Bonjour, nous sommes le 17/10/2017 et il est 09 h 45.

Ces dernières décennies, l’aviation civile a été la cible d’attaques terroristes dont le bilan reste historique. Les pays occidentaux semblaient être les seuls visés. Et pourtant, l’attentat perpétré récemment à Nairobi au Kenya, ceux dirigés contre trois endroits stratégiques dont l’aéroport de N’djili le lundi 30 décembre 2013 à Kinshasa, la présence d’un groupe terroriste international au Maghreb islamique, celle des terroristes shebab signalée dans les rangs d’un groupe armé rebelle à l’Est de la République Démocratique du Congo sont des preuves que l’Afrique n’est pas immunisée contre des attaques terroristes. Point n’est besoin de le prouver, le terrorisme est un ennemi redoutable de l’aviation civile.


La sûreté est l’arme principale utilisée pour prémunir l’aviation civile contre des actes d’intervention illicite. Des mesures préventives de sûreté ont été adoptées par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale, OACI en sigle.



La République Démocratique du Congo étant membre de l’OACI, ses aéroports sont tenus de se conformer aux règles édictées à l’échelon international en matière de sûreté.



Mais il se trouve que les réalités observées sur terrain sont plus ou moins aux antipodes des règlements applicables. Qui plus est, les moyens, surtout matériels, utilisés pour la mise en œuvre des mesures de sûreté restent encore à un stade rudimentaire ; situation qui rend vulnérable au terrorisme potentiel, dont le mode d’action évolue au rythme des avancées technologiques. Cela est d’autre plus vrai quand l’on considère l’aéroport international de Goma. Cet aéroport est situé dans une zone qui, depuis des années, est le théâtre des conflits armés récurrents et recrudescents qui menacent sérieusement la sûreté de l’aviation civile.



Au regard de ce contexte de guerre, des menaces terroristes qui se profilent à l’horizon, il nous a paru légitime de revisiter le service de sûreté à l’aéroport de Goma pour en relever les failles, proposer des voies et moyens pour l’améliorer en vue de prévenir l’éventualité d’une atteinte à l’Aviation civile et dans le souci d’une conformité plus que de nom aux normes et standards internationaux en matière de sûreté aéroportuaire.



Ces questions méritent donc d’être soulevées : comment opère le service de sûreté à l’aéroport de Goma ? Quelles en sont les insuffisances ? Comment l’améliorer pour en assurer un niveau d’étanchéité satisfaisant ?

Un des garants de cette sécurité est le service de sûreté mis en place au sein des aéroports. Des études à la fois factuelles, littéraires et des medias laissent entrevoir que la sûreté des aéroports de la RDC, à fortiori celle de l’aéroport de Goma, pourrait être sérieusement menacée dans l’avenir.



En effet, par son immensité, par sa situation géographique comme carrefour de différentes régions d’Afrique subsaharienne et en l’absence de tout contrôle étatique efficace , la RDC serait à la fois une passerelle et un sanctuaire pouvant offrir aux groupes mafieux et terroristes des facilités logistiques étendues, une zone potentielle de ravitaillement pour les organisations mafieuses et terroristes, un espace d’acheminement des combattants, de fonds et d’armes vers différents théâtres de conflits, etc. Cet état des choses, en plus de la pression exercée par l’OACI pour des motifs de conformité aux normes et pratiques recommandées en matière de sûreté, nous a incité à faire une analyse objective du niveau de sureté à l’aéroport de Goma en vue de proposer des remèdes à la fois rationnels et équilibrés.



La piste de l’aéroport de Goma fut construite en 1955 et avait 1930m de longueur et 30m de largeur. En 1970, elle a été portée à 2300m sur 30m de largeur toujours. A la fin des années 1970, l’aéroport a bénéficié d’un important programme de travaux qui a porté notamment sur la construction d’un ensemble de bâtiments dont une aérogare passagers et divers bâtiments techniques, l’extension de l’aire de trafic ainsi que le renforcement et allongement de la piste à 3000m sur 45m de largeur.





L’aéroport de Goma, situé à proximité immédiate de la ville, est entouré d’habitations.



Le 17 Janvier 2002, l’aéroport de Goma a été touché par l’éruption du volcan Nyiragongo. La lave a recouvert le tiers de la piste. Depuis la catastrophe, seuls 2002m sont utilisés pour les décollages et les atterrissages. Signalons que des travaux de réhabilitation de la piste sont en cours et réalisés par la société SAFRICAS. En tout, 500m de piste seront ajoutés.

L’aeroport de Goma est situé dans la commune de Karisimbi.Il est limité :
• A l’Est : par la route Rutshuru
• A l’Ouest : par les quartiers Murara, Virunga et Majengo.
• Au Nord : par le territoire de Nyiragongo
• Au Sud : par le quartier Mikeno

Le commandant de l’aéroport de Goma a sous sa tutelle 9 divisions dont la division sureté et police. Cette division s’occupe des questions liées à la sureté de l’aviation civile notamment. Elle est chapeautée par un chef de division.



Toujours est-il que, puisque le commandant est l’autorité numéro un au sein d’un aéroport, l’élaboration, la mise en application et le contrôle du plan de sûreté et de l’aéroport relèvent de ses responsabilités. A l’aéroport de Goma comme dans tous les aéroports de la RDC, le commandant est donc le gestionnaire numéro un de la sûreté aéroportuaire.



En tant que tel, le commandant de l’aéroport de Goma préside deux comités de sûreté :
 Le comité local de sûreté aéroportuaire ou «COLSA » qui réunit tous les représentants des compagnies aériennes, les services connexes de l’Etat (DGM, OCC, DGDA,PNHF,…) et d’autres services dits non apparents tels l’ANR, DEMIAP,…
 Le comité opérationnel de sûreté ou « COS ».

La division sûreté et police regroupe en son sein trois services, à savoir :
 Le service de sûreté
 Le service de police générale
 Le service d’enquêtes et investigations

Le service de sureté est dirigé par un chef de service et un chef de bureau qui, en règle générale, sont sur terrain pour accompagner et faire appliquer les mesures de sûreté sur toute la plate-forme aéroportuaire en général et en particulier dans les zones de sûreté. Ils sont épaulés par les coordonateurs AVSEC.

Les contrôles de sûreté sont assurés par les éléments de la police RVA. Selon les rapports d’activités mensuels de l’aéroport de Goma, ils sont 38 au total. Seuls 25 éléments de la police RVA sont formés en sûreté de l’aviation civile (1.2.3 Base).

Il sied de signaler que jusqu’au mois de Mai 2014, les agents AVSEC affectés aux différent postes d’inspection/ filtrage utilisaient des détecteurs des métaux pour la fouille physique des passagers et autres usagers. Les bagages de soute et ceux de cabine étaient fouillés manuellement.

Soit dit en passant, c’est l’Autorité de l’Aviation Civile qui a la charge d’élaborer un programme national de sûreté de l’aviation civile(PNS). Le comité national de sûreté(en sigle CNS), une instance consultative, est chargé de la coordination et de la mise en œuvre du programme national de sûreté d’aviation civile, à en croire le décret n°12/033 du 02 Octobre 2012 portant création , organisation et fonctionnement du CNS.











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