Bonjour, nous sommes le 23/07/2019 et il est 07 h 10.


Les chances d'enrichissement pour certains pays africains producteurs de richesses minières rares (uranium, diamant, or noir, or rouge, cuivre, etc.) tels que le Nigeria, l'Angola, le Gabon, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, la République Démocratique du Congo (RDC) et tout particulièrement les pays producteurs d'hydrocarbures n'avaient pas manqué lors des booms pétroliers de 1973 et 1979 .


L’histoire de la République Démocratique du Congo est inextricablement liée {l’exploitation des ressources naturelles. La dynamique d’expansion coloniale s'ancra à l’exploitation des nombreuses richesses qu’offre le pays, entraînant la construction d’un important réseau d’infrastructure, reliant les sites d’exploitation en différents points du territoire congolais. La culture des arbres à caoutchouc, la découverte des ressources minières au Congo et l’exploitation industrielle des bois précieux, sont autant de secteurs ayant attiré investissements, et se trouvant à la base des tensions depuis maintenant plus d’un siècle.



La RDC semble, à bien des égards, concentrer les symptômes de la malédiction des ressources naturelles. (Country profiles, BCC news 2012) L’incroyable richesse de son sous-sol, la fertilité de ses terres face à la pauvreté de la population. En effet, l’importance de son couvert forestier et de ses ressources hydrauliques n’ont pas empêché un niveau élevé de pauvreté, touchant aujourd’hui plus de 73 % de la population. La production minière, qui a commencé il y a de cela plus d'un siècle, joue un rôle important dans la gestion économique de la RDC à travers de toutes les époques.



Les théories explicatives de la croissance et du développement économique postulent qu’il n’est pas possible de développer la production sans investissement. En effet pour accroître le potentiel de production d’un pays, il faut lui donner des moyens matériels et humains conséquents sans lesquels il peut mettre en valeur ses dotations naturelles (faune, flore, minerais, réserves énergétiques, …).



Ces théories laissent entendre que les pays doivent disposer des ressources naturelles et être capables de les valoriser { travers la création de richesses et d’emplois. Il ressort cependant de l’expérience que plusieurs pays riches en ressources naturelles n’arrivent pas { développer leurs économies par la mise en œuvre d’un processus continu de croissance.

Après une période de relatif dynamisme économique, la RDC a subi une sévère dépression entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 2000 liée aux guerres civiles qui ont ravagé le pays. Entre 2006 et 2007, le déficit de la balance commerciale s’est creusé, passant de 7.5% { 7.9% du PIB. En juin 2006, les diamants exportés avaient rapporté 624.7 millions USD, alors qu’ils n’ont généré que 395.97millions USD en juin 2007, soit une réduction de près de la moitié [Perspectives © BAfD/OCDE 2008 économiques en Afrique]. Avec une croissance économique de 8,2 % en 2008 et de 2,7 % en 2009, la RDC a ensuite été l'un des pays d'Afrique les plus touchés par la crise de 20082009 (Colette Braeckman, 2009).



Ainsi, ce présent mémoire propose donc de visiter les secteurs des industries extractives (Mines et hydrocarbures) ainsi que le secteur forestier ; d’identifier les opportunités de croissance, les principaux blocages à une meilleure régulation de ces secteurs qui contraignent leurs performances et les perspectives d’une croissance durable, attentive à la préservation de l’environnement et aux enjeux sociaux. Cet autour de préoccupations ci-après que s’organisera notre réflexion :



 Quel est l’impact de l’expansion des ressources minières sur l’économie congolaise ?
 Sous quelle condition les ressources naturelles peuvent booster l’économie du pays ?
 Le boom dans un secteur économique, le cas du secteur minier et des hydrocarbures constitue-t-il toujours un goulot d’étranglement pour la croissance des autres ?



Partant du constat selon lequel l’économie congolaise est axée essentiellement sur les exportations en grande partie, des produits miniers sus-évoqués ainsi que de certains indicateurs macroéconomiques (taux de croissance du PIB, taux d’inflation, taux de change, taux de chômage, etc.) ; Cette étude puise son intérêt dans l’optique purement prévisionnelle des effets négatifs tout en examinant l’impact direct et indirect des ressources naturelles sur la croissance économique en R.D.Congo.





Il est donc important de noter que la thèse de la malédiction de l'abondance des ressources est conçue pour le cas précis des pays exportateurs de ressources minières précieuses (hydrocarbures, diamants, or, coltan, etc.), la dotation et l'exportation de matières premières agricoles n'étant pas estimées dans ce cadre théorique comme une malédiction au même titre que celle des produits miniers de grandes valeurs. Plusieurs études firent le constat que les taux de croissance des pays riches en produits miniers et en hydrocarbures étaient inférieurs aux autres pays, relativement pauvres et exportateurs des produits agricoles (Gylfason, 2004).


3. Hypothèses de recherche

Des travaux empiriques ont montré que l’abondance des ressources minières, pétrolières et gazières sont non seulement négativement corrélées à la démocratie, mais du fait de ces mêmes richesses dans le processus de démocratisation peut être freiné à certains égards. Par contre, la démocratie encouragerait une meilleure gestion des ressources naturelles si elle comporte de réels mécanismes de contre-pouvoir (checks and balances). Nous tenterons, tout au long de cette étude, d’évaluer la validité des hypothèses sousjacentes :



 Hypothèse 1/ L’expansion de ressources minières, dans un pays en développement tel que la RDC, produirait des effets pervers dans l’économie du pays qui se traduirait par la contraction des secteurs produisant des biens échangeables en dehors du secteur en boom et le développement des secteurs produisant des biens non échangeables qui, pour l’essentiel, approvisionne les résidents intérieurs.



 Hypothèse 2/ l’exploitation des ressources naturelles se base sur la théorie de l’échange international basée sur les avantages comparatifs, d’où la politique industrielle forte, une politique d’éducation basée sur le capital humain en vue d’une main d’œuvre qualifiée pour une finalité de la bonne gouvernance par le biais de la transparence et de la démocratie.



 Hypothèse 3/ Une opportunité, une aubaine pour un développement harmonieux et durable pour les pays exportateurs de matières premières, finirait par être un couteau à double tranchant, car les recettes dégagées de l’exploitation affecteraient négativement les structures de l’économie { travers certains secteurs de la production et de même que la distribution de revenus.


6. Revue de la littérature

Par rapport aux pays industrialisés, les PED (pays en développement) sont faiblement dotés en capital et en main d’œuvre qualifiée. La rareté relative de ces facteurs de production contribue à un faible niveau de revenu par tête, empêchant ces pays de tirer parti des économies d’échelle dont bénéficient les pays riches. Et souvent cette insuffisance des facteurs de production n’est qu’un symptôme et cache des maux plus profonds. L’instabilité politique, la faible protection des droits de propriété et les politiques économiques inadaptées découragent l’investissement en capital et en connaissances, ce qui réduit l’efficacité du système économique. [Grugman P., et Maurice O., 2009].

Par la bonne La gouvernance, il faudra entendre le processus par lequel une société se pilote et se dirige. La bonne gouvernance se caractérise par la participation, la transparence, la responsabilité et l’équité. La bonne gouvernance peut être définie comme l’exercice de l’autorité économique, politique et administrative en vue de gérer les affaires d’un pays { tous les niveaux et avec le concours de tous. Elle englobe les mécanismes, les processus et les institutions qui permettent aux citoyens et aux groupes de citoyens d’exprimer leurs intérêts, leurs différends, de résoudre ceux-ci, d’exercer leurs droits juridiques et d’assumer leurs obligations. La bonne gouvernance assure la primauté du droit et veille à ce que les priorités soient fondées sur un large consensus au niveau de la communauté. Elle veille à ce que, dans le processus de prise de décisions, tous les sociétaires s’y retrouvent. La gouvernance, tout en englobant l’État, le transcende en incluant le secteur privé et la société civile.



La bonne gouvernance se définit en cinq notions fondamentales, à savoir : la confiance entre les différents acteurs ; la présence de partenaires et de réseaux fiables ; l’obligation de rendre compte, d’être transparent ; la solidarité de la société civile ; et la conscience professionnelle. Pour asseoir la bonne gouvernance en RDC, il y a lieu que :
• l’accent soit mis sur l’homme plutôt que sur les structures ;
• la démocratie soit renforcée, car c’est elle qui génère la bonne gouvernance ;
• le contrôle des lobbies soit prévu ;
• la volonté générale des acteurs politiques s’affiche ;
• l’éducation soit développée et intensifiée pour qu’un plus grand nombre puisse jouer leur rôle de citoyen responsable ;
• des garde-fous empêchent les sociétaires de privilégier leurs intérêts privés au détriment de ceux de la communauté ;
• la participation { l’économie mondiale par la transformation des produits sur place soit assurée.





Le premier pôle d’intérêt pour ce travail réside dans le rappel de la place importante prise par les ressources naturelles dès les origines de l’économie politique moderne. C’est l’occasion pour Gilles Rotillon de préciser qu’il existe deux manières d’aborder la problématique des ressources naturelles. La première, la plus récente, consiste à mettre l’accent sur les dégradations environnementales causées par les modes de consommation et de production de l’Homme. La seconde, celle traitée concerne l’impact de la raréfaction des ressources naturelles sur la croissance économique.



Le second pôle d’intérêt consiste { mettre en lumière le fait que les ressources naturelles n’ont rien de « naturelles » précisément, mais qu’il convient de les définir et de déterminer de quoi l’on parle. Il existe, en effet, des différences entre, par exemple, les ressources renouvelables et les autres. En fonction des définitions et des nomenclatures retenues, la question des stocks et de leur utilisation ne reçoit pas de réponses identiques. Il n’est d’ailleurs pas superflu de rappeler que ces ressources ne se bornent pas uniquement au charbon et au pétrole mais concernent aussi bien d’autres éléments (les métaux, les forêts, les océans, l’eau douce etc.). En outre les temps économiques et géologiques ne coïncident pas ; autrement dit, à très long terme mêmes les ressources non renouvelables le deviennent.



Le troisième réside dans le fait d’exposer les difficultés auxquelles les économies se heurtent dans l’évaluation des stocks de ressources naturelles (une ressource ne devient une ressource exploitable que si son utilisation est économiquement rentable). Il existe un ensemble des modèles qui ont analysé les effets adverses d’un boom d’exportation. Les premiers modèles ont été appliqués aux milieux des années soixantedix par McKinnon (1976) { l’économie koweïtienne et Gregory, R.G (1976) et Snape (1977) { l’économie australienne. The Economist (1977) a essayé de décrire un phénomène étrange auquel l'économie hollandaise était confrontée après le premier choc pétrolier. «The Economist» décrivait ce phénomène en ces termes : la Hollande, qui avait enregistré des bonnes performances économiques pendant plusieurs années consécutives, est maintenant confrontée à une récession. Quelque temps après est apparu un autre phénomène dit secteur en boom «Booming sector». Cairnes (1859) publia le résultat de ses observations sur les conséquences de la découverte de l'or, confirmées depuis par Maddock et McLean (1984): les principales exportations d'alors (laine...), ainsi que la plupart des produits d'import-substitution (notamment manufacturés: textiles, agroalimentaires, etc.), régressèrent sensiblement au profit des activités abritées de la concurrence étrangère (construction, cultures maraîchères). Mais, depuis le début des années quatre-vingt, suite aux chocs pétroliers de 1973 et 1979, une large littérature théorique et empirique (Corden.W.M et Neary.P (1982), Neary.P (1984), Van Wijnbergen.S (1984), Hugon.P (1989), Salehi- Isfahani.D (1989), Campan.E et Grimaud.A (1989) et Spatafor.N et Warner.A (1995)) a essayé d’expliquer les effets néfastes pour les pays pétroliers d’un boom d’exportation sur les autres secteurs induisant ainsi à un blocage de la croissance du pays.



En effet, la plupart de travaux portant sur le syndrome hollandais ont été faits pour l’économie canadienne, saoudienne (Dibooglu.S et Aleisa,E (2004)), nigérienne (Olomola. P.A et Adejumo. A.V (2006)) et l’économie russe (Rautava. J (2004)). Telles que les études de Edwards.S (1985), Olomola.P.A et Adejumo.A.V (2006) qui ont montré que le taux de change réel est largement tributaire des fluctuations des prix du pétrole et que l’activité économique est affectée surtout par le taux de change réel. Récemment Nkusu.M (2004) a utilisé le modèle de « Dutch disease » pour apprécier les effets nuisibles d’une grande aide sur la croissance des exportations et l’appréciation de taux de change pour les pays à bas revenus. Cet auteur est arrivé { la conclusion qu’un boom d’aide entraîne un déséquilibre entre les dépenses de secteur public bénéficiant de ce boom et le secteur privé, influençant de ce fait, le taux de change réel. Comme le note Tsalik.S et Schiffrin.A (2005) «Dans son acceptation la plus limitée, la malédiction des ressources renvoie à la relation inversement proportionnelle entre dépendance élevée vis-à-vis des ressources naturelles et taux de croissance économique».



Dans ses travaux d’avant‑garde sur l’économie des ressources épuisables, Hotelling (1931) a élaboré un modèle prédisant l’évolution des prix et du sentier d’extraction compte tenu des arbitrages intertemporels ou du « coût d’opportunité de l’épuisement ». Il répondait ainsi à deux questions essentielles : comment une ressource devrait‑elle être extraite au cours du temps pour maximiser le bien‑être des générations actuelles et futures ? Et la concurrence économique peut‑elle soutenir le niveau d’extraction correspondant { l’optimum social ? Bien que Hotelling ait utilisé un modèle d’économie fermée, ses résultats servent de référence pour comprendre comment le commerce influe sur les ressources non renouvelables dans une économie ouverte.



Eu égard à cette littérature, nous allons ressortir la contribution des ressources naturelles pour une croissance économique durable en considérant que :
 L’or rouge (le cuivre) est le produit boomier en RDC contrairement { d’autres auteurs qui ne s’intéressent qu’aux hydrocarbures en particulier le pétrole ;
 les variables d’intérêt pouvant expliqué l’économie des ressources naturelles sont:
le cours ou prix du cuivre, le PIB réel, le taux d’inflation et les termes de l’échange.


Chapitre II. L’ETAT DE LA SITUATION DES RESSOURCES NATURELLES DANS L’ECONOMIE CONGLAISE.

Dans ce chapitre, il sera question de décrire les ressources naturelles de la RDC principalement le cuivre et le pétrole, les localiser pour en savoir leurs impacts dans l’économie congolaise, leurs exportations et leurs commercialisations en vue des retombées plus efficaces d’une société équitable. Ce chapitre aura deux sections donc la première sera consacré à une vue panoramique du sous-sol congolais et le second traite de la description du secteur minier et des hydrocarbures dans le commerce international.

Il nous s’avère nécessaire, pour des raisons pédagogiques, de présenter la cartographie, d’illustrer en image les productions agricole et minière de la République Démocratique du Congo avant de présenter notamment la place de sa minéralogie dans la production mondiale et livrer quelques statistiques sur les cours de matières premières.

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