Bonjour, nous sommes le 21/11/2018 et il est 07 h 30.

L’Afrique a été secouée par des situations faisant état de la volonté de certains chefs d’état, de changer la constitution pour se maintenir au pouvoir au-delà du délai prévu par la constitution. Ces dernières années, ce scénario a été employé dans au moins huit pays, où certains présidents sont aux affaires depuis plus des dizaines d'années : Algérie, Tchad, Cameroun, Togo, Gabon, Guinée Equatoriale, Angola, Ouganda, Djibouti. Et d'autres, comme Pierre Nkurunziza qui a modifié la constitution au Burundi, Denis Sassou-Nguesso au Congo, Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) ou Paul Kagamé au Rwanda, suspectés par la société civile et l’opposition de vouloir le faire en 2015.


Après le Cameroun, le Tchad, l’Angola et l’Ouganda, une nouvelle vague de modifications constitutionnelles est annoncée sur le continent africain. Les arguments utilisés pour justifier ces mesures sont invariables : le besoin de stabilité, la nécessité de poursuivre une œuvre inachevée et la réponse à une demande populaire .



Les partis politiques de l’opposition, la société civile et les mouvements citoyens sont montés au créneau pour dénoncer la volonté des chefs de l’état en exercice de vouloir modifier les articles les empêchant de briguer un nouveau mandat. Les supputations, les témoignages, les réalités, les suspicions, les analyses,… relatifs à la révision constitutionnelle ont été rapportés par les médias internationaux, acteur de l’espace international.



La société civile, l'opposition et l'Eglise catholique mènent la fronde contre le président Pierre Nkurunziza. Des manifestations réunissent dans les rues de Bujumbura ceux qui s’opposent au troisième mandat de Nkurunziza. L’entêtement du président a même poussé une partie de l’armée à mener un coup d’état étouffé par les militaires restés fidèles au régime en place.



D’après Luc Bonneville, Sylvie Grosjean et Martine Lagacé , les recherches qualitatives visent la compréhension d’un phénomène pris dans son contexte et se caractérisent par leur ouverture sur le monde, par leur capacité à décrire un phénomène dans toute sa complexité, par leur souplesse et par leur capacité à combiner différentes techniques de collecte de données (entrevue, observation, groupe de discussion et analyse de documents).



Pour les mêmes auteurs, la recherche qualitative repose sur un raisonnement inductif et la démarche de recherche se veut souple et itérative. Le chercheur se trouve alors dans un positionnement intellectuel visant la compréhension d’un phénomène (comme l’émergence d’un sentiment d’appartenance) et il accordera une attention toute particulière aux données qualitatives, c’est-à-dire qu’il cherchera à comprendre les significations des actions auprès des sujets concernés. Autrement dit, le chercheur qualitatif étudie le contexte écologique dans lequel évoluent les personnes et il s’attache à la signification sociale attribuée par le sujet au monde qui l’entoure. Ainsi, la spécificité fondamentale des recherches qualitatives vient de leur inscription dans un paradigme compréhensif .

Notre question générale de recherche se structure comme suit : Comment la presse Internationale cadre-t-elle les crises politiques africaines ?



Le travail portant sur le cadrage des évènements ont été réalisés à l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC). Nous en retenons celui de Carnitha Fatuma Mbemba intitulé le cadrage des funérailles de Nelson Mandela par l’hebdomadaire Jeune Afrique présentée en 2014. L’auteur est partie de la question de recherche suivante : Quel cadrage de funérailles de Nelson Mandela l’hebdomadaire de Jeune Afrique a t-il utilisé ? Elle a émis l’hypothèse selon laquelle le choix d’un cadrage journalistique se fonde sur les variables culturelles, historiques, politiques, économique et temporelles. Elle a recouru à la méthode d’étude de cas et aux techniques d’observation, d’analyse des documents et d’entretien pour appuyer cette étude de cas. Elle est parvenue à la conclusion selon laquelle le cadrage des funérailles de Nelson Mandela par l’hebdomadaire jeune Afrique est généralement élogieux.



L’originalité de notre travail réside dans le fait que nous nous intéressons au cadrage de la crise burundaise par l’hebdomadaire International Jeune Afrique.





Pasteur et ex-chef rebelle, le Burundais Pierre Nkurunziza n’est pas arrivé à briser le verrou constitutionnel des deux mandats, mais l’interprétation des textes lui offre l’espace nécessaire pour concourir à un troisième quinquennat en 2015. Sa première élection en 2005 s’est faite devant les parlementaires et non au suffrage universel comme l’impose la Constitution.



L’actuel président burundais a été élu en 2005, et a été réélu en 2010. Le 25 avril 2015, il annonce qu'il se présente à l'élection présidentielle burundaise de 2015, qui devrait se tenir le 26 juin 2015, pour un troisième mandat consécutif. Le 5 mai, la Cour constitutionnelle a validé cette candidature. Cette décision est controversée1. Son vice-président, dénonçant « des pressions énormes et même des menaces de mort», a démissionné et s'est enfui.



Par ailleurs, le texte des Accords d'Arusha est on ne peut plus clair lorsqu'il prévoit à son article 7 : « [Le président] est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels » .

Notre problème spécifique de recherche tient au fait que nous ignorons le cadrage de l’Hebdomadaire International Jeune Afrique de la crise politique au Burundi. Nous posons la question spécifique de recherche suivante : Comment l’Hebdomadaire International Jeune Afrique a-t-il cadré la crise politique burundaise ?


II.2. Théorie de traitement de d’information

Nous évoquons la notion de la théorie de l’information ou le gatekeeping de Kurt Lewin.



Cette théorie découle du contrôle d’accès et le processus de filtrage des informations, par les entreprises de presse, avant leur publication. Elle met en évidence le rôle du sélectionneur dans le traitement des informations médiatiques.

Jean Lohisse reconnait qu’étant donné la limite de l’espace dans la presse écrite et du temps dans l’audio – visuel, les journalistes à publier ; c’est pour dire que devant une multitude rejeter et les quelles retenir pour la publication.

Par ce pouvoir décisionnel, il joue le rôle de contrôleur d’accès des informations dans l’organe de presse ; ce processus de contrôle est donc appelé Gatekeeping et la personne qui contrôle est le gatekeeper (contrôleur, sélectionneur, portier) .

La théorie de gatekeeping ou la sélection des nouvelles, qui est partie du psychologue américain Kurt Lewin a fait l’objet d’un nombre impressionnât de recherches et d’hypothèse en communication de masse.


II.1.1. Modèle de White

Ce modèle ressort de l’étude publiée en 1950 par l’auteur, alors professeur au département du journalisme de l’Université de Boston aux Etats Unis.

White s’est inspiré de la théorie de gatekeeping, initiée par Kurt Lewin, qu’il a tenté pour la première fois d’appliquer en communication médiatique, il constate que les canaux de transmission des informations comportent des aires de sélection dont la fonction principale est de filtrer les informations à diffuser.

Cette fonction est comparable à celle que Kurt Lewin appelle « gatekeeper » (portier ou gardien).

La préoccupation de David M. White est de comprendre les facteurs qui influencent la décision des sélectionneurs des informations dans les organes de presse, en fait, il cherche à savoir pourquoi le sélectionneur retient telle nouvelle et rejette telle autre en sa possession pour ce faire, David Manning White se lance dans une étude de cas.


II.1.2. Modèle d’Abraham Bass

Abraham Bass étudie le processus de circulation des nouvelles dans un article intitulé « Refining (the gatekeeper) Concept : à radio case study – 1969 » que l’on peut traduire par « redéfinir le concept de gardien : une étude de cas de la radio des nations – Unies » .

Dans le même article, il indique les étapes importantes de sélection des nouvelles dans une entreprise médiatique. Selon Abraham Bass, il existe deux niveaux de prise de décision dans la sélection des nouvelles : le niveau de la cueillette et celui du traitement, pour lui, la vraie sélection se situe au niveau de la cueillette.

Il va ainsi à l’encontre de D. white qui se place le principal centre de décision à l’étape du traitement c’est – à- dire du rédacteur en chef, à l’étape de la cueillette en effet, l’événement ou le fait brut est collecté par le reporter le reporter au niveau local avant d’être mis en forme.



C’est cette première copie qui sera transmise au niveau supérieur, cette nouvelle venant du reporter sera de nouveau remodèle au niveau de la rédaction avant d’être diffusée.

Selon Abraham Bass, l’étape de la collecte est décisive dans la sélection des nouvelles, étant donné qu’elle conditionne tout le travail en aval ; d’après ce modèle, celui qui collecte la nouvelle brute joue un rôle déterminant dans le processus de production des nouvelles dans un organe de presse, car un événement ne peut être traité ou diffusé que s’il est d’abord collecté .

En réalité, le modèle de Bass présente quelques faiblesses dont la plus importante est la négligence non seulement des contraintes liées aux entreprises d’information, mais aussi de l’effet de la rétroaction entre les différentes étapes de processus de production des informations.


II.1.3. Modèle de John T. MC Nelly

A la suite de White, John T MC Nelly reconnait l’existence et le rôle du sélectionneur dans le traitement des nouvelles en communication de masse. Mais, il affirme qu’entre l’événement (la nouvelle brute) et sa publication, il existe un processus complexe de transformation qui est les différentes étapes de traitement.



John T.MC Nelly met en évidence le fait qu’il n’existe, dans un organe de presse ni un seul sélectionneur ni une seule étape de sélection. Pour ce chercheur, un événement collecté est d’abord soumis à différentes personnes avant d’acquérir sa forme finale.

A chaque étape de son parcours, la nouvelle subit une transformation ; ce long processus de nivellement et d’assimilation des nouvelles conduit à la réorganisation du contenu en vue de son adaptation au contexte local de diffusion.

Le modèle de sélection de MC Nelly vient de corriger celui de David M. white il élargit le cercle des sélectionneurs et reconnait plusieurs étapes de traitement d’une nouvelle avant sa diffusion ; ce modèle reconnait également au sélectionneur non seulement le rôle de choisir ou de rejeter une nouvelle, mais aussi celui de modifier sa forme et son contenu .


II.1.4. Modèle de John Dimmick

Le modèle de John Dimmick considère l’entreprise de presse comme un système engagé dans des relations intrants – extrants avec son environnement.

Pour lui, le sélectionneur n’est pas une entité isolée, mais un système engagé dans des relations intrants–extrants avec son environnement.



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