Bonsoir, nous sommes le 28/06/2017 et il est 23 h 02.


La cirrhose est le stade majeur du développement de la fibrose hépatique induite par la plupart des maladies chroniques du foie. [1] Les complications de la cirrhose sont à la base d’une morbi-mortalité importante. [2]


La cirrhose hépatique est l’une des maladies qui décime des milliers des personnes dans le monde. Environ une dizaine des milliers des décès par an sont liés directement à la maladie, cela constitue un problème de santé publique [3].



Dans les pays occidentaux où les statistiques médicales sont bien tenues, on constate que, dans les services de gastro-entérologie, 90% des hommes et 70% des femmes consultent pour la cirrhose hépatique. [4] En France, la prévalence des malades atteints de cirrhose alcoolique a été estimée entre 1.500 et 2.500 cas par millions d’habitants. L’alcool représente 80% des causes de cirrhose [5].



Aux Etas Unis d’Amérique, la prévalence de la cirrhose hépatique est proche de 1% dans la population générale, et celle-ci est responsable de 25.000 décès par an. [6] En Europe et en Amérique du Nord l’alcool est la principale cause des cirrhoses. [7]



Dans le monde du Sud et en Afrique sont incriminées les hépatites B et C avec une séroprévalence à 60% en Algérie. Au Maroc, Atitar et al ont noté un taux de 54% de femmes pour 46% d’hommes, sur 155 patients atteints de cirrhose hépatique [8]. Au Ghana 42% et au Congo Brazza 63% au Congo Brazza [9].



En RDC, (République Démocratique du Congo), les études sur la cirrhose sont hospitalières et ont montré des fréquences variant entre70%et 80% pour la cirrhose alcoolique.

MALENGA, dans une mémoire de spécialisation en médecine 2006 a observé dans son étude qui a porté sur une période de 14 ans, que sur 167 patients suspects de cirrhose hépatique 87 seulement soit 43,5% ont réalisé une échographie abdominale suggestive de cirrhose [10].



KATUMWA et Collaborateurs ont montré une prédominance masculine à un taux de 72,2% vs 27,8% parmi les patients qui ont consulté pour la cirrhose [11].



Le foie est un organe pesant 1400 à 1600g, sa taille est de 10cm, il reçoit une double vascularisation ; - une artère hépatique issue du tronc cœliaque ; - une veine porte qui draine le territoire splanchnique (veine splénique, veines mésentériques supérieures et inférieures) et qui apporte2/3 du volume sanguin hépatique. On note également les veines sus hépatiques principales (droite, médiane et gauche) et les veines accessoires [12].





Le terme cirrhose hépatique a été employé pour la première fois par LAENNEC. Ce médecin physiologiste l’avait utilisé pour décrire la maladie du foie de granulation roussâtre [1]. Ses disciples et collaborateurs ayant compris la façon ont poursuivi cette description jusqu’à reconnaitre les lésions fondamentales de la maladie.



Ainsi, de nos jours, la cirrhose hépatique est définie comme un syndrome anatomopathologique comportant une fibrose annulaire, des nodules de régénération et une perte de l’architecture du foie qui conduit à trois conséquences :

• Une insuffisance hépatocellulaire liée à la diminution du nombre d’hépatocytes et leur mauvaise vascularisation ;
• Un obstacle au flux sanguin portal entrainant en amont du foie une hypertension portale avec formation des voies de dérivation notamment des varices œsophagiennes qui peuvent saigner ;
• Un état précancéreux prédisposant à l’apparition d’un carcinome hépatocellulaire après dix à vingt ans d’évolution de la maladie.



Pourtant, le bien fondé de l’interventionnisme étatique est d’abord de lutter contre les antivaleurs que voici : la concurrence déloyale, les prix illicites, la protection des entrepreneurs privés et des passagers (consommateurs des services de transport en commun) quant à ce qui concerne les accidents de circulations, des dédommagements par les assurances.



La cirrhose du foie est une inflammation chronique diffuse et progressive du foie due à la destruction des tissus hépatiques qui sont remplacés par une cicatrice fibrose et des zones de régénération des cellules hépatiques. Est une maladie endémique à virus B qui touche les deux sexes en Afrique, elle se rencontre chez les jeunes, adultes et quelques fois les enfants [14]

La cirrhose est la conséquence des lésions pro¬longées des hépatocytes, quelle qu'en soit la cause.

Les hépatocytes détruits entraînent le déve¬loppement d'une quantité exagérée de tissu fibreux. Pour compenser la destruction des hépa¬tocytes, il se produit une régénération des hépato¬cytes restants : du fait de la fibrose, cette régéné¬ration n'aboutit plus à la reconstitution de lobules normaux, mais à la formation d'amas d'hépatocytes auxquels on donne le nom de nodules. Ainsi, peut-on schématiquement expliquer les deux lésions principales de la cirrhose : la fibrose et les nodules d'hépatocytes [5].



La cirrhose est un processus diffus caractérisé par de la fibrose et des nodules d'hépatocytes. Par processus diffus, on entend une lésion qui intéresse également le foie tout entier. Le degré de la fibrose est variable; généralement, elle est importante; dans quelques cas, elle est réduite à quelques tractus étroits; souvent, elle prend une distribution annulaire, entourant les nodules d'hépatocytes. Le tissu fibreux contient souvent des cellules inflammatoires et des néoductules.



Le service de médecine interne de la Clinique Ngaliema a servi de cadre à cette étude durant la période allant de 2012-2015.

Le centre était dépourvu de confort habituel, c’est ainsi que la reine Elisabeth demandera au gouvernement colonial belge de dresser un plan de construction d’un hôpital où les européens recevront des soins de santé de haut standing.

L’ouverture eu lieu en 1933 sous l’appellation « CLNIQUE REINE ELISABETH »(C.R.E).

En 1971, la C.R.E devient « CLINIQUE NGALIEMA ». En suite seront nommés plusieurs médecins directeurs qui ont succédé le Dr Pascal Tshiamala devenu médecin directeur de 2002 à ce jour.



La clinique Ngaliema est située dans la commune de la Gombé, sur l’avenue des cliniques bornées à l’Est par la Clinique Kinoise, à l’ouest par le fleuve Congo hôtel et au nord par le grand hôtel de Kinshasa.

Durant notre période d’étude de 2012 à 2015, nous avons colligé 30 cas des patients cirrhotiques sur les 6000 patients vus dans le département de médecine interne de la Clinique Ngalièma, soit une fréquence de 0.5%



Dans notre contexte, il n’existe certes aucune étude publiée concernant la prévalence de la cirrhose hépatique dans la population générale de la république démocratique du Congo. Mais il existe au moins celles, menées de manière isolée dans certaines institutions hospitalières.

Un total de 6000 patients ont été inscrits dans le registre d’hospitalisation de la clinique Ngaliema. Le diagnostic de la cirrhose était retenu chez 30 patients d’entre eux. Ce qui donne une fréquence de 0,5%.



Ce résultat se rapproche de celui trouvé aux USA dans la population, à près d’1% des patients étaient cirrhotiques [6]. Par contre les études hospitalières réalisées en RDC ont trouvé des fréquences élevées variant entre 3,4% et 4,9% (34, 35, 36) et en RCA, des fréquences étaient plus élevées (20,4%) [37].

La fréquence élevée de la RCA s’explique par les habitudes culturelles.



La présente étude a montré que les hommes étaient 3 fois plus nombreux que les femmes. Ce résultat est superposable au résultat des autres auteurs. Lucie et al ont trouvé que les hommes cirrhotiques représentaient 75% des cas [34].

Plusieurs études ont également démontré cette prédominance masculine. (11, 38, 39-43).



Cette prédominance masculine peut également se justifier dans notre milieu par le fait que les hommes consomment plus d’alcool que les femmes culturellement.



Il s’agit là d’un caractère que COURSAGET et al 1985 [37, 44] et ATTALI et al 1995 [37, 45] tentent d’expliquer : les sujets de sexe masculin auraient une susceptibilité (génétique ou acquise) plus grande ou bien ils seraient plus exposés à des facteurs environnementaux (alcool, tabac, aflatoxine…) favorisant le développement de la cirrhose comme l’a décrit aussi GENTILINI [41, 49].

L’inégalité des individus devant une hépato-toxicité de l’alcool suggère l’intervention d’autres facteurs (génétiques, culturels et nutritionnels) qui ont fait l’objet de plusieurs études comme celles de NAVEAU [30], GENTILINI [41,49] et MUZEKE et al. [47]. La plupart des études menées jusqu’alors, rapportaient une vitesse de progression de la fibrose plus importante chez l’homme que chez la femme. Des différences dans le métabolisme gastrique et hépatique de l’alcool liées au sexe, ajoutées aux facteurs hormonaux encore mal compris ; contribuent probablement à augmenter la susceptibilité des femmes aux lésions hépatiques induites par l’alcool [37,50].

L’âge moyen des cirrhotiques au moment du diagnostic était de 40 ans avec les extrêmes allants de 30 à 80 ans.



Mais les études réalisées en Afrique occidentale ont trouvées que l’âge moyen était de 30 ans.

Notre étude a montré que la majorité des patients cirrhotiques étaient alcooliques, soit 70%. Ces résultats sont en conformité avec la littérature. Katumwa, Lusakumunu, Lucie en RDC et KIKURU en RCA ont trouvé des fréquences élevées de consommation excessive d’alcool varient entre 52 et 72%. [11, 23, 34, 37].

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