Bonjour, nous sommes le 06/03/2021 et il est 05 h 14.

Les partis politiques ont pour objectif conquérir et conserver le pouvoir. Ils se prémunissent de ressources tant matérielles, financières qu’humaines dont l’acquisition et l’organisation conduisent parfois à des situations de crise ou de conflits qu’il faille gérer pour maintenir la cohésion de l’organisation.


Le manque de discussion et de débat, laisse souvent place à des situations difficiles dans une organisation ; manque de confiance, manque de communications claires ou instauration de communications anarchiques, et autres rumeurs pouvant dégénérer en conflits.



Les conflits sont souvent à la base de la communication informelle au sein des organisations politiques. Pour les éviter et les prévenir, il sied d’en détecter les signes annonciateurs, afin de trouver à temps des moyens d’échanger et d’y apporter des solutions appropriées. Ces moyens sont notamment, les entretiens, l’instauration de débats, la bonne circulation des informations et l’utilisation des outils de communication interne notamment, les lettres, les réunions de service, les communiqués, les mises au point, les notes de services, etc.



Il est donc important d'être constamment attentif aux difficultés pouvant entraver la cohésion dans une organisation politique, notamment lorsqu’il s’agit de prendre des décisions il arrive bien souvent que des décisions soient prises ou des actions soient entreprises par les dirigeants mais qu’elles ne rencontrent pas l'assentiment des partisans ou du moins, d'une fraction d’entre eux.



Il se pose alors au sein de certaines organisations de dissensions, de cas de désobéissance des membres en réaction aux décisions et actions de leurs dirigeants.



Mais cette désobéissance peut résulter d’un refus de respect des textes régissant l’organisation dégénérant en rumeurs et autres formes de communication informelle. Elle peut également résulter du jugement d’un membre du parti, qui estime, en âme et conscience, qu’il ne peut pas obéir à une décision, à une injonction ou à un dispositif de textes régissant l’organisation, et ainsi ne pas cautionner une injustice.

Une organisation où règne les conflits est vouée à un échec car ces tensions divisent les individus au lieu de les unir, alors que le rôle de toute organisation, tel un parti politique est de fédérer et de relier les personnes. Cependant, toute organisation étant considérée comme une œuvre humaine, constituée des individus, a toujours été imparfaite et pour la plus part de fois dominée par des conflits entre ses membres. C’est pourquoi la communication comme moyen de dialogue constitue une sorte de thérapeutique et de régulation de tout conflit.



Ce dialogue est censé être programmé et contrôlé par la hiérarchie qui s’en sert pour réorganiser l’institution car, il représente un facteur important de la stabilité de l’organisation.



Notre problème général de recherche réside dans le fait que nous cherchons à connaître comment les partis politiques congolais communiquent dans le cadre du règlement des conflits politiques en leur sein.





En parcourant les études antérieures réalisées à l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication, nous avons découvert quelques travaux traitant de la communication des partis politiques.



Le travail de Liliane Madju Mansabu portant sur la communication électorale de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP) durant la campagne des présidentielles 2006, présenté en septembre 2007, pose la question de recherche suivante : quelle a été la politique de communication de l’AMP durant la campagne électorale des présidentielles en RD. Congo ? En réponse à cette question l’auteur a répondu à titre d’hypothèse que l’AMP s’est appuyée sur un nombre illimité de supports entre autres : la télévision, la radio, l’Internet ; sans oublier les meetings et les marches. Il a conclu en validant son hypothèse de recherche, affirmant que lors de la campagne de 2006, l’AMP s’est appuyée sur ces divers supports.

Le deuxième travail est celui réalisé en 2008 par Thierry Mutombo wa Mutombo portant sur la communication politique alternative en République Démocratique du Congo et intitulé « Aspect d’une pratique de communication au parlement debout ». Dans sa problématique l’auteur a cherché à cerner les facteurs qui justifient l’engouement de la population vers le phénomène dit « parlement débout ». Il a émis l’hypothèse selon laquelle l’engouement d’un certain public vers le parlement debout pourrait se justifier par plusieurs facteurs dont l’essentiel serait la volonté de l’indépendance vis-à-vis des pouvoirs existant ; laquelle volonté caractérise les membres du parlement debout.

Ces deux travaux s’écartent de notre préoccupation dans la présente recherche dès lors que nous voulons faire une étude sur les supports de communication utilisés dans le cadre de règlement des conflits au sein des partis politiques, en l’occurrence l’UDPS.



En République Démocratique du Congo où la culture démocratique ne s’est pas encore enracinée, ni dans le chef des membres des partis politiques ni dans celui des dirigeants politiques, il n’est pas rare de voir que les partisans d’une même organisation politique rentrent en dissension. Celle-ci est parfois si vive que les discussions débordent sur l’espace public, notamment à travers les médias, provoquant interprétations de tous genres. C’est par exemple la question de la succession du leader de l’UDPS qui remonte présentement en surface du fait de son état de santé dégradant. Cette question monopolise les débats au sein même du parti.



Et lorsque l’on sait que ce part depuis sa création a connu le départ de presque tous ses cofondateurs mais également de nombreux des jeunes cadres qui ayant rejoint le parti ont été excommuniés ou ont démissionné à la suite de situations de crises et de conflits. On peut se demander dès lors comment conflits sont gérés au sein de l’UDPS en posant la question spécifique de recherche ci-après : quels sont les mécanismes de règlement des conflits au sein de l’UDPS et quels sont leur efficacité ?

L’Union pour la démocratie et le progrès social doit sa création aux citoyens qui ont su dire haut et concrétiser ce que d’autres, a qui étaient confiées des responsabilités politiques importantes, disaient bas. Il s’agit ici de treize parlementaires .

Leur idée de s’opposer objectivement tire ses racines des contradictions de la politique du pouvoir avec son propre projet de société. L’entement de pouvoir a poussé treize parlementaires avec d’autres citoyens à créer un parti politique d’opposition qui a d’abord fonctionne dans la clandestinité (car non accepté par le système en place) pour apparaitre officiellement au grand jour le 24 avril 1990 .

En effet, l’UDPS créée le 15 février 1982 est née du parlement de la législature 1977-1982. Les parlements précédents étaient très dépendants du conseil Exécutif chapeaute par le Président de la République. Celui de cette législature était issu du peuple par les élections au suffrage universel, et se montra conscient de ses responsabilités et moins dépendant du président de la République.

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