Bonsoir, nous sommes le 19/04/2026 et il est 22 h 51.

INTRODUCTION

 

1.     Le choix et l’intérêt du sujet

 

Le phénomène «kuluna» constitue un danger permanent pour la sécurité des personnes et de leurs biens. Issus des familles pauvres, les jeunes communément appelés «kuluna» sèment la panique et la désolation au sein de la population. Munis de bouteilles, machettes, couteaux et autres armes blanches, les «kuluna» n’hésitent pas un seul instant pour blesser ou ravir les biens appartenant à des paisibles citoyens. Il suffit de faire la ronde de toutes les communes de la capitale congolaise pour se rendre compte de l’ampleur de ce phénomène tant décrié. Profitant de l’obscurité qui sévit dans beaucoup de communes de la ville de Kinshasa, ces jeunes désœuvrés ravissent de l’argent, des téléphones, des bijoux et autres biens précieux de passants.

Depuis quelque temps, le phénomène «kuluna» a pris des dimensions inquiétantes à Kinshasa, voire en provinces. Pour un lendemain meilleur, son éradication est plus qu’indispensable. Considéré comme une bombe à retardement, le phénomène «kuluna» mérite une attention particulière des autorités congolaises.

 

Les habitants de plusieurs communes de la ville province de Kinshasa décrient l’ampleur que prend le banditisme dans la capitale. Il ne se passe pas un jour sans qu’un crime, viol ou meurtre soit déclaré. La police traque depuis déjà plusieurs mois ces bandits, communément appelés « kuluna », mais le phénomène persiste.

 

Des efforts fournis conjointement par la police et la population pour mettre fin à cette pratique barbare semblent inefficaces. Le phénomène prend une certaine ascension inquiétante. Le « kuluna » est parfois relâché aussitôt arrêté. La population quant à elle craint de représailles de la part du « kuluna » aussitôt en liberté pour l’avoir dénoncé.

Pour lutter contre le phénomène et surtout face à la recrudescence du phénomène Kuluna, mais aussi à l’inefficacité constatée du pouvoir public (la police et la justice) dans la lutte contre le gangstérisme, la population des quartiers a pris des mesures pour garantir leur sécurité ainsi que celle de leurs biens. Parmi ces mesures, il y a la non-fréquentation des zones dangereuses après 19 heures, la maîtrise des numéros de policiers et leurs affichage dans les murs des maisons, l’usage des sifflets et des huées, les armes spirituelles, la justice populaire, et récemment la naissance du phénomène « Maîtres volontaires », ces jeunes sportifs qui se sont constitués à des associations pour dénoncer et arrêter les « kulunas » et les mettre à la disposition de la police.

 

Mais il s’observe dans ce phénomène « Maîtres volontaires » des manifestations des antagonismes de socialisation des mécanismes d’autodéfense populaire à Kinshasa. Tel a été le choix qui nous a motivé dans cette étude.

Ainsi, cette étude revêt un double intérêt, notamment, théorique et pratique :

Sur le plan théorique :

Ce travail se propose de mettre en exergue les capacités des « maitres volontaires » à tout faire en dépit des préjugés et barrières idéologiques qui emprisonnement des « kulunas » face à la manifestation des antagonismes de socialisation des mécanismes d’autodéfense populaire à Kinshasa.

 

Sur le plan scientifique ce travail constitue une contribution à l’édifice de la science. C’est pourquoi, le nôtre ne voudrait pas échapper à la règle et veut ouvrir d’autres pistes de réflexion sur l’épineux problème de la recrudescence de la violence à Kinshasa, tant soi peu, de repères à d’autres travaux car la science, dit-on, est cumulative.

 

2.     Etat de la question

 

Il est recommandé à tout chercheur de procéder à la lecture des documents, articles et ouvrages ayant trait à son thème de recherche. Cette exigence méthodologique lui permettra d’établir une démarcation avec ses devanciers. Il s’agit là, de la recherche de l’authenticité ou de l’originalité de l’étude.

 

En effet, Shomba Kinyamba, dans son article intitulé « Kuluna » ou le gangstérisme juvénile à Kinshasa. Récurrence, logiques d’actions et vulnérabilités de moyens de prémunition a prospecté le phénomène « kuluna » ou le gangstérisme  juvénile à Kinshasa. Certes toutes les grandes villes du monde font face, de façon variable au phénomène d’insécurité. Kinshasa, la capitale congolaise n’est pas exemptée. L’auteur soutien d’ailleurs que Kinshasa est de nos jours, une mégalopolis surpeuplé, délabrée, essoufflée baignant dans le désespoir et l’incertitude du lendemain. Ce qui pousse un bon nombre de ses résidents selon l’auteur à contourner les voies légales pour tenter d’assurer leur survie en mettant en mal la quiétude et la paix tant des individus que de la collectivité au travers d’une insécurité savamment orchestrée ([1]).

 

L’auteur remonte jusqu’aux années 90 où ce phénomène a pris de l’ampleur, notamment, avec les pillages à répétition de triste mémoire à l’origine du désinvestissement et du chômage qui ont pour corollaire la recrudescence de la criminalité ([2]).

 

L’auteur circonscrit son étude sur la récurrence du phénomène « kuluna », inventorie, classifie et analyse les stratégies aussi bien publiques que privées mises au devant de la scène pour tenter de la juguler ou du moins, pour la contrecarrer, en vue de rendre l’existence des Kinois apaisée ([3]).

 

L’auteur met en exergue deux ordres de données qui éclairent l’avènement, mieux la recrudescence du phénomène « kuluna » à Kinshasa, où l’un renvoie au caractère tumultueux du contexte socio-politique qui marque la RDC depuis son accession à l’indépendance alors que l’autre se rapporte à la propension pronataliste qui compromet gravement toute planification pour le développement ([4]).

L’auteur arrive à la conclusion selon laquelle de son contexte d’émergence, le portrait de ses acteurs, les logiques et les types d’actions renvoient aux contingences sociales de Kinshasa, l’éradication de cet odieux phénomène implique donc pour être effective, une remise en question profonde de ses supports. Il est temps que s’installe la culture de naissances désirables en vue de réduire avec vocation d’enrayer les effectifs des troupes criminelles. Cet auteur a sommairement évoqué l’impact de la socialisation d’auto défense.

Une « Etude de la perception du phénomène Kuluna par les habitants de la commune de Kinshasa » ([5]), c’est le nom d’une enquête qui a été présentée dernièrement à Kinshasa. Dans cette étude initiée par la Mission de police de l’Union européenne en RDC  (EUPOL Rd Congo), a eu pour principal objectif de recueillir les perceptions des habitants de la commune de Kinshasa au sujet du phénomène Kuluna afin de permettre à la société civile de la commune de contribuer au réajustement des connaissances des autres acteurs impliqués dans le processus de réalisation du diagnostic de sécurité communal.


Aussi, le projet s’est voulu être fenêtre par rapport au grand projet de Recherche-Action que le programme Redevabilité du secteur de sécurité et réforme de la police (SSAPR) devrait réaliser, avec le concours du Centre de promotion de la recherche en interventions socio-économique (CEPRISE), dans la commune de Kinshasa.


Pour lutter contre le phénomène et surtout face à la recrudescence du phénomène Kuluna, mais aussi à l’inefficacité constatée du pouvoir public (la police et l’armée) dans la lutte contre le gangstérisme, la population des quartiers a pris des mesures pour garantir leur sécurité ainsi que celle de leurs biens. Parmi ces mesures, il y a la non-fréquentation des zones dangereuses après 19 heures, la maîtrise des numéros de policiers, la justice populaire, etc.

 

Dans une autre étude sur l’opération « likofi » ([6]), pour mettre un terme aux agissements des groupes de délinquants armés, appelés "kuluna", Kinshasa a opté pour la manière forte en lançant une opération coup de poing. Au risque de commettre des bavures et de créer la polémique en RDC.

La police de Kinshasa a lancé l’opération "Likofi". Coup de poing, en lingala. La cible sont de jeunes délinquants surnommés "kuluna", reconnaissables à leurs pantalons portés à mi-fesses, leurs tatouages ou leurs locks sur la tête. En bande et souvent armés de machettes, ils dépouillent les passants de leur argent, sac, téléphone, bijoux… se souvient Marc. Certaines victimes sont gravement blessées ou même tuées.

 

Dans une autre étude sur le gangstérisme à Kinshasa ([7]), l’auteur souligne qu’il n’est pas rare que des « kulunas » parmi lesquels se trouvent même des fils et filles de militaires et de policiers arrêtés à plusieurs reprises soient parfois libérés au bout de quelques jours. Pour la plus grande frustration et colère des quelque 10 millions de Kinois, qui pour beaucoup survivent dans la misère. Alors, pour éviter les agressions, beaucoup choisissent de se terrer chez eux le soir.

 

Dans un autre article sur « Kinshasa : Le phénomène «KULUNA» constitue un danger permanent ([8]), l’auteur propose quelques pistes de stratégies pour éradiquer ce phénomène, parmi lesquels figure le bouclage des quartiers. Une fois arrêtés, ces «kuluna» doivent être transférés en Prison et au besoin les envoyer dans des maisons de détention disséminées à travers le pays comme le faisait, il y a peu, le ministre honoraire Luzolo Bambi. C’est de cette manière qu’il faut procéder pour éradiquer ce fléau.

Au regard de ce qui précède, dans le présent travail nous analysons le phénomène « maîtres volontaires » comme manifestation des antagonismes de socialisation des mécanismes d’autodéfense populaire à Kinshasa afin de proposer des solutions fructueuses et durables.

3.     Problématique

 

La problématique signifie problème à résoudre par des procédés scientifiques. Comme substantif, problématique désigne l’ensemble de questions posées dans un domaine de la science en vue de rechercher des solutions qui s’imposent. Nous retiendrons, à ce propos que la problématique désigne un ensemble d’idées qui spécifient la position du problème par le sujet d’étude ([9]).

 

La RDC, pays fragile, en proie à des conflits armés, fait également face à une criminalité montante, à une pauvreté chronique et à des inégalités sociales criantes, phénomènes qui ont essentiellement un visage juvénile. Les études qui ont été menées de même que les solutions préconisées sont isolées et compartimentées et n'ont pas jusqu'ici atteint leurs objectifs. Qui plus est, il n'y a guère des connaissances fiables, en particulier pour mieux comprendre les nouvelles formes de criminalité et de violence qui émergent et s'installent dans un contexte de pauvreté et d'inégalité chroniques dans les grandes villes de la RDC. Aussi, est-il nécessaire de caractériser ce nouveau phénomène de violence urbaine et d'une part, de mieux appréhender les acteurs ainsi que leurs modes d'action, dans certaines villes du Congo et d'autre part, de mieux cerner les interrelations entre urbanisation et pauvreté - inégalités sociales - violences ainsi que les conditions qui permettraient une meilleure efficacité des politiques et des programmes visant à lutter contre ces fléaux ([10]).

Secoués pendant plus d'une décennie, toutes les couches sociales du Congo et surtout de Kinshasa s'intéressent manifestement au phénomène « Kuluna » pour savoir comment s'y prendre. Une portion de cette population est issue des milieux marginaux. Aujourd'hui elle est connue sous la dénomination de «Maîtres volontaires ». Il s'agit d'un groupe qui s'efforce à traquer, à cibler les bandes de criminels et les acheminer à qui le droit dans la quête de la paix. Le souci de ces organisations est de vêtir la ville de Kinshasa d'habit neuf. Malheureuse histoire, c'est toujours la même chose, pas un seul jour s'écoule sans qu'on apprenne toutes sortes d'atrocités commises dans l'une ou l'autre commune de Kinshasa.

 

Le concept « kuluna » est ambigu. Il est une exigence à la fois sociale et politique. Comme exigence sociale, elle se veut idéal eschatologique, le contexte de son émergence de la culture de la violence renvoie à la longue période de la décennie 90 au cours de laquelle la République Démocratique du Congo alors République du Zaïre se trouvait confrontée à un embargo lui décrété par la communauté internationale. Ce sort est consécutif à l’absence démocratique, au non respect des droits de l’homme, à une instabilité politique récurrente, à une mauvaise gouvernance à l’origine d’une situation socio-économique très précaire et au « massacres » des étudiants de l’Université de Lubumbashi qui a servi de goutte d’eau ayant débordé le vase ([11]).

 

Depuis lors, la RDC est plongée dans une crise profonde depuis plus de quatre décennies. En dépit de toutes ses immenses ressources humaines et naturelles, la RDC est classée parmi les pays les plus pauvres au monde. Près de 80% de sa population vivent à la limite de la dignité humaine, avec moins de US1 (un dollar) par personne et par jour. L’instabilité institutionnelle, les pillages et les conflits armés (les guerres et les rébellions) ont plongé la RDC jusqu’à ce jour, dans une crise multiforme dont l’un des effets, est l’aggravation de la pauvreté d’une part[12].

 

Pendant cette période de la crise, il est aussi observé la prise en charge par un effort endogène avec le phénomène « maîtres volontaires ». Ces changements dans le comportement de la population Kinoise. L’ensemble de ce comportement s’installe à Kinshasa et traduit finalement un nouveau mode de vie de la population en couvrant certains criminels, bandits et « kuluna », dans leurs avenues, quartiers, commune.

Les questions suivantes se révèlent de nature à nous permettre d’émettre davantage en évidence notre préoccupation :

-      Qu’est-ce qui est à la base de l’association des « Maîtres volontaires » à Kinshasa ?

-      La population Kinoise a vraiment besoin de la sécurité ou pas ?

-      Qu’est-ce qui est à la base de la naissance du phénomène de la violence à Kinshasa ?

4.     Hypothèses de recherche

 

Les  hypothèses sont considérées comme une vision provisoire du problème soulevé en évoquant la relation supposée entre les faits sociaux dont le rapport constitue le problème et en indiquant la nature de ce rapport.

 

En effet, nous pensons que les maîtres volontaires sont des sportifs ayant acquis certains documents dans la commune pouvant leur permettre de traquer, de cibler des bandes de criminels (kuluna) afin de les ramener chez qui de droit. Aussi c’est une façon de créer de l’emploi ou de demander l’emploi auprès de l’Etat d’une façon détournée. A ce jour, les maîtres volontaires sont devenus de chevaux de bataille dans toute la ville de Kinshasa parce qu’ils sont déployés presque dans chacune des communes de Kinshasa. Il y a des jours parfois où les maîtres volontaires sont tombés aussi comme les victimes de la violence malgré la majorité de fois, ils sont les vainqueurs.

 

L’éradication du phénomène « kuluna » dans la ville de Kinshasa, telle est la motivation de leur action, ce qui débouche sur la protection de la population de cette ville, mais aussi c’est un moyen pour eux de trouver de quoi chercher à s’intégrer régulièrement dans la vie quotidienne.

Ce qui est à la base de la naissance de la violence à Kinshasa n’a comme soubassement la pauvreté. Ce qui pousse beaucoup de jeunes dans la délinquence.

5. La méthodologie de recherche

5.1. La méthode

 

Pour A. Muchielli ([13]), une méthode scientifique est une procédure de réflexion, guidant un ensemble de techniques de recueil des données et d’analyse, qui mène à une meilleure connaissance d’un phénomène.

 

Les sciences humaines et sociales ont montré que pour appréhender un phénomène, un fait, il faut faire recours à de nombreuses méthodes. Considérant l’objet de cette étude, nous avons opté pour l’approche stratégique.

 

En effet, l’approche stratégique des organisations[14], largement promue et diffusée par le centre de sociologie des organisations (CSO), qui intègre la dimension socio-politique de l’organisation et du management constitue un outil essentiel d’appréhension, de compréhension, d’analyse, voire de contrôle des organisations. L’organisation est conçue comme un lieu d’affrontement entre les stratégies des groupes qui la constituent, comme une recherche permanente d’équilibration des rapports de pouvoirs et de négociation, marchandage entre les groupes.

 

L’organisation n’est pas l’expression d’une rationalité unique qui aurait tous les pouvoirs optimistes pour l’agencement des activités, des ressources, … mais résulte d’un processus de négociation/adaptation entre les rationalités divergentes des jeux d’intérêt.

L’approche stratégique part de l’acteur pour découvrir le système qui, seul, peut expliquer par ses contraintes, les apparentes irrationalités du comportement de l’acteur. Elle peut se décomposer de la manière suivante ([15]) :

-          Les participants d’une organisation peuvent être considérés comme des acteurs ayant chacun sa propre stratégie ;

-          Si l’on connait les stratégies de chacun des acteurs, on peut donc découvrir, les jeux qui conditionnent leur comportement ;

-          Les acteurs se trouvent contraints, … d’adopter une stratégie « gagnante », c’est-à-dire rationnelle dans le jeu, …, à concourir finalement aux buts communs ;

-          L’organisation est un construit culturel grâce auquel les hommes parviennent à orienter leur comportement de façon à obtenir un minimum de coopération.

 

En terme d’analyse, l’approche stratégique visera l’identification des jeux, des opportunités et des stratégies déjà montées et qui sont mis en place dans l’organisation ([16]).

 

Dans le cadre de cette étude, sont considérés comme acteurs les bandits (kuluna), les responsables de la police « Mbata » (maître volontaire) et ceux du Ministère de tutelle, voire tous les autres intervenants dans cette ville de Kinshasa, sans oublier la population kinoise et les victimes bénéficiaires des services des « maitres volontaires ». Ces acteurs ont, certes, chacun ses propres stratégies pouvant favoriser ou défavoriser l’ambiance à Kinshasa. Tout cela, pour favoriser la stratégie gagnante (win-win) parfois au détriment de la sécurité de la ville sous examen face à ces divergences d’intérêts et la coopération de l’ensemble des acteurs moyennant une saine et bonne conduite citoyenne.

5.2. Les techniques de recherche

 

Les techniques, quant à elles, sont définies comme l’ensemble de procédés exploités par le chercheur dans la phase de collecte des données qui intéresse son étude ([17]).

 

Dans le cadre de cette modeste étude, avons utilisé comme outils de collecte : la technique documentaire, l’interview libre, l’observation directe et le questionnaire.

Le premier nous a permis de rassembler les diverses données contenues dans des ouvrages, articles des Revues, notes de cours et autres documents écrits. Le deuxième a été mis à profit pour réaliser des entretiens avec des personnes ressources ainsi qu’avec des cadres et les acteurs de la violence à Kinshasa. Le troisième nous a servi en tant que population de cette ville sous étude, d’observer de près les comportements qu’adoptent certains kinois face à ce phénomène évoqué ci-haut. Le quatrième nous a servi à la collecte des avis des criminels sur base des questions posées.

6. La délimitation du sujet

 

Restreindre son champ d’investigation ne devra pas être interprété comme une attitude de faiblesse ou de fuite de responsabilité, mais bien au contraire, comme une contrainte de la démarche scientifique[18].

 

En effet, toute démarche scientifique procède fatalement par un découpage de la réalité. Il n’est pas possible d’étudier, de parcourir tous les éléments influent jusqu’aux extrêmes limites de la terre et jusqu’au début des temps.

 

Tout travail scientifique mérite toujours une délimitation spatio-temporelle. Ainsi, dans le temps, nous partirons de 2010 à nos jours, c'est-à-dire la période qui a marqué effectivement la naissance du phénomène « maîtres volontaires » à Kinshasa.

7. Subdivision du travail

 

Outre cette introduction et la conclusion générale, la présente étude comporte trois chapitres. Le premier porte sur le cadre définitionnel, le deuxième traite des antécédents historiques et contentieux et une brève présentation des associations, le troisième porte sur le dépouillement des données d’enquête et le quatrième et dernier chapitre interprète et analyse des données d’enquête.

 


 

CHAPITRE I : CADRE DEFINITIONNEL

 

Dans ce chapitre, nous nous allons définir les principaux concepts ayant trait à notre sujet pour faciliter la compréhension des lecteurs. Les concepts de base à clarifier au regard de notre thème central sont les suivantes : antagonisme et antagonisme de socialisation, autodéfense et autodéfense populaire, stratégie.

Section 1 : Les notions d’antagonisme

 

L’antagonisme peut être compris comme : « État d'opposition entre des personnes, des nations, des classes sociales, des doctrines, etc. : Antagonisme de deux caractères » ([19]).

C’est aussi une action mutuellement inhibitrice ou réductrice de deux substances. On peut également comprendre dans le domaine économique, idéologique ou politique comme « action antagoniste d'individus opposés, notamment dans la lutte des classes. L'antagonisme de la bourgeoisie et du prolétariat ([20]):

 

PARAD ([21]) définit l’antagonisme comme bataille, combat, distinction, dualisme, dualité, hostilité, opposition, rébellion.

Durkheim ([22]),  De la Division du travail social, a parlé de l’antagonisme du travail et du capital est un autre exemple, plus frappant, du même phénomène. À mesure que les fonctions industrielles se spécialisent davantage, la lutte devient plus vive, bien loin que la solidarité augmente. Au moyen âge, l'ouvrier vit partout à côté de son maître, partageant ses travaux « dans la même boutique, sur le même établi ». Tous deux faisaient partie de la même corporation et menaient la même existence. (...) Aussi les conflits étaient-ils tout à fait exceptionnels. À partir du xvesiècle, les choses commencèrent à changer. « Le corps de métier n'est plus un asile commun; c'est la possession exclusive des maîtres qui y décident seuls de toutes choses ... Dès lors, une démarcation profonde s'établit entre les maîtres et les compagnons. Ceux-ci formèrent, pour ainsi dire, un ordre à part; ils eurent leurs habitudes, leurs règles, leurs associations indépendantes. » Une fois que cette séparation fut effectuée, les querelles devinrent nombreuses.

 

 

Pour ce qui est de cette étude, nous définissons l’antagonisme comme une confrontation entre deux groupes où chacun cherche à tirer profit.

 

A. Percheron qui définit la socialisation comme "l’acquisition d’un code symbolique résultant de transactions entre l’individu et la société" (toujours suivant le principe d’équilibration). Il y a donc des transactions permanentes entre socialisé et socialisateur

 

La socialisation

 

Dans le dictionnaire de la sociologie ([23]), la socialisation désigne les processus par lesquels les individus s’approprient les normes, les valeurs et les rôles qui régissent le fonctionnement de la vie en société. La socialisation a deux fonctions essentielles : favoriser l’adaptation de chaque individu à la vie sociale et maintenir un certain degré de cohésion entre les membres de la société.

 

Ainsi pour notre étude sur les « maîtres volontaires » comme un mécanisme des manifestations des antagonismes de socialisation à Kinshasa, une sorte de socialisation entre deux groupes de la population kinoise, d’un côté les bandes des « Kulunas » qui se réunissent et montent le plan d’opération dans la ville de Kinshasa parfois en complicité avec certains agents de la police et de l’autre côté, « les maitres volontaires »  qui eux, montent des stratégies pour démenteler (éradiquer) les réseaux des « Kulunas »

L’antagonisme de socialisation

 

 

 

Avant de s’attarder sur la stratégie managériale au paragraphe premier, analysons d’abord de manière distincte les mots stratégie et management.

§1. La stratégie

1.1.         Quelques définitions

 

Le mot « stratégie » vient du terme grec « stractum » qui veut dire incertitude. A l’origine, il est un concept d’usage essentiellement militaire. C’est ainsi que la stratégie est un mot qui évoque avant tout l’art militaire de traiter l’incertitude.

 

Selon F. Jalbert, une stratégie est un ensemble d’idées intelligentes et cohérentes mise en ordre dans le but de maîtriser l’incertitude dans un processus donné ([24]). Elle résulte de l’identification des facteurs clés internes et externes de changements, pour anticiper les effets prévisibles sur l’avenir. La stratégie, toujours selon J. Jalbert, a pour but de doter une organisation des objectifs à moyen et long terme réalistes en regard des contraintes et opportunités, en choisissant les moyens lui permettant de valoriser les ressources de toute nature et de combler ses handicaps pour atteindre des objectifs avec la meilleure efficacité et améliorer ainsi sa position concurrentielle. Elle permet donc de se projeter sur l’avenir ([25]).

 

Une stratégie est avant tout une idée intelligente qui vise des finalités claires avec des moyens fluides et évolutifs. La stratégie utilise l’apport d’informations nouvelles et donc se modifie. Loin d’être une pensée abstraite, la stratégie s’alimente et se construit de ses interactions internes, externes ou les deux à la fois.

 

En théorie des organisations, la stratégie est aussi définit comme l’ensemble des comportements stables que les acteurs adoptent dans leur actions ou leur jeu, en vue de préserver ou de conforter leurs intérêts ou leurs avantages.

 

Il se dégage de cette approche cognitive que la stratégie est avant tout une attitude réflexive d’un homme stratège dictée par le souci de maintenir le cap et de se sortir la tête haute face à toute situation qui peut advenir. Sans intérêt, la stratégie n’a pas de raisons d’être.

 

Quant en ce qui concerne, nous définissons la stratégie comme un ensemble d’attitude qu’adopte un homme ou un groupe d’hommes pour contourner les obstacles qui se présentent à eux dans le souci de rester le maître d’un jeu.

 

Qui parle de stratégie parle aussi du stratège, qui est un acteur social cherchant toujours des voies et moyens afin de contrôler parfaitement toute situation qui se présente à lui.  C’est un homme imperturbable, réfléchi et connu pour son sens d’anticipation élevé, fruit à la fois de l’expérience et des reflexes innés. Il réfléchi aux problèmes qui lui sont soumis et procédés à l’instar d’un médecin à leur diagnostic pour proposer in fine, la démarche thérapie sensée les résoudre.

I.2. Les types de stratégies ([26])

 

Gérard KOENIG distingue trois types de stratégies, à savoir : hétérogène, volontariste et interactive.

 

La stratégie est hétérogène lorsqu’elle est commandée de l’extérieur, à partir du contexte environnemental. Dans ce cas, l’organisation cherchera à s’adapter aux contextes environnementaux.

-          La stratégie est volontariste lorsqu’elle est délibérée et fruit par conséquent des acteurs internes de l’organisation. Il s’agit précis cibles qu’on fait une analyse rigoureuse qui permet d’établir un programme et le budget correspondants ;

-          La stratégie est interactive lorsqu’il y a une activité partagée, soit une interdépendance dynamique entre acteurs et contexte  existant. Cela peut se présenter comme une succession d’actions et des réactions au cours de laquelle, projets et contre projets interagissent et se transforment.

1.3.         Les modes de formation des stratégies

 

Nous avons différents modes de formation des stratégies, à savoir :

-          La planification : consignée dans les plans formels, la stratégie repose sur les interactions précises, articulées les uns aux autres par une instance centrale qui passe au crible rigoureux du contrôle afin d’éviter toute surprise désagréable ;

-          L’entrepréneurialisme : la stratégie prend sa naissance dans la vision cardinale d’un leader. En outre, ne se limitant pas seulement à l’articulation des initiatives des un comme de celles des autres, ce mode intègre aussi les opportunités qui se présentent ;

-          L’idéologie : la stratégie procède des croyances partagées et ses intentions s’inscrivent dans une vision collective peu sujette à l’évolution. Elle respecte des normes qui font l’objet d’un endoctrinement ou d’une socialisation. L’idéologie stratégique a quatre fonctions qui sont :

·        Présenter comme normal la stratégie adoptée ;

·        Justifier le bien fondé de la stratégie ;

·        Légitimer la stratégie ;

·        Expliquer constamment le bien fondé de la stratégie.

-          La canalisation : les dirigeants définissent en terme substantiel, l’enveloppe à l’intérieur de laquelle les autres membres de l’organisation développent leurs activités. Ces dirigeants essaient d’orienter de par leur bagage cognitif et expérimental la manière dont la stratégie pourra faire ses preuves ;

-          Le contrôle : la stratégie trouve sa consistance dans el contrôle qui exercent les dirigeants sur l’ensemble du processus. Mais le contenu est laissé à l’initiative des responsables opérationnels.

§2. Socialisation 

 

La socialisation désigne les processus par lesquels les individus s’approprient les normes, valeurs et rôles qui régissent le fonctionnement de la vie en société. Elle a deux fonctions essentielles : favoriser l’adaptation de chaque individu à la vie et maintenir un certain degré de la cohésion entre les membres de la société ([27]).

Le processus de socialisation

 

·        Socialisation primaire, socialisation secondaire et resocialisation

 

La socialisation primaire correspond à la période de l’enfance. Au cours de cette phase, quatre instances de socialisation (la famille, l’école, le groupe des pairs et les medias) vont contribuer à structurer la personnalité sociale du futur adulte.

 

La famille constitue l’instance principale de socialisation et son action s’avère primordiale pour la structuration ultérieure de la personnalité. C’est en effet, dans le cadre du milieu familial que se forge le système de disposition à partir duquel seront filtrées toutes les autres expériences de la vie sociale.

 

Cette action prépondérante de la famille s’explique par trois facteurs essentiels : d’abord elle intervient dès le premier page de la vie au moment où la personnalité de l’enfant est la plus malléable ; ensuite, elle est particulièrement intense en raison des quotidiens entre enfants et parents ; enfin elle se déroule dans un climat affectif qui rend l’enfant particulièrement réceptif aux apprentissages nouveaux.

 

Cependant, pour E. Durkheim, les relations au sein de la famille sont justement trop influencées par les sentiments personnels pour permettre à l’enfant d’apprendre les règles générales et impersonnelles que requiert de lui la société. L’éducation par l’école, définie par Durkheim comme la socialisation méthodique de la jeune génération par la génération adulte, est seule susceptible d’inculquer, par la discipline de vie qu’elle instaure, les normes et valeurs qui constituent le fond commun de la société. L’enfant se socialise également de manière plus informelle dans le cadre du groupe des pairs, en même temps qu’il subit l’influence à distance des médias dont l’impact réel est d’ailleurs difficile à apprécier.

 

La socialisation secondaire intervient à la fin de l’enfance et permet aux individus dont la personnalité est déjà en grande partie constitue, de s’intégrer à des groupes particuliers : entreprise, association, parti politique, syndicat, etc. L’intégration de l’individu dans ces « sous-modes  spécialisés » suppose en effet l’acquisition de normes et de valeurs spécifiques ainsi que l’apprentissage de rôles particuliers qui sont liés directement ou indirectement à la division du travail dans nos sociétés. Ces adaptations nouvelles se surajoutent aux acquisitions premières et permettent à l’individu de relativiser les normes et les valeurs inculquées au cours de la socialisation première. Elles peuvent conduire à une restructuration en douceur de la personnalité.

 

D’une tout autre nature est la resocialisation dans les « institutions totales », comme l’armée, la prison, l’asile, ou encore les camps de concentration, si bien décrite par E. GOFFMAN. Elle se manifeste d’abord par une volonté de couper brutalement l’individu de sa vie sociale antérieure par la mise en œuvre de rituels d’admission (coupe de cheveux, douche, changement de

 


 

CHAPITRE II : LA NAISSANCE DU PHENOMENE MAITRES VOLONTAIRES A KINSHASA

 

Dans ce chapitre, nous parlons du fonctionnement des « maîtres volontaires », de leurs actions et enfin de leur structure.

Section 1. Historique et fonctionnement des « Maîtres Volontaires »

 

Un nouveau phénomène paru à Kinshasa du mois de mars 2010 dénommé « Maîtres volontaires ».

 

En effet, le contexte de son émergence renvoie à la longue période de la décennie 2006 au cours de laquelle la RDC se trouvait confronté par des élections présidentielles et législatives. Ce sort est consécutif au non respect des droits de l’homme, dans les tapages entre les protagonistes, car chacun voulait faire preuve de sa suprématie, dans des bagarres de rue, etc.  A l’origine, le phénomène « Kuluna ». Depuis lors, la population kinoise s’est retrouvée délaissée d’un côté, par les services compétents (la police) qui était sensée la protéger et cette dernière s’est désengagée de leurs missions celles de protéger la population et leurs biens. De l’autre côté, par la rupture de la coopération entre les institutions publiques et la population (la base). Depuis 2006 jusqu’à nos jours, le « kuluna » crée une la désolation au sein de la population Kinoise et cela n’épargne aucune couche de la population. Ces jeunes gangsters terrorisent les paisibles citoyens, semant la peur et la terreur, ils arrachent pendant leur passage les biens des valeurs (téléphones, argents), ils blessent, violent et parfois même tuent certains habitants de Kinshasa.

 

En révolte de cet état de chose en 2010, plusieurs initiatives ont été montés pour l’éradication de ce fléau dont « les maîtres volontaires » et est à l’origine de plusieurs manifestations d’antagonistes, d’un côté, les « kulunas » et de l’autre, les « maîtres volontaires ».

Les maîtres volontaires sont des congolais d’origine, en général, vivant dans la ville de Kinshasa, les maîtres volontaires sont des kinois, des sportifs du quartier, ayant fait preuve d’une certaine force physique, de la technicité des combats et aussi ayant compris la souffrance et la désolation de la part de la population, cherche à sécuriser la population de leurs quartiers respectifs contre les malfrats des « kuluna ».

Section 2 : Structure des « maîtres volontaires

 

Comme on peut bien l’observer, dans la ville de Kinshasa au travers des nos chaînes de télévision, il ne se passe aucun jour sans pour autant que l’on puisse parler des Maîtres volontaires. Ces derniers sont vantés du fait qu’ils sont là pour protéger les paisibles populations de ce fléau de gangstérisme ou bien encore du phénomène « Kuluna ». Ces maîtres volontaires apparaissent donc partout dans les différentes communes de la capitale et avec comme objectif ensemble avec la police nationale de traquer tous les  « kuluna » et les mettre hors d’état de nuire. 

Au niveau de leur structure, l’association des « maîtres volontaires » n’est pas jusque-là bien structuré, car nous avons pu observer que cette association se recherche encore et fonctionne au moyen de leur bord. Ces maîtres volontaires ne sont pas subventionnés par l’Etat, ils travaillent avec leur coordination se trouve dans le district de la Tshangu et il faut que la coordination puisse vous reconnaître, vous identifie et que vous soyez intégrer en vous livrant une carte qui fait office preuve de votre intégration. Parfois même, certains « kulunas » se déguisent en maîtres volontaires par le fait que ces derniers sont actuellement reconnus par la police car ils travaillent en synergie  et que la population leur fait confiance

Section 3 : Développement du phénomène « Maîtres volontaires »

 

Du point de vue sécurité des personnes et de leurs biens, Kinshasa voit le grand banditisme prendre l’ampleur à travers les actes criminels tels que le vol à mains armées, les enlèvements, les extorsions, les rafles des biens de valeurs (bijoux, téléphones portables…) souvent, ceux qui sont censés sécuriser la population en l’occurrence les forces de l’ordre, les agents de sécurité en sont parfois les principaux auteurs de ces forfaits.

 

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le mouvement Maîtres Volontaires apparaît à la fois comme une organisation à la fois simple et complexe. Nous disons simple parce qu’en tant que structure informelle, ce mouvement n’est pas organisé. En cela, elle répond à un fonctionnement spontané, consensuel et clandestin. Nous avons ensuite dit qu’elle était une organisation complexe en ceci que les maîtres volontaires ne mènent pas une vie  très libérale. Leur organisation se structure autour de quatre paliers : la coordination générale, la traque des « Kuluna », la protection de la population et de leurs biens, etc.

 

Le développement du phénomène « Maitres volontaires » n’est plus à démontrer, car sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa, au-delà des stratégies mises en place pour barrer la route aux « kulunas », chaque quartier voire même toutes les rues dans les communes de la ville de Kinshasa se développe le phénomène « Maîtres volontaires », car ces jeunes ont pris conscience de l’ampleur du phénomène « kuluna » et s’organise à leur manière pour démanteler les réseaux des « kuluna » afin de les appréhender et de les remettre à qui de droit.

A propos de la coordination générale, c’est elle qui se charge de répondre à tous les impératifs de la demande de la population et trace la ligne de conduite à suivre. Le maître volontaire passe pour un homme exceptionnel vis-à-vis de la population : il est le plus audacieux, le plus fort et le garant de survie de la population du quartier. C’est une personne « invincible », mythique et capable de faire douter et de défier les Kuluna qui commettent des actes d’atrocité et de vol et viol. Chacun dirige sa bande de manière souveraine et jouit du monopole de la décision qui est sans appel.

 

Quant à la protection de la population, elle est constituée d’une équipe des sportifs composée des membres qui lui sont proches. Le rôle de celle-ci est d’aider le chef dans l’exercice de ses fonctions et dans l’accomplissement sans faille des objectifs fixés par la corporation.

 

Au sujet des membres, disons d’eux qu’ils sont des élèves fidèles et dociles qui exécutent servilement les ordres édictés par le maître et sont astreints à une grande discrétion.

3.1. Actions des maitres volontaires

 

Dans le cadre précis de cette étude, nous distinguons trois types d’actions auxquels les maîtres volontaires font souvent recours au regard des actes commis par les « kuluna ».

 

Sur ce point de vue, nous alignons des actions accomplies brutalement par ces maîtres volontaires et sans détour contre la victime qui s’insurge contre leur autorité. L’énumération qui suit est indicative:

-          Le fait de maîtriser les kuluna,

-          Les dénoncer,

-          Les arrêter

-          Et les amener à qui de droit.

3.2. Actions astucieuses

 

Au rang des actions accomplies par les maîtres volontaires :

-          L’arrestation des kuluna

-          La protection de paisible population de leurs biens

-          La recherche d’un climat de paix.

 

Partant de ces actions des « maîtres volontaires », il y a maintenant un antagonisme qui se crée entre les maîtres volontaires et les « kuluna », car les « maîtres volontaires » montent des stratégies pour dénoncer et arrêter les « kuluna » afin de les présenter auprès de la population et ensuite les amener à la police. Et ces « kulunas » aussi sachant qu’ils sont le cible des maîtres volontaires, montent aussi à leur manière des stratégies pour qu’ils ne soient pas appréhender par les « maîtres volontaires » et cela crée des tensions entre les deux parties.

CHAPITRE III : DEPOUILLEMENT DES DONNEES D’ENQUETE

 

Introduction

 

Le présent chapitre porte sur le dépouillement  et interprétation des résultats. Il comporte trois sections à savoir : le dépouillement et interprétation de données, analyse de résultat et en fin la recommandation.

 

Section I : Dépouillement et interprétation des données

 

La découverte de l’univers social des « kuluna » n’est pas une tâche aisée. La réalité sur le « kuluna » étant elle-même complexe, nous estimons, pour notre part, nécessaire de décrypter cette réalité  à partir de trois points, à savoir : la pauvreté, la prise en charge des « kuluna » et la socialisation de ce phénomène.

3.1. Situation géographique de milieu d’enquête

 

Notre enquête  nous l’avons mené dans la commune de le Lemba précisément dans le quartier « Kemi Malolo » dans la vallée de l’université de Kinshasa. Il est borné :

-          au Nord par le quartier Righini ;

-          au Sud par l’avenue de l’université;

-          à l’Est par l’avenue by-pass ;

-          et à l’Ouest par les cliniques universitaires de Kinshasa.


 

3.2. L’échantillon

 

De prime abord, il convient de rappeler que notre univers d’enquête est circonscrit dans la commune de Lemba, précisément au quartier « Kemi Malolo ». Parmi les maitres qui composent cet espace « Malolo » notre choix  à été porté sur 8 Maitres lors de l’entretien et 25 sujets lors de l’enquête.

 

La taille de l’échantillon revient à estimer la taille minimale requise pour obtenir des résultats avec un degré de confiance satisfaisant, une crédibilité jugée suffisante.

Face à cette évidence, il convient de redire que le champ d’investigation de cette étude est constitué par 8 maîtres volontaires et 25 sujets (population de notre enquête).

Section 2 : Présentation des résultats

 

Question 1 : Parmi les éléments ci-après, quel est selon les critères de recrutement pour faire partie de l’association « maîtres volontaires » ?

 

Tableau n°1 : Les critères de recrutement

 

Eléments de réponse

Fréquence

Pourcentage

La force physique (biceps)

4

50

La vigilance

2

25

La rapidité d’arrivée dans les lieux d’action

1

12,5

La souplesse

1

12,5

Total

8

100

Source : Notre enquête

Il ressort de ce tableau les éléments ci-dessous :

ü  4 de maîtres volontaires utilisent les biceps (la force physique pour traquer les kuluna

ü  2 ont opté pour la rapidité d’arrivée dans le lieu d’action (opération de kuluna)

ü  1 de nos enquêtés a parlé de recourir à la vigilance pour traquer les kuluna

ü  1 a confirmé la souplesse doit intervenir pour arrêter les kuluna.

 

Question n°2 : Quels sont les moyens utilisés pour arrêter les « kulunas » ?

 

Tableau : Eléments de réponse à la question n°2

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

La moto

6

75

La voiture

0

0

Les pieds

2

25

Total

8

100

Source : Notre enquête

 

De ce tableau, il ressort que :

-          6 maîtres volontaires soit 75% utilisent la moto pour atteindre le lieu d’affrontement de kuluna ;

-          2 soit 25% ont opté que de fois ils utilisent les pieds pour arriver dans le lieu d’action

 


 

Question n°3 : Comment êtes-vous informé qu’il y a un crime dans ce quartier ?

 

Tableau n°3 : Eléments des réponses

 

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Appels téléphoniques

5

62,5

Par des cris et sifflets

1

12,5

Par la rotation

2

25

Total

8

100

Source : Notre enquête

 

Il se dégage de ce tableau que :

ü  5 de maîtres volontaires sont contactés par les appels téléphoniques ;

ü  1 écoute des cris lorsqu’il y a un crime

ü  2 ont répondu que les kuluna sont ciblés lors de la rotation.

 

Question n°4 : Quels sont les motivations qui vous anime vous les maîtres volontaires face aux phénomènes kuluna ?

 

Tableau n°4 : Eléments des réponses

 

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

La prise en charge de la communauté

6

75

La recherche d’un emploi

0

0

L’éradication de ce fléau dans le quartier (ville)

2

25

Total

8

100

Source : Notre enquête

 

Notre enquête au travers de ce tableau révèle que :

·        6 répondent par la prise en charge de sa communauté

·        2 pensent éradiquer ce fléau dans la communauté kinoise

 

Question n°5 : Avez-vous un emploi rémunérateur.

 

Tableau n°5 : Eléments des réponses

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Oui

1

12,5

Non

7

87,5

Total

8

100

Source : Notre enquête

De ce tableau, il se dégage ce qui suit :

7 maîtres volontaires ont répondu par non

1 maître volontaire a répondu par oui

 

Les 15 questions en rapport avec 25 sujets (les enquêtés)

 

Question n°6 : Age des enquêtés

Tableau n°6 : Eléments de réponses

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

25 à 30 ans

8

32

31 à 35 ans

5

20

36 à 40 ans

7

28

41 à 45 ans

3

12

46 ans et plus

1

4

Total

25

100

Source : Notre enquête

 

Parmi les 25 sujets enquêtés, 14 sont des hommes et 11 sont des femmes dont l’âge varie selon l’ordre suivant :

-          8 enquêtés ont un âge qui varie de 25 à 30 ans

-          5 enquêtés ont un âge variant entre 31 et 35 ans

-          7 enquêtés ont un âge qui varie entre 36 et 40 ans

-          3 enquêtés ont un âge entre 41 et 45 ans

-          2 enquêtés ont l’âge variant entre 46 et plus.

 

Question n°7 : En rapport avec l’activité du chef de ménage

Tableau n°7 : Eléments de réponse

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Travailleur manuel

12

48

Activités commerciales

5

20

Fonctionnaire

4

16

Militaire

4

16

Ne fait rien

0

0

Total

25

100

Source : Notre enquête

 

Il se dégage ce qui suit :

-          12 des enquêtés ont répondu qu’ils exercent les activités commerciales ;

-          5 ont répondu qu’ils sont dans le travail manuel ;

-          4 enquêtés sont dans le service libéral

-          4 sont des fonctionnaires

 

Question n°8 : Le chef de ménage exerce-t-il une autre activité génératrice de revenu ?

Tableau n°8 : Eléments de réponse

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Oui

13

52

Non

12

48

Total

25

100

Source : Notre enquête

 

-          13 ont répondu par oui qu’ils exercent d’autres activités génératrices de revenu et

-          12 par contre ont dit non qu’ils n’exercent pas d’autres activités en dehors de celle-ci.

 

Question 9 : A quoi tient la pauvreté des habitants de ce quartier ?

Proposition des réponses :

Tableau n°9 : Eléments de réponse

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Chômage

14

56

Politique de bas salaire

4

16

Famille très nombreuse

4

16

Economie informelle non rentable

3

12

Total

25

100

Source : Notre enquête

Après dépouillement, la statistique suivante nous a été révélée :

-          14 des enquêtés ont répondu que le chômage qui est à la base dans leur quartier ;

-          4 ont reconnu que leurs activités d’économie informelle ne soit pas rentable ;

-          4 disent que les familles nombreuses sont à la base de la pauvreté dans leur quartier ;

-          3 pensent que c’est la politique de bas salaire qui est à la base de la pauvreté dans leur quartier ;

 

Question 10 : Votre quartier héberge-t-il des enfants taxés de :

Tableau n°10 : Eléments de réponse

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Kuluna

16

64

Voleur

3

12

Sorcier

2

8

Shegué

0

0

Drogué

4

16

Total

25

100

Source : Notre enquête

Il se dégage ce qui suit :

-          16 des enquêtés affirment qu’ils existent de kuluna / suicidaire dans leur quartier ;

-          4 disent qu’ils existent des drogués dans leur quartier ;

-          3 affirment que les voleurs sont bel et bien dans leur quartier

-          Et 2 pensent qu’il y a des enfants sorciers dans leur quartier.

 

Question 11 : Quand cela arrive, généralement, que font les parents ?

Tableau n°11 : Eléments de réponse

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Aller chez un pasteur

10

40

Les rejeter de la maison

3

12

Rien n’est fait

10

40

Aller en justice

2

8

Total

25

100

Source : Notre enquête

Le tableau ci-dessus révèle que :

-          10 des enquêtés vont chez les pasteurs

-          10 des enquêtés lorsque cela arrive, ils font rien

-          3 des enquêtés les rejettent de la maison et

-          2 des enquêtés y vont en justice.

 

Question 12 : Le quartier renferme-t-il des enfants qui passent la nuit tantôt à la maison, tantôt ailleurs ?

Tableau n°12 : Eléments de réponse

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Oui

18

72

Non

7

28

Total

25

100

Source : Notre enquête

 

-          18 des enquêtés ont affirmé que les enfants passent la nuit tantôt à la maison, tantôt ailleurs ;

-          7 des enquêtés ne reconnaissent pas des enfants qui passent nuit ailleurs ;

 

Question 13 : Observe-t-on dans le quartier des enfants qui prennent de l’alcool frelaté ou la drogue ?

Tableau n°13 : Eléments de réponse

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Oui

19

76

Non

6

24

Total

25

100

Source : Notre enquête

 

-          19 des enquêtés répondent par oui que les enfants qui prennent de l’alcool frelaté ou la drogue.

-          Par contre, 6 des enquêtés ne reconnaissent pas des enfants qui prennent l’alcool.

 

Question 14 : Parmi les formes de violence ci-dessous, citez 3 les plus récurrentes dans votre quartier ?

Tableau n°14 : Eléments de réponse

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Injures publiques

25

100

Vol à main armé

10

40

Vol simple

10

40

Bagarre des rues

8

32

Extorsion des biens sur la rue

3

12

viol

5

12

Enlèvement

1

4

Meurtre

1

4

Source : Notre enquête

 

-          25 des enquêtés répondent par affirmatif que l’injure publique est effective dans leur quartier.

-          10 des enquêtés reconnaissent les cas de vol simple dans leur quartier.

-          8 des enquêtés assistent dans la scène de bagarre de rue dans leur quartier ;

-          3 des enquêtés reconnaissent le cas d’extorsion des biens sur la rue dans leur quartier ;

-          3 des enquêtés disent qu’il y a de cas de viol dans leur quartier et enfin

-          1 enquêté a reconnu le cas de meurtre.

 

Question 15 : Avez-vous déjà été victime d’une agression ?

Tableau n°15 : Eléments de réponse

 

Eléments des réponses

Fréquence

Pourcentage

Oui

17

68

Non

8

32

Total

25

100

Source : Notre enquête

 

-          17 enquêtés répondent par affirmatif qu’ils ont été déjà victime d’une agression ;

-          8 des enquêtés n’ont jamais été victimes.

 

Question 16 : Un membre de votre ménage a-t-il déjà été agressé par les gangsters (kuluna) ?

Tableau n°16 : Eléments de réponse

Réponses

Effectif

%

1

Oui

10

40%

2

Non

15

60%

 

Total

25

100%

 

-          15 des enquêtés répondent par non

-          10 enquêtés ont répondu par oui.

 

Question 17. Si oui, à quel moment de la journée ?

Tableau n°17 : Eléments de réponse

Réponses

Effectif

%

1

Début de la journée

0

0%

2

Fin de la journée

2

80%

3

La tombée de la nuit

6

240%

4

Dans la nuit

10

400%

5

Tard dans la nuit

7

280%

 

Total

25

100%

 

Question 18 : Comment opèrent-ils ?

 

Tableau n°18 : Eléments de réponses

 

Réponses

Effectif

%

1

Individuellement

2

8%

2

A deux

8

32%

 

En bande

15

60%

4

Autres à préciser

0

0%

 

Total

 

 

 

Il ressort du tableau ci-dessus que la majorité de nos enquêtés affirment que les kuluna opèrent en bande et 8 soit 32% disent qu’ils opèrent à deux et 2 enquêtés seulement soit 8% pensent que le kuluna opère lui seul.

 


 

Question n°19 : Comment appréciez vous l’action des maîtres volontaires face au phénomène kuluna ?

 

Tableau n°19 : Elément des réponses

Réponses

Effectif

%

1

Très efficace

12

48%

2

Efficace

6

24%

3

Inefficace

7

28%

 

Total

25

100

 

Sur un total de notre échantillon,

-          12 enquêtés soit 48% estiment que l’action des maîtres volontaires face au phénomène kuluna est très efficace.

-          7 enquêtés soit 28% pensent que leurs actions sont inefficaces

-          Et 6 enquêtés estiment enfin que ces actions sont efficaces.

 

Question n°20 : Quels types d’armes (matériels) utilisent-ils ?

 

Tableau n°20 : Eléments de réponses

 

Réponses

Effectif

%

1

Arme à feu

0

0%

2

Machette

18

72%

3

Barre de fer

3

12%

4

Bâton

4

16%

 

Total

25

100%

 

Il ressort de notre enquête les données suivantes :

ü  18 de nos enquêtés soit 72% dans sa majorité affirment que les kuluna utilisent les machettes.

ü  4 enquêtés soit 16% affirment qu’ils utilisent les bâtons

ü  3 enquêtés soit 12% affirment que ces kuluna utilisent les barres de fer.

 

Question n°21 : Qui rencontre-t-on généralement dans les bandes de kuluna ?

 

Tableau n°21 : Eléments de réponses

 

Réponses

Effectif

%

1

Les jeunes désœuvrés

12

48%

2

Anciens agents de l’ordre

8

32%

3

Démobilisés de l’armée

3

12%

4

Enfants de la rue

2

8%

 

Total

25

100%

 

ü  12 enquêtés soit 48% affirment que ce sont des jeunes désœuvrés qui sont de Kuluna ;

ü  8 enquêtés soit 32% disent que les jeunes drogués finissent par devenir Kuluna après les effets de la drogue ;

ü  3 enquêtés soit 12% pensent que ce sont des policiers et des militaires actifs qui se transforment parfois en Kuluna.

ü  2 enquêtés soit 8% disent que certains anciens agents de l’ordre sont à la base du phénomène kuluna.

 


 

CHAPITRE IV : ANALYSE ET COMMENTAIRE DES RESULTATS

 

La naissance des maîtres volontaires a comme creuset le social. Néanmoins, le concept est considéré comme une structure regroupant une ressource humaine ayant aussi des motivations économiques d’une part autant qu’il doit faire face en tant que structure à des problèmes économiques d’autre part.

 

La situation du marché d’emploi formel congolais a entraîné l’exploitation du secteur de réduire la violence et la pauvreté. Vue cette situation, nous pouvons dire que certains membres de la population kinoise accordent leurs importances aux associations des maîtres volontaires dans la poursuite de leurs objectifs.

 

Pour réaliser les objectifs, la réinsertion des maîtres volontaires, l’Etat congolais assure la formation et la morale de ces maîtres volontaires, les prépare politiquement, physiquement et économiquement et actuellement, grâce à leurs forces physiques et les moyens de bord qu’assure sa formation quotidienne.

 

Il convient de relever que, la plupart des maîtres volontaires n’ont pas d’emploi. Ils viennent traquer certains gangsters (kuluna) pour l’amour de la patrie et de la communauté kinoise. Signalons que l’association des maîtres volontaires il n’y a plus les hommes que les femmes et aussi il n’y a plus des jeunes que des vieux. La majorité de celle-ci sont les jeunes hommes.

 

L’association des maîtres volontaires a un impact sur la société kinoise, lorsqu’ils attrapent les gangsters (kuluna) dans la ville de Kinshasa, dans sa commune aussi et surtout dans son quartier et dans leur famille respective, ils parent des stratégies montées pour arrêter les gangsters (kuluna). Celle-là ne soit pas tantôt fondé ou fondé aussi comme les gangsters (kuluna) sont toujours en hostilité.

Un bon nombre de maîtres volontaires habitent dans les quartiers périphériques de la ville de Kinshasa. Et aussi, la majorité a le pouvoir économique faible.

C’est la raison même qu’ils parlent souvent « L’Etat a talela biso likambo oyo » qui veut dire « l’Etat puisse nous assister à proposé.

 

En tant que lieu éducatif des masses, l’Etat puisse s’occuper de l’encadrement et de la préparation des gestions de ces associations des maîtres volontaires, bien que les statistiques des maîtres volontaires réinsérés ne soient pas connues.

 

Nous avons observé quelques difficultés matérielles d’adaptation. Ce qui nous pousse avoir crainte d’un abandon et le glissement de ce phénomène kuluna à Kinshasa et cela, en dépit du fait que  les maîtres volontaires semblent être résolus et bien informés sur la situation de la violence à Kinshasa selon les réponses que nous avions obtenues auprès d’eux. La plupart d’entre eux n’ont pas fait des grandes études. Les capacités d’informations reçues dépassent 50% donc sur l’apport des maîtres volontaires, dans chaque quartier de la ville de Kinshasa. L’Etat congolais a encore la chance de réussir à sa mission de la protection de sa population.

Encadrés, les maîtres volontaires sont capables de  de fournir à la société des hommes équilibrés, mais nous déplorons les désordre observés dans la gestion du temps et l’abandon des certains comportements des autorités congolaises face aux maîtres volontaires, faute d’un nombre conséquent des centres de formation permanente, les missions étant bénévolat aux maîtres volontaires.

 

Il est vrai que les maîtres volontaires peuvent subir certaines influences compte tenu du temps et de circonstance, cela suite à leurs situations économiques très précaires.

 

Seule la volonté des autorités congolaises d’encadrer les maîtres volontaires peut suffire. Il faut qu’on y réalise en plus, une politique d’encadrement. Nous pensons, notamment, à la question de mission de la protection de la population et de leurs biens.

 

Ce qui explique en grande partie même qu’il y ait plusieurs maîtres volontaires à Kinshasa, sans changer les causes du mal, les efforts des maîtres volontaires risquent sans lendemain.

 

Les maîtres volontaires travaillent de manière suivante :

-          Le matin et l’après midi, il y a une équipe.

-          Le soir et la nuit, une autre équipe.

 

Comme d’aucun l’ignore, depuis belle lurette, en RDC, un regard même distrait laisse entrevoir une effervescence des violences qui, s’empare de tous les hommes et de tout homme, de tous les espaces privés et publics, de jour comme de nuit et cela suffise pour convaincre à cette association de l’amplitude des problèmes sociaux qui en résultent.

 

En effet, au-delà du rôle de la protection de la population qui incombe à l’Etat et aux autorités urbaines ainsi que celui de la construction d’un réseau de solidarité bien manifeste dans les rangs des criminels (Kuluna, violeur, gangster), il s’observe couramment de nombreux travaux qui hypothèque, à coup sûr, cet état de choses ne saurait laisser les associations de jeunes de cette culture de la violence en RD Congo en général et à Kinshasa indifférents. C’est pour cela que divers mouvements de contre attaque dont les maîtres volontaires s’y impliquent pour éradiquer ce phénomène à Kinshasa.

Section 1 : Quelques recommandations

1. Les réactions des Maîtres volontaires

 

Pour formuler les recommandations, nous avons utilisé l’approche participative en remettant aux maîtres volontaires un questionnaire tout en leur proposant quelques recommandations. Voici comment ils ont réagi dans les lignes qui suivent.

-          Que peuvent être les recommandations à travers lesquelles la conjoncture en question peut être minimisée de façon à permettre le bon fonctionnement de cette association sous examen ?

 

A cette question, nous avons proposé les réponses ci-dessous aux enquêtés afin de leur permettre de réagir promptement :

a.   Motivation (allouer les différentes primes lors de l’arrestation d’un gangster) ;

b.   Paiement de chaque mois ;

c.    Les motos pour leurs déplacements

d.   Donner les voitures pour le déplacement.

 

41% des enquêtés ont proposé la motivation ; 40% le paiement de chaque mois ; 12% les motos pour le déplacement et 7% de leurs donner les voitures.


 

2.        Recommandations

 

·        Pour les enquêtés

 

ü  57% des enquêtés ont proposé la motivation des maîtres volontaires ;

ü  20% des enquêtés les payer ;

ü  13% la formation et

ü  10% la dotation des biens c'est-à-dire motos et voitures.

3.         Le condensé des commentaires

 

Après avoir présenté les résultats obtenus, nous réalisons quelques commentaires. A dire vrai, la dotation des biens et la motivation seront à la base d’amélioration des conditions de travail figurent au premier plan pour toutes les catégories de la population kinoise. En deuxième lieu, intervient la motivation. En troisième lieu, le paiement des maîtres volontaires (selon les bravoures) et enfin la formation de celle-ci.

 

En effet, le salaire est un droit requis pour tout travailleur. L’employeur est enclin à payer un salaire responsif c'est-à-dire permettant au travailleur de faire face à la première catégorie des besoins qu’Abraham Maslow appelle « les besoins physiologiques ».

 


 

La motivation est source de bon rendement de toute forme d’organisation et elle compense à plusieurs autres besoins y compris la formation.

 

En réalité, le salaire, la motivation voire la formation satisfont à l’échelle des besoins présentés comme suit ([28]).

 

Figure unique : La théorie de besoins

 

 


Besoin de reconnaissance

 


 

Commentaire :

Tel que démontré dans cette pyramide des motivations, les besoins humains sont organisés en une pluralité de niveaux, suivant une hiérarchie d’importance. Au niveau  le plus bas, se trouvent d’abord les besoins physiologiques préconisés dès qu’ils sont contrariés. Dès que le pain manque, l’homme ne vit plus que pour en obtenir. Mais, pour l’homme qui mange régulièrement et à sa convenance, la faim cesse à son tour de constituer un besoin satisfait n’est plus un facteur de motivation pour le comportement.

 

Lorsque les besoins physiologiques sont raisonnablement satisfaits, ce sont les besoins du niveau immédiat supérieur qui commencent à donner le comportement de l’homme et à motiver celui-ci. Ce sont les besoins de sécurité. Tels sont les besoins de protection contre les dangers, la menace et la privation.

 

Il est important de souligner que puisque tout le peuple du Congo se trouve dans un état de dépendance, ses besoins de sécurité peuvent revêtir une force considérable. Le comportement arbitraire des maîtres volontaires à son égard éveillera chez le kuluna, un sentiment d’insécurité concernant la garantie de son association ou celui d’être victime d’un favoritisme ou discrimination aux actions imprévisibles. Tout cela constitue les relations d’une association d’autodéfense à tous les niveaux.

 

Il est clair que les conditions de la vie moderne ne procurent que des chances licitées à l’individu d’exprimer ses besoins relativement faibles.

 

La frustration qu’éprouve la plupart de Kuluna en ce qui concerne la satisfaction de leurs besoins inférieurs (besoins sociaux) distrait leur énergie. Ils consacrent celle-ci à lutter pour satisfaire ces besoins primaires, ce qui laisse en sommeil leurs besoins de l’humanisme.


 

CONCLUSION

 

Il est un devoir pour nous de rappeler que le travail sanctionnant la fin du premier cycle en Anthropologie sur le « Phénomène « maîtres volontaires » comme manifestation des antagonismes de socialisation des mécanismes d’autodéfense populaire à Kinshasa. Cas de la commune de Lemba.

 

En effet, après avoir fait la revue de la littérature afin de montrer l’authenticité de la présente étude, trois questions essentielles ont été posées en termes de problématique, à savoir :

-      Un maître volontaire est un kulunaire ou un quémandeur d’emploi ?

-      Est-il un défenseur de la population kinoise contre la violence physique ou pas ?

-      Qu’est-ce qui est au centre de motivation de cette association à Kinshasa ?

 

A ces questions pertinentes, nous avons joint les réponses provisoires selon lesquelles les maîtres volontaires sont des sportifs ayant acquis certains documents dans sa commune pouvant lui permettre de traquer, à cibler des bandes de criminels (kuluna) afin de les ramener chez les acquis de droit. Aussi c’est une façon de création d’emploi ou de demander l’emploi auprès de l’Etat d’une façon maligne. A ce jour, les maîtres volontaires sont devenus de chevaux de bataille dans toute la ville de Kinshasa parce qu’ils sont employés presque dans chacune de communes de Kinshasa. Il y a des jours parfois où les maîtres volontaires sont tombés dans le bouc émissaire malgré cela, ils savent se battre en brèche.

 

L’éradication du phénomène kuluna dans la ville de Kinshasa, telle est la motivation qui les anime de protéger la population de cette ville, mais aussi le canal de trouver de quoi chercher à s’intégrer régulièrement dans la vie quotidienne.

Pour parfaire cette étude, nous nous sommes servi de la méthode stratégique, matérialisée par les outils de collecte des données tels que : la technique documentaire, l’interview libre, l’observation directe et participante, la boule de neige, l’entretien libre et le questionnaire.

 

Délimitée dans le temps et dans l’espace, cette monographie a été subdivisée en trois chapitres :

Le premier consacré aux généralités, a fait l’objet du déminage des concepts clés tels que

 


 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

1.      CROZIER, M. et FRIEDBERGE, E., L’acteur et le système, Paris, Edition du Seuil, 1977.

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3.      ETZIONI, A., Les organisations modernes, Bruxelles, Duculot, 1971.

4.      FATU MUZESA, Les stratégies de la gestion de la crise socio-économique par les agents de l’UNIKIN. Analyse et perspective, Mémoire en SPA, UNIKIN, 2013.

5.      HERNAUX G. et NOYE, Améliorer les qualités des processus pour maîtriser la complexité des p

6.      JALBERT, F., Les ressources humaines. Atout stratégique, Paris, L’Harmattan, 1989

7.      KOENIG, G., Management stratégique. Paradoxes, interactions et apprentissage, Paris, Ed. Nathan, 1998.

8.      MARION, A., (sous la direction de), Le diagnostic d’entreprise. Cadre méthodologique, Paris, éd. Economica, 1933.

9.      Ministère du Plan, Document des Stratégies de réduction de la Pauvreté (DSRP), Kinshasa, février 2004.

10.  MUCHIELLI, A., Dictionnaire des méthodes qualitatives en sciences humaines et sociales, Paris, Ed. Armand Colin, 1996.

11.  NSAMAN-o-LUTU et ATSHWEL OEL, Comprendre le management : cultures, principes et contingences, Kinshasa, éd. CAPM, 2007.

12.  NSAMAN-o-LUTU, Théorie générale de management, G2 SPA, FSSAP, UNIKIN, 2008-2009, cours inédit.

13.  SHOMBA K.S., Méthodologie de la recherche scientifique. Les facettes de captage et les logiques d’analyse des données, éd. Presses de l’Université de Kinshasa, Kinshasa, 2012.

14.  SHOMBA K.S., Phénomène « Kuluna » ou le gangstérisme juvénile à Kinshasa. Récurrence, logiques d’actions et vulnérabilités de moyens de prémunition, éd. MES, Novembre-décembre 2011.

15.  SHOMBA KINYAMBA, La chaire de dynamique sociale CDS-Unikin. Cinq ans après. Acquis et perspectives, éd. MES, Kinshasa, 2010.

16.  SHOMBA KINYAMBA, S., Méthodologie de la recherche scientifique, Kinshasa, PUK, 2012.


 

Définition :

 

Kuluna

 

Après plusieurs tentatives pour chercher comment appeler les différents groupes de jeunes inciviques qui s’illustrent dans les actes de vandalisme et de barbarie, ces bandits qui opèrent parfois au su et au vu de tout le monde

 

En effet parler de la sécurité des personnes et de leurs biens implique un service approprié à cet égard dans tous les pays du monde les agents chargés de cette sécurité sont soient les policiers, soient les militaires, lesquels ont comme mission de pouvoir maintenir l’ordre public. Mais nous assistons depuis un certain temps, à la recrudescence du phénomène « Kuluna » ou le gangstérisme juvénile une montée la paix et la quiétude des paisibles citoyens semblent êtres menacés par des inciviques de tout genre semant la terreur et la désolation, bref l’insécurité dans tout le sens. Le service de sécurité semble être inefficace face à cette montée de la violence à Kinshasa. C’est ainsi que les jeunes des différents quartiers se sentant ainsi devant cette impérieuse nécessité, se sont groupes en bandes pour bouter ce genre de violence.  

 

 



[1] SHOMBA K.S., Phénomène « Kuluna » ou le gangstérisme juvénile à Kinshasa. Récurrence, logiques d’actions et vulnérabilités de moyens de prémunition, éd. MES, Novembre-décembre 2011, p.5.

[2] Idem.

[3] Ibidem.

[4] SHOMBA, K.S., op. cit. p.47.

[5] Jean-Marie Nkambua/L’Avenir

 

[6]

[7]

[8]

[9] SHOMBA K.S., Méthodologie de la recherche scientifique. Les facettes de captage et les logiques d’analyse des données, éd. Presses de l’Université de Kinshasa, Kinshasa, 2012, p.38.

[10] Les travaux du lancement du projet « nature et acteurs de la violence urbaine en République du Congo, organisé par la CDS-UNIKIN et ICREDES les 27 novembre 2013 au Centre des handicapés à Lingwala.

[11] SHOMBA KINYAMBA, La chaire de dynamique sociale CDS-Unikin. Cinq ans après. Acquis et perspectives, éd. MES, Kinshasa, 2010.

[12] Ministère du Plan, Document des Stratégies de réduction de la Pauvreté (DSRP), Kinshasa, février 2004, p.5.

[13] MUCHIELLI, A., Dictionnaire des méthodes qualitatives en sciences humaines et sociales, Paris, Ed. Armand Colin, 1996, p.6.

[14] Lire NSAMAN-o-LUTU et ATSHWEL OKEL, Comprendre le management : cultures, principes et contingences, Kinshasa, éd. CAPM, 2007, pp.48-49.

[15] Lire MARION, A., (sous la direction de), Le diagnostic d’entreprise. Cadre méthodologique, Paris, éd. Economica, 1933, p.331.

[16] CROZIER, M. et FRIEDBERGE, E., L’acteur et le système, Paris, Edition du Seuil, 1977, pp.203-232.

[17] KUYUNSA, B. et SHOMBA, K., Initiation aux Méthodes de travail scientifique, Kinshasa, PUZ, 1995, p.58.

[18] SHOMBA KINYAMBA, S., Méthodologie de la recherche scientifique, Kinshasa, PUK, 2012, p.38.

[22] DURKHEIM, E., De la division du travail, Paris, Seuil, 1893, p.345.

[23] Dictionnaire de la Sociologie : les notions, les mécanismes, 2ème éd. Bruxelles, 2004, p.254.

[24] JALBERT, F., Les ressources humaines. Atout stratégique, Paris, L’Harmattan, 1989, cité par FATU MUZESA, les stratégies de la gestion de la crise socio-économique par les agents de l’UNIKIN. Analyse et perspective, mémoire en SPA, UNIKIN, 2013.

[25] FATU MUZESA, op. cit.

[26] KOENIG, G., Management stratégique. Paradoxes, interactions et apprentissage, Paris, Ed. Nathan, 1998, pp.33-36.

[27] Dictionnaire de sociologie : les notions, les mécanismes et les natures, 2ème éd. Hâtier, paris, 1997, pp.254-257.

[28] NSAMAN-o-LUTU, Théorie générale de management, G2 SPA, FSSAP, UNIKIN, 2008-2009, cours inédit.

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