Par Mekob

Le konzo est une forme de paralysie spastique d’apparition brusque, atteignant symétriquement les membres inférieurs. Il est incurable et a une évolution permanente et non progressive. Le konzo est dû à une atteinte des neurones moteurs supérieurs. Il a été décrit pour la première fois en 1938 au Kwango, sous-région sud de la province de Bandundu en République Démocratique du Congo. Les premières observations sur cette affection furent publiées par Trolli, Médecin Italien, Directeur de l’assistance médicale belge au Congo, sous le titre de paraplégie spastique épidémique, konzo des indigènes du Kwango.

La maladie du konzo se caractérise par une atteinte du système neurologique causée par une intoxication aiguë au cyanure présent en grande quantité dans le manioc de variété amère. Lorsqu’il est traité de manière inadéquate, ce type de manioc est chargé en cyanure ce qui entraîne une paralysie irréversible des membres inférieurs. De plus, la faible consommation de protéines soufrées (présentes dans la viande) par les populations ne permet pas d’éliminer physiologiquement ce toxique. La préparation du manioc (sous forme de « foufou » ou de « chikwangue ») nécessite rouissage (trempage et fermentation) et séchage permettant notamment d’éliminer le cyanure par solubilisation puis évaporation. Durant la saison sèche, les populations réduisent le temps de rouissage à cause des problèmes d’accès à l’eau et la pression économique (volonté de vendre rapidement la production de manioc pour des raisons de subsistance). Cela engendre un risque élevé d’être atteint par le konzo, risque accentué par la faible diversification alimentaire.

Selon l’OMS et la FAO, environ 500 millions d’habitants à travers le monde ont le hydrique manioc comme aliment de base et par conséquent sont exposés à l’intoxication à l’acide cyanhydrique. Bien que produisant et consommant le manioc en Amérique latine et en Asie, le konzo ne fait des victimes qu’en Afrique au sud du Sahara et les populations touchées représentent 1% environ de celles consommant le manioc dans les zones tropicales.

Télécharger le travail