Bonjour, nous sommes le 30/03/2020 et il est 07 h 00.


Le pagne, vêtement traditionnel national porté par les filles et les jeunes femmes en République Démocratique du Congo, est un habillement qui fait partie intégrante de mœurs de la RDC. Le rôle d’un couturier sera, à cet effet, de confectionner les vêtements un tissu pagne digne d’attirer l’attention du public pour le valoriser.


Au-delà de la dimension morale que revêt l’habillement, ce dernier peut être porteur d’un type spécifique de message. A Kinshasa, l’habillement semble avoir perdu son rôle véritable chez la femme et l’homme moderne. Ces derniers ne savent plus s’habiller correctement. Ils préfèrent des habits qui affichent leur propension vers la dépravation des mœurs, en dénudant le corps, par exemple. Il s’agit des habits qui mettent en relief parfois une partie déterminée du corps.



Dans ce genre de situation, le couturier est obligé de définir soigneusement ses compétences dans la lutte contre les antivaleurs et pour la réussite de son métier et surtout promouvoir la culture congolaise sur le plan couture. A cela tant de question se posent :



- Comment un couturier peut-il faire la promotion de la culture congolaise grâce à ses techniques ?
- Est- ce que le port de tissu pagne est-il une obligation ou une volonté pour la jeune fille Kinoise ?
- Est-il possible de réaliser une œuvre d’art qui peut avoir comme message sensibilisé la femme congolaise au port du tissu pagne ?


CHAPITRE I : GENERALITES SUR LE PORT DE TISSU PAGNE

Le pagne est une pièce de tissu ou de matière végétale tressée généralement rectangulaire, avec laquelle une personne couvre son corps des hanches jusqu'aux cuisses .



Il est généralement composé d'une seule pièce, ou d'une pièce et d'une ceinture. Il peut être simple, coloré, imprimé, brodé ou décoré de diverses manières. Certains pagnes pouvaient être en tissu plissé pour leur partie inférieure, ou accompagnés de bijoux ou pièces d'étoffe décoratives .

Selon les époques, les cultures et les âges de la vie, le pagne est mixte ou tantôt porté par les Femmes, par les hommes, dehors, ou à l’intérieur. C'est l'un des vêtements de tissu les plus simples que les Femmes et hommes ont créé et porté. Il est encore couramment utilisé, notamment dans les régions chaudes. Quelques créateurs de mode et artistes s'en inspirent .



Son origine est inconnue, mais il semble avoir été porté comme vêtement, parure ou en surplus au-dessus d'autres vêtements depuis très longtemps et sur tous les continents .


a. Utilisation du pagne

Il est toujours porté de nos jours dans plusieurs pays d'Afrique, d'Amérique tropicale et d'Océanie. Il existe des centaines de sortes de pagnes différents selon l'âge et les activités, ainsi que pour l'intimité.





Le pagne blanc de la mariée, chez certaines ethnies africaines attachant une grande importance à la virginité, devait être taché de sang le lendemain de la nuit de noce pour prouver la virginité de la mariée. Il était ostensiblement promené dans les rues jusqu'à la concession du mari afin de montrer à sa famille que la mariée était réellement vierge, mais l'on sait que le sang d'une volaille pouvait aussi être utilisé pour faire passer la mariée pour vierge, ou si l'hymen ne saignait pas .



« Pagnes mortuaires » ; spécifiquement décorés, pour accompagner le défunt dans l'au-delà, chez de nombreuses ethnies d'Afrique, d'Asie du Sud-Est ou de Madagascar, d’autres publics les utilisent dans certaines cultures, ou en prévoir plusieurs des ces types tout au long de leur vie en Afrique chez les Maniaques par exemple. Les motifs de ces pagnes peuvent par exemple raconter la vie du défunt, décrire les rites et cérémonies du village ou décrire l'enterrement du mort.

Une quatrième approche consiste à stimuler la curiosité de l’audience en présentant un message énigmatique qui devient compréhensible dans la suite de la campagne : cette approche est appelée le teashing.



De très nombreuses sortes de pagne coexistent en Afrique, fabriqués avec les matériaux de la forêt ; en écorce battue ornée de motifs M'buti par les Pygmées au Congo, aux tissus les plus riches et complexes inspirés des techniques indonésiennes, en passant par les pagnes colorés des masaï et les pagnes courts et affriolants réservés à l'intimité dans l'Ouest et centre-ouest du continent .


c. Exemple de motifs

Dans les pays du Golfe de Guinée, de la Côte d'Ivoire au Sud du Nigéria, le pagne traditionnel était une pièce de tissu d'environ 1m de large et 8,5m de long. Cette forme se retrouve également dans le sari/dhoti indien, la toge romaine et la forme ancienne du kilt écossais.

Lors des occupations quotidiennes, le pagne était plié en deux dans le sens de la longueur et enroulé autour des hanches. Dans des situations plus "formelles", les cérémonies, ou quand il faisait froid, il était déplié et drapé à la façon d'une toge ou d'un sari, une partie s'enroulant autour de la taille et le bord libre rejeté derrière l'épaule gauche, ou parfois relevé sur la tête.



Bien entendu, si un individu pouvait se permettre de posséder plusieurs pagnes, il utilisait les plus usés en position "travail" lors de ses occupations journalières et un pagne de bonne qualité drapé autour du corps pour les grandes occasions. A l'époque moderne, le pagne des femmes fut coupé pour former trois parties (pagne, corsage et surjupe ou chale).



Celui des hommes n'est plus utilisé que pour de grandes occasions et/ou par les hommes d'un certain rang (prêtres, chefs traditionnels au Ghana, notamment).



On appelle pagne wax les tissus imprimés utilisés notamment en Afrique de l'Ouest, jusqu'en République démocratique du Congo, et dont la technique s'inspire des Batiks Javanais, réalisés avec des cires hydrophobes (Wax signifie « cire »). Les premiers tissus de ce style ont d'ailleurs été ramené par des mercenaires ghanéens travaillant en Indonésie pour les Britanniques et les Hollandais. La création et le tissage de ces pagnes ont donné lieu à une véritable industrie, les originaux ayant été produits en Hollande (real Dutch wax).



Il existe des versions imprimées (faux-wax) très dynamique en Côte d'Ivoire notamment. Les motifs, parfois humoristiques ou populaires (images de héros de série télévisé, formules chocs…) en sont dessinés par des artistes burkinabés, maliens, ivoiriens principalement. Il y a aussi les pagnes kitas en Côte d'Ivoire et au Ghana.


d. Le pagne long

On appelle également « pagne » tout vêtement long qui donne l’apparence d’une jupe longue quand il est porté, mais qui n’est constitué que d’une seule pièce de tissu rectangulaire démunie de système de fermeture (il tient par le fait que le tissu est replié plusieurs fois sur lui-même à la ceinture, ou par un nœud). L’absence de couture permet une grande liberté de mouvement .

Par exemple au Mali (où le pagne bogolan est dessiné et porté par les femmes), il couvre le corps du nombril aux chevilles, donc s'arrêtant aux pieds. Il est traditionnellement constitué de sept bandes de coton cousues entre elles (Le : taafe en bamanan). Il est enroulé autour du corps, le côté droit attaché sur le côté gauche. La décoration, divisée en cinq parties, a un sens symbolique :
• La bordure supérieure (fini siri (attacher) bolo, ou finitayoro), parfois plus solide, sert à nouer le pagne.
• Le bord droit (sokonon bolo ; so signifiant : la maison, et konon dedans/à l'intérieur, et bolo : main/ limite) n’est plus visible une fois le pagne noué, alors que la bordure gauche (kenema (dehors) bolo) est apparente.
• La bordure du bas (duguma bolo ou senkorola (duguma signifiant la terre/le sol, et le pied, Korola signifiant auprès de) est une bande décorative comportant des motifs associés à ceux du panneau principal central, finin ba (ba désignant la grandmère, et finin l'étoffe).



Les motifs dessinés sur les pagnes en bogolan et leurs positions respectives symbolisent ou évoquent des récits d'événements réels ou mythiques. Les motifs, qui peuvent avoir plusieurs sens, portent des noms et ils protègent la femme qui porte le pagne. Ce sont souvent des stylisations d’empreintes d'homme ou d’un animal. Chez les Bambaras, les traces laissées sur le sol étaient réputées contenir une partie de la personne .



• Certains motifs sont créés à l’occasion d’un événement, et caractéristiques d’une ethnie ou d’une région et d’une époque.
• Différents pagnes sont portés selon le moment de la vie d'épouse ou de mère.
• Un motif différent peut marquer les angles du pagne.

La technique du Bogolan au Mali a été dans les années 1980 appropriée et transformée par des artistes maliens, sénégalais ou du Burkina Faso (ex : groupe malien Bogolan kasobané) qui dessinent sur des pièces de tissus.



Au sein du groupe ethnique des Kuba, les hommes tissent les pagnes, mais ce sont les femmes qui les décorent au moyen d'appliqués, de broderies et en ajourant le tissu.


e. Le pagne court

Il existe de nombreuses sortes de pagnes courts, dont en fibre, écorces battues, voire en simple ceinture de plumes chez certaines ethnies de la forêt sud-américaine.

Au Sénégal, le bethio, dit « Petit Pagne » (Bekou-soukar, tame thiere, keyitoukeur gui en wolof) est un vêtement, parfois ajouré, très lié à la séduction et à l’érotisme en Afrique, qui peut être porté avec un ou plusieurs collier(s) de perles autour des hanches (Dial Dialy est le collier porté par les femmes, Bine Bine étant celui porté par les jeunes filles, mot qui signifie aussi « doucement » en wolof) autour de la taille pour notamment mettre en valeur le corps dans certaines danses aux déhanchements évocateurs.



Le paréo survit comme vêtement de plage, le temps des vacances, mais le modèle occidental a fait reculer le port du pagne dans de nombreux pays, et chez les immigrés des pays riches.



Le royaume de Bateke et Bahumbu se composait de Bandalungwa mais aussi de Selembao, Kasa-vubu et Lingwala.



Inversement, quelques artistes ou praticiens de la mode tentent périodiquement de relancer l'intérêt du public pour les aspects pratiques et confortables de diverses sortes de pagnes, avec l'aide des autorités locales parfois, avec par exemple une Fête du pagne de trois jours créée à Douala en juin 2005, pour relancer le port du pagne, « booster la créativité des couturiers et tailleurs », mais aussi « orienter la création vers des lignes et un esprit plus contemporains » des vêtements traditionnels.



L’identification des matières textiles est une opération nécessaire qui nous aide à déterminer les constituants de fibres textiles qui ont servi à la fabrication du tissu28 pour être complet dans notre domaine. Il est demandé à une couturière de maitriser les matières textiles qui composent le tissu qu’elle utilise pour proposer à ses clients un code d’entretien approprié.

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