Bonjour, nous sommes le 15/08/2022 et il est 11 h 51.

Dans les sociétés traditionnelles africaines, l'infirme, le bossu, l'aveugle doivent vivre d'aumône car ils sont considérés comme porteurs de pêchés. Ces personnes étaient marginalisées et vouées à tous les démons. Elles dépendaient de la charité publique pour leur survie. Le handicap était considéré comme une fatalité. Le comble c'est que les personnes handicapées et leurs familles y croyaient fortement et s'y confinaient .


Les personnes vivant avec handicap en République Démocratique du Congo rencontrent dans leur existence quotidienne, beaucoup de problèmes liés au non-respect de leurs droits humains fondamentaux et à la nature spécifique de leur handicap.



Ces problèmes ont trait entre autres aux préjugés et attitudes négatives de la société, à l'accessibilité, à leur représentation sociale et politique, à la législation générale qui n'intègre pas suffisamment la spécificité du handicap. Malgré la lutte opiniâtre que mènent les personnes handicapées depuis plusieurs décennies, en RDC, ces dernières se heurtent à certaines pratiques et des faits qui sont très révoltants parce que tout simplement inhumains.



Pour s'en convaincre, il suffit de sillonner la ville de Kinshasa où on observe au niveau de certaines artères principales de nombreuses personnes handicapées qui vivent comme des bêtes sauvages. Elles vivent majoritairement à la belle étoile dans des abris de fortune. Ceci témoigne éloquemment que malgré tous les efforts fournis par la communauté internationale notamment les Nations-Unies qui se sont investies les premières en initiant une série de programmes et des mesures d'ordre réglementaire dont la dernière en date est la Convention sur les Droits des Personnes Handicapées adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies le 13 décembre 2006 et entrée en vigueur le 3 Mai 2008 ; et promulguée en RDC en 2012, il demeure évident qu'il reste beaucoup à faire pour une bonne prise en charge de ces personnes vulnérables.



A cet effet, plusieurs ONG dans la capitale congolaise militent pour la prise en charge de ces personnes.



Notre problème général de recherche réside dans l’ignorance des stratégies de communication publique utilisées par les organisations non gouvernementales pour sensibiliser le public sur les droits de protection des PVH. Notre question générale de recherche est la suivante : Comment les ONG organisent-elles leur communication pour sensibiliser le public sur les droits de protection des PVH ?

Les études portant sur la protection des personnes vulnérables ont retenu l’attention de plusieurs chercheurs à l’Institut Facultaire des Sciences de l’information et de la communication. Mais en ce qui nous concerne nous avons retenu deux travaux.



Le premier porte sur « l’approche communicationnelle dans la relation personnelle entre traitant et personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVIH). Cas de la clinique Ngaliema » réalisé par Lokuka Bokunanisa Sandra.

La question de l’auteur est la suivante : existe-t-il une autre forme de communication interpersonnelle visant à prendre moralement en charge la personne vivant avec le virus dans nos hôpitaux ? En réponse provisoire, il a postulé que la relation médecin-malade ne procède pas uniquement de l’ordre thérapeutique mais aussi de l’ordre communicationnel. En recourant aux méthodes descriptive et analytique, l’auteur arrive à la conclusion que la relation médecin-malade fait appel à la communication interpersonnelle.





Le second travail est celui de Pezo Tumwa Christelle et porte sur « la prise en charge communicationnelle des PVVIH. Expérience d’Amocongo, femme plus et Alpi+ ». Cette étude se résume sur la question de recherche suivante: quelle communication pour une prise en charge efficace avec les personnes vivant avec le VIH/Sida ? L’hypothèse de l’auteur était la suivante : le choix de la politique de la communication et du type de campagne d’information est fondamental et constitue la première étape de la lutte contre le Sida. L’auteur a recouru à la méthode descriptive et sa conclusion est la suivante : la communication permet non seulement à la diffusion de l’information concernant le VIH/Sida en assurant une meilleure connaissance et acceptation de la situation mais surtout elle favorise un changement des comportements de la part des PVVIH et de leur entourage.



L’originalité de notre étude qui s’inscrit dans l’axe de la compréhension, est qu’elle analyse les stratégies de communication utilisées par l’ONG FENAPHACO pour sensibiliser le public sur les droits de protection des personnes vivant avec handicap.

D’où notre question de recherche : quelles stratégies de communication publique que l’ong FENAPHACO met-elle en place, pour la promotion des droits de protection des Personnes Vivant avec Handicap?



Devant une absence de données statistiques concernant le nombre et la situation des personnes vivant avec handicap au Congo par les ministères du Plan et celui des Affaires Sociales et de la Solidarité Nationale, Nous nous référons aux estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé, du PNUD, de l’Unicef, de l’OIT, de la FIDPH et de l’OMPH qui estiment, que la population congolaise comprend 11% de personnes vivant avec handicap . Ainsi, le nombre des personnes vivant avec handicap en RDC est approximativement de 9,6 millions sur une population de 80 millions d’habitants.

Selon une étude préliminaire, on peut tirer quelques indicateurs socioéconomique et culturel spécifiques à la population vivant avec handicap : - Plus de 56% des handicaps sont causés par des maladies, dont la poliomyélite, le konzo,… - Plus de 44% des handicaps ont été causées par la guerre de l’Est de la RD de 1996 à ce jour, - Plus de 93% des personnes vivant avec handicap vivent dans des milieux défavorisés, - 94% des personnes vivant avec handicap sont sans niveau scolaire, c’est-à-dire analphabète, - Plus de 87% des personnes vivant avec handicap sont incapables de travailler, même s’ils ont un diplôme, par rapport à la mauvaise conception de la société congolaise, - 93% des personnes vivant avec handicap sont au chômage, - 98% des personnes vivant avec handicap ne bénéficient pas d’allocations ou d’assurances, - 81% des personnes vivant avec handicap n’ont pas accès à des soins de santé des qualités, - 91% des personnes sont ignorantes des maladies telles que : le paludisme, le VIH-Sida, les IST, la tuberculose, le cancer des seins, et la lèpre,… - 5 femmes sur 10 vivant avec handicap sont violées chaque jour dans les cinq provinces de l’Est de la RDC ; - 92% des femmes vivant avec handicap ont un problème d’accéder au mariage. Sur un échantillon de 30 femmes vivant avec handicap, seulement deux femmes ont la chance de se marier et d’avoir des enfants avec un même père ; - La participation des personnes vivant avec handicap dans les instances de prises des décisions et à la vie politique est de 1,6% ; - La participation des personnes vivant handicap avec dans les questions d’intérêt national du Congo est de 0,50% - La participation des personnes vivant avec handicap dans les cabinets politiques de la République est de 1,96% - La participation des personnes vivant avec handicap dans les institutions de la République est de 0,50% - La participation des personnes vivant avec handicap dans les activités de la société civile est de 6% - La participation des personnes vivant avec handicap dans les organes des prises des décisions des partis politiques est de 9%.


Globalement la situation des personnes handicapées est caractérisée par :

- Manque de structure d’accueil et leur concentration dans les grandes villes, - Faiblesse des structures gouvernementales, législatives et réglementaires, - Domination des représentants sociaux passifs envers les personnes vivant avec handicap, - Diversification des causes du handicap (maladie génétique, environnement, guerre, pauvreté, accidents de travail et de la route). - 92% des femmes vivant avec handicap ont un problème d’accéder au mariage sur un échantillon de 30 femmes vivant handicap, seulement deux femmes ont la chance de se marier et d’avoir des enfants avec un même père.


En ce qui concerne les enfants vivant avec handicap :

La République Démocratique du Congo compte environ 2,6 millions des enfants vivant avec handicap, dont la situation se présente comme suit :

- 1,3 millions des enfants vivant avec handicap âgé de 3 à 18 ans vivent dans les cinq provinces de l’Est du Congo (Katanga, Province Orientale, Maniema, Nord et Sud Kivu) ; - 1,9 millions des enfants vivant avec handicap âgé de 6 à 20 ans vont à l’école, - 1,8 millions des enfants vivant avec handicap âgé de 3 à 18 ans sont des filles, - Sur un échantillon de 10 enfants vivant avec handicap âgé de 6à 14 ans, seulement 3 finissent le cycle des études primaires, - Sur un échantillon de 20 enfants vivant avec handicap âgé de 12 à 19 ans, seulement 4 finissent le cycle des études secondaires et les humanités et obtiennent un diplôme d’Etat, - Sur un échantillon de 15 enfants vivant avec handicap, qui obtiennent un diplôme d’Etat, seulement 2 finissent les études supérieurs et universitaires.

Les personnes vivant avec handicap en Afrique en général et en RDC en particulier rencontrent beaucoup de difficultés dans l’organisation de leur vie partant de leurs infirmités définitives ainsi que de leurs troubles chroniques qui réduisent chaque fois leur force de vie, la volonté qui les habitent, leurs talents intellectuels, artistiques et culturels pour conquérir leur indépendance sur tous les plans de la vie communautaire et parmi ces différentes difficultés, nous en avons retenues quelques.


I.1. Difficulté médicale

Les difficultés médicales sont les suivantes :
- Absence des cliniques mobiles à travers les milieux périphériques pour l’évaluation médicale et étudier les hypothèses d’intervention pour chaque type d’handicap,
- absence criante des spécialistes résidents pour la prise en charge des personnes vivant avec handicap tels : chirurgie orthopédiste, plasticien, kinésithérapie, neurologue, ergothérapeute, ORL, ophtalmologue,
- manque d’ateliers de production des moyens orthopédiques : tricycles, cannes, béquilles, orthèse, prothèse, chaise roulante et autres équipements de service ;
- difficulté de trouver des équipements de kinésithérapie pour faciliter les soins de rééducation ;
- manque de soutien en médicament pour les personnes épileptiques,
- manque de formation continue du personnel en charge des personnes vivant avec handicap,
- absence d’un programme de dépistage précoce des cas de malformation congénitale : bec de lièvre, bifidaspida, extrophie vésicale, malformation anale, pied bot, genou valgus et le cas d’autisme,…


I.2. Difficultés d’éducation

Pour les difficultés d’éducation :
- 98% des jeunes handicapés dont l’esprit et l’intelligence ne sont pas perturbés ne vont pas à l’école,
- Insuffisance d’école à enseignement spécial par les sourds-muets et les aveugles,
- Absence d’un programme d’éducation et de sensibilisation des personnes vivant avec handicap sur leurs droits,
- Manque d’éducation au changement de comportement de la part de l’handicapé, de sa famille et de la communauté,…

- Insuffisance des centres de formation professionnelle pour apprendre aux personnes vivant avec handicap quelques métiers,
- Difficultés de trouver des matériels et équipement de service pour la formation professionnelle,
- Absence d’ateliers protégés pour aider les personnes vivant avec handicap à travailler après la formation,…

Les personnes vivant avec handicap dont les victimes de poliomyélite marchant à 4 pattes sont chaque jour sur la poussière et la boue dans nos communautés ;
- Les enfants vivant avec handicap physique dorment sur des nattes et pagnes ;
- Les personnes vivant avec handicapes sont dans la plupart malnutris et 80% d’enfants vivant avec handicap meurent souvent avant l’âge de 5 ans à cause de la malnutrition

La Fédération nationale des associations des personnes vivant avec handicap du Congo (FENAPHACO) est une plate-forme et un réseau de 529 Associations des Organisations congolaises travaillant pour la défense, la promotion et la protection des droits des personnes vivant avec handicap et elle est aussi une organisation non gouvernementale de Défense des droits de l’Homme de droit congolais crée en 2003 à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo.

La FENAPHACO est reconnue comme personnalité juridique par le Ministère de la Justice et Garde des sceaux en 2012. Elle est membre de l’Organisation Mondiale des Personnes Handicapées de la Fédération Internationale pour la Protection des Droits des Personnes vivant avec Handicap des pays Francophone, de la Conférence Internationale des Associations des Personnes vivant avec Handicap des Pays Membres de la SADC et de la CEEAC, de la Panafricaine des Personnes Handicapées et de l’Organisation Européenne des Associations des Personnes Handicapées .


a. Les objectifs généraux

rechercher et assurer le bien-être de la personne vivant avec handicap physique et mental,
- défendre, former, informer et renforcer les capacités des personnes vivant avec handicap physique et mental
- donner, élever le pouvoir économique des personnes vivant handicap physique et mental,
- accompagner et servir les personnes vivant avec handicap physique et mental,
- accompagner et servir les personnes vivant avec handicap physique et mental.

Ce chapitre a fait l’Etat des lieux de la situation des personnes vivant avec handicap en RDC et nous avons ensuite présenter la FENAPHACO. Nous avons relevé qu’elle est une plate-forme et un réseau de 529 Associations des Organisations congolaises travaillant pour la défense, la promotion et la protection des droits des personnes vivant avec handicap et elle est aussi une organisation non gouvernementale de Défense des droits de l’Homme de droit congolais crée en 2003 à Kinshasa. Le prochain chapitre présente les résultats de l’étude.

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