Bonjour, nous sommes le 29/11/2020 et il est 09 h 56.


Notre étude fonde sa base sur le texte biblique qui parle de la création. Nous allons parler plus de la forêt qui est l’un des éléments de la création. L’homme était placé dans le jardin qui est son environnement, et l’ordre divin donné à l’être humain était celui de « dominer le sol » (Genèse 1,28), de « Cultiver le sol et le garder » (Genèse 2,15). Etant donné que l’être humain vivra dans l’environnement et de l’environnement, selon Lambert Binzangi Kamulondua dans son article intitulé « Connaitre et comprendre l’environnement, une nécessité pour sa gestion rationnelle et pour le développement durable », paru dans la revue ” Respect de la nature et développement. Enjeux éthique du développement durable “, Dieu lui avait crée avec une double dimension : la dimension écologique et la dimension économique. L’homme est naturellement écologiste-économiste. Mais ce dernier s’accroche seulement à sa dimension économique. Il néglige sa dimension écologique ; alors que les deux dimensions devraient faire de lui un bon gestionnaire de l’environnement. Malheureusement, ce n’est pas le cas.


L’homme s’accroche à sa dimension économique parce que souvent il ne vise que la rentabilité économique. A ce niveau, il entre en conflit avec l’environnement dont la forêt fait partie. Ainsi l’homme ne fait pas la volonté du créateur, il est en dehors du plan de Dieu. L’homme était invité de cultiver et de garder l’environnement, mais au contraire, il est entrain de le nier, de le détruire. Il exploite donc la nature d’une manière indisciplinée. L’ampleur de Cette exploitation est telle que la nature se trouve dévaster au point que sa destruction menace l’homme lui-même de disparition à travers par exemple : le changement dans le système climatique et la détérioration du système économique.



Il est important de retenir que le salut que Jésus a apporté n’est pas seulement pour les êtres humains. Par contre, il est pour le monde. Quand nous parlons du monde c’est-à-dire toute la création : Etre humain, plante, animal, insecte…et leur milieu de vie. A cet effet, René Coste et Jean-Pierre Ribaut dans leur ouvrage d’ensemble intitulé « Sauvegarde et gérance de la création », lancent un appel pour relire et approfondir d’une manière incessante le signe de la création :



A cet effet, Paulin Poucouta dans son article intitulé « La théologie africaine au défi de l’Ecologie », dans la Revue ” Ecologie et Théologie Africaine “ informe que la dégradation écologique est un signe de la dégradation de la vie dans tous les aspects. Elle est un puissant signal appelant à se tourner vers le Seigneur de la vie et à s’arracher aux multiformes puissances de la mort pour semer et pour rendre grandement la vie. Chutons avec ce que dit Jean Marc Ela dans son ouvrage intitulé « Repenser la théologie africaine. Le Dieu qui libère » :



C’est ainsi que nous avons pensé parler de la déforestation dans le secteur du lac Ntomba, un secteur qui fait partie de la grande forêt du bassin du Congo en République Démocratique du Congo. Suite à la démolition de la forêt dont l’homme est le facteur principal, certaines ressources naturelles se raréfient dans ce secteur et il y a aussi un changement dans le système climatique.

Pour pallier à cette situation, les questions se posent :
- Quelles sont les causes et les conséquences de la déforestation ?
- Quelle est l’importance de la forêt dans l’environnement ?
- Quelle est donc la responsabilité de l’être humain face à l’environnement ?
- Est-ce que l’Eglise pouvait-elle rester indifférente face à la dégradation de l’environnement, dans le cas précis, face à la déforestation et ses effets ?
- Pour une gestion durable de la forêt, dans le but de retarder le changement dans le système climatique et la détérioration de la biodiversité ; l’Eglise devrait jouer quel rôle ?



C’est sur base de ces questions que nous allons mener notre recherche pour tenter de trouver certaines pistes de solutions dans le cadre théologique et pastoral. C’est ce que nous allons intituler : « La mission écologique de l’Eglise ».



D’une manière spatiale, les recherches de ce travail sont limitées dans le secteur du Lac Ntomba tel que le sujet l’indique. Le secteur du Lac Ntomba est l’un des trois secteurs administratifs du Territoire de Bikoro, District et Province de l’Equateur. Il est borné au Nord par le secteur des Elanga ; au Nord-Est par le secteur des Ekonga ; au Sud-est par la Province de Bandundu ; au Sud par le Territoire de Lukolela et à l’Ouest par le Territoire de Bolomba.



Dans le cadre temporel, notre étude part de l’année 1982, l’année à laquelle a accédé la Société Industrielle du Zaïre (SIZA) pour exploiter la forêt du groupement de Bonginda sans même dialoguer avec les représentants de la population. Cette étude va jusqu’à l’année 2012.





Dans la missiologie moderne, selon Robert N’kwim Bibi Bikan dans son cours de Théologie de la mission dans la perspective œcuménique, le concept « mission » au singulier, c’est le devoir de proclamer l’Evangile à tous les hommes, selon l’ordre du Christ à ses disciples au moment de son ascension (Matthieu 28,19-20). Tandis que « Mission », au pluriel, entend les organismes qui permettent à l’Eglise d’envoyer les messagers de la bonne nouvelle. Ce qui nous intéresse ici, c’est le terme « mission » au singulier. Le concept « mission » est formé en latin sur la racine mitto, « j’envoie ». Il est synonyme du mot apostolat dérivant du grec apostellô signifiant « j’envoie ».



Sanguma Temongonde Mossai, missiologue congolais dans son cours de missiologie, informe que le mot « mission » vient du latin missio signifiant « envoi ». Le missiologue Allemand Karl Hartenstein attache le terme missio au nom Dei pour dire « Missio Dei » signifiant « Dieu qui envoie ». Il l’avait utilisé pour la première fois en 1934. Lors de la discussion sur le problème de la trinité, le concept missio était aussi utilisé par Augustin pour dire « envoyé de Dieu ». Ici il pense au Père qui a envoyé son Fils.



Notons que jusqu’au XVème siècle le terme « mission » était exclusivement employé pour parler de l’envoie du Fils par le Père, et du Saint-Esprit par le Père et le Fils. Après le XVème siècle, Ignace de Loyola et les Jésuites étaient les premiers à utiliser ce mot pour l’appliquer à l’envoie par l’Eglise des messagers vers les « hérétiques » protestants et auprès des païens.



N’kwim Bibi Bikan dit que pour la première fois la racine mitto était appliquée pour désigner un mandat apostolique dans un territoire bien défini. C’était Ignace de Loyola qui, l’avait utilisé quand il demandait le Pape Paul III d’envoyer en mission auprès des Turcs ou chez quelque autre peuple les prêtres qui étaient à sa disposition. Pour établir une différence entre mission et évangélisation, Jürgen Moltmann, dans son ouvrage intitulé « l’Eglise dans la force de l’Esprit, une contribution à l’ecclésiologie moderne » dit ce qui suit :



Retenons comme le dit Sanguma Temongonde Mossai que dans le concept « mission », il existe deux positions : position traditionnelle et position œcuménique. Pour la position traditionnelle, la mission désigne la proclamation de l’Evangile, tandis que pour la position œcuménique, la mission, c’est l’établissement de la paix dans le sens de l’harmonie sociale « dans l’émancipation des races, de couleurs, le souci de l’humanisation dans les relations industrielles, différentes tentatives de développement rural, la recherche d’une éthique dans les affaires et la profession, le souci d’honnêteté intellectuelle ». C’est l’Eglise pour les autres; c’est-à-dire l’Eglise qui se base sur tous les aspects de la vie humaine.


I.2.2.1 La forêt du secteur du lac Ntomba

Dajoz informe que les forêts équatoriales, forêts connues aussi sous le nom de forêts denses, qui sont dans les régions chaudes, bien arrosées des pluies toute l’année. Selon les scientifiques, elles sont représentées dans trois régions sur la planète terre. Nous citons l’Amazonie, l’Afrique occidentale et centrale avec deux blocs indépendants, l’un correspondant au Liberia et à la Côte d’Ivoire, l’autre au Cameroun, au Gabon et au bassin du Congo. Etant donné que le secteur du lac Ntomba est dans le bassin du Congo, son aspect écologique ne peut être que celui de la forêt équatoriale.

La forêt équatoriale est formée de très nombreuses espèces d’arbres représentées par des individus très dispersés. Les arbres de grandes tailles, ont fréquemment un tronc renforcé à la base par des contreforts ou des racines aériennes échasses. Les feuilles ont souvent un limbe à contour régulier prolongé par une pointe que l’on interprète comme favorisant l’écoulement de l’eau de pluie. La stratification de la forêt équatoriale est complexe. Il existe souvent une strate supérieure d’arbres géants qui dépassent 50 mètres de hauteur, puis une strate moyenne presque contenue à 30-40 mètres et une strate d’arbre plus petits entre 15 et 25 mètres. La strate herbacée du sous-bois est clairsemée et formée d’espèces comme : les Fougères et les Sélaginelles. Les lianes sont nombreuses et peuvent atteindre 200 mètres de long et jusqu’à 20 cm de diamètre.



La faune est abondante et variée, il ya l’abondance des ressources alimentaires et de la grande diversité des habitats qui permettent la formation de nombreuses niches écologiques. La vie de la forêt équatoriale est caractérisée par la complexité des relations entre espèces. Ce sont là les écosystèmes que Dieu a organisé dans le milieu physique entre les différents êtres vivants. Ce qui revient à dire qu’aucune espèce ne peut vivre d’une manière isolée. Prenons par exemple le cas des chaînes alimentaires, comme la Bible le déclare : Dieu dit : « Voici, je vous donne toute herbe qui porte sa semence sur toute la surface de la terre et tout arbre dont le fruit porte sa semence ; ce sera votre nourriture. A toute bête de la terre, à tout oiseau du ciel, à tout ce qui remue sur la terre et qui a souffle de vie, je donne pour nourriture toute herbe mûrissante » Il en fut ainsi (Genèse 1,29-30. Cfr TOB, page 23).





Les modifications de l’écosystème forestier équatorial par l’homme sont importantes depuis un certain nombre d’année, dit Dajoz L’exploitation de la forêt conduit par exemple à la perturbation du cycle qui existait. Si par exemple, un arbre fruitier est coupé, vous constaterez qu’une espèce animale qui se nourrissait des fruits de cet arbre se sentira menacé et cette espèce va disparaître dans cette zone. Tel que nous l’avons déjà dit, le secteur du Lac Ntomba faisant partie du bassin du Congo, son aspect écologique est celui de la forêt équatoriale.


I.2.3 Eglise

Le mot Eglise vient du Grec « ekklesia » signifiant « assemblée convoquée », appelé hors de. Le sens chrétien d’ekklesia comprend :
 La vocation : appel
 La séparation : hors de
 Le rassemblement : assemblée



Le mot ekklesia désigne correctement une assemblée d’hommes et des femmes qui ont été convoqués par Dieu de la nouvelle alliance. L’Eglise est composée d’hommes de toute race et de toute langue, qui répondent par la foi en Jésus-Christ à la prédication de l’évangile. Peuple que Dieu rassemble en Christ, l’Eglise participe à l’unité de son Seigneur. Il ya un seul Dieu, une seule Eglise.



Dans son Mémoire de licence intitulé le Management outil pour un développement intégral dans une société (Eglise) en mutation, Lumbala Kamana dit que l’Eglise vise un certain nombre d’objectifs. A cet effet, nous distinguons cinq secteurs où ces objectifs doivent être fixés : L’Eglise a d’abord besoin d’une organisation humaine conçue à des fins communes et susceptibles de subsister dans le temps ; l’Eglise évolue dans un contexte social et économique ; Il faut que le but et le rôle spécifique de l’Eglise soient déterminés. Ce but, c’est la fourniture d’un bien ou d’un service en vue de satisfaire le besoin de la société ; par rapport à son environnement en continuelle mutation, l’Eglise doit sans cesse innover, apporter du nouveau (organisation, méthodologie, gestion, mains d’œuvre).


I.3.1 Situation géographique

Quand nous parlons des Ntomba en République Démocratique du Congo, nous devons toujours faire la différence, car il existe des Ntomba dans la province de l’Equateur et dans la province de Bandundu. Ce qui nous importe c’est de situer les Ntomba de la province de l’Equateur et plus précisément ceux du territoire de Bikoro dans le secteur du Lac Ntomba se situant entre plus ou moins 0° et 1° 30’ de latitude Sud et entre 17° 30’ et 18° 30’ de longitude. Il couvre le centre de la cuvette centrale et le Sud-ouest du District de l’Equateur.


I.3.2 Les confessions chrétiennes dans le secteur du Lac Ntomba

Dans cette partie, nous allons parler de l’arrivée du christianisme dans ce secteur. Il est question ici de relater comment, quand et pourquoi est-ce que les missionnaires protestants et catholiques ont pénétrés le secteur du Lac Ntomba. Retenons d’abord que les protestants étaient arrivés en 1896 et les catholiques étaient arrivés bien après 1926.

L’American Baptiste Foreign Missionnary Society (A.B.F.M.S), l’une des sociétés missionnaires, a hérité la station de Bolenge lui transférée par la société missionnaire Livingston Inland Mission (L.I.M). Joseph Clark ne s’est pas contenté seulement de la station de Bolenge. Dans son désir d’étendre l’œuvre missionnaire pour l’annonce de la bonne nouvelle de Jésus-Christ, en 1896, il part de Bolenge et longea la rivière Nkake pour aller sur le Lac Ntomba. Il accosta à Ikoko-i-Bonginda et commença à prêcher l’évangile. Il installa un poste et bien après, il traversa le Lac pour Bomega (Bikoro) où il poursuivit l’œuvre. Quelque temps après, les autorités coloniales belges et les missionnaires catholiques arrivent à Bomenga (Bikoro). L’Etat colonial fut partir Joseph Clark de Bomenga (Bikoro), et l’orienta vers Mabali (Ntondo) afin que les missionnaires catholiques occupent le terrain de Bomenga (Bikoro).

Tel que nous l’avons dit, l’A.B.F.M.S ne se contenta pas seulement de la station de Bolenge, semence de la Livingston Irland Mission (L.I.M) à l’Equateur ; dans ses efforts d’aller plus loin elle créa la station de Ntondo en 1896. C’est à partir de ce poste que le christianisme occupa plusieurs villages dans le secteur du Lac Ntomba.



Du coté catholique Bakun et Szczepanik informe que Le 05 Octobre 1924, Félix Dekempeneer, un prêtre lazariste recevra la lettre de Monsieur Vader qui le plaça au Congo pour une mission avec les filles de la charité de la province de Belgique, une mission au Congo précisément à Bikoro sur les rives du Lac Ntomba, un terrain qui était considéré comme difficile pour la colonisation. Les tâches de la mission étaient : l’évangélisation de Bikoro et plus la direction des filles de la charité. Félix Dekempeneer quitta Anvers, le 13 Juillet 1925 ; il arriva à Boma, le 02 Août 1925 et Kinshasa le 08 Août. Il continua son voyage puisque son objectif était d’atteindre Bikoro et le 12 Août, il arriva à Mbandaka. Après avoir passé un séjour à Mbandaka, avec un autre prêtre lazariste du nom de Léon et Monsieur Emile, ils constituèrent une équipe de mission. Ils quittèrent tous Mbandaka pour aller à Bikoro par la voie du fleuve Congo en passant par Irebu. A la date du 10 Septembre 1926, les missionnaires catholiques de la Congrégation des Pères Lazariste pénétrèrent le secteur du Lac Ntomba pour apporter aussi l’Evangile de Jésus-Christ chez les hommes et les femmes de ce secteur.



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