Bonsoir, nous sommes le 11/12/2017 et il est 19 h 13.

Situation géographique

La loi de programmation déterminant les modalités d’installation de 26 nouvelles provinces en RDC a été promulguée par le chef de l’Etat Joseph Kabila. Cette loi prévoit le démembrement de six provinces c’est-à-dire la subdivision en plusieurs provincettes et le non-démembrement de cinq autres. De l’actuel Katanga naîtront quatre provincettes :le Tanganyika, le Haut-Lomami, le Haut-Katanga et le Lwalaba, Entièrement localisée dans l’hémisphère austral, l'ancienne province du Katanga subdivisé en quatre provinces était comprise entre 5° et 13° degrés de latitude Sud, soit près de 880 km du Nord au Sud et entre 22° et 31° degrés de longitude Est, soit près de 1000 km de l’Est à l’Ouest. Sa superficie est de 496.877 km2, soit juste un peu plus du cinquième du territoire de la RDC, ce qui la place en deuxième position du point de vue étendue, après la Province Orientale. La province est limitée au Nord par le Maniema, au Nord-Ouest par les deux Kasaï, au Nord-Est par le Sud-Kivu. Le lac Tanganyika sépare à l’Est la Province du Katanga de la Tanzanie et fait aussi frontière au Sud et au Sud-Ouest respectivement avec la Zambie et l’Angola.

Partant de sa position dans la partie méridionale de la République du Congo, la Province du Katanga est entièrement dominée par les plateaux et des vieux massifs montagneux présentant un profil orographique en gradins du sud au nord. Le relief du Katanga se divise en 2 régions distinctes, séparées par une altitude de 1000 mètres : le Katanga des hauts plateaux qui se déroule au Sud, au Sud-Est et à l’Est de la Province

La zone du Sud-Est est caractérisée par un ensemble des montages compris entre le Luapula supérieur, le lac Moëro et le Lac Bangwelo. La dislocation de la roche – mère a provoqué, par effondrement, les failles du Luapula, de la Lufira et du Haut-Lualaba.

Cela a occasionné l’apparition de nombreux lacs dont l’Upemba et le Kisale. Par ailleurs l’exhaussement des bords des lignes de ruptures ont créé les massifs de Mitwaba, de Kundelungu, Hakansson et autres. La chaîne des monts Mitumba dont l’altitude varie entre 1.500 et 1.750 mètres comprend le plateau de Manika entre Lualaba et la Luvua, un contrefort moins élevée (1.100 m) appelé les monts BIA, au sud-Est du Lac Upemba et les monts Kibara, entre la Lufira et la Luvua. Les monts Kundelungu (1.600 à 1.700 mètres) sont situés à l’Est du cours moyen de la Lufira et à l’Ouest du Haut-Luapula et du Lac Moëro.

Climat

Le Katanga connaît une saison pluvieuse et une saison sèche dont la durée augmente au fur et à mesure que l’on se dirige vers le Sud. Deux types de climat donc prévalent sur l’ensemble du Katanga : Le climat tropical humide et le climat tempéré chaud Ces deux grandes saisons sont séparées l’une de l’autre par des phases de transition. Ainsi, la majeure partie de l’extrême Sud-Est du Katanga appartient au type climatique Aw. Tandis qu’une partie des hauts plateaux de l’Est est située dans le type climatique Cw. Les caractéristiques du type climatique Aw se retrouvent dans les Territoires dont la hauteur mensuelle des pluies du mois le plus sec descend en dessous de 60 mm. Le nombre de mois de pluies qui diminue petit à petit lorsque l’on descend vers le Sud définit quatre types de climat Aw au Katanga.

- Le type Aw3 du Territoire de Kongolo est caractérisé par une saison sèche froide de trois mois, avec une hauteur mensuelle des pluies inférieures à 50mm ;
- Le type Aw4. C’est le climat qui sévit sur les Territoires de Kapanga, de Kaniama, de kabongo et Kabalo. Il est caractérisé par une saison sèche qui dure environ quatre mois. La bande côtière longeant le lac Tanganyika située au Nord-Est de Kalemie se retrouve dans ce type de climat.
- Le climat Aw5. Les Territoires de Dilolo, Sandoa, Bukama, Mitwaba et Manono sont couverts par ce type de climat qui est caractérisé par une moyenne de 5 mois de saison sèche et froide. Les Territoires de Moba et de Kalemie se retrouvent dans cette catégorie sur les potions qui bordent le lac tanganyika,
- Le type Aw6. Six mois de saison sèche caractérisent ce climat propre au bassin supérieur du Lualaba, au bourrelet supérieur des Monts Koni avec au sud la vallée de la Luvua, aux rives du lac Moëro et le flanc sud du massif de Marungu. Le Territoire de Kasonga et celui de Pweto sont représentatifs de ce type de climat.
- Enfin le climat Cw se rencontre dans la botte de Sakania, sur les hauts plateaux de Marungu, des Muhila et ceux du sud de Kalemie. Le type Cw définit les climats pluvieux tempérés où la température moyenne du mois le plus froid est comprise entre +18°c et –3°c et ou le total des pluies du mois le plus sec étant égal ou inférieur au total des pluies au cours du mois le plus pluvieux. Ce type de climat est caractéristique des Territoires de Kolwezi, de Kipushi, de la ville de Lubumbashi et de ses environs.

De manière générale, le climat Aw3 (critères de Koppen) domine le Nord et on passe progressivement à un climat Aw6 au Sud où il n’y a qu’une seule saison culturale par an. Des climats plus froids, Cw, se rencontrent dans l’extrême sud-est, à Sakania et sur le Mitumba - La zone guinéenne, dans le nord de la province avec ses forêts denses dans les vallées qui est malheureusement souvent détruite par l’action de l’homme. Il s’ensuit une haute savane guinéenne parsemée de quelques arbres. - La zone soudano guinéenne dans la partie centrale et le sud Katanga. Ici, le paysage est principalement dominé par les forets clairs mêlés de bambouseraies et d’importantes savanes à Acacias.

Hydrographie

Véritable château d’eau, la province du KATANGA loge les cours d’eau et les lacs les plus importants du pays et même du continent. On pourrait encore dire que cette Province est le berceau de tous les cours d’eau importants qui s’écoulent dans la direction Nord, vers la Cuvette centrale. Le Lualaba, nom que porte le fleuve Congo à sa source, constitue l’épine dorsale du système hydrographique du Katanga. . Son régime est fortement lié aux saisons. Le Lualaba prend sa source au pied du mont Musofi à 1.500m d’altitude). Sur les 400 premiers kilomètres, il reçoit de nombreux affluents et poursuit un cours torrentueux, dans une zone de rapides au niveau des gorges de N’zilo où l’on a érigé un barrage. Ses principaux affluents, sont la Lufira, la Luapula, la Luvua et la Lukuga. Par la suite, le fleuve traverse une vaste plaine vers le Nord et devient navigable sur 630 km jusqu’à Kongolo où les Portes de l’Enfer marquent la fin de sa navigabilité.

A part le Lualaba qui est navigable sur environ 640 Km, de Bukama à Kongolo, et le lac tanganyika sur toute sa longueur, les eaux du Katanga sont pour la plupart entrecoupés des chutes qui empêchent un trafic quelconque à grande échelle Si la navigation est difficile sur certains cours d’eau de la Province par contre bien des chutes naturelles de ces cours d’eau peuvent favoriser la production de l’hydroélectricité.

En rapport avec leurs origines et leurs formes, les lacs du Katanga sont classés en deux catégories :
- Les lacs de cratère (de Fossé ou Tectonique) cas du lac Tanganika. Le lac Tanganyika, est le plus profond du globe après le Lac Baïkal et mesure 650 km en longueur sur 40 à 80 Km en largeur. Sa superficie dépasse 32 000 Km2.
- Les lacs de confluence (de plateaux) cas des lacs : Moero, Upempa, Kisale,) Le Lac Moëro a une superficie de 4.501 Km2.

TEMPÉRATURE

Dans cette région à orographie multiforme, la température semble être plus influencée par l’altitude que la latitude. Dans le Nord du Katanga, altitude inférieure à 900m, la température moyenne est de 24°C, les mois les plus froids interviennent en juillet- août et les mois chauds en décembre-janvier. Dans les hauteurs du Sud Katanga, la température moyenne tombe à moins de 20°C, les maxima de température sont observés entre septembre et octobre, début de la saison des pluies, et les minima se situent en juin-juillet.

L’amplitude annuelle augmente à mesure que l’on descend vers le Sud. Sur l’année entière, on enregistre des températures minimales absolues variant entre 2° et 11°C et des températures maximales absolues variant entre 34,5° et 38°C selon les sites. On peut également ajouter que l’éloignement de l’Equateur s’accompagne d’une diminution progressive des températures minimales indépendamment de l’influence possible de l’altitude et que le climat est plus tempéré à l’ouest du Katanga. Le gel est exceptionnel et surtout limité aux fonds des vallées.

En général, le minimum d’humidité relative est observé en juillet pour les régions basses et septentrionales. Par contre, les Hauts Plateaux ne connaissent pas de grande sécheresse de l’air, car la température moyenne y reste peu élevée

PLUVIOMÉTRIE

La répartition annuelle des pluies varie fortement d’un endroit à un autre à cause de l’étendue NordSud de la Province. En général, la hauteur annuelle des pluies est plus élevée au Nord-Est où elle se chiffre à 1.546,8mm et 141 jours de pluie par année. Les plus faibles valeurs de précipitations moyennes (1.148,8mm) et du nombre total de jours de pluies au cours de l’année (104) ont été observées à la station de Bukama.

Le mois de décembre est le mois le plus pluvieux à travers toute la Province du Katanga, tandis que celui de juillet est le plus sec de l’année. La cuvette centrale est l’origine des pluies qui arrosent la Province, influencées par les vents soufflant du Nord-Ouest pendant la saison humide. L’importance de la latitude accentue la sévérité de la saison sèche qui augmente au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’Equateur ; La saison sèche va de Mai à Août, avec une présence sporadique de pluie au Nord-Ouest (Kongolo), de Juillet en Octobre au Nord-Est et de Mai à Octobre au Centre et au Sud de Katanga avec une absence totale de pluie.

SOLS, GEOLOGIE ET VEGETATION

Le KATANGA présente des affleurements rocheux appartenant au soubassement cristallin précambrien (gneiss, granite et schiste) et aux sédiments (surtout sableux) du pléistocène. Ces sols sont constitués de trois systèmes géologiques : le système de Lualaba-Lubilashi, le système de Kundelungu et le système de Kibara.

Le système de Lualaba-Lubilashi
Ce sont des sols qu’on rencontre sur les flans de la cuvette centrale et qui s’étendent pratiquement sur tout l’Ouest de la province. Ce sont des formations sableuses et argileuses, des grès, des argilites, des schistes diversement colorés et même des roches conglomératiques qui, toutes, ont conservé une structure très voisine de l’horizontale.

Le système de Kundelungu
Il occupe la partie Sud-Est du Katanga. Les formations de ce système ont subi les plissements de la période orogénique Kundelungienne, à laquelle sont liées les venues cuprifères du Katanga. L’étage supérieur du système de Kundelungu est formé de grès rouges feldspathiques, avec par endroits les intercalations des schistes rouges et des bancs de grès.

Le système de Kibara
Ce système s’étend dans la partie centrale et orientale de la province. On retrouve quelques poches dans la zone du système de Lubilashi. Les sédiments de ce système ont été soumis aux plissements de la période orogénique Kibarienne. Les couches supérieures de ce système renferment des dolomites, des calcaires dolomitiques, des marbres et des schistes noirs, avec quartzites feldspathiques conglomératiques.

VALEUR AGRICOLE DES SOLS DU KATANGA

Ces sols ne sont pas riches comme on peut le croire malgré la luxuriance de la végétation qu’on attribue à une forte richesse en humus. Ceci est dû au fait que l’humus est rapidement détruit. En effet, en cas de déforestation intensive, l’humus n’a pas la possibilité de se reconstituer et les divers constituants du sol (argile, sels minéraux) sont libérés du complexe qu’ils formaient. D’une part l’argile se décompose en silice et en alumine laquelle alumine se recombine avec les oxydes de fer; c’est le phénomène de latérisation; d’autre part, la silice et les autres éléments (le Ca, Mg, K, P) sont entraînés par lessivage.

Par ailleurs, l’alternance des pluies et des saisons sèches accentue le phénomène en favorisant le durcissement des argiles latéritiques jusqu’à former des carapaces, totalement incultes. Toutefois, cela ne veut pas dire que le Katanga manque de bonnes terres. Ainsi, les sols de Katanga peuvent être délimités en trois zones agro écologiques se présentant de la manière suivante :

Première zone agro écologique
Elle s’étant sur 6 territoires administratifs : Kapanga, Kaniama, Kabongo, Kabalo, Nyunzu et Kongolo. Elle couvre une superficie égale à 104.483 Km², son altitude varie entre 700 et1000 m et la température moyenne est de 25°c à 28°c. La pluviométrie varie de 1.100à 1.400 mm avec deux saisons culturales qui vont, la première, de septembre à décembre ou janvier et la deuxième, de janvier à mai, le mois de février étant relativement sec à cause de la petite saison sèche. La grande saison sèche dure 14 à 18 semaines de mi-mai à mi-septembre. La végétation de ces contrées est constituée principalement de savanes guinéennes, sillonnées de galeries forestières le long des cours d’eau. Les sols sont variés : argileux, argilo sablonneux, sablo argileux et sablonneux. Dans les plaines fluviales et aux pieds des collines, les sols sont en général d’une bonne teneur en matière organique. La culture du maïs comme celle de la plupart des vivres donne de bons résultats sans apport de la fumure minérale.

Deuxième zone agro-écologique
Elle s’étend sur 11 circonscriptions administratives et couvre 293.930 Km² de superficie de :Kamina en passant par Bukama, Malemba-Nkulu, Kalemie, Manono, Moba, Dilolo, Sandoa, Pweto, Kasenga jusqu’à Mitwaba. L’altitude varie entre 1.000 et 1.500 m. Dans ces régions, les températures varient peu d’une année à l’autre. Les maxima, les minima et les moyennes diminuent avec l’altitude. La hauteur moyenne des pluies varie entre 900 à1.300 mm en fonction de l’altitude et de la latitude. La pratique culturale s’effectue dans les fonds des vallées pendant la saison sèche qui dure de 5 à 6 mois, de fin avril à mi-octobre, exceptées les circonscriptions administratives rurales de Kipushi, Sakania et la ville de Lubumbashi où les précipitations sont nulles ou insuffisantes au mois d’octobre et début décembre. Les forêts claires à brachystegie constituent la végétation partout sur un relief très accidenté. Dans les entités minières du Katanga (Ville de Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, Lubudi, Mutshatsha, Kambove, Kipushi et Sakania) les sols ont une teneur élevé en métaux et les pluies acides rendent le phosphore pratiquement non disponible pour les plantes cultivées, principalement le maïs. Les efforts énormes consentis pour une culture rentable des céréales ont connu de grands échecs dans cette partie du territoire national. Le maïs, particulièrement, exige un enrichissement permanent du sol en engrais minéraux. Par ailleurs, les feux de brousse incontrôlés viennent chaque année détruire d’énormes quantités de matières organiques et appauvrissent les sols en azote. On rencontre également dans ces territoires miniers des grandes vallées du sud Katanga, à une altitude inférieure à 1.000m, la saison sèche qui dure 5 mois, de fin avril à fin septembre

En saison de pluie une partie de ces vallées, bordant les cours d’eau, est périodiquement inondée. Ces sols alluvionnaires à potentiel agricole élevé, couverts de savanes herbeuses ou de végétation arborée sont arrosés par un climat chaud humide. Ces terrains ont besoin de grands travaux d’aménagement pour leur mise en valeur. Il s’agit principalement des vallées de Lualaba-Lubudi (21.000 Km²), de la Lufira (13.000Km²), de la Dikulwe et de ses affluents, de la Konde et de ses affluents (200 Km²), des terres rouges de la botte de Sakania, des rives du lac Moëro et du Luapula.

Troisième zone agro-écologique
Elle est composée des plateaux du Katanga, notamment Kando, Manika,Biano, Kibara, Kundelungu, Muhila et Marungu. Leur altitude varie entre 1.500m et 2.000m ; Les climat y est relativement froid : de type tempéré, chaud et humide, avec alizés violents en saison sèche qui va du début mai à fin septembre (5 mois). Les steppes herbeuses caractérisent les plateaux du Katanga, cependant le plateau de Kando est couvert d’une forêt claire. Les sols sont sablonneux, très pauvres, d’une valeur agricole quasi nulle, sauf dans le Marungu où l’on rencontre quelques bons gîtes agricoles. La vocation naturelle de tous ces plateaux est plutôt pastorale.

SITUATION ADMINISTRATIVE ET POLITIQUE

Ce vaste territoire, couvrant une superficie de 496887 km² , est subdivisé en plusieurs circonscriptions administratives dont trois villes et quatre districts ruraux subdivisés en treize communes, et vingt deux territoires. Ces subdivisions administratives se répartissent de la manière suivante :
A. Quatre Districts Ruraux à savoir :
- le district du Haut–Katanga avec 6 territoires ;
- le district du Haut– Lomami avec 5 territoires ;
- le district du Lualaba avec 3 territoires ;
- le district de Tanganika avec 6 territoires.
B. Un district urbano-rural de Kolwezi
- avec 2 territoires ;
- communes
C. Trois villes - Lubumbashi avec 7 communes
- Likasi avec 4 communes
- Kolwezi avec 2 communes
D. En dessous de cette structure, le Katanga comprend 22 territoires, 27 cités rurales, 90 collectivités, 99 postes administratifs, 798 groupements* , et de nombreuses localités. Faute d’une définition rigoureuse de la ville et en même temps en se basant sur l’esprit de la loi 007 sur la décentralisation qui semblait accorder implicitement le statut de ville à toute agglomération de 100.000 habitants au moins, en faisant de ce chiffre l’unité de circonscription électorale, on peut estimer que le Katanga présente à ce jour le taux le plus élevé d’urbanisation soit 38,8%.

Province frontalière des cinq pays de l’Est et du Sud-Ouest de la République du Congo et voisin des Provinces de l’Est jadis occupées par la rébellion, le Katanga a vu une partie de son territoire dirigée par cette dernière. A la suite de cette occupation et de sa position géographique, le Katanga connaît un environnement politique particulier : Les trois de ses quatre Districts ruraux à savoir : le Tanganika, Haut-Lomami et Haut-Katanga ayant connu une occupation partielle de leurs territoires, le processus d’unification en cours exige qu’une mise en place complète des cadres territoriaux, de la police et de l’armée soit achevée pour une bonne ré instauration de la confiance du peuple et une gestion participative du développement.

Par ce fait et plus spécialement pour le Haut-Lomami et le Tanganika, la situation sécuritaire de la population reste encore préoccupante, la misère et la pauvreté contribuent à ’installer un climat sociopolitique malsain. Pour le Lualaba, l’ouverture de la frontière entre le Congo et l’Angola fait entrevoir l’espoir d’une amélioration des conditions de vie de la population de ce District. Malgré la signature des accords entre groupes armés et les autorités territoriales, le contrôle effectif des mouvements de ces groupes reste encore difficile à opérer, du coté militaire comme de celui des Mayi Mayi autrement appelés FAP. La méfiance souvent manifeste qu’éprouve la population envers les autorités territoriales est un autre problème. La population voit en elles une prolongation du désordre. Dans pareille situation les conditions de reprises de vie normale sont encore difficiles à réunir.

A cela s’ajoute la présence massive de la population Banya Murenge dont les mouvements entre le Katanga et le Burundi créent souvent un climat de panique dans la population rurale le long du lac Tanganyika. Par ailleurs, l’inexistence des infrastructures permettant l’accès aux services sociaux de base dans les domaines de la santé, de l’habitat, de l’eau, de l’électricité et des voies de communication, détruits par les guerres renforce la pauvreté. Le peuple Katangais reste, en cette période d’après guerre, préoccupé par la situation sécuritaire de la province. Tout en reconnaissant les efforts fournis par les autorités provinciales et locales dans la lutte contre le banditisme, certains cas de vol, meurtres, assassinats etc. sont encore enregistrés et cela d’une manière régulière.

Malgré l’analyse de la situation décrite ci haut, l’environnement politique du Katanga se caractérise par un effort de cohabitation pacifique entre les forces politiques en présence (partis politiques, associations socioculturelles). L’unification de la province et l’acceptation des autorités installées au chef lieu des entités quelle que soit leur origine ont permis à l’autorité provinciale d’avoir un contrôle réel sur sa province, sur la circulation des biens et des personnes. L’effort de pacification porte ses fruits, excepté dans quelques contées du Haut-Lomami et du Tanganika où les abus se commettent encore au nom de la guerre. Parmi ces chefs de guerre, on peut citer: MAKABE pour le territoire de Malemba Nkulu, Tshindja Tshindja pour le territoire de Kabongo et Gédéon pour celui de Manono, sans oublier quelques petits groupes de Nyunzu, Kongolo et Pweto. La cohabitation pacifique des forces politiques a abouti à l’installation de grands partis politiques tels que le PPRD, l’UDPS, le RCD, le MLC, le MPR, le RCD KML, le FONUS etc. à travers tout le Katanga depuis longtemps occupé par de l’UFERI. Hormis l’impact des partis politiques, la province du Katanga a la particularité d’avoir sous son administration certaines grandes chefferies qui sont les survivances des anciens empires et des royaumes dits de la savane. .A l’instar d’autres chefferies coutumières qui existent encore au BasCongo et surtout au Kasaï Occidental, avec le NIMI des Bakuba, ces grands chefs sont incontournables dans toute étude de la situation socio-économique ou toute mesure concernant la situation de pauvreté de leur population.

CARACTERISTIQUES SOCIO-CULTURELLES

Les tribus de la province du Katanga sont caractérisées par un conservatisme des valeurs intrinsèques de la communauté tout en étant disposées de recevoir des innovations dans les secteurs d’intérêt vital. La tradition séculaire de la production par district montre la prédisposition des tribus à contribuer à l’essor agricole de la province tant qu’il est vrai que chaque aire géographique est la propriété d’une tribu donnée. Tout programme de développement s’appuie sur les efforts internes de chaque tribu pour accélérer le processus devant concourir à l’obtention des résultats escomptés.

En 1992, la province du Katanga avait enregistré un départ massif des ressortissants kasaiens, qui avait affecté les villes de Likasi, Kolwezi et le district du Haut Katanga essentiellement. La variation du volume démographique provinciale entre 1992 e 1993 a été de –0,55 % correspondant à une baisse de 25.000 personnes. La population du Katanga dans son ensemble a atteint en 2003 un effectif de 8167240 habitants avec un taux de croissance démographique de 3.9 % l’an. Ce qui pousse à augurer qu’à ce rythme, cette population atteindra 9.242.333 habitants en 2008.

Plusieurs groupes ethniques bantous patriarcaux ou matriarcaux mais tous viripatrilocaux couvrent l’aire géographique de la province du Katanga. L’histoire renseigne que les migrations, les conquêtes et l’industrialisation eurent pour conséquence de nombreux courants humains qui mélangèrent les populations. De nombreux territoires sont occupés par plusieurs groupes ethniques. Des peuples soumis furent assimilés aux conquérants et perdirent leur propre identité. Tel est spécialement le cas des Kunda dont le nom signifie « les soumis » et des Lubas et des Lundas qui ont été dispersés et acculturés et dont plusieurs groupements étaient devenus des envahisseurs. Le brassage très complexe des populations explique leur dispersion actuelle dans laquelle il est parfois difficile de distinguer les uns des autres, les substrats et les conquérants. Il est cependant possible d’identifier les grands groupes dominants tels que les Lubas , les Arund (regroupant les Lunda, les Tshokwe, les Luena, Les Ndemba, et les Minungu), le Sanga et le Lamba.

Répartition spatiale des ethnies
A. DISTRICT DE TANGANIKA
1° Territoire de Kongolo
- Basonge
- Bahemba
- Baluba
- Bakusu
- Bayazi
2° Territoire de Nyunzu
- Bena lengwe,
- Baluba,
- Bakalanga
3° Territoire de Kalemie
- Baholoholo, - Batumbwe, - Baluba.
4° Territoire de Moba
- Batabwa,
- Babemba - Baluba.
5° Territoire de Manono
- Baluba
B. DISTRICT DU HAUT-LOMAMI
1° Territoire de Malemba-Nkulu
- Baluba
2° Territoire de Bukama
- Baluba
3° Territoire de Kamina
- Baluba
4° Territoire de Kaniama
- Baluba
C. DISTRICT DU LUALABA
1°. Territoire de Dilolo
- Dembo
- Tshokwe
2°. Territoire de Kapanga
- Rund
3° Territoire de Sandoa
- Tshokwe
- Dembo
D .DISTRICT DU HAUT KATANGA
1°. Territoire de Kambove.
- Sanga
- Kaonde
2°. Territoire de Kasenga
- Babemba
3°. Territoire de Kipushi
- Lamba
- Aushi
4° Territoire de Mituaba
- Lamba
- Mweshi
- Balomotua
- Bakunda
5° Territoire de Pweto
- Bemba,
- Bazela
- Bashila - Batabwa.
6°. Territoire de Sakania
- Bashi
- Balala
- Balamba
3.4. MINORITES ETHNIQUES
- Bambote
- Bayazi
- Ndembo - Minungu - Kalwena.

Par sa superficie (235 Km2), Likasi est parmi les lus petites des trois villes du Katanga. Située à 10° 55’ de Latitude Sud et 26° 45’ Longitude Est, la ville est facilement accessible à partir de Lubumbashi (Chef-lieu de la province du Katanga) : Dans ses limites géographiques, la ville de Likasi est au cœur du territoire de Kambove, district du Haut Katanga. Le site urbain et péri urbain de Likasi se trouve à 1.265 m d’altitude moyenne. La ville est subdivisée en quatre communes à savoir : • la commune de KIKULA avec 10 quartiers (Kisunka, Kanona, Kalipopo, Kapemba, Nkolomoni, Kaponona, Okito, Kyubo, Mbadi, Musumba), • la commune de PANDA avec 5 quartiers (Kamilopa, Mpandamayi, Kankotwe, Kiwele et Muchanda) ; • la commune de SHITURU avec quatre quartiers (Nguya, Buluo, Kilima et Kimpwana), • la commune de LIKASI avec 6 quartiers (Centre-ville, Kapumpi, Kitabataba, Simba et SNCC)

Likasi est une ville collinaire. La carte des courbes altimétrique révèle que la ville se situe dans les isohypses 1100 et 1400 : le point le plus bas est dans la commune de Shituru et le plus culminant est KARAJIPOPO (1427 m) dans la commune de Panda. Le système géologique des « Kundelungu » caractérise la géologie de la ville de Likasi. Les formations du système Kundelungu ont subit des glissements de la période érogène Kundelungu à laquelle sont liées les venues cuprifères du Katanga. L’étage supérieur du système des Kundelungu est formé de grés rouges ayant par endroits les intercalations de schistes rouges et des boues de grés. Malgré la luxuriance de la végétation qu’on attribuerait à une forte richesse en humus, les sols de Likasi ne sont pas aussi riches qu’on peut le croire. Ceci est imputable au fait que l’humus est rapidement détruit. La plupart des sols de Likasi sont des latosols rouges et ocres de forêts et des latosols rouges et jaunes de savane. Selon la classification de Sys.S (carte des sols et de végétation du Congo belge, Rwanda et Burundi, INEAC, Bruxelles 1960), les sols de Likasi appartiennent aux groupes de férasols sur roches non différenciées.

La végétation de Likasi est du type soudano Zambézienne qui se distingue par les forêts claires mêlées de bambouseraie et d’importantes savanes acacias. Likasi, comme la majeure partie du Katanga, est couverte par ce genre de forêts. Celles-ci sont moins hautes (15 à 20 m en moyenne). Elles sont claires. Les arbres sont assez espacés, leur couvert est plus léger et sont moins luxuriants, les lianes et les épithètes sont peu abondantes. La composition de la flore est fonction de la nature du sol. Pour ce cas d’espèce, où les sols sont non sablonneux, la forêt claire semble dominer.

Likasi est une entité décentralisée, dirigée par le Maire de la ville. Par conséquent, elle jouit d’une autonomie du point de vue de la personnalité juridique et de la gestion. Dans sa tâche, le Maire de la ville est assisté par un collège des chefs de bureau urbain représentant chacun un secrétariat général du gouvernement central. Ces chefs de bureau dépendent techniquement du Maire de la ville et administrativement de la division provinciale. Au niveau des communes il existe deux préposés l’un chargé de l’urbanisme et l’autre de l’habitat. Le premier s’occupe essentiellement de fournir les autorisations de bâtir et les avis urbanistiques et le second est chargé de la gestion quotidienne de l’habitat (contrat de bail, conflit parcellaire, etc.). Les sociétés concessionnaires des services urbains sont relativement bien implantées dans la ville mis à part les services qui s’occupent de l’assainissement où la GECAMINES assure un service d’enlèvement d’ordures ménagères pour ses employés et l’entretien des espaces vert dans les quartiers où logent les employés. C’est le seul service de ce genre pour toute la ville.

Chef-lieu du district de Kolwezi, Kolwezi ville s’étend sur presque 213 Km2 et se subdivise en deux commune : la commune de la Dilala (154 Km2) à l’Ouest et celle de Manika (59 Km2) à l’Est. Ses limites ont été reconnues par ordonnance présidentielle n°71/177 du 21 juillet 1971 portant création de la ville et du district de Kolwezi.

Kolwezi est situé dans la partie Sud-ouest de la Province du Katanga, à 10° 43’ de Latitude Sud et 25° 28’ de Longitude Est, c'est-à-dire à environ 341 Km au Nord-ouest de Lubumbashi, la capitale provinciale, à 426 Km de Dilolo, à la frontière angolaise, et à lune cinquantaine de kilomètres (à vol d’oiseau) de la frontière méridionale de la RDC avec la Zambie.

Kolwezi est bâtie dans une région de moyen plateaux (1.200 à 1.400 m d’altitude). Le site au sens large couvre un rayon d’une trentaine de kilomètre à partir du centre de la ville. Il englobe plusieurs types de milieux naturels caractérisés par des marais, des forêts galeries et surtout des savanes parfois boisées : la plaine de Kanzenze au Nord-ouest, le bassin du Lualaba à l’Est, les collines accidentées de Kibara au Nord et enfin le Plateau de la Manika au Sud. Il faut aussi signaler la présence dans le paysage du site des termitières géantes, de 3 à 5 à l’hectare. Le plateau est de pente relativement douce, d’inclinaison Sud, nord est occupé par les affluents de rivières Luilu qui, elle, se jette dans le Lualaba. Il s’agit des rivières Musonoïe, kolwezi, Kakifuluwé, Kabulungu, Dilala, Lubembo, Mwangwe, Kamakenge, etc. Ces cours d’eau creusent le plateau en vallées relativement encaissées et localement marécageuses.

Le réseau hydrographique est dominé par le Lualaba, nom local du fleuve Congo qui s’étend en arc de cercle sur plus de 15 Km autour de Kolwezi. Les autres rivières (Kalemba ou « Poto Poto », l’affluent gauche de la Luilu, la Musonoïe, le ruisseau Kabulungu, affluent droit de la Luilu, la Kakifuluwé, la kolwezi, la Dilala, etc.) sont d’orientation essentiellement Sud nord et parfois Sud-est Nord-Ouest. Elles appartiennent à un même réseau hydrographique qui converge vers la Lualaba. Le Luilu et la Musonoïe sont les plus importantes rivières de la région. La Luilu constitue la limite naturelle à l’Ouest du périmètre municipal de Kolwezi. La Musonoïe traverse de part en part le périmètre municipal.

Du point de vue géologique, la série sédimentaire qui compose le sous-sol de cette région est caractérisée par 3 ensembles bien distincts qui sont, des terrains les plus anciens aux plus récents : • la série du Roan, minéralisée, formant une vaste ellipse autour de Kolwezi et composée de roches siliceuses, gréseuses, micro gréseuses, argileuses en surface, dolomitiques en profondeur ; • la série du Kundelungu, affleurant autour de l’ellipse du Roan, composée de grés, micro gré peu consolidés et conglomérés. Le choix des sites se fera dans ces terrains stériles de grande épaisseur ; • les sables du Kalahari qui apparaissent en surface sur des épaisseurs variables. D’origine probablement éolienne, ils contiennent 85 à 90 % de quartz et ont une granulométrie fine. Ils sont localisés surtout au Sud de la ville (plateau de Manika).

Kolwezi est non seulement une halle ferroviaire, elle est aussi située au carrefour d’un réseau routier d’intérêt général qui dessert à la fois le Nord de la Zambie, le Nord-est de l’Angola et le Sud-est de la RDC, précisément la Province du Katanga. L’épine dorsale de ce réseau routier est la route en partie asphaltée allant de Kolwezi à Sakania, en passant par Likasi et Lubumbashi, et doublant la voie ferrée vers Dilolo.

Kolwezi est une ville jeune, puisqu’elle ne fut créée qu’en 1937 pour être le siège du groupe des mines de l’Ouest de l’union Minière du Haut Katanga. Jusqu’à l’accession du pays à l’indépendance en 1960 l’agglomération n’est qu’un ensemble de quartiers d’habitat éparpillés dans l’espace municipal ; les deux quartiers européens, au Sud-est le Centre Extra Coutumier destiné à la population indigène, et à proximité des carrières et des usines les cités ouvrières planifiées par l’U.M.H.K. L’agglomération ne dispose pas de centre ville bien caractérisé. Les trois quartiers sont essentiellement résidentiels. Le commerce et l’industrie (excepté l’espace occupé par l’U.M.H.K) n’occupent qu’une trentaine d’hectare en périphérie. Le quartier d’habitat aisé de Mutoshi joue aussi le rôle de quartier commercial.