Bonjour, nous sommes le 29/11/2020 et il est 10 h 05.


De nos jours il faut noter que pour bon nombre de personnes et pour le public en particulier, la microfinance se confond avec le microcrédit. Microfinance employé pour être connu seulement comme «microcrédit», ou tout simplement de la part des services financiers qui se réfèrent à des prêts. Pourtant, la microfinance ne se limite plus aujourd’hui à l’octroi de microcrédit mais bien à la fourniture d’un ensemble de produits financiers à tous ceux qui sont exclus du système financier classique.


D’une part le développement de la microfinance est resté focalisé sur des produits faciles à gérer tels que le crédit (généralement le microcrédit solidaire) et l’épargne favorisant une certaine standardisation. D’une autre part, l’arrivée à maturité du secteur favorise une multiplicité des acteurs de terrain et une diversification de leurs gammes de produits pour faire face non seulement à la concurrence mais également à une clientèle dont la demande évolue.



Cette diversification offre aux institutions financières la possibilité de toucher de nouveaux emprunteurs et de s’étendre sur des marchés existants en offrant des produits ne figurant pas dans leurs gammes de services tels que le crédit-bail qui fait l’objet de la présente étude.



Le crédit-bail s’avère être un produit nécessaire, qui vient en plus pour compléter le crédit et qu’il est possible de contrôler pour peu que sa mise en œuvre respecte certaines exigences. Grâce au leasing, une institution de microfinance peut développer des mécanismes de financement à moyen et long terme pour sa clientèle, accroître leur capacité d’emprunt et même financer la création d’entreprise ; sans ignorer qu’il est surtout adapté à la micro, petite & moyenne entreprise.

Toutefois il est très remarquable que le crédit-bail est une pratique beaucoup plus courante dans les pays développés que dans les pays en voie de développement où plusieurs expériences ont été réalisées dont nous ne citons ici que le cas du Kenya où FINCA en collaboration avec MicroSave, en Tanzanie qui a développé un produit de microcrédit-bail « Uvibiashara ». (Sempangi H. et Messan H., 2003).

Le prototype avait été testé un an à Dar es Salaam et avait démarré en août 2004. Le montant du crédit-bail variait entre $500 et $10 000. Les clients désignaient leurs propres fournisseurs, payés directement par FINCA. Au mois d’octobre 2004, FINCA avait déjà déboursé plus de US $635 000 à plus de 200 clients. Les actifs financés comprenaient des voitures, des congélateurs, des réfrigérateurs, des ordinateurs, des photocopieurs, des machines à fabriquer des briques et à coudre, et des fours.

En ce qui concerne le cas de la République Démocratique du Congo, il est étonnant de constater que le leasing ne fait pas parti de la gamme des services offerts par la majorité des institutions de microfinance, en particulier celles de Kinshasa.
De ce qui précède, cette étude se propose la recherche des réponses aux questions fondamentales ci-après :
Y a-t-il une demande pour ce produit sur le marché de Kinshasa ?
Quels sont les conditions et facteurs de succès pour le leasing à Kinshasa ?


1.1 Analyse conceptuelle et mécanismes de fonctionnement du crédit-bail

« Le leasing est né aux Etats-Unis d’Amérique en 1952 pour satisfaire une importante commande de l’armée engagée dans la guerre de Corée. D.P BOOTHE, une entreprise californienne de conditionnement de produits alimentaires, ne disposait pas de fonds nécessaires pour l’acquisition de biens d’équipements appropriés pour l’exécution d’une commande importante de l’armée, il trouva un financier pouvant élargir son domaine d’activité par l’acquisition, pour le donner à bail, de tel matériel dont les caractéristiques sont définies par l’utilisateur, obligatoirement locataire.



Devant la réussite de l’opération, D.P BOOTHE pensa au lancement d’une société spécialisée dans le leasing et d’équipement de production US Leasing. Le développement du leasing aux Etats-Unis connut ensuite une accélération lorsque, en 1960, les banques commerciales furent autorisées à le pratiquer.





Le développement du leasing aux Etats-Unis connut ensuite une accélération lorsque, en 1960, les banques commerciales furent autorisées à le pratiquer.



L’internalisation du leasing s’est produite dans les pays industrialisés une dizaine d’années après l’apparition de ce mode de financement aux Etats-Unis : en 1961-1962 au Canada, au Royaume-Uni, en Suède, en Allemagne fédérale, en Suisse et en France, en 1963 au Japon, en Belgique, en Finlande, en Espagne et en Italie. » (BENBRAHIM A., 2001, p.9)



La notion du crédit-bail, est définie de façon variée, suivant la conception de chaque auteur. Le crédit-bail peut être défini comme étant un arrangement contractuel permettant à une partie (le preneur) d’utiliser un actif appartenant à une société de crédit-bail (le bailleur) qui peut être une IMF, en contrepartie le paiement de loyers d’une somme convenue. Il sied de noter que cette location est généralement assortie d’une option de rachat du matériel à sa valeur résiduelle par le preneur au terme de la période de location. Au terme de cette période, le preneur a également le choix de remettre le matériel ou d’étendre la période de location. (BARLET C., 2001)


1.1.3 Mécanisme de fonctionnement du crédit-bail

Le crédit-bail est un instrument de financement qui met en relation trois intervenants :
Un établissement de crédit dont le rôle est essentiellement le financement de l’investissement,
Un locataire qui à l’avantage particulier du choix de l’équipement et qui jouit du bien acquis en leasing dans le cadre de son activité de production,
Un fournisseur d’équipement qui livre le matériel en d’autres termes c’est le vendeur ou le fabricant du bien.
La durée maximale du crédit-bail est généralement 3 à 7ans. Par ailleurs, la location de matériel d’irrigation ou d’autres biens agricoles peut dépasser cette période. (BARLET C., 2001)
Dans cette relation, le preneur ou le client est donc utilisateur du bien sans en être propriétaire, en contrepartie, Il s’engage contractuellement à payer des loyers durant la totalité de la période du leasing. Il l’a l’option d’acheter le matériel, de le remettre, ou de négocier un prolongement du crédit-bail à l’expiration du contrat.
Le crédit-bail n’est pas un prêt, il repose sur le principe que " le droit de propriété détenu par le crédit-bailleur est dissocié du droit d’usage économique détenu par le preneur, du bien en location.


CONDITIONS ET FACTEURS DE SUCCES DU CREDIT-BAIL A KINSHASA

Ce chapitre sera consacré à la diversification du portefeuille et l’accès aux ressources stables (3.1.), avant d’aborder le niveau de professionnalisme des institutions faisant partie de l’échantillon (3.2). Ensuite il se penchera sur les pré-requis du développement du crédit-bail à Kinshasa (3.3) et enfin viendrons les recommandations et suggestions. (3.4)



Tel que démontré dans les études empiriques et par l’enquête menée auprès des institutions (notamment MECREKIN et ADVANS BANK Congo), le développement de la microfinance, le savoir-faire organisationnel des IMF sont restés focalisés sur des produits faciles à gérer (crédit et épargne) permettant une certaine « standardisation ». Les institutions ne font évoluer leurs procédés ni leur produits afin de toucher des nouvelles catégories des clients ou zones non couvertes.

Le constat fait de ces produits : ils ont tous une durée inférieure ou égale à 12 mois qui est plutôt adapté pour financer la trésorerie de leurs clients et sont complémentaires et encore presque similaire dans les 2 institutions.



Mais cette étude démontre qu’il y a un besoin pour les produits à moyen et long terme tel que le crédit-bail pouvant permettre aux imf de toucher la catégorie des mpme (qu’ils souhaitent) considéré risqué pour certaines institutions. D’où il peut y avoir une raison pour les imf kinoises de diversifier leurs produits notamment avec le crédit-bail adapté à la mpme.





Les hypothèses de son étude furent les suivantes : Les caractéristiques de la banque et du secteur bancaire seraient les principaux facteurs explicatifs de la rentabilité des banques ; L’environnement économique serait déterminant de la rentabilité des banques.



Selon Christine Poursat (2005), pour atteindre cet objectif et mieux servir une clientèle élargie, elles doivent, avant tout s’engager dans la création de nouveaux produits. De nombreuses IMF voient le développement de nouveaux produits comme une manière de répliquer aux besoins de leurs clients. Toutefois, elles n’en estiment souvent pas la complexité ni le coût. Cette partie présente quelques points et étapes essentielles à respecter pour entamer le développement d’un nouveau produit. Le développement de nouveaux produits suit un processus, et ce processus de développement de produits est une approche itérative, systématique et procède étape par étape.



Comme indiqué ci-haut sur le schéma, il y a trois sources d’influence pour chaque phase du processus de développement des produits dont il faut tenir compte de leur incidences : les besoins des clients, le positionnement compétitif et les forces institutionnelles.



Cette étape débute lorsque l’institution a pris la décision formelle de mettre en place un nouveau produit. L’IMF mobilisera ses ressources humaines et d’autres ressources pour travailler sur l’effort de développement et établir un programme de travail.



Cette phase consiste à établir les propriétés et les caractéristiques initiales du nouveau concept. Pour concevoir un prototype, l’équipe de développement doit connaître les besoins des clients et le paysage concurrentiel, afin de déterminer quels produits les clients achèteront.
Et pour ce faire l’institution devra :
Choisir un marché cible,
Exploitation des connaissances institutionnelles,
Connaissance des produits concurrents,
Réaction des clients,
Mesure des coûts et du volume permettant d’atteindre le point mort



Cette phase permet de présenter le produit à un groupe représentatif de clients afin de savoir s’ils en ont besoin et s’ils pensent s’en procurer. Les résultats du test pilote vont permettre à l’institution de déterminer s’il existe une demande pour ce nouveau produit, si des modifications doivent être apportées afin de le rendre plus attrayant, et si certaines caractéristiques doivent être ajustées.
Selon Nhu-An Tran (2000), pour déterminer si le test pilote est un succès, l’institution doit identifier des indicateurs de performance et établir des cibles pour ces indicateurs. Les indicateurs de performance classiques sont les suivants :
• Volume — nombre de clients, niveau des ventes, part de marché ;
• rentabilité — taux de rentabilité du produit ;
• Productivité — nombre de clients par agent de crédit ;
• Efficacité des ressources — argent et/ou temps investi.



Le lancement d’un nouveau produit ou service nécessite autant de préparation, de calculs et de contrôle que dans la phase test.
Un lancement hâtif peut nuire la capacité de l’institution à délivrer efficacement le nouveau produit, ce qui peut compromettre à la façon dont le produit est perçu sur le marché et salir la renommé de l’IMF.
A l’inverse, lancer un produit trop lentement accorde le temps aux concurrents de développer et de lancer un produit similaire, leur donnant le champ libre pour s’emparer du marché cible et compromettre vos objectifs.

L’une des conditions importantes pour une institution souhaitant mettre en place le crédit est l’accès à des ressources stables, d’où au travers le tableau suivant reprenant l’extrait du bilan 2010, il sera question de vérifier si les institutions de l’échantillon répondent réellement à ce critère.

Au travers ce tableau, vous comprendrez qu’au niveau d’Advans Bank nous avons un total entre les dettes à plus d’un an au plus et les dettes à plus d’un an. Par rapport à MECREKIN, certes ADVANS BANK a des difficultés aussi de mobiliser des ressources stables mais du moins a un important capital étant issu du groupe auquel elle appartient et de par son statut de banque. Le fait de ne pas pouvoir mobiliser des ressources stables, expose les institutions (surtout MECREKIN) à des risques notamment le risque de liquidité.



Fort de ces résultats, nous pouvons également conclure que nos deux dernières « l’accès aux ressources stables, la diversication du portefeuille et le niveau de professionnalisme » sont confirmées, étant donné que les institutions n’ont pas suffisamment accès aux ressources stables et n’ont pas atteint la phase de professionnalisation compatible pour l’offre de crédit-bail.



Cette partie va s’appesantir sur les pré-requis du développement du crédit-bail à Kinshasa.
Le développement du leasing à Kinshasa requiert :
Mettre en place un environnement légal et statutaire adéquat au crédit-bail :
L’instruction N°1 de la Banque Centrale du Congo autorise les institutions de microfinance à effectuer des opérations de crédit-bail dans son chapitre troisième à l’article 7 ; et l’avant-projet loi de la microfinance du 14 juillet en son article 5 ; cependant n’abordent pas le problème de propriété de l’actif ni le droit fiscal applicable à une telle opération.



L’introduction d’un produit de crédit-bail au sein d’une institution nécessite une formation importante et rigoureuse des ressources humaines de l’institution. Les études empiriques démontrent que la gestion du crédit-bail n’est pas une forme simple passive de crédit mais plutôt une approche commerciale active qui nécessite une expertise pointue. D’où cette formation pourra avoir un impact positif sur le programme de crédit-bail si les institutions d’appui tel que le CCAM y participe.



Vu le risque que peut présenter la mise en place d’un programme de crédit-bail dans l’institution, les imf kinois ont l’obligation de recourir à une sélection rigoureuse des clients et potentiels clients malgré l’attrait du crédit-bail, surtout que la plupart des activités telles que décrites au travers notre enquête sur terrain et les données empiriques, démontrent que la plupart de ces activités évoluent dans le secteur informel.

Les études empiriques démontrent qu’un client étant déjà au 3ième ou 2ième cycle avec un historique de crédit solide comme client éligible. Malgré cela, en dépit que ce produit ne repose pas nécessairement sur des clients ayant un historique de crédit, les imf kinoises ont intérêt à analyser la situation des bénéficiaires de ce produit afin de prendre des risques mesurés.



L’une des conditions importante pour le succès d’un programme de crédit-bail est le partenariat avec les fournisseurs des équipements. Tel que souligné ci-dessus dans ce travail, le fonctionnement du crédit-bail nécessite la présence d’un fournisseur de matériel. Il sied de noter que le rôle du fournisseur ne doit se limiter à la fourniture mais plutôt un partenariat au travers lequel les imf kinoises pourront négocier les services après-vente tels que la garantie du bien, les entretiens et les pièces de rechanges.

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