50 numéros. Les établissements pharmaceutiques  dont les noms correspondaient aux numéros tirés ont constitué l'échantillon.

 

IV.2.4. Critères de sélection des cas

-          Critères d’inclusion

Sont  inclus dans cette étude :

·         Tous les établissements pharmaceutiques ouverts au public de la ville de Kamina ;

·         Tous les établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina dont les propriétaires ont donné leur consentement libre pour participer dans l’étude ;

·         Tous les établissements pharmaceutiques qui ont fonctionné pendant notre période d’enquête.

-          Critères d’exclusion

Sont exclus de cette étude :

·         Tous les établissements pharmaceutiques ouverts au public qui sont en dehors de la ville de Kamina ;

·         Tous les établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina dont les propriétaires n’ont pas donné leur consentement libre ;

·         Tous les établissements pharmaceutiques qui étaient fermés pendant notre période d’enquête.

 

IV.2.5. Plan de traitement des données

 

Les données collectés ont été encodées et analysées à l’aide du logiciel SPSS. Le logiciel Microsoft Excel nous a été utile lors de la présentation des résultats sous formes des figures.

IV.2.6. Technique de collecte des données

 

Pour collecter les données, nous nous sommes servies de la technique d’entretien direct enrichi par un questionnaire préétabli et pré-testé.

 

IV.2.7. Variables retenues 

 

I.                   Caractéristiques sociodémographiques

1.      Age

2.      Sexe

3.      Ancienneté dans la carrière

4.      Possession  d’une tenue adaptée pour le personnel 

5.      Formation du personnel sur la gestion des médicaments 

 

II.                Principales sources d’approvisionnement en médicaments

6.      Les fournisseurs en médicaments 

7.      Moyen de transport utilisé pour s’approvisionner en médicament

 

III.             Cycle logistique des médicaments

 

8.      Présence  d’une climatisation appropriée dans l’établissement

9.      Possession  d’un frigo

10.  Possession  d’un réfrigérateur

11.  Stockage des médicaments dans l’établissement

12.  Inventaire régulier des médicaments

13.  Mode de paiement des médicaments

14.  Mode de livraison des médicaments aux acheteurs

15.  Dispositions prises pour éviter les ruptures et les surtockages des médicaments

16.  Rangement des médicaments sur les étagères 

 

IV.              Conformité de l’infrastructure des établissements pharmaceutiques enquêtés par rapport aux normes minimales établies par l’OMS.

 

17.  Superficie du bâtiment  de l’établissement  pharmaceutique ;

18.  Comptoir vitré

19.  Possession d’une bibliothèque comprenant quelques ouvrages tels que : Pharmacopées, Dictionnaires Pharmaceutiques, Dictionnaire Médical et autres ;

20.  présence d’une installation hygiénique propre.

IV.2.8. Les aspects éthiques

Avant la décente sur terrain, nous aurons la permission auprès des autorités académiques. Sur terrain, avant le contact avec les différents établissements pharmaceutiques, nous aurons également la permission auprès du maire de la ville. Avant d’enquêter, nous commencerons à expliquer le bien-fondé de notre enquête pour avoir le consentement libre et éclairé. Il est à noter que le respect et la confidentialité seront également garantis.

 

IV.2.9. Considérations éthiques

Avant la décente sur terrain, nous avions eu la permission auprès des autorités académiques. Sur terrain, avant le contact avec les différents établissements pharmaceutiques, nous avions eu également la permission auprès du maire de la ville. Avant d’enquêter, on commençait par l’explication du bien-fondé de notre enquête pour avoir le consentement libre et éclairé. Il est à noter que le respect et la confidentialité ont été également garantis.  

 

IV.2.10. Difficultés rencontrées

 

-      Coupure intempestive du courant électrique causant un retard de l’informatisation du travail ; Pour contourner les difficultés relatives au courant électrique, nous avons été obligées d’utiliser un esprit managérial (c’est-à-dire, chercher un endroit où nous pouvons trouver même le groupe électrogène).

-      Insuffisance des ressources financières. Quant à ce qui concerne les difficultés d’ordre financier, les soutiens des tiers nous ont permis de les surmonter.

-      Certains propriétaires d’établissements pharmaceutiques ont jugé notre présence superflue  et n’ont pas voulu nous accorder le temps pour la réalisation de  l’enquête, prétextant que nous étions des espions de l’état. Pour pallier à cette difficulté, parfois nous étions obligés de présenter notre fiche d’autorisation de recherche visée par l’autorité de l’école de santé publique.

 

 

CHAPITRE V. PRESENTATION ET INTERPRETATION DES RESULTATS

5.1. CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES

5.1.1. Age du personnel de l’établissement pharmaceutique

Tableau I. Répartition du personnel selon les tranches d’âge

 

TRANCHES D’AGE

Fréquence

Pourcentage

<=25

3

6,6

>25 – 45

27

53,3

>45 – 65

20

40,0

Total

50

100,0

 

Il ressort de ce tableau que les sujets dont l’âge se situe entre 25-45 ans sont les plus représentés dans notre étude avec 53,3% ; près de 40% de sujets se trouvent dans la tranche d’âge de 45 à 65 ans ; alors que 6,6% de sujets étaient de moins de 24 ans.

 

5.1.2. Sexe du personnel de l’établissement pharmaceutique

 

Tableau II. Répartition du personnel selon le sexe

 

Sexe

Fréquence

Pourcentage

Masculin

36

72,0

Féminin

14

28,0

Total

50

100,0

 

Le passage en revue de ce tableau nous montre que, parmi les 50 sujets enquêtés 72% étaient du sexe masculin et que 28% étaient du sexe féminin.

 

 

 

 

 

5.1.3.      Ancienneté dans la carrière

Tableau III. Répartition du personnel selon l’ancienneté dans la carrière

 

Ancienneté

Fréquence

Pourcentage

<5 ans

24

48

≥5 ans

26

52

Total

50

100

 

La lecture de ce tableau nous montre que près de la moitié de sujets enquêtés soit 52% avaient une ancienneté supérieure ou égale à 5 ans dans la carrière contre 48% qui en avaient inférieure à 5 ans.

 

5.1.4.      Possession  d’une tenue adaptée pour le personnel

 

Tableau IV. Répartition du personnel selon la possession  d’une tenue adaptée pour le personnel 

 

Possession de la tenue adaptée

Fréquence

Pourcentage

Oui

32

64,0

Non

18

36,0

Total

50

100,0

 

Ce tableau nous fait preuve que sur un total de 50 sujets enquêtés 64% possédaient une tenue adaptée pour la vente des médicaments dans établissement pharmaceutique contre 36% qui n’en possédaient pas.

 

 

 

 

5.1.5.      Formation du personnel sur la gestion des médicaments

Tableau V. Répartition du personnel selon la formation sur la gestion des médicaments

 

Formation sur la gestion des médicaments

Fréquence

Pourcentage

Oui

36

72,0

Non

14

28,0

Total

50

100,0

 

Au regard de ce tableau, nous constatons que sur un total de 50 sujets ayant constitué notre échantillon, 72% ont accepté d’avoir reçu une formation sur la gestion des médicaments, alors que 28% ont dit le contraire.

 

5.2.PRINCIPALES SOURCES D’APPROVISIONNEMENT EN MEDICAMENTS

 

5.2.1.      Fournisseurs en médicaments

 

Tableau VI. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon les fournisseurs en médicaments

 

Fournisseurs en médicaments

Fréquence

Pourcentage

Shalina

15

30,0

Sifapharma

16

32,0

Zenuphar

2

4,0

Biopharma

4

8,0

Autres fournisseurs

13

26,0

Total

50

100,0

 

Il ressort de cette étude que les principaux fournisseurs d’établissements pharmaceutiques de la ville de Kamina restent : Sifapharma avec 32% ; suivi de Shalina avec 30% ; alors que Zenuphar n’était représenté que dans 4%.

 

 

5.2.2.      Moyen de transport utilisé pour s’approvisionner en médicament

 

La lecture de cette figure montre que parmi les 50 établissements pharmaceutiques visités, plus de la moitié soit 64% utilisent le camion comme moyen de transport pour s’approvisionner en médicament ; 20% utilisent le train tandis que 16% utilisent la moto.

 

 

Fig 1. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon les moyens de transport utilisé pour s’approvisionner en médicament.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5.3.CYCLE LOGISTIQUE DES MEDICAMENTS

 

5.3.1.      Présence  d’une climatisation appropriée dans l’établissement

 

Tableau VII. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon la présence d’une climatisation appropriée

 

Climatisation appropriée

Fréquence

Pourcentage

Oui

10

20,0

Non

40

80,0

Total

50

100,0

 

Au vu de ce tableau, il est clair que 80% d’établissements pharmaceutiques visités n’ont pas une climatisation appropriée tandis que 20% ont dit qu’ils en ont.

 

 

5.3.2.      Possession d’un frigo

 

Tableau VIII. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon la possession d’un frigo

 

Possession d’un frigo

Fréquence

Pourcentage

Oui

10

20,0

Non

40

80,0

Total

50

100,0

 

 

 

Par rapport à la possession d’un frigo, ce tableau fait preuve que 80% d’établissements pharmaceutiques visités ont déclaré de ne pas posséder un frigo contre 20% qui ont dit le contraire.

 

 

 

5.3.3.      Possession d’un réfrigérateur

 

Tableau IX. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon la possession d’un réfrigérateur

Possession réfrigérateur

Fréquence

Pourcentage

Oui

4

8,0

Non

46

92,0

Total

50

100,0

 

Au regard de ce tableau, nous notons que 92% d’établissements pharmaceutiques visités n’ont pas un réfrigérateur contre 8% qui ont déclaré d’en avoir.

 

5.3.4.      Mode de stockage des médicaments dans l’établissement

 

A la lumière de cette figue, nous remarquons que le principal mode de stockage des médicaments dans notre milieu reste l’étagère avec 92% alors que l’armoire n’était utilisée que dans 8%.

Fig2. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon le mode de stockage des médicaments dans l’établissement

 

 

5.3.5.      Inventaire régulier des médicaments

 

Tableau X. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon l’inventaire régulier des médicaments

 

Inventaire régulier des médicaments

Fréquence

Pourcentage

Oui

44

88,0

Non

6

12,0

Total

50

100,0

 

Au vu de ce tableau, nous notons que 88% d’établissements pharmaceutiques font l’inventaire régulier des médicaments alors que seulement 12% ne font pas ce dernier.

                                                                

5.3.6.      Mode  de payement des médicaments

 

Tableau XI. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon le mode de payement des médicaments

Mode  de payement des médicaments

Fréquence

Pourcentage

Payement par cash

26

52,0

Cash-crédit

24

48,0

Total

50

100,0

 

Au vu de ce tableau, nous notons que 52% d’établissements pharmaceutiques visités ont pour mode de payement de médicament, le payement par cash tandis que 48% d’établissements pharmaceutiques visités payent par crédit.

 

 

 

 

 

 

5.3.7.      Mode de livraison des médicaments aux acheteurs

 

Tableau XII. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon le mode de livraison des médicaments aux acheteurs

Mode de livraison des médicaments aux acheteurs

Fréquence

Pourcentage

Sur prescription médicale

14

28,0

Avec ou sans prescription médicale

36

72,0

Total

50

100,0

 

Le passage en revue de ce tableau nous montre que 72% d’établissements pharmaceutiques visités font la livraison avec ou sans prescription médicale alors que 28% livrent les médicaments sur prescription médicale.

 

5.3.8.      Dispositions prises pour éviter les ruptures et les surtockages des médicaments

Tableau XIII. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon les dispositions prises pour éviter les ruptures et les surtockages des médicaments

Disposition prises pour éviter les ruptures et les surtockages

Fréquence

Pourcentage

Passez à la commande à temps

36

72,0

Disposez d'un moyen de transport indépendant

2

4,0

Avoir beaucoup d'abonnés

12

24,0

Total

50

100,0

 

Par rapport aux dispositions prises pour éviter les ruptures et les surtockages des médicaments ; 72% d’établissements pharmaceutiques visités passent à la commande à temps tandis que 4% disposent d’un moyen de transport indépendant.

 

 

 

5.3.9.      Méthodes de rangement des médicaments sur les étagères

 

Tableau XIV. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon les méthodes de rangement des médicaments sur les étagères

Méthodes de rangement des médicaments sur les étagères

Fréquence

Pourcentage

La méthode FEFO

28

56,0

La méthode LIFO

14

28,0

Par ordre alphabétique

8

16,0

Total

50

100,0

 

Pour ce qui concerne les méthodes de rangement des médicaments sur les étagères ; 56% d’établissements pharmaceutiques visités font recourt à la méthode FEFO alors que 16% rangent les médicaments par ordre alphabétique. 

 

5.4.Conformité de l’infrastructure des établissements pharmaceutiques enquêtés par rapport aux normes minimales établies par l’OMS.

 

5.4.1.      Superficie du bâtiment de l’établissement pharmaceutique

 

Tableau XV. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon la superficie du bâtiment

 

Superficie du bâtiment de l’établissement pharmaceutique

Fréquence

Pourcentage

Supérieur ou égal à 45m2

2

4,0

Inferieur à 45m2

48

96,0

Total

50

100,0

 

Au de ce résultat, nous disons que la plupart d’établissement pharmaceutiques visités soit 96% ont des bâtiments qui ont une superficie inférieur à 45m² alors que seulement 4% en ont supérieur ou égal à 45m².

 

 

5.4.2.      Comptoir vitré

 

Au regard de cette figure, nous constatons que 68%           d’établissements pharmaceutiques visités avaient un comptoir vitré alors que 32%n’avaient pas.

 

 

 

Fig3. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon la présence d’un comptoir vitré

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5.4.3.      Possession d’une bibliothèque comprenant quelques ouvrages tel que : la pharmacopée, dictionnaire pharmaceutique, etc.

 

Tableau XVI. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon la possession d’une bibliothèque comprenant quelques ouvrages tel que : la pharmacopée, dictionnaire pharmaceutique

 

Possession d’une bibliothèque

Fréquence

Pourcentage

Oui

10

20,0

Non

40

80,0

Total

50

100,0

 

De ce tableau, nous tontons que la plupart d’établissements pharmaceutiques visités soit 80% ne possèdent pas d’une bibliothèque comprenant quelques ouvrages tels que la pharmacologie, le dictionnaire pharmaceutique etc. contre seulement 20% qui en possèdent.

 

5.4.4.      présence d’une installation hygiénique propre

 

Tableau XVII. Répartition d’établissements pharmaceutiques selon la présence        d’une installation hygiénique propre

Installation hygiénique propre

Fréquence

Pourcentage

Non

Total

50

50

100,0

100,0

 

Il ressort de ce tableau que tous les 50 établissements pharmaceutiques visités soit 100% de ces derniers ont au moins une installation hygiénique propre.

 

 

 

CHAPITRE V. DISCUSSION DES RESULTATS

 

La gestion des médicaments au sein des établissements pharmaceutiques constitue un sérieux problème à l’heure actuelle nécessitant des enquêtes qualitatives et quantitatives approfondies.

Les résultats de cette étude montrent que les sujets dont l’âge se situe entre 25-45 ans étaient les plus représentés avec 53,3%. Ces résultats pourraient s’expliquer par le fait que c’est la tranche d’âge la plus économiquement active d’où, à cet âge, tout individu cherche un emploi pour subsister. Nos résultats se rapprochent à ceux trouvés au Nigéria par ALIKALI SYMWANGE, qui stipule que la plupart de travailleurs d’établissement pharmaceutique se situent dans une fourchette de 20 à 45 ans.

Parmi les 50 sujets enquêtés, 72% étaient du sexe masculin et que 28% étaient du sexe féminin. Nos résultats peuvent s’expliquer par le fait que, dans la culture africaine, la femme doit rester à la maison faire les activités ménagères que d’aller au service quel que soit ses compétences et ses expériences. Nos résultats s’apparentent à ceux trouvés au Burundi par Guillaume NGEBDE dans son étude sur l’évaluation des connaissances des vendeurs d’établissements pharmaceutiques sur la gestion des médicaments, où environs 76% de vendeurs enquêtés étaient du sexe masculin.

Sur un total de 50 sujets enquêtés 64% possédaient une tenue adaptée pour la vente des médicaments dans établissement pharmaceutique contre 36% qui n’en possédaient pas. Nos résultats pourraient s’expliquer par le fait que la plupart de sujets ayant constitué notre échantillon ont déjà reçu une formation sur la gestion des médicaments où l’on enseigne des nouvelles normes telles que le port d’une tenue adaptée à la vente des médicaments dans établissement pharmaceutique. Selon l’organisation mondiale de la santé, chaque vendeur des produits pharmaceutiques doit être muni d’une tenue appropriée à la vente des médicaments.

S’agissant de la formation sur la gestion des médicaments ; 72% de sujets ont accepté d’avoir reçu une formation sur la gestion des médicaments, alors que 28% ont dit le contraire. Cette situation pourrait s’expliquer  tout simplement par le fait que, de nos jours, chaque promoteur et/ou employé a l’intérêt d’avoir un personnel hautement qualifié dans l’accomplissement de ses tâches en lui offrant la chance de participer dans diverses formations et divers recyclage. Contrairement aux résultats de DAVID DIANGANZI, qui, en 2008  dans son étude sur  l’état de lieux de la gestion des médicaments dans les zones de santé couvertes par la CDR CAAMEBO avait relevé que, 66% d’agents de santé concourant à la gestion des médicaments dans les structures n’ont jamais reçu une formation en cette matière.

La lecture de ce tableau montre que parmi les 50 établissements pharmaceutiques visités, plus de la moitié soit 64% utilisent le camion comme moyen de transport pour s’approvisionner en médicament ; 20% utilisent le train tandis que 16% utilisent la moto. La prédominance des camions peut s’expliquer par le fait que le camion est un moyen de transport le moins coûteux et le plus rapide et le plus sûr. Selon la page officielle du Congo Média, la plupart de commerçant Katangais ne font pas recourt au train (Chemin de fer) pour l’importation et l’exportation des marchandises pour deux (2) raisons : la première est le fait que les marchandises font au minimum 6 mois pour arriver à la destination et la deuxième raison s’explique par la présence de beaucoup de formalités à remplir, notamment la demande de Wagon, la taxation, la pèse etc. notre résultat est proche de celui de MADIKA MPYANA dans son étude menée à Mwen-ditu où la plupart de commerçants soit 68,3% utilisaient le camion pour s’approvisionner en médicaments en 2009.

 Pour ce qui concerne climatisation appropriée dans les établissements pharmaceutiques de Kamina, il a été constaté que 80% d’établissements pharmaceutiques visités n’ont pas une climatisation appropriée tandis que 20% ont dit qu’ils en ont. Ceci montre d’une manière ou d’une autre la mauvaise gestion des médicaments car selon SHANXI LIANGANG,  tout établissement pharmaceutique doit avoir une climatisation appropriée car les médicaments doivent être conservés dans un endroit frais et sec. En tenant compte des résultats de PABLO GOTTRET et Alvine Mougba, nous nous rendons compte que les autres auteurs ont trouvé les mêmes résultats que nous ; ces deux (2) auteurs, ont révélé que seulement 15% d’établissements pharmaceutiques Sénégalais disposent d’une climatisation ou ventilation appropriée.

Par rapport à la possession d’un frigo, cette étude fait preuve que 80% d’établissements pharmaceutiques visités ont déclaré de ne pas posséder un frigo contre 20% qui ont dit le contraire. Et pourtant, le manque d’un frigo dans un établissement pharmaceutique reste considéré comme un problème grave dans la gestion des médicaments, car il y a d’autres produits qui nécessitent d’être conservés dans une température de +2°C à  8°C. Nos résultats sont similaires aux résultats de Gorges LUSAKA qui a aussi trouvé que la plupart d’officines pharmaceutiques ouvertes au public soit 84,39% ne possèdent pas d’un frigo au Sud-Kivu.

 

Au vu de cette étude, nous notons que 88% d’établissements pharmaceutiques font l’inventaire régulier des médicaments alors que seulement 12% ne font pas ce dernier. Selon une enquête conduite par l’organisation mondiale de la santé sur l’analyse du système d’approvisionnement en médicaments essentiels de la République du Congo stipule que des inventaires de stock de l’ensemble des produits sont réalisés de façon régulière dans plusieurs établissements congolais. Nos résultats pourraient s’expliquer par le fait qu’une grande partie des vendeurs des médicaments dans notre milieu d’étude ont déjà reçu une formation sur la gestion des médicaments.

 

Au de ce résultat, nous disons que la plupart d’établissement pharmaceutiques visités soit 96% ont des bâtiments qui ont une superficie inférieur à 45m² alors que seulement 4% en ont supérieur ou égal à 45m². Selon le recueil des normes sanitaires Tome I, édité en juillet 1999 par le ministre de la santé publique (pages 138 et 139), une superficie de 113m² est nécessaire pour le six pièces nécessaires au bon fonctionnement d’une pharmacie interne d’hôpital, à savoir : une Salle de stockage de 20m², une salle de distribution et de dispensation de 20m², un bureau du pharmacien responsable de 12m² et un bureau des pharmaciens assistants de 9m². Néanmoins, il y a paru plus sensé de s’en tenir aux normes de l’officine pharmaceutique ouvertes au public requérant un minimum de 3 pièces soit une superficie minimale de 45m² dont : une salle  de délivrance (20m²), une salle de stockage plus laboratoire (16m²) et un bureau de pharmacien (9m²). Alors que DAVID DIANGANZI a démontré qu’au terme de l’évaluation, qu’au lieu de trois ou de six pièces, tous les établissements n’utilisent qu’une seule structure pour le stockage, la délivrance des médicaments et le bureau administratif de la pharmacie pour une superficie moyenne de 21m² ; excepté l’hôpital général de référence où le chercheur avait trouvé en moyenne deux locaux dont l’un servait de salle de stockage et l’autre de salle d’attente et on arrive à trois mois de délivrance des médicaments en même temps que le bureau administratifs de la pharmacie avec respectivement une superficie de 30m² et 17m².

 

52% d’établissements pharmaceutiques visités ont pour mode de payement de médicament, le payement par cash tandis que 48% d’établissements pharmaceutiques visités payent par crédit. Ces résultats se rapprochent à ceux de Guest Blogger qui avait aussi trouvé que plus de la moitié d’établissements pharmaceutiques paient les médicaments par cash. Selon Dénis Clerc, le paiement des produits pharmaceutiques par cash est certainement la solution la plus simple et la moins coûteuse puisqu’il permet de devenir propriétaire des produits sans avoir être importuné par le fournisseur. Ceci peut être témoins de nos résultats. 

 

72% d’établissements pharmaceutiques visités font la livraison avec ou sans prescription médicale alors que 28% livrent les médicaments sur prescription médicale. Selon les données IMS Pharmastat, le marché des médicaments sans prescriptions ou sans ordonnance pèse en république démocratique du Congo. Comme preuve, les produits pharmaceutiques sont vendus sans prescription dans le Nord-Kivu. Et pourtant, cette pratique accroit le risque d’automédication. Au Kasaï, 90,3% d’officine pharmaceutiques vendent des médicaments sans ordonnance ; la population, pour sa part, s’accroche à cette pratique et la justifie par le manque de moyens suffisants pour aller consulter un médecin en vue d’une prescription médicale. Elle préfère le chemin le plus court : aller tout droit chez les pharmaciens.  Ceci peut sans doute justifier nos résultats.

 

Pour ce qui concerne les méthodes de rangement des médicaments sur les étagères ; 56% d’établissements pharmaceutiques visités font recourt à la méthode FEFO alors que 16% rangent les médicaments par ordre alphabétique.  Selon CHRISTINE .L, pour le rangement de médicaments, la méthode à privilégier est celle de la sortie à la date (FEFO). La plupart des produits médicaux possèdent de dates d'expiration ; cela équivaut à leur durée de vie. Tout produit qui a une date d'expiration doit sortir du stock selon le principe ou méthode FEFO (First Expirity, First Out - Premier Périmé, Premier à Servir). Pour faciliter le principe FEFO, si pour un même article il existe diffèrent numéro de lots, s'assurer que les lots des produits qui expirent en premier soient placés sur le devant de l'étagère.

 

 

De cette étude, nous notons que la plupart d’établissements pharmaceutiques visités soit 80% ne possèdent pas d’une bibliothèque comprenant quelques ouvrages tels que la pharmacologie, le dictionnaire pharmaceutique etc. Et pourtant, la bibliothèque pharmaceutique sert de rappel constant et contribue à former les nouvelles idées et perspectives à la base des sociétés créatives et innovantes, elle permet également à garantir un enregistrement authentique des connaissances. Contrairement à l’étude menée par Michel Raul au Québec, l’un des pays développés, il a été constaté que près de 80% d’établissements pharmaceutiques possédaient au moins une bibliothèque pharmaceutique en 2015. Nos résultats pourraient s’expliquer tout simplement par le manque d’intérêt qu’ont les promoteurs sur cette matière. 

 

Il ressort de ce tableau que tous les 50 établissements pharmaceutiques visités soit 100% de ces derniers ont au moins une installation hygiénique propre. Ces résultats sont réciproques avec ceux de KAFEKE YEMA, où 100% d’officines pharmaceutiques ouvertes au public possédaient une installation hygiénique adéquate à GOMA. Nos résultats sont supérieurs à ceux de Deepa Joshi, qui, dans son étude menée à Burundi avait révélé que 94% d’établissements pharmaceutiques possédaient au moins une installation hygiénique propre. Nos résultats pourraient s’expliquer par la fréquence d’inspection faite sur l’hygiénique et l’assainissement dans notre province par la brigade sanitaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2.     CONCLUSION ET SUGGESTIONS

 

En guise de conclusion et conformément à nos objectifs, notre étude vient de mettre en évidence que la gestion des médicaments au sein des établissements pharmaceutiques en République Démocratique du Congo d’une façon générale et dans la ville de Kamina d’une manière particulière, est encore un problème sérieux qui nécessite des interventions pour une amélioration adéquate.

En effet, dans notre étude nous avons eu l’occasion de tirer les conclusions suivantes : Sur un total de 50 sujets enquêtés 64% possédaient une tenue adaptée pour la vente des médicaments dans établissement pharmaceutique ; 72% de sujets ont accepté d’avoir reçu une formation sur la gestion des médicaments ; plus de la moitié soit 64% utilisent le camion comme moyen de transport pour s’approvisionner en médicament ; 80% d’établissements pharmaceutiques visités n’ont pas une climatisation appropriée ; 80% d’établissements pharmaceutiques visités ont déclaré de ne pas posséder un frigo ; 88% d’établissements pharmaceutiques font l’inventaire régulier des médicaments ; la plupart d’établissement pharmaceutiques visités soit 96% ont des bâtiments qui ont une superficie inférieur à 45m² ; 72% d’établissements pharmaceutiques visités font la livraison avec ou sans prescription médicale ; 56% d’établissements pharmaceutiques visités font recourt à la méthode FEFO ; 80% d’établissements ne possèdent pas d’une bibliothèque comprenant quelques ouvrages tels que la pharmacologie, le dictionnaire pharmaceutique etc.

 

Vu la gravité de la situation et l’importance de l’amélioration de la gestion des médicaments au sein des établissements pharmaceutiques, nous suggérons ce qui suit:

v  Au gouvernement central :

-       Réhabiliter et implanter la faculté de pharmacie dans toutes les universités officielles étatiques ;

-       Augmenter la part relative au budget de l’état accordée au secteur de la santé publique en vue d’améliorer la gestion des ressources sanitaires.

v  Aux autorités politico-administratives et sanitaires de la province du Haut Lomami :

-       D’organiser les formations et recyclages à l’intention des vendeurs d’établissements pharmaceutiques ;

-       Multiplier et rendre disponibles les outils de gestions aux détenteurs d’établissements pharmaceutiques ;

-       Superviser régulièrement les structures pour faire respecter les procédures de gestion des médicaments ainsi que la tenue régulière des outils de gestion.

 

 

v  Aux propriétaires d’officines pharmaceutiques :  

-       Rendre disponible une tenue appropriée aux personnels de la     pharmacie et établir  un contrat  avec un établissement médical pour la prise en charge de son personnel;

-       Rendre disponible un réfrigérateur, in frigo, trois thermomètres, un hygromètre et les outils liés à leurs remplissage ;

-       Emettre à chaque délivrance d’un produit un conseil  sur le médicament livré;

-       Etre en possession du livre de la politique nationale de la   réglementation pharmaceutique en RDC et d’un dictionnaire médical.

 

v  Aux autres chercheurs :

-       D’approfondir cette étude en menant d’autres de type analytique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3.     REFERENCES

 

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SHANXI LIANGANG (2010). Analyse des conditions ergonomiques, climatiques dans la gestion des produits pharmaceutiques.

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WEMBONYAMA (2017). Management, notes de cours, G2 et pré licence ; Santé publique, UNIKMA, Inédit. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4.     Table des matières

 

EPIGRAPHE………………………………………………………………………………………  I

DEDICACE……………………………………………………………………………………….. II 

AVANT-PROPOS………………………………………………………………………………….III

LISTE D’ABREVIATIONS……………………………………………………………………… IV 

RESUME..…………………………………………………………………………………………  V

0.    INTRODUCTION.. 1

0.1.     ETAT DE LA QUESTION.. 1

0.2.     PROBLEMATIQUE.. 4

0.3.     OBJECTIFS DE L’ETUDE.. 7

0.3.1.      Objectif général 7

0.3.2.      Objectifs spécifiques. 7

0.4.     CHOIX ET INTERET DU SUJET. 7

0.4.1.      Choix du sujet 7

0.4.2.      Intérêt du sujet 8

0.5.     METHODOLOGIE DU TRAVAIL.. 8

0.6.     DELIMITATION TEMPORO- SPATIALE.. 9

0.7.     SUBDIVISION DU TRAVAIL.. 9

CHAPITRE I. DEFINITION DES CONCEPTS CLES. 11

CHAPITRE II. GENERALITES SUR LA GESTION DES MEDICAMENTS. 14

II.1  LE CYCLE D’APPROVISIONNEMENT. 14

II.1.1 LA SELECTION DES MEDICAMENTS. 14

Introduction. 14

II.1.1.1.  LES CRITERES DE SELECTION DES MEDICAMENTS : 15

II.1.1.2.  LISTE STANDARD DES MEDICAMENTS ESSENTIELS. 15

II.1.1.3.  LE SYSTEME V.E.N.. 15

II.1.1.4.  ESTIMATION DES BESOINS EN MEDICAMENTS. 16

II.1.2.  ACQUISITION DES MEDICAMENTS. 17

II.1.2.1. IDENTIFICATION DES FOURNISSEURS. 17

II.1.2.1.1. Source D’approvisionnement 17

II.1.2.1.2. Choix du fournisseur 18

II.1.2.1.3. Critères de sélection du fournisseur 18

II.1.3 DISTRIBUTION DES MEDICAMENTS. 20

II.1.4 L’UTILISATION.. 25

II.2. NORMES MINIMALES POUR TOUT ETABLISSEMENT   PHARMACEUTIQUE.. 25

CHAPITRE III. PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE.. 27

III.1 BREF  HISTORIQUE DE LA VILLE DE KAMINA.. 27

III.2. SITUATION DEMOGRAPHIQUE.. 28

III.3. SITUATION GEOGRAPHIQUE.. 28

III.4 SITUATION ADMINISTRATIVE.. 29

CHAPITRE IV. APPROCHES METHODOLOGIQUES. 30

IV.1.  MATERIELS UTILISES. 30

IV.2. METHODE.. 30

IV.2.1. Types d’étude. 30

IV.2.2. Population d’étude. 30

IV.2.3.Echantillonnage et taille de l’échantillon. 30

IV.2.3.1. Mode de sélection de l’échantillonnage. 30

IV.2.4. Critères de sélection des cas. 31

IV.2.5. Plan de traitement des données. 31

IV.2.6. Technique de collecte des données. 31

IV.2.7. Variables retenues. 32

IV.2.8. Les aspects éthiques. 33

IV.2.9. Considérations éthiques. 33

IV.2.10. Difficultés rencontrées. 33

CHAPITRE V. PRESENTATION ET INTERPRETATION DES RESULTATS. 34

CHAPITRE V. DISCUSSION DES RESULTATS. 45

1.    CONCLUSION ET SUGGESTIONS. 50

2.    REFERENCES. 52

3.    TABLE DES MATIERES. 55

 

 

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