Bonjour, nous sommes le 06/03/2021 et il est 05 h 33.

Depuis très longtemps, les Congolais se plaignaient de listes reprenant des personnes fictives, dont les frais de la paie entrent dans les poches des particuliers avares et inconséquents. Et provoquant une phlébotomie dans les finances de l’Etat. Pour mettre fin à cette situation, le gouvernement de la république a lancé l’opération « Bancarisation » pour pallier à cette situation. La démarche du gouvernement s'explique par le souci de s'engager dès le mois de juillet 2015 dans la réforme sur la rationalisation des primes et la mise en place des conditions pour une « vraie politique salariale dans l'administration publique ».


C’est depuis pratiquement une année que le gouvernement congolais a lancé cette opération de bancarisation. Celle-ci a connu une participation massive des fonctionnaires. Cette opération a été appuyée par une vaste campagne de vulgarisation initiée par la Banque Centrale du Congo dans le but de faciliter son acceptation par le public qui dans ses stratégies de communication a utilisé principalement les outils médias et hors médias.



Cette opération a eu toutefois le mérite de permettre au gouvernement congolais de récupérer pour la seule ville de Kinshasa au mois de juillet 2012, une somme importante qui peut servir à bien d’autres besoins en RDC.



La bancarisation de la paie des agents de l’Etat est un moyen efficace pour décourager, les magouilleurs les plus méthodiques et les détourneurs hardis qui n’hésitaient pas à fuir avec des mallettes de fonds endeuillant des familles entières.



Notre problème général de recherche est celui d’examiner la manière dont une institution publique organise ses stratégies de communication pour faciliter la vulgarisation d’un programme gouvernemental.



En répertoriant les études antérieures nous avons découvert quelques travaux scientifiques traitant de la communication publique. En ce qui concerne notre étude, deux travaux ont retenu notre attention. La première est celle menée par Bompuku Mwana Nzambe portant sur les médias et la vulgarisation des droits des veuves et des orphelins en RD.Congo.

Cette étude a été défendue en septembre 2004. La question de recherche de l’auteur était la suivante : est-ce que le législateur vulgarise à travers les médias les droits des veuves et des orphelins ? En réponse à cette question l’auteur postule l’hypothèse selon laquelle les médias congolais n’ont pas été bien utilisés pour la sensibilisation du public concernant les droits des veuves et des orphelins.



Dans sa conclusion, l’auteur prouve qu’il y a l’irresponsabilité de l’Etat, les brimades familiales et la désinformation.



La seconde étude est celle menée par Kalanga Tshiani Nadine portant sur la médiatisation des stratégies d’incitation des jeunes filles à l’éducation. Cette étude a été défendue en septembre 2004. La question de recherche de l’auteur est la suivante : quelles sont les différentes stratégies mises en place par l’Unicef en vue de l’incitation des jeunes à l’éducation et les différents moyens ou techniques de médiatisation ? Son hypothèse de recherche est la suivante : l’éducation des jeunes filles paraît à juste titre indispensable au regard du rôle que cette dernière est appelée à jouer dans la société.





L’auteur est arrivé à la conclusion selon laquelle pour rendre concrète une telle aspiration, l’Unicef met en place plusieurs stratégies en recourant ainsi à plusieurs moyens et techniques de médiatisation qui vont des écrits aux moyens audiovisuels en passant par des campagnes diverses de sensibilisation et d’information de la population sur le bien fondé de l’éducation des filles.



Ainsi, nous nous sommes posés cette question : quelles sont les stratégies de communication que le gouvernement congolais met en place pour faciliter la bancarisation au Congo?

En République Démocratique du Congo, comme ce fut le cas de tous les pays africains qui ont accédé à l'indépendance politique après avoir été soumis au régime colonial, l'administration publique (de type occidental) est une création récente. On ne peut pas dire que l'administration publique est issue d'une longue évolution des institutions, des idées politiques et des comportements sociaux des milieux autochtone. On peut en déduire qu'au départ l'administration publique fut un corps étranger dans le milieu social où on a essayé de l'implanter.

En effet, avant 1885, l'organisation administrative de type européen était inconnu, hormis l'expérience du royaume Kongo au XVème siècle.



Le 26 février 1885, le traité de Berlin est ratifié. Léopold II avait déjà fondé plusieurs stations sous couvert du C.E.H.C. (Station de Vivi , le 24 septembre 1879, poste d'Isangila, de Manyanga, le 1er mai 1881, poste de Stanley pool à Kintambo, le 1er décembre 1881) avec Stanley comme chef d'expédition.« L'année 1885 est le point de départ de l'organisation politique dans la mesure où après l'officialisation de l'E.I.C., un double gouvernement fut organisé, à savoir le gouvernement central ayant son siège à Bruxelles et le gouvernement local ayant son siège à Vivi » .



L'historien Ndaywel-E-Nziem estime, pour sa part, que l'histoire administrative proprement dite de la République Démocratique du Congo prit corps en 1888 quand le pays connut pour la première fois une structuration interne mise en place pour les impératifs de la nouvelle gestion. C'est par le décret royal du 1er août 1888 que le pays fut divisé en onze districts. Chaque district était administré par un commissaire de district qui était assisté par un ou plusieurs adjoints. L'organisation et l'action administratives sont, à cette époque, marquées par l'esprit de conquête. Toutes les institutions administratives devaient concourir à l'exploitation de la colonie. L'administration comptait également sur diverses compagnies à qui elle avait accordé des pouvoirs exorbitants dans le domaine de l'exploitation de la colonie.

L'administration de l'E.I.C. permit l'occupation effective du territoire et la collecte des ressources, spécialement l'ivoire et le caoutchouc, ainsi que d'hommes, pour le nouvel Etat. Mais elle conduisit à des tels abus que la Belgique, sous la pression internationale, dut mettre fin à ce qu'on appela le régime léopoldien en 1908 et transforma l'EIC en colonie belge régie par une hiérarchie de pouvoir clairement définie.

Le 15 novembre 1908, la Belgique prenait possession des territoires qui avaient appartenu à l'EIC. Elle choisit comme système d'administration, l'administration directe à travers une forme centralisée, le seul qui - selon Roger DELVAUX - convenait à cette colonie d'exploitation.

La charte coloniale sera pendant toute la période coloniale, la base de l'organisation et de la structure administrative du Congo Belge. Du point de vue administratif, le chapitre troisième relatif à l'exercice des pouvoirs organisait l'administration comme suit

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