Bonjour, nous sommes le 29/11/2020 et il est 11 h 06.


La Charte des Nations Unies, adoptée par les 51 Etats membres originels, débute par la célèbre formule : « NOUS, PEUPLES DES NATIONS UNIES, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et femmes, ainsi que des nations grandes ou petites… ». Contre l’esprit de la Charte, il n’y a point de doute que les événements dramatiques du Rwanda entre autres, le génocide de 1994, dans lesquels plusieurs pertes en vies humaines ont été enregistrées, entre 800.000 et un million de victimes rwandaises furent imminents.


En revanche, l’imminence de ces actes a touché la conscience collective de l’humanité. Ces événements sont une conséquence logique de l’assassinat du Président rwandais HABYARIMANA simultanément avec son homologue burundais Cyprien NTARYAMIRA lors de l’attentat terroriste dirigéet réussi contre l’avion présidentiel rwandais. Il est très capital de préciser que ces événements de triste mémoire se sont déroulés en deux étapes très importantes avec des acteurs différents.



La première étape s’est déroulée au cours d’un conflit armé opposant les FAR au FPRde 1990 à 1994 etla 2ème étape est l’œuvre des civils armés contre les civils après l’attentat terroriste de l’avion présidentiel rwandais, sans oublier les FAR contre le FPR pour ce qui est de l’an 1994.



En grosso modo,ce drame s’est déroulé en deux étapes avec les acteurs différents : d’une part les Forces Armées Rwandaises, FAR contre le Front Patriotique Rwandais, FPR depuis l’invasion du Rwanda en 1990 jusqu’en 1994 et d’autre part, une guerre où des civils ont pris les armes contre d’autres civils, Hutus contre tutsis au cours de l’année 1994.



L’assassinat du Président Rwandais ci-haut cité au cours de cet attentat terroriste, est unanimement considéré comme le déclencheur même du génocide rwandais.Ces actes apparaissent parmi tant d’autres comme les faits les plus saillants ayant déterminé la communauté Internationale à prendre des précautions en vue d’éviter dans l’avenir une telle tragédie humaine au Rwanda.



Pourtant, la Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda « MINUAR », qui était alors une opération de maintien de la paix des Nations Unies au Rwanda,devrait à tout prix prévenir ce déluge de feu dans le pays de milles collines.Depuis lors, l’on comprend la juste mesure prise par l’ONU de mettre en place un Tribunal Pénal International pour le Rwanda, dans le seul but de juger les responsables des crimes commis au Rwanda ou les citoyens rwandais ayant commis ces crimes sur le Territoire des Etats voisins,du 1er Janvier au 31 Décembre 1994. Tel est le mandat même du TPIR. Il s’agit de génocide, de crimes contre l’humanité ainsi que des crimes de guerre ou d’autres violations graves de droit international humanitaireselon le statut du tribunal sans distinction de l’appartenance ethnique de leurs auteurs.

Ce TPIR a été aussi créé pour mettre en application la convention de 1948 sur la prévention et répression du crime de génocide sans que les parties à cette convention aient prévenu ce génocide. De nos jours, celui qui commet le crime de génocide est comparable à celui qui entreprend une démarche suicidaire de l’humanité du reste proscrite par les instruments juridiques internationaux tels que la Charte des Nations Unies dans son préambule, les Statuts du TPIR, de ROME de la CPI, etc.



La création de ce Tribunal par l’ONUà travers sa résolution 955 de son Conseil de Sécurité, est à notre sens comparable à la levée de boucliers à travers la planète à chaque fois qu’il ya annonce « d’expériences nucléaires » par un Etat « voyou » .


2. Problématique

Notre préoccupation est constituée des questions ci-après:
1) quand est-ce que la Guerre des Grands Lacs en général et celle de la RDC en particulier prendront fin? Pouvons-nous les qualifier comme les guerres d’intérêts ? Y a-t-il un lien entre l’échec de la MINUAR et le résultat mitigé du TPIR ?
2) Est –il vrai d’affirmer que c’est par esprit de belligérance que les Etats ont toujours tendance à être surarmés comme disaient les romains : « qui veut la paix, prépare la guerre ? ».
3) L’ONU a-t-elle failli, combien de fois au Rwanda,à sa mission du maintien de la paix et la sécurité internationales que prône sa Charte ?




3. Hypothèses

Nous partons des hypothèses selon lesquelles l’expérience de la première et de la deuxième guerre mondiales a prouvé à suffisance le rôle improductif de la guerre, les effets de ces deux guerres en est une leçon et un précédent historique2. Qu’à cela ne tienne, les intérêts des Etats étant le socle de leurs relations,eh bien, ils justifient en grande partie la persistance de cette guerre. De 1989 à 1990, les réformes profondes sont nées et ont mis fin à une longue période de codirection des affaires du monde par l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques et les Etats-Unis par la chute du mur de Berlin.



C’est une période qui voit les grands bouleversements qui surgissent dans le monde et surtout en Afrique plus précisément dans la région des Grands Lacs, cette période qui met fin à l’antagonisme entre l’Est et l’Ouest. C’est encore elle qui marque le début de l’hégémonie américaine comme l’a affirmé Henri KISSINGER, ancien patron de la diplomatie américaine en ces termes : « La fin de la guerre froide a vu ressurgir la tentation de façonner le contexte international à l’image de l’Amérique. Wilson en avait été empêché par l’isolationnisme de ses concitoyens et Truman s’était heurté à l’expansionnisme communiste.



Dans le monde de l’après-guerre froide, les Etats-Unis sont la seule superpuissance à avoir la capacité d’intervenir aux quatre coins du monde » . Ce qui est à la base de la guerre « sans fin » en Afrique des Grands Lacs c’est le changement sans précédent de la politique extérieure des Etats-Unis dans la région martyre de l’Afrique qui a eu comme conséquence le changement des alliés américains dans la région. Honoré NGBANDA, l’ancien Chef des Services secrets zaïrois et Conseiller Spécial du Feu Président zaïrois, MOBUTU SESE SEKO en témoigne en disant que lors des négociations entreprises entre le Gouvernement zaïrois et l’AFDL à Johannesburg (Afrique du Sud), ce sont les américains qui ont pris part à ces négociations en lieu et place de l’AFDL. Il s’agit des Georges Moose et Susane Rice, tous deux sous-secrétaires d’Etat Américains.



Le premier en fonction et la seconde en passe de prendre la relève. Georges Moose dira à Honoré NGBANDA pendant la pause ceci « Comment perdez-vous du temps inutilement dans des discutions qui ne servent à rien ? Notre décision est irrévocable. Notre timing ne changera pas et vous ne saurez jamais retarder même d’un jour le calendrier de cette guerre. Chaque mouvement de vos troupes, chaque acquisition de matériel de guerre par le gouvernement, est suivie dans le détail, photographié par nos satellites et communiqué à nos unités au sol. ». Selon le témoignage d’Honoré NGBANDA, ces propos justifient l’ultimatum du Président Bill Clinton transmis à MOBUTU verbalement en 1991par l’Ambassadeur des USA, Melissa Wells, à Kinshasa. Madame Melissa Wells lui dit : « Washington exige une avancée rapide des travaux de la Conférence Nationale Souveraine ». Le Président MOBUTU lui répondit : « je ne suis pas aux ordres de Washington et qu’il faut vous adresser à Mgr MONSENGWO. ».

Madame l’Ambassadeur répliquera scandaleusement d’après ce témoignage en lui disant ceci : « L’époque où nous avions besoin de vous est finie ; vous n’avez plus d’instrument de chantage sur nous ; et vous n’avez plus vos amis à la Maison Blanche pour vous couvrir. Si vous n’acceptez pas d’appliquer notre schéma de changement démocratique, nous allons vous forcer à quitter le pouvoir. Nous en avons les moyens. ». Concernant la guerre continuelle dans la région des Grands Lacs et la déstabilisation qui bat son plein dans cette région, juste après l’assassinat de son homologue rwandais Juvénal HABYARIMANA, MOBUTU dira à son affidé NGBANDA que « C’est le signe indien ! C’est mauvais, ce qui vient d’arriver. C’est le début d’une longue histoire. Une mauvaise histoire. C’est le déclenchement de la déstabilisation de toute l’Afrique Centrale pour de longues années. Je ne sais pas si nous nous en remettrons … Je ne sais pas s’ils s’arrêteront là…Je ne sais pas s’ils lâcheront le morceau ! »

De ce qui précède, nous remarquons que les raisons qui ont mis en échec la MINUAR en tant qu’organe subsidiaire du Conseil de Sécurité des Nations Unies, sont celles qui ont conduit également le TPIR entant qu’organe subsidiaire du Conseil de Sécurité des Nations Unies à un résultat très mitigé.



C’est apparemment oui d’affirmer que c’est par esprit de belligérance que les Etats ont toujours tendance à être surarmés comme disaient les romains : « Qui veut la paix, prépare la guerre ». C’est ce qui constitue un danger au maintien de la paix et la sécurité internationales. C’est pour cette raison que l’ONU doit renforcer sa suprématie sur les Etats en conflit en ce qui concerne ses missions de maintien de la paix dans le monde.



Pour ce, l’ONU doit adapter le mandat de ses opérations de maintien de la paix à l’évolution de la situation qui a stimulé le Conseil de Sécurité à créer lesdites OMP, en vue de lui permettre de contrer la dégénérescence des conflits et non de devenir des observateurs dans les zones de combat tout en se limitant à la publication des rapports sans effets sur la souffrance de la population civile qui, à chaque fois paie le lourd tribut. Pratiquement s’il faut que ces rapports servent, ils serviront en retard comme le TPIR dans son aspect positif après la tragédie rwandaise de 1994.



Nous affirmons qu’il existe du faux irénisme et de l’hypocrisie. Cela s’explique dans ce sens que « chacune des Parties s’applique à paraître autre qu’elle n’est en réalité» ; parce qu’après les négociations et les formules magiques de résolution des différends qui en découlent, nous constatons avec regret l’existence des conflits armés à répétition dans la région, pourtant supposés réglés par lesdites négociations,par exemple le Rwanda où après la signature de l’accord de paix d’Arusha le 04 Août 1993, Kagame alerte ses Hommes en ces termes : « Ne faites pas confiance à ces accords, ils ne vont pas résoudre notre problème » .

Alors pourquoi négocier si l’on sait que l’option militaire est meilleur pour résoudre notre problème ? C’est juste pour faire ce que Charles ONANA appelle « la stratégie du négociateur-armé ». La RDC n’échappe pas à cette règle, après le dialogue intercongolais de 2002,il y a encore la prolifération des groupes armés causant toujours des conflits armés en répétition et des négociations continuelles qui ne disent pas leur nom.



Ici nous observons une fois de plus que les Nations et les peuples, tout en connaissant les effets néfastes de la guerre sur l’homme et l’environnement, la destruction des infrastructures et des tissus économiques des Etats, continuent à s’armer les uns contre les autres,au nom de leur Souveraineté, d’intégrité territoriale et de leur Indépendance.Ils le font sous prétexte de la soi-disant menace extérieure, pour justifier leur esprit de belligérance du fait quechaque Etat veut être supérieur à l’autre.



Selon Monsieur Gautron (J.C.) les modèles des règlements des différends « africains » sont pour lui conformes à la nature du conflit « africain » . Ce schéma est composé de plusieurs éléments dont les principaux sont les règlements politiques et diplomatiques car tout conflit « africain » contient dans son développement le double aspect : interne et international. Il est à la fois interétatique au niveau du continent par ce qu’il oppose deux ou plusieurs Etats au sein d’un même continent, interne parce qu’il a pour origine le prolongement du principe national, la volonté de sécession ou la lutte politique pour la possession du pouvoir et international, parce que des Etats tiers au continent s’y sont impliqués.



L’exemple typique de ce genre de conflit c’est le différend qui oppose la RDC contre ses voisins (Rwanda, Ouganda...) soutenus par les puissances occidentales. Comme ces puissances (Etats Unis, Grande Bretagne…) s’y impliquent, il faut recourir aux règlements politiques et diplomatiques et non à la guerre pour éviter la continuité du drame rwandais dans toute la région. Car, l’Etat a deux armées pour se défendre : la diplomatie et l’Armée proprement dite en passant par ses services de renseignements.



Comme l’a exprimée le pape Paul VI en 1965, qui a lancé du haut de la Tribune des Nations Unies, cette terrible mise en garde aux dirigeants du monde, je cite: « l’humanité devra mettre fin à la guerre, ou c’est la guerre qui mettra fin à l’humanité » . Comme l’a aussi affirmé un artiste musicien congolais dans son Album de l’an 2000 en disant : « pourquoi l’Afrique est-elle vouée à la misère, pourquoi tant de guerres ? Pourquoi tant de haines en Afrique? ». Si l’on peut déduire de leurs regrets, pour le premier, l’ennemi de l’humanité c’est l’homme lui-même et pour le deuxième l’ennemi de l’Afrique c’est l’africain lui-même.

L’ONU a, deux fois successives, failli au Rwanda, à sa mission du maintien de la paix et la sécurité internationales laquelle incombe à son Conseil de Sécurité. Le premier échec fut enregistré à travers la MINUAR : une opération de maintien de la paix, l’organe subsidiaire du Conseil de Sécurité de l’ONU. Car à cet effet, la MINUAR a été créée par la Résolution 872 du Conseil de Sécurité. Et ce, pour sécuriser la transition rwandaise. Le second échec est celui qu’elle vient d’enregistrer à travers le TPIR: c’est encore un organe subsidiaire du Conseil de Sécurité, un tribunal onusien créé par la Résolution 955 du Conseil de Sécurité.



A ce titre, il est chargé de rendre justice aux victimes du drame rwandais précédemment évoquées.Pourtant, ces deux organes de maintien de la paix et la sécurité internationalesétaient créés en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Dans la Région des Grands Lacs Africains, nous remarquons l’essai d’une nouvelle phase du colonialisme dans les relations entre certains pays occidentaux et le continent africain. Il s’agit de l’exploitation massive et brutale des ressources naturelles de l’Afrique en général et de la République Démocratique du Congo en particulier par les africains interposés.



Cette nouvelle politique colonialiste a remplacé la colonisation dans sa forme ancienne, étant donné qu’elle a été condamnée par l’Assemblée Générale des Nations Unies, notamment par la Résolution 1514 (xv) du 14 décembre 1960 relative à la Déclaration sur l’octroi de l’Indépendance aux pays et peuples coloniaux et ce droit à l’autodétermination relève aussi du Droit coutumier pour la simple bonne raison qu’il est l’un des principes essentiels du droit international contemporain. Par conséquent, ce droit est parfois qualifié de jus cogens . Par là également, l’obligation de le respecter entraine celle erga omnes. L’instabilité de cette région tire sa source du drame rwandais de 1994 et de la boulimie du pouvoir des Présidents concernés.


Section 2 : LES CAUSES IMMEDIATES DU DRAME RWANDAIS

Partant de la partie nord du Rwanda, une zone frontalière du Rwanda avec l'Ouganda que le FPR avait conquise de 1990 à 1993 après avoir été tenus en échec par les Forces Armées Zaïroises dirigées par le Général MAHELE, les rebelles du FPR de Paul Kagame occupèrent cette partie de leur pays dans le seul but de s’organiser et prendre le pouvoir. Quand ils ont commencé à progresser, leur progression s’est accompagnée d'exactions faisant de nombreuses victimes dans les deux camps.



De 1990 à 1993 les FAR avaient été formées et réorganisées par l'armée française, précisément pour contrer les attaques du FPR. De leur côté les responsables du FPR se sont appuyés sur l'armée ougandaise, dans laquelle certains d’entre eux étaient officiers depuis que le Président Yoweri Museveni avait conquis le pouvoir en Ouganda (1986). Malgré la progression rapide du FPR vers la capitale Kigali, qui est prise le 4 juillet 1994, le génocide coûtera la vie à des centaines de milliers de Tutsis et Hutus « modérés ».

Les miliciens hutus et les FAR battirent en retraite vers leZaïre (RDC). Environ deux millions de réfugiés hutus partent également, craignant les représailles et exactions du FPR dont ils étaient devenus la cible principale. Le 19 juillet 1994, un gouvernement fondé sur les derniers accords d'Arusha, mais dominé par le FPR, prend les rênes du Rwanda. Le président de la République et le Premier ministre sont des Hutus dits modérés. Celui qui a conduit le FPR à la victoire, le général-major Paul Kagame, devient le vice-président et ministre de la défense et c’est lui-même qui est devenu depuis la prise du pouvoir au Rwanda par le FPR, l'homme fort du RégimeRwandais. Au fur et à mesure de son entrée au Rwanda, le FPR, tout en protégeant les Tutsis rescapés, s'est livré à des exactions, des exécutions sommaires sans jugement et des massacres de représailles , mais dont le bilan n’est pas encore défini .



Comme nous l’avons dit ci-haut, le début des années 1990 commence par des troubles contagieux qui embrasent toute la région des Grands Lacs Africains. La population de cette région a observé impuissante la crise burundaise de 1993 et le génocide rwandais de 1994 qui déversent sur le territoire zaïrois des réfugiés et des déplacés internes tant des pays en troubles que du pays d'accueil (ZAÏRE) qui, lui-même connaît des troubles tribaux surtout dans la partie du Nord-Kivu avec la naissance des groupes armés internes. Quelle est l’origine de la contagion de la crise sociopolitique dans cette partie de l’Afrique ?

Les pays dits de Grands Lacs Africains (Rwanda, Burundi et République Démocratique du Congo) ont un passé commun, la Belgique, qui, après avoir eu l'Etat Indépendant du Congo (EIC) du roi Léopold II déjà transformé en la Colonie Belge en 1908, hérita des ex-colonies allemandes (Rwanda-Urundi) dans le cadre du système du mandat institué par la Société des Nations à la suite du Traité de Paix de Versailles, intégrant graduellement la gestion de ces 3 territoires (le Congo Belge et le Rwanda-Urundi). La Belgique y développa une solidarité dans la gestion qui aboutira évidemment à l'intégration de la gestion administrative, politique et monétaire. L'assimilation était involontaire. Certains faits ont donc créé des mobilités transfrontalières notamment :



 la création des universités, surtout au Congo Belge (Lovanium, Université Libre du Congo,...) accueillant ainsi des étudiants du Congo Belgeet du Rwanda-Urundi, y compris ceux des autres pays du Continent ;  les transmutations des fonctionnaires locaux d'un territoire à un autre ;  la gestion des congrégations missionnaires suivant le même modèle ; etc.

Les mobilités seront de plus en plus structurées mais surtout négativement perçues à la longue, suite à des conflits qui surgissent au Rwanda. En 1959, lorsque le Parmehutu remporte la victoire aux élections législatives, cette victoire occasionna l’exode de plusieurs tutsis rwandais vers les pays limitrophes notamment l’Ouganda, la RDC, la Tanzanie et le Burundi . Si les premières mobilités étaient organisées, les secondes sont forcées et donnent à une grande masse des personnes hors frontières le statut des réfugiés. Après les indépendances de ces 3 pays respectivement le 30 Juin 1960 pour la RDC, le 1er Juillet 1962 pour le Burundi et le 2 juillet 1962 pour le Rwanda, se sont succédés plusieurs régimes dont certains ont été longs avec les mêmes caractéristiques dictatoriales. Pendant cette période, les relations sont généralement au beau fixe entre Kigali, Kinshasa et Bujumbura, ce qui a même permis la création, en 1976, de la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL),en marche jusqu’aujourd’hui.



Il sied de noter que la chute du mur de Berlin en 1989 a brisé l'existence de Deux Blocs Est-Ouest et mis fin à la guerre froide. Dans les pays du Tiers Monde et particulièrement dans ceux des Grands Lacs Africains, naissent des tendances démocratiques avec l'instauration dumultipartisme, des Conférences Nationales et des négociations avec l'opposition, etc .La déstabilisation aiguë de cette région a commencé le 1er octobre 1990, lorsque le Front Patriotique Rwandais (FPR) attaque le Rwanda à partir de l'Ouganda, guerre à l'issue de laquelle il prend le pouvoir en juillet 1994 au mépris des accords politiques d’Arusha ; cette invasion a eu comme conséquence des crimes commis dont le génocide. Quant au Burundi, le processus démocratique avait tourné au drame, le pays s'étant engagé dans une guerre civile.

A la fin 1993, près de deux cents mille réfugiés Burundais et à la moitié de l’an 1994, plus d'un million des réfugiés rwandais ont inondé le Kivu, accentuant ainsi les conflits internes. C'est le début de l'extension des conflits dans la région. La situation lente au Congo sera réchauffée et les guerres de libération sont déclenchées réanimant les multiples conflits tribaux qui marquèrent le pays. Comme DAVID Van Reybrouck le fait remarquer : « Ces invasions provoquèrent une telle colère au sein de la population hutu que la haine à l’encontre de tout ce qui était tutsi s’amplifia, même contre les tutsi qui étaient restés vivre en bons citoyens au Rwanda. « Des cafards », les appelait-on .

La région devient alors le théâtre d’affrontements de tout bord. Des milliers des jeunes sont recrutés soit par des bandes armées, soit par les armées régulières . Il y a une multitude des déplacés internes et des réfugiés, des familles sont séparées, les civils sont surarmés, l'insécurité, la famine, bref la dégradation totale du tissu socioéconomique. Et tout le monde en est conscient et celui qui est averti peut apporter sa contribution pour le changement. Le développement socio-économique est bloqué parce qu’il n'y a pas de paix durable, c’est la délocalisation des investissements vers d’autres pays. Il faut réinstaurer la paix par la consolidation de l'autorité de l'Etat sur toute l’étendue de la République.

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