Bonsoir, nous sommes le 19/08/2022 et il est 19 h 34.





0.     INTRODUCTION

 

0.1.                      PROBLEMATIQUE

 

Il est normal de constater aujourd’hui que des millions de petits agriculteurs des régions tropicales pratiquent une agriculture pluviale, dépendante des facteurs d’environnements et autres (Reijntjes,C.,et.al.,1995,p.9).

Dans leur lutte quotidienne pour survivre, ces communautés paysannes ont développé d’innombrables techniques pour obtenir des plantes et d’animaux, les aliments et les fibres qui leur sont indispensables (Reijntjes, C., et.al. op. cit, p.9).Aussi, au regard de ce qui précède, la République Démocratique du Congo, notre pays n’est pas épargnée à cette logique systématique qui imprègne l’ensemble de ses habitants, qu’il s’agisse des communautés riveraines de forêts ou celles de savanes.

C’est ainsi que, du point de vue agro-écologique, la RD Congo, comme étendue éco systémique, comprend des sous-systèmes liés à la forêt. Toutefois, du point de vue de la subdivision administrative, la RD Congo regorge des sous-systèmes qui sont des entités administratives, étant pour nous chercheurs, des éléments d’études.

Le phénomène tel que vécu en régions tropicales de l’Afrique d’une manière générale, est également présent en RD Congo, plus particulièrement dans le territoire de Mweka et/ou dans le groupement des Bansueba/Bulape notre milieu d’étude. Le phénomène dont il est question étant « la dégradation des forêts » pour des raisons de recherche des moyens de subsistance  (aliments, bois, fibre, bois de chauffage, etc.), attire l’attention de la communauté tant internationale, nationale que locale.

Il est un constat que tirer suffisamment des nourritures de la terre, a toujours été guidé par une logique simple et évidente : cultiver le maximum de terrains, intensifier le travail, raffiner les techniques et les réserves de nourriture augmenteront proportionnellement (ECKHOLM, P., 1977, p.21). Mais cette logique, c’est celle de l’homme, pas celle de la nature, et aujourd’hui, les titres des journaux nous révèlent de plus en plus fréquemment une histoire différente et beaucoup plus complexe. Des millions d’individus, et parfois des pays entiers doivent se rendre à l’évidence : un surcroit  d’exploitations ne provoque pas obligatoirement un surcroit de nourriture ; c’est même parfois tout le contraire (ECKHOLM, P., 1977, p.21).

Le scenario ainsi établi par ECKHOLM P. reste utile pour illustrer la vulnérabilité des écosystèmes forestiers voire faunistiques dans notre milieu d’étude, qui est le groupement des Bansueba où le phénomène se présente avec acuité.

Toutefois l’évolution accélérée des conditions économiques, technologiques et démographiques, exige une adaptation encore plus rapide des systèmes de production  de ces petites exploitations. Les nouveaux débouchés, la promotion des intrants chimiques et les  contraintes financières peuvent conduire ou contraindre les agriculteurs à rechercher des profits à court terme, au détriment d’un équilibre entre leur activité agricole et  leurs conditions environnementales (Reijntjes, C., et. al. 1995, p.9).

La dégradation de productivité des termes provoquée par l’érosion accélérée du sol, l’avancée des déserts, les inondations croissantes et la baisse de fertilité des terrains entraînent chaque année un désastre bien plus tragique que celui causé par la pollution de l’air et de l’eau, et peut être même une plus grande menace pour la prospérité du monde futur.  Que ce soit pour le désespoir, par ignorance, par inconscience ou par cupidité, les hommes sont en train de détruire les bases de leurs propres moyens d’existence en violant les limites des systèmes naturels (ECKHOLM, P.,op.cit.,.21).

Les principales victimes de ce désastre sont bien sûr les pauvres qui, dans leur recherche de nourriture et de combustible sont souvent forcés par les circonstances comme par les institutions qui les contrôlent à devenir les agents de leur propre perte. Quoique, dans l’esprit des gens, la pauvreté soit souvent associée à un environnement naturel et que la richesse soit elle reliée à la surexploitation, on peut affirmer que les pauvres dégradent plus sérieusement leur environnement que les riches (ECKHOLM, P., Idem.p.21).

Il est évident de nous rappeler que des hommes ont souvent détruit leur patrimoine pendant des milliers d’années. Ce qui est nouveau, aujourd’hui, c’est l’étendue du désastre et la vitesse terrifiante à laquelle se dégradent les forêts dans de nombreuses régions du monde, et plus particulièrement dans le groupement des Bansueba à Mweka. Actuellement, l’explosion démographique nous révèle que la relation entre l’humanité et/ou nos communautés et son environnement, est à présent entrée dans une période de grand danger, unique dans l’histoire.

Quelques que soient les causes fondamentales de la dégradation des forêts à Bansueba, elles le sont à la fois multiples et complexes, que nous allons pouvoir élucider étape par étape dans le corpus de ce travail.

Nous avons constaté avec la plus grande inquiétude dans notre milieu d’étude que la dégradation des forêts a une grave incidence sur le mode et style de vie de précarité ; car des ressources nécessaires pour la survie desservant l’économie du monde rural, sont quasi-épuisées à cause de l’exploitation incontrôlée (surexploitation) des forêts, facteur majeur causant la pauvreté paysanne.

Cette préoccupation révèle en nous un certain nombre des questions que voici :

1)    Quel est l’état de lieu actuel des forêts dans le groupement des Bansueba ?

2)    Quelles sont les activités à la base de la dégradation des forêts et autres ressources naturelles dans le groupement des Bansueba ?

3)    Comment la dégradation des forêts contribue-t-elle à la pauvreté paysanne ?

4)    Quelle approche faut-il adopter pour pallier (remédier) aux impacts négatifs de la dégradation des forêts et son corollaire « pauvreté paysanne » dans cette contrée pour son développement socio-économique ?

Ce sont là des questions que nous nous sommes posées, dont les réponses seront dévoilées tout au long de cette dissertation. Ainsi les réponses provisoires au conditionnel, sont proposées dans notre hypothèse de recherche, pourront être confirmées ou infirmées (rejetées) par la suite selon le cadre épistémologique et la configuration des données de terrain.

 

0.2.                      HYPOTHESE

 

Toute investigation de recherche avance à travers des cycles répétés de formulation et de vérification d’hypothèses concernant le phénomène étudié. Afin de décider objectivement si une hypothèse est confirmée par un ensemble de données, il faut adapter une procédure rationnelle pour l’acceptation ou le rejet de ladite hypothèse (MPUKA, D.2017, p.27).

L’hypothèse étant la proposition des réponses aux questions que le chercheur se pose à propos de l’objet de la recherche formulée en termes tels que l’observation et l’analyse puissent fournir une réponse confirmée ou infirmée (PINTO,R., et GRAWITZ,M.,1971,p.200).

Ainsi, notre travail présente des hypothèses ci-après :

Ø  Les forêts dans ce groupement, se trouveraient actuellement à l’état de surexploitation et d’épuisement (dans un si mauvais état) qu’elles ne sont plus capables de se régénérer et d’exister ;

Ø  L’intensification de l’agriculture itinérante liée à une explosion  démographique et des activités d’extraction (des bois et des sous-bois) seraient à la base de déforestation (dégradations/forêts) dans le groupement des Bansueba ;

Ø  La dégradation des forêts dans ce groupement contribuerait et/ou déclencherait la pauvreté paysanne, en ce sens qu’elle réduit horriblement les ressources vitales de la communauté paysanne, et occasionnerait parfois leur raréfaction et même leur extinction ;

Ø  L’approche  à adopter pour pallier (remédier) aux impacts négatifs du phénomène, serait la mise en place d’une synergie des acteurs à tous les niveaux, la mise en œuvre du projet d’agroforesterie, le renforcement de la législation forestière/environnementale contraignante  et la vulgarisation sur la création des corporations paysannes (coopératives, organisations paysannes,etc.).

0.3.                      CHOIX ET INTERET DU SUJET

 

Le choix de ce sujet a été motivé par l’intérêt que nous accordons à la forêt de manière générale, et plus particulièrement au contexte local  de l’usage de la forêt et des services qu’elle procure aux habitants de la communauté.

Retenons par nature que la forêt présente une importance indispensable à différents points de vue (économique, juridique, écologique, social et culturel voire de conservation). Outre cela, elle procure aux paysans des services extrêmement  utiles tels : le service d’approvisionnement, le service culturel et celui de régulation.

Essentiellement, la forêt requiert des valeurs nutritives, récréatives, thérapeutiques, etc., ceci a motivé notre intérêt à parler de dégradation des forêts dans le groupement des Bansueba à Mweka comme cause principale de la pauvreté paysanne ; dans la mesure où  bon nombre des paysans tirent leurs ressources pour la survie , de la forêt, l’unique réserve de richesses pour cette communauté où la quasi-totalité de la population vit de l’agriculture et de ses activités connexes.

En remontant l’histoire, et en l’interrogeant même nous constatons que le peuple Bansueba est essentiellement agriculteurs dont toute la survie est dépendante de la production locale calquée sur le modèle de production traditionnelle. Il s’agit bien entendu de la culture sur brulis. La culture sur brulis, selon MARVIN HARRIS (1979, p.117) est une forme d’agriculture qui convient à des régions où la forêt est dense et le rythme de repousse rapide. L’objet de ce système est d’utiliser une partie de forêt pendant quelques années, de la mettre en jachère le temps que les arbres repoussent pour la réutiliser en suite (Ibidem).

Cette expérience, devenue fragile à Bansueba, avec une période de friche de plus en plus courte, a conduit à considérer ce peuple comme « mangeurs de forêts ». Sur le plan théorique, ce qui est dû arriver semble claire. Au fur et à mesure que la population augmentait, le cycle de culture sur brulis a dû être intensifié, résultant en des périodes de friche plus courtes et donc un rendement  en diminution (Idem, p.118).

0.4.                      ETAT DE LA QUESTION

 

L’état de la question est un inventaire des travaux qui ont en commun un guide culturel ou scientifique avec l’étude que le chercheur est en train de mener (KABENGELE DIBUE, 2007, p.16).

Il consiste à examiner les résultats des recherches antérieures existants dans ce domaine et qui permettent au chercheur de situer son apport à certains travaux (PATHY MULAJ-A-MULAJI, 2008, p.6).

Nous nous rendons compte que notre sujet présente une complexité des problèmes, et touche à toute tendance, voire à toute strate de la communauté (individu, ménage, institutions, Etat, etc.) car nul n’est épargné à la consommation des ressources forestières, et ces dernières procurent du bien-être à tous d’une manière ou d’une autre ; qu’il s’agisse de la consommation locale ou à grande échelle dans des centres de consommations.

La discussion internationale sur la qualité de l’environnement (…), a été accaparée jusqu’à présent par le monde riche et industriel. L’expression « crise de l’environnement » est apparue dans le vocabulaire politique et journalistique seulement lors des dix dernières années, en réaction à l’étendue manifeste de la pollution de l’air et de l’eau. (ECKHOLM, P., 1977, p.22).

C’est ainsi que plusieurs auteurs ont tour à tour abordé la question relative aux écosystèmes forestiers, soit  sous l’angle de l’épuisement du couvert végétal, soit de la raréfaction et extinction des ressources biologiques en général.

1)    BAHATI MUNYERE Jean-Justin a abordé la question de l’Impact de la déforestation due à la consommation de la braise par les ménages de la cité de Mweka, travail de fin de cycle (TFC) défendu à l’ISDR-Misumba/Territoire de Mweka ; cet auteur conclut que la croissance effrénée de la consommation des braises par les ménages de la cité de Mweka cause des dommages à l’environnement ainsi que des méfaits multiples qui s’accompagnent.

2)    ERIK P. ECKHOLM quant à lui, a parlé de : « La terre sans arbre » où il examine et analyse de façon systématique les diverses formes de destruction écologique de l’équilibre fragile de nos systèmes alimentaires. Il apporte des exemples concrets d’une grave dégradation écologique due au déboisement, au surpâturage, à l’érosion et à l’abandon du sol, à la désertification, à l’envasement des systèmes d’irrigation et des réservoirs ainsi qu’aux variations dans la fréquence  et la gravité croissante de la surexploitation des sols et à la continuation de pratiques culturelles négligentes et à court terme s’ajoutent aux effets de phénomènes naturels comme la sécheresse et les inondations, transformant un problème temporaire en un désastre à grande échelle.

La terre sans arbre démontre explicitement que la capacité du monde à se nourrir lui-même dans le futur, est sérieusement menacée. Ceci est une contribution opportune et précieuse à la prise de conscience du public et à la compréhension de ce que nous devons considérer aujourd’hui comme l’un des principaux problèmes écologiques de l’humanité.

3)    Reijtjes, C., et.al., ont abordé le problème d’une agriculture pour demain, introduction à une agriculture durable avec peu d’intrants externes où ils ont parlé des agriculteurs, des femmes et des hommes qui travaillent la terre.

Ils traitent également de la durabilité. Mettre en place une agriculture durable et la pérenniser est devenu un objectif prioritaire non seulement pour la politique agricole et environnementale des Pays-Bas, mais aussi au sein de la communauté internationale de l’aide au développement. Jusqu’aujourd’hui, les politiques agricoles, qui étaient orientées soit vers l’exploitation, soit vers la production alimentaire, se sont contentées de maximiser les profits à court terme au détriment d’une gestion durable à long terme des ressources locales par les agriculteurs. Bien que ces orientations soient compréhensibles du point de vue des décideurs confrontés aux problèmes de la sécurité alimentaire, de l’emploi, du commerce extérieur et de la croissance démographique, cette démarche ne prend pas suffisamment en considération les intérêts des agriculteurs et des communautés rurales, et ne contribue pas à accroitre leur autonomie.

De nombreux exemples cités dans cet ouvrage démontrent que l’objectif  d’accroissement de la production doit aller de pair avec une gestion  durable des ressources, si l’on veut accorder au bien-être à long terme la même priorité qu’à la satisfaction des besoins immédiats.

Par contre, la présente étude se démarque des précédentes, par le fait qu’elle consacre son attention sur la pauvreté paysanne comme conséquence de la dégradation des forêts  dans le territoire de Mweka, plus précisément dans le groupement des Bansueba où le phénomène a été observé dans une dynamique globale  avec des causes tant directes que sous-jacentes. L’ampleur du problème dans cette étude est d’expliquer, d’analyser et de résumer l’enjeu de dégradation des forêts conduisant à l’épuisement des ressources forestières, lesquelles constituent un capital naturel sécrétant le revenu aux paysans, sans lequel ces derniers sont exposés à une pauvreté indescriptible.

En effet, les voies et moyens seront étudiés pour sortir de l’impasse de la pauvreté paysanne dont l’origine reste la dégradation des forêts avec ses enjeux socio-économiques dans le groupement des Bansueba.

0.5.                      DELIMITATION SPATIO-TEMPORELLE

 

Comme on peut le constater avec NGALAMULUME Grégoire (2019) que l’originalité de l’approche systémique  se conçoit dans la mesure où elle considère les problèmes de développement dans leur globalité. Ainsi , les problèmes de développement d’un village, d’un territoire, d’une ville, d’une région ou d’un pays ne peuvent se comprendre qu’en lien avec son contexte géophysique, social, culturel, économique, politique , institutionnel,… proche ou lointain.

Ainsi, cela nous a poussés de cerner notre sujet dans un contexte spatial lié aux aspects socio-culturels et économiques qui imprègnent le mode de vie de la communauté paysanne concernée.

La présente étude se réalise dans le territoire de Mweka, et plus précisément dans le groupement des Bansueba où le phénomène a été nettement observé.

Dans le temps, cette étude couvre une période allant de 2010 à 2018, soit neuf (9) dernières années, période ayant suivi la crise financière internationale, et la crise des céréales ayant frappé la quasi-totalité de l’Afrique. Dans ce contexte, plusieurs organisations avaient lancé des programmes visant à réduire la flambée de prix des denrées de première nécessité, comme ce fut le cas du programme du gouvernement GCP/040/2010/FAO qui avait pour but, la réduction de la flambée des prix via l’exploitation des forêts par des ménages ciblés dans le programme. Ceci avait motivé plusieurs ménages paysans à plus exploiter la forêt en vue de bénéficier des avantages du programme.

0.6.                      METHODES ET TECHNIQUES

 

0.6.1.     METHODES D’USAGE 

 

Une action dans un secteur rural (agriculture, nutrition, éducation, etc,…) a des retombées positives et/ou négatives non seulement dans le secteur concerné, mais, sur l’ensemble du village. De même, des changements au niveau du village engendrent des perturbations dans tous les secteurs (Ngalamulume G., 2019, p.110).

Ceci nous a permis de considérer la méthode « systémique » comme celle qui convient le mieux pour mener à bon port cette recherche d’envergure environnementale.

1)    Principes : en s’appuyant sur certains principes de cette méthode, nous avons eu à comprendre et à analyser le phénomène : « dégradation des forêts », lequel est sous examen, en émiettant ses lois et principes opératoires de la manière ci-après :

-          Le phénomène de dégradation des forêts est considéré dans notre étude sous une dynamique globale, car il s’étale dès la communauté locale jusqu’à la communauté internationale ; il implique toutes les catégories sociales à toutes les instances dont la vulnérabilité et la victimisation n’épargnant personne, y compris tous les secteurs de la vie humaine (économique, social, politique, environnement, etc.).

-          L’interdépendance des faits (relation causale) a caractérisé notre étude, par le fait que la modification de l’écosystème forestier présente une panoplie  de répercussions qui ont impacté soit positivement, ou soit négativement le système et ses sous-systèmes. Les effets de la dégradation des forêts ne se limitent pas seulement aux acteurs directement impliqués, mais touchent aussi plusieurs acteurs, et plusieurs secteurs, avec des effets réciproques.

A titre d’exemple ; l’épuisement des forêts qui entraine la pauvreté, le changement climatique qui à son tour modifie la carte agricole et cette dernière ayant une influence sur l’activité agricole et la production.

-          La stabilité : la dégradation des forêts étant à la base de la disparition de certains peuplements forestiers, modification du couvert forestier, modification de la structure du sol, etc., nous trouvons dans le milieu d’étude que certaines façons culturales ont changé (exploitation des jachères pour réduire plus l’arachide en rotation avec du maïs) , ne fut-ce que pour maintenir le système en équilibre (régulation) en vue de répondre aux besoins fondamentaux des ménages et de la société en général, du point de vue de la consommation, soins médicaux, et autres. Ceci voudrait dire que malgré la dégradation des forêts, les acteurs agricoles multiplient des mécanismes de production afin de faire face à la crise qui fragilise l’économie du groupement Bansueba et par ricochet génère la pauvreté paysanne.

2)    Etapes :

-          Le phénomène « dégradation des  forêts » est présenté dans notre étude dans un contexte de dynamique globale, dans la mesure où il attire l’attention de toutes les communautés tant locales, nationales qu’internationales. Il est un fléau d’envergure mondiale dont les répercussions n’épargnent personne.

C’est ainsi, pour analyser cette réalité, il faut la situer dans une optique de globalité c’est-à-dire multiples acteurs y sont reliés directement ou indirectement, plusieurs causes sont inhérentes, produisant ainsi d’innombrables conséquences tant à l’échelle locale, nationale qu’internationale. D’où saisir la globalité dans son contexte dynamique s’est avéré une étape incontournable afin de bien saisir et expliquer la pauvreté paysanne à Bansueba comme conséquence du phénomène de dégradation des faits.

-          Connaissant l’envergure  du phénomène à différentes échelles et au niveau de différents acteurs bénéficiaires et victimes, il est convenable de signaler que le phénomène est lié à plusieurs facteurs (pauvreté, surexploitation, explosion démographique, mauvaise gouvernance, etc) qui sont en interdépendance.

Outre cette méthode globale, nous avons associé la méthode statistique qui nous a aidés à quantifier notre échantillon d’étude ainsi que les observations menées auprès de nos enquêtés ; lesquelles observations sont mathématiquement exprimées pour une compréhension  logique de cette étude suivant une analyse quanto-qualitative  des données récoltées.

0.6.2.     TECHNIQUES :

 

a)    Observation : Elle nous a aidé à voir d’un coup d’œil simple le degré de dégradation des forêts et le niveau de pauvreté paysanne se caractérisant par le type de logement (défectueux), le type d’alimentation, pouvoir d’achat faible, le panier de la ménagère moins signifiant, etc…

b)    Observation participative : celle-ci a été  utilisée dans son aspect « participation-observation » car étant membre du système étudié. Cette technique nous a été favorable pour pénétrer la réalité sociale dans ses aspects les plus cruciaux

c)    Observation documentaire : Elle a consisté à rechercher  des travaux antérieurs ayant trait à notre étude, lesquels ont documenté notre mémoire sur des aspects tels que la forêt, la dégradation, la pauvreté rurale et  paysanne ; tout en augmentant et en améliorant les connaissances scientifiques qui ont caractérisé notre travail.

d)    Echantillonnage : Il a consisté à rechercher une fraction de la population représentative dont la représentativité est quanto-qualitative  au niveau des éléments échantillonnés (enquêtés). car aller vers toute la population concernée par le phénomène serait fastidieux, voir une surreprésentation dont les conséquences techniques sont fâcheuses.

e)    Enquête par sondage : Cette technique nous a aidés à créer un rapport de communication verbale pour saisir les pratiques en rapport avec l’exploitation et la surexploitation forestière, les causes et les conséquences y relatives au moyen du questionnaire d’enquête ainsi établi via l’interview comme moyen utilisé à cet effet ;

0.7.                      OBJECTIFS DU TRAVAIL (DE L’ETUDE)

 

*      Objectif général : Lutter contre l’exploitation abusive des forêts en vue d’une utilisation optimale dans la perspective des objectifs du développement durable (O.D.D), facteur d’éradication de la pauvreté.

*      Objectifs spécifiques :

1.    Décrire l’état initial des forêts par rapport à l’état jugé anormal (insatisfaisant ou indésiré) ;

2.    Evaluer le niveau de dommages causés sur l’écosystème forestier par des usagers ;

3.    Identifier des causes de dégradation (directes, sous-jacentes et structurelles) des forêts dans le groupement des Bansueba ;

4.    Identifier les catégories d’exploitants (acteurs) forestiers à la base du phénomène ;

5.    Analyser le contexte de la pauvreté paysanne et des enjeux y afférents ;

6.    Proposer des remèdes visant à réduire l’impact de la dégradation des forêts sur la vie socio-économique du groupement  des Bansueba ; en vue de réduire la pauvreté paysanne sous toutes ses formes.

0.8. STRUCTURE DU MEMOIRE (SUBDIVISION)

 

Hormis l’introduction et la conclusion générale, notre étude est subdivisée en quatre (4) principaux  chapitres. Le premier chapitre gravite autour des généralités (considérations générales, le second est axé sur les enjeux socio-économiques de la dégradation des forêts dans le groupement des Bansueba, le troisième traite des impacts de la déforestation sur les ménages du groupement des Bansueba, et enfin le quatrième est axé  sur la dégradation des forêts et pauvreté paysanne dans le groupement des Bansueba.

0.9. DIFFICULTES RENCONTREES

 

Comme nous le savons, aucune œuvre scientifique ne peut être construite sans enregistrer un certain nombre d’obstacles. C’est ainsi, dans le cadre de cette étude, quelques difficultés ont été au rendez-vous, dont entre autres :

-          Le coût financier et en temps pour accéder à la gamme des données sur terrain ;

-          La gymnastique pour atteindre les enquêtés en vue de la collecte des données sur terrain ;

-          Les difficultés d’ordre temporel, car étant au four et au moulin ; tantôt le stage, les prestations personnelles (privées), afin d’approvisionner les moyens de recherche, etc.

Mais malgré toutes ces difficultés, nous nous sommes battus d’une manière ou d’une autre pour les contourner afin de réaliser cette œuvre. Nous avons pu gérer harmonieusement  le temps qui était imparti pour les différents cursus académiques, la mobilisation des moyens (financiers et matériels) pour relever certains défis majeurs, l’endurance et la mise en train de l’énergie nécessaire, etc. sont autant des palliatifs ayant permis de surmonter ces quelques écueils.

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE I. GENERALITES

 

1.1.  CADRE CONCEPTUEL (CONCEPTUALISATION)

 

1.1.1. Dégradation : Selon le Larousse Dictionnaire de poche 2010, le concept est défini comme l’action de dégrader ; qui veut dire : endommager, détériorer. C’est aussi avilir ou faire déchoir (faire tomber dans une situation plus basse)

1.1.2. Forêt : Grande étendue de terrain plantée d’arbres, qui a évolué sans l’intervention humaine ; forêt vierge (Dictionnaire de Poche, 2010, p.343).

Autrement dit c’est un écosystème végétal dominé par les arbres ayant au moins cinq mètres de haut (ANANE, RDC, 2010, p.19).

1.1.3. Déforestation : Selon ANANE, 2010, c’est la destruction de la forêt pour telle ou telle raison sur une grande superficie. C’est aussi la conversion à long terme ou permanent des terrains forestiers en terrains non forestiers.

L’étude quantitative a établi qu’il existe une forte corrélation entre la déforestation et que les phénomènes sont observés aux mêmes endroits et prennent probablement racine dans des causes identiques. Par ailleurs, cette étude nous indique que la déforestation/dégradation est étroitement corrélée avec des facteurs avec des facteurs biophysique tels : la présence de forêts déjà dégradées ou la présence de fragmentation des forêts, mais aussi avec l’augmentation de la population, la présence de complexe rural, etc. (TShisekedi, F., 2017, p.59)

1.1.4. Forestier : c’est un ensemble des activités liées à la forêt, à son exploitation (Larousse Dictionnaire, 2010, p.343)

1.1.5. Reforestation (Reboisement) : Opération consistant à planter de nouveau des arbres afin de créer une forêt (ANANE, RDC, 2010, p.9)

1.1.6. Pauvreté : Etat d’une personne pauvre, qui a peu de ressources, peu de biens, qui produit peu, etc. (Larousse Dictionnaire de Français, 2008, p.308).

Selon nous, la pauvreté est l’incapacité de satisfaire à ses besoins les plus fondamentaux dont les contraintes s’imposent.

            Elle est un effet perçus d’une part comme une situation de faible production ; de manque d’acheteurs en milieu rural surtout ­­;elle est également la détérioration de facteurs de production pour des populations dont le manque de satisfaction aux besoins fondamentaux de base reste une caractéristique principale.

La pauvreté se différencie en fonction  des groupes spécifiques. Les perceptions de la pauvreté s’articulent autour de quelques dimensions du vécu des populations. Certains de ces dimensions sont tangibles (besoins fondamentaux non satisfaits   , faible accès aux services de base, etc.) et d’autres intangibles (manque de paix, conflit, insécurité, guerre, injustice, exclusion, etc.) bref, la pauvreté est  le manque de capital, qui se traduit par l’incapacité d’accéder au crédit pour démarrer une activité (DSCRP, 2006, p.16-17).

Toutefois, la grande pauvreté est celle mentale  et qui entraîne par la suite la pauvreté matérielle. Nous devrions plus travailler à éradiquer la pauvreté mentale qui se traduit par les adages tels que : « Kulala kua panshi kuetu kua kale » et aussi « Tshihungulu, muamu muamu » (Proverbe Bansueba).

1.1.7. Paysan(ne) : Homme, femme de la campagne, qui vit du travail de la terre. De la campagne, des gens qui y travaillent (Larousse Dictionnaire, 2010, p.591). C’est tout ce qui a trait à ce milieu (campagne et/ou village).

1.1.8.  Pauvreté paysanne : C’est le manque des ressources nécessaires qu’il faut pour mener une vie décente à la campagne ou en milieu rural, surtout chez les exploitants agricoles (d’après nous-mêmes)

1.1.9. Paysannerie : Ensemble des paysans (Larousse Dictionnaire de Poche, 2010, p.591).

1.1.10. Paysannat :Ensemble des paysans. Dans un sens négro-africain, dans les colonies belges, c’est un système d’encadrement des paysans dans lequel plusieurs familles étaient regroupées pour se livrer à l’agriculture ensemble et à leur compte ; la structure ainsi constituée  et ses installations (Dictionnaire universel, 2010, p.934).

1.1.11. Rural(e) :Du latin « ruralis », l’adjectif « rural » signifie ce qui est relatif à la campagne ou concerne la campagne. Le nom « rural » lui, renvoie à l’habitant de la campagne. Les définitions du terme « rural » varient énormément selon les époques,   et les pays. Statistiquement, un espace est considéré comme rural quand la plus petite division administrative n’a pas atteint un seuil de population totale ou de densité de population. L’adjectif se réfère au territoire ou lieu de vie des acteurs, et le nom fait référence à l’acteur qui habite ce territoire. Le milieu rural est spécifique (…) par ses caractéristiques qui font de lui, véritablement un milieu différent des autres : Proximité avec la nature, paysage naturel, prédominance des traditions (us et coutumes), faiblesse des infrastructures de base, précarité des conditions de vie, faible distanciation sociale, etc. (NGALAMULUME, G., 2019, p.23-24).

1.1.12. Agroforesterie : Forme d’exploitation  des terres agricoles mélangeant dynamiquement la sylviculture  céréalière et l’élevage (Dictionnaire virtuel).

1.1.13. Résilience : Il s’agit ici de la résilience de l’écosystème forestier, qui est la capacité à supporter une perturbation, et à se réorganiser en gardant les mêmes fonctions, le même processus de régulation (TSHISEKEDI F., 2018, p.5)

1.1.14. Afforestation : C’est un reboisement ou la constitution naturelle d’une forêt. Elle s’effectue là où il y avait une forêt ayant une dévastation (dégradation).

SECTION2. PRESENTATION DU GROUPEMENT DES BANSUEBA

1.2.  1. HISTORIQUE

Bansueba est l’un des 38 groupements du territoire de Mweka. Ses habitants sont appelés les « Bansueba ». Même nom du groupement.

Pour étudier et connaitre les Bansueba, il nous parait utile de les situer dans l’histoire du peuple Nord-Kete dont ils font partie.

1.2.1.1. ORIGINE

Le nom « Bansueba » viendrait de l’ancêtre NZEBA, fille que NKANGA a eu d’un mariage avec l’une de ses femmes Kete. Cependant, NZEBA attribuée à la fille de NKANGA émane d’une femme stérile LUBA de BAKUATEMBU, fille de NKOLE et épousée par NKANGA de  Bakele d’où Nzeba-á-Baluba et Nzeba-a-Bakete.

L’absence du préfixe « Nz » dans le parler des Bansueba, le cikansueba (dialecte de ce peuple) fait que le nom NZEBA devienne « SEBA » ou « NSWEBA ». D’où le nom « BANSWEBA » ou « BAKANSWEBA ».

Donc, les Bansueba, habitants du groupement portant le même nom, sont à situer et à décrire parmi le peuple KETE-NORD du territoire Mweka. L’on sait que les études menées sur le territoire de Mweka sont légions, lesquelles étalent les différents aspects monographiques dudit territoire. Qu’à cela ne tienne, nous réitérons qu’il est l’un de cinq territoires de la province du Kasaï. Il est situé à 350 Km d’Ilebo, à 75 Km de Luebo, à 180 Km de Dekese, et avec extension ; 250 Km de la ville de Kananga, qui est le centre de consommation par excellence des produits provenant de Mweka et ses environs. Ceci nous pousse à faire une petite ébauche sur l’historique des Nord-Kete.

1.2.1.2. APERÇU HISTORIQUE DES NORD-KETE

1.    Signification du concept « Bakete » : les auteurs ne sont pas unanimes sur l’origine et la signification  du concept « Bakete ».

Selon TORDAY E., Bakete veut dire « Arches » ou ceux qui lancent les flèches « nikete ». Selon VANSINA J ; le nom Kete signifierait « Esclave » sans cependant préciser le nom de leur maitre.

Quant à nous, s’appesantir sur des controverses des auteurs n’est pas fondamentale, mais il est question ici de déterminer l’origine des Bakete et leurs vagues migratoires ayant déterminé mutatis mutandis, leur actuel emplacement et éventuellement celui des Bansueba entrainés par les mêmes vagues migratoires.

2.    Origine et migration des Bakete : Parlant de l’origine, les Kete font partie de Luba-Kasaï dont la source remonte à NSANGA-A-LUBANGU. C’est après plusieurs vagues migratoires que ce peuple est parti de ce site vers d’autres lieux ; notamment vers le nord, le sud et l’Est. Dans le cas d’espèce, il est question de peuple Kete-Nord auquel appartient le peuple Bansueba, situé au nord du territoire de Mweka, à 35 Km du chef-lieu dudit territoire.

1.2.2. CADRE PHYSIQUE

1.2.2. 1. DONNEES GEOGRAPHIQUES 

Le groupement des Bansueba occupe un espace situé géographiquement entre 4°45 de latitude sud et 22°00 de longitude Est. Ce groupement occupe presque le centre territoire de Mweka. (SHAMBA LUKALOLA, 1999, P.8).

Il a pour limites naturelles :

-          Au nord, la rivière LUTSHUADI, qui sépare des peuples Ngeende, la rivière Ludinga, qui le sépare des Kete du village BACINGA

-          A l’Est et au nord-Est, les sources LOBI et KABADI, le séparent des villages MPATAMBAMBA et LUKOMBE ;

-          A l’ouest, la rivière MOYOYI, le sépare des peuples Bushoong du village BUSHOLO

-          Au sud enfin, la rivière LUEKEDI, le sépare des peuples Bushoong et LUBA des villages BULONGO et BWAYA.

1.2.2.2 RELIEF ET HYDROGRAPHIE

L’espace physique s’étale sur une zone de la cuvette centrale dont l’altitude se situe en dessous de 500 m. la station de l’Américain Presbytérien Congo mission, APCM en sigle, à Bulape, nom de la mission, est construite sur une crête de colline à LUBAMBI qui apparait à de longues distances.

En effet, ses constructions et son paysage apparaissent jusqu’à 100 Km  vers l’ouest sur la route menant vers LODI et vers DEKESE, puis à 35 Km à partir de BAMBUYI vers le nord, dans la plaine d’IYOOLO IMENYI, et enfin à partir de BAMBALAIE à 12 Km sur la route de LUKOMBE vers l’Est.

Ainsi, du point de vue hydrographique, au nord, la principale rivière LUDINGA déverse ses eaux dans la rivière LUTSHUADI et coule dans le sens Est-ouest après avoir été alimenté par les eaux de TSHILOBA , de NGONGO, de KABULAMA,d’IMBANDI et de bien d’autres encore. Au sud, la rivière LUEKEDI est alimentée par les eaux de TSHIYOMBO de LUDJENDI, de LUWODI, etc. A l’Est s’étend un petit lac dénommé « lac Bulape », et les missionnaires en ont fait un site touristique et un milieu de villégiature. A l’ouest, la principale rivière MOYOYI déverse ses eaux dans la rivière NGANDU-KALU après avoir reçu de MUSHACI, de YANGOYI, de KAYENDE, de KACIBI et de KATUTA.

1.2.2.3. CLIMAT ET SOL

1)    Climat : L’étude du climat donne par photographie, la physionomie d’une région. Le groupement Bansueba étant dans un climat subtropical où les précipitions annuelles entre 1400 et 1600 m voire entre 1500 et 1700 mm Les températures varient entre 24° et 26°C ; ce qui caractérise le climat tropical humide ; c’est l’alternance de deux saisons : la saison pluvieuse proprement-dite qui commence entre le 15 et 30 août jusqu’au 15 ou 30 mai. Elle est interrompue par une courte saison sèche qui débute à la fin du mois de décembre et s’étale jusqu’au mois de mars de manière variable.

D’une manière générale, la population s’adonne alors aux travaux  champêtres et éventuellement d’autres activités accompagnent l’activité principale (agriculture) comme la distillation d’alcool devenue grande source de revenu dans ce groupement ; la pisciculture, l’élevage et le secteur informel.

Les paysans défrichent leurs champs pendant la grande saison sèche qui débute à la mi-mai et se termine vers le 15 août ; période pendant laquelle la quasi-totalité des ménages vont au campement de brousse durant plus ou moins quatre (4) mois.

2)    Le sol et sous-sol : Son sol est riche en humus, à partir de lacouverture végétale qui le colonise, mais il s’appauvritvite. Ce qui fait que les espaces cultivables se vident le plus rapidement possible. Il comprend également des terrains de couverture avec des roches sédimentaires dont les sables, l’argile et les grains riverains. 

Quant au sous-sol, il regorge de matières précieuses notamment « le diamant », qui du reste est sous-exploité.

1.2.2.4. VEGETATION (FLORE) :

La végétation du groupement des Bansueba est constituée en grande partie des formations forestières fermées, quelques galeries forestières et des savanes arbustives et arborées.

1.2.3. CADRE HUMAIN ET DEMOGRAPHIQUE

1.2.3.1. CADRE HUMAIN

La population de Bansueba est tout à fait cosmopolite dans ce sens qu’il est outre sa population originaire, constituée de plusieurs autres groupes tribaux  et ethniques à l’heure qu’il est, il s’agit notamment de peuples DEKESE, TETELA, BINDJI, LUBA, LULUA, etc., et ce pour de diverses raisons sociales (activités agricoles, soins de santé, commerce,…) ainsi, les quartiers/marché (TSHITEKESHI), Bena mudimu et Basunuke sont des quartiers à forte densité de la population.

1.2.3.2. CADRE DEMOGRAPHIQUE 

La situation démographique comme on le sait, souffre de manque de fiabilité du fait que les services s’occupant des opérations y relatives ne sont pas à la hauteur de leurs tâches. Actuellement on s’appuie sur des données moins techniques des services de santé qui nous donnent des chiffres bruts sans aucune répartition selon des variables sociales.

En effet, en nous appuyant sur le récent recensement dans le cadre de MILD, 2018, la population recensée pour la distribution des moustiquaires pour la zone de santé de Bulape donne environ 29700 habitants.

1.2.4 ORGANISATION COUTUMIERE ET TRADITIONNELLE

1.2.4.1. POUVOIR COUTUMIER

Le pouvoir coutumier dans ce groupement est chapoté par la personnalité coutumière traditionnellement investie et légalement reconnue,appelée « chef de groupement ». Cette personnalité est secondée par les chefs de villages et/ou de localité, coutumièrement et traditionnellement appelé « SHASHENDI » chef de clan, qui dépend administrativement du chef de groupement, représentant de l’Etat.

Du point de vue organisationnel,  le pouvoir coutumier a comme sous-bassement le clan, qui détient le pouvoir de désignation du chef de village (chef du clan), qui est de droit représentant du clan. Une fois investi, il reste chef à vie, et ne peut être détrôné ni par les membres du clan, ni par le chef de groupement, mais peut subir une mise en quarantaine en cas d’une méconduite personnelle ou d’un des membres de son clan vis-à-vis des valeurs traditionnelles.

1.2.4.2. TRADITION

La tradition dans ce groupement reste dominée par des rites, de cérémonies et l’invocation des ancêtres selon qu’il s’agit des problèmes à résoudre. On entend par tradition ici, comme ensemble des valeurs dont certaines sont bonnes et concourent au développement et d’autres par contre négatives, c’est notamment des pratiques rétrogrades.

1.2.5. ORGANISATION ADMINISTRATIVE

Le groupement des Bansueba apparait ici comme un milieu extra-coutumier car, il se voit être géré par les pouvoirs publics dont le répondant territorial est l’agent territorial, représentant de l’administrateur de territoire qui a la charge d’animer le conseil de sécurité local, entouré de l’ANR, de la DGM, la PNC et le Chef de groupement.

En effet, cette administration est appuyée par des services de l’Etat, l’agriculture, l’environnement, services d’impôts, le développement rural, hygiène, etc.

1.2.6. SITUATION ECONOMIQUE ET SOCIO-CULTURELLE

1.2.6.1. SITUATION ECONOMIQUE

L’économie est dominée par le secteur agricole (production agropastorale, activités informelles, transformation légère des produits agricoles, extraction ; la cueillette ; le ramassage,etc.) ce sont là des grandes activités qui constituent les moyens de subsistance dans l’arène du développement rural de cet espace.

Quant aux activités pastorales, l’élevage de bovins est plus développée ces derniers jours, mais celui des porcs occupe une place de choix, mais  cela se fait en divagation comme c’est le cas avec celui des caprins. De tous ces élevages, celui de porcs reste le plus prolifique et le plus préféré par la majorité de la population. Le comble est qu’il n’y a pas la maitrise de traitement par rapport aux éventuelles épidémies qui déciment ces bêtes ; comme cela s’est produit au dernier trimestre de l’année 2018 (octobre, novembre et décembre), période au cours de laquelle des milliers des bêtes ont été perdues par la peste porcine africaine.

Il sied de signaler que le groupement des Bansueba organise deux marchés à son sein ; l’un hebdomadaire (chaque vendredi), et l’autre quotidien où sont érigés les boutiques, kiosques, shops voda et étalages. Celui hebdomadaire, communément appelé « Solola bien » voit l’afflux des trafiquants ambulatoires tetela, secondés par quelques traficants originaire qui l’approvisionnent en produits manufacturés.  Il constitue un grand carréfour d’approvisionnements et d’échanges commerciaux. La population de villages voisins (Patambamba, Kenge, Matungu, Lukombe, etc.) vient y exercer des transactions.

 

 

 

1.2.6.2. Situation socio-culturelle

Le groupement des Bansueba est l’un des grands centres culturels dans le territoire de Mweka, à cause de l’action des missionnaires presbytériens qui ont élargi l’action religieuse, éducative et sanitaire.

Les protestants (31ème CPC) restent dominateurs dans cette contrée et organisent des écoles tant primaires que secondaires. Ils gèrent un hôpital de référence, le bureau central de la zone de santé rurale de Bulape, deux centres de santé (Bulape communautaire et Bulape), une antenne de relais de réseau de communication Vodacom.

Généralement, cette contrée héberge 14 écoles primaires et 13 écoles secondaires ; un ISTM privé, des auditoires délocalisés de l’ISDR-Misumba et de l’ISP Mweka, et récemment, en décembre 2018, l’arrêté ministériel de l’ISTM Bulape est conféré pour démarrer les activités l’année académique 2019-2020.

Outre l’église protestante, d’autres églises et/ou communautés ont pullulé dans le milieu tel : l’église Néo-Apostolique, la foi Branham, les églises de réveil toutes confondues, et l’église Catholique semble être la seule à ne pas y avoir du succès.

1.3. NOTIONS SUR LES FORETS

1.3.1. LIMINAIRE

La superficie représentée par les forêts tropicales du monde est évaluée à 2 milliards d’hectares (selon la FAO, 1981). Cette évaluation est imprécise car le couvert forestier est discontinu et les statistiques nationales portent sous le vocable « forêt » des formations pas toujours les mêmes.

Les forêts tropicales denses ont en commun, d’être dans la majeure partie des cas composées d’un nombre considérable d’espèces, plusieurs centaines, parfois mélangées pied à pied. Les associations, mono spécifiques par bouquets, par tâche ou en peuplement étendu sont l’exception (Mémento du Forestier, 1978, p, 1).

Les forêts propres à chaque continent possèdent des caractères bien tranchés car elles appartiennent à des écosystèmes différents ; nature des essences, types du couvert forestier, climats, données démographiques, géographiques, portions importantes qu’elles fournissent varient dans des proportions importantes. (Idem) ;

1.3.2.  COMPOSITION DE LA FORET, STRUCTURE DE PEUPLEMENT ET CLASSIFICATION

1.3.2.1. Composition de la forêt

La composition de la forêt se présente sous des formations forestières fermées (où les arbres et les arbustes se touchent) et celles mixtes et graminéennes.

1)    Formations forestières fermées :

a)    Formations forestières sous la dépendance principale du climat.

-          Forêts de la basse et moyenne altitude :

·         Forêt dense humide : Peuplement fermé avec des arbres et des arbustes atteignant diverses hauteurs ; pas de graminées sur le sol, mais souvent des plantes suffrutescentes et plus rarement des plantes herbacées non graminées à la larges feuilles et des lianes.

On distingue :

ü  Forêt dense humide « sempervirente » dont la majorité des arbres reste feuillée toute l’année.

ü  Forêt dense humide « semi-décidue » ou « semi-caducifoliée » dont une forte proportion d’arbres reste défeuillée une partie de l’année. (Mémento, 1978, p.90)

·         Forêt dense sèche ; Peuplement fermé avec des arbres et arbustes atteignant diverses hauteurs (mais généralement de taille moins élevée que pour des forêts denses humides), la plupart des arbres des étages supérieures sont sempervirent, soit décidus et sur le sol se trouvent ça et là des touffes de graminées.

·         Fourré : Peuplement fermé, formé uniquement d’arbustes et de plantes suffrutescentes, à feuillage sempervirents ou décidu, généralement difficile à pénétrer, sans tapis graminéen ou avec quelques touffes isolées. Parfois, ces fourrés sont formés presqu’uniquement de bambous.

-          Forêt de montagne :

·         Forêt dense humide de montagne : semblable à la forêt dense humide de basse et moyenne altitude,mais les arbres et arbustes sont moins élevés, souvent tortueux plus blanchis et couverts de mousses et de lichens épiphytes ;

·         Forêt dense sèche de montagne : Semblable à la forêt  dense sèche de basse et moyenne altitudes,mais les arbres et arbustes sont moins élevés et les feuilles rigides (sclérophylle).

·         Fourré arbustif de montagne : Semblable au fourré  de basse et moyenne altitudes, mais les arbustes ont des feuilles souvent  rigides (Mémento, Idem).

·         Fourré de bambous

b)    Formations forestières sous dépendance principale du sol :

-          Mangrove en bordure de la mer et constituée surtout de palétuvier.

-          Forêt marécageuses sont constituées presqu’uniquement de raphias (raphiales)

2)    Formations mixtes forestiers et graminéennes  (Formations graminéennes)

a)    Forêt claire : Peuplement ouvert avec des arbres de petite et moyenne taille dont les cimes sont plus ou moins jointives, l’ensemble  du couvert laissant largement filtrer la lumière, au sol, les graminées à d’autres plantes suffrutescentes ou herbacées. (Mémento du forestier, 1978, p.91).

b)    Savane :Formation herbeuse comportant un tapis  de grandes herbes graminéennes mesurant au moins, en fin de saison  de végétation, 80 cm de hauteur avec des feuilles planes disposées à la base ou sur les chaumes, et des herbes et plantes herbacées de moindre taille, ces herbes sont ordinairement brulées chaque année ; parmi ces tapis graminéen se rencontrent en général arbres et/ou arbustes : (Ibidem)

-          Savane boisée ;

 

 

-          Savane arbuste

-          Savane arbustive,

-          Savane herbeuse

c)    Steppe : formationherbeuse ouverte, comportant des touffes disséminées et espacées de graminées (et parfois quelques plantes ligneuses), généralement non parcourue par les feux ; les graminées sont vivaces et ne dépassent généralement pas 80 cm de hauteur  en fin de saison de végétation, avec des feuilles étroites, enroulées ou pliées, principalement disposées à la base ; entre les graminées vivaces se trouvent des plantes annuelles qui ne durent qu’une partie de l’année :

-          Steppe arborée et/ou arbustive ;

-          Steppe arbustive épineuse ;

-          Steppe buissonnante ;

-          Steppe succulente ;

-          Steppe herbacée et graminéenne.

d)    Prairie : On distingue ici :

-          Prairie aquatique sur les eaux dormantes ou courantes ;

-          Prairie marécageuse sur le sol gorgé d’eau plus ou moins en permanence ;

-          Prairie altimontaine en montagne et généralement à haute altitude.

1.3.2.2. STRUCTURE DE LA FORET

On distingue 2 sortes de structures : la structure horizontale et la structure verticale.

v  La structure horizontale : Il s’agit de la distribution sur terrain ou dans la forêt. Cette distribution n’est pas identique sur toute sa surface. En effet, il y a des facteurs qui influencent cette structure (TSHISEKEDI, F., 2016 ; p.13) notamment :

-          La composition ;

-          La station ;

-          L’âge ;

-          Le traitement.

Les éléments constitutifs d’une structure horizontale de la forêt sont :

1)    Le peuplement ou ensemble des végétaux qui croissent sur une partie délimitée de la forêt. Le peuplement constitue un tout bien distinct soit par la composition, soit par la vigueur de la croissance, soit par l’âge. Le peuplement doit être assez grand pour faire l’objet de traitement bien déterminé. Il renferme plusieurs essences d’un âge ou de plusieurs âges

2)    Le bouquet qui  est une portion de peuplement d’une surface plus ou moins faible de 30 à 50 ares dans laquelle les arbres se différencient par l’espèce, l’âge, l’allure tout en conservant avec l’ensemble un rapport étroit ;

3)    Le groupe se définit de la manière comme le bouquet mais sa surface est encore moindre entre 5 à 10 ares.

v  La structure verticale : on distingue suivant cette structure les strates :

-          Arborescente constituée par les arbres ;

-          Arbustive constituée par les arbustes et arbrisseaux ;

-          Herbacée constituée par les graminées et autres herbes et ;

-          Muscinale constituée par des champignons, les mousses, les lichens et bactéries.

Toutes ces strates sont indépendantes, mais il y a interaction entre elles. (TSHISEKEDI, F., op.cit., p.14).

La composition et l’état de  chaque strate varie suivant les circonstances. La strate arborescente est  la principale. Elle peut être constituée d’une ou plusieurs essences à un seul âge ou à plusieurs âges. Cette strate peut comprendre un, deux ou plusieurs étages. Les forêts primaires de la région équatoriale très peu remaniées par l’homme comportent un espace où il y a de nombreuses espèces d’arbres de tout âge et toute dimension. (Ibidem).

La strate arborescente peut comporter les étages suivants :

Ø  L’étage dominant (arbres supérieurs en taille) constitué de :

-          Sujets dominants ;

-          Sujets prédominants ;

-          Sujets Co dominants (peu dominés)

Ø  L’étage sous dominant  ou intermédiaire

Ø  L’étage dominé ou sous étage inférieur

1.3..2.3. Classification des forêts

Les forêts tropicales sont classées en :

-          Des galeries : qui sont des formations fermées de forêts denses qui accompagnent les cours d’eau dans les régions de formations ouvertes et des savanes à la faveur de l’humidité qu’ils entretiennent ;

-          Des formations secondaires qui sont celles qui repoussent après qu’une formation primaire a été abattue. Leur composition est différente de celle de la formation initiale dont la prolifération des essences de lumière peu nombreuses à croissance rapide, peu longévives.

En effet, les végétaux vivent en communauté et se groupent de façon particulière selon les conditions du milieu (climat, relief, sol, action de l’homme et des animaux).

1.3.3. PEUPLEMENT FORESTIER

1.3.3.1. Origine : Le peuplement forestier provient du regroupement d’essences forestières comprenant les types suivants : résineux, feuillu, mélangé. L’état d’un peuplement est qualifié d’après les termes suivants : bois marchand, jeune bois, régénération, exploité, brulé, mort, autres (http://www.sopfeu.gc.ca/fr/zone-interactive/Lexique-Technique-p;Ph )

Selon l’origine, on distingue deux sortes (naturelle et artificielle). L’origine naturelle concerne le peuplement issu de dissémination par graines, par drageons et rejets des souches. Donc, il s’agit de tailles sous futaie. L’origine artificielle concerne le peuplement issu des plantations, et donc de taillis (TSHISEKEDI, F., 2016, p.16).

Une forêt se compose d’un ou de plusieurs peuplements. Un peuplement est caractérisé par :

Ø  Le mode de renouvellement des arbres (régénération par les graines ou grâce à des rejets de souche) appelé aussi régime (futaie, tailles, mélange, taillis-futaie) ;

Ø  La répartition des arbres  par classe d’âges ou de diamètres : la répartition des essences, la  composition, etc. (INKISI, 2009, p.8).

En effet, suivant ce point de vue, les forêts proviennent de trois origines :

-          La futaie ;

-          Le taillis ;

-          Le taillis sous futaie (Ibidem)

Ainsi par définition, le peuplement est une partie de la forêt qui se distingue par son entourage, par sa composition, sa constitution et son âge (Idem).

1.3.3.2. Formes de peuplements

Eu égard à ce qui précède, les peuplements se classifient en :

Ø  Peuplements purs (homogènes) ;

Ø  Peuplements mélangés (hétérogènes)

1.    Les premiers sont ceux composés d’une seule essence où les arbres sont ceux composés  d’uneseule essence où les arbres sont de même, classés d’après KRATT (1984) de la manière suivante :

-          Arbres dominants ;

-          Arbres codominants ;

-          Arbres intermédiaires ;

-          Arbres supprimés ;

-          Arbres morts.

2.    Les peuplements mélangés :

Sont ceux dont la classification utilisée est celle de DUMMING, dans laquelle on reconnait que le potentiel d’un arbre et sa survie dépendrait de la vigueur (résistance). Ce sont des peuplements à plusieurs espèces.

Il s’ajoute alors deux autres peuplements, entre autres, les peuplements régulier et irrégulier.

3.    Le peuplement régulier : est celui dont toutes les tiges ont la même taille, et environ le même âge ;

4.    Le peuplement irrégulier ou étagé : constitué des tiges d’âges et de hauteur différents.

1.3.3.3. Développement  du peuplement : Un peuplement forestier se développe soit par régénération naturelle ou soit par méthode artificielle (boisement ou reboisement). Ainsi, son unité de culture est la « forêt », comme c’est le « champ » en agriculture.

Du point de vue de forme de peuplement, il y a trois  types de peuplements qui sont :

-          Le peuplement équien c’est-à-dire à un seul âge ;

-          Le peuplement à petite catégorie d’âges et ;

-          Le peuplement inéquien ou d’âges multiples. (TSHISEKEDI, F., 2016, p.16).

1.4. ECOLOGIE FORESTIERE

1.4.1. Définition : l’écologie vient de deux mots grecs oïkos ; maison et logos, science. C’est une science qui étudie les relations des êtres vivants avec leur environnement.

Le mot « écologie » fut créé, dès 1866, par le biologiste allemand Ernst Haeckel. Toutefois, la discipline  n’a pris de l’importance qu’au cours des années 1930, à partir des travaux relatifs à l’action des conditions physiques de l’environnement (facteurs abiotiques) sur les êtres vivants,  facteurs biotiques et sur l’action que ces deniers exercent en retour sur leur environnement. Depuis, l’écologie s’est développée en intégrant les connaissances de la biologie et d’autres sciences telles que la géologie, la climatologie, l’économie, etc. (TSHISEKEDI, F., 2018, p.)

1)    Ecologie fondamentale : elle étudie la structure et le fonctionnement des écosystèmes dans lesquels les transferts permanents d’énergie et de matière (chaines alimentaires, cycles écologiques), déterminent la vitesse d’accroissement de la biomasse (productivité)

2)    Ecologie appliquée : Elle prend en compte l’action  de l’homme dans le but d’en limiter les conséquences néfastes (dégradation de l’environnement, pollution, baisse de la biodiversité, etc) et de favoriser une gestion rationnelle de la nature. Depuis la fin des années 1960, les préoccupations écologiques ont été le moteur de mouvements associatifs, idéologiques (écologisme) et politiques.

Donc, l’écologie forestière étudie  les facteurs qui régissent la biologie végétale et donc la répartition des formations et des espèces (Mémento du forestier, 1978, p.169).

1.4.2. FORET EN TANT QU’ECOSYSTEME

TANSLEY (1935) définit l’écosystème comme système écologique comprenant :

Ø  L’ensemble des organismes vivants et ;

Ø  L’ensemble des facteurs physiques du milieu.

Donc, c’est un milieu qui se caractérise par la flore et la faune qui le composent ainsi que par son environnement physique, et leurs  interactions (TSHISEKEDI, F., 2018, p.13).

1.4.3. FACTEURS ECOLOGIQUES

1. Facteurs climatiques : Ils comprennent la température, la lumière et l’eau.

Ø  Température : Les températures atteignent en région tropicale des valeurs élevées et très élevées ; les quantités de chaleur reçues sont très fortes. Les végétaux y sont adaptés (méga thermes). Les variations de températures moyennes sont faibles (Mémento du forestier, 1978, p.169) ; car :

·         La durée des jours varie dans des faibles limites (13h15 sous les tropiques pour le jour le plus long, 12 heures sous l’équateur) ;

·         L’obliquité des rayons solaires, lorsqu’il culmine dans la journée est faible (Ibidem)

D’autres causes locales modifient la température (vents frais, pluies, nébulosité, ensoleillement, exposition). La chaleur commande les rythmes biologiques  et leur intensité : flux de croissance, floraison, fructification, germination,… elle a une action majeure sur la circulation de l’eau, ses valeurs élevées sont rapidement limitant  surtout  s’il y a déficit hydrique. La valeur minimum est un facteur limitant catégorique pour la plupart des espèces tropicales (Ibidem).

Ø  Lumière : Agent essentiel de la photosynthèse, la lumière a aussi une action marquée sur la croissance, qu’elle ralentit, sur la texture des tissus et les rythmes biologiques. Elle intervient :

·         Par la quantité reçue (amplitude très grande entre le plein soleil et l’ombre du couvert), elle dépend de la nébulosité et des écrans qui peuvent s’interposer ;

·         Par la durée et la répartition annuelle et journalière (photopériode) ;

·         Par la nature et l’intensité des diverses radiations qui la composent. Ceci amène au phénomène « d’albédo » qui est la fraction de lumière et de l’énergie reçue que réfléchit ou diffuse un corps non lumineux.  Cet albédo est proportionnel à la chaleur de chaque surface de la terre : les bancs de sable, les sols nus ont unalbédo élevé ; les savanes ont un albédo plus élevé que les forêts sombres qui au contraire, absorbent de l’énergie solaire au lieu de la renvoyer. (BAMPEMBE, C., 2018, p.51)

En effet, détruire la forêt revient donc à accroitre l’albédo de ce terrain, ou à augmenter le rayonnement infrarouge émis par la terre, ce qui signifie une façon de provoquer le réchauffement des basses couches atmosphériques et d’accroitre l’effet de serre. (Ibid)

Le déboisement contribue à l’augmentation progressive de la température et à la diminution très sensible de l’humidité relative de l’air, c’est-à-dire à la diminution de la probabilité d’obtenir des précipitations. Donc, le déboisement intense conduit à la sècheresse ou au changement climatique. Pour en remédier, il faut soit réduire la température par la plantation des arbres, soit obtenir un apport extérieur de l’humidité absolue de l’air provenant des vents qui soufflent d’autres régions. (Bampembe,C. op.cit, p.53).

Au regard de ce qui précède, il convient de signaler que les espèces tropicales sont adaptées à une certaine constance, en durée et en intensité, tout au long de l’année. L’acclimatement des espèces introduites ne s’effectue que s’il y acoïncidence du photopériodisme, plus ou moins strict suivant la plasticité.

L’état de végétation optimum est obtenu pour chaque espèce pour une quantité de lumière donnée qui varie avec l’âge (Mémento du forestier, 1978, p.171). Pour les arbres adultes, cette quantité est voisine de la pleine lumière. Dans le jeune âge, l’optimum se situe à un niveau plus faible, variable avec chaque espèce (essence d’ombre ou de lumière).

Ø  L’eau : c’est l’élément indispensable de toutes activités biologiques ;

·         Dans le sol et la plante, elle véhicule les matières dissoutes et en suspension, elle participe aux réactions chimiques ;

·         Dans les tissus végétaux, elle intervient dans les échanges énergétiques. Elle est mise à la disposition du végétal par l’absorption. Il s’en appauvrit par la respiration et la transpiration.

Donc, l’eau étant un élément abiotique du milieu physique, apparait aussi sous forme des pluies, ces dernières présentent des incidences écologiques majeures. La pluie est l’élément de différenciation climatique le plus marquant, elle régit :

-          Le type de végétation et son dynamisme par alimentation directe  et par l’humidité de l’air qu’elle entretien ;

-          Les genèses pédologiques ;

-          Les facies d’érosion ayant une action directe sur la couverture végétale ;

-          Quelques espèces ombrophiles telles : le palmier élaeis, le caféier robusta, etc. connaissant que la forêt ombrophile est celle dont les plantes ont besoin de beaucoup d’humidité.

3)    Facteurs biotiques

Ø  Equilibre de la forêt naturelle : la forêt naturelle est une biocénose où règne un équilibre dynamique entre les végétaux de toutes tailles, les micro-organismes, les insectes et les animaux supérieurs. Chacun selon sa biologie, son dynamisme, sa longévité, lutte pour la vie (Mémento du forestier, 1978, p.184)

Ø  Eléments de déséquilibre : ils n’agissent gravement que lorsqu’il y a une perturbation initiale : plantation, ouverture du couvert, incendie, etc.

Ø  Action de l’homme : c’est l’homme qui modifie le plus radicalement l’équilibre écologique naturel et en façonne de nouveaux, par le défrichement, l’exploitation forestière et les actes gratuitement dommageables (Idem.)

Ces actes se caractérisent  par :

·         Le défrichement : qui fait passer la forêt du stade primaire au stade de secondarisation sans valeur économique.

·         L’exploitation forestière diminue la richesse de la forêt en soustrayant les essences de  valeur. Pour limiter les dégâts, l’on applique des règles restrictives, mais les restrictions affectent aussi le revenu financier, pour le rétablir, l’on est amené à créer des forêts artificielles plus riches que les forêts naturelles. Leur inconvénient est qu’elles sont loin de constituer une biocénose en équilibre. (Ibidem, p.184)

·         Les feux de brousse et, à moindre degré, l’exploitation abusive et les mutilations d’arbres, sans causes sont en définitive, les éléments biotiques les plus importants qui façonnent les formations végétales de l’Afrique, de la RD Congo et plus particulièrement du groupement des Bansueba. Les coutumes, le mode de vie, les usages ancestraux en sont responsables, c’est au développement à y apporter remède à la longue par l’éducation.

4)    Facteurs édaphiques : surviennent après les facteurs climatiques pour caractériser le milieu. Ils en pallient parfois les excès. Dans certains cas, ils conditionnent la végétation à plus haut degré que le climat par :

-          Les formations marécageuses, inondées périodiquement,

-          Les mangroves ;

-          La végétation des dunes, des sols hydromorphes, sur cuirasse latéritique,…

Les quelques caractéristiques de ces facteurs (édaphiques) sont :

-          La texture et la structure du sol ;

-          La profondeur du sol ;

Celles-ci sa caractérisent aussi  par la composition chimique dont :

-          La fertilité ;

-          La végétation préexistante (précédent culturel) ;

-          L’activité biologique des sols.

1.5. METHODES DE REGENERATION DES FORETS

1.5.0. INTRODUCTION

Parler des méthodes de régénération de forêts, c’est faire allusion à la sylviculture. La sylviculture est une partie de la foresterie où l’on s’occupe directement de l’arbre, de sa mise en place, de sa vie, de sa croissance, de sa reproduction, art autant que science. (Mémento du Forestier, 1978, p.207).

Les premiers  forestiers américains possédaient une connaissance et une expérience des forêts qui leur dictaient leur ligne de conduite. Au 18è et au 19è siècle, la sylviculture est née de la nécessité ; le besoin de bois pour la construction des navires ou pour l’industrie a attiré l’attention sur les techniques de régénération de la forêt. (ERIK P. ECKHOLM, 1977, p.50).

Ainsi, pour appliquer des méthodes de régénération des forêts, il y a deux milieux naturels d’application correspondant aux domaines :

-          De la forêt dense humide ou semi-décidue ;

-          Des savanes de tout type et des steppes des régions sèches.

Du développement récent en Afrique et en RD Congo où l’on a pu transposer les sylvicultures évoluées des zones tempérées du fait des conditions bien différentes qui y règnent (complexité des formations végétales, climats excessifs, politiques économiques en cours d’évolution, faiblesse des structures administratives et techniques (Mémento du Forestier, 1978, p.207).

1.5.1. Méthode naturelle : dans cette méthode, le principe à suivre, c’est favoriser les essences utiles :

- Soit, si la superficie est riche en jeunes sujets, en les mettant dans les meilleures conditions possibles pour survivre et lutter contre la concurrence ;

- Soit, dans le cas contraire, en provoquant la régénération et en suivant les peuplements naturels.

Cette méthode a pour but : favoriser le développement de forêts riches en un nombre assez grand d’espèces utilisées pour satisfaire le marché local en sciage.

Comme processus ; on travaille des forêts déjà exploitées passablement secondarisées et déjà bien pourvues  en préexistants d’âge moyen, en faisant successivement :

·         L’inventaire des essences appréciées ;

·         La délianage ;

·         L’ouverture du couvert en éliminant les espèces  sans intérêt par empoisonnement ;

·         Dégagement et délianage des jeunes recrus à 3-6-9 ans bien conformés (Mémento Forestier, 1978, p.207)

1.5.2. Méthode artificielle

Cette méthode s’applique à deux types de plantation (en pleine lumière et en forêt progressivement détruite).

1.5.2.1. Plantation en pleine lumière : L’on procède suivant le principe selon lequel, l’on transplante dans la forêt épuisée par l’exploitation, des sujets d’essences nobles élevés en pépinière. On supprime ainsi les aléas de la régénération naturelle ; les plants d’essences voulues, catégoriquement équiennes sont repartis régulièrement et avec la densité optimale pour la suite des opérations.

Cette méthode a pour but de combiner les cultures agricoles par sartage et la sylviculture. Les plants bénéficient de la préparation du terrain, de la mise en lumière et des éléments minéraux mobilisés par l’incinération lors de sartage.

Elle suit un processus selon lequel, le plant est mis en place en intercalaire selon les alignements qui faciliteront les travaux d’entretien qui seront menés une fois que le cultivateur aura cessé les siens et se sera déplacé ailleurs. Cette méthode donne de bons résultats, mais cependant :

-          Elle n’admet que des espèces de pleine lumière, s’élaguant bien ;

-          Elle favorise les attaques d’insectes (psylles et Borer) en particulier qui se développent à la lumière ;

-          L’entretien fait le cultivateur laisse parfois à désirer. Il faut en fin qu’existe un besoin de terres, qu’il y en ait de disponibles, qu’elles soient localisées convenablement et que  les cultivateurs acceptent le contrat de location (Mémento du Forestier, 1978, p.213).

1.5.2.2. Plantations en forêt progressivement détruite :

Selon Martineau, cette méthode a pour but le remplacement de la forêt hétérogène par une forêt équienne d’essences commerciales.

Comme processus :

-          Suppression du sous-bois dont le diamètre est inférieur à 10 cm ;

-          Mise en place de semis naturels prélevés en forêts ;

-          Elimination progressive du couvert par ceinturages effectués 1 an, 2 ans et 5 ans après plantation ;

-          Entretien et dégagement des brins et éclaircis tous les 5 ans à partir de la 10ème année (Ibidem).

1.6. ENVIRONNEMENT & RESSOURCES NATURELLES

1.6.1. Définitions

1.    Environnement : Selon le dictionnaire de proche, 2010, p.294, il est l’ensemble des éléments naturels et artificiels qui entourent les hommes, une espèce animale, etc.

Il peut également être défini comme :

-          L’ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins ;

-          Encore l’ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologisme) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur des organismes vivants et les activités humaines (Pierre Samuel, 2010, cité par TSHISEKDEI F. 2018, p.25).

Bref, l’environnement est l’ensemble des éléments qui constituent le voisinage d’un être vivant ou d’un groupe d’origine humaine, animale ou végétale et qui sont susceptibles d’interagir avec lui directement ou indirectement (Ibidem).

2.    Ressources naturelles : il sied de signaler que l’homme dépend de l’environnement pour satisfaire ses besoins essentiels, c’est-à-dire se nourrir, se vêtir, se loger et se reproduise. Donc, toute espèce animale ou végétale, ou tout élément du biotope, ne devient une ressource pour l’homme que s’il lui trouve un intérêt.

En d’autres termes, une ressource naturelle est un attribut de l’environnement naturel que les hommes jugent utile à la satisfaction de leurs besoins. (Ibidem).

1.6.2. Typologie des ressources naturelles

1)    Introduction

Au sens large, les ressources naturelles désignent tout ce que l’homme peut tirer de n’importe quelle partie de l’univers pour s’en servir. C’est ainsi la convention l sur la biodiversité biologique (CDB) en son article 2 distingue :

-          Les ressources biologiques (ressources génétiques, organismes et/ou ses éléments, les populations,etc.)   

-          Les ressources génétiques (matériel génétique ayant une valeur effective ou potentielle).

On peut les classer en fonction de leurs origines terrestres et aquatiques ou de leur disponibilité. (TSHISEKEDI, 2018, p.25).

Ainsi, en économie des ressources, on parle de :

-          Ressources renouvelables ;

-          Ressources non renouvelables

2)    Ressources renouvelables : Une ressource renouvelable est une ressource qui peut, en principe, être exploitée sans épuisement, étant capable de se régénérer en permanence. Il s’agit des ressources pouvant être régénérées, à condition que l’exploitation ne soit excessive, commele bois. Elles regroupent l’eau, le sol (terres cultivables), les ressources biologiques et les ressources génétiques (variétés de plantes cultivées et races d’animaux domestiques). Ces dernières ne peuvent être considérées comme inépuisables que dans la mesure où leur taux de prélèvement est inférieur à la productivité nette disponible, c’est-à-dire au taux de régénération. C’est une condition impérative à l’utilisation durable de telles ressources et, donc à la sauvegarde des conditions de vie des générations futures. (TSHISEKEDI, F, 2018, p.37).

Par conséquent, si le taux d’extraction tient compte des limites de la capacité de reproduction de la ressource, une ressource renouvelable peut avoir un rendement pendant une durée infinie (Ibidem).

Aujourd’hui, la question de l’épuisement des ressources, qu’elles soient renouvelables ou non est devenueune préoccupation mondiale à laquelle l’humanité doit répondre sûrement plus rapidement qu’elle ne le pense ; car la raison est que beaucoup des gens, surtout les ménages ruraux pauvres, les ressources naturelles sont la source la plus accessible de vivres, de matériaux de construction et de revenu.

3)    Ressources non renouvelables : Elles sont aussi appelées « ressources épuisables » ; qui sont définies comme étant toutes les ressources qui ne s’accroissent pas ou qui ne se renouvellent pas avec le temps et qui finiront inévitablement par s’épuiser à un moment donné car, elles ne peuvent pas être  reproduites.

Comme nous parlons de ressources, il y a donc lieu de parler de réserves. Une fois les réserves consommées, on ne sera plus en mesure d’obtenir à nouveau ces ressources devenues impossibles d’être fabriquées, motivées ou régénérées (renouvelées). Elles doivent donc être utilisées avec sagesse et les produits en découlant doivent donner lieu à des opérations de recyclage. La valeur économique de l’ensemble des ressources non renouvelables est normalement liée à la pénurie de cette ressource et à la demande. Lorsqu’il y a peu de réserves d’une ressource, son prix a tendance à augmenter (Ibidem).

1.7. ROLE ET IMPORTANCE DE LA FORET

1.7.1. Importance : La question que nous nous posons, et plus loin que tout le monde se pose est-elle de savoir « pourquoi les écosystèmes forestiers sont-ils importants pour la société ? »

Les écosystèmes forestiers fournissent directement ou indirectement un grand nombre d’avantages en termes des biens et services qui soutiennent la vie humaine :

-          Fourniture des aliments, les combustibles et les matériaux de construction ;

-          Purification de l’air et de l’eau ;

-          Stabilisation et modération du climat de la planète ;

-          Modération des inondations, des sécheresses, des températures extrêmes ;

-          Génération et renouvellement de la fertilité des sols ;

-          Maintien des ressources génétiques qui contribuent à la variété des cultures et à la sélection des animaux, des médicaments et autres produits ;

-          Avantages culturels,récréatifs et esthétiques (TSHISEKEDI F, 2018, p.54)

1.7.2. Maintien de la biodiversité

En effet, à l’échelle globale, la forêt (biodiversité) doit être considérée dans ses rapports avec les enjeux majeurs que sont par exemple la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau potable, la croissance économique, les conflits liés à l’utilisation et l’appropriation des ressources, la santé humaine, animale et végétale, l’énergie et l’évolution du climat(ONU).

De ce fait, le maintien du rôle des écosystèmes forestiers et des services qu’ils rendent à l’humanité fait partie des arguments principaux en faveur de la protection des forêts. Ceci nécessite de conférer une valeur économique à la forêt, car aujourd’hui cette valorisation est considérée comme un outil essentiel de sa protection ; notamment parce qu’elle permet de créer des revenus pour les populations  locales directement concernées par l’usage des ressources d’un territoire rural dédié aux activités agricoles.

La forêt est dotée d’une valeur économique en raison de son influence sur le bien être humain (Source de revenu pour les paysans pauvres des pays en développement) mais d’autres expressions de la valeur  des écosystèmes forestiers comme biodiversité sont également données par (Randall, 1991, cité par Guillaume LESCUYER, 2005).

Elles sont récapitulées dans la figure ci-dessous :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les différentes valeurs de la forêt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Figure 1 : (Source  GUILLAUME LESCUYER/2015)

1.7.2.1. Une valeur (importance) intrinsèque : Pour un certain nombre de personnes, les ressources naturelles,… ont une valeur intrinsèque par le simple fait qu’elles existent sur la terre, indépendamment de leur rôle direct ou indirecte  sur le bien être humain. Cette valeur traduit une responsabilité morale de préserver la nature qui appartient à tous et entérine notamment l’attitude dans les sociétés occidentales par rapport à la nature et l’environnement.

1.7.2.2. Valeur écologique : Pour les écologues et les biologistes, la forêt doit être valorisée pour pouvoir arbitrer entre les sites  à protéger les gestionnaires de la biodiversité ont proposé la notion de « valeur de conservation » (Lawton et al ; 1998 cité par GUILLAUME LESCUYER 2005). Elle se situe en fait entre la valeur écologique et la valeur sociale, et combine plusieurs critères :

1) Diversité spécifique ;

2) Rareté ;

3) Endémisme ;

4) Naturalité ;

5) Exposition aux menaces ; et

6) Degré de « patrimonialisation »

1.7.2.4. Valeur sociale et culturelle : Toutes les sociétés ont développé des relations particulières et caractéristiques avec le milieu naturel, les savoirs et les pratiques d’un groupe social sont indissociables de leur support matériel (Godelier, 1984 cité par GUILLAUME LESCUYER 2005).

La détérioration de la biodiversité va donc avoir un impact sur le tissu social qui peut se révéler décisif quand, comme dans de nombreuses croyances africaines, des liens de causalité sont supposés entre les processus concernant la santé des hommes et la productivité de l’environnement naturel (Fairhead et Leach,1994 cité par Guillaume LESCUTER 2005).

1.7.2.5. Valeur juridique : Depuis la mise en œuvre de la  conservation est dotée d’une valeur juridique, où il convient de distinguer droits sur les ressources et droits sur les savoirs.

A l’heure actuelle, la question des droits de propriété se focalise moins sur les ressources biologiques (qui appartiennent aux Etats) que sur les savoirs, les savoir-faire et les techniques qui permettent leur préservation ou leur utilisation durable. (TSHISEKEDI, F.2018, p.56).

Toute la question est aujourd’hui de pouvoir conserver et valoriser les savoirs des sociétés humaines qui ont géré ou entretenu cette biodiversité ; en ce sens, la biodiversité appartient à un patrimoine local, qui implique la reconnaissance juridique de ce lien patrimonial et la mise en place des règles d’accès adaptées, dans le cadre global des accords sur les droits de propriété, intellectuelle  liés au commerce (Roussel, 2003 cité par GUILLAUME LESCUYER 2005).

1.7.2.6. Valeur économique : En tant que système comportant diverses ressources, lesquelles procurent les biens et services. Alors qui dit production de biens fait appel aux services, qui par moment procurent le bien-être humain, tels des produits ligneux et non ligneux (bois, fruits, chenilles, champignons, plantes aromatiques et médicinales)

1.7.2.7. Valeur de support aux services écosystemiques : Rappelons que « les services écosystémiques sont les bénéfices que retirent les individus à partir de l’écosystème » (MEA, 2005).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En voici quelques classifications :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Source: MEA, 2005 (Millenium Ecosytems Assesmet)                                    Figure2

 

1.8. ROLES ET SERVICES DE LA FORET

 

1.8.1. D’auto entretien : Qui procure(nt) des services de support qui comprennent (constitution des sols, développement du cycle nutritionnel, cycle de matière, production primaire, cycle de l’eau, formation des sols, conservation de la biodiversité) des services nécessaires à l’octroi de tous les autres services fournis par les écosystèmes. (TSHISEKEDI F., 2018, p.)

1.8.2. De prélèvement : Notamment les services de production ou d’approvisionnement comprenant la nourriture (alimentation), eau douce, énergie (bois de feu (chauffage), fibres, produits biochimiques et pharmaceutiques, ressources génétiques.

1.8.3. De régulation : Régulation du climat global et local, de la qualité de l’air, de l’érosion, des maladies, des parasites et celles des risques naturels.

1.8.4. Culturels : Bénéfices immatériels issus des écosystèmes tels que : rôles spirituels issus des écosystèmes tels : rôles spirituels et religieux, l’écotourisme,  la beauté écologique, l’éducation, l’héritage culturel, etc.

1.8.5. De sécurité : Capacité d’habiter dans un environnement sain et propre, capacité d’atténuer la vulnérabilité aux chocs et stress écologiques.

1.8.6. Sanitaires : Accès à une alimentation adéquate, accès à une source d’énergie protégeant de la chaleur et du froid, capacité d’échapper aux maladies évitables.

CONCLUSION PARTIELLE

Il a été question dans ce chapitre si long de clarification des concepts-clés d’usage dans cette étude, ce qui a permis de prendre la hauteur dans l’analyse causale. Le phénomène étant circonscrit diachroniquement, la monographie du système social étudié a également été l’objet de cette matière et enfin les notions relativesaux forêts sous multiples aspects ont bouclé ce chapitre. Donc, l’étude des forêts, à leur état initial , nous a permis d’identifier et de décrire leur importance, valeur, rôles et services vis-à-vis de l’humanité. Il y a lieu de signaler d’éventuels enjeux contribuant à sa dégradation et la description de l’état de ruine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAP. II. LES NEJEUX SOCIO-ECONNOMIQUES DE LA DEGRADATION DES FORETS DANS LE GROUPEMENT BANSUEBA

 

2.0.                      INTRODUCTION

 

Autrefois, il y avait de grandes forêts tout près des villages. Ces forêts étaient composées de grands arbres et procuraient beaucoup de gibiers lors de la chasse. Les agriculteurs obtenaient de bonnes récoltes car les sols de forêts étaient souvent fertile (Inades-Formations-Congo, p.1).

Actuellement, beaucoup de ces forêts ont disparu. On en trouve seulement très loin des villages et cela rend la vie des villageois très difficile. Ils doivent parcourir de grandes distances pour faire les champs, et parfois s’y installer en construisant des cases de fortune des travaux avec comme conséquence, la déperdition scolaire pour les plus petits.

Dans certains milieux, pour  rétablir la situation, les populations plantent des arbres. Elles bénéficient alors des avantages qu’elles avaient perdus suite à la disparition des forêts naturelles.

2.1.1 ETAT ACTUEL DES FORETS DANS LE GROUPEMENT BANSUEBA

 

2.0.1.   Déclin des forêts sous l’effet des pressions croissantes de la population.

Cette situation se présente dans notre milieu d’étude sous multiples facettes :

-          Destruction et dégradation des habitats générés par l’agriculture (intensification des champs)

-          Epuisement des forêts primaires et secondaires ;

-          Exploitations forestières ;

-          Fabrication du charbon de bois ;

-          Les feux de brousse surtout pendant la saison sèche qui déciment de vastes étendues des forêts claires et bordures des forêts.

2.0.2.   Surexploitation des forêts et des ressources biologiques sauvages (faune)

En RD Congo, la coupe des arbres pour la production de braise (makala) et les cultures itinérantes sur  brûlis menacent la forêt. Le braconnage raréfie la faune et l’exploitation anarchique des matières abîme et l’éco-touristique (Tombu,C., et Huart,A., 2007,p.32) ;

qui fait pourtant la richesse de plusieurs sous-systèmes de notre cher pays ; c’est –à-dire les territoires ainsi que d’autres entités.

En effet, cette situation est le reflet également du groupement Bansueba où l’émission et la surexploitation dégradent la qualité de sols. La raréfaction des ressources et l’appauvrissement des terres cultivables ont pour effet, le déplacement des paysans vers d’autres sites très éloignés (à 30 km, 5Km) et cela aggrave le risque des conflits et de guerre entre communautés.

Aujourd’hui, il est difficile d’accéder à la viande des gibiers et autres ressources biologiques telles que chenilles à  cause de la menace dont fait l’objet cette contrée. A titre d’exemple, les chenilles communément appelées « MANGAYA » une source importante de protéine ne sont pas accessibles dans cette contrée, car les arbres qui en abritent ont été abattus, et ne peuvent régénérer. Plus grave encore, c’est le fait que les jeunes actuels ne peuvent plus identifier les animaux sauvages tels : pangolins, gazelle, sanglier, etc…. car ces derniers se sont éloignés des habitations à cause de la dégradation des forêts.

2.0.3.   Résilience asphyxiée

Les forêts du groupement Bansueba présente un hiatus dans leur rythme de renouvèlement ; ceci explique la surexploitation à grande échelle qui a asphyxiée toute la capacité de résilience qui permettrait une régulation naturelle. La plupart des forêts ont complétement modifié leur structure et couvert végétaux au point où les forêts secondaires ne peuvent plus subsister dans cette contrée.

2.1.   FACTEURS DE DEFORESTATION DANS LE GROUPEMENT BANSUEBA

 

2.1.0.   INTRODUCTION

Plusieurs facteurs s’imbriquent dans l’amorce du phénomène « dégradation des forêts », il s’agit des facteurs économiques, sociaux, technologiques, structurels, etc. nous allons ici les démontrer étape par étape ainsi que des relations de causes à effet (relation causale) qui expliquent l’interdépendance desdits facteurs et éventuellement les interactions des acteurs impliqués.

2.1.1.   Facteurs directs

-          Facteurs économiques Production des biens et services découlant des écosystèmes forestiers ;

-          Facteurs humains : Les différents acteurs qui interagissent dans cette réalité sociale notamment (les agriculteurs, les artistes, les scieurs, les chasseurs, les fabricants des braises et des briques cuites).

-          Facteurs sociaux : Les différents groupes sociaux opérants dans les secteurs forestiers et environnemental tels que les coopératives, les organisations paysannes, les tontines,les églises, etc.

2.1.2.   Facteurs sous-jacents (indirects)

-          Facteurs technologiques : construction des maisons de toutes sortes, la fabrication des briques cuites, etc.

-          Facteurs démographiques : l’explosion démographique participe au fléau social sous examen. C’est ainsi qu’on reconnait avec Erik P. ECKHOLM dans son ouvrage « la terre sans arbres » traduit de l’américain par Zéno BIANU, la dégradation de  l’environnement rural et la prolifération explosive des bidonvilles, où l’entassement d’un sous-prolétariat mal nourri et illettré constitue une véritable bombe à retardement et l’un des plus importants fléaux sociaux de notre siècle. Peu d’experts sont capables d’en tirer les conséquences. Pourtant, procurer un habitat et une vie décente aux pauvres  du monde rural est beaucoup plus pratique et socialement souhaitable que de tenter sans espoir d’améliorer l’état sanitaire de bidonvilles tentaculaires, où les possibilités d’emploi productifs sont quasiment inexistantes (Eril P. ECKHOLM, 1973, p.279)

-          Facteurs structurels : Ils comportent la gouvernance, les politiques générales en matières agricoles, économiques, environnementales qui ne favorisent pas l’équilibre entre les simples (pauvres) paysans et les concessionnaires. Nous avons remarqué que le trafic d’influence, la marginalisation des pauvres et le clientélisme ont caractérisé les services de tutelle (Agriculture et environnement) sans le souci d’un travail technique rigoureux (efficient).   Ceci se solde par l’absence de législation contraignante.

2.2.   CAUSES ET CONSEQUENCES DES PERTURBATIONS DES ECOSYSTEMES FORESTIERS A BANSUEBA

 

2.3.1. Causes

2.3.1.1. Causes directes

Parmi les causes directes, nous retenons plus l’action de l’homme. C’est l’homme qui modifie le plus radicalement  l’équilibre écologique naturel et en façonne de nouveau, par le défrichement, l’exploitation forestière et les actes gratuitement dommageables (Mémento du Forestier, 1978, P.184)

1.    Le défrichement : La destruction de la forêt est acquise lorsque les défrichements entourent les lisières frayant la voie aux feux périodiques, ou lorsqu’ils sont répétés à intervalles trop courts (savanes anthropiques des régions de forêt dense humide). On estime à plusieurs centaines de milliers d’hectares, la superficie de forêt détruite chaque année en Afrique de leur fait (Mémento du Forestier, 1978, p.185).

En effet, de manière déductive, nous constatons selon nos observations directes que notre milieu d’étude fait l’objet du même scénario, car l’agriculture sur brûlis reste la pratique la plus célèbre et incontournable selon la tradition du milieu. A ce jour les forêts à la limite ou aux limites du groupement avec d’autres groupements sont complètement épuisées ou soit en ruine.

Le feu détruit l’humus et accélère sa décomposition. Il s’en suit une infertilité qui permet plus aux souches et semis (plants issus de graines) de se développer convenablement.

2.    Les feux de brousse : Cette pratique qui s’effectue sans gêne chez les auteurs est fréquente, de fois et surtout en saison sèche, de grandes superficies se trouvent dévastées par le feu. Outre cela, l’exploitation abusive et les mutilations d’arbres, sans causes, sont en définitive les éléments biotiques les plus importants qui façonnent le formations végétales de l’Afrique en général de nos communautés locales en particulier, et dans le cas d’espèce, parlons de formations végétales de Bansueba, qui continuent à subir ces pratiques néfastes. Les coutumes, le mode de vie, les usages ancestraux en sont responsables, c’est au développement à y porter remède par l’éducation (Ibidem).

3.    L’exploitation forestière (artisanale et semi-moderne du bois) : Le souci d’améliorer l’habitat dans ce groupement, avec les types de maisons durables et semi-durables, l’exploitation du bois s’est avérée incontournable pour répondre aux besoins de construction. Ainsi, plusieurscentaines d’équipes de scieurs opèrent dans toutes les forêts de cette contrée, abattant sans gêne des arbres sans contrôle.

En effet, l’exploitation forestière à Bansueba est multiforme et multidimensionnelle à cause de la modernisation et l’afflux de la population étrangère qui exercent une pression croissante sur les ressources naturelles, dans le désir d’améliorer sans cesse les conditions de vie. Nous mettons en exergue les activités de distillation de l’alcool (TSHITSHAMPA), la fabrication de briques cuites, qui sont également grandes  consommatrices d’un grand nombre de stères et de bois comme source d’énergie produisant les extrants, souhaités par la population. Aujourd’hui, il y a pas moins de cent sites (usine artisanale) de fabrication d’alcool, avec une fréquence journalière de plus ou moins cinq distillateurs, qui commencent les travaux dès 4 heures du matin pour finir à 22 heures.

Aujourd’hui, la communauté du groupement des Bansueba a opté comme alternative, fabrication de l’alcool pour contourner la difficulté de crise des forêts,ressentie à tous les niveaux dont les actions sont lourdes de conséquences, tant sur le plan économique, social, sanitaire qu’écosystémique, qui seront énoncées dans les lignes qui suivent.

Toutefois, il faut qu’on se le dise, l’exploitation forestière à l’heure actuelle en RDC est plus sélective que l’agriculture itinérante sur brûlis.

2.3.1.2. Causes sous-jacentes (indirectes)

Quelques causes indirectes sont à signaler :

-          La législation en matière forestière très moins contraignante ;

-          Le trafic d’influence usé par certains concessionnaires ;

-          Réduction des espaces cultivables (terres arables) par la vente illicite des conceptions et la surexploitation asphyxiant ainsi les pauvres paysans et les condamnant à exploiter les mêmes endroits avec toutes les conséquences y relatives.

-          Explosion démographique dans ce groupement qui prend une ascendance horrible pendant les deux dernières décennies avec une population d’environ 29500 habitants selon l’enquête MILD, 2018 menée par la zone de santé rurale de Bulape via son bureau central.

2.3.2. Conséquences

2.3.2.1. Epuisement des ressources et éloignement des sites champêtres

1.    Epuisement des ressources : La dégradation des forêts présentent multiples facettes des conséquences. Tantôt c’est l’épuisement et la raréfaction des ressources forestières (bois, lianes et autres éléments de construction des cases), problème de pénurie en énergie domestique (bois de chauffe), distillation de l’alcool exigeant plus l’énergie des bois, y compris la fabrication de briques cuites devenue aujourd’hui une activité de grande envergure, mais consommatrice à grande échelle de bois,..).

A cela s’ajoute l’épuisement ou la raréfaction des ressources non ligneuses (champignons, chenilles, produits de la pharmacopée, comme le scolorophteies zenkii etc)

2.    Eloignement des sites champêtres : Au regard de ce qui précède, et eu égard à l’agriculture itinérante qui constitue le modus vivendi de la population des Bansueba, de grandes étendues forestières se sont vues dévastées, cela contraint les paysans à parcourir de longues distances en quête des terres arables. Nous-mêmes, en tant qu’observateur, nous avons été  à d’autres sites où le temps de parcours est de plus ou moins de 4 heures. Nos enquêtes auprès de certains paysans nous ont prouvé que 9 heures, est un temps record pour atteindre le site champêtre, en l’occurrence KAPATA, KEMBISA, KABOMU, etc. où les agriculteurs ont du mal à effectuer un aller-retour. Nous estimons, par rapport au nombre d’heures à consommer pour atteindre son champs, que le site le plus proche du village se situe à 20 km et le plus éloigné à 45 km, voir 50 km.

En effet, cette situation pousse des paysans à ériger le campement de brousse et/ou de culture afin d’éviter des corvées de parcours. Ils y passent tous les temps de saison culturale ; 2 mois, soit3 mois pour différentes opérations (sarclage, semis, défrichage, etc.,..)

D’où les quelques accidents et incidents qui surgissent en forêts (champs) nécessitant le transport des victimes vers le village pour la prise en charge à l’hôpital ne trouvent pas vie sauve dans la plupart des cas.

2.3.2.2.       Quelques indicateurs de la pauvreté à Bansueba

Quelques traits perceptibles de la pauvreté sont à signaler :

-          Précarité et modicité du logement paysan ;

-          Régime alimentaire non équilibré ;

-          Absence d’épargne ;

-          Faible pouvoir d’achat ;

-          Non scolarisation (surtout de jeunes filles) ;

-          Endettement ;

-          Maladies carentielles chez  les enfants (de 0 à 5 ans surtout)

-          Insuffisance des récipients d’eau de boisson.

-          Panier de la ménagère insignifiant, etc.

2.3.2.3.       Non scolarisation des jeunes filles

Comme la femme en milieu rural est considérée comme une machine à produire, c’est la fille et sa maman qui s’occupe de semis, récolte, transport des produits vivriers. Alors, tout cet arsenal d’activités est à charge de la femme, c’est ce qui défavorise la scolarisation des jeunes filles dans cette contrée. Il arrive de fois que si les moyens font défaut pour scolariser tous les enfants, on privilégie plus la scolarisation de garçons au détriment de celle de la fille. En effet, scolariser ces dernières c’est enrichir la famille de son mari.

2.3.2.4.       Réduction du trafic :

Plusieurs débrouillards dans ce milieu sont agriculteurs, grâce à leur production, appuient leurs activités informelles (trafic). Mais, ce qui est grave est que la rareté des forêts, la  baisse de production agricole ont effacé plusieurs trafiquants sur la scène à cause du revenu faible lequel est lié à la baisse de la production à la suite de la r éduction du temps de jachère des champs agricoles. A côté de cela, s’ajoute, l’impraticabilité des routes, de la voie ferroviaire et la tracasserie fiscale. L’une a fait naitre le phénomène « BAYANDA » qui vient acheter les produits avec des mesures atypiques par manque d’acheteurs sérieux (commerçants). L’autre par contre, contraint chaque producteur à vendre localement ses produits avec le prix imposé par l’acheteur. La fiscalité qui a pris aujourd’hui la forme de tracasserie, le producteur n’a pas de choix, soit  s’échapper à cette dernière, mais être en face de la pesanteur économique usée par les Bayanda. Ceci fragilise l’essor social à Bansueba, car le secteur agricole reste le seul tremplin pour nombreux. La plupart des activités informelles exercées dans ce milieu, sont appuyées par le revenu agricole dans plusieurs actions, chez les salariés et non-salariés.

 

2.3.2.5.       Conflits intercommunautaires

Le groupement des Bansueba comme système social qui s’identifie aussi par ses frontières avec d’autres systèmes (groupements et villages voisins), il a des superficies bien limitées des forêts et les terres arables.

Toutefois, avec l’explosion démographique actuelle, il y a débordement de limites ce qui est source de beaucoup de conflits avec différents villages et groupements limitrophes. Non seulement les conflits sont externes, mais aussi internes c’est-à-direinter claniques, entre les ménages voire entre les membres d’une même famille clan, les superficies ne se multiplient pas, mais les exploitants croissent exponentiellement.

A l’heure qu’il est, selon les faits constatés, le groupement des Bansueba est en conflit permanent avec le groupement Bambalaie à l’Est (villages Patambamba, Lukombe et Kananga), avec le groupement Bushong à l’Ouest (villages Kenge, Busholo, Mbongo), avec le groupement Popolona-Lutshuadi au nord (villages de Batshinga I et II, Tshidima)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


2.3.2.6.       Graphique d’arborescence du phénomène

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Figure3

Source : Nous-mêmes

2.4. QUELQUES ALTERNATIVES OPTEES PAR LA POPULATION AU REGARD DU PHENOMENE

2.4.1. Déplacement des ménages en quête des terres arables

Suite à l’impasse grandissante en matière des ressources forestières, plusieurs  ménages se débrouillent vers des villages voisins en quête des forêts. Dans le processus de cette quête, certains ménages instables déménagent définitivement  pour s’installer aux nouveaux sites champêtres où ils trouvent gain de cause. A défaut, ils y passent un séjour prolongé pour les opérations agricoles, étant donné l’éloignement des sites champêtres vis-à-vis du village.

2.4.1. Réduction de la période de mise en défens (mise en jachère)

Comme les superficies forestières ne croissent pas, malgré le processus de renouvellement de peuplement, mais les populations sont certes croissantes sous plusieurs modes (natalité, migration, etc.), ceci fait que les gens reviennent sur des mêmes espaces à des courtes périodes de mise en jachère (2  ans, 3 ans), généralement moins de 10 ans pour une bonne restauration de fertilité. Ceci altère profondément la nature de la végétation. On assiste aujourd’hui à des végétations herbeuses appelées (TSHILONGO, fougères Imperata cylindrica,etc) qui prennent place là où il y a avait des forêts.

Les forêts primaires et secondaires ayant connu l’extinction dans cette contrée, cela s’accompagne avec un grave méfait « réduction de la productivité » et augmentation du volume de travail sur les champs, à cause de l’introduction de certaines espèces d’herbes, considérées comme chiendents adventices non maitrisables.

2.4.3. Intensification de la distillation d’alcool 

Il sied de signaler que la distillation d’alcool s’intéresse plus ou moins 80% de ménages de Bansueba ; qui préfèrent transformer une partie de leur production en maïs et manioc dans le but d’augmenter le revenu agricole.

Les effets néfastes de cette activité sont lourds des conséquences, surtout sur les facteurs écologiques, humains. Du point de vue écologique, la consommation excessive du bois de chauffe et la pollution des points et sources d’eaux. Du point de vue humain, l’alcool qui devient aujourd’hui à Bansueba une substance consommable à temps et à contre temps. Malgré sa rentabilité, ses méfaits sont très prononcés tant sur le plan psychosocial, sanitaire que physique. L’alcool crée plus la dépendance et entraine la paresse chez le consommateur.

La femme s’occupe de ladistillation, mais c’est l’homme qui en décide la gestion, ceci est aujourd’hui source des tensions en foyers (divorce, tumulte et autres maux y sont liés).

2.4.4. Ouverture des sites piscicoles 

Vu la raréfaction des forêts favorables à l’agriculture, pour compenser le déficit de revenus, la population s’est penchée à l’élevage des poissons. Il ya aujourd’hui, des centaines de sites piscicoles à Bansueba. Or , l’aménagement d’un site exige l’abattage des arbres qui abritent le site ainsi que la perturbation des points et sources d’eau qui s’y trouvent.

Cette activité constitue également l’une des causses de la dégradation des forêts, voire de la pollution des eaux de sources par euthrophisation. Mais, l’activité s’avère un bon tremplin de l’économie rurale à cause de l’extinction de la faune sauvage.

2.4.5. Propension aux activités informelles

Le secteur informel devient très dominant dans ce groupement car, celui public et privé sont moins entreprenant. Et dans ces derniers, le pourcentage de femmes est très faible par rapport à celui des hommes. Il n’y a que le secteur informel qui absorbe un nombre important de femmes surtout dans l’activité marchande mais elles demeurent  moins nombreuses dans la direction des affaires (KONGOLO A. , et al, 2004,p.25).

Ces activités comprennent normalement les petites transformations (distillation de l’alcool, saponification, vente des produits  vivriers, le transport à vélo, la banque Lambert, etc.). Dans ce secteur, beaucoup de gens travaillent de manière isolée, il existe moins de corporations et/ou associations structurées pouvant assurer le lobbyng pour la cause des pauvres paysans dans la vente collective des produits agricoles pour une paysannerie efficace et proportionnelle.

2.4.6. Elargissement de plantation (Palmeraie) à palmiers à raphia (Mabondo)

Ces plantations sont légion dans cette contrée, et constitue une grande source de revenus vu la multiplicité de ses extrants d’une importance tant économique que culturelle. Ces plantes fournissent le vin de palme, les chaumes, les flaques, les crins, les larves, les fibres, etc.

Donc, des vastes superficies de forêts soit primaires ou secondaires se voient remplacer par des palmiers à raphia, qui à leur climat, le couvert végétal connait de graves modifications qui s’accompagnent avec des perturbations écosystèmiques.

Toutefois, il faut le dire mieux que ces étendues vaillent des étendues à palmiers que des étendues herbeuses ou nues ? ces palmiers constituent la banque de carbone.

2.5. PERCEPTIONS LOCALES ET DESCRIPTIONS DE LA PAUVRETE A BANSUEBA

2.5.0. INTRODUCTION

 

La pauvreté à Bansueba frappe toutes les classes socioprofessionnelles sans distinction, mais à des degrés différents. Les paysans, environ 80% de la population sont les plus pauvres car dépendant du revenu agricole qui connait aujourd’hui beaucoup de fluctuations et aléas ; les enseignants sont également les plus touchés avec le système « Banque Lambert », qui a colonisé 90% des enseignants qui n’ont pas le contrôle de leurs salaires, sur plus d’une année durant.

Ceci a fragilisé la vie socioéconomique de plusieurs ménages, car le système a plongé des enseignants dans l’endettement indescriptible et qui ne dit jamais son nom depuis que le système salarial a vu le jour en RD Congo.

Généralement, parmi les indicateurs de la pauvreté dans le groupement des Bansueba, il ya la qualité et l’état de l’habitat , la qualité de l’environnement  naturel, la qualité de l’alimentation, la qualité de source d’énergie consommée par rapport au nombre des ménages, etc. il sied de signaler que la RDC est le réservoir du monde en pauvreté après l’Inde et le Nigéria , d’où il faut un nouvel indexe pour l’investissement dans le capital humain en vue d’améliorer la future productivité car un dollars investi dans la nutrition produit onze dollars de bénéfice pour dégager l’indice de développement humain (Propos du Directeur de la Banque Mondiale pour la RDC, recueillis par Florence Maurice/RFI,le 10/06/2019 à 6h50).

2.5.1. Causes de la pauvreté et vulnérabilité

2.5.1.1. Surpopulation et problèmes de terres arables

La surpopulation est effective dans le groupement des Bansueba. Elle est due à l’afflux de la population venue s’y installer.

Par ailleurs, à cause e sa vocation agricole, ce groupement constitue un grand centre et grenier agricole du territoire de Mweka où beaucoup d’agriculteurs et commerçants et/ou trafiquants préfèrent s’y installer parce que les produits vivriers y coûtent moins chers. Ceci fait que les ressources agricoles se raréfient par rapport à la population à desservir, voir des terres arables avec à la clé l’amorce de très longues distances par les agriculteurs à la recherche de terres arables disponibles, qui aujourd’hui est source de beaucoup de conflits communautaires.

2.5.1.2. Statut social et origine

Le statut social et l’origine des habitants des Bansueba constituent également des causes de la pauvreté paysanne . c’est à ce titre par exemple qu’ils se méfient d’exercer certaines activités génératrices de revenus jugées dégradantes et humiliantes telles : la vente de légumes, des feuilles de manioc, piments, aubergines, etc. reservée aux femmes de PATAMBAMBA, village situé à 7 km de Bansueba. Et pourtant , ces produits proevenant des champs, boostent efficacement l’économie des ménages ruraux.

 

 

2.5.1.3. Education

Le niveau de scolarité est bas chez les filles plus particulièrement, qui sont souvent victimes de mariage précoce, appelées à être futures mères ; cela ne fait qu’augmenter le nombre d’analphabètes, avec comme corolaire, la pauvreté féminine, car la femme en milieu rural est une grande actrice de l’économie à cause de ses multiples activités génératrices de revenus. En plus, trop peu de filles et de femmes se lancent dans l’aventure académique.

2.5.1.4. Emploi

Dans ce groupement, il ya insuffisance de débouchés. C’est le secteur informel qui absorbe une grande partie de la main d’œuvre. Ce qui fait que le revenu de la plupart des paysans soit très faible par le fait qu’il y a un faible afflux de monnaies sur le marché. Les quelques enseignants payés, l’on constate avec amertume que leurs revenus sont accaparés à la source par les trafiquants par le système « Banque Lambert »  devenu monnaie courante qui rongent la société actuelle.

2.5.1.5. Revenu

En général, le revenu de la majorité de la population est faible. Ce revenu provient essentiellement presque de la vente des produits agricoles. Or, les paysans à Bansueba en général, pour faire face à la survie et à la prise en charge des frais scolaires de leurs enfants , sont obligés de vendre leurs produits à moins cher avant même le temps proice. Ceci ne permet pas aux paysans de réaliser un revenu correspondant aux efforts de production ; comme conséquences le cycle infernal de la pauvreté.

2.5.1.6. Santé, vieillesse et maladies

Il ya certainement une relation de cause à effet entre la santé, vieillesse et la maladie dues aux travaux de dur labeur en ce sens que les travaux de champs auxquels  s’adonnent la plupart des gens épuisent sensiblement le corps, et exigent des soins appropriés pour soulager des dommages causés. Fort malheureusement, le revenu paysan ne fait pas face au défi des soins de qualité.

Nous avons observé le vieillissement prématuré de la majorité des paysans, l’apparition des maladies (hernie chez les hommes, kyste chez les femmes et les jeunes filles, etc.).

2.5.1.7. Abus de drogue (Tshitshampa)

Actuellement, la production du maïs et manioc est basculée vers la production de l’alcool à travers la distillation artisanale. Le groupement des Bansueba, est devenu grâce à cette alternative, un grand centre de distillation de l’alcool dans le territoire de Mweka.

Nous avons observé que neufs personnes sur dix consomment l’alcool (hommes tout comme femmes), et ce, à un seuil de risque. Plusieurs hommes chefs de ménages, se trouvent à un état d’alcoolo-dépendance qui rend inactifs les hommes, précipite leur état de vieillesse (diminution de l’espérance de vie, et autres maux sociaux qui amplifiant la pauvreté des paysans).

Conclusion partielle

Ce chapitre a fait essentiellement l’objet de la description et de l’analyse socio-économique des enjeux de la dégradation des forêts avec son corolaire la « pauvreté paysanne », qui en est également l’une des causes du phénomène sous examen, ce qui forme ou déclenche une causalité circulaire.

A cet effet, l’arborescence a échelonné les causes (directes et sous-jacentes), les conséquences et les remèdes ainsi envisagés tant par des acteurs eux-mêmes que par nous chercheurs scientifiques après avoir établi et décrit quelques indicateurs de la pauvreté paysanne selon les perceptions locales, tels que décrits  par les structures de la population ainsi que ses habitants plongés dans de multitudes impacts dus au phénomène dont la teneur gravite autour de l’épuisement des forêts et la pauvreté paysanne, deux faits qui se copénetrent ou s’influencent mutuellement.

 

 

 

CHAP.III.  IMPACT DE LA DEFORESTATION SUR LES MENAGES DU GROUPEMENT DES BANSUEBA

 

3.0.                INTRODUCTION

 

L’augmentation de la population nécessite plus de terres cultivables ce qui n’est pas possible. En l’absence de techniques agricoles, sauf dans quelques rares régions, permettant d’enrichir, de maintenir la fertilité des sols sur une longue période, la culture itinérante consomme beaucoup de terres aux dépends des forêts et de la savane arborée. (Inades-Formations, 1987, p.14).

C’est ainsi que René DUMONT (1980, p.9-10) dans « croissance de la famine : une agriculture repensée, souligne que le progrès s’est toujours  accompagné d’une montée des périls. Le feu des chasseurs détruit d’immenses forêts, supprime bien d’espèces qui nous seraient utiles. Le labour dégrade certains sols.

La recherche d’aliments à trop bon marché et la réduction excessive de la population agricole, objectifs encore courants, nous paraitrons incompatibles avec la reconstruction de nos agricultures sur des bases durables, avec notre projet global de survie. (…) rechercher les bases d’une civilisation de l’arbre et du jardin exigera de maintenir plus de ruraux à la terre. (DUMONT, R. op.cit., p.11).

Les feux de brousse auxquels les communautés ont souvent recours comme moyen  de défrichement, les besoins en bois de chauffe et en charbon (braise), utilisés pour les besoins énergétiques détruisent chaque année des  buissons, des arbustes, de jeunes pousses d’arbres et même des arbres. Ceci rend la reconstruction naturelle de la végétation plus difficile. (Inades-Formations, op.cit., p.14). Les impacts dus à tout ceci sont certes multiples et multidimensionnels sur les ménages ruraux, que nous allons évoquer ici tour à tour.

 

3.1.                Impact socio-économique

 

3.1.1.   Réduction des revenus des ménages

De manière empirique, sur base des données que nous avons observée directement, nous cernons la crise rurale via la pauvreté paysanne en tant que processus de destruction globale du rural dans ses dimensions économiques (KADIEBWE, 2017, p.65) qui se justifie par l’absence avérée du capital naturel (forêts). Ceci affecte négativement les revenus des ménages,avec tout ce que cela comporte comme corolaire sur le plan social et économique (recul ou non progrès).

3.1.2.   Réduction du pouvoir d’achat des paysans

La dimension économique de la pauvreté paysanne est essentiellement agraire est se manifeste entre autres  par les quantités et les qualités produites en diminution, les prix d’achats et de ventes défavorables aux villages, l’abandon du domaine par l’Etat et le surendettement des villageois avec la « banque Lambert ».

3.1.3.   Fragilité et extinction du trafic

Dans plusieurs cas, le grand capital en milieu rural provient du revenu agricole, qui alimente plusieurs autres gammes d’activités. Ce dernier étant aujourd’hui een baisse, la quasi-totalité d’acteurs en ce domaine se sentent asphyxiés et appelés à fermer leurs activités, car le pouvoir économique devenant de plus en plus fragile et expose progressivement le trafic dans ce milieu à l’extinction.

3.2.                Impact socio-culturel

 

La dimension socio-culturelle se manifeste à travers les exodes agricoles  réduisant ainsi la production et la productivité. il s’observe aussi chez les villageois le complexe d’infériorité, d’après lequel ils ne peuvent pas fixer les prix de leurs produits, en se laissant contraindre par les acheteurs, avec des mesures gigantesques. Ceci est devenu une culture dont chacun a mordu de manière fatale.

 

3.2.1.   Immobilité sociale des paysans

Il s’observe ici, la destruction du rural notamment le sol, la végétation, des infrastructures, l’absence des organisations sociales e politiques entre les hommes, les femmes et les enfants pour impulser une dynamique de changement. Les quelques organisations qui existent ne font pas tâche d’huile. Aucune initiative n’est envisagée en ce sens, pour renverser la vapeur, par les forces vives de cette communauté.

3.2.2.   Déperdition scolaire et non scolarisation

Face à la dégradation des forêts, les ménages ruraux sont en quête plus loin, des terres arables et de forêts cultivables ; ceci entraine plusieurs méfaits sociaux, tels : perte de valeurs scolaires, déscolarisation,analphabétisme. Car, le campement au champ fait que certains parents mettent leurs enfants surtout les « filles » dans le colimater du gardiennage et transport des denrées. Il s’observe le retard de scolarisation, la baisse de niveau intellectuel, voir la non scolarisation et/ou la faible scolarisation avec un taux élevé chez les filles

3.2.3.   Conflits sociaux

D’’une manière générale, le territoire de Mweka est le théâtre de beaucoup d’évènements sanglants  entre diverses communautés, à cause de disputes autour d’appropriation ou expropriation de terres et forêts cultivables. Il s’est observé également dans le groupement des Bansueba, le même scénario ayant occasionné des conflits entre ledit groupement et des villages voisins et/ou groupements voisins.

Ces conflits ne restent pas seulement externes, ils sont également internes entre clans, familles, ménages dus au fait que la superficie de forêts reste la même alors que la croissance démographique, elle, est galopante ; et oppose des utilisateurs vus les intérêts des uns et des autres face à l’exploitation forestière. Aujourd’hui, les frères d’une même famille sont en conflit foncier, les familles d’un même clan, les clans d’un même groupement, le groupement avec d ‘autres groupements et/u villages.

 

3.2.4.   Crise d’autorité de chefs de ménages

Aujourd’hui, face à la crise de forêts, plusieurs chefs de ménages se trouvent sans autorité devant leurs épouses,car dans la plupart de ménages, l’on remarque que la responsabilité  revient en grande aux femmes, à cause de la prédominance de l’exode agricole et des activités informelles exercées en grande partie par elles dans cette contrée, citons : la distillation  de l’alcool, achat et vente des denrées, l’organisation des tontines, etc.

Comme constat, dans bon nombre de familles, les femmes sont devenues de chefs de ménages ; elles orientent l’économie du ménage, approvisionnent le ménage en denrées alimentaires, et sont capables de subvenir à la scolarité des enfants et leurs soins médicaux.

Il s’observe actuellement à Bansueba que les hommes sont de plus en plus présents, mais absents aux champs. Le défrichement et l’abattage de la futaie de la forêt restent opérations qui préoccupent plus l’homme, le reste des activités champêtres sont l’apanage de la femme ; du semis à la récolte y compris le transport de produits de la récolte. La vente de ces derniers, de manière échelonnée revient à la femme pour la survie du ménage.

3.2.5.   Dépendance, vol et fétichisme

Il résulte du phénomène de dégradation, l’inactivisme très caractéristique chez les jeunes adultes par manque d’emploi, donc la dépendance est plus que manifeste ces dernières années. Ceci s’accompagne de vol dans les champs, des produits vivriers, car la majorité des gens manquent d’espace à exploiter. Aujourd’hui,l’on a remarqué avec amertume la montée en puissance du fétichisme lié à la production agricole. C’est ce qu’on appelle en langue locale « Bituta » ; cultiver sur une petite portion, et produire plus, donc miraculeusement. Comme conséquences plusieurs cas des décès chez les jeunes femmes et jeunes hommes dus aux complications des dieux en cette matière de production  métaphysique.

 

3.2.6.   Taux élevé d’analphabétisme chez les filles

Dans la plupart des cas, dans cette contrée, les jeunes filles sont plus utilisées aux travaux de champs que les jeunes garçons. En cas de difficultés financières pour la scolarisation des enfants, l’on préfère freiner la fille au lieu du garçon ; car la fille est considérée comme machine à production, donc, une main d’œuvre convenable.

En effet, celles qui s’adonnent à étudier sont confrontées à de sérieux problèmes de manque de constance et de concentration ; car après cours elles sont obligées d’aller  chercher les bois de chauffe, l’eau pour les travaux ménagers, et ne reviennent que tard le soir pour se lancer aux travaux de la cuisine. La culture de lecture reste un élément étrange dans leur formation, car chaque jour essoufflé de travaux de dur labeur qui ne leur permettent pas de bien s’appliquer. Comme conséquence, terminer les années et non les études ; donc, une crise des modèles dans la formation des filles dans le groupement des Bansueba.

3.2.7.   Délabrement avancé des cases d’habitation

Il sied  de signaler que face à la dégradation des forêts dans ce groupement, bon nombre des services écologiques ont sensiblement baissé. Quatre-vingt pourcent de la population vit dans des maisons de types traditionnels (avec usage de matériels locaux : fibre, lianes, bois de construction, etc). à cause de la rareté de la forêt, ces matières deviennent également rares  et presqu’inexistants.

Aujourd’hui, pour s’attraper des lianes à Bansueba/Bulape, il faut que l’approvisionnement soit assuré par des villages voisins, notamment : PATAMBAMBA, LUKOMBE, si non  les paysans ont du mal à réfectionner leurs cases d’habitation ou exercer tout travail nécessitant des matières que citées.

3.2.8.   Faible espérance de vie

La notion d’espérance de vie, qui est l’un des indices de l’indicateur de développement humain (IDH), a été créée par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) à partir, notamment, des travaux de A. Sen. Cette notion nous a permis de saisir le niveau de santé de la population du système sous examen.

Sachant que le niveau de revenu, le niveau d’éducation, la sécurité physique des paysans, etc. déterminent leur espérance de vie, il convient de signaler  que la population paysanne n’est pas épargnée à ce fléau, qui du reste est le corolaire des questions environnementales ayant déclenché l’insécurité alimentaire, économique, les inégalités et la pauvreté économique, la faible consommation défensive des ménages en matière de santé, des risques économiques liés au chômage , à la maladie, etc. (Boulanger, FM,2004, p.7).

En effet, la faible espérance de vie que nous avons pu analyser ici, est la conséquence logique de la pauvreté paysanne, comme tant d’autres conséquences subtilement analysées. La pauvreté paysanne entendue comme telle, est considérée ici comme réalité relative, car dépendante de certaines circonstances (environnementales), faisant que certains ménages ne disposent pas du minimum de revenu nécessaire pour couvrir des besoins jugés essentiels (Boulanger,P.M, op.cit., p.9).

3.2.9.   Exposition prononcée aux maladies : Névralgies, hernies, manque des moyens pour se faire soigner

Lors des épisodes des travaux agricoles par exemple pendant le sarclage et la récolte des produits agricoles en général, certaines maladies apparaissent. Parmi les maladies, il ya des lésions de peau, des douleurs thoraciques, névralgiques et lombaires, voire les maux de tête qui sont enregistrés généralement chez les femmes paysannes à cause de travaux de dur labeur tels : récolte, transport, entretien, etc. chez les hommes, la névralgie et la hernie sont des cas  devenus célèbres.

Cependant, le comble est que les moyens qu’il faut pour se faire soigner font défaut à cause de la pauvreté qui caractérise ces pauvres paysans.

3.3.                      IMPACT ECOLOGIQUE

 

3.3.1.   Dégradation des fonctions et niches écologiques

D’après l’évaluation des écosystèmes, pourle millénaire, les conséquences de la dégradation des écosystèmes par les activités humaines ont entrainé une diminution  de près de la 60% de services écologiques au cours de 50 dernières année (TSHISEKEDI,F., 2018,p.14).

Cet impact est très manifeste dans notre milieu d’étude  où la dégradation des forêts atteint un seuil qui interpelle la conscience de tous. L’on constate que certaines fonctions écologiques  ont été fortement modifiées de façon à améliorer les services écologiques, comme ceux liés à l’approvisionnement alimentaire, des matériaux de construction (Sticks, lianes, fibres, chaumes, etc.) qui sont devenus quasi-rares avec des graves répercussions sur la santé de la population, voire son habitat, car 70% des habitants vivent dans des maisons en pisés dont le renouvellement est sans cesse envisagé.

Face à cette impasse dont l’une des causes indirectes reste la pression démographique que connait le groupement  des Bansueba, la quête des bois de construction, des fibres et autres matériels, menace plusieurs niches écologiques avec la raréfaction, même l’extinction de certaines espèces faunistiques et de faune sauvage utiles à l’équilibre biologique et à la vie humaine du point de vue culturel, économique, sanitaire, etc.

3.3.2.   Faible capacité de production et production primaire amoindrie

Le fait que les forêts vierges (primaire) du terroir soient toutes dévastées, s’est accompagné de la faible capacité de production en général, mais surtout la production des produits non ligneux sensées se multiplier en forêt primaire, citons à titre d’exemple ; les lichens, certaines feuilles aromatiques, les fruits, etc. Tous ces produits ont vu leur production baisser sensiblement, au point où la population en souffre et s’écrie ardemment.

3.3.3.   Baisse de résilience et de résidence des écosystèmes face aux impacts.

La dégradation et la déforestation, phénomènes concomitants, s’accompagnent avec de graves effets sur la résilience et la résistance des écosystèmes du groupement des Bansueba. Nous avons parcouru tous les environs dudit groupement, et avons constaté que les forêts en grande partie sont dégradées de façon  significative, sans que des compensations soient entreprises pour limiter des dommages. Ces forêts ne se renouvellent pas pour retrouver l’état initial des forêts de départ ; par contre il y a apparition d’un nouveau couvert végétal très dégradant avec apparition des fougères des Imperata cylindrica de l’Eupathorium volaratun appelé en langues locales : Tshiakalua ku ndeke ou sida, espèces ne favorisant pas la régénération de la forêt.

3.3.4.   Diminution de la qualité, la quantité, variabilité et distribution des services écologiques rendus

La RD Congo a , dans le secteur agricole atteint 32% du PIB en 2000 , et 16 ans après, soit en 2016, la production agricole ne couvre que 18% du PIB ; ce qui ne permet pas de nourrir la population interne et ceci place les petits producteurs  dans une situation de pauvreté  extrême due à la rareté des terres arables ainsi que des instruments de travail, qui restent rudimentaires. (Radio Okapi/Magazine des Nations Unies, propos recueillis le 12/05/2019 à 11h20).

En effet, ce tableau macabre qui frappe la plupart des milieux ruraux de la RDC en général, et ceux du territoire de Mweka en particulier, pour ne citer que le groupement des Bansueba où les impacts du phénomène se présentent par homomorphisme a fait que l’agriculture à Bansueba connaisse un péril par manque de techniques d’amélioration  de sol, avec compromission de l’agriculture durable et du prix rémunérateur au producteur.

Sachant que l’agriculture durable tient compte du maintien en équilibre du climat et de l’utilisation des ressources (écosystèmes forestiers) pour éviter le changement climatique qui est une menace pour les petits agriculteurs exposés au problème de rareté des terres cultivables, mais il s’est observé dans le territoire de Mweka en général et dans le groupement des Bansueba en particulier une saison sèche anticipée depuis le mois de mars et avril 2019 ; périodes qui se sont écoulées sans précipitations. Ceci a justifié et corroboré le changement climatique dont fait l’objet le système social sous examen, avec toute présomption de la chute de production la saison en cours. Car l’agriculture qui y est pratiquée est essentiellement pluviale.

En effet, ces aspects ont été observés au niveau de :

-          Diminution des avantages  tirés des fonctions écologiques suite à un changement dans le service, où à la surexploitation de la capacité fonctionnelle de l’écosystème ;

-          La baisse voir la disparition de productivité ;

-          La modification des caractéristiques des écosystèmes –paysage, air pur) amoindrissant les avantages culturels et récréatifs rendus (TSHISEKEDI, F., 2018, p.44)

3.3.5.   Diminution du bien-être humain

Nous avons observé dans notre d’étude, quelques vices en rapport avec le bien-être de la population au niveau de (d’) :

-          Accès limité à certaines ressources telles : nourritures en quantité, énergie domestique (bois de chauffe), matières ou matériels de construction, des substances médicinales, produits de cueillette et de ramassage, etc.

-          Perte de protection contre les catastrophes naturelles et maladies ;

-          Insuffisance e moyen d’existence causant la pauvreté paysanne ;

-          Perte de cohésion sociale due aux conflits dus à la gestion des ressources forestières, même leur utilisation.

Or, l’on sait que le bien être humain repose sur la liberté, de bonnes relations sociales, une alimentation équilibrée, logement décent, sécurité, etc…

3.4.                      IMPACT POLITIQUE

 

L’impact politique se dégage du point de vue institutionnel où certaines règles ne sont pas suivies drastiquement. Cela crée des conflits.

3.4.1.   Conflits fonciers

Les conflits liés aux ressources naturelles sont légions dans le groupement des Bansueba.

D’après FAO (2011), les conflits liés aux ressources naturelles procèdent des désaccords et des différends sur l’accès, le contrôle et l’utilisation des ressources naturelles. Ces conflits naissent souvent du fait que les populations utilisent les ressources ; forêts, eau, pâturages et terres, à des fins différentes, ou entendent les gérer de diverses manières. Les différends naissent également en cas d’incompatibilité des intérêts et des besoins des uns et des autres, ou de négligence des priorités de certains groupes d’utilisateurs dans les politiques, programmes et projets (TSHISEKEDI,F., 2018,p.60).

Eu égard à ce qui précède, le même constat est fait dans notre milieu d’étude où aucune politique agricole, ni sur la gestion de terroir n’est de mise par les instances dirigeantes. Ceci est à la base de beaucoup de conflits, source de la crise rurale. Cette crise est de fois orchestrée par des services étatiques en charge de l’agriculture, de l’environnement, pour des intérêts égoïstes. Quant au pouvoir coutumier, la gestion du terroir, ne constitue en rien en enjeu majeur qui puisse être une préoccupation au centre d’intérêt au sein des palabres organisées.

3.4.2.   Causes des conflits fonciers à Bansueba

Le conflit comme tel est  un choc, un heurt. C’est aussi une interaction mutuelle.

Il y a conflit, lorsqu’il y a intention de créer obstacle à un individu quant à l’atteinte de l’objectif. (KABEMBA, B., 2019, p.11). Pour qu’il y ait conflit, il faut nécessairement une humanité commune et ce entre les individus  de même espèce et/ou groupes. Le conflit est inhérent à la vie humaine. L’homme lui-même est un complexe des conflits, car il prend position à des situations, et y renonce à même temps.

Comme les conflits existent de manière permanente dans toute société, ils arrivent à se manifester à cause de certains facteurs déclencheurs  

Il existe plusieurs sortes de conflits ; dans le cas d’espèces ;il s’agit des conflits liés aux ressources naturelles, qui ont toujours existés, en partie à cause des demandes multiples et des pressions concurrentes s’exercent sur les ressources. Ils apparaissent en cas :

-          D’exclusion des groupes d’utilisateurs de la gestion des ressources locales (dualité du droit de priorité traditionnelle et droit foncier)

-          De mauvaise gestion des terroirs et désintéressement du pouvoir local sur ladite gestion ;

-          De mauvaise application des politiques et des programmes par des services concernés (agriculture et autres autorités étatiques) ;

-          De distribution inégale  des forêts (ex. de l’appropriation de concessionnaires au détriment de pauvres paysans).

CONCLUSION PARTIELLE

 

Il s’est agi dans cette partie du mémoire, de donner des effets causés par la dégradation  des forêts dans le système sous examen. Nous avons certes compris que le phénomène se présente dans une  causalité réciproque (circularité causale, ceci vaudrait dire que la dégradation étant  la cause de la pauvreté et en retour celle-ci poussant les pauvres à utiliser abusivement  les ressources à leur disposition.

En effet, le fait étant compris dans une causalité réciproque, il a pénétré  tous les tissus sociaux sans distinction, ce qui a fait que nous démontrions en détails les secteurs les plus touchés en marge de ce chapitre.

 

 

 

 

CHAP. IV. APPROCHE EXPERIMENTALE SUR LA DEGRADATION DES FORETS ET LA PAUVRETE PAYSANNE DANS LE GROUPEMENT DES BANSUEBA

 

4.0.          INTRODUCTION

 

Les cultivateurs dépourvus de terres se moquent bien des conséquences écologiques et défrichent les forêts et les pâturages. (ERIK ECKHOLM, P., 1977, P.263). Nous constatons fort malheureusement que « dégradation et pauvreté paysanne » forment une causalité circulaire, c’est-à-dire l’une étant la cause de l’autre, et l’inversement.

Nous avons de ce fait, constaté qu’il n’existe pas de solution rapide au cycle implacable de la pauvreté, de la dégradation écologique et de l’accroissement exponentiel de la population. L’éthique et les problèmes de conservation du sol doivent faire l’objet d’informations quotidiennes dans les médias et être inscrits au programme d’études des systèmes d’éducation. (Ibidem).

Connaissant de prime à bord que les pauvres dégradent plus la forêt,  en quête des moyens de subsistance, l’épuisement de cette dernière, vient aggraver la pauvreté paysanne. Raison pour laquelle, ce chapitre va traiter des points de vue des enquêtés, membres de la communauté, sur la causalité réciproque de la dégradation de la forêt ainsi que la pauvreté paysanne son corollaire, et éventuellement l’approche palliative visant à sortir la communauté de l’impasse socio-économique et écologique pour un développement durable à la lumière des objectifs de développement durable (O.D.D) sur le concert des nations.

4.1.          INTERPRETATION ET ANALYSE DES DONNEES DE L’ENQUETE

                                                                                

4.1.1.   ENQUETE

1.    Définition : Est une recherche des données, d’informations. C’est une étude d’une question s’appuyant sur des témoignages, des informations (Dictionnaire universel, 2010, P.438).

L’enquête est aussi définie comme une opération par laquelle l’enquêteur interroge un ou plusieurs enquêtés sur un fait ou un phénomène assez permanent pour une généralisation des conclusions. Ce sont les opérations de collecte des données à partir d’interview auprès de la population. Cette collecte permet d’obtenir des informations sur des comportements, des opinions ou des croyances qui répondent au but déterminé que l’initiateur de l’enquête s’est fixé dans les hypothèses de recherche.

2.    Objectif global de l’enquête

Recueillir les données quanto-qualitatives sur la pauvreté paysanne inhérente à l’épanouissement des ressources forestières, source de revenu pour la quasi-totalité des ménages de notre milieu d’étude (Groupement des Bansueba)

3.    Population cible

Plusieurs strates sociales et/ou catégories socio-professionnelles sont la cible de cette enquête à cause de la complexité que présente le phénomène sous examen.

Cette recherche sociologique a aidé à mettre en exergue plusieurs acteurs possibles, à des dimensions multiples, sous multiples influences, les uns et les autres étant la cause et à même temps vulnérables face aux conséquences fâcheuses que génère la dégradation des forêts dans cette contrée.

4.1.2.   CONSTITUTION ET STRUCTURE DE L’ECHANTILLON

La constitution et la structure de notre échantillon, est la résultante de l’échantillonnage (sondage) non probabiliste, appelé aussi « empirique ». Ceci est d’usage dans notre analyse vu l’indisponibilité d’une base de sondage exhaustive garantissant à chaque individu de la population une même chance de faire partie de l’échantillon. (MPUKA, D., 2017, P.64) ; en tant que systémicien, nous avons renoncé aux méthodes et/ou techniques d’échantillonnage probabilistes pour privilégier celles empiriques, en l’occurrence « l’échantillon par quotas » comme l’une des variantes de cette technique.

La méthode des quotas (parfois appelée sondage pseudo-aléatoire) a pour objectif la constitution d’un échantillon ayant les mêmes caractéristiques que la population cible. C’est dans cette optique que nous avons réparti notre échantillon selon les variables suivantes : sexe, profession, état matrimonial, etc. lesquelles variables nous permettraient de calculer différents paramètres statistiques.

4.1.2.1.       CONSTITUTION ET CALCUL DE LA TAILLE D’ECHANTILLON

Notre milieu d’étude, qui est le groupement des Bansueba, qui comporte une population adulte de l’ordre de vingt-neuf mille (29000) habitants selon les statistiques sanitaires de la zone de santé rurale de Bulape (enquête Mild, 2018), nous avons retenu comme formule de la taille de l’échantillon :  ou

A noter que la caractéristique observée chez les paysan(ne)(s), notamment la pauvreté paysanne qui se vit en milieux ruraux où ¾ de la population vit dans une pauvreté indescriptible. Cette pauvreté frappe à 95% la population paysanne qui dépend surtout des activités agricoles liées au capital naturel qui est la forêt.

Ainsi donc,

Z=1,96 (écart fixé dans la table de la loi normale centrée réduite) ;

P=0,95 (95%) qui est la proportion des enquêtés frappés par la pauvreté.

Q=1-P=1-0,95=0,05 (proportion contraire)

D=Risque d’erreur=5%=0,05

=  enquêtés

 

 

 

 

 

4.1.2.2.       STRUCTURE DE L’ECHANTILLON ET DISCUSSION DES RESULTATS

 

I.              IDENTIFICATION DES CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DES ENQUETES

1.    Sexe des enquêtés

Q101.votre sexe ?

 

 Tableau n°01 fait la répartition par sexe  des enquêtés.

Variables

Modalités

Effectif (ni)

Pourcentage (%)

Homme

Femme

1

2

45

28

61,6

38,3

Total

 

99,9

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019.

Commentaire : Il résulte de ce tableau que plus de la moitié de la population enquêtée est masculine, soit 61,6% ; ceci s’explique au fait que dans ce milieu, la propriété foncière est l’affaire de chefs de ménages ; raison pour laquelle nous sommes poussés à considérer la proportion d’hommes un peu plus supérieure à celle de femmes, qui, elle  est de 38,3% seulement.

Par ailleurs, les hommes sont plus impliqués dans la dégradation des forêts que les femmes. En effet, c’est à homme que reviennent les travaux de défrichement ou coupe de sous-bois et de l’abattage de la futaie.

 

 

 

 

 

2.    L’âge des enquêtés

Q102.Quel  est votre âge ?

Tableau n°02, relatif à la classification d’âges des enquêtés, comme variables quantitatives

AGES (xi)

EFFECTIFS ABSOLUS (ni)

FREQUENCES RELATIVES (fr)

POURCENTAGE (%)

ncc

22

1

0,0136

1,36

1

24

3

0,0410

4,1

4

25

2

0,0273

2,73

6

26

2

0,0273

2,73

8

27

1

0,0136

1,36

9

28

1

0,0136

1,36

10

29

1

0,0136

1,36

11

30

6

0,0821

8,21

17

31

2

0,0273

2,73

19

32

2

0,0273

2,73

21

33

2

0,0273

2,73

23

35

1

0,0136

1,36

24

37

1

0,0136

1,36

25

39

2

0,0273

2,73

27

40

3

0,0410

4,1

30

41

1

0,0136

1,36

31

42

4

0,0547

5,47

35

44

4

0,0547

5,47

39

45

3

0,0410

4,1

42

46

1

0,0136

1,36

43

48

1

0,0136

1,36

44

49

1

0,0136

1,36

45

50

3

0,0410

4,1

48

51

1

0,0136

1,36

49

52

1

0,0136

1,36

50

55

1

0,0136

1,36

51

56

4

0,547

5,47

55

57

2

0,0273

2,73

57

58

3

0,0410

4,1

60

61

2

0,0273

2,73

62

62

1

0,0136

1,36

63

63

1

0,0136

1,36

64

65

4

0,0547

5,47

68

68

1

0,0136

1,36

69

69

1

0,0136

1,36

70

72

1

0,0136

1,36

71

75

1

0,0136

1,36

72

77

1

0,0136

1,36

73

TOTAL

0,979

0,979X100=97,9

 

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019.

Commentaire : Ce tableau reprend des modalités d’âges des enquêtés, en commençant par la limite inférieure jusqu’à la limite supérieure, soit 22 à 77 ans. En effet, chacun des âges représente une fréquence qui a permis de calculer la fréquence relative (fr), le pourcentage obtenu ici à frx100, et en dernier lieu la colonne des effectifs cumulés.

 

 

 

 

Tableau n°03, relatif à la classification des âges en variables qualitatives (intervalles)

Classes d’âges

Effectifs (ni)

Modalités (xi)

ni*xi

fcd

 

]22-32]

21

27

567

21

28,7

]32-42]

14

37

518

35

19,1

]42-52]

15

47

705

50

20,5

]52-62]

13

57

741

63

17,8

]62-72]

8

67

536

71

10,9

]72-82]

2

77

154

73

2,7

 

 

 

99,7

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

L’âge moyen ()=

Commentaire : Au regard de ce tableau, les données quantitatives e âges, sont transformées en données qualitatives, sous formes des classes (intervalles) d’âges dont la sommation de ni et xi nous a permis de calculer l’âge moyen de nos enquêtés, étant égal à 44 ans. Tandis que l’âge modal appartient à la classe d’âges de]42-52] comportant l’effectif le plus élevé par rapport à d’autres classes, soit un effectif de 15 enquêtés sous une proportion de 20,5%

Ainsi faut-il savoir que l’âge a un impact réel dans la dégradation de forêts. Les jeunes gens dans leur force physique sont capables d’ouvrir des champs de dimensions causales jouant ainsi sur les réserves de forêts.

 

 

 

 

3.    L’état matrimonial

Q.103. tableau n°04, donne l’état civil des enquêtés

Variables

Effectifs (ni)

Fréquence relative (fr)

Pourcentage (%)

Mariés

50

0,684

68,4

Célibataires

06

0,082

8,2

Divorcé(e)

01

0,013

1,3

Veuf(s)

05

0,068

6,8

Veuve(s)

11

0,15

1,5

Total

0,98+1

99,7

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019.

Commentaire : Il sied de signaler que la situation matrimoniale de nos enquêtés reste dominée par la catégorie des mariés, ceci se justifie par la proportion des enquêtés, soit 68,4% ; qui est largement supérieure par rapport à d’autres catégories dont les proportions restent très faibles par rapport à la moyenne.

Ainsi cette catégorie de personnes est celle qui recherche plus des moyens que les autres pour scolariser les enfants les nourrir  alors qu’un célibataire, divorcé peut mieux se contenter de manger ailleurs et se suffire pour la journée.

4.    Le niveau atteint avec les études

Q105.Quel est votre niveau d’études ?

 Tableau n° 05, décrit le niveau d’instruction.

Variables

Effectifs (ni)

Fréquence relative (fr)

Pourcentage (%)

O

0

0

0

1

02

0,02

2

2

58

0,079

79

3

13

0,017

17

Total

0,98+1

98

Légende : 0=sans niveau 1=primaire  2=secondaire  3=supérieur et  universitaire

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019.

Commentaire : Ainsi la grande partie de nos enquêtés est de la formation secondaire capable de comprendre le discours qu’on peut tenir pour la dégradation de l’environnement.

5.    Taille de ménages

Q104. Tableau n°06 Nombre des personnes vivant dans le ménage.

AGES (xi)

EFFECTIFS ABSOLUS (ni)

FREQUENCES RELATIVES (fr)

POURCENTAGE (%)

Effectifs cumulés nc

xini

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

1

2

5

2

3

9

12

21

15

3

0,013

0,027

0,068

0,027

0,041

0,123

0,164

0,287

0,205

0,041

1,3

2,7

6,8

2,7

4,1

12,3

16,4

28,7

20,5

4,1

1

3

8

10

13

22

34

55

70

73

2

6

20

10

18

63

96

189

150

33

TOTAL

99,6

 

587

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : De ce tableau n°06, nous constatons que les effectifs de membres de ménages varient entre 1 et 21 et dont les modalités varient également entre 1 et 11. Ces statistiques nous ont permis de calculer un paramètre important, qui est la moyenne (taille moyenne) au moyen du rapport nixi par N (effectif total de l’échantillon).

Taille moyenne/ménage =

Le ménage au village est toujours nombreux. Ce qui requiert beaucoup de moyens pour la survie et la forêt reste le moyen de soutien au ménage nombreux.

6.    La profession des enquêté(e)s

Q.105 : Tableau n°…. : Profession exercée

Variables

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Fréquence relative (fr)

Pourcentage (%)

Effectifs cumulés

Enseignants(es)

Cultivateurs (trices)

Pasteurs

Infirmiers (res)

Débrouillards

Autres métiers (professions)

1

2

3

4

5

6

13

33

2

3

18

4

0,178

0,452

0,027

0,041

0,246

0,054

17,8

45,2

2,7

4,1

24,6

5,4

13

46

48

51

69

73

TOTAL

 

99,8

 

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : Il ressort de ce tableau , il ya lieu de constater que  la colonne de (xi) contient des chiffres de 1 à 6 considérés comme des artifices seulement nous ayant permis de codifier des variables qualitatives reprenant les catégories socio-professionnelles dont 17,8% représentent les enseignants dans cet échantillon, 45,2% sont des cultivateurs(trices), 2,7% sont constitués des pasteurs enquêtés à cet effet ; 4,1% représentent les infirmiers enquêtés ,24,6% est la proportion des débrouillards et enfin 5,4% proportion des autres métier confondus.

Le pourcentage des cultivateurs se justifie par le fait que ce sont eux qui utilisent beaucoup la forêt pour les fins agricoles et donc contribuent plus à la dégradation de la forêt.

II.               DUREE DE SEJOUR DES ENQUETES ET ETAT DE LIEU DE LA FORET

 

Q.201. Depuis combien de temps résidez-vous dans cette contrée

Tableau 07 présente l’âge des enquêtés en intervalles des classes.

Variable

Modalités de temps en intervalles des classes (xi)

Valeurs centrales (ci)

Effectifs (ni)

Effectifs cumulés (nc)

Fréquence relative (fr)

%

Q.201. Depuis combien de temps résidez-vous dans cette contrée

0-10 ans

5

2

2

0,027

2,7

10-20 ans

10

6

8

0,082

8,2

20-30 ans

25

10

18

0,136

13,6

30-40 ans

35

14

32

0,191

19,1

40-50 ans

45

15

47

0,205

20,5

50-60 ans

55

12

59

0,164

16,4

60-70 ans

65

11

70

0,150

15

70-80 ans

75 ou plus

3

73

0,041

4,1

Total

 

 

99,6

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019.

Commentaire : Ce tableau qui nous reprend des valeurs de modalités en intervalles d’années correspondant au temps de séjour dans la contrée, a une valeur modale égale à 15, soit 20,5%, proportion des enquêtés ayant vécu entre 40 à 50 ans dans la contrée. Leurs points de vue ont été vrais pour justifier la vraisemblance des informations relatives au phénomène étant donné leur représentativité par rapport à d’autres grandeurs face à la variable retenue.

Il se dégage de ce tableau que la plupart des enquêtés sont des natifs de la région et connaissent bien la situation des forêts à Bansueba.

Q202. Comment trouvez la physionomie actuelle de la végétation naturelle et plus particulièrement en ce qui concerne les forêts et les savanes ?

Tableau n°08 retrace la physionomie de la végétation actuelle à Bansueba.

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

Comment trouvez-vous la physionomie actuelle naturelle et plus particulièrement en ce qui concerne les forêts et les savanes

Savanes= forêts

40

54,7

savanes>forêts

20

27,3

Je ne sais pas

13

17,8

Total

 

99,8

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : Au regard de ce tableau, il s’avère que plus de la moitié de nos enquêtés, soit 54,7% constatent que les superficies transformées en savanes sont presqu’égales aux superficies de forêts naturelles. Vingt-sept trois dixième pourcent de nos enquêtés précisent quant à eux que les savanes supplantent déjà les forêts à cause de la surexploitation des forêts par contre, 17,8% déclarent n’avoir aucune idée quant à ce. Ceci montre en définitive que les forêts sont encore présentes dans la contrée mais déjà entamées par les paysans.

 

 

 

 

 

Q.203. D’après vous à quoi peut être due la situation de l’égalité et/ou la supériorité de la superficie de savanes par rapport à celles des forêts ?

Tableau N°09 précise le niveau de dévastation des forêts en savanes

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

D’après vous à quoi peut être due la situation de l’égalité et/ou la supériorité de la superficie de savanes par rapport à celles des forêts ?

Agriculture itinérante sur brulis

60

82,1

Sciage de bois

5

6,8

Carbonisation

6

8,2

Autres (à préciser)

2

2,7

Total

99,8

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019.

Commentaire : D’après les observations menées sur terrains, nous avons trouvé plusieurs galeries forestières sont transformées en savanes en raison des actions anthropiques. Par rapport à la question de savoir les motivations ayant entrainé cet aspect des choses ; nos enquêtés ont répondu suivant les assertions ci-haut évoquées dans le tableau. Il y a lieu de constater que 82,1% de la population enquêtée mettent en évidence l’agriculture itinérante sur brulis, qui reste la plus grande cause de la déforestation dans cette contrée, comme l’indique la proportion. Six huit dixième pourcent des enquêtés accusent le sciage e bois ; 8,2% des enquêtés soutiennent l’action de carbonisation et en fin une faible proportion, soit 2,7% incriminent d’autres usagers de la forêt (artistes, fabricants des braises, la coupe de bois pour la construction des cases, etc.), étant donné que 80% de constructions sont en pisé , qui consomment chaque année des matières de construction.

Donc, l’agriculture itinérante sur brulis reste la principale cause de déforestation dans la contrée.

 

III.            DISPOSITIFS D’UTILISATION ET DE GESTION DES FORETS

 

Q.301. Y-a-t-il des dispositions prises au niveau des communautés pour l’utilisation et la gestion des forêts ?

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

Y-a-t-il des dispositions prises au niveau des communautés pour l’utilisation et la gestion des forêts ?

Oui

23

31,5

Non

50

68,4

Total

99,9

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : Il résulte de ce tableau que 31,5% de nos enquêtés reconnaissent qu’il ya des dispositions normatives au niveau de la communauté pour l’utilisation et la gestion des forêts ; contre 68,4% de ceux qui déclarent que ces mesures et/ou dispositions sont inexistantes dans cette communauté.

Il faut toutefois relever que ces dispositions connues sont plus traditionnelles que les lois écrites.

Q. 302 : Si oui, comment cela se fait-il ?

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

Si oui, comment cela se fait-il ?

 

C’est par l’impulsion de l’Etat, à travers ses services techniques  (AGRIPEL, environnement)

08

34,7

C’est par l’observation des principes coutumiers en cette matière

06

26

C’est par le respect de terrains appartenant aux dans et familles

09

39,1

Total

23

99,9

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : A cette variable, l’effectif des enquêtés ayant répondu « oui » est 23, disséqué ici en trois modalités dont 34,7% des enquêtés  reconnaissent  l’impulsion de l’Etat via ses services techniques ,26% soutient que l’organisation coutumière a la main mise sur cet aspect ; et enfin 39,1% des enquêtés par contre , soutiennent que cela se fait  selon le respect des propriétés claniques et familiales d’après les us et coutumes de la communauté (Bansueba).

Au finish 65,1%, sommation des 2èmes et 3èmes modalités sont plus dans les lois orales (traditionnelles qu’écrites et/ou officielles).

Q.303. Si non, pourquoi

Tableau n°12 indique les raisons de manque de dispositifs de la gestion des forêts.

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

Si non pourquoi ?

 

L’érosion dans l’appareil étatique quant à la gestion du capital foncier

28

56

Absence avérée de la gestion des terroirs par le pouvoir coutumier

22

44

Total

100

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : Il convient de signaler que 56,5% des enquêtés ayant répondu « non » avancent comme raison l’absence de l’Etat en cette matière, contre 43,4% des enquêtés qui signalent l’absence avérée de la gestion de terroirs par le pouvoir coutumier. Et donc, c’est l’Etat qui doit prendre le dessus pour impulser tout ce qui doit se faire dans le domaine.

 

 

IV. TEMPS DE PARCOURS POUR ATTEINDRE LES SITES DE CHAMPS

Q.401. A quelle distance des villages se trouvent les champs les plus proches.

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

A quelle distance des villages se trouvent les champs les plus proches ?

 

Moins de 2 heures de marche

8

10,9

Entre 2 à 5 heures de marche

12

16,4

Plus de 5 heures

53

72,6

Total

73

99,9

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : AU regard des résultats de ce tableau il ya lieu de croire que la forêt se trouve actuellement à des endroits très éloignés des villages par rapport aux temps de marche à consommer et/ou consommés par les cultivateurs. Ceci se justifie par différentes proportions dont 72,6% des enquêtés confirment que le temps de marche pour atteindre leurs champs, et enfin 10,9% de nos enquêtés précisent qu’ils parcourent moins de 2 heures.

En effet, au regard de ce précède, il sied de signaler que ces données sont un indicateur fiable de dégradation et épuisement des forêts dans cette contrée, où l’accès à des terres et forêts cultivables sont situées actuellement à plus ou moins 35km à raison de 7km par heure.

Cette situation est défavorable sur les enfants à l’âge de scolarisation, lesquels doivent garder les plus petits afin que leurs parents travaillent  aux champs et donc, il ya forte déperdition scolaire et beaucoup de jeunes qui en vient en 1ère classe ayant dépassée l’âge scolaire.

 

 

Q. 402. Pourquoi les paysans ne préfèrent-ils pas les champs les plus proches des villages ?

Tableau N°14 : Préférence des champs les plus éloignés par les paysans des Bansueba.

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

Pourquoi les paysans ne préfèrent-ils pas les champs les plus proches des villages ?

Faible fertilité à cause de la surexploitation des forêts proches

37

50,6

Divagation des animaux domestiques qui ravagent des cultures

15

20,5

Vol des produits

21

28,7

Total

73

99,8

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : Il ressort de ce tableau que 50,6% de la population enquêtée est d’avis que les paysans (cultivateurs) préfèrent les champs les plus éloignés à cause de la dégradation criante des forêts au voisinage des villages due à une surexploitation.

Les 20,5%, soit 15 enquêtés confirment la crainte au ravage des cultures par les animaux domestiques  en divagation (vaches, porcs, chèvres). Enfin, 21 enquêtés, soit 28,7% soulignent que les champs les plus proches ne sont pas à l’abri des prédateurs voleurs, qui ont toute facilité d’y aller à temps et contre temps, voire nuitamment voler les produits.

La faible fertilité liée à la réduction du temps de jachère est la grande cause de l’éloignement des champs des villages.

 

 

IV.              LA PRODUCTION AGRICOLE

 

Q.403. Comment trouvez-vous la production agricole dans votre milieu ?

Tableau N°15 : Niveau et qualité actuels de production agricole dans le milieu

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

Comment trouvez-vous la production agricole dans votre milieu ?

Assez bonne

53

72,6

Bonne

20

27,3

Très bonne

-

 

Total

73

99,9

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : Il résulte de cette variable trois modalités sous des proportions telles que : 72,6% de la population déclare que la production est assez bonne contre 27,3% des enquêtés qui trouvent que la production agricole est bonne ; et enfin la modalité « très bonne » reste nulle.

Ce tableau traduit donc que la production reçue par les paysans n’est plus bonne.

1.    QUELQUES FACTEURS CONTRIBUTIFS DU NIVEAU DE PRODUCTION

Q.404. D’après vous à quoi serait due cette situation ?

Tableau n°16 indique la cause du niveau et qualité de production

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

D’après vous à quoi serait due cette situation ?

Dégradation des forêts qui occasionne la perte de fertilité du sol

60

82,1

Manque d’innovations en matière de techniques culturales

13

17,8

Total

73

99,9

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : La majorité de nos enquêtés, soit 82,1% attribue au phénomène dégradation (épuisement de la fertilité) des forêts comme ayant entraîné la non fertilité du sol, facteur qui limite dans la plupart des cas la hausse la productivité agricole. Tandis que 17,8% soulignent le manque d’innovations dans les techniques culturales ; l’agriculture étant restée toujours à son stade de la production de substance.

V.                 LA REGENERATION DES FORETS ET AMELIORATION DES SOLS

 

Q. 405. Quelles opérations faites-vous pour restaurer la fertilité de vos champs ?

Tableau N°17 : Mesures de restauration de la fertilité des champs.

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

Quelles opérations faites-vous pour restaurer la fertilité de vos champs ?

 

Abandon des champs (mise en jachère)

30

54,7

Recours à la fertilisation organique

3

4,1

Utilisation de la cendre issue du feu de l’incinération

30

41

Total

73

99,8

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : Plusieurs opérations de restauration de la fertilité au sol existent telles : l’utilisation de la cendre, vieille comme le monde confirmé ici par 41% de nos enquêtés ; la mise en jachère étant une opération de routine, chose confirmée par 54,7% de nos enquêtés ; un faible pourcentage, soit 4,1% confirme le recours à la fertilisation organique, mais une pratique rarement faite dans le milieu d’étude. Ainsi donc, certaines autres mesures s’imposent pour restaurer la fertilité des sols (cultures autour des cases, dévalorisation des étendues proches des villages par le recours de l’agroforesterie).

Tableau N° 18 : Autres mesures de restauration de fertilité des champs.

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

Q. 406. Avez-vous entendu parler d’autres mesures de restauration de fertilité des champs

 

Oui

60

82,1

Non

13

17,8

Total

73

99,8

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : La majorité de la population connait d’autres mesures (opérations) pour restaurer la fertilité aux sols malgré la non application de ces mesures ; c’est ce qu’à 82,1% de la population enquêtée. Par contre, 17,3% des enquêtés sont ceux qui ignorent parfaitement ces mesures.

Q.407. Si oui, lesquelles ?

Tableau N° 19 : Autres mesures de restitution de la fertilité aux champs

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

Si oui, lesquelles

 

Agroforesterie

26

43,3

Reboisement

34

56,6

Utilisation des engrais chimiques

-

-

Total

73

99,9

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : La technique de reboisement la plus connue théoriquement par la population mais pratiquée par les communautés, ceci est confirmé par 56,6% des enquêtés. L’agroforesterie semble être ignorée, chose qui nécessite une forte animation suivie d’une action de vulgarisation se soldant à une solution projet car ayant constaté qu’une minorité seulement identifie cette technique, soit 43,3% de la population enquêtée. Quant à l’usage des engrais chimiques reste hypothétique à l’entendement des paysans de cette contrée avec une proportion nulle.

Ce tableau montre que les enquêtés connaissent le reboisement et l’agroforesterie et peuvent facilement s’approprier de ces méthodes.

 

 

Q.503. Tableau N°20 : Projet de régénération de forêts

Variable

Modalités (xi)

Effectifs (ni)

Pourcentage

Existe-t-il dans votre contrée un projet de restauration de forêts ou d’amélioration des sols ?

 

Oui

-

-

Non

73

100

Total

73

100

 

Source : Notre enquête sur terrain, avril 2019

Commentaire : Aucun projet d’agroforesterie n’existe dans le groupement des Bansueba, c’est ce qu’a confirmé 73 enquêtés, soit 100% de la population interviewée, c’est ce qui nécessite une solution projet qu’est l’agroforesterie ».

 

 

 

 

 

4.2.          PROJET D’AGROFORESTERIE DANS LE GROUPEMENT DES BANSUEBA

 

4.2.1.   Présentation du canevas du projet

I.              Fiche du projet

-          Titre :

-          Aire d’exécution :

-          Bénéficiaires :

-          Organisation requérante : 

-          Répondant juridique :

-          Financement :

-          Organisation chargée d’exécution :

-          Secteur : 

-          Durée du projet :

-          Coût du projet :

*      Apport local :

*      Financement sollicité :

II.            Motivation et analyse du contexte (Justification/projet)

III.           Objectifs

1.    Objectif global :

2.    Objectifs spécifiques :

IV.          Descriptions du projet

V.           Stratégies

VI.          Ressources

1.    Humaines

2.    Matérielles

3.    Financières

VII.         Activités

VIII.       Planning

IX.          Budget

1.    Apport local

2.    Financement sollicité

4.2.2.   Projet proprement-dit

                                                                               

I.              Fiche du projet

1)    Titre : «  Contribution à la relance de la production agricole par les travaux d’agroforesterie dans le groupement des Bansueba visant la réduction de la pauvreté »

2)    Aire d’exécution : Groupement des Bansueba

3)    Bénéficiaires :

-          Directs : Les populations des quartiers « MUNANGA » et « TSHINTAMBU »

-          Indirects : Les populations de tous les quartiers du groupement des Bansueba

4)    Organisation requérante : « Makson Business »

5)    Répondant juridique : Etienne MAKASHI PONGO, Expert en Développement organisationnel

Tél. :082125928/0992029357

E-mail : makashietienne@gmail.com

6)    Financement : CEILU/ONG

7)    Organisation chargée d’exécution : Makson Business

8)    Secteur : Environnement

9)    Durée du projet : Cinq ans

10) Coût du projet :

-          Apport local : Cinq mille quatre cents dix Dollars Américains (5410$)

-          Financement sollicité : Quarante et un mille quatre cents septante sept Dollars Américains (41477$)

II.            Motivation &analyse du contexte

D’une superficie de 33 km2 environ, avec plus de 30000 habitants, le groupement des Bansueba dans le territoire de Mweka, province du Kasaï, en République Démocratique du Congo ; ses 1750 hectares menacés de disparition à cause de la surexploitation des ressources forestières avec comme corolaire la baisse de la production, changement climatique, pauvreté paysanne, déperdition scolaire, défectuosité de l’habitat, etc. notons que dans ce groupement le mode de vie est menacé d’une crise rurale criante caractérisée par la pauvreté des ménages, la malnutrition, les maladies névralgiques, la faible espérance de vie, le vieillissement précoce, l’état nutritionnel défectueux, la déperdition scolaire , les conflits sociaux, le fétichisme, etc. ce qui entrave le processus du développement autocentré et endogène , et constitue de ce fait un goulot d’étranglement de la mobilisation des ressources agricoles nécessaires, ainsi que d’autres y afférentes ; étant donné le caractère ou vocation agricole de la contrée.

Ce groupement dont laquasi-totalité des ressources forestières sont menacées de disparition, est un grenier agricole par excellence, qui dessert plusieurs centres de consommation dans la province et ailleurs, et constitue un milieu cosmopolite pour beaucoup d’étrangers. Qu’il s’agisse de l’hébergement des personnes cherchant un lieu de refuge, mais aussi pour des raisons de soins grâce à son hôpital général de référence d’une grande renommée, le groupement des Bansueba reste un milieu hospitalier voire de tourisme, ce qui nécessite que soit résolu le problème de crise de forêts qui devient récurrent et lourd de conséquence sur le plan social, économique, sanitaire, écologique et environnemental.

Pour lutter contre la progression du phénomène de dégradation des forêts à Bansueba, nous avons élaboré ce projet de lutte contre la déforestation axé sur l’agroforesterie que nous avons soumis à votre appréciation pour appui.

III.           Objectifs

1.    Objectif global : lutter contre l’avancée flamboyante de la disparition des forêts pour la relance de la production agricole visant la réduction de la pauvreté.

2.    Objectifs spécifiques :

ü  Mettre en place un comité d’analyse du contexte

ü  Sensibiliser des communautés paysannes aux problèmes que génère la dégradation des forêts

ü  Identifier la superficie dévastée et celle à reboiser

ü  Former cent acteurs sur la nature du projet et son processus d’exécution

ü  Constituer des pépinières des espèces à reboisement (acacia auriculiformis) pour sa croissance rapide ;

ü  Défricher 100 hectares à raison d’un hectare par exploitant formé ;

ü  Mettre en place  des plantules d’acacia sur des champs préparés ;

ü  Produire le charbon de bois (braise) pour usage de l’énergie domestique.

IV.          Description du projet

Le projet consiste en la reforestation à l’aide d’acacia auriculiformis et autres en vue de redorer les galeries forestières déboisées et renforcer le revenu rural qui est essentiellement lié à l’agriculture. Ce projet a donc un effet à la fois écologique, économique et social.

V.           Stratégies

-          Constitution d’un comité de lutte contre la déforestation ;

-          Campagne de sensibilisation des communautés sur la protection des réserves forestières ; ciblage des zones à exploiter ou à reboiser au voisinage du village (à la périphérie) ;

-          Formation des exploitants ciblés par le centre du projet.

-          Exploitation d’un hectare de champ par exploitant et par an pendant cinq ans de projet pour réaliser 500 hectares de champs.

VI.          Ressources

1.    Ressources humaines : pour réaliser ce projet, nous disposons  d’un comité de cultivateurs et des techniciens (en développement et en agriculture) ayant une expérience en matière de lutte contre la déforestation.

2.    Ressources matérielles : Notre organisation dispose de certains outils tels que : machettes, haches, limes, etc. dont le nombre est insuffisant. Toutefois, la disponibilité de terrains est certes possible.

3.    Ressources financières : Il faut noter que notre organisation ne dispose pas de ressources financières nécessaires pour l’exécution du projet avec succès ; c’est-à-dire l’argent disponible pour l’achat des matériels, de plantules, des polybags, la restauration et la prime de la main d’œuvre technique sur terrain voire  la formation des équipes d’interventions.

VII.         Activités

1.    Sensibilisation des communautés ;

2.    Constitution de l’équipe de pilotage ;

3.    Constitution des équipes des exploitants paysans ;

4.    Formation des prestataires ;

5.    Achat des matériels  et autres intrants ;

6.    Mise en place des pépinières et choix de sites ;

7.    Planification et mise en œuvre ;

8.    Défrichement ; 

9.    Installation de plantules sur les champs aux écartements de 3mx2 ;

10. Entretien courant.

 

 

 

 

 


VIII.       Planning/chronogramme d’activités pour douze premiers mois (1ère phase)

ACTIVITES

1èr Mois

2ème Mois

3ème Mois

4ème mois

5ème Mois

6ème Mois

7ème Mois

8ème mois

9ème mois

10ème mois

11ème mois

12ème mois

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1e S

2èS

3èS

4èS

1

Sensibilisation des communautés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2

Constitution de l'équipe de pilotage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3

Constitution des équipes des exploitants paysans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4

Formation des prestataires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5

Achat matériels et autres intrants nécessaires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6

Choix de sites et mise en place des pépinières

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7

Planification des travaux de défrichement et mise en œuvre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8

Défrichement et incinération

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9

Transport et installation de plantules sur les terrains définitifs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10

Entretien courant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


IX.          BUDGET

1.Apport local

LIBELLE

UNITE

QTE

P.U($)

P.T ($)

OBS.

01

02

03

04

Sachet en polyéthylène(polybags)

Machette

Lime

Achat/terrain à exploiter

Pce

Pce

Pce

Ha

2300

100

100

10

1,7

10

2

30

3910

1000

200

300

 

SOUS TOTAL

5410

 

I.

2) Financement sollicité

-Fournitures

-          Rame de papiers duplicateurs

-          Boites stylos à bille (pour 110 participants)

-          Carnet

-          Farde/chemise

-          Boites d’agrafes

-          Boites flip chart

-          Boites marker

-          Agrafeuse

-          Cartouche (imprimante)

 

 

Pce

Boite

Pce

Pce

Pce

Boite

Boite

Pce

Pce

 

 

5

5

110

110

10

3

2

10

2

 

 

5

3

5

0,2

5

30

3

5

10

 

 

25

15

550

21

50

90

6

50

20

 

SOUS TOTAL

827

 

II.

FORMATION

-          Location salle pour 5 jours

-          Transport des participants

-          Transport/formateurs

-          Collation/Formateurs

 

Pce

-

-

-

 

5 jours

108Hjx5j

2 pers

2 pers

 

20

5$x10x5jrs

20$x2x5jrs

100$x2x5jrs

 

100

2700

200

1000

 

SOUS TOTAL

4000

 

III.

RESTAURATION

-          Pause-café

-          Pause repas

 

-

-

 

110 Pers

110 Pers

 

2$x110x5jx2f

5$x110x5jrs

 

2200

2750

 

SOUS TOTAL

4950

 

IV.

COMPLEMENT INTRANTS

-          Sachets (polybags)

-          Machette

-          Achat /terrains

-          Accessoires

 

Pce

Pce

Ha

-

 

10000

1000

90

-

 

1,7

10

30

-

 

17000

10000

2700

2000

 

 

 

 

Forfait

TOTAL GENERAL

46887

 

Le coût global du projet s’élève à quarante-six mille huit cents quatre-vingt-sept (46887$) Dollars Américains, au taux de 1USD=1650.

Fait à Bulape, me 20/06/2019

Le coordinateur

Etienne MAKASHI PONGO

 

 

 

 

 

 


CADRE LOGIQUE DU PROJET : D’AGROFORESTERIE DANS LE GROUPEMENT/BANSUEBA

SOMMAIRE

LOGIQUE D’INTERVENTION (L.I)

INDICATEURS OBJECTIVEMENT VERIFIABLES (IOV)

SOURCE DE VERIFICATION (SV)

HYPOTHESES ET SUPPOSITIONS IMPORTANTES (HSI)

Objectif global

Lutte contre la dégradation des forêts pour la relance de la production agricole visant la réduction de la pauvreté.

 

-

-

-

Objectifs spécifiques

 

ü  Mettre en place un comité d’analyse du contexte

ü  Sensibiliser des communautés paysannes aux problèmes que génère la dégradation des forêts

ü  Identifier la superficie dévastée et celle à reboiser

ü  Former cent acteurs sur la nature du projet et son processus d’exécution

ü  Constitution des pépinières des espèces à reboisement (acacia auriculiformis ) pour sa croissance rapide ;

ü  Défrichement de 100 hectares à raison d’un hactare par exploitant formé ;

ü  Mise en place définitive des plantules acacia sur des champs préparés ;

ü  Production de charbon de bois (braise) pour usage de l’énergie domestique.

1.    D’ici un mois et demi, le projet mettre en place une équipe de pilotage

2.    D’ici le mois de juillet dans les deux premières semaines, le projet va sensibiliser les communautés sur le quintessence  du projet en vue de s’en approprier ;

3.    Former 100 acteurs à la 17re semaine du mois d’août.

4.    Mettre en place 10 pépinières de plantules d’acacia de 125 plantules par bloc ;

5.    Délimiter 100 ha à défricher , à raison d’1 ha par exploitant

6.    Exploitation des terrains reboisés après la maturité des arbres dans les 5 ans qui suivent ;

7.    Transformation du bois en braise comme source d’énergie d’ici 2024

-          Rapport d’activités de l’ONG

-          Photos

-          Documents comptables

(idem pour chaque objectif spécifique

-          Temps et fonds disponibles

-          Disponibilité de terrains

-          Main d’œuvre disponible

-          Détournement des fonds

Résultats

R1) La communauté accède aux forêts artificielles pour la production agricole

R2) Disponibilité des forêts proches des villages

R3) Exploitation à plusieurs usages des forêts ainsi créées

-          D’ici 5 ans au moins 65% de la population accédera aux ressources forestières pour plusieurs besoins ménagers

-          D’ici 2 ans les superficies dévastées seront toutes couvertes

-          Au terme de cinq ans du projet, les 65% de ménages auront accès des espaces cultivables et produiront de la braise après abattage des arbres.

-          Rapports

-          Formation de prestataires

-          Liste des présences

-          Disponibilité des fonds, de la main d’œuvre techniques ;

-          Non-respect du calendrier agricole ;

-          Bonne gestion des ressources

Activités

R1) a) Sensibilisation et vulgarisation

b) Formation des prestataires de groupes

c) Achat matériels et terrains

d) Création des forêts

R2) a) Mobilisation des fonds

b) Gestion et affectation des moyens aux activités

R3) a) Défrichement

b) Abattage

c)Fabrication de braises

- Ressources matérielles

- Ressources financières

- Ressources humaines

- Capital naturel

- Ressources temporelles

Coût du projet : 46887$ (Quarante-six mille huit quatre-vingt-sept Dollars)

 

 

 


CONCLUSION

 

Ce mémoire a analysé et examiné de façon systémique les diverses formes de destruction écologique et écosystémique susceptible d’une pauvreté paysanne et crise rurale constatées à Bansueba, qui sont la résultante de l’usage irrationnel des reserves forestières considérées comme « capital naturel », une richesse incontournable et indispensable dans tout milieu rural.

Nos observations de longues dates ont permis de fouiller la science et des données de terrain, en terme de dégradation des forêts ayant occasion la baisse des ressources vitales, dans le cas échéant, la pauvreté tant mentale que matérielle liées à de multiples facteurs (social, économique, environnemental, démographique …)

En effet, ceci corrobore le point de vue de Erik P. Eckholm, selon lequel ;.. l’analyse réfléchie de la nature et des dimensions de la menace qui pèse sur l’approvisionnement futur du monde nous montrent avec quelle urgence la coopération internationale, doit agir. Cette analyse expose avec force la nécessité immédiate d’un programme d’environnement rigoureux, en mettant l’accent sur l’un des problèmes majeurs qui se posent à la communauté humaine : protéger les précieuses ressources de notre « seule et unique terre » et pourvoir aux besoins fondamentaux de tous les hommes (Erik P. Eckholm,1977,p.13).

Il s’est observé dans le milieu d’étude, une crise rurale multiforme, car , ce qui affecte le capital naturel en milieu rural, a la susceptibilité d’une coercition d’appauvrissement caractéristique impactant ainsi différents secteurs de vie (le social, l’économique, l’environnement, etc.).

Nos observations directes et participantes au moyen d’outils d’enquête, nous ont aidés à épier les pratiques sociales courantes négatives qui ont englouti le modus vivendi de la population des Bansueba ces dernières décennies. Nous ayant basé sur l’hypothèse de recherche selon laquelle « la dégradation des forêts et la pauvreté paysanne » forment un cycle infernal dans cette analyse systémique, ainsi donc en passant par l’interview de nos enquêtés, plusieurs proportions restent affirmatives quant à ce.

Il sied de signaler que la dégradation des forêts dans le territoire de Mweka en général et à Bansueba en particulier, reste un désastre écologique et environnemental don les conséquences pèsent lourdement sur le social des habitants (les ménages ruraux) qui sont en majorité des cultivateurs dépendant à cent pour cent du revenu agricole.  Les ruines éparses et les paysages stériles occasionnés par des générations précédentes et actuelles laissent la population du groupement des Bansueba perplexe, à cause tantôt de l’explosion démographique qui fonctionne comme le catalyseur de la détérioration des systèmes de production de nourriture.

Il nous revient alors de planifier le développement, en ce qui concerne la consommation des ressources, raison pour laquelle le projet d’agroforesterie en marge de ce mémoire, est conçu pour répondre à ce désastre, restant dans la communauté, une préoccupation holistique de grande envergure.