Bonjour, nous sommes le 17/10/2017 et il est 09 h 43.

Situation géographique

La loi de programmation déterminant les modalités d’installation de 26 nouvelles provinces en RDC a été promulguée par le chef de l’Etat Joseph Kabila. Cette loi prévoit le démembrement de six provinces c’est-à-dire la subdivision en plusieurs provincettes et le non-démembrement de cinq autres. la Province Orientale accouchera de quatre provinces, à savoir : la Tshopo, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et l’Ituri. La Province Orientale est la plus vaste province du pays de part sa superficie (503.239 Km2). Elle est dotée d'énormes ressources naturelles et humaines mais se retrouve aujourd’hui parmi les provinces les plus pauvres du pays selon certains indicateurs de développement. Les conflits armés à répétition et les conflits interethniques en Ituri sont les plus importants déterminants de la pauvreté dans cette partie du territoire national. L’image récente de la Province est donc peinte dans la Monographie élaborée d’octobre 2004 à mars 2005.

La République Démocratique du Congo est comptée parmi les pays pauvres très endettés du monde malgré ses immenses potentialités naturelles, économiques, du sol-sol et humaines. La population congolaise vit dans une pauvreté extrême aggravée par des événements multiples dont la mal gouvernance, les guerres, les crises politiques consécutives à la longue et difficile transition politique. Près de 80 % de sa population survivent à la limite de la dignité humaine.

Les ménages congolais, particulièrement ceux vivant dans les régions affectées par les conflits, ont payé un lourd tribut. Ils ont vu leurs actifs essentiels de la vie considérablement détruits. L’accès aux services et aux infrastructures socio-économiques de base a été considérablement réduit. Les mouvements migratoires intenses des régions Est vers les Zones non en conflits, surtout vers les milieux urbains, ont exacerbé la vulnérabilité de populations.

La Province Orientale, la plus vaste et la plus peuplée, est la plus exposée à toutes les formes des crises politiques depuis les premières heures de l’indépendance. Après la rébellion muleliste de 1964, elle fut le théâtre de toutes les factions rebelles de 1998 à 2003. Les conséquences de ces turpitudes sont incalculables sur la vie de la population devenue plus pauvre qu’avant. Les conflits interethniques dans le District de l’Ituri ont davantage plongé la population de cette partie du territoire nationale dans la grave misère.

La Province Orientale est située au Nord- Est du pays et s’étend du 1er parallèle Sud au 5ème parallèle Nord et du 23ème au 31ème méridien à l’Est du Greenwich. Elle est limitée par la République CentrAfricaine et le Soudan au Nord, les Provinces du Nord- Kivu, du Maniema et du Kasaï Oriental au Sud, l’Ouganda à l’Est et la Province de l’Equateur à l’Ouest. Sa superficie est de 503.239 Km2, soit le 1/5 de la superficie totale du pays.

La Province orientale est caractérisée par un relief peu varié : une plaine qui s’étend au Sud- Ouest, les plateaux dont les altitudes varient entre 500 et 1500 m et la chaîne de Monts Bleus dont le sommet culmine dans le massif d’Aboro entre les Territoires de Djugu et de Mahagi. Le climat équatorial continental sans saison sèche déterminée et le climat tropical avec une saison sèche marquée prédominent la Province. La moyenne régionale des températures annuelles se situe autour de 23,9° C avec un maximum de 30° C et un minimum de plus ou moins 19°C. Les précipitations abondantes atteignent 2.000 mm/ an au Sud- Ouest (Territoire de Yahuma) et 1.100 mm / an au lac Albert.

Les principaux groupes de sols rencontrés dans la Province Orientale appartiennent au groupe des sols tropicaux ferralitiques riches en fer et en alumine. La Province est subdivisée en trois zones phyto- géographique : la forêt équatoriale dense et humide (350.000 Km de superficie) dans le District de la Tshopo et une partie des autres Districts, la savane au Nord des Uélé et à l’Est de l’Ituri ; et la végétation hétérogène d’altitude.

La Province Orientale est presque entièrement située dans le bassin du fleuve Congo, à part certaines parties des Territoires de Aru, Mahagi, Djugu et Irumu qui, à l’Est, font partie du bassin du Nil.

Contexte administratif

La Province Orientale est la plus vaste de toutes les Provinces du pays. Elle est administrativement subdivisée en 5 Districts : Bas- Uélé, Haut-Uélé, Ituri, Tshopo et la Ville de Kisangani. Les Districts sont subdivisés à leur tour en 24 Territoires et 6 Communes. Ces territoires sont Bafwasende, Banalia, Basoko, Opala, Isangi, Ubundu, Yahuma, Buta, Bondo, Bambesa, Aketi, Ango, Poko, Dungu, Rungu, Niangara, Watsa, Wamba, Faradje, Irumu, Djugu, Aru, Mahagi, Mambasa. Les Communes de la Ville de Kisangani sont Makiso, Tshopo, Kisangani, Kabondo, Lubunga et Mangobo. Ces six Communes sont sudbivisées en 72 Quartiers administratifs. Les territoires, quant à eux, comprennent 198 Secteurs et Chefferies ainsi que 7 Cités.

Sur le plan judiciaire, la Province Orientale dispose d’une Cour d’Appel à Kisangani, de quatre Tribunaux de Grande Instance et de deux Tribunaux de Paix, tous à Kisangani.

Contexte politique et institutionnel

La Province Orientale est parmi les Provinces les plus durement frappées par les conflits armés qui ont endeuillé la population congolaise entre 1998 et 2003, année officielle de la réunification politique. Toutes les ambitions politiques trouvaient des champs de prédilection dans la Province. La province a été morcelée entre plusieurs mouvements politico- administratifs avec l’appui des pays voisins.

Le Ditrict de l’Ituri aura été le plus dangereux et le plus invivable de toute la RDC durant ces dernières années. Mis à part les conflits armés qui ont opposé les différentes fractions armées dans cette partie du pays, les conflits interethniques Hema – Lendu auront été les plus meurtriers et les plus dévastateurs. Ils ont été instrumentalisés pendant cette période d’agression et de rebellions et ont occasionné beaucoup de pertes en vies humaines, de déplacés de conflits, de destructions des infrastructures socio-économiques. Des villages tout entiers ont disparu. Plusieurs centaines de kilomètres de route n’existent plus. De milliers de gros bétails ont été emportés ou méchamment exterminés.

Au cours de ces conflits, des milliers d’enfants et adultes ont été enrôlés volontairement ou de force par les milices tribales. Les armes légères circulent abondamment dans les villages et continuent à être utilisées pour semer de la terreur. Les efforts du Programme National de Démobilisation, Désarmement et Réinsertion (PNDR) évoluent positivement dans cette partie du pays. Au moins 10.000 ex combattants ont été désarmés sur environs 15.000 présumés en Ituri.

Le Plateau des Bateke qui est à deux heures de route du centre ce la Ville vers l’Est, est couvert (i) d’arénoferalsols, à profil de type AC, structure de sols que l’on trouve aussi sur les collines et (ii) de podzols, comme dans les zones planes et dans les mares asséchées. En d’autres termes, la surface de ce Plateau est constituée de roches silicifiées ou grès polymorphe. Vers les collines du Sud-Ouest, il y a, par endroits, mélange d’arénoferalsols avec d’autres sols à tendance kaolinitique ou ferralitique. Globalement, ils sont des sols minéraux récents, développés sur du sable kalaharien. Ils sont caractérisés par une teneur en argile de moins de 20% sur au moins 100 cm de profondeur, une faible réserve de minéraux altérables et une faible capacité de rétention d’eau.».

De manière générale, la Province Orientale est le théâtre de toutes sortes de guerres depuis 1959. Les frontières avec les pays voisins dont la République Centrafricaine, le Soudan et l’Ouganda sont très perméables.

ORGANISATION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE

La subdivision administrative de la Ville-province de Kinshasa répond aux prescrits du Décret-Loi n° 081 du 22 juillet 1998 portant organisation territoriale et administrative de la République Démocratique du Congo qui, en ses articles 3 et 5, donne la qualité de Ville-Province à Kinshasa et le statut de Capitale du pays par son article 4. Ce Décrte-Loi confère aux communes de la Ville de Kinshasa le statut d’entités décentralisées (EAD), avec personnalité juridique. Elles sont administrées par des Bourgmestres et des Bourgmestres Adjoints. Conformément aux dispositifs des art.7.2 et 7.1, de ce Décret-Loi, la Ville de Kinshasa est subdivisée : - en communes (24) ; - en quartiers (au moins 400) ;

Contexte Social et Culturel

Située au cœur de l’Afrique Centrale, la Province Orientale a bénéficié de la mise en place du peuplement opéré lors de grandes migrations de l’histoire de ce continent. On y trouve cinq grands groupes ethniques ayant chacun ses traditions et cultures spécifiques. Il s’agit de Pygmées, Bantous, Soudanais, Nilotiques et Nilotiopides. Elle connaît donc un amalgame et un métissage de cultures.

Le peuple est croyant. Les confessions religieuses implantées dans toute la Province sont la Confession Catholique et les Communautés protestantes. Cependant, certains peuples restent des animistes et très attachés à leurs traditions, constituant parfois des freins au développement.

Plusieurs sources statistiques fournissent des données différentes sur la démographie de la Province. La Division Provinciale de la Santé donne le chiffre de 8.292.458 habitants en 2003. D’après les projections du recensement de 1984 et le recensement administratif pour le District de l’Ituri en 1998, la Province est peuplée de 8.828.496 habitants dont près de la moitié en Ituri.

La persistance de certaines maladies comme la fièvre hémorragique de Marburg qui sévit à Durba, l’onchocercose, la trypanosomiase, le goitre, la drogue très consommée par les jeunes aussi bien que de l’alcool pris abusivement par toutes les couches de la population sont autant de maux qui rongent la Province Orientale.

Contexte économique et financier

La Province Orientale dispose des potentialités naturelles et du sous- sol énormes : or, diamant, fer, pétrole, forêt, cours d’eau, etc. capables de propulser la croissance économique et le développement durable de la population. Malheureusement, toutes ces richesses ont été spoliées pendant les conflits armés et ne profitent pas suffisamment à la population.

En Province Orientale, le réseau bancaire renferme la Banque Centrale du Congo, la Banque Commerciale Congolaise, l’Union des banques Congolaise, la Nouvelle Banque de Kinshasa en liquidation et la Banque Congolaise du Commerce Extérieur en liquidation. Les coopératives d’épargne et de crédit ne sont pas suffisamment implantées en Province, faiblement couverte en institution bancaire et non bancaire.

La circulation de la monnaie nationale sur l’étendue de la province est très faible. Les localités frontalières utilisent plus les monnaies des pays voisins que les Francs Congolais. C’est le cas des Territoires de Aru et Mahagi où la population utilise le « shelling » ougandais dans les différentes transactions.

PROCESSUS DE L’ ELABORATION DU DSRP

La volonté politique du Gouvernement a été clairement exprimée le 17 octobre 2001 dans la déclaration faite par le Ministre du Plan lors de la semaine internationale pour la lutte contre la pauvreté. Le Gouvernement s’est engagé à « …transformer sa honte et le défi qu’elle renferme en opportunité pour éradiquer une bonne fois pour toutes, le virus et la pandémie de la pauvreté dans notre pays…de faire de la lutte contre la pauvreté l’affaire de tout le monde, l’affaire de toutes les congolaises et de tous les congolais…)

Le Gouvernement a réaffirmé sa volonté et son engagement de lutter contre la pauvreté, lors de l’ouverture officielle de l’atelier de lancement du processus de l’élaboration du DSRP Final, au Grand Hôtel de Kinshasa le 08 décembre 2003.

Le processus DSRP est essentiellement participatif et a l’ambition d’impliquer toutes les congolaises et tous les congolais jusqu’au niveau le plus bas possible, c’est-à-dire les villages, les quartiers. Dans cet effort de faire participer tous les acteurs de développement, l’UPPE a mis en place les Comités Provinciaux de Stratégie de Réduction e la Pauvreté.

En Province Orientale, le Comité a été officiellement installé par le Gouverneur de Province en janvier 2004 mais devenu opérationnel en juin 2004 après la formation technique des membres. L’équipe multidisciplinaire fonctionne avec quinze membres représentant le Cabinet du Gouverneur de Province, certaines divisions provinciales de l’Administration Publique, la Banque Centrale du Congo, l’Institut National de la Statistique, les Eglises, les Associations des femmes, les Organisations Non Gouvernementales de Développement et le monde scientifique Le Comité Provincial est une structure technique de conception de la stratégie provinciale pour la réduction de la pauvreté et élabore le DSRP provinciaL. Il assure le suivi de la mise en œuvre du DSRP au niveau de Province.

Relief

La Province orientale est caractérisée par un relief peu varié sauf dans sa partie orientale. On remarque trois zones de relief qui se succèdent de l‛Ouest à l‛Est Une plaine qui s‛étend au Sud-Ouest dont l‛altitude est comprise entre 200 et 500 m et qui se situe dans la cuvette centrale, District de la Tshopo.

Les plateaux des Uélé dans les District du Bas et du Haut-Uélé avec l‛altitude variant entre 500 et 800 m. Les plateaux de Kibali- Ituri dans les territoires de Faradje, Watsa et Mambasa, et dont les altitudes dépassent varient entre 1000 et 1500 m.

Les plateaux très accidentés (altitude allant de 1400 à 2450 m), entrecoupés des vallées profondes à l‛Est de la Province et dominés par la chaîne de Monts Bleus dont le sommet culmine dans le massif d‛Aboro, entre les territoires d‛Itumu et de Mahagi. Ils s‛abaissent à l‛Est par un escarpement sur le Graben du lac Albert et de la rivière Semliki (618 à 700 m d‛altitude).

Climat

L‛on rencontre trois types de climat dans la Province Orientale :
Climat équatorial continental : sans saison sèche déterminée, cette zone équatoriale englobe la quasi-totalité du Dstrict de la Tshopo et s‛étend jusqu‛au Sud des Uélé.
Climat de transition entre le climat équatorial entre le climat équatorial et le climat à saison sèche marquée : Buta, Bambesa, Poko, Aketi, Rungu, Wamba, Watsa, Mambasa et une partie de Irumu et de Djugu.
Climat Tropical : ce climat est localisé dans la partie Nord des uélés et s‛étend jusqu‛à l‛extrémité Nord de la Province Orientale : Territoires de Bondo, Ango, Dungu, Niangara, Faradje, Aru, Mahagi et une partie de Djugu et Irumu. Cet climat est caractérisé par une saison sèche marquée.

Des précipitations abondantes sont enregistrées dans le Sud- Ouest de la Province où elles atteignent une hauteur maximale de 2000 mm/ an à Yahuma. Cette hauteur décroît vers l‛Est et atteint sa plus faible valeur au Lac Albert 1100 mm/an.

Principaux groupes de sols
Les principaux groupes de sols rencontrés dans la Province Orientale appartiennent au groupe des sols tropicaux ferralitiques riches en fer et en alumine. Ces sols sont décrits comme suit :
District du Bas-Uélé
Ce district comprend principalement des ferralsols, reconnus comme sols pauvres. Ces sols, riches en argile mais faibles en réserve minérale, présente une pédogenèse quasi arrêtée et peuvent avoir une certaine fertilité sous la forêt dense.
On distingue des ferralsols sur roches non différenciées. La partie Sud-Ouest du Territoire d‛Aketi est couverte par des ferralsols des plateaux de type yangambi. Des ferralsols ne sont rencontrées que dans le Territoire de Poko et sont réputées bons ou moyens sols au point de vue de fertilité.

District du Haut-Uélé
Le Haut-Uélé renferme principalement des ferralsols et des ferrisols sur roches non différenciés. Les premiers occupent la quasi totalité du District. Ces deux types de sols se retrouvent dans les Territoires de Dungu, Faradje, Niangara et Watsa ; tandis que les ferrisols dominent dans les territoires de Rungu et de Wamba, notamment dans la vallée de Nepoko.

Le Haut-Uélé renferme principalement des ferralsols et des ferrisols sur roches non différenciés. Les premiers occupent la quasi totalité du District. Ces deux types de sols se retrouvent dans les Territoires de Dungu, Faradje, Niangara et Watsa ; tandis que les ferrisols dominent dans les territoires de Rungu et de Wamba, notamment dans la vallée de Nepoko.

D‛une façon générale, ce sont ces deux derniers Territoires qui détiennent les meilleurs sols (les hygroferrisols sur roches schisteuses, et les hygroferrisols sur roches basiques dont la qualité est dite respectivement bonne et très bonne).

District de l‛Ituri
L‛Ituri comprend une gamme variée de types de sols offrant des possibilités de pratiquer plusieurs sortes de cultures. On y trouve des ferralsols et des ferrisols provenant des assises non différenciées (comme des granites, schistes et les basaltes), des Kaolisols à horizons sombres, des terres noires tropicales sur alluvions et aussi des sols bruns tropicaux sur alluvions. D‛une façon plus générale, L‛Ituri semble être, en matière des sols, le District le mieux doté de la Province orientale.

District de la Tshopo
Les grands groupes dominants des sols dans la Tshopo sont des ferralsols et les ferrisols sur roches non différenciées, les ferralsols des plateaux de types de Yangambi, les arreno-ferralsols sur sable de type Salonga et les sols tropicaux récents. Ces derniers ainsi que les ferralsols sont réputés sols à aptitude agricole moyenne.

Végétations

La Province est subdivisée en trois zones phyto- géographique : la forêt, la savane et la végétation hétérogène d‛altitude. Forêt : les forêts de la Province Orientale sont du type équatorial dense et humide. Ces forêts couvrent le Sud- Ouest (Tshopo) et la partie Sud des Uélé ainsi que l‛Ouest de l‛Ituri sur une superficie d‛environ 350.000 Km2.

Des forêts marécageuses où périodiquement inondées, occupent des superficies importantes dans les Territoires d‛Ubundu, Opala, Isangi, Yahuma et Basoko. Ce sont des forêts ombrophiles, sempervirentes, caractéristiques du climat Af. Sur les plateaux domine la forêt hétérogène semi-caducifoliée à Scorodophleus Zenkeri. En bordure de la cuvette, s‛étendent des vastes peuplements homogènes ou sub- homogènes à Cynometra Alexandril dans sa partie orientale et à Gilbertiondendron Dewevrei dans sa partie centrale.

Savane : Située au Nord de la forêt équatoriale, elle couvre grosso modo le Nord des Uélé et l‛Est de l‛Ituri (ce sont surtout les régions à climat Aw). On y trouve aussi des galeries ou des lambeaux forestiers très secondarisés au fur et à mesure qu‛on avance vers le Nord. Végétation hétérogène d‛altitude : caractérisée par des parties ombrophiles de montagnes de forêts de bambous et de formations herbeuses ou des savanes zambéziennes. La zone de haute altitude est couverte de savanes nues ou facilement arbusives. Dans la plaine u lac Albert et de Semliki, ce sont des savanes arborescentes.

D‛une façon générale, le District de la Tshopo et l‛Ouest de l‛Ituri sont des régions forstières. Le Sud des uélé constitue une zone de transition entre la forêt et la savane. Le Nord des Uélé et l‛Est de l‛Ituri sont recouverts par la savane de faciès variables en fonction de l‛altitude (Dungu, Faradje, Niangara, Mahagi et Djugu).

Hydrographie

La Province orientale est presque entièrement située dans le bassin du Fleuve Congo, à part certaines parties des territoires de Aru, Mahagi, Djugu et Irumu qui, à l‛Est fait partie du bassin du Nil.

a) Bassin du Nil
Lac Albert : situé dans la vallée du RIFT à une altitude moyenne de 618 m, le lac Albert s‛étend sur 5270 Km2 de superficie entre le Congo (2429 Km2) et l‛Ouganda (2850). Sa longueur est d‛environ 160 Km et sa largeur maximale de 35 Km. La profondeur maximum de 58 m et une moyenne de 25 m, le volume des eaux du lac au Congo est de 60 Km3. La température moyenne des eaux du lac Albert est de 27° C.

Rivière Semliki : prend sa source dans le lac Edouard et alimente le lac Albert. Elle coule dans une vallée de 30 à 40 Km de largeur.

b) Bassin du Fleuve Congo
Le fleuve Congo : traverse la Province Orientale (notamment la Tshopo) en diagonale du Sud- Est au Nord-Ouest pour atteindre la Province de l‛Equateur. Les grandes rivières : Thopo, Lindi, Aruwimi, Itimbiri, Lomami, Uélé, Ituri, Mbomu, Bomokandi, Bima, Nepoko, Dungu, Bili, Rubi

SITUATION ADMINISTRATIVE ET POLITIQUE

La Province Orientale est la plus vaste de toutes les Provinces du pays. Elle est administrativement subdivisée en 5 Districts : Bas- Uélé, Haut-Uélé, Ituri, Tshopo et la Ville de Kisangani. Les Districts sont subdivisés à leur tour en 24 Territoires et 6 Communes. Les territoires comprennent 198 Secteurs ou Collectivités et 7 cités.

District/ Territoire/ Commune
Ville de Kisangani
Kisangani
Makiso
Kabondo
Mangobo
Lubunga
Tshopo

Bas- Uélé
Buta
Bondo
Ango
Aketi
Bambesa
Poko

District du Haut- Uélé
Rungu
Niangara
Dungu
Faradje
Wamba
Watsa

District de la Tshopo
Basoko
Banalia
Bafwasende
Opala
Isangi
Ubundu
Yahuma

District de l‛Ituri
Aru
Djugu
Irumu
Mahagi
Mambasa

Organisation administrative

Le Gouverneur de Province est secondé par deux Vice- Gouverneurs chargés, le premier de l‛Administration, le second de l‛économie, finances et développement. L‛administration est dirigée par un Directeur de Province qui supervise le fonctionnement de toutes les 35 Divisions Provinciales de l‛administration publique

La Cour d‛Appel et le Parquet Général de la République fonctionnent à Kisangani pour les huit millions d‛habitants éparpillés sur 503.239 Km2 de la Province. Les Tribunaux de Grande Instance et les Parquets de la Républiques sont implantés à Kisangani pour la Ville de Kisangani, Bunia pour le District de l‛Ituri, Isiro pour le District du Haut- Uélé et Buta pour le Bas- Uélé. Le Tribunal de Grande Instance de Yangambi destiné au District de la Tshopo n‛est pas opérationnel et la population de cette Entité recourt à celui de Kisangani.

Les Tribaux de Paix ne sont organisés que dans la Ville de Kisangani, l‛un dans la Commune de Kabondo et l‛autre dans celle de Makiso. Suivant l‛ordonnance n°89/132 portant création des Tribunaux de Paix dans les Zones Rurales de la République (J.O.Z n° 12 du 15 juin 1989, p. 32), il est prévu un Tribunal de Paix dans chacun des 24 Territoires ruraux de la Province Orientale. Cependant, il se pose le problème du personnel et du bâtiment ainsi que la mise en applicationn de ladite Ordonnance.

La Juridiction militaire est bien structurée à Kisangani en Auditorat militaire, Tribunaux militaires de Police, Tribunaux militaires de Garnison et la Cour d‛Ordre Militaire.

Statistiques démographiques

Plusieurs sources statistiques fournissent des données différentes sur la démographie de la Province. La Division Provinciale de la Santé donne le chiffre de 8.292.458 habitants en 2003. D‛après les projections du recensement de 1984 et le recensement administratif pour le District de l‛Ituri en 1998, la Province est peuplée de 8.828.496 habitants dont près de la moitié en Ituri.

Selon les projections faites par la Direction Provinciale de l‛Institut National de la Statistique (I.N.S), sur base des résultats du recensement scientifique de la population congolaise en 1984, la Province Orientale compte 7.586.659 habitants dont 3.706.347 hommes et 3.880.312 femmes soit un surnombre de 173.965 femmes .

Sur le plan de District, l‛Ituri compte 38,3% de l‛ensemble de la population avec 2.904.813 habitants, suivi successivement de Haut-Uélé et de la Tshopo dans les proportions de 19,8% et 18,1%. Le taux d‛accroissement appliqué est de 5,5% pour la ville de Kisangani (de 1984 à 2000), puis ramené à 5,0% à la suite des évènements ayant endeuillé la ville de Kisangani et l‛insécurité ayant entraîné une forte émigration.

Quant à l‛intérieur de la Province, le taux appliqué est celui obtenu du recensement scientifique pour cette région soit 2,4% ; et ce, pendant toute la durée de la projection. La densité démographique de la Province est de 15 habitants /Km 2, alors qu‛elle est de 498 pour la ville de Kisangani, respectivement 137 et 114 pour les Territoires de Mahagi et Aru dans le District de l‛Ituri.

Principaux groupes ethniques

Situé en Afrique Centrale, la Province Orientale a bénéficié de la mise en place du peuplement opéré lors de grandes migrations de l‛histoire de ce continent. On y trouve cinq grands groupes ethniques ayant chacun ses traditions et cultures spécifiques. Toutefois, avec les mouvements migratoires y opérés, la Province Orientale connaît un amalgame et un métissage de cultures. Ces grands groupes ethniques de la Province Orientale sont : o Les pygmées ou Bambute dans le Territoire de Mambasa en Ituri ; o Les soudanais (Lendu, Lugwara, Kaliko, Logo) dans les Territoires de Djugu, Aru et Faradje. o Les Nilotiques (Alur, Kakwaa, Ndoo – Ukebo) dans les Territoires de Mahagi et Aru. o Les Nilotiopides qui sont les Hema dans les Territoires de Djugu et Irumu. o Les Bantous constituent la majorité des ethnies de l‛ensemble de la Région.

La caractéristique commune de tous les groupes ethniques de la Province Orientale est que chaque individu appartient à un groupe de base appelé « famille » qui à son tour, s‛inscrit dans un groupe plus vaste « le clan ». Ce dernier est composé de plusieurs familles de même ascendance et constitue la base de la structure sociale de la société traditionnelle.

Chaque enfant a deux groupes de personnes auxquelles il se reconnaît des liens de parenté : les parents de son père et ceux de sa mère. La parenté a ainsi une double direction. Mais le système familial de toutes les ethnies de la Province Orientale est le type « patriarcat ». C‛est le clan du père qui exerce son autorité sur l‛individu (ascendance familiale patrilinéaire). C‛est encore lui qui est le conservateur de la culture et de la spiritualité traditionnelle et assure à la famille l‛exploitation des ressources naturelles et l‛appui des ancêtres. On rencontre aussi dans ces structures traditionnelles des ensembles de groupes à l‛espace : villages, groupes fonciers, groupements et collectivités.

Au-delà du clan, on a le village qui est constitué de plusieurs habitats composés des personnes liées par la résidence et qui peut comprendre une ou plusieurs familles, d‛un clan ou des clans différents. Il peut aussi former un ou plusieurs groupes fonciers.

Approche Genre

La femme congolaise est jusqu‛à ce jour victime de violences et de discriminations dues au sexe. Le taux des femmes occupant des positions de responsabilité dans l‛économie ne dépasse guère 2 à 3 %.

Par sexe, on vise les caractéristiques biologiques qui distinguent les femmes des hommes : seule la femme peut concevoir et mettre au monde. Par genre, on entend la construction socio culturelle des rôles masculins et féminins ainsi que des rapports entre hommes et femmes. Ces concepts se réfèrent aux différences sociales entre les femmes et les hommes, acquises et susceptibles de changer avec le temps et largement variables tant à l‛intérieur que parmi les différentes cultures.

Par sexe, on vise les caractéristiques biologiques qui distinguent les femmes des hommes : seule la femme peut concevoir et mettre au monde. Par genre, on entend la construction socio culturelle des rôles masculins et féminins ainsi que des rapports entre hommes et femmes. Ces concepts se réfèrent aux différences sociales entre les femmes et les hommes, acquises et susceptibles de changer avec le temps et largement variables tant à l‛intérieur que parmi les différentes cultures.

Le site occupé par la ville de Kinshasa est particulièrement sensible aux problèmes environnementaux. Ils proviennent de la nature des sols et des fortes pentes des collines qui l'entourent, mais surtout de la pression anthropique sur un milieu déjà fragile. L'imperméabilisation des sols, les constructions anarchiques et sans murs de soutènement qui fragilisent les pentes, l'obstruction des lits des rivières… ont des impacts directs et indirects, trop souvent catastrophiques. On ne peut pas intervenir à un endroit de la ville sans que des conséquences s'enchainent pour les quartiers alentours. Il est primordial dans l'élaboration du document de planification qui fait l'objet de cette étude de tenir compte de ce milieu fragile et de proposer des mesures de correction ou de sauvegarde pour les zones déjà urbanisées, et de prévoir en amont les aménagements nécessaires pour celles qui seront urbanisées dans le futur.

Régime alimentaire

Ce régime comprend un aliment de base, un féculent en général ou une céréale qui couvre 70 – 80% du repas et un aliment d‛accompagnement composé de légumes et feuilles de manioc, parfois de la viande, du poisson, des chenilles, des mollusques, préparés avec l‛huile de palme comme adjuvant lipidique.

Ce régime comprend un aliment de base, un féculent en général ou une céréale qui couvre 70 – 80% du repas et un aliment d‛accompagnement composé de légumes et feuilles de manioc, parfois de la viande, du poisson, des chenilles, des mollusques, préparés avec l‛huile de palme comme adjuvant lipidique.

Régime foncier

La Province Orientale est peuplée par une mosaïque d‛ethnies réparties dans la savane, les galeries forestières. A l‛exception de certaines territoires de District de l‛Ituri ( Aru, Djugu et Mahagi ), où la densité de la population est très importante, la tenure des terres ne diffère pas tellement d‛une territoire à l‛autre, tout comme d‛une ethnie à l‛autre.

Toutefois, au terme de la loi foncière 73-021 du 20 juillet 1973, modifiée par la loi nº 80-008 du 18 juillet 1980, le sol et sous-sol est propriété de l‛Etat. Ce dernier peut concéder à des particuliers des concessions temporaires ou perpétuelles. Néanmoins, cette attribution ne peut se faire qu‛après consultation et accord des communautés de base ainsi qu‛un constat de vacances des terres.

Le mode principal d‛acquisition des terres est l‛héritage coutumier. Chacun cultive en général sur la terre de ses ancêtres en choisissant librement l‛emplacement de ses champs. Dans le cas des étrangers établis dans une communauté et ayant reçu une portion de terre, ils ne possèdent sur cette dernière qu‛un simple droit d‛usage accordé par le propriétaire terrien, moyennant parfois une valeur symbolique. Le bénéficiaire ne peut prétendre à aucun droit de propriété. La jouissance est souvent de courte durée. Mais pour l‛attribution des terres coutumières à des concessionnaires, la terre appartenant à la communauté, ni le chef de collectivité, ni le commissaire de territoire, ni le chef de localité ne peuvent seul faire. Ils doivent toujours au préalable consulter les sages ainsi que les chefs de clan du village. One fois l‛accord de la base obtenu, un montant est versé au chef du village. Une cérémonie traditionnelle sera organisée lors de la remise officielle du lopin de terre.

Un fait important à noter est que la Province Orientale est connue pour son hospitalité légendaire. Toute personne ou groupe de personnes qui veut s‛y installer est toujours la bienvenue. Cette ouverture concerne tout le monde pour autant qu‛on n‛empiète pas les coutumes, les traditions et les intérêts des autochtones. Cela a fait développer dans la région un esprit de vie communautaire, la solidarité ainsi que l‛ouverture aux innovations. La Province Orientale étant à vocation agricole, chaque groupe ethnique a une certaine spécialisation. Il y a des agriculteurs, des chasseurs, des pêcheurs et des éleveurs. A l‛époque où les conditions économiques étaient favorables, cette Province, avec le dynamisme de sa population constituait un des greniers du pays. La Province Orientale dispose également de beaucoup des valeurs physiques, socio-culturelles, et économiques favorables au développement (atouts) dont notamment

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE

1. Cabinet du Gouverneur de Province, Rapport Economique et Financier de la Province Orientale, Kisangani, 2004.
2. Cabinet du Gouverneur de Province, Rapport sur l‛Etat de lieu des Services Publics et Etatiques, Kisangani 2000.
3. CRONGD, Table Ronde sur les Stratégies de Développement de la Province Orientale, Kisangani, novembre 2003.
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