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Situation géographique

La Ville-Province de Kinshasa s’étend sur 9.965 Km2, soit 0.42% du territoire national. Elle est située à l’ouest du pays entre 3,9 et 5,1 degrés de latitude Sud et entre 15,2 et 16,6 degrés de longitude Est. Elle est limitée au Nord-Est et à l’Est par la Province du Bandundu, au Sud par celle du Bas-Congo, au Nord-Ouest et à l’Ouest par la République du Congo-Brazzaville, sur une frontière liquide, formée par une partie du Fleuve Congo. Le relief de Kinshasa est formé d’un grand plateau, d’une chaîne de collines, d’une plaine et de marécages aux abords du Fleuve Congo.

En effet, le massif du Plateau du Kwango, de 600 à 700 m d’altitude, domine complètement la partie Est de la Ville-Province de Kinshasa. Sa portion située dans la Ville est appelée Plateau des Bateke. Elle totalise une superficie d’environ 7.500 Km2, soit 75.3% de l’ensemble de l’étendue de la Ville. La densité démographique y est fortement très faible. En effet, cette partie de la ville est occupeé par plus ou moins 2% de la population totale de la ville. La chaine de collines, peu escarpées (350 à 675 m d’altitude) où l’on trouve les Monts Ngaliema, Amba et Ngafula, constitue la frontière commune avec le Bas- Congo et forme la partie Sud de la Ville, jusqu’au Sud-Est, où se trouve le Plateau des Bateke. Ces collines, y compris les hauteurs de Binza et de Kimwenza, seraient issues du démantèlement de ce Plateau.

La plaine de Kinshasa suit le lit du Fleuve Congo et est enfermée entre le Fleuve Congo, le Plateau des Bateke et les collines. Elle n’a qu’une largeur moyenne de 5 à 7 Km et a la forme d’un croissant. Cette plaine se situe entre 300 et 320 m d’altitude et a une superficie d’à peu près 100 km2. Elle se divise en deux parties : - la plaine de Lemba à l’Ouest de la rivière Ndjili, légèrement ondulée ; - la plaine à l’Est de la Ndjili, vers la rivière Nsele qui a une forme plus plane, entrecoupée par plusieurs rivières qui coulent presque parallèlement du Sud-Est vers le Nord-Ouest, pour se jeter dans le Fleuve Congo. C’est là que se trouve concentrée la portion la plus importante de la population de la Ville-Province de Kinshasa.

Climat

La Ville-Province de Kinshasa connaît un climat de type tropical, chaud et humide. Celui-ci est composé d’une grande saison de pluie d’une durée de 8 mois, soit de la mi-septembre à la mi-mai, et une saison sèche qui va de la mi-mai à la mi- septembre, mais aussi, une petite saison de pluies et une petite saison sèche, qui court de la mi-décembre à la mi-février. Quant à la température, deux grands courants de vents soufflent pendant toute l’année sur la ville, aussi bien en altitude qu’au niveau de basses couches.

Sur les hauteurs, il y a deux grands courants de vents : (i) les alizés, très chauds et secs, du Nord-Est qui proviennent d’Egypte et (ii) un courant équatorial très humide, presque permanent au-delà de 300 m d’altitude, en provenance de l’Est. Les basses couches de la Ville-Province de Kinshasa reçoivent en permanence le courant de Bengwela, un courant très humide en provenance du Sud-Ouest. Les écarts de température s’établissent en général comme suit : (i) plus de 18°C pour la température diurne du mois le plus froid de l’année et (ii) environ 22°C pour la température nocturne du mois le plus chaud. Pour la période 1986-1995, le mois de mars 1988 a connu la température la plus haute soit 26,5° C et le mois de juillet 1992 celle la plus basse, soit 21,2° C.

Du point de vue pluviométrique, durant les trois dernières décennies, la moyenne pluviométrique annuelle observée dans la Ville-Province de Kinshasa est de 1.529,9 mm et le minimum mensuel se situe en deçà de 50 mm. Le mois de novembre connaît le plus important volume des précipitations, avec une moyenne de 268,1 mm. Environ 40 % des précipitations tombent entre les mois d’octobre, novembre et décembre qui sont les mois les plus humides de l’année. Les pics de pluviosité se chiffrent à 203,3 mm en avril et le nombre de jours de pluies atteint la moyenne annuelle de la période de 112jours, avec un point culminant de 17,8 jours de pluies en avril.

Hydrographie

L’hydrographie de la Ville-Province de Kinshasa comprend le Fleuve Congo, des rivières qui s’y jettent et des lacs de faibles étendues. Le Fleuve Congo, au niveau de la Ville-Province de Kinshasa, prend de l’extension et atteint à certains endroits plus de 20 Km de largeur. C’est sa dernière partie dans la Cuvette Centrale, avant les rapides de Kinsuka à l’Ouest de Kinshasa.

Le réseau hydrographique est composé de rivières de diverses dimensions qui prennent leurs sources principalement des collines, coulent du Sud vers le Nord, baignent la plaine et se jettent dans le Fleuve Congo, notamment au niveau du Pool Malebo. Ces rivières sont soit de sources locales comme Kalamu, Gombe, Makelele et Funa, soit de sources allogènes comme Ndjili, Nsele, Maïndombe et Bombo-Lumene. Quelques lacs de dimensions très réduites sont localisés par ci par là dans la Ville- Province de kinshasa dont le Lac de Ma Vallée et le Lac Vert.

SOLS, GEOLOGIE ET VEGETATION

Les caractéristiques des sols de la Ville-Province de Kinshasa sont fonction de la structure géomorphologique de l’endroit où l’on se trouve. Ainsi, elles sont différentes sur le massif du Plateau des Bateke, sur les collines, dans les plaines ou dans les marécages. De manière générale, ces sols sont essentiellement sablonneux avec quelques éléments particuliers. Ils ont une faible capacité de rétention d’eau et présentent par conséquent une utilité marginale pour les activités agricoles.

Le Plateau des Bateke qui est à deux heures de route du centre ce la Ville vers l’Est, est couvert (i) d’arénoferalsols, à profil de type AC, structure de sols que l’on trouve aussi sur les collines et (ii) de podzols, comme dans les zones planes et dans les mares asséchées. En d’autres termes, la surface de ce Plateau est constituée de roches silicifiées ou grès polymorphe. Vers les collines du Sud-Ouest, il y a, par endroits, mélange d’arénoferalsols avec d’autres sols à tendance kaolinitique ou ferralitique. Globalement, ils sont des sols minéraux récents, développés sur du sable kalaharien. Ils sont caractérisés par une teneur en argile de moins de 20% sur au moins 100 cm de profondeur, une faible réserve de minéraux altérables et une faible capacité de rétention d’eau.».

Les types des sols de la Ville-Province de Kinshasa conditionnent les genres de végétation qui y poussent et qui sont constitués en règle générale de savanes parsemées d’arbustes et entrecoupées de steppes et de galeries forestières de faibles densité et dimensions. Ces savanes cèdent de plus en plus de place à l’avancée urbanistique et ne se situent plus que sur les collines et le Plateau des Bateke. A l’Est, sur le Plateau des Bateke, dans la Commune de Maluku, existent des savanes steppiques ou steppes, avec des spécificités zambéziennes, dans les parties Est et Sud de ce Plateau. Les pentes sont couvertes de forêts secondaires tirées des actions anthropiques. Des forêts secondaires semi-caducifolière subéquatoriale et des savanes arbustives de type guinéen sont observées dans la Commune de Mont Ngafula, le long de la Route de Matadi. Par contre, dans la Commune de Selembao, plus au Nord-Ouest de cette dernière, pousse, sur du sable argileux, une mosaïque de savane et des savanes arbustives à loudetia demeuseï, plante herbacée qui peut atteindre 1,70 m de hauteur. La végétation marécageuse pousse dans le Pool Malebo.

ORGANISATION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE

La subdivision administrative de la Ville-province de Kinshasa répond aux prescrits du Décret-Loi n° 081 du 22 juillet 1998 portant organisation territoriale et administrative de la République Démocratique du Congo qui, en ses articles 3 et 5, donne la qualité de Ville-Province à Kinshasa et le statut de Capitale du pays par son article 4. Ce Décrte-Loi confère aux communes de la Ville de Kinshasa le statut d’entités décentralisées (EAD), avec personnalité juridique. Elles sont administrées par des Bourgmestres et des Bourgmestres Adjoints. Conformément aux dispositifs des art.7.2 et 7.1, de ce Décret-Loi, la Ville de Kinshasa est subdivisée : - en communes (24) ; - en quartiers (au moins 400) ;

La Ville de Kinshasa est reliée directement aux Provinces de Bandundu, du Bas- Congo et de l’Equateur, par route, eau et air et aussi par voie ferrée particulièrement vers les Villes Portuaires de Matadi et de Boma, jusque dans les cités de Moanda et de Banana, situées au bord de l’Océan Atlantique. C’est un carrefour national, par où passent, pour la consommation de sa population, en importation, en exportation ou en transit plusieurs marchandises de la République Démocratique du Congo destinées aux transactions nationales ou internationales.

Environnement Politique

Le Directeur Urbain gère les Services Administratifs, les fonctionnaires et les agents de l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Ceux-ci sont affectés à des Divisions Urbaines qui représentent les Ministères du Pouvoir Central. On y inclut aussi les Services Spéciaux comme l’ANR, la DGM, etc…

Le Gouverneur et les Vice-Gouverneurs ainsi que les Bourgmestres et leurs Adjoints gèrent actuellement la Ville de Kinshasa et les communes, avec la collaboration des « Conseils de Sécurité » rattaché à leurs niveaux. Ces Conseil sont des structures composées de responsables de certains services urbains qui ont l’ordre public, la justice, la paix, la sauvegarde de l’intégrité territoriale et la sécurité socio-politique dans leurs attributions. En plus du Gouverneur, des Vice-Gouverneurs et du Directeur Urbain, des Bourgmestres et de leurs adjoints, les principaux responsables qui siègent «Conseil Urbain ou Communal de Sécurité » sont les suivants : - le Commandant de la Région Militaire ; - le Commandant Urbain de la Police Nationale Congolaise ; - les Responsables de l’ANR et de DGM ; - les Premiers Présidents des Cours d’Appel ; - les Procureurs Généraux près ces Cours d’Appel.

On trouve le Gouverneur de la Ville de la Ville assisté par trois Vice-Gouverneurs qui dans la configuration politique actuelle sont chargés l’un des Questions Politiques, Administratives et Socio-Culturelles, l’autre des Questions Economiques et Financières et le troisième de la Reconstruction et Développement ;

Quelques faits saillants de la Ville de Kinshasa, de la période coloniale à ce jour

En 1889, le Roi Léopold II avait légué, par testament, le Congo à la Belgique. Ce leg fut reconnu par la Charte coloniale du 18/10/1908 par laquelle la Belgique fait du Congo sa colonie. Dès lors, Léopoldville devient un Territoire et le Chef-lieu du District du Moyen-Congo (1910-1923), l'un des 12 Districts du Congo-Belge.

Différentes personnalités ci-après ont eu à diriger ce Territoire. Il s’agit de :
1) Georges Moulaert (mars 1900 - mai 1919) : Dernier Commissaire de District du Stanley-Pool. Ce dernier succède à lui-même à la tête du nouveau District. Il fut le plus célèbre Officier à l'esprit clairvoyant surnommé "Bula-Matari Tala Tala". Il est un chef infatigable de la trempe de Stanley; il est le premier qui, le 12 février et le 15 juin 1912, demande au Gouverneur Général le transfert de la Capitale du Congo "sur les rives du Stanley-Pool". Il organise la Ville. Son nom est immortalisé par le quartier "Bandal-Moulaert".
2) Heer (mai 1910-juin 1911);
3) E. Hebry (1919-1923);
En 1923, avec la nouvelle restructuration territoriale, Léopoldville acquiert le statut de la Capitale du Congo-Belge, mais aussi Chef-lieu de la Province de Léopoldville et du District Urbain de Léopoldville. Elle sera dotée d'un Comité Urbain nommé par le Gouverneur de Province. 4) Ruwet (1923-1927);
5) A.J. Wanters (1927-1929);
6) Fernand De Boeck (1929-1933) très célèbre, à qui la Ville doit le splendide Parc Botanique qui porte le nom de "Parc de Boeck". 7) L. Morel (1934-1942).
- L'ordonnance du 25 juin 1941 confère à Léopoldville le statut de Ville. Celle-ci s’étend sur 5.000 hectares de superficie et abrite une population de 53.000 habitants. Elle est dirigée par un Commissaire de District assisté d'un Comité Urbain (Organe délibérant sur les matières importantes de la Ville : sécurité publique, police, voirie, services sociaux, finances, aménagement, organisation des marchés, etc.). 8) P. Burmagne (1942-4947) ;
9) Jean Torcieur (1953-1957)

Le Décret du 26 mars 1957, modifié par celui de la même année et confère à la Ville de Léopoldville la personnalité civile, dispose que celle-ci est administrée par un "Premier Bourgmestre", tandis que la Commune par un Bourgmestre. - Les Premiers Bourgmestres de la Ville de Léopldville sont:
1. Jean Torcieur (1957-1959)
La ville compte 11 Communes dont les Bourgmestres sont :
• Commune de Kalamu : Arthur PINZI
• Commune de Kasa-Vubu (ex- Dendal) : Joseph KASA-VUBU
• Commune de St Jean (Lingwala) : Pierre CANON
• Commune de Ngiri-Ngiri : DIOMI Gaston
• Commune de Kintambo : BHIKELA Alphonse
• Commune de Limete : MICHAUX Baptiste
• Commune de Bandalungwa : NGOMA Oscar
• Commune de la Gombe (ex- Léopoldville) : VAN HECKE Robert
• Commune de Barumbu : SWANGA Paul
• Commune de Kinshasa : Eugène LUTULA
En 1958, deux nouvelles Communes sont créées :
• Commune de Matete
• Commune de N'djili.
- Le 4/01/1959, le Premier Bourgmestre, Jean Tondeur, interdit le meeting de KASA-VUBU, Bourgmestre de Dendal et Président de l'ABAKO. La colère populaire qui s'en est suivie dégénéra, pendant trois jours, en premières émeutes et pillages de Léopoldville pendant trois jours.

La "Loi Fondamentale" du 19 mai 1960, élaborée par le Parlement Belge pour le Congo Indépendant, donne à la Ville de Léopoldville, la Capitale, le statut de ville neutre, Siège des Chambres et de la Constituante. Les Premiers Bourgmestres furent:
1. Joseph KULUMBA (début 1960);
2. Daniel KANZA (1960-1963);
3. Zoäo Boniface (1963-1965);

Depuis 1966, le Président Mobutu change l’appellation du Titre du Responsable de la Ville et opte pour le Titre de "Gouverneur". Et les Gouverneurs de la Ville de Léopoldville de 1966-1968 sont: 1. Colonel Bangala 2. Paul Nauwelaerts.

En 1968, Léopldville devient KINSHASA. Par l'Ordonnance-loi n°00-24 du 20/01/1968, Kinshasa est dotée du Statut de "Région" au même titre que les autres Régions (Provinces). Le Gouverneur est assisté d'un ou de plusieurs Commissaires Urbains, tous nommés par le Président de la République. Mais de 1969 à 1980, l’appellation des Responsablesde la Ville devient "Commissaire Urbain et Commissaires Urbains Assistants».

Les Commissaires Urbains de la Ville de Kinshasa de 1969-1980 sont:
1. Jean Foster
2. MANZIKALA;
3. NDJOKU E'YOBABA, connu par ses manières particulières et très affectées d'animer les rassemblements populaires avant d'inviter le Président Mobutu à prendre la parole;
4. SAKOMBI INONGO : la Ville garde de lui le souvenir de l'usage d'un gobelet en plastic de 40 cl dénommé "SAKOMBI" comme mesure étalon de référence pour la vente des denrées alimentaires (riz, haricot, farine, arachide, sucre, sel, etc);
5. MANDUNGU BULA NYATI;
6. MABOLIA INENGO TRA BUATO.

La même ordonnance 00-24 du 20/01/1968 fait passer le nombre de Communes de 14 à 24. Les dix nouvelles Communes sont : Bumbu, Kimbanseke, Kisenso, Makala, Maluku, Masina, Mont-Ngafula, Ngaba, N'sele et Selembao.

La loi du 20 janvier 1978 fixe un nouveau statut de la Ville. Celle-ci(la ville) est dotée de la personnalité civile et juridique. Le texte de loi détermine les organes et leurs compétences : le Commissaire Urbain et ses Assistants; le Directeur Urbain et un organe délibérant le Conseil de Ville. La Ville est découpée en 24 Zones et en 238 Quartiers (localités). La Zone est une entité politico-administrative pourvue de la personnalité juridique. Le Quartier est une structure de base non définie et sans pouvoir exécutif reconnu. Mais avec la prééminence du MPR Parti-Etat, l'exécutif de la Ville revient à l'appellation de "Gouverneur" précédé de "Président Régional du MPR". KISOMBE KIAKU MWISI (1980-1981) : la Ville garde de lui le souvenir des taxis peints en couleur jaune;
2. SAKOMBI EKOPE (1981-1983);
3. KABAYIDI WA KABAYIDI (1983-1985) : il a initié le projet d'embellissement de tous les grands ronds-points avec le concours des sociétés de la place;
4. TSHIMBOMBO MUKUNA (1985-1986);
5. NZUZI WA MBOMBO (1986-1986), la première femme à accéder à ce poste;
6. KONDE VILA KIKANDA (1987-1989) : il tenta, mais en vain, de démolir tous les kiosques à boisson installés le long des artères;
7. Gabriel AMELA LOKIMA BAHATI (1989-1990);
8. MOLEKA NZULAMA (1990).

Dès le discours de la démocratisation du pays, le 24 avril 1990, on recourt de nouveau à l'appellation de "Gouverneur" pour désigner le Responsable de la Ville. De nouvelles personnalités dirigent la ville dans l’ordre ci-après : FUNDU KOTA (1991-1992) : Son mandat rappelle les premiers pillages de la Ville en septembre 1991, perpétrés par les Forces Armées du pays; 2. KIBABU MADIATA NZAU (1992);
3. MUNGUL DIAKA Bernardin (1992-1996), nommé à la tête de la Ville pour contrer l'agitation politique créée par l'Union Sacrée de l'Opposition Radicale (USOR). Les deuxièmes pillages interviennent en février 1993, et sonnent le glas d’une économie déjà malade d’une longue période d mégedtion. On attribue cette œuvre, une fois encore, à l’armée.
4. MUJINGA SWANA (janvier - février 1996) : il s'engage avec succès dans une lutte sans merci dans l’assainissement de la Ville et particulièrement dans l’enlèvement des immondices, les nettoyages du marché centrale, de ses abords et de l’avenue du commerce. Il est le géniteur du programme SALUBRITE PUBLIQUE. Son mandat est de courte durée.
5. NKOY MAFUTA (Août 1996-Mai 1997) : Succède à MUJINGA et poursuit le programme de Salubrité Publique. Remplacée par un Gouverneur Militaire au moment de la guerre de l’AFDL, elle a au court de son mandat amené les cambistes à se constituer en Bureaux de change, en collaboration avec la Banque Nationale.
6. Général AMELA LOKIMA BAHATI (avril - mai 1997) : désigné Gouverneur militaire pendant l’état d’urgence de la guerre de l’AFDL pour organiser la défense de la Ville de Kinshasa. La ville tombera, malgré tout, sous le pouvoir de l’AFDL.
7. Prof. Théophile MBEMBA FUNDU (1997 Ŕ 2001) : premier Gouverneur à l’avènement de KABILA, après la chute de Maréchal MOBUTU. Il marque son mandat par un équipement mécanique conséquent et une organisation méthodique de l’assainissement et l’embellissement de la ville ;
8. Christophe MUZUNGU (février Ŕ septembre 2002 : il prend la relève de Théophile MBEMBA FUNDU, nommé Directeur de Cabinet du Président de la République et décrète, sans succès, l’opération "KANGA VAGABOND » opération ayant consisté à débarrasser la ville des enfants de la rue qu’il fera interner, sans aucune assistance matérielle, à la cité de N’sele dans la périphérie de Kinshasa.
9. Prof. LOKA Ŕne- KONGO (septembre 2001 Ŕ juin 2001) : son mandant relativement court ne lui a pas permis de réaliser plus que le guichet unique installé par la Banque BIC dans l’enceinte de l’Hôtel dans le but de canaliser les recettes pour élargir l’assiette financière de l’Hôtel de Ville.
10. NKU IMBIE (juin 2002-Mai 2004)
11. Jean KIMBUNDA (Mai 2004 ) : dès son entrée, il se fait remarquer par la démolition des kiosques et constructions anarchiques à travers toutes les grandes artères de la Ville de Kinshasa dans l'opération qu'il a dénommé "Coup de poing".

Eléments linguistiques

La Ville de Kinshasa est, en très grande partie, habitée par des personnes qui proviennent de toutes les Provinces de la RDC et de divers pays du monde. Toutes les langues et dialectes d’origine de ces habitants sont donc parlées dans cette Ville.

Cependant, cinq langues y sont officielles, à savoir :
- le français pour les échanges commerciaux, la gestion administrative et l'enseignement,
- le kikongo, parlé par les ressortissants des Provinces du Bas-Congo et de Bandundu ;
- le swahili parlé par les ressortissants des Provinces du Katanga, du Sud et du Nord Kivu, du Maniema et de la Province Orientale. Il est aussi fait son entrée dans l’Armée et dans la Police Nationale Congolaise depuis les années 1996- 1997, sous la houlette de l’AFDL;
- le tshiluba, parlé par les ressortissants des deux Kasaï et du Nord-Katanga ;
- le lingala parlé partout à Kinshasa, principale langue de la Ville de Kinshasa, langue officielle de l'Armée et de la Police Nationales Congolaises depuis l’époque coloniale, de toutes les Eglises, de la musique et du théâtre populaire.

Le lingala n’est pas la langue d’une tribu ou d’une ethnie. Son origine est expliquée par certains auteurs. "A l'origine, d'après le Rév. Guthrie, la langue lingala était un langage rudimentaire, forgé par les soldats étrangers (Haoussas, Zanzibarites et Européens) qui vivaient au milieu des autochtones (engagés dans l'armée), au camps militaire de Mankanza fondé par COQUILHA en 18841, dans la Province de l’Equateur, près de la Ville de Mbandaka.

Mgr E. DE BOECK atteste que la nouvelle langue lingala était parlée vers 1905 par les Bangala. C’est une langue de multiples dialectes qui gagna les deux capitales Kinshasa et Brazzaville" Le lingala a connu une évolution remarquable. Très peu d'enfants ou de jeunes, en effet, apprenaient à parler, comme leurs parents, la langue de leur tribu. Les jeunes, mêmes nouveaux venus, ne parlaient que le lingala. Concurremment au Français, le Lingala tend à devenir, une langue de travail dans la Capitale.

Phénomènes enfants de la rue

Comme toutes les autres villes, Kinshasa n’a pas échappé à cette évolution, car il serait prouvé que jusqu’à ce jour, plus de 60 % de sa population est venue des milieux coutumiers, et que les natifs que sont leurs descendants sont toujours confrontés au brassage culturel et à la difficulté d’être à la fois traditionnel et moderne ; donc une société faite d’inadaptés. Les enfants et jeunes de la rue ne sont autres que ceux qui sont la conséquence de cette situation faite de multiples formes d’inadaptations sociales. L’évolution rapide et effrénée de ce phénomène n’épargne aujourd’hui aucun quartier et aucune classe sociale à Kinshasa. Toute la population assiste quotidiennement aux manifestations et situations désastreuses entraînées par cette présence des milliers d’enfants dans les rues de la Capitale. La réaction sociale reste souvent négative devant cette dure réalité, car les conséquences de ce phénomène sont innombrables et constituent un grave problème de développement humain.

Si le phénomène des enfants de la rue a des origines lointaines, l’histoire de cette terminologie « enfant de la rue » est plutôt récente. C’est aux environs des années 1984- 1985 que le terme est apparu. En Afrique, le terme a pris son sens au Forum d’Abidjan (Côte d’Ivoire), tenue du 25 Février au 2 Mars en 1985, où plusieurs pays se sont retrouvés pour faire l’état de lieu de cette nouvelle situation sociale qui est la présence de plus en plus nombreuse des enfants dans les rues des villes africaines. Dès lors, tout enfant errant les rues, soit y habitant, soit y travaillant était désormais dénommé « enfant de la rue ».

Au Forum d’idées tenu à Genève en 1984, l’UNICEF définissait l’enfant de la rue comme « toute fille ou tout garçon n’ayant pas atteint l’âge adulte, pour qui la rue (au sens larges du terme, c’est-à-dire comprenant bâtiments abandonnés, terrains vagues, etc.) est devenu sa demeure habituelle et/ou sa source de d’existence, et qui est inadéquatement protégé, encadré ou dirigé par un ou des adultes responsables »1. La première se compose principalement des enfants qui entretiennent encore des relations avec leurs milieux familiaux. Leur vie continue d’être centre sur le foyer familial. Certains fréquentent l’école, ils rentrent chez eux après leur journée de travail dans la débrouillardise licite ou illicite (« Kobeta libanga » en jargon lingala de Kinshasa). La plupart a le sentiment d’appartenir à un quartier. Ce sont donc des enfants dans la rue. Cette terminologie a actuellement évolué. Puisque ces enfants descendent dans la rue dans un but purement lucratif, pour travailler à l’informel (travail, vol, mendicité, prostitution) afin de survivre en s’auto-prenant en charge, et en prenant en charge leurs familles, la terminologie qui les désigne est « Enfants travailleurs » en sigle EJT qui constitue le Mouvement mondial des enfants et Jeunes Travailleurs en sigle MEJT dont notre pays est représenté.

Cette terminologie est également révolu, car elle péjorative quand nous devons nous référer aux droits humains, et plus particulièrement à la Convention relative aux Droits de l’Enfant qui prône la dignité inhérente à tout être humain. La réalité est que ces enfants n’ont plus d’attache familiale et sont totalement séparés des leurs. Cette dure réalité a fait qu’ils soient dénommés « Enfants en rupture familiale et sociale » en sigle « ERFS ».

Notons que parmi les EJT et les ERFS, il y a des sous groupes par exemple, les « Cheikers » à l’aéroprt de Ndjili, les « Bana imbwa » au Beach Ngobila, les « Romains » sur l’avenue du Commerce, les « Italiens » réputés escrocs à travers la ville de Kinshasa, etc.

Section 1 : Historique urbanistique de la ville

Kinshasa occupe un site bien particulier qui a été choisi par les autorités belges pour ses atouts géographiques : proximité du fleuve, plaine alluviale facile à urbaniser… mais la ville a vite dépassé les capacités initiales de ce site, pour s'étendre sur des terrains moins propices. Et la parfaite maitrise de l'urbanisation instituée par les colons a été remplacée par une urbanisation galopante sans contrôle ni accompagnement par les infrastructures et les équipements.

Naissance de Kinshasa : port fluvial sur le Congo

Après sa première exploration entre 1874 et 1877, l'explorateur anglo-américain Sir Henry Stanley revient au Congo avec la mission de coloniser les terres au travers de l'AIA (Association Internationale Africaine), créée par Léopold II de Belgique.

En 1881, Stanley signe un pacte de fraternité avec les chefs locaux, et obtient le droit d’établissement sur le site de Kintembo. Il donne le nom de Léopoldville à cette première installation le 14 avril 1882, en hommage au Roi des Belges. Il y avait à cette époque environ 66 villages et 30 000 habitants dans la plaine occupée aujourd’hui par la ville.

Ce site avait été choisi comme point d’établissement pour sa configuration et sa position le long du fleuve Congo. En effet, il s'agit d'un site plat, stable et protégé par des collines, situé au bord du fleuve, qui est à l'époque la principale voie de pénétration en Afrique centrale. C'est à partir de ce point que le fleuve devient navigable vers l'amont.

Le Congo fut remis au roi Léopold II de Belgique au cours de la Conférence de Berlin de 1885, conférence au cours de laquelle l’Afrique est déclarée res nullius, c’est-à-dire chose n’appartenant à personne. En 1888, on voit la création du district de Stanley Pool avec Léopoldville comme chef-lieu : ce statut permet par ailleurs l'apparition des premiers services administratifs (commissariat, Marine et transport, tribunaux, postes, douanes…), ainsi que des infrastructures médicales nécessaires. Une ligne de chemin de fer est construite entre le port de Matadi et Léopoldville. Sa construction est achevée en 1898. Elle marque aussi le vrai démarrage de la ville avec les grands travaux pour l'aménager.

Entre temps, un deuxième pôle de développement des activités a démarré à l'Est du premier quartier de Kintembo, sur le site actuel du port. Ce site s'est révélé plus intéressant pour les activités fluviales que celui de la baie de Ngaliema. Les grands travaux d'aménagement faisant suite à l'arrivée du chemin de fer démarrent donc par la réunion de Léo Ouest (Kintembo administratif) et de Léo Est (le port et les entreprises) par de grandes avenues plantées et bordées de villas.

Entre 1900 et 1920, la ville se développe autour de ces deux pôles, et dans l'espace intermédiaire. Le plan de Georges Moulaert de 1911 prévoit la construction d'un port plus important.

En 1922, un décret impose à toutes les entreprises de construire des camps pour leurs travailleurs. C'est ainsi que les premières cités planifiées apparaissent sur les sites de Mampeza et Kilimani. En 1923, la décision de transférer la capitale de Boma à Léopoldville est prise. Cette décision sera effective en 1929. L’aéroport de N'Dolo voit l’atterrissage du premier avion en 1925, permettant de relier Léopoldville à l’Europe par les airs.

Kinshasa : capitale du Congo Belge

En 1929, on assiste au transfert effectif de la capitale à Léopoldville. Pour accompagner ce transfert, le noyau administratif est installé sur la pointe Kalima entre les deux pôles existants de Léo Est et Léo Ouest. A la même époque, les chantiers navals et la zone industrielle sont créés. Les industries principales sont liées au secteur du textile et à la transformation de la canne à sucre.

En 1933, la séparation en trois zones est proposée dans le Schéma de René Schoentjes : la ville européenne, la ville indigène et une zone neutre entre les deux. On trouve d'abord dans la zone neutre : le parc Fernand de Boeck, le golf et le zoo, mais aussi des cultures maraîchères ; puis : les missions, les marchés les camps militaires, les prisons et les hôpitaux. On assiste alors à la construction des cités de Lingwala, Kinshasa et Barumbu au sud de la voie ferrée, de l’aéroport de N’Dolo et des infrastructures portuaires.

Vers la fin des années 1940, de nouvelles cités (Kasa Vubu et Ngiri Ngiri) sont érigées, et réservées aux évolués (autochtones qui ont pu faire preuve de leurs capacités de vivre à la mode européenne). Le plan de Léopoldville, proposé par Georges Ricquier en 1949, prévoyait une avenue monumentale qui traverserait la ville, et l’expropriation des cités pour refonder une zone neutre plus importante. Il n’a pas été réalisé

La zone industrielle de Limete est créée, suivant le plan d’urbanisme de Van Malleghem, qui a remplacé très vite le plan de Ricquier. En 1949, est créé l'Office des Cités Indigènes (puis Africaines) pour la construction de logements sociaux pour les populations à faible revenu. Plusieurs cités sont construites, et la dernière est Lemba, achevée en 1959. L'OCA construit 20 000 logements en 10 ans.

La population commence à devenir importante et l’approvisionnement de la capitale se complexifie. Pour remédier à ces difficultés, des programmes de création de zones maraichères en ville voient le jour dont, en 1951, le projet d’aménagement de 28ha dans la vallée de la N’Djili, destinés à la production de légumes frais.

L'indépendance à aujourd'hui

L’indépendance a mis fin aux contrôles des migrations, qui avaient permis de limiter et de planifier l’extension de Kinshasa jusqu’en 1960. On assiste à un afflux massif de populations qui s'installent sans autorisation sur les terres libres, y compris sur les flancs des collines. Les problèmes de logement se font très vite sentir. En 1965, on assiste à la création de l'ONL (Office National du Logement), qui résulte de la fusion de l'OCA et du fonds d'avance. Il est chargé de produire des logements mais sera pratiquement inefficace. En 1967, un Plan régional d'aménagement est produit, appelé également Plan Auguste Arsac (Mission française d'urbanisme). Ce sera le dernier plan approuvé pour la ville de Kinshasa.

En 1968, les limites de la ville sont étendues pour englober les nouvelles zones urbanisées. Le nombre des communes passe de 11 à 24, telles qu’elles le sont encore aujourd’hui. En 1972, pour faire face à une urbanisation toujours galopante, on assiste à la création de la ceinture verte et des vallées présidentielles. Elles sont destinées principalement à l’agriculture urbaine, mais seront rapidement occupées par l’urbanisation.

En 1975, le tournant politique de la Zaïrianisation amène également la construction de projets pharaoniques du président Mobutu (échangeurs de Limete et Kinkole, boulevard Lumumba, Cité de l'union africaine, stade…). C’est à cette époque que seront construits les plus grands monuments et avenues qui caractérisent encore Kinshasa aujourd’hui. Cette période marque aussi probablement la fin des grands travaux sur Kinshasa, qui ne reprendront qu’en 2007, malgré les différents plans et documents de planification qui ont été élaborés par le suite : SDAU de Kinshasa en 1975 (qui n’a jamais été approuvé) et Projet de Développement Urbain en 1985, qui n’a abouti à aucune réalisation, mais a tout de même permis la création de l’OVD en 1987. Les années de guerre qui ont précédé et suivi la destitution du Président Mobutu en 1997 ont été terribles pour la ville, qui a non seulement été le refuge de beaucoup de populations fuyant les conflits à l’intérieur du pays, sans investissements pour accompagner ces nouvelles installations, ni de programme d’entretien pour les infrastructures en place. Les conséquences économiques ont également été désastreuses : Kinshasa a perdu plus de la moitié de ses emplois dans le secteur industriel pendant cette période.

Le retour de la stabilité a pris du temps, et c’est seulement en 2007 qu’on voit la réapparition des grands travaux, et que la situation, au moins en termes de circulation dans la ville, commence à s’améliorer (boulevard du 30 juin, Avenue Triomphale, Boulevard Lumumba, Boulevard du Colonel Mondjiba, Avenue du Tourisme etc.). On assiste alors au retour des investissements privés, de la promotion immobilière de grande ampleur, de constructions en hauteur dans le centre ville, avec des immeubles de luxe, hôtel, centres commerciaux (Cité du fleuve, Congo Trade Center, promotion chinoise de futur centre ville SCTZ, …) Kinshasa est en train de changer de visage, et ce changement est rapide. Il est important d’encadrer toutes ces initiatives privées et publiques, pour leur assurer une cohérence, et donner à la ville une image moderne qui lui redonnera un rayonnement national et international.

Essentiellement sablonneuse et assortie de quelques éléments grossiers (PNUD/UNOPS, 1998). Suite à cette texture, les sols sont très sensibles à l’érosion même en pente faible et ne sont pas à vocation agricole. La ville de Kinshasa est déstabilisée par près de 600 têtes de ravins recensées et qui résultent de graves érosions due au ruissellement accéléré des eaux pluviales.

L’intense mise en valeur des terres, sans réel contrôle de la part des autorités responsables de l’aménagement, ainsi que le manque de connaissances par ces dernières des actions efficaces pouvant être menées contre la dégradation des sols par ravinement régressif, ne font actuellement qu’aggraver la situation d’instabilité et de danger au niveau des collines. Ces dernières, considérées à l’époque coloniale comme impropres à la construction, ont été distribuées par les chefs coutumiers sans tenir compte de leur sensibilité à l’érosion et des risques potentiels.

Certains de ces ravins, comme celui de Mataba localisé dans la commune de Ngaliema, ne cessent de prendre des proportions plus qu’alarmantes, atteignant des tailles imposantes (environ 1 km de long, 10 m de profondeur et 300m de large) et réduisant le plus souvent à néant toute tentative de stabilisation des sites. Ce ravinement cause d’importantes pertes matérielles (maisons, routes, bâtiments scolaires, dispensaires,...) et humaines (décès lors des glissements de terrain). Si, localement, la population sait où se trouvent les ravins, aucune vision d’ensemble n’existe à l’heure actuelle.

Les ravins les plus importants sont les suivants :
• Ravin de Mataba : il englobe en fait tout le quartier autour du marché Delvaux jusqu’au grand ravin en face de l’Eglise Saint Sacrement dans la Commune de Ngaliema. Plusieurs branches ou têtes le composent. Actuellement, il menace ou progresse au niveau des avenues Mbekama, Matadi, Kinsuka, Kilambo et Kinsiona.

• Ravin Maternité: Il est situé sur le prolongement de la Route Maternité entre les avenues Pumbu et Frère des écoles chrétiennes à Binza Delvaux. A celle-ci, s’ajoutent 2 autres têtes dans le prolongement de cette avenue vers la vallée du quartier Laloux. Présentement, il y a dégradation totale de la route qui est devenue impraticable suite aux afflux des eaux provenant du versant Pigeon. A l’allure où va cette érosion, elle risque d’emporter les habitations situées le long de cette avenue si rien n’est fait.

• Ravin du Campus de Kinshasa : Le site universitaire comporte à lui seul 20 ravins sur une superficie de moins de 5 Km2. L’une de ces ravins est dû à l’éclatement d’un bassin de rétention qui emmagasinait les eaux usées de l’un des Homes.

• Ravin Manenga : Il est localisé dans le quartier Binza Village à l’ouest du quartier Anciens Combattants entre la route de Matadi et la rivière Binza (Commune de Ngaliema). Plus de 15 têtes d’érosion sont liés à ce ravin.

• Ravin de Okapi: Ce ravin est situé dans le quartier Punda (commune de Ngaliema) entre la grande avenue Laloux et la route de Matadi. Il s’étend jusqu’à la vallée de la rivière Lubudi. Il loge en son sein le cercle hippique appelé Etier de Binza, le quartier Congo qui se trouve derrière l’Hôtel Okapi et s’étend jusqu’aux cimetières dans la vallée de Kintambo. L’absence d’un système de drainage compétent et capable, le manque d’entretien de celui qui y a existé font de ce site un de plus érosifs et des plus dangereux dans la ville de Kinshasa. Il compte plus de 30 têtes d’érosion

• Ravin de Dreve de Selembao : Situé dans le quartier Binza Pigeon sur l’avenue Yandonge sur le versant de la rivière Lubudi (Commune de Ngaliema). Plus de 9 têtes d’érosions sont déjà répertoriées.
• Ravin Lolo la Crevette : il est situé sur le versant à 150 m de l’Eglise Saint Luc et l’avenue Nguma. Ce ravin a été dû aux débordements des eaux de la rivière Mapenza au niveau de l’Hôtel Lolo la Crevette. Le site Saint Luc est actuellement menacé, y compris l’avenue Nguma, principale route d’accès au centre commercial de Kintambo, l’avenue de l’école qui relie la route de Matadi à l’avenue Nguma ainsi que tout le bloc avoisinant l’Eglise.

• Ravin de Kingu / UPN: Localisé en face du Marché UPN. Il est limité par la route de Matadi, l’avenue de la Libération et le quartier Madiata. Le bassin de réception aménagé à quelques 250 mètres de la route de Matadi est complètement ensablé par manque d’entretien. Ceci est à l’origine de la naissance de nouvelles têtes d’érosion dont 2 sont particulièrement menaçantes.

• Ravin Ngafani : il est situé dans le quartier Ngafani (Commune de Selembao), à côté de la Route By Pass. Cette érosion qui progresse vers l’avenue Gemena avec 13 branches a emporté l’Eglise catholique Saint Maximilien. D’autres branches progressent vers l’avenue Parc. L’ensablement ses 3 bassins au niveau de l’école primaire catholique, menace la route By Pass pendant que d’autres têtes se dirigent vers les avenues Salongo, Kisanga et Kipati.

• Ravin Bolikango-Santé : Il est situé à Binza Delvaux (Commune de Ngaliema) dans la concession présidentielle. Le bassin construit en 1991 dans l’enceinte de la clôture et qui constituait la soupape de la sécurité du quartier a été emporté par la pluie. Le non entretien de ce bassin est à la base de sa destruction. En effet, depuis sa mise en place jusqu’à sa rupture, tous les éléments du sol déblayé (Produits érodés) se sont accumulés dans le bassin. Ceux-ci l’ont rendu imperméable. Incapable de retenir le volume critique d’eau, le bassin a cédé et a évolué en se subdivisant en plusieurs têtes d’érosion. Différents travaux y ont été effectués sans succès véritable pour stabiliser le quartier.

• Ravin de Kindele: le ravin se trouve dans la commune de Lemba et est le résultat d’un ruissellement diffus des eaux pluviales, associé à la non viabilisation des quartiers et au manque d’entretien de quelques ouvrages de drainage existant.

• Ravin Top : Le ravin est localisé à côté de la route de Matadi, à l’entrée de l’avenue Masikita entre les quartiers Binza Delvaux et UPN.

Les inondations

Le site sur lequel est bâti la ville de Kinshasa se trouve drainé par plusieurs rivières dont les plus importantes sont la N’Djili (avec un bassin de 2 000 km2), la N’Sele (avec un bassin de 6 000 km2), les rivières Mbombo et Lumene. Les rivières de moyenne importance sont la Gombe, la Funa, la Basoko et la N’Dolo.

De nombreux autres bassins hydrographiques ne sont que des ruisseaux de moindre importance. C’est le cas de la Lubudi, la Lukunga, la Binza, la Mampenza, la Makelele, la Yolo, la Matete, la Bandalungwa, la Tshangu et l’Ikusu, qui ont des débits faibles et aux variations saisonnières. Leurs eaux débordent à la suite de fortes pluies et se tarissent pendant la saison sèche. Ces rivières prennent source dans les collines à fortes ou moyennes pentes. Avant de se jeter dans le fleuve, elles traversent la partie plaine où les pentes sont faibles, voire très faibles. Ceci fait que dans cette partie de plaine se déposent beaucoup de sédiments et autres ordures charriées. Ces dépôts constituent des blocages à l’écoulement naturel des eaux et font remonter le niveau des rivières. Ainsi, en cas de pluie, les rivières débordent et causent des inondations souvent importantes surtout le long des cours d’eau.

On observe aussi un refoulement des eaux des rivières vers l’amont, dû aux crues du fleuve dans lequel elles se jettent. Ce phénomène entraîne ou aggrave des inondations. Ce refoulement s’observe également au niveau des rivières qui reçoivent des affluents, comme par exemple au niveau où la Matete se jette dans la N’Djili, en provoquant des inondations des quartiers bas de la zone Kingabwa. Certaines saisons, les inondations deviennent des catastrophes naturelles. D’après les témoignages et les archives des journaux de Kinshasa, un jour on a dénombré une trentaine de morts, près d’une centaine de blessés et d’importants dégâts matériels avec une gravité à Limete-Mombele, Ngaliema, Kinseso, Ngaba, Kimbanseke, Bumbu et Selembao. En cas d’inondation, plusieurs habitations sont détruites, des ponts sont coupés, empêchant la circulation et isolant certains quartiers, des tuyaux sont détruits, occasionnant des coupures d’eau à certains quartiers, etc.

Le site occupé par la ville de Kinshasa est particulièrement sensible aux problèmes environnementaux. Ils proviennent de la nature des sols et des fortes pentes des collines qui l'entourent, mais surtout de la pression anthropique sur un milieu déjà fragile. L'imperméabilisation des sols, les constructions anarchiques et sans murs de soutènement qui fragilisent les pentes, l'obstruction des lits des rivières… ont des impacts directs et indirects, trop souvent catastrophiques. On ne peut pas intervenir à un endroit de la ville sans que des conséquences s'enchainent pour les quartiers alentours. Il est primordial dans l'élaboration du document de planification qui fait l'objet de cette étude de tenir compte de ce milieu fragile et de proposer des mesures de correction ou de sauvegarde pour les zones déjà urbanisées, et de prévoir en amont les aménagements nécessaires pour celles qui seront urbanisées dans le futur.

3,7%. Si elle suit le même rythme, elle devrait couvrir, en 2030, environ 86 000 hectares, soit pratiquement le double de la surface qu’elle occupe aujourd’hui. La ville s’étend très rapidement sur ses marges, essentiellement vers l’est et le Sud-Ouest, le long des routes de Matadi et du Bandundu, permettant un accès en transport en commun vers le centre-ville qui polarise l’essentiel des emplois urbains. Cependant, depuis le début des années 1990, des quartiers se développent loin du centre-ville et des axes de transport (ex : quartier Cogelo, Tchad, Mandela, Département, Plateau) ; ils ne bénéficient pourtant d’aucune commodité urbaine. Entre 1995 et 2005, d’une part 30% de la croissance urbaine s’est effectuée sur des pentes de plus de 15%, soit présentant un risque important d’érosion et, d’autre part, près de 50% de la croissance urbaine s’effectue à plus d’un kilomètre des axes majeurs de communication, soit dans les espaces interstitiels peu accessibles.

Si la population de la ville doit doubler dans les 15 prochaines années, la superficie qu'elle occupe devra probablement doubler également, même si on préconise un habitat dense. Ainsi, des 450 km2 occupés aujourd'hui, elle devra probablement en occuper 800. Il va être nécessaire de trouver de nouveaux terrains pour s'étendre dans les années à venir. L'analyse des zones qui l'entourent est donc primordiale à ce stade pour évaluer les capacités du site à absorber les extensions attendues de la ville.

La plaine occupée aujourd'hui par Kinshasa est bordée par un cirque de collines, qui atteignent 600m d'altitude au sud et à l'est. La partie encore plane est entièrement occupée à l'Ouest, et le front d'urbanisation observé se situe principalement le long de la route de Matadi, même si l'espace entre cette route et le fleuve à tendance à se remplir. Toutefois, les terrains y sont en fortes pentes, et les limites administratives de la province, bientôt dépassées.

L'extension de la ville a toujours été préconisée vers l'Est, c'est l'autre front d'urbanisation important que l'on observe actuellement. Avec les projets de construction du pont rail-route et la création de la Zone économique spéciale à Maluku cette tendance devrait se renforcer. Toutefois, l'espace relativement plat entre le fleuve et la barrière de collines de l'Est n'est pas illimité. Les services de la province ont par ailleurs émis le souhait de contenir l'espace urbanisé à l'intérieur de la courbe formée par la rivière N'Sele. Le positionnement des courbes de niveaux permet d'identifier une zone potentiellement urbanisable de 240 km2, et une seconde zone au nord de la rivière d'une superficie de 38km². Mais cette partie est aujourd'hui occupée par le domaine agricole de la N’Sele.

On peut affirmer avec certitude que Kinshasa est la plus grande ville d’Afrique Centrale et une des plus grandes villes d’Afrique. Cependant, la certitude s’estompe lorsqu’il faut avancer des chiffres sur sa population. Il existe plusieurs sources pour l’estimation de la population actuelle de Kinshasa : les projections établies par l’Institut National de la Statistique (INS) à la suite du recensement de 1984 et les comptages administratifs réalisés annuellement au sein des communes et synthétisés par l’Hôtel de Ville. Elles n’aboutissent pas aux mêmes conclusions, et ont l’une et l’autre leurs partisans et leurs détracteurs. Etant deux sources officielles, il convient de les discuter.

Après l’été 2005, l’opération « d’enrôlement » électoral en vue des échéances prévues à l’issue de la période de transition fournit une troisième source d’information, à savoir la population recensée. Par la pyramide des âges, on peut en effet reconstituer la population totale à partir de cette population théorique des plus de 18 ans appelés à s’inscrire sur les listes électorales. Toutes ces sources peuvent donner des estimations de la population de Kinshasa bien qu’elles n’aboutissent pas aux mêmes conclusions. En 1984, la population dénombrée à Kinshasa était de 2,6 millions d’habitants et d’après les résultats de l’INS, cette population était évaluée à 8 683 000 habitants en 2010 en considérant un taux de croissance annuel moyen de 3,4%. Compte tenu du fait que le recensement n’interviendra qu’au mois de février 2015, de nouvelles projections ont été faites jusqu’en 2015 sous l’hypothèse de la constance des taux de croissance annuelle estimés entre 1984 et 2005 et de la stabilité des structures par sexe et par âge de la population. La population estimée pour 2013 et 2015 serait donc respectivement de 10 558 000 et de 11 575 000 habitants comme le mentionne le tableau 1.1.

Les comptages administratifs présentent des chiffres beaucoup plus faibles, estimant pour la même année, 2004/2005, près de 2,3 millions d’habitants en moins que ceux estimés par l’INS. Les taux de croissances annuels observés sont pour leur part inversés par rapport à ceux de l’INS.

Une troisième source peut-être étudiée, il s’agit de celle de la CEI (Commission Electorale Indépendante) qui a procédé, en 2005, à l’enrôlement des électeurs sur Kinshasa. Les résultats de la campagne d’enrôlement ont abouti à 2 962 779 inscrits, ce qui est censé correspondre à toutes les personnes de plus de 18 ans. L’étude MICS de 2001 indique que la part des plus de 18 ans dans la population représente 46,7%, ce qui permet d’établir la population de Kinshasa en 2005 à 6 200 000 habitants en 2005. En conclusion, la convergence des calculs de population à partir du recensement électoral et des projections de l’INS revues à la baisse autour d’une population comprise entre 6,0 et 6,5 millions permet de prendre cet intervalle comme le plus probable ; cette valeur est également obtenue en appliquant aux comptages administratifs un taux correctif correspondant à leur sous-estimation probable d’environ 20%.

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