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L'histoire du Congo précolonial résume l'histoire des peuples de l'actuelle République démocratique du Congo, depuis l'apparition des premières traces humaines sur le territoire jusqu'à la période de colonisation Des outils de pierre de 1,8 million d’années ont été retrouvés au nord du lac Édouard. De 2000 av. J.-C. à 500 ap. J.-C., des vagues de migrations bantoues arrivèrent au Congo de la région de l’actuel Nigeria, en ces territoires jusqu’alors uniquement habités de populations pygmées. Les bantous s’installèrent d’abord sur les côtes et les plateaux du sud et de l’est et évitant la forêt dense. D’autres migrations de populations issues des régions du Darfour et de Kordofan au Soudan se produisirent au nord du Congo, ainsi que d’Afrique orientale, ajoutant une composante nilotique au mélange des groupes ethniques. Les Bantous apportèrent l’agriculture et les techniques de travail du fer d’Afrique occidentale dans cette région. Les Bantous mirent en place des États (Kongo, Kuba, Lunda). Ils construisirent des sentiers, et de gigantesques forteresses... Ils utilisaient le tam-tam comme moyen de communication. Ils fabriquaient des vêtements avec une matière textile tirée de la feuille de bambou.

Le territoire qui porte aujourd’hui le nom de République démocratique du Congo est peuplé depuis au moins 200 000 ans avant Jésus-Christ environ. Il y eut des grands États centralisés sur ce territoire comme les Kongo, Songye, Kuba, Garengaze, lunda et l'empire Luba... Les Européens ne reconnaissent la région qu'en 1482-1483 avec la découverte de l'embouchure du fleuve Congo par le marin portugais Diogo Cão.

Le royaume Kongo est alors à son apogée. À partir de 1879, l'explorateur Henry Morton Stanley explore l'intérieur du futur pays pour le compte du roi des Belges Léopold II. Au cours de la conférence de Berlin (1884-1885), ce dernier parvient à faire reconnaître aux autres puissances européennes sa prise de possession du Congo. C'est le début de la colonisation. Le secteur contrôlé prend le nom d'État indépendant du Congo bien qu'il soit en fait la propriété personnelle de Léopold. En 1908, le Parlement belge reprend, par legs du roi Léopold II, la tutelle sur le territoire, nouvellement dénommé Congo belge.

La zone qui porte aujourd’hui le nom de République démocratique du Congo est peuplée depuis au moins 200 000 ans environ d'après les découvertes de pierres taillées sur les sites de Mulundwa (Katanga), Katanda et Senga (Kivu)1. Des vestiges archéologiques de l'homo sapiens (os, pointes de harpons, outils en quartz) ont été découverts à Ishango dans le parc national des Virunga et datées entre 25000 et 20000 ans. Des peuples bantous venus d'une zone comprise entre l'Est du Nigeria et les Grassfields du Cameroun viennent s'installer dès 2600 ans avant J.-C.

Les grands royaumes (luba, lunda, kongo) se forment entre les premiers siècles après Jésus-Christ et avant le XVe siècle, époque de l'arrivée des premiers Portugais sur le littoral atlantique. Mais de nombreuses populations vivaient alors dans des chefferies, c’est-à-dire de petites principautés plus ou moins auto-suffisantes. À partir de cette époque, on voit ces royaumes éclater sous l’impulsion de la traite et l’émergence de nouveaux rapports de force qui déboucheront sur la colonisation. Des jésuites portugais christianisent les rois et les peuples du Kongo. Les cultures du maïs et du manioc, importées d'Amérique, se répandent. La première carte européenne de la région est due à l’explorateur vénitien Alvise Cadamosto au service du Portugal (XVIe s.).

Entre 1874 et 1877, Henry Morton Stanley, explorateur britannique, pénètre l'Afrique équatoriale, jusqu'alors terra incognita pour les Européens. Sur son bateau à vapeur, il descend le fleuve Congo, principale voie de pénétration, et cartographie la zone. Entre 1879 et 1884, l'explorateur effectue un deuxième voyage à travers le Congo, mais cette fois en remontant le fleuve. Sa mission est de créer des postes pour le compte de l'Association Internationale Africaine (AIA), que préside le roi des Belges Léopold II. L'Association a officiellement un objectif scientifique et philanthropique : il s'agit de continuer à cartographier la région et à lutter contre l'esclavage, en rachetant notamment les esclaves aux marchands afro-arabes. Elle s'avère surtout un moyen d'expansion pour le roi de Belges. Stanley et ses compagnons négocient avec les chefs locaux pour s'approprier les terres et exploiter les richesses du pays. Des missionnaires protestants débarquent.

En 1884-1885, au cours de la Conférence de Berlin, les grandes puissances européennes reconnaissent l'Association Internationale du Congo (AIC succédant à l'AIA). Derrière celle-ci, opère en fait Léopold II qui se voit en fait reconnaître son autorité sur un gigantesque territoire en Afrique centrale. Ce territoire, découpé par Stanley, et encore en grande partie inexploré, est nommé État indépendant du Congo (1885). Derrière la façade de l'AIC, cet État est en fait la propriété personnelle du roi.

Le royaume Kuba

Le royaume Kuba se forma dans le Kasaï occidental et la Luluwa. Ses origines remonteraient au XVe siècle, mais il ne prit réellement son essor qu'au XVIIe siècle, sous le règne de Chamba Bolongongo, appelé Shyam Mbula Ngoong par Vansina (ou Shyam a mbul a Ngoong). Ce souverain encouragea les nouvelles cultures; il aurait introduit les cultures du maïs et du tabac. Il apprit à ses sujets le tissage du raphia et la sculpture et institua un véritable service militaire.

Le royaume des Bakuba est particulièrement intéressant parce qu'il est le seul, dans cette région d'Afrique, où les souverains avaient institué une charge de gardien des traditions orales : le Moaridi. Au Mali, on retrouve cette similitude dans la charte du Manden (Kurukan Fuga), au XIIIe siècle, qui désigne les griots du roi (familles Kouyaté et Diabaté). Par ailleurs, l'art de la sculpture et de la décoration y a atteint un niveau remarquable.

À la fin du XVIIe siècle, les Luba envahirent le royaume Kuba. Celui-ci perdura néanmoins jusqu'à sa soumission par les Belges en 1904. Les Bakuba étaient les populations congolaises les plus aptes à se défendre contre les menées de la force publique avec les Baboa et les Babudje.

L’espace Baluba

Van d’aborder le sujet qui nous préoccupe dans cette réflexion, disons un mot sur les Balubas et sur leur culture. Dans l’histoire événementielle luba 17ème et 20ème siècles, le professeur Tshimanga Kadima fournit plusieurs acceptions du concept luba avant de parler de l’origine de ce peuple .

Recourant à la langue Hemba parlée dans le Katanga, l’auteur dit que « Kiluba » est un verbe qui signifie s’égarer. Muluba signifie un égaré et au pluriel « baluba ». Le même auteur continue en soutenant que la connaissance de tshiluba nous permet d’expliquer ce concept de la manière suivante : buluba signifie affaire au pluriel maluba (affaires). D’où les baluba hommes d’affaire qui font soit des conquêtes soit le commerce ».

Parlant de l’origine de ce peuple, le professeur soutient que plusieurs auteurs s’accordent sur le fait que ce peuple viendrait de l’Orient ; précisément de Nsanga-Lubangu près du lac Samba à côté de Kamina dans la province du Katanga. De là, il s’est installé dans les bassins des rivières : Tshilemba, Luilu, Kalelu, Mbuji-Mayi, Lukula appelées communément « Lubilanji ».

Administrativement, le peuple muluba du Kasaï habite les territoires suivants : Ngadajika, Katanda, Tshilenge, Miabi, Lupatapata, Kabeya-Kamwanga, Lusambo pour le Kasaï Oriental. Bien sûr que les Balubas sont encore repérés dans le Katanga et dans le Kasaï occidental. Ils ont, selon les historiens, un ancêtre commun considère comme père fondateur en la personne de Nkongolo Mwamba et son neuveu Ilunga Mbidi.

Au XVIe siècle, les Balubas, un peuple venant du Katanga, né de la sécession d'un clan de l'ethnie Songhoy, migre vers le nord entre la rivière Kasaï et le lac Tanganyika. Les Balubas vivaient alors dans les provinces actuelles du Kasai et le nord du Katanga. Les Balubas s’organisèrent en chefferies indépendantes, des sortes de tribus. Parmi les tribus les plus importantes on compte les Bena Lulua, les Bena Tshibanda, les Bena Mpuka, les Bena Mualaba, les Bena Mutombo, les Bena Luntu, les Bakwanga ou encore les Bena Mukuna.

À la tête de chaque chefferie se trouvait un bulopwe, l’empereur de tous les Balubas ; le kalamba n’avait quant à lui qu’un titre symbolique. Le premier empereur des Balubas sera Kongolo, qui selon la tradition serait aussi l’ancêtre des Basonges.

L’empire Lunda

Au sud, l’Empire Lunda s'établit sur l’extrême sud du Katanga. La capitale de l’empire était Musumba. Son influence durera du XVIe siècle au XIXe siècle. Les Lundas croyaient en un dieu unique au ciel auprès duquel reposent les défunts.

Après la mort d’une personne, ils organisaient des danses qui imitaient les mouvements d’un oiseau afin que l’âme de la personne s’envole au ciel. Il s'agissait d'un oiseau aquatique car pour eux l’eau était symbole de vie. Ils étaient en contact avec les Wambundus, auxquels les souverains Lundas vendaient leurs sujets comme esclaves, ensuite revendus par ceux-ci aux colons portugais du Brésil. En 1789, l’explorateur portugais Francisco Maria Cerdas explora l’empire.

De retour en Europe, il rendit compte des étonnantes richesses minières présentes là-bas. Les négociants arabes et swahilis achetaient aussi des esclaves lunda, déportés au Yémen, à Oman ou en Arabie saoudite. Cette pratique dépeupla et affaiblit l’empire. Les Lunda connaissaient donc probablement l’alphabet arabe et la langue swahilie était connue de tous les nobles et des commerçants de la région. Elle servait de langue de commerce entre les commerçants arabes et africains de la région.

L’empire Lunda

Le Garangeza est l’État créé par M’Siri en 1856. Il persiste aujourd'hui sous la forme d'une chefferie traditionnelle(1)

(1) Bequaert, M., La Préhistoire du Congo-Belge, Encyclopédie du Congo belge, 1950, t. 1, p. 45-77

Les négociants arabo-swahili dévastaient aussi tout l’est du Congo, le Manyéma (actuel Kivu) et l’actuelle province orientale. Le plus grand commerçant esclavagiste était alors Tippo Tip en 1885 qui s’était taillé un fief regroupant les villes de Kasongo, Nyangwe et Kabambare. Les états esclavagistes musulmans disparaîtront en 1894 à la suite des campagnes de l'État indépendant du Congo contre les Arabo-Swahilis. L'État indépendant du Congo remplacera l'exportation d'esclaves par le travail forcé sur place.

La cuvette centrale, couverte par la forêt équatoriale et peu peuplée, restera longtemps le domaine des peuples chasseurs, et notamment des pygmées Twa.